Une surprime d’assurance prêt immobilier est une majoration appliquée par l’assureur sur le taux de base de l’assurance emprunteur, généralement comprise entre +25 % et +300 %, lorsqu’il estime que le profil présente un risque aggravé de santé, professionnel ou sportif. Concrètement, sur un prêt de 200 000 € sur 20 ans, une surprime de +40 % peut représenter 9 600 € de coût supplémentaire sur toute la durée du crédit.
Vous venez de recevoir une proposition d’assurance avec une ligne « surprime » et un taux qui a doublé par rapport à la simulation initiale. La cause peut tenir à un antécédent médical, à votre métier ou à une pratique sportive. Avant de signer, plusieurs recours existent : délégation d’assurance, convention AERAS, droit à l’oubli issu de la loi Lemoine du 28 février 2022.
Voici comment est calculée cette surprime, sur quelles garanties elle porte, et surtout comment la réduire ou l’éviter, y compris en cas de risque aggravé.
🔑 Points clés
- ✓La surprime est une majoration en pourcentage du taux de base, généralement de +25 % à +300 %, appliquée après questionnaire médical ou déclaration de profession.
- ✓Elle porte principalement sur les garanties décès, PTIA, ITT et IPP, avec des taux différenciés selon la nature du risque.
- ✓La convention AERAS plafonne la surprime pour les prêts jusqu’à 320 000 € et les emprunteurs de moins de 71 ans en fin de prêt.
- ✓Le droit à l’oubli issu de la loi Lemoine permet de ne plus déclarer un cancer ou une hépatite C guéris depuis plus de 5 ans.
Qu’est-ce qu’une surprime d’assurance prêt immobilier ?
La surprime d’assurance prêt immobilier est un supplément de cotisation exigé par l’assureur lorsque le profil de l’emprunteur s’écarte du profil « standard » retenu pour fixer le tarif de base. Elle s’exprime en pourcentage de majoration du taux nominal de l’assurance et s’applique aux garanties décès, PTIA, ITT ou IPP. Ce n’est ni une pénalité ni une taxe : c’est la traduction financière d’un risque statistique jugé supérieur à la moyenne par l’assureur, sur la base du questionnaire médical, professionnel et sportif rempli à la souscription. Cette majoration peut varier de +25 % à +300 %, voire davantage dans les cas les plus lourds, avant plafonnement éventuel par la convention AERAS.

Cas concret : Sophie, 38 ans, enseignante à Nantes, en rémission d’un cancer du sein depuis 5 ans, emprunte 200 000 € sur 20 ans. L’assureur bancaire lui propose un taux de 0,25 % majoré de +40 % sur les garanties décès et PTIA, soit 40 € de surcotisation mensuelle et environ 9 600 € sur la durée du prêt.
Surprime vs exclusion de garantie : quelle différence ?
Il ne faut pas confondre surprime et exclusion de garantie. La surprime maintient la couverture, mais à un tarif plus élevé : l’assureur accepte de vous garantir, y compris sur le risque aggravé identifié. L’exclusion, elle, retire purement et simplement une pathologie ou une activité du champ de la garantie. Si vous êtes exclu pour un problème de dos et que vous êtes en arrêt de travail pour cette raison, l’assurance ne prendra pas le relais du remboursement.
En pratique, l’assureur combine parfois les deux : une exclusion sur une pathologie précise et une surprime sur le reste. C’est le pire scénario pour l’emprunteur, à contester systématiquement.
Dans quels cas l’assureur applique-t-il une surprime ?
Trois grandes catégories déclenchent une majoration : les risques médicaux (antécédents, pathologies chroniques, IMC élevé), les risques professionnels (métiers dangereux, expatriation) et les risques liés au mode de vie (sports extrêmes, tabagisme important). L’analyse repose sur le questionnaire de santé, sauf pour les prêts inférieurs à 200 000 € remboursés avant 60 ans, désormais dispensés de questionnaire médical par la loi Lemoine.
Quels facteurs entraînent une surprime sur l’assurance emprunteur ?
L’assureur procède à une analyse actuarielle du risque en comparant votre profil aux données statistiques de sinistralité de sa population assurée. Trois familles de facteurs entrent en jeu : la santé, la profession et le mode de vie. Un même emprunteur peut cumuler plusieurs surprimes, chacune calculée séparément puis additionnée. L’analyse des dossiers accompagnés par Julien Morel montre que la surprime médicale reste dominante, mais les surprimes professionnelles passent inaperçues à la souscription, faute de déclaration exhaustive.

Risques médicaux : pathologies et antécédents concernés
Les principaux motifs médicaux de surprime sont les antécédents oncologiques (cancer en rémission), le diabète, les pathologies cardiovasculaires, les affections psychiatriques traitées, l’hépatite C, le VIH sous traitement, un IMC supérieur à 30, une hypertension mal équilibrée. La sévérité de la surprime dépend de l’ancienneté, du protocole de suivi et de la stabilité clinique. Une hypertension récente bien contrôlée entraînera typiquement +25 % à +50 %, tandis qu’un infarctus datant de moins de 5 ans peut mener à +100 % voire +200 %.
Risques professionnels : métiers à risque aggravé
Certaines professions déclenchent une surprime automatique : couvreurs, charpentiers, personnels navigants, militaires en OPEX, marins-pêcheurs, pompiers, agents de sécurité armés, ouvriers du BTP en hauteur. Les métiers de la santé exposés (bloc opératoire, urgences) peuvent aussi être concernés selon les compagnies. Les emprunteurs expatriés dans certaines zones voient également leur prime majorée. Empruntis détaille cette typologie dans son analyse de la surprime assurance emprunteur, avec les fourchettes indicatives par profession.
Risques liés au mode de vie : sports extrêmes et activités dangereuses
Les sports dits « à risque » sont un motif fréquent de surprime : parapente, plongée sous-marine, alpinisme, sports mécaniques, ski hors-piste, sports aériens, boxe, arts martiaux en compétition. Le tabagisme (à partir de 10 cigarettes par jour) entraîne aussi une majoration systématique, souvent +50 % à +75 %. Une consommation d’alcool régulière déclarée peut être un motif complémentaire.
Sur quelles garanties la surprime est-elle appliquée ?
La surprime ne s’applique pas uniformément à toutes les garanties de l’assurance emprunteur. L’assureur cible la ou les garanties où le risque aggravé est statistiquement marqué. Un antécédent cardiaque majore les garanties décès et PTIA (perte totale et irréversible d’autonomie), mais pas nécessairement l’ITT. À l’inverse, une pathologie dorsale chronique frappe surtout l’ITT (incapacité temporaire de travail) et l’IPP (invalidité permanente partielle). Cette différenciation, rarement expliquée en clair à l’emprunteur, est pourtant essentielle pour comprendre le devis et négocier la couverture. En pratique, la majoration ITT s’avère plus lourde que celle du décès, car les sinistres ITT sont plus fréquents.

Garantie décès et PTIA : cas les plus fréquents
Les garanties décès et PTIA sont majorées quand le risque de mortalité ou d’invalidité totale est jugé supérieur : antécédents cardiaques, cancers, AVC, diabète compliqué. La surprime décès-PTIA est en général modérée (+25 % à +100 %) sauf en cas de pathologie récente et sévère. Ces deux garanties étant celles exigées par toutes les banques, une surprime lourde ici a un impact direct sur l’acceptation du dossier.
Garanties ITT et IPP : majoration souvent plus forte
Les garanties ITT et IPP subissent typiquement des majorations plus élevées, car elles couvrent des risques plus fréquents. Pour un métier de couvreur, l’ITT peut être majorée de +100 % à +200 %, tandis que le décès n’est majoré que de +25 %. Pour une pathologie lombaire chronique, l’IPP peut être exclue purement et simplement plutôt que surprimée.
| Profil de risque | Décès / PTIA | ITT / IPP |
|---|---|---|
| Cancer en rémission 5 ans | +25 % à +50 % | +50 % à +100 % |
| Hypertension traitée | +25 % | +25 % à +50 % |
| Métier BTP en hauteur | +25 % | +100 % à +200 % |
| Parapente régulier | +50 % à +100 % | Souvent exclu |
| Fumeur (+10 cig./jour) | +50 % à +75 % | +25 % |
(Source : fourchettes observées sur les grilles tarifaires des principaux assureurs, 2026)
Comment calculer une surprime d’assurance de prêt immobilier ?
Le calcul d’une surprime d’assurance emprunteur suit une formule simple : le taux de base est majoré du pourcentage de surprime, puis appliqué au capital emprunté (contrat groupe bancaire) ou au capital restant dû (contrat individuel délégué). Le résultat donne la cotisation mensuelle réelle. Par exemple, un taux de base de 0,25 % majoré de +40 % devient 0,25 % × 1,40 = 0,35 %. Sur 200 000 € empruntés, cela représente 700 € de cotisation annuelle au lieu de 500 €, soit 200 € de plus par an. Sur 20 ans, l’écart total atteint 4 000 € à 10 000 € selon la structure du contrat. Magnolia détaille cette mécanique dans son guide sur le calcul de la surprime en assurance.

La formule de calcul de la surprime
La formule de base est la suivante : Taux final = Taux de base × (1 + pourcentage de surprime). Puis la cotisation annuelle = Taux final × Capital de référence. Le capital de référence est soit le capital initial (contrat groupe), soit le capital restant dû (contrat individuel). Cette différence est fondamentale : sur un contrat groupe, vous payez la même cotisation pendant 20 ans ; sur un contrat individuel, elle diminue à mesure que vous remboursez.
Exemples concrets de surprime selon le profil de l’emprunteur
Exemple concret : Sophie, 38 ans, enseignante, cancer du sein en rémission depuis 5 ans, emprunt de 200 000 € sur 20 ans, taux de base 0,25 %.
Calcul de la cotisation annuelle avec surprime de +40 % :
- Taux de base : 0,25 %
- × (1 + 0,40) = 0,35 %
- Cotisation annuelle : 200 000 € × 0,35 % = 700 €
- = 58,33 €/mois
Surcoût total sur 20 ans :
- Cotisation avec surprime : 700 € × 20 = 14 000 €
- Cotisation sans surprime : 500 € × 20 = 10 000 €
- = 4 000 € de surcoût (contrat groupe)
Pour un couvreur de 42 ans empruntant 250 000 € à un taux de base de 0,30 %, avec une surprime professionnelle de +100 % sur l’ITT (taux moyen +25 % sur l’ensemble des garanties), le taux passe à 0,375 %, soit 937 € par an au lieu de 750 €. Sur 25 ans, le surcoût dépasse 4 700 €. Pour un parapentiste régulier, la surprime moyenne de +15 % à +50 % ajoute typiquement 15 à 40 € par mois, selon le nombre de vols annuels déclarés.
Quel impact sur le coût total de l’assurance sur 20 ans ?
Sur un prêt de 200 000 € sur 20 ans, chaque tranche de +25 % de surprime représente environ 2 500 € à 3 000 € de surcoût cumulé. Une surprime de +100 % double la cotisation, soit potentiellement 10 000 € à 12 000 € de coût supplémentaire. Sur des dossiers seniors, la MAIF explique dans son analyse de la surprime d’assurance emprunteur que la question de l’âge combinée aux antécédents peut mener à des majorations lourdes, un point à mettre en perspective avec le sujet des banques prêtant aux emprunteurs seniors.
Comment éviter ou réduire la surprime de son assurance emprunteur ?
Trois leviers permettent de réduire ou supprimer une surprime d’assurance prêt immobilier : la délégation d’assurance auprès d’un assureur alternatif, la convention AERAS pour les risques médicaux aggravés, et le droit à l’oubli issu de la loi Lemoine du 28 février 2022. La délégation d’assurance, autorisée par l’article L313-30 du Code de la consommation, permet de refuser le contrat groupe de la banque et de choisir un assureur externe à équivalence de garanties. Selon les dossiers accompagnés, cette démarche fait économiser en moyenne 5 000 € à 15 000 € sur la durée d’un prêt, y compris pour les profils à risque aggravé.

Opter pour la délégation d’assurance auprès d’un assureur alternatif
La délégation d’assurance consiste à souscrire l’assurance emprunteur auprès d’un assureur autre que la banque prêteuse. La banque ne peut refuser à condition que le nouveau contrat présente une équivalence de garanties avec le contrat groupe initial (article L313-30 CC). Depuis la loi Lemoine, la substitution est possible à tout moment, sans frais. Les assureurs spécialisés (délégataires) proposent souvent des tarifs 30 à 50 % inférieurs pour les profils standards, et surtout des grilles de tarification plus fines pour les risques aggravés. Un même antécédent médical peut être surprimé à +40 % chez un assureur et à +10 % chez un autre.
Si vous avez déjà signé et que vous découvrez une meilleure offre après coup, la loi Lemoine autorise la résiliation à n’importe quel moment du contrat.
Faire valoir la convention AERAS en cas de risque médical aggravé
La convention AERAS (S’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) est un accord entre l’État, les banques, les assureurs et les associations de malades. Elle s’applique automatiquement si votre prêt n’excède pas 320 000 € pour un prêt immobilier, et si l’échéance de fin de prêt intervient avant vos 71 ans. En cas de refus ou de surprime jugée excessive, le dossier passe par trois niveaux d’examen successifs, dont un pool de réassureurs mutualisant le risque.
Pour les emprunteurs sous plafond de revenus, la convention AERAS prévoit aussi un écrêtement des surprimes, avec prise en charge d’une partie du surcoût par la banque et l’assureur. Il faut demander explicitement à ce que le dossier soit examiné dans le cadre AERAS : la mention doit figurer par écrit dans la proposition.
Le droit à l’oubli issu de la loi Lemoine : qui en bénéficie ?
La loi Lemoine du 28 février 2022 a considérablement élargi le droit à l’oubli. Depuis 2022, un ancien malade du cancer ou de l’hépatite C n’a plus à déclarer sa pathologie si le protocole thérapeutique s’est achevé depuis plus de 5 ans (contre 10 ans auparavant), sans rechute. La loi a aussi supprimé le questionnaire médical pour les prêts inférieurs à 200 000 € par emprunteur, à condition que le remboursement s’achève avant les 60 ans de l’assuré. Concrètement, un couple peut emprunter jusqu’à 400 000 € sans questionnaire médical, ce qui neutralise toute possibilité de surprime médicale.
Vérifications à faire avant de signer :
- ☐Votre prêt est-il inférieur à 200 000 € et se termine-t-il avant vos 60 ans ? Si oui, aucun questionnaire médical n’est légal.
- ☐Votre pathologie est-elle éligible au droit à l’oubli (5 ans après fin de protocole) ?
- ☐Avez-vous demandé au moins 3 devis en délégation d’assurance ?
- ☐Le dossier a-t-il été examiné dans le cadre AERAS (mention écrite) ?
⚠️ Information importante : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil professionnel. Consultez un courtier en assurance ou un conseiller en gestion de patrimoine avant toute décision.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la surprime d’une assurance prêt immobilier ?
La surprime d’assurance prêt immobilier est une majoration du taux de base de l’assurance emprunteur appliquée lorsque l’assureur identifie un risque aggravé sur le profil. Elle s’exprime en pourcentage (typiquement de +25 % à +300 %) et vient s’ajouter au taux nominal. Trois motifs principaux la déclenchent : un antécédent ou une pathologie médicale, une profession à risque (BTP, sécurité, aérien) ou une pratique sportive extrême. La surprime peut porter sur une seule garantie (par exemple l’ITT pour un métier physique) ou sur plusieurs (décès et PTIA pour un antécédent cardiaque). Elle est calculée avant application des plafonds éventuels de la convention AERAS.
Quel est le taux de surprime d’une assurance emprunteur ?
Le taux de surprime varie généralement de +25 % à +300 % du taux nominal, selon la nature et la gravité du risque. Une hypertension bien contrôlée entraîne typiquement +25 % à +50 %, un cancer en rémission récente +50 % à +100 %, un métier de couvreur environ +25 % sur l’ensemble des garanties mais jusqu’à +200 % sur l’ITT, un sport comme le parapente entre +15 % et +50 %. Au-delà de +300 %, la convention AERAS peut plafonner ou écrêter la surprime pour les emprunteurs éligibles (prêt ≤ 320 000 €, fin de prêt avant 71 ans). Les grilles varient fortement d’un assureur à l’autre, ce qui justifie la mise en concurrence systématique.
Comment calculer une surprime d’assurance ?
Le calcul suit la formule : Taux final = Taux de base × (1 + % de surprime). Puis la cotisation annuelle = Taux final × Capital de référence (initial pour un contrat groupe, restant dû pour un contrat individuel). Exemple concret : sur un prêt de 200 000 € avec un taux de base de 0,25 % et une surprime de +40 %, le taux final devient 0,35 %. La cotisation annuelle passe de 500 € à 700 €, soit un surcoût mensuel de 16,67 € et un surcoût total de 4 000 € sur 20 ans (contrat groupe). Sur un contrat individuel, le surcoût est inférieur car la cotisation diminue avec le capital restant dû.
Peut-on refuser une surprime et changer d’assureur ?
Oui. Depuis la loi Lemoine du 28 février 2022, l’emprunteur peut à tout moment substituer son assurance emprunteur par un autre contrat, sans frais ni pénalité, à condition de respecter l’équivalence de garanties (article L313-30 du Code de la consommation). Concrètement, si la banque vous propose une surprime élevée dans son contrat groupe, vous pouvez comparer avec des assureurs délégués, dont les grilles pour risques aggravés sont souvent plus favorables. En cas de refus persistant ou de surprime jugée excessive, la convention AERAS impose l’examen du dossier en niveaux 2 et 3, avec possibilité d’écrêtement pour les emprunteurs sous plafond de revenus.
Ce qu’il faut faire avant de signer
Demandez dès à présent au moins trois devis d’assurance emprunteur en délégation, en fournissant les mêmes informations médicales et professionnelles à chaque assureur. Comparez les niveaux de surprime, les exclusions et l’équivalence de garanties par rapport au contrat groupe de votre banque. Si vous avez un antécédent médical, vérifiez votre éligibilité au droit à l’oubli (5 ans après fin de protocole pour cancer ou hépatite C) et demandez par écrit l’examen de votre dossier dans le cadre de la convention AERAS. Sur un prêt de 200 000 €, l’écart de coût entre le pire et le meilleur devis dépasse 8 000 € sur la durée totale. Cette démarche prend une à deux semaines et se rentabilise dès la première année de crédit.
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