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Les acteurs du patrimoine : la gestion. Troisième et dernier volet du « Guide pratique pour savoir vers qui se tourner ».

Introduction

Dans l’article Les acteurs du patrimoine : le financement, ont été présentés les acteurs spécialisés dans le financement de projets autour du patrimoine (restauration, développement d’activités etc.). Dans cette troisième partie, retrouvez les acteurs spécialisés dans la gestion de lieux. Certains acteurs se sont développés dans le but exclusif de valoriser le patrimoine en articulant leurs actions autour de la culture et de l’événementiel. Conscients des enjeux actuels que le patrimoine implique, ils cherchent à apporter des outils de réponses innovants pour permettre au patrimoine de prendre le virage de la modernité. Ils apportent un nouveau regard sur le monde du tourisme et favorisent l’accès au numérique au sein des visites.

Cet article permettra de mieux connaître les différents acteurs du marché :

– Les entreprises qui proposent leurs compétences logistiques

– Les acteurs qui agissent en qualité de médiateur culturel

– Ceux qui proposent des outils innovants pour faciliter la gestion des sites ouverts au grand public

– Les distributeurs de lieux qui proposent des lieux d’exception comme une sorte d’Airbnb de luxe

1. Les acteurs qui proposent leurs compétences logistiques

Les acteurs dits « gestionnaires » s’occupent de la gestion des monuments. Ils peuvent conseiller sur des projets de développement d’activités (visites, évènementiel, hôtellerie), assurer la commercialisation et la communication des lieux ou encore gérer l’opérationnel (accueil des visiteurs ou des hôtes, billetterie).  

a) Château Expérience : l’apport de solution de gestion de séjours grâce aux outils digitaux

Jeune entreprise, Château Expérience accompagne les propriétaires dans le développement économique de leur château sur trois aspects concrets :

– La définition d’un projet d’activités : mariage, séminaire, tournage, chambres d’hôtes…

– La commercialisation de l’offre

– L’accompagnements dans la mise en place d’une solution opérationnelle grâce à la mise à disposition d’outils digitaux

L’objectif principal est de permettre aux propriétaires de trouver une solution de gestion de séjours pour leur château.​ 

b) Pierres d’Histoire : le sauvetage de maisons historiques à l’abandon par des séjours d’exception

Pierres d’Histoire s’inspire du modèle des manoirs sauvés et gérés par le Landmark Trust au Royaume-Uni. Sa mission est de « sauver des maisons historiques à l’abandon, de leur redonner vie et d’en faire des lieux d’exception accessibles, alliant confort, élégance et modernité ». Aussi, l’entreprise accueille ses hôtes pour des séjours en pleine nature, dans une atmosphère « comme à la maison » où l’âme des lieux est respectée. En outre, son objectif est d’offrir des expériences uniques.

c) Alfran : du conseil à la gestion de site en passant par la communication touristique

Créé en 2003, Alfran se définit comme le « partenaire de votre développement touristique ». En outre, l’entreprise accompagne les propriétaires privés et publics dans deux principaux domaines. Sa première proposition est la gestion de site. Alfran construit un projet de valorisation du site, met en place un système d’exploitation adapté au besoin du propriétaire puis installe ses équipes.

Sa deuxième mission repose sur la communication touristique. L’entreprise compte plus de 2 500 meubles d’information touristique, en particulier dans le Grand Ouest. Elle s’occupe de la diffusion de brochures, de l’affichages au coeur des villes, du flocage de véhicules de diffusion, etc.

d) Tous au château : une initiative familiale qui propose des solutions de gestion touristique

Certains gestionnaires de lieux sont issus d’une même initiative familiale comme par exemple la famille Guyot avec Tous au Château.

Créée en 2014 par Lancelot Guyot, Tous au Château propose des solutions de gestions touristiques sur mesure à destination des propriétaires privés ou publics. La société fonde une partie de sa stratégie sur des économies d’échelles concernant les coûts incontournables de tout site touristique. Elle propose donc à d’autres sites d’en bénéficier par le biais de commandes groupées.  

e) Chateauform’ : l’accueil de séminaires d’entreprise « comme à la maison »

Châteauform’ voit le jour en 1996 avec l’ouverture d’une propriété familiale, transformée comme une maison d’amis pour l’accueil de séminaires et d’évènements d’entreprise. Un couple d’hôtes vit sur place et accueille chaque événement en lui apportant une note chaleureuse.

L’entreprise rachète des châteaux, demeures historiques, hôtels particuliers ou les prend en gestion pour permettre aux entreprises de se retrouver en dehors de ses bureaux. Mais attention, les sites historiques sont entièrement remodulés et, bien souvent, l’âme des lieux en est dénaturée au profit de la fonctionnalité des espaces.

2. Les acteurs qui agissent en qualité de médiateur culturel

a) Kléber Roussillon : la création de muséographies vivantes et d’offres complètes pour valoriser le patrimoine culturel ouvert au grand public

Kléber Rossillon est une société créée en 1995 autour de quatre axes :

  1. La valorisation du patrimoine culturel
  2. L’accueil de tous les publics
  3. La mise à disposition de services en plus de l’offre de visite
  4. La proposition d’une politique marketing et de commercialisation

La société prend en gestion des lieux culturels et touristiques qui lui sont confiés dans le cadre d’ouverture au public. Chaque année, les douze lieux qui sont gérés par l’entreprise accueillent plus d’un million et demi de visiteurs.

La politique globale de valorisation repose principalement sur la valorisation des espaces extérieurs via une intégration paysagère forte, la création de muséographies vivantes et cohérentes grâce à la conduite et l’exécution des parcours de visite et la mise en œuvre d’importants programmes de restauration dont elle assure la maîtrise d’ouvrage.

b) Culturespaces : la gestion globale et directe de monuments et musées

Créé en 1990, Culturespaces se définit comme « le premier acteur privé pour la gestion globale de monuments et musées, la création de centres d’art, l’organisation d’expositions temporaires et d’expositions numériques immersives ». En outre, sa mission repose sur l’accueil des publics et la médiation culturelle.

Pour cela, Culturespaces gère en direct tous les services proposés aux visiteurs, de la billetterie à l’entretien des jardins en passant par la restauration. Les sites gérés sont principalement des musées et centre d’art comme le Musée Jacquemart-André à Paris, des monuments historiques prestigieux  comme le château des Baux de Provence, des jardins remarquables et collections comme les collections de la Villa Ephrussi de Rothschild et des centres d’art numériques comme l’Atelier des Lumières.

c) Le Centre des Monuments Nationaux : le gestionnaire des monuments de l’État

Le Centre des Monuments Nationaux (CMN) est le gestionnaire des monuments publics. Il est donc chargé de « conserver, restaurer et entretenir, les monuments et les collections placés sous sa responsabilité en y conduisant, sous le contrôle scientifique et technique des services du ministère de la Culture et de la Communication, des opérations visant à prévenir leur dégradation et à étendre leur durée de vie ». En outre, le CMN a pour principales missions de :

– Rendre accessible ces monuments au plus grand nombre et en particulier aux publics prioritaires (publics éloignés de la culture et publics en situation de handicap)

– Contribuer à la politique d’éducation artistique et culturelle et en particulier des publics scolaires

– Participer à la vie culturelle et au développement du tourisme, en concertation avec les directions régionales des affaires culturelles, les collectivités territoriales et les réseaux d’institutions culturelles

– Assurer une mission d’éditeur public sous la marque Éditions du patrimoine 

d) Culturevent : le spécialiste des concerts et évènements musicaux

Culturevent est une entreprise spécialisée dans la conception, la scénarisation, l’organisation et la production de concerts et d’événements musicaux (classique, opéra, jazz et variété). Aussi, sa mission consiste à créer des passerelles entre les entreprises, agences, collectivités, lieux de patrimoines, institutions culturelles avec la musique et les musiciens professionnels.

En outre, l’entreprise intervient auprès des organisateurs d’événements occasionnels ou professionnels autour de quatre domaine d’activités : l’évènementiel, le team-buildin, la programmation culturelle et la production de concerts et de spectacles.

3. Les acteurs qui proposent des outils innovants pour faciliter la gestion des sites ouverts au grand public

De nouveaux acteurs percent la toile en proposant des outils adaptés et innovants afin de valoriser et de conserver le patrimoine ouvert au grand public.

a) Histovery : les nouvelles technologies au service du patrimoine

Cette jeune entreprise s’est donné pour mission de valoriser le patrimoine culturel grâce aux nouvelles technologies. C’est donc dans ce cadre qu’elle crée des visite augmentées sur tablette, l’HistoPad.

b) Weekisto : un progiciel pour faciliter la diffusion de l’histoire des hommes et du patrimoine

Weekisto est une entreprise « dédiée à la valorisation de l’histoire des hommes et du patrimoine sur vos territoires ». Sa mission est en effet de valoriser les informations historiques et de faciliter leur diffusion. Il s’agit donc d’un travail en collaboration avec les archives, les associations d’historiens et des spécialistes.

L’entreprise a créé un progiciel dédié au patrimoine (plate-forme-web, application mobile, base de données partagée etc.), pensé comme un carrefour entre les recherches effectuées par des spécialistes et la demande en connaissances certifiées du grand public.

Une fois le progiciel paramétré, on peut ainsi organiser et géo-localiser chacune des informations importantes en les enrichir d’images et de vidéos et créer des cartes, des parcours, des quiz, des flux d’informations, publiables sur des supports d’informations existants.

c) Patrivia : la plateforme de billetterie en ligne

Patrivia est une start’up du patrimoine, fondée en 2016, qui a créé une billetterie en ligne pour les châteaux : « la plateforme indispensable pour découvrir, planifier et réserver toutes vos visites culturelles à travers la France et la Belgique ».

Partant du constat que beaucoup de trésors du patrimoine restent méconnus, faute de visibilité, la start’up a créé la plateforme pour rassembler les monuments et sites culturels, publics et privés, ouverts au grand public pour la visite. La plateforme permet d’offrir une visibilité accrue à tous ces sites en permettant aux visiteurs d’acheter leurs billets en ligne.

d) Dart’Ngo : la plateforme de vente d’expériences en ligne

Dart’Ngo se définit comme « le point de départ d’expériences inoubliables avec le patrimoine : visites à la bougie, nuitées, concerts, reconstitutions historiques et visites exclusives ». Elle appartient au groupe Dartagnans.

4. Les distributeurs de lieux : l’airbnb des lieux d’exception 

Il existe un grand nombre de distributeurs de lieux. Néanmoins, il convient de distinguer entre :

Les réseaux d’exploitants : certains propriétaires décident de déléguer la gestion de leur domaine à un réseau d’exploitants. Ceux-ci gèrent différents lieux qui s’inscrivent tous dans un même standard

Les distributeurs de lieux : ils valorisent le patrimoine en proposant des séjours dans des lieux d’exception : hôtels de luxe, hôtels de charme, restaurants etc.

Exemples de chaînes d’hôtels dans des lieux d’exception et notamment dans des monuments historiques : Relais & Châteaux, Hôtels & Préférence, Esprit de France, Les collectionneurs.

On peut également citer la plateforme Rêve de châteaux, issue de la rencontre entre la start-up Châteaux Expériences et l’Association des Vieilles Maisons Françaises.

Conclusion

Qu’ils soient investisseurs économiques, gestionnaires, privés ou publics, les acteurs du Patrimoine sont nombreux et assurent des missions diverses mais complémentaires. En effet, aujourd’hui conseil et gestion sont devenus indissociables. Partout un même objectif, celui de faire du Patrimoine l’affaire de tous. Ainsi, conserver, restaurer, valoriser et pérenniser sont les maître-mots qui accompagnent ces acteurs engagés.

A vous de jouer ! Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous écrire : contact@hephata.fr

Pour aller plus loin

Les acteurs du patrimoine : le financement

Les acteurs du patrimoine : conseil, sensibilisation et lobbying

Gérer un château en couple

Panorama des acteurs européens du patrimoine

Comment choisir ses outils de gestion hôtelière ?

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Les acteurs du patrimoine : conseil, sensibilisation et lobbying. Premier volet du « Guide pratique pour savoir vers qui se tourner ».

L’important à retenir dans cet article :

Il existe en France une multitude d’organisations, de fondations, d’associations qui luttent pour la sauvegarde et la valorisation du Patrimoine par des missions diverses. Pour entretenir et gérer leurs domaines, les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux doivent en permanence résoudre les problématiques fiscales, juridiques, de gestion d’activités etc. qui se posent à eux. Ces organismes sont là pour les aider. Mais, face à la multiplicité d’acteurs du patrimoine, il n’est pas toujours facile de savoir à qui s’adresser.

Cet article permettra de comprendre le rôle de chacun afin d’y voir plus clair pour se tourner plus facilement vers le bon interlocuteur :

– Les spécialistes du conseil fiscal et juridique

– Ceux qui se tournent vers l’information et la sensibilisation du public

– Les acteurs impliqués dans la sphère publique

Introduction

En France, on dénombre 44 000 monuments historiques dont la moitié sont publics. Ce patrimoine est composé d’un tiers d’églises (tous les édifices religieux construits avant 1905 appartiennent à l’État), d’un tiers de châteaux, manoirs, hôtels particuliers, maisons de maître, et d’un tiers de patrimoine rural dit « patrimoine vernaculaire » (lavoirs, ponts, moulins).

Parmi eux, 5 000 monuments bénéficient d’une protection (classement ou inscription).

Selon la Demeure Historique, le temps moyen de détention d’un château par un particulier est de sept ans et, faute de moyens, 400 châteaux changent de propriétaires chaque année. Pour tenter de pallier à ces difficultés, des initiatives de sauvegarde sont mises en place : opérations de crowdfunding, subventions, promotion d’activités économiques etc. Le mécénat représente aujourd’hui un des moyens les plus importants pour réunir les sommes d’argent nécessaires à la préservation de ces vieilles pierres et à leur transmission. En 2017, 500 millions d’euros ont été récoltés via le mécénat culturel (3% pour le patrimoine culturel) et plus de 300 millions d’euros via les subventions.

Repreneur ou acquéreur d’un monument historique, propriétaire de longue date, gestionnaire quelles sont les personnes à solliciter pour être aidé dans son projet ?

1. Les acteurs spécialisés dans le conseil juridique et fiscal

En France, le droit est omniprésent. Si l’on n’est pas juriste, il est difficile de s’y retrouver seul. En outre, les monuments historiques relèvent d’un régime fiscal dérogatoire . En tant que propriétaire, il est judicieux de bien se faire accompagner sur ses questions très techniques d’autant que certains acteurs du patrimoine ont fait du conseil juridique et fiscal, leur mission principale.  

a) La Demeure Historique

L’interlocuteur privilégié pour toutes les questions d’ordre juridique et fiscal est bien évidemment la Demeure historique (DH), association nationale fondée en 1924 et reconnue d’utilité publique en 1965. Elle regroupe plus de trois mille adhérents, propriétaires de monuments et jardins historiques.

La DH apporte une expertise juridique et fiscale aux propriétaires-gestionnaires de monuments historiques par :

– Du conseil personnalisé

– Des formations thématisées

– La mise à disposition de guides et documents techniques

Plaquette de présentation de la DH

b) La Fédération Patrimoine-Environnement

La Fédération Patrimoine-Environnement (LUR-FNASSEM) , agréée par le Ministère chargé de l’Écologie et du Développement durable et par le Ministère de l’Éducation Nationale, réunit des particuliers, des associations et des collectivités. Leur vocation commune est de militer pour :

– La protection et la valorisation des paysages

– La protection et la valorisation du patrimoine archéologique, architectural et touristique français

– L’amélioration du cadre de vie

Elle résulte de la fusion, en 2013, de la Fédération Nationale des Associations de Sauvegarde des Sites et Ensembles Monumentaux (FNASSEM) et de la Ligue Urbaine et Rurale pour l’aménagement du cadre de la vie française (LUR).

Au cœur de ses différentes missions, la fédération joue le rôle de conseiller juridique auprès de ses adhérents grâce à l’organisation, d’une part, d’ateliers d’informations sur des thématiques variées tel que l’urbanisme, le bâti ancien ou les églises. Ces formations ont lieu au niveau régional.  D’autre part, l’organisation annuelle des Journées Juridiques du Patrimoine , à l’échelle nationale.

2. Les acteurs spécialisés dans l’information et la sensibilisation du public

En France, les politiques publiques culturelles sont dirigées par le Ministère de la Culture  dont l’objectif est de « rendre accessibles au plus grand nombre les œuvres capitales de l’humanité et d’abord de la France »

Au niveau régional et départemental, c’est la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) qui officie pour le compte de l’État. Il s’agit en effet du service déconcentré du ministère de la Culture. La DRAC a pour mission : la protection, la conservation, la restauration et la mise en valeur du patrimoine. En outre, elle soutient les musées et la création dans l’art.

À côté des acteurs publics, une multitude d’organismes viennent renforcer ce rôle d’information et de sensibilisation du public au patrimoine.

a) Les Maisons Paysannes de France : l’alliance du patrimoine rural bâti et de l’écologie

Les Maisons Paysannes de France , association nationale reconnue d’utilité publique, a pour mission la sauvegarde du patrimoine rural bâti et paysager. Pour répondre à cette missions, elle utilise différents leviers :

La sensibilisation du public aux qualités esthétiques et écologiques de l’architecture traditionnelle et aux paysages ruraux ;

– L’information du public et des professionnels sur cette architecture, sur ses possibilités de restauration et ses qualités environnementales ;

– La publication d’une revue trimestrielle qui propose des conseils et des techniques de restauration, des informations sur des constructions contemporaines respectueuses de leur environnement et des exemples d’aménagement durable de territoires.

b) Les Vieilles Maisons Françaises : une politique d’attribution de prix et de labels

Les Vieilles Maisons Françaises (VMF) est une association créée en 1958 et reconnue d’utilité publique en 1963. Elle se compose de 18 000 adhérents qui, contrairement à la DH, ne sont pas nécessairement des propriétaires.

Sa mission est de se consacrer à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine bâti et paysager local via l’attribution de prix et labels pour ses adhérents : le label « VMF Patrimoine Historique » qui reconnaît la qualité architecturale d’une demeure ainsi que les prix de sauvegarde nationaux, régionaux et départementaux. Elle publie également un magazine à raison de six numéros par an qui permettent de découvrir une région ou une ville en particulier

c) L’Union REMPART : l’implication de bénévoles dans une vision sociale et solidaire du patrimoine avec l’organisation de chantiers

L’Union REMPART est une association qui propose des chantiers de rénovation du patrimoine (maçonnerie, taille de pierres) et des formations à destination de bénévoles du monde entier.

Sa logique est de placer le patrimoine comme support et vecteur d’apprentissage, d’éducation et de formation. Aussi, elle invite à une réflexion complexe sur ses enjeux économiques, sociaux et environnementaux.

L’association est porteuse de l’intérêt général. Elle revendique donc, à ce titre, le soutien de la puissance publique. Enfin, elle associe, dans le territoire où elle s’inscrit, des partenaires privés ou de l’économie sociale et solidaire (ESS).

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d) La Fédération Patrimoine-Environnement : la défense de l’environnement et la sauvegarde du patrimoine par l’organisation de grands évènements

À côté de ses missions de conseil, la Fédération Patrimoine-Environnement joue un rôle important autour des missions suivantes :

Communiquer, informer et mettre en réseau sur divers supports de communication (site Internet, lettre d’information électronique, revue annuelle thématique)

Sensibiliser et éduquer : la Fédération coordonne les Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins et organise les concours nationaux du « Meilleur Petit Journal du Patrimoine » et le concours des « Entrées et ville et reconquête des franges urbaines » .

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Plaquette de présentation de la Fédération Patrimoine-Environnement

e) Sites & monuments : la défense du patrimoine naturel et bâti par des concours

La Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique de la France (SPPEF) est une association créée en 1901, reconnue d’utilité publique en 1936 et agréée pour la protection de l’environnement depuis 1978. Elle défend le patrimoine naturel et bâti et utilise désormais le nom de Sites & Monuments.

L’association s’engage dans la sauvegarde du patrimoine via la publication d’une revue annuelle et l’organisation de concours. Ces concours valorisent les initiatives locales en matière de patrimoine. Depuis 1988, l’association a ainsi attribué plus de deux cents prix pour un montant total de près de 500 000  euros, alimentés par des fonds publics et privés.

2. Les acteurs impliqués dans la sphère publique

a) La Demeure Historique

En plus de ses missions de conseil sur les questions juridiques et fiscale, la DH joue un rôle important auprès des pouvoirs publics. Elle fait du lobbying en faveur du patrimoine historique privé. Aussi, à ce titre, la DH se veut être « un partenaire privilégié des décideurs politiques et des acteurs de la filière du patrimoine ».

b) Les Maisons Paysannes de France

À côté de la Demeure Historique, on retrouve également l’association Les Maisons Paysannes de France qui se positionne face aux pouvoirs publics afin d’obtenir toutes les mesures législatives ou règlementaires nécessaires à :

– La restauration des maisons anciennes

– L’implantation de constructions nouvelles

– La préservation des paysages

– La mise en œuvre de matériaux de proximité ou bio-sourcés 

c) La Fédération Patrimoine-Environnement

La Fédération Patrimoine-Environnement est également présente dans la sphère publique. En outre, elle participe aux commissions et structures nationales et internationales sur le patrimoine, les paysages et la vie associative dont :

Europa Nostra

– La conférence nationale des associations de sauvegarde du patrimoine bâti et paysager avec le Ministère de la Culture, le G8 Patrimoine

– La Commission nationale des monuments historiques section abords

– Le Conseil d’orientation de la Fondation du patrimoine

– ICOMOS France (pour le patrimoine mondial),

d) Sites & Monuments

L’association siège au Conseil d’orientation de la Fondation du Patrimoine et intervient auprès de l’administration. D’une part, l’association participe à des instances publiques consultatives comme la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA), la Commission supérieure des sites, perspectives et paysages (CSSPP) et des commissions territoriales. D’autre part, elle appartient au G8, groupe de huit associations de défense du patrimoine reconnues d’utilité publique consulté par le ministère de la Culture.

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Conclusion

Les acteurs du patrimoine : conseil, sensibilisation et lobbying. Ces acteurs ont chacun leur rôle à jouer. Mais d’autres acteurs sont spécialisés dans le financement. À découvrir dans l’article suivant…

Pour aller plus loin

Les acteurs du patrimoine : la gestion

Les acteurs du patrimoine : le financement

Créer une association pour son château

Les chantiers participatifs au service du patrimoine

Club de mécènes de l’Abbaye de Fontevraud

L’important à retenir dans cet article :

Accueillir des visiteurs en lien avec des activités dans un château ou un monument n’est pas simple. L’enjeu augmente lorsqu’il s’agit de faire croitre le nombre de visiteurs. Plusieurs techniques sont utilisées pour « booster » les visites et rendre ses espaces attractifs, parmi elles : la communication, la signalétique, la facilitation des transports, l’amélioration de la qualité des activités…

Le Château de Fougères en Bretagne a connu une belle croissance du nombre de visiteurs (plus de 106 000 en 2017). Evelyne Gautier Le Bail, Adjointe au Maire de Fougères nous donne quelques clés. A bien y regarder, ce qui compte serait : 
– L’adéquation du lieu aux activités
– L’adéquation des activités au public ciblé

Quelles sont les visites que vous proposez ? 

Le Château de Fougères s’adresse à un public très large autour de différents types de visites : 
– En groupe ou en individuel : 
Des visites libres avec des audio-guides (français, anglais, italien, allemand, espagnol ; ainsi qu’un audio-guide pour enfants).
Des visites guidées avec un guide agréé.
– Des visites classiques : de la forteresse ou dans les tours avec une scénographie sur l’Histoire du Château et son appartenance au royaume de France et de Bretagne (l’histoire des « Marches de Bretagne » entre le royaume et le duché de Bretagne).
– Des visites à thème : un calendrier pendant les vacances scolaires et les week-ends pour proposer des animations proposées par le service patrimoine et pouvant être enrichies en lien avec des associations patrimoniales.
– Des visites guidées en langues étrangères.
– Des livrets en 8 langues : les cinq langues citées précédemment et japonais, russe, néerlandais. 
– Des visites en langue des signes (LSF) à la demande.

Il est également possible de visiter la ville selon des thématiques telles que l’époque médiévale.

A quels publics vous adressez-vous ? Quel type de public aimeriez-vous davantage recevoir ? 

Notre public cible est constitué principalement de familles avec des enfants. C’est un public plutôt « saisonnier ». 

Néanmoins, nous développons un public sur toute l’année, par exemple en nous adressant aux seniors, aux publics affinitaires.
Nous recevons 12 000 scolaires par an et des groupes (environ 7 000 personnes par an). Nous souhaitons développer les packages.

Est-ce principalement de la clientèle Bretonne ou de toute la France ? 

En termes de billetterie, 70% de notre clientèle est française. Elle provient majoritairement de la région Grand-Ouest, soit de Bretagne, des Pays de la Loire, et de la Normandie. Une grande clientèle provient aussi de la Région Parisienne.

Nous souhaitons développer la clientèle du Nord de la France, en lien avec les stratégies marketing de la Région Bretagne.

Nous sommes également intéressés par le public international et nous développons des médiations en langues étrangères pour leur donner envie de visiter. Par exemple, nous recevons beaucoup d’anglais et d’espagnols et nous cherchons à élargir à des groupes internationaux comme les japonais ou les américains. 

Nous profitons de leur visite du Mont-Saint-Michel, géré par le CMN, et nous souhaitons les faire venir jusqu’au Château de Fougères.

Comment expliquez-vous que le nombre de visiteurs ait augmenté ? Que recherche le public ? 

La campagne de communication
Ce phénomène peut être expliqué par notre grande campagne de communication chaque année. Nous en avons lancé une nouvelle l’année dernière. Elle était notamment résumée par une grande affiche, comprenant la photo du château et le slogan « T’as pas vu Fougères, t’as rien vu ».

Par ailleurs, de façon générale, notre politique de communication est « très volontariste ». Elle se présente sous différents canaux :
– Institutionnelle : les affiches, les dépliants touristiques
– Web : les réseaux sociaux et le site internet
– La Presse : des publications dans des revues spécialisées pour les amateurs d’Histoire ou les familles
– Les Labels : Ville d’Art et d’Histoire, Destination Rennes et portes de Bretagne, la marque Bretagne…
– Les Guides : TripAdvisor, Le Petit Futé… (Nous avons de bons retours et de bonnes notes, il est donc important d’avoir de tels relais)
– Les Evènements : La parodie de Harry Potter tournée par le youtubeur Joueur du Grenier, l’émission de Stéphane Bern, le Tour de France qui va venir à Fougères et qui amène du public venant de 360 pays dans le monde… 

Cela nous confère une visibilité importante et amène ainsi davantage de visiteurs. 

Créer une expérience
Le public souhaite ici vivre une expérience, que ce soit en famille, avec des amis… Il faut leur proposer des animations et des évènements qui évoluent sans cesse. Le rôle des nouvelles technologies est important.

S’adresser aux bons publics
Il y a toujours des amateurs d’Histoire qui recherchent simplement la visite du patrimoine du château ! Il ne faut pas les négliger.

L’utilisation des nouvelles technologies est-elle importante pour attirer du public ? 

Cette utilisation est même primordiale ! 

Aujourd’hui nous utilisons la scénographie, soit une médiation visuelle et sonore des scènes historiques, qui est à la fois un média technologique visuel et sonore, mais nous avons de nombreux projets. 

En effet, une étude est menée en ce moment avec d’autres sites afin d’apporter de nouvelles technologies dans le cadre de travaux de recherches européens : 
– Un casque Oculus pour une réalité augmentée
– Une salle immersive 
– Des animations de Réalité Virtuelle grâce à des casques spéciaux
– L’utilisation de tablettes

Cela se met en place progressivement, et sera prêt pour 2019-2020.

L’organisation de l’ensemble de ses activités au sein du château nécessite quelles ressources ? 

Le Château est public et est géré en régie. Le budget de la ville est séparé entre les animations, l’entretien et la conservation du château, le personnel.
Pour donner une fourchette, le budget pour les animations estivales du soir varie entre 40 000 et 50 000€. 

Mais ce qui importe, c’est le chiffre d’affaires dégagé par ces investissements. Celui ci est de 550 000€, et ses recettes sont absolument essentielles pour la ville.

En ce qui concerne les effectifs, nous avons un ensemble de permanents et de saisonniers qui travaillent au château : 
– Une responsable qui s’occupe de l’ensemble,
– un animateur du patrimoine qui gère trois guides permanents, une dizaine de guides-conférenciers agréés vacataires et les saisonniers. Il est obligatoire que nous ayons des guides-conférenciers car nous possédons le label Ville d’Art et d’Histoire depuis 1984.
– Une équipe administrative composée de deux personnes à l’accueil des individuels et la réservation des groupes.
– Un technicien de maintenance pour la scénographie et les spectacles, ainsi que du personnel d’entretien,
– des intermittents du spectacle qui travaillent à l’année sous forme de prestations, mais qui peuvent aussi jouer dans d’autres sites que le nôtre.

Quelles clés donneriez-vous à un propriétaire qui désire augmenter le nombre de visiteurs ? 

Plusieurs conseils pour un propriétaire :
– La qualité d’accueil avant toute chose ! 
– La qualité de la communication est essentielle, notamment sur les réseaux sociaux.
– Etre recensé dans différents types de guides et sur les réseaux (TripAdvisor…), car le public regarde ce qu’ils conseillent.
– Etre associé à un grand événement. Cela permet de renforcer la notoriété et donc l’attractivité, de bénéficier de grandes retombées…
– Développer les animations déjà existantes.

Il est bien d’informer afin que les visiteurs souhaitent venir, revenir, et que le site devienne « incontournable » ! 

Pour aller plus loin :

 Pour en lire davantage : 

– LES CHÂTEAUX-ENTREPRISES – est-ce le modèle économique de demain ? 
– Le château de Fougères devient le deuxième château le plus visité en Bretagne
– Le château de Fougères lance sa mutation numérique