En France, le tourisme de mémoire permet aux territoires de valoriser leurs monuments et sites marqués par l’histoire. 

L’important à retenir de cet article :

Le tourisme de mémoire est une notion très vaste englobant une quantité de lieux de mémoire divers. Toutefois, plus le lieu est chargé d’une histoire sombre et contemporaine, à l’instar des deux guerres mondiales, plus il attirera les publics. En effet, l’aspect sensible est très important dans le tourisme de mémoire. Le recueillement et la commémoration sont des motivations pour les visiteurs.

– Le tourisme de mémoire fonctionne bien en France et se développe de plus en plus.

– En effet, les lieux de mémoire sont nombreux en France et jalonnent l’intégralité de son territoire. 

Introduction : 

Le tourisme de mémoire est pratiqué depuis plusieurs années. À travers le fil rouge du patrimoine mémoriel et de l’histoire, le tourisme de mémoire permet aux voyageurs de découvrir un territoire. Pour l’anthropologue Franck Michel, le tourisme de mémoire est avant tout caractérisé par son lien étroit avec le devoir de mémoire : faire mémoire, se recueillir et transmettre aux générations futures.

Répandu dans le monde, le tourisme de mémoire touche à la fois à l’intime et à un patrimoine commun. L’aspect sensible est à prendre en compte dans le tourisme de mémoire, car les lieux touchent souvent à des épisodes funestes de l’histoire.  

L’offre touristique de mémoire est un complément économique, culturel et attractif. Sa spécificité le rend unique. Le tourisme de mémoire comprend divers enjeux : pédagogiques, civiques et culturels. 

Générant chaque année environ 20 millions de visiteurs en France, le tourisme de mémoire est une pratique importante en France.

Présentation du tourisme de mémoire

Dans l’imaginaire commun, le tourisme de mémoire se résume aux mémoriaux de guerre, surtout ceux des deux guerres mondiales. Bien que les mémoriaux soient très importants dans le tourisme de mémoire, la notion est plus vaste et englobe divers sites historiques.

Le tourisme de mémoire est une forme de tourisme axée sur le patrimoine historique d’un lieu, surtout lorsque celui-ci témoigne ou a été marqué par un évènement ou une période. Néanmoins, il peut aussi s’agir de lieux créés spécifiquement pour accueillir les touristes souhaitant se recueillir autour d’un lieu ou d’un épisode de l’histoire.

Cet évènement ou période peut être fondateur pour l’histoire du lieu et du pays, et/ou potentiellement douloureux. Parmi les lieux concernés par le tourisme de mémoire, il y a notamment :

– Les lieux ayant une histoire marquée par une bataille ou une guerre, comme Les Plages du Débarquementen Normandie ou le Chemin des Dames  rancets-de-France ;

– Les mémoriaux et musées dédiés à la guerre, à l’instar du Mémorial de Caen

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Sculptures commémoratives sur la plage d’Omaha Beach ⓒPhilippe Trzebiatowski

Le tourisme de mémoire inclut aussi les anciennes prisons, les forts et citadelles, les bunkers ou encore les bases-sous-marines. Les cimetières sont aussi des hauts-lieux pour le tourisme de mémoire, qu’il s’agisse de cimetières militaires comme celui d’Omaha Beach (Calvados) ou civils comme le cimetière du Père Lachaise(Paris).

Vue aérienne du cimetière d’Omaha Beach ⓒhenri4meaux.fr

Le tourisme de mémoire peut être un but en soi ou une étape sur un parcours. Dans les deux cas, la mise en scène autour des lieux et l’aspect pédagogique sont primordiaux, afin de préserver la sensibilité du public tout en éveillant les consciences.

La part sensible du tourisme de mémoire

L’aspect sensible et émotionnel est très important dans le tourisme de mémoire, car ce dernier touche à notre histoire et ce qu’elle a d’intime. Ainsi, la visite de certains lieux de mémoire marqués par une histoire particulièrement douloureuse doit être réalisée avec tact et pédagogie. Par exemple, à l’échelle mondiale, l’un des sites les plus visités dans le cadre du tourisme de mémoire est le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. Témoin funeste d’une très sombre période de l’histoire, de nombreux individus ressentent le besoin d’aller s’y recueillir. 

Néanmoins, cela sera surtout valable pour des lieux témoins d’une histoire récente. En ce qui concerne les anciennes forteresses ou prisons, l’impact émotionnel n’est pas le même. Certains lieux attirent donc uniquement pour leur aspect historique, voir architectural, tandis que d’autres sont des lieux sensibles, appelant à la commémoration.

Exemple du Mémorial de la Shoah

Ouvert depuis 2005, le Mémorial de la Shoah est un lieu de mémoire consacré à l’histoire juive durant la Sconde Guerre mondiale, dont l’axe central est la Shoah. Le lieu compte différents lieux de mémoire. 

Le Mémorial de la Shoah est le fruit de la fusion entre deux entités : le Centre de Documentation Juive Contemporaine (CDJC) et le Mémorial du Martyr Juif Inconnu. La première entité fut créée clandestinement en 1943, en pleine guerre, afin de rassembler et conserver des preuves des actions de persécutions perpétrées à l’encontre des juifs. La seconde entité, le Mémorial du Martyr Juif Inconnu, fut inaugurée en 1956. Il s’agit d’un tombeau-mémorial destiné à commémorer les victimes de la Shoah. Il héberge le CDJC. 

En 2005, l’ensemble des lieux de mémoire du site ont été rassemblé pour devenir le Mémorial de la Shoah. Le lieu inclut notamment le Mur des Noms, le Mur des Justes et le Mémorial des Enfants.

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Le Mur des Noms au Mémorial de la Shoah ⓒJean Baptiste Gurliat

Le Mémorial de la Shoah est à la fois un lieu de mémoire et de recueillement, mais aussi de pédagogie. Né de la volonté d’obtenir justice et de ne jamais oublier, le Mémorial poursuit ce but encore aujourd’hui. Le lieu organise des expositions temporaires et des conférences en lien avec la Shoah, accueillant la parole de témoins.

Les lieux de mémoire, à l’instar du Mémorial de la Shoah, sont aussi là pour continuer à faire vivre l’histoire, surtout ses heures les plus sombres, afin que les générations futures n’oublient pas.

La France, terre d’histoire et de mémoire

La France est un pays dont l’histoire est marquée par les conflits et évènements fondateurs. Le pays joue beaucoup sur ces grands évènements historiques à travers de nombreuses commémorations nationales, ainsi que des célébrations plus locales. Les évènements commémoratifs participent grandement à l’intérêt du public pour la mémoire et les lieux qui s’y rapportent. 

En outre, ces évènements génèrent une hausse du flux touristique dans les lieux concernés. Par exemple, en 2018, la France fêtait le centenaire de la fin de la Première Guerre Mondiale. Cette année-là, les sites mémoriels dédiés à cette guerre ont vu leur fréquentation fortement augmenter. 

Les régions françaises importantes pour le tourisme de mémoire

Bien que des lieux de mémoire soient dispersés partout sur le territoire français, certaines régions sont particulièrement importantes pour le tourisme de mémoire. Cela s’explique par :

– L’abondance de lieux de mémoire sur leur territoire ;

– Un territoire marqué par des conflits contemporains.

La Normandie, leader du tourisme de mémoire français

En France, la région la plus importante pour le tourisme de mémoire est la Normandie. Marquée principalement par la Seconde Guerre Mondiale, le territoire normand compte parmi les hauts-lieux du tourisme de mémoire.

Tout d’abord, la région possède de nombreux musées et mémoriaux. Bien que le musée ou mémorial le plus visité de France soit le Musée de l’Armée à Paris, tous les autres figurant en haut du classement sont situés en Normandie. Parmi ces sites, il y a notamment le Mémorial de Caen, qui occupe la deuxième place. Consacré à l’histoire du XXème siècle, le Mémorial de Caen est un musée historique dont la thématique principale tourne autour de la fragilité de la paix. Labellisé « Musée de France », le lieu fait aussi parti de l’International Network of Museums for Peace.

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Le Mémorial de Caen ⓒmonumentsdefrance.com

D’autres lieux comme le Musée du débarquement à Arromanches et le Musée Arromanches, respectivement 3ème et 4ème du classement, retracent l’histoire du débarquement en Normandie.

En plus de ces musées, la région Normandie possède un patrimoine naturel marqué par la guerre, avec notamment Les Plages du Débarquement. Des millions de visiteurs viennent chaque année découvrir ces lieux où l’histoire de France s’est écrite. 

Les Hauts-de-France et la Grande Guerre

Les Hauts-de-France sont la deuxième région la plus fréquentée pour le tourisme de mémoire. Possédant la plus grande nécropole de France, la nécropole Notre-Dame de Lorette, la région est très marquée par la Grande Guerre. Théâtre de guerre mais aussi de paix, les Hauts de France possèdent plusieurs grands sites de tourisme de mémoire, tels que :

– La carrière Wellington, réseau de galeries souterraines qui ont joué un rôle majeur durant la guerre ;

– La Clairière de l’Armistice, où s’est déroulée la négociation puis la signature de l’armistice le 11 novembre 1918.

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La Clairière de l’Armistice ⓒwikipedia.org ©CC TCY

Tristement célèbre, le plus connu d’entre tous est le Chemin des Dames. Théâtre de plusieurs batailles durant la Première Guerre Mondiale, le Chemin des Dames est un lieu de recueillement et de commémoration. Le lieu propose aussi diverses ressources pédagogiques afin d’apprendre aux plus jeunes ce qui s’est déroulé en ces lieux.

Le Chemin des Dames ⓒADRDT02/ Adrien Tutin Photographe

Valoriser un territoire et un patrimoine grâce au tourisme de mémoire

Présent partout sur le territoire, les lieux de mémoire possèdent un fort potentiel et génèrent un important flux touristique. Le tourisme de mémoire peut donc être une excellente manière de valoriser son territoire, notamment grâce à des activités à la fois pédagogique et commémoratives.

Le tourisme de mémoire plait à tout le monde, et surtout aux familles

Les études du public et témoignages démontrent que le tourisme de mémoire est souvent pratiqué par des familles. En effet, les parents souhaitent apprendre à leurs enfants l’histoire de leur pays, dans cette volonté de transmission et de ne jamais oublier. Les lieux s’adaptent donc en proposant des activités pédagogiques et ludiques.

Le Centre Juno Beach en Normandie rend hommage aux soldats canadiens ayant perdu la vie durant la Seconde Guerre Mondiale. Le Centre tire son nom de la plage Juno Beach, l’une des cinq plages du débarquement. Ce centre est un excellent exemple de lieu de mémoire adapté aux enfants. En effet, le lieu utilise divers équipements afin d’attirer l’attention des enfants comme des modules interactives et des écrans tactiles. Tout au long de la visite, les enfants doivent collectionner des « points coquelicots », dans un jeu de piste grandeur réelle. Les coquelicots sont une référence au coquelicot de la Légion Royale Canadienne.

Coquelicots au Centre Juno Beach ⓒTorontoSun

Véritablement pensé pour les enfants, le Centre Juno Beach attire les curieux et les familles. Moins célèbre que la Pointe du Hoc ou Omaha Beach, le Centre se démarque grâce à ses équipements pédagogiques.

Développer des activités touristiques et culturelles au sein d’un lieu de mémoire

Valoriser un lieu de mémoire par des activités culturelles et touristiques permet de le dynamiser et de l’inclure dans la vie d’un territoire. 

À Saint-Nazaire dans les Pays-de-la-Loirela Base-sous-marine est au cœur des activités touristiques de la ville. Sa place est si importante que l’Office de Tourisme s’y est installé. 

Forteresse défensive construire par l’armée allemande durant la Seconde Guerre Mondiale afin d’y abriter leurs sous-marins, la Base-sous-marine est désormais un haut lieu du tourisme à Saint-Nazaire. Monument emblématique de la ville, c’est un incontournable. Des visites guidées sont proposées, bien que le lieu puisse aussi se visiter librement. Tout d’abord, il est possible de visiter certaines alvéoles ouvertes de la base. Les visiteurs peuvent aussi monter sur le toit de la base, qui offre une vue panoramique sur le port de Saint-Nazaire.

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La Base-sous-marine de Saint-Nazaire ⓒwikipedia.org ©CC BY-SA 2.0

À la Base-sous-marine, les visiteurs ont accès à un certain nombre d’activités et équipements, comme un restaurant, une salle d’exposition et de concert et une boutique-souvenirs. Deux activités sont particulièrement réputées auprès des touristes :

– L’Escal’Altantic, musée-paquebot unique ;

– L’Espadon, seul sous-marin à flot visitable de France. 

Toutes ces activités mettent en avant le patrimoine de Saint-Nazaire grâce à son lieu de mémoire. La base-sous-marine est un atout touristique majeur pour la ville. Dans la même veine, le port militaire de Cherbourg est un acteur touristique de son territoire, notamment grâce à son sous-marin « Le redoutable ». 

Des aides publiques existent pour développer le tourisme de mémoire

Le tourisme de mémoire est un levier pour l’attractivité des territoires, comme le démontre l’exemple précédent de Saint-Nazaire et sa Base-sous-marine. Plusieurs régions ont compris cela. De ce fait, elles ont décidé de s’engager auprès des acteurs du tourisme et du patrimoine afin de développer le tourisme de mémoire. Voici quelques exemples de subventions régionales ;

– Les Hauts-de-France s’engagent dans l’accompagnement et la modernisation de l’offre de tourisme de mémoire ;

– Le Grand Est propose une aide financière pour protéger ses monuments aux morts ;

– L’Occitanie met en place une aide aux collectifs, associations ou entreprises, qui valorisent le patrimoine de mémoire.

Le Ministère des armées peut aussi soutenir des projets. En effet, il lance régulièrement des appels à projets dédiés au développement et/ou à l’innovation dans le tourisme de mémoire.

Conclusion :

Attirant chaque année de nombreux visiteurs, les lieux de mémoire sont des atouts pour le territoire. Les flux de touristes qui viennent visiter ces lieux peuvent ensuite en profiter pour découvrir les autres atouts d’une région : son patrimoine historique, naturel ou culturel. Ainsi, le tourisme de mémoire est un levier autant pour les propriétaires privés que pour les collectivités souhaitant valoriser leur patrimoine. 

Soit celui-ci se prête directement à du tourisme de mémoire, auquel cas il est très intéressant d’y développer des parcours et activités dans ce domaine. Soit le lieu ne s’y prête pas, mais peut offrir une activité complémentaire aux visiteurs : activité culturelle ou d’accueil, hébergement, restauration. En outre, le lieu peut accueillir un évènement en lien avec la mémoire comme une commémoration solennelle, une reconstitution historique ou encore un concert.

Pour aller plus loin :

Organiser une reconstitution historique dans un château

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Avec l’épidémie de Covid-19, le tourisme de proximité réveille les territoires !

L’important à retenir de cet article :

La tendance du tourisme de proximité s’est accélérée avec la crise sanitaire. Cette pratique permet aux acteurs du secteur touristique, dont le patrimoine et la culture font partie, de conquérir le public local. Loin des grands voyages et du tourisme de masse, le tourisme de proximité favorise la découverte, ou redécouverte, de son territoire. Il s’agit d’un véritable atout pour le développement économique des territoires, permettant aux sites culturels et patrimoniaux d’être des acteurs essentiels et ancrés dans leur territoire.

Introduction :

Depuis plusieurs années, la tendance du tourisme de proximité s’est imposée. La crise sanitaire a accéléré l’intérêt des publics pour cette pratique qui s’intègre dans les nouvelles formes de tourisme responsable. À l’instar du slow tourisme, le tourisme de proximité veille à valoriser les territoires en préservant l’environnement.

La France est un terrain propice au tourisme de proximité. En effet, les régions françaises regorgent de châteaux, d’édifices historiques et de musées à découvrir. En complément de ce patrimoine historique et culturel, la France possède aussi un important patrimoine naturel. Avec six massifs montagneux, plus de 5 000km de côtes et 430 000km de rivières, la France offre aux voyageurs des univers de destination touristique très variés.

L’essor du tourisme de proximité depuis la crise sanitaire

La crise sanitaire que le monde traverse depuis près de deux ans a impacté les modes de consommations et de voyages des individus. Le tourisme et la culture sont des secteurs qui ont été particulièrement touchés. Pourtant, la situation actuelle s’est avérée bénéfique pour le tourisme de proximité. La conférence « Patrimoine et tourisme de proximité » menée par Sites et Cités remarquables de France révèle que 94% des français qui sont partis en vacances ont voyagé dans le territoire en 2020. 

Qu’est-ce qui caractérise le tourisme de proximité ?

Avant d’aller plus loin, il est essentiel de rappeler la définition du tourisme de proximité.

Le tourisme de proximité se caractérise par une destination proche de chez le touriste, généralement jusqu’à trois heures de son domicile. Deux grandes catégories de clients se distinguent :

– Les locaux, habitants généralement à moins d’une heure de voiture ;

– Les régionaux, habitants à deux ou trois heures de leur lieu de vacances. 

Les touristes régionaux génèrent souvent des nuitées, contrairement aux touristes locaux.

Derrière la notion de tourisme de proximité se cachent aussi la volonté d’aider les entreprises locales, de relancer l’économie et de valoriser toutes les richesses du territoire : qu’elles soient culturelles, patrimoniales, naturelles, sociales, etc.

En effet, avec les différentes limitations liées aux mesures sanitaires, les individus désirant voyager ont dû se tourner vers des destinations de proximité. Des campagnes de communication comme #CetÉtéJeVisiteLaFrance ont été mise en place par Atout France, acteur majeur du tourisme en France. Les institutions publiques aussi ont créées des initiatives pour valoriser le tourisme de proximité. 

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Campagne Atout France « #CetÉtéJeVisiteLaFrance » ⓒacteurs.tourisme.bretagne.bzh

En Occitanie, la région a créé la carte « Occ’ygene ». Destinée principalement aux familles, aux jeunes et aux séniors, la carte donne accès à des avantages sur de nombreuses activités de loisirs au sein du territoire. Ce partenariat établit entre certains établissements et la région suscite chez les publics cibles l’envie de voyager au cœur de la région.

Voici quelques-unes des activités partenaires :

– La visite de la Ferme du Gazénas, à destination surtout des étudiants et chômeurs, dans une démarche mêlant agritourisme et proximité ;

– L’exploration et la découverte de Terra-Vinéa, caves exceptionnelles prenant place dans une ancienne carrière de gypse ;

–  La visite animée du Fort Lagarde, monument historique classé situé à Prats-de-Mollo.

Les avantages du tourisme de proximité en temps de crise sanitaire

Depuis le début de la crise, les touristes qui voyagent prêtent attention aux règlementations et à leur sécurité sanitaire. De ce fait, le tourisme de proximité est un avantage car il garantit la connaissance du protocole sanitaire mis en place. Cet élément est rassurant et sécurisant pour les voyageurs.

Consciente de l’importance de ce critère, la région Normandie a mis la sécurité et la rassurance en avant sur site à travers un article intitulé « 10 sites ou musées à visiter en famille en toute confiance ». L’utilisation du mot « confiance » n’est pas anodine. En effet, la confiance d’un individu à l’égard d’un lieu influence directement sa venue sur le lieu. À ce titre, c’est un des piliers essentiels pour une bonne stratégie click and mortar.

  Parmi les lieux répertoriés par l’article cité précédemment, il y a notamment le Château de Beaumesnil et le Château de Dieppe.

La confiance d’un client envers un produit, une offre ou un lieu repose sur la certitude d’obtenir le résultat attendu. Dans un premier temps, le consommateur prend donc en compte son propre ressenti ainsi que les expériences des précédents clients. La confiance est nécessaire pour fédérer sa clientèle, qui sera ensuite plus à même de partager son expérience autour d’elle.

Le tourisme de proximité, un atout pour les territoires et le patrimoine

Si les régions portent un intérêt croissant pour le tourisme de proximité, c’est parce qu’il s’agit d’un véritable atout. Participant au développement du territoire, autant économique, que culturel et social, le tourisme de proximité crée des interactions entre les acteurs de la région et les habitants. 

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Il est donc primordial pour les régions de valoriser leurs principaux atouts. Parmi les éléments qui participent à la motivation d’un public pour une destination plutôt que pour une autre, trois piliers semblent essentiels :

– La culture et le patrimoine ;

– La nature ;

– Les loisirs.

Parmi le pilier regroupant culture et patrimoine, se cache aussi la gastronomie, l’artisanat régional, les métiers d’arts traditionnels. L’œnologie et la mixologie sont aussi des atouts à valoriser à travers la mise en place de circuits d’oenotourisme. Les touristes sont de plus en plus friands de destinations et d’activités authentiques.

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Pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux et culturels, divers développements d’activités sont envisageables dans le cadre du tourisme de proximité :

– De l’hébergement, axé sur des courts séjours, et de la restauration valorisant la gastronomie locale ;

– Des séjours thématiques, pour proposer une offre qui soit différenciante, en rapport avec l’identité du territoire ;

– Des visites culturelles, activités ou animations.

Afin de se démarquer dans le territoire, le lieu doit proposer une offre spécifique et qui marquera son identité auprès du public. Il peut aussi envisager des partenariats avec d’autres acteurs locaux ainsi qu’avec les institutions publiques et spécialisées. En effet, le tourisme de proximité étant d’utilité publique et locale, ces institutions sont des alliées indispensables.

Dans cette idée, il est aussi intéressant de s’inclure dans des circuits de visites thématiques, mis en place par les offices et agences touristiques ainsi que les institutions publiques.

Bien mettre en place le tourisme de proximité

Avant toute chose, le tourisme de proximité repose sur son accessibilité. En effet, la destination se doit d’être accessible par divers moyens car tout le monde ne possède pas de voiture ou ne désire pas voyager de la sorte. Il est donc essentiel de mettre en place divers modes de transports :

– Les transports en commun : bus, car, train, etc. ;

– Les transports plus écoresponsables et durables, comme le vélo ou la randonnée. 

Le tourisme de proximité se voulant généralement responsable et durable, les transports en commun ou propres sont souvent privilégiés par les voyageurs. Avec 15 000km de pistes cyclables et 180 000 sentiers de randonnées, les territoires français sont un terrain propice au tourisme de proximité en itinérance. Les parcours cyclotouristiques sont très prisés, à l’instar de la Loire à Vélo, qui permet de découvrir le patrimoine du Val de Loire.

Pour les territoires possédant des voies maritimes, les transports fluviaux sont une excellente manière d’attirer les touristes. En effet, le tourisme fluvial est lui aussi en plein essor car il permet aux touristes de se déplacer dans les territoires de manière originale, en alliant moyen de locomotion et hébergement. Grâce aux bateaux sans permis, le tourisme fluvial est aussi ouvert aux navigateurs néophytes !

Les outils de communication au service du tourisme de proximité

Le tourisme de proximité nécessite aussi de la visibilité auprès de son public. Bien que le caractère de proximité puisse faciliter l’accès à l’information, il est néanmoins important de déployer une campagne de communication efficace pour attirer l’attention du public. L’idée est de faire prendre conscience au public des opportunités de découvertes et de villégiature du territoire. 

Cette communication passe par différents canaux :

– On-line : les blogs et sites spécialisés, les bannières publicitaires en ligne, les sites des offices de tourisme, les réseaux sociaux et newsletters ;

– Off-line : l’affichage publicitaire, les flyers, la distribution dans les offices de tourisme, etc.

Afin d’attirer le public, il est possible d’organiser des jeux concours ou des quiz, qui permettent d’avoir une interaction directe avec le public, notamment sur les réseaux sociaux.

À titre d’exemple, l’agence d’attractivité Hello Lille a mobilisé les réseaux sociaux pour son opération « Une Nuit à l’Opéra ». En effet, l’agence a organisée un concours sur leur page Facebook pour permettre à deux personnes de remportée une nuit à l’Opéra de Lille. 

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Concours « Une nuit à l’Opéra » ©Hello Lille

La qualité et la bonne tenue régulière du site internet dédié au lieu patrimonial est aussi essentiel. En effet, un site internet proposant un contenu de qualité contribue à l’intérêt du public, selon la stratégie du click and mortar.

Comment éveiller l’attention des publics de proximité ?

Afin d’attirer les publics de proximité sur son territoire, il est aussi nécessaire de proposer des activités attractives. En effet, il convient de se rappeler pourquoi les individus voyagent, qu’est-ce qu’ils recherchent. Généralement, les vacances et voyages permettent aux touristes de se couper de leur quotidien, en découvrant un nouvel endroit. Les notions de nouveauté et de « coupure » sont fondamentales. Ainsi, le tourisme de proximité doit trouver comment apporter cela aux voyageurs, sans qu’ils ne quittent leur territoire.

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Dans un premier temps, le profil de la clientèle va influencer ses attentes :

– Les locaux ne pourront que très difficilement être surpris par un lieu : il convient donc de miser sur des animations et activités qui soient dépaysantes, surprenantes et enrichissantes.

– Les régionaux, qui pourront plus facilement découvrir un nouveau lieu et se couper ainsi de leur quotidien. Parfois, il suffit simplement de changer d’univers pour se sentir loin de chez soi.

Dans un second temps, voici quelques ingrédients indispensables pour éveiller l’intérêt du public :

– L’aspect découverte à travers des activités et expériences inédites, une visite particulière, une rencontre unique ;

– Le sur-mesure et « l’ultra-personnalisation », grâce à des activités entièrement personnalisables, plaçant les envies du public au cœur des offres.

Il convient aussi d’adapter son offre touristique à toutes les typologies de public, selon des critères économiques et pratiques. En effet, une famille n’aura pas forcément les mêmes envies qu’un couple sans enfant, ou qu’une personne seule. Prendre conscience de ces différentes typologies de publics et leur mode de consommation dans le patrimoine sont des prérequis essentiels.

Conclusion :

Le tourisme de proximité est un atout pour les territoires autant que pour les sites patrimoniaux et culturels. Principaux éléments d’attractivité, ces lieux attirent les publics. Diverses activités peuvent y être développées afin de répondre à la demande grandissante des touristes de proximité : hébergement, restauration, séjours thématiques, expériences ou activités culturelles, etc.

Pour un propriétaire ou un gestionnaire de site patrimonial souhaitant le promouvoir auprès des touristes de proximité, il est nécessaire de mettre en place une bonne campagne de communication ainsi que des partenariats avec les autres acteurs et institutions locales.

Pour aller plus loin :

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Comment rendre utile le patrimoine français ?

Lancer des activités dans un site historique

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Voici le top 15 des biens français méconnus inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO !

Introduction :

Avec 49 biens inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, la France se place en cinquième position des pays possédant le plus grand nombre de biens inscrits. Les quatre premiers du classement sont, respectivement,  l’Italie et la Chine, l’Espagne puis l’Allemagne. Outre les biens célèbres dans le monde entier comme le Mont Saint-Michel et sa baie ou le Palais et parc de Versailles, la France regorge de trésors patrimoniaux méconnus. 

Parmi ces biens, certains témoignent d’un savoir-faire, d’une histoire architecturale ou bien de l’œuvre de la nature. En effet, comme en témoigne le classement ci-dessous, les biens inscrits à l’UNESCO sont extrêmement variés. 

Les sites du patrimoine culturel inscrits à l’UNESCO

Les Fortifications de Vauban, quand le génie militaire crée la beauté

Entrées au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, les Fortifications de Vauban regroupent douze bâtiments fortifiés. Nées de l’imagination et du génie de Sébastien Le Pestre de Vauban, architecte militaire de Louis XIV, les fortifications complètent ainsi les défenses naturelles des villes. 

Villes neuves, citadelles, forts de montagne ou forts côtiers, les réalisations de Vauban sont variées et présentent toute une particularité architecturale remarquable. À titre d’exemple, voici quelques-unes des fortifications les plus célèbres :

– Le Verrou Vauban et la Citadelle de Blaye, formidable triptyque architectural ;

– La Citadelle de Besançon, site incontournable de la région Bourgogne-Franche-Comté ;

– La Citadelle d’Arras, qui accueille chaque année le mythique Main Square Festival.

Le port de la Lune à Bordeaux

Inscrit au patrimoine de l’UNESCO depuis 2007, le Port de la Lune est un quartier historique de Bordeaux, mêlant architecture classique et néo-classique. Tirant son nom du croissant de lune formé par la Gironde, le port de Bordeaux est surnommé « Port de la Lune » depuis le Moyen-Âge. En effet, le croissant de lune est même présent sur le blason de la ville !

La beauté du port a inspiré les artistes peintres, notamment Claude Joseph Vernet, peintre, dessinateur et graveur célèbre pour ses marines. En effet, il a réalisé deux vues du Port de la Lune, intitulées Port de Bordeaux du côté des Salinières et Deuxième vue du port de Bordeaux, prise du château Trompette, rappelant les vedute italiennes.

Deuxième vue du port de Bordeaux, prise du château Trompette, Claude Joseph Vernet

Le Phare de Cordouan, majestueuse sentinelle des mers

Veillant depuis quatre siècles sur l’estuaire de la Gironde, le phare de Cordouan fait son entrée au patrimoine mondial de l’UNESCO cette année. Il s’agit du second phare inscrit sur la prestigieuse liste, après le phare de La Corogne en Espagne !

Surnommé « Le phare des rois », le phare de Cordouan se distingue des autres phares par son architecture grandiose et remarquable. Pensé à la fois comme un ouvrage de signalisation maritime et le digne hériter des anciennes Merveilles du monde, le phare de Cordouan est un édifice de la plus haute ambition artistique. En effet, de grands travaux jalonnent l’histoire de ce phare, qui est un témoin précieusement préservé de plusieurs périodes architecturales.

Initié au XVIème siècle par Henri III, le projet de construction du phare est confié à l’architecte Louis de Foix avec un objectif : faire de ce phare une œuvre royale. À la mort d’Henri III, Henri IV reprend le flambeau et transforme le phare en un symbole du pouvoir royal. Sculptures et boiseries agrémentent les murs, et le phare possède même une chapelle royale. 

Le phare de Cordouan prend sa forme actuelle au XVIIIème siècle, lorsque l’architecte Jospeh Teulère le surélève afin d’en améliorer l’éclairage. De nos jours, le phare continue de guider les marins naviguant dans l’estuaire de la Gironde.

L’Abbatiale de Saint-Savin sur Gartempe, « L’audacieuse du Poitou »

Surnommée « L’audacieuse du Poitou », l’abbaye de Saint-Savin sur Gartempe est un trésor exceptionnel abritant le plus grand ensemble de peintures murales d’Europe (XIème-XIIème siècle). En effet, ces peintures murales uniques au monde, mêlant richesse et diversité iconographique, participent à la renommée de l’abbaye, qui fût inscrite à l’UNESCO en 1983. Par exemple, la voûte de la nef représente à elle seule 460m2 de surface peinte, à plus de 17 mètres du sol.

Véritable laboratoire d’innovations au fil des siècles, l’abbaye continue à innover en proposant des outils numériques à ses visiteurs, comme une tablette numérique incluse dans les visites libres. De tels outils sont en effet indispensables pour ancrer le patrimoine dans une démarche de médiation accessible à tous. 

De plus, en temps de crise sanitaire, développer des outils digitaux permets aussi de maintenir le lien entre le public et le lieu.

Abbaye cistercienne de Fontenay, célèbre décor de cinéma

Classée Monument Historique, l’Abbaye cistercienne de Fontenay est la plus ancienne abbaye cistercienne conservée au monde. Fondée au XIIème siècle par Saint-Bernard de Clairvaux, son incroyable état de conservation permet au visiteur de se projeter dans l’idéal de vie cistercien d’une vie sobre. Pour cela, l’abbaye est protégée à l’UNESCO depuis 1981.

De plus, la beauté des lieux a inspiré le cinéma. Ainsi, l’abbaye a accueilli le tournage de films culte :

– Les Trois Mousquetaires de Bernard Borderie (1961) ;

– Cyrano de Bergerac, de Jean-Paul Rappeneau, avec Gérard Depardieu (1990).

Accueillir un tournage de cinéma au sein d’un lieu patrimonial est une excellente manière de rentabiliser l’espace tout en le valorisant auprès du grand public. C’est aussi une démarche marketing, qui permet de communiquer sur l’existence d’un lieu et de donner envie aux spectateurs d’aller le visiter par la suite. Par exemple, en région Auvergne-Rhône-Alpesles touristes ont pu découvrir les lieux de tournages du film Kaamelott, produit par Alexandre Astier en 2021.

Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France, célèbre pèlerinage

Tout au long du Moyen-Âge, Saint-Jacques de Compostelle fut la destination la plus importante pour de nombreux pèlerins venus de toute l’Europe. Jalonnés de monuments historiques et d’édifices religieux remarquables, les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle demeurent un pèlerinage phare.

Fait amusant, des coquilles Saint-Jacques balisent les chemins et guident les pèlerins. Réputé durant l’Antiquité pour lutter activement contre la sorcellerie et le mauvais sort, le coquillage s’est imposé comme attribut de l’apôtre Saint-Jacques, qui lui donna son nom.

Une coquille Saint-Jacques balisant le chemin

De nos jours, plusieurs raisons différentes motivent les pèlerins à parcourir les chemins de Saint-Jacques de Compostelle. En effet, une étude réalisée en 2015 démontre que :

– 54% des pèlerins le font pour un motif spirituel, afin de se ressourcer ;

– 38% des pèlerins invoquent un motif religieux ;

– Et 8% des pèlerins parcourent les chemins pour des raisons sportives ou touristiques.

Voici quelques sites emblématiques parmi les lieux patrimoniaux qui jalonnent les routes des chemins de Compostelle :

– La basilique Saint-Sernin de Toulouse, emblème de la ville ;

– La cathédrale Notre-Dame d’Amiens, joyau de l’art sacré gothique.

Vue de la Basilique Saint-Sernin de Toulouse

Ayant joué et jouant encore un rôle essentiel dans les échanges et le développement culturels et religieux, les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle sont protégés à l’UNESCO depuis 1998.

Les coteaux, maisons et caves de Champagne

Répartis entre les régions Grand-Est, Haut-de-France et Île-de-France, les coteaux, maisons et caves de Champagne sont protégés à l’UNESCO depuis 2015. Constituant un paysage agro-industriel caractéristique, le bien comprend donc trois zones cœur :

– Les coteaux historiques de Cumières à Mareuil-sur-Aÿ ;

– L’Avenue de Champagne à Épernay ;

– La Colline Saint-Nicaise à Reims.

Coteaux de champagne

À cela s’ajoute une vaste zone d’engagement composée de 320 villes et villages formant l’écrin du Bien, ainsi que de nombreux attributs remarquables illustrant sa valeur universelle exceptionnelle.

Caves de maturation du champagne

À l’instar de la gastronomie ou de l’œnologie, le champagne est un emblème de la France aux yeux du monde. Grâce à la protection de son appellation, le champagne ne peut être produit que dans la région éponyme, renforçant son caractère exceptionnel. 

Lorsque le moine Dom Pierre Pérignon donna naissance au premier champagne, il dit à ses frères : « Venez mes frères, vite, je bois des étoiles ! ». Depuis, les vignerons de champagne produisent l’élixir des étoiles selon un savoir-faire unique et minutieux, qui a impacté l’urbanisme et l’architecture.

Associée à la célébration et la joie, la prestigieuse boisson passionne au-delà des frontières. En effet, à l’international, les britanniques et les américains sont les premiers amateurs de champagne.

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Et comme le disait George Sand « le champagne aide à l’émerveillement » !

Les climats du vignoble de Bourgogne

À l’instar du champagne, les vins de Bourgogne et leur méthode de production ont impacté leur lieu de production. Les climats du vignoble de Bourgogne, entrés à l’UNESCO en 2015, témoignent de ce lien unique. 

Climat bourguignon

Mais qu’est-ce qu’un « climat » en Bourgogne ? Il s’agit d’un terme spécifiquement bourguignon utilisé pour exprimer le terroir viticole. Chaque climat correspond en réalité à une parcelle de vigne qui possède son nom, son histoire, son goût et sa place dans la hiérarchie des crus. Il existe plus de 1 000 climats en Bourgogne, dont le célèbre château du Clos de Vougeot.

Château du Clos de Vougeot

Les Causses et les Cévennes, paysage culturel de l’agro-pastoralisme méditerranéen

S’étendant au sud du Massif Central sur les régions Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes, les Causses et les Cévennes forment un paysage remarquable. Entre montagnes et profondes vallées, ce territoire jalonné de villages et grandes fermes en pierre possède un caractère authentique unique. 

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Les Causses (à gauche) et les Cévennes (à droite)

Les Causses et les Cévennes sont entrées à l’UNESCO en 2015, en tant que paysage culturel de l’agro-pastoralisme méditerranéen. L’agro-pastoralisme est un ensemble de pratiques agricoles alliant l’élevage et les cultures qui y sont associées pour nourrir les troupeaux. 

Depuis des siècles, l’agro-pastoralisme façonne les paysages et la biodiversité des Causses et des Cévennes.

La production du sel ignigène

Protégé à l’UNESCO depuis 1982, ce bien concerne la production du sel ignigène, de la Grande Saline de Salins-les-Bains à la Saline Royale d’Arc-et-Senans. En effet, ces deux édifices majeurs dans l’histoire de la production du sel ignigène se trouvent en région Bourgogne-Franche-Comté.

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Saline Royale d’Arc-et-Senans

Le sel ignigène est issus d’une très ancienne technique reposant sur la cristallisation du sel par l’évaporation de saumure. Le terme « ignifère » vient d’ignis, signifiant « le feu ». En effet, dès le néolithique, l’eau de mer ou la saumure étaient mises à cuire dans des récipients, au-dessus du feu.

La Grande Saline de Salins-les-Bains fut active pendant plus d’un millénaire, jusqu’en 1962. De 1780 à 1895, son eau salée était cheminée par des saumoducs jusqu’à la Saline Royale d’Arc-et-Senans. La Grande Saline abrite une galerie souterraine exceptionnelle datant du 13ème siècle. 

Témoin exceptionnel de la production du sel ignifère, ce bien raconte l’histoire des hommes et femmes qui pendant 1 200 ans se sont succédé pour produire le précieux or blanc selon cette méthode particulière.

Les sites préhistoriques et grottes ornées de la Vallée de la Vézère

Composé de 15 sites préhistoriques, 147 gisements et 25 grottes ornées, les sites préhistoriques et grottes ornées de la Vallée de la Vézère forment un bien culturel exceptionnel. 

Situées en Nouvelle-Aquitaine, les grottes ornées possèdent un intérêt esthétique, ethnologique et anthropologique remarquable. En effet, la plus célèbre d’entre elles est la grotte de Lascaux, dont la découverte en 1940 marque un tournant dans l’histoire de l’art préhistorique.

Certains des ensembles figurés présents dans ces grottes sont mondialement connus, considérés comme des chefs d’œuvres de l’art préhistorique :

– La Vénus de Laussel, trouvée en 1911 dans l’abri du même nom ;

– L’intégralité des peintures pariétales de la grotte de Lascaux, représentant une centaine de figures animalières avec un niveau de détails et d’esthétisme impressionnant. 

Les sites préhistoriques et grottes ornées de la Vallée de la Vézère sont un matériel infiniment précieux pour la connaissance des périodes les plus reculées de l’histoire de l’humanité.

Les sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes

Inscrit à l’UNESCO en 2011, les sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes sont un bien dit « en série ». Un bien « en série » comportent deux zones ou d’avantages qui ne sont pas reliées physiquement. 

Les sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes rassemblent 111 sites, où se trouvent des vestiges d’établissements préhistoriques sur pilotis. Datant d’environ 5 000 ans jusqu’à 500 ans avant Jésus Christ, ils sont situés sous l’eau, sur les bords de lacs, de rivières ou de terres marécageuses.

La France partage donc ce bien avec d’autres pays : la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie et la Slovénie.

Les sites du patrimoine naturel inscrits à l’UNESCO

Le Golfe de Porto en Corse

Ce bien, composé du Golfe de Porto et de Girolata, des Calanches de Piana et de la réserve de Scandola est entré à l’UNESCO en 1983. Incroyable patrimoine naturel, le lieu inspira d’ailleurs le célèbre écrivain Guy de Maupassant dans Le Monastère de Corbara :

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« Je m’arrêtais d’abord stupéfait devant ces étonnants rochers de granit rose, hauts de quatre cents mètres, étranges, torturés, courbés, rongés par le temps, sanglants sous les derniers feux du crépuscule et prenant toutes les formes comme un peuple fantastique de contes féériques, pétrifié par quelque pouvoir surnaturel […] les calanches de Piana sont une des merveilles de la Corse ; on peut dire, je crois, une des merveilles du monde. »

Tableau naturel d’une rare beauté, ce patrimoine naturel abrite une faune et une flore préservées et caractéristiques de la région. C’est un paysage exceptionnel façonné par l’œuvre du temps et de l’érosion.

Les lagons de Nouvelle-Calédonie

Inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008, les lagons et récifs coralliens de Nouvelle-Calédonie sont des exemples exceptionnels d’écosystèmes diversifiés. En effet, ils forment l’un des trois systèmes récifaux les plus étendus du monde, abritant une incroyable variété d’espèces de coraux et de poissons.

Une image contenant extérieur, récif, fond marin

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Des récifs vivants aux récifs fossiles plus anciens, les lagons de Nouvelle Calédonie sont une source d’information importante sur l’histoire naturelle de l’Océanie. 

Les pitons, cirques et remparts de l’Île de la Réunion

Situés sur l’archipel des Mascareignesles pitons, cirques et remparts de l’Île de la Réunion forment un bien unique, entré à l’UNESCO en 2010. Il s’agit d’un paysage spectaculaire, composé de deux imposants pics volcaniques, de murailles massives et de trois cirques bordés de falaises.

Ce bien protège des secteurs-clés d’un centre mondial reconnu de diversité des plantes.

Conclusion : 

En conclusion, tous les biens présentés dans cet article partagent une valeur patrimoniale universelle, témoin des évolutions de l’humanité et de la Terre au fils des siècles. En effet, qu’ils s’agissent de lieux naturels laissés intacts par l’Homme ou, au contraire, façonnés par la vie humaine, tous participent à la connaissance de l’Homme et de son histoire.

Pour aller plus loin :

Quelles protections pour valoriser le patrimoine ?

Les enjeux de la sauvegarde du patrimoine français

Comment rendre utile le patrimoine français ?

La France au patrimoine mondial de l’UNESCO

Bienvenue au château de la Valette, où le street-art réinvente le patrimoine. 

L’important à retenir de cet article :

La combinaison entre patrimoine, architectural ou naturel, et street-art semble paradoxale, pourtant ces deux univers partagent des caractéristiques communes. Ainsi, l’un et l’autre peuvent s’aider à se développer : le street-art redonne vie au patrimoine, qui lui offre ses murs. Un exemple frappant est celui du Château de la Valette.

Le street-art apporte au patrimoine :

– Une renaissance et une nouvelle identité lui permettant de séduire un public varié ;

– Une nouvelle raison de consommer le patrimoine pour le public.

Introduction :

Longtemps décrié, le street-art est désormais reconnu comme un mouvement artistique à part entière, étudié en histoire de l’art, incontournable dans l’art contemporain. Les street-artistes sont désormais invités et missionnés par les villes pour réaliser des œuvres et investir l’espace public, en toute légalité. 

Fleurissant partout, le street-art est un art accessible à tous par définition, puisqu’il se s’exerce sur les murs, dans l’espace public. Le street-art partage donc avec le patrimoine son caractère universel et commun. 

Au-delà de partager les mêmes valeurs d’universalité, le street-art et le patrimoine sont aussi complémentaires. En effet, tandis que le premier a besoin de murs, de façades et de grandes surfaces pour exister, le second a besoin de renouveau pour se démarquer. L’association Urban Art Paris, consciente de cette complémentarité, s’est lancée dans un pari fou : réinventer le patrimoine grâce au street-art.

À l’instar de l’art contemporain, le street-art permet d’attirer un public différent des personae classiques du patrimoine – c’est-à-dire le public cible traditionnel. Le street-art apporte au public une nouvelle raison de venir « consommer le patrimoine ». L’alliance entre le patrimoine et le street-art est aussi avantageux pour ce dernier, qui bénéficie alors d’un terrain de jeu idéal et majestueux. 

Présentation du street-art

Considéré comme un véritable patrimoine américain, le street-art est symbolique des États-Unis au même titre que la Statue de la Liberté. Présent dans toutes les grandes villes du pays, le street-art décore les pierres et raconte l’évolution d’un pays. À Philadelphie, berceau du street-art depuis les années 60, près de 3 000 œuvres jalonnent les murs de la ville.

Selon le commissaire d’exposition Jérôme Catz, le street-art fait partie intégrante du patrimoine culturel depuis plusieurs décennies. Intégrées aux programmes des étudiants en histoire de l’art, les figures majeures du street-art comme Banksy ou Shepard Fairey sont des artistes réputés internationalement. Shepard Fairey, plus connu sous le pseudonyme OBEY, est particulièrement célèbre pour avoir créé l’œuvre « HOPE » dans le cadre de la campagne présidentielle de Barack Obama.

Hope ©OBEY

Désormais, le street-art est un courant incontournable de l’art, créant des émulsions dans le marché et chamboulant les codes. Le marché de l’art se souvient encore de la vente et autodestruction partielle de « La fille au ballon », œuvre symbolique de Banksy. Adjugée pour 1,2 millions d’euros en 2018, l’œuvre reviendra bientôt sur le marché. 

Le street-art intrigue les institutions 

En France, les institutions publiques et privées ne sont pas insensibles au street-art. En 2016, dans le cadre de l’évènement Street Art 13, le maire du 13ème arrondissement a commandé à Shepard Fairey une fresque monumentale illustrant la devise nationale. Cette œuvre est désormais emblématique du quartier et attire chaque année les curieux et passionnés.

Le street-art est donc une excellente manière de valoriser un espace et d’attirer un nouveau public. 

Focus sur le Château de la Valette

Situé à Pressigny-les-Pins, près de Montargis, le Château de la Valette est une grande bâtisse du XIXème siècle. Le domaine, s’étendant sur une quarantaine d’hectares de parcs et de forêts, possède aussi une chapelle ainsi qu’une annexe. Ce bâtiment témoigne de l’époque où le château appartenait à l’Etat espagnol, entre les années 1930 et 1990. 

Le château de la Valette est tombé en désuétude. C’est presque réduit à l’état d’abandon, que l’association Urban Art Paris le découvre . Percevant tout son potentiel, l’association décide de transformer ce château en un centre de la culture urbaine à ciel ouvert.

Ainsi chaque année depuis 2018, plusieurs artistes sont invités à venir au château, notamment dans le cadre du Label Valette Festival s’y déroulant tous les ans, en août. Au cours de ce festival, le public peut créer ses propres œuvres de street-art et découvrir toute la diversité de la culture urbaine. L’arrivée du street-art et de la culture urbaine au sein du château est une véritable renaissance pour l’édifice.

Les façades du château, œuvre monumentale à ciel ouvert

Cependant, ce qui fait toute la particularité du château de la Valette, ce sont ses façades. Chaque été, et pour une période d’un an, le château change de visage grâce au travail d’un street-artiste. L’œuvre produite sert alors d’emblème au Label Valette Festival. Visible par quiconque vient visiter le château, pendant un an, le château se transforme à la fois en œuvre et en musée. Ces œuvres rappellent les spectacles Son et Lumières, évènements qui plaisent beaucoup au public.

En 2020, c’est le graffeur L’Atlas qui a été sélectionné pour réaliser les façades du château. Il a pris possession des lieux pour exprimer son art sur les murs du château, mêlant son univers graphique et imaginaire à celui du château. L’artiste a joué avec les détails des façades et les lignes pour créer son œuvre. Sur les façades principales, les lignes blanches sur fond noir évoquent un QR Code. En réalité, il s’agit d’une anagramme stylisée. Sur les parties secondaires, l’artiste s’est appliqué à distinguer les détails de l’architecture du château.

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L’Atlas rhabille La Valette ©Orléans Métropolis

Le festival de 2020 se déroulait aussi « hors-les-murs », c’est-à-dire hors du lieu d’origine. À cette occasion, plusieurs artistes ont été invités à repeindre sept façades d’immeubles HLM à Montargis. Grâce à cette opération hors-les-murs, le château de la Valette est entré en interaction avec son territoire.

En apportant le street-art au château de la Valette, l’association Urban Art Paris participe à la valorisation du patrimoine grâce à l’art contemporain. Le street-art est le mouvement idéal pour populariser un lieu abandonné. Son but premier est en effet de démocratiser l’art en le rendant accessible à tous, objectif partagé avec le patrimoine.

Le street-art au château de la Valette, un concept précurseur 

À l’heure actuelle, le château de la Valette est l’unique château en France où le street-art est aussi présent. Devenu indissociable de l’identité du château, c’est une nouvelle page de son histoire qui s’écrit chaque année sous la peinture des graffeurs. Ses murs se transforment, ses pierres changent de couleurs. Le château de la Valette est devenu une œuvre de street-art à part entière. Le concept développé par Urban Art Paris est novateur à plusieurs niveaux : 

– la dimension « totale », car le château dans son entièreté devient une œuvre grâce à ses nouvelles façades ;

– le lien avec les villes voisines grâce aux évènements « hors-les-murs », qui intègrent le château dans une dynamique territoriale par le street-art

– le festival et la résidence d’artiste.

Ailleurs en France, le street-art se fait plus discret, quelques figures décorent quelques murs d’édifices anciens. À titre d’exemple, le Château de Môh dans le Val de Loire expose de l’art urbain dans ses jardins depuis 2019. Le projet, nommé « Château de Môh-Street Art Parc », est né de la volonté d’intégrer le château dans une dynamique de territoire axée autour de la création contemporaine, et en particulier le street-art. Dans ce projet, les œuvres de street-art viennent fleurir les jardins du château.

Les limites de la collaboration entre le street-art et le patrimoine

Néanmoins, le concept développé au Château de la Valette ne peut pas s’appliquer partout. La controverse et la crainte sont les premières limites à la collaboration entre site patrimonial et street-art. Certains amateurs de patrimoine n’apprécient guère de voir les pierres recouvertes de graffiti, craignant que cela n’altère l’authenticité et l’intégrité du lieu.

De plus, en ce qui concerne les édifices inscrits ou classés au titre des Monuments Historiques, la règlementation n’autorise pas la réalisation d’œuvres de street-art.

Conclusion :

La démarche d’Urban Art Paris au Château de la Valette est un modèle intéressant et total de ce que peut apporter le street-art au patrimoine. Les diverses actions menées au sein du château sont des sources d’inspirations pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux désirant inclure le street-art dans leur activité. L’installation du street-art au sein du site peut se faire de manière pérenne ou éphémère, étapes par étapes, en commençant par les jardins comme au Château de Môh.

Pour aller plus loin :

Comment créer un musée ?

Design thinking et patrimoine historique

Les enjeux de la sauvegarde du patrimoine français

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Quelle est la place de la France au patrimoine mondial de l’UNESCO ? 

L’important à retenir de cet article :

La France tient une place importante dans le patrimoine mondial de l’UNESCO. Les sites inscrits sont des vitrines pour leur pays. L’inscription met en valeur la culture et le patrimoine de ces pays.

L’inscription d’un site au patrimoine mondial de l’UNESCO est une démarche qui demande une grande implication dans sa protection, sa gestion et sa sauvegarde. 

Introduction

Afin de veiller à la sauvegarde du patrimoine, l’UNESCO encourage les pays à signer la Convention du Patrimoine mondial. De cette manière, les pays s’engagent à assurer la protection de leur patrimoine naturel et culturel. 

Pour cela, l’institution mène différentes actions, à l’image de la Stratégie Globale. Mise en place en 1994, son objectif est de s’assurer que la liste du patrimoine mondial reflète bien la diversité culturelle et naturelle des biens classés. Ainsi, depuis la mise en place de cette stratégie, 45 nouveaux pays ont ratifié la convention.

L’UNESCO a aussi un rôle dans la sauvegarde des sites du patrimoine mondial en danger immédiat à travers une assistance d’urgence grâce à des outils techniques ainsi qu’une aide financière. 

Enfin, l’UNESCO fournit des études qui permettent de comprendre les différents problèmes concernant le patrimoine : facteurs de risque climatique, politique, social, etc. Il 

s’agit de comprendre quels sont les sites présentant un risque élevé, d’où vient-il et comment pourrait-il être résolu.

1. Présentation du patrimoine mondial de l’UNESCO 

L’objectif initial de l’UNESCO est de maintenir la paix et la sécurité entre les pays, grâce à la collaboration entre les nations. Dans cet objectif, l’UNESCO a estimé que le patrimoine tient une place primordiale. En préservant les sites et monuments remarquables partout à travers le monde, l’UNESCO renforce l’idée d’un patrimoine commun à l’humanité. Par extension, cette idée consolide à son tour la cohésion et l’échange entre les nations.

Le patrimoine mondial de l’UNESCO témoigne d’une histoire commune et démontre la diversité des cultures, qui fait la beauté de l’humanité. La notion de « Patrimoine mondial » de l’UNESCO prend forme en 1972 avec l’adoption de la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel. 

La liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO recense aujourd’hui 1 121 biens inscrits à travers le monde. En complément de cette liste, une seconde liste détermine les biens qui sont en péril. À l’heure actuelle, cinquante-trois sites sont en péril. 

2. La place de la France au Patrimoine mondial de l’UNESCO

La France signe la Convention pour le Patrimoine mondial en 1975 et devient l’un des premiers pays signataires. 

Avec 49 biens inscrits, la France se place en cinquième position des pays possédant le plus grand nombre de biens inscrits. L’Italie et l’Allemagne se partagent la première place. Les 49 biens inscrits sont répartis comme ceci :

– 42 sites culturels ;

– 6 sites naturels ;

– 1 site mixte, c’est-à-dire à la fois culturel et naturel. 

Voici quelques exemples de biens français inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO :

– Le Mont Saint-Michel et sa baie, inscrit en 1979, cette « merveille de l’Occident » est un joyau architectural qui s’est adapté à un site naturel exceptionnel et complexe ;

– La ville historique fortifiée de Carcassonne en Occitanie, célèbre pour ses remparts et son château ;

– La ville de foire médiévale de Provins en Ile de France, qui a su préserver sa structure urbaine, ses monuments historiques et son authenticité.

Comment sont gérés les sites en France ?

Les sites culturels et naturels ne dépendent pas de la même institution. Les sites culturels sont à la charge de la Direction générale des patrimoines et de l’architecture au sein du Ministère de la Culture. Plus précisément, c’est la sous-direction des monuments historiques et des sites patrimoniaux qui coordonne la protection et la gestion des biens culturels. Cela implique diverses missions telles que :

– Élaborer et modifier les périmètres d’inscription ;

– Vérifier l’adéquation des dispositifs de protection avec les limites des biens et leurs zones tampons ;

– Suivre les différents projets concernant le bien.

En ce qui concerne les biens naturels, ils dépendent du ministère de la transition écologique, qui se charge de mettre en œuvre la convention. 

3. L’impact de l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO

Lorsqu’un bien est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, un périmètre spécifique ainsi qu’une zone tampon sont mis en place. La zone tampon est délimitée par le préfet de région en concertation avec les collectivités territoriales concernées. Elle inclut notamment l’environnement immédiat du bien protégé.

Des actions de protections et de gestions doivent être mise en place afin d’assurer la sauvegarde du patrimoine au sein du périmètre.

Afin d’illustrer ce que cela implique, prenons l’exemple du centre historique de la ville de Lyon.

Focus sur le périmètre UNESCO à Lyon

Le site historique de la ville de Lyon est inscrit à l’UNESCO depuis 1988. La zone inscrite est surnommée « périmètre UNESCO ». Elle comprend les quatre quartiers historiques de la ville : 

– La Colline de Fourvière, berceau historique de Lyon, avec ses théâtres antiques, sa Basilique et sa cathédrale ainsi que de nombreux musées et jardins jalonnant le quartier ;

– Les quartiers du Vieux-Lyon, particulièrement marqué par l’architecture du XVème et du XVIème siècle ;

– Le cœur de la Presqu’Île, dont l’urbanisation a commencé dès la Renaissance ;

– La colline de la Croix-Rousse, marquée par l’histoire des Canuts, les ouvriers tisserands de la soie.

Basilique de Fourvière

Tous ces quartiers témoignent du passé de la ville, de son évolution au fil des siècles à travers une trame urbaine et architecturale exceptionnelle. Afin de préserver ce patrimoine et de conserver l’inscription à l’UNESCO, la ville a mis en place un programme comprenant plusieurs actions. 

La protection et la gestion du périmètre UNESCO fonctionne grâce à divers dispositifs :

– Des outils réglementaires issus du Code du Patrimoine ou du Code de l’Environnement ;

– Des outils opérationnels ;

– Ainsi que des outils de coordination comme les ateliers du patrimoine.

La ville de Lyon coordonne des programmes d’action sur toute la chaîne du patrimoine, en collaboration avec la métropole, la région et l’État. L’objectif commun de toutes ces actions est le suivant : sensibiliser le public aux valeurs du patrimoine et aux projets culturels. 

La rénovation du Musée Gadagne afin de le transformer en lieu d’étude, de conservation et de médiation du patrimoine lyonnais est une action majeure. Le chantier de rénovation de l’établissement est la première signature « convention-patrimoine » conclue entre l’Etat et la Ville.

Les conséquences de l’inscription à l’UNESCO

Lorsqu’un site est inscrit à l’UNESCO, les enjeux principaux sont les suivants :

– Faire coïncider la hausse de la fréquentation avec la préservation des sites historiques ;

– Conserver la démarche morale du devoir de mémoire ;

– Générer un développement économique et touristique.

Le classement à l’UNESCO apporte une visibilité et une reconnaissance mondiale de la valeur universelle et exceptionnelle du site. Cela influe sur l’intérêt du grand public pour le lieu, créant de l’attractivité. Toutefois, il faut faire attention au tourisme de masse, qui peut dénaturer un lieu et déranger les habitants. 

À Lyon, la ville se tourne vers un tourisme plus respectueux et intelligent, en s’écartant du tourisme de masse. Le directeur général d’Only Lyon Tourisme et Congrès déclarait en 2020 vouloir « le développement d’un tourisme réfléchi, durable (…). Privilégier la qualité à la quantité. »  En 2019, la métropole de Lyon a remporté le Prix de la Capitale Européenne du Smart Tourisme, aux côtés de Helsinki. Ce prix récompense l’effort mené par la ville de Lyon pour développer un tourisme durable et respectueux de son territoire, grâce à des innovations numériques. 

4. Comment bénéficier de l’inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO ?

Le patrimoine mondial de l’UNESCO concerne des sites et biens à travers le monde possédant une valeur universelle exceptionnelle. Cela signifie que le bien doit avoir une importance culturelle et/ou naturelle si exceptionnelle qu’elle transcende les frontières nationales, présente un caractère inestimable pour les générations actuelles et futures.

Nota Bene : seuls les pays ayant signé la Convention du patrimoine mondial peuvent soumettre des propositions d’inscriptions de biens situés sur leur territoire sur la Liste du patrimoine mondial.

Pour savoir si un bien possède une valeur universelle exceptionnelle, il doit :

– Répondre aux critères d’authenticité et d’intégrité ;

– Avoir fait l’objet d’une étude comparative avec les biens déjà inscrits à travers le monde pour que soit démontré son caractère unique ;

– Bénéficier d’un système de protection et de gestion adapté, afin d’assurer sa sauvegarde.

Les critères

Le bien doit aussi répondre à au moins l’un des dix critères définis par le Comité du patrimoine mondial, répertoriés dans le tableau ci-dessous. 

En complément de ces critères, le bien présenté un caractère d’intégrité et, s’il s’agit d’un bien culturel, d’authenticité.

 Focus sur le Val de Loire

 Le Val de Loire, de Sully-sur-Loire à Chalonnes, est inscrit depuis l’An 2000. Site remarquable par son patrimoine architectural, ses villes historiques et ses châteaux renommés, le Val de Loire est un paysage culturel exceptionnel. Le site correspond à trois des critères énoncés dans le tableau ci-dessus :

– Critère I : le Val de Loire est remarquable pour la qualité de son architecture, notamment ses châteaux comme Chambord et Chenonceau, ainsi que ses villes historiques à l’image de Blois et Chinon ;

– Critère II : le site possède un paysage culturel exceptionnel valorisé par sa présence tout au long d’un grand fleuve. Il témoigne d’un échange d’influences et de valeurs humaines entre l’environnement et les hommes depuis plus de deux millénaires ;

– Critère IV : le site illustre à un degré exceptionnel l’influence des idéaux de la Renaissance et du siècle des Lumières dans la pensée et la création en Europe occidentale.

À ces trois critères s’ajoutent l’authenticité et l’intégrité du site. En effet, le lieu a conservé un très haut degré d’authenticité grâce à ses monuments et les nombreux travaux de conservation dont ils ont bénéficié. De plus, la trajectoire historique du Val de Loire est clairement lisible et visible dans le paysage actuel. 

Toutefois, plusieurs facteurs risques d’affecter l’authenticité du bien tels que l’étalement urbain, les mutations agricoles ou la construction de grands équipements. Il est donc primordial de préserver son site en utilisant les outils et en respectant les règles de protection et de gestion évoquées auparavant.

Les éléments essentiels pour établir une proposition d’inscription

Avant de se lancer dans la rédaction du dossier de proposition d’inscription, plusieurs étapes sont nécessaires. Tout d’abord, il faut mener à bien l’intégralité des recherches de fonds et de documentation. Ensuite, il est impératif de procéder à l’analyse comparative évoquée précédemment, celle déterminant l’unicité du bien en comparaison des biens déjà inscrits. C’est une étude qui prend du temps et de l’énergie.

Puis vient le moment d’établir le projet de déclaration de valeur universelle exceptionnelle et d’en déterminer les critères pertinents. À cela s’ajoute l’évaluation de l’authenticité et l’intégrité du bien et la détermination des attributs les plus pertinents. Ensuite, il convient de définir les limites appropriées. Une fois toute ces étapes réalisées, la rédaction de la description du bien et son historique peut commencer. La dernière étape consiste à compléter les parties manquantes du dossier.

Le dossier de proposition du bien, outre sa finalité pour obtenir l’inscription, peut aussi être un outil de gestion et de suivi du bien. En effet, ce dossier contient des informations importantes :

– La présentation du bien et sa documentation ;

– La description de sa valeur universelle exceptionnelle présumée, à quel critère correspond-il ;

– L’état de conservation du bien ainsi que les facteurs qui l’affectent ;

– Le descriptif de la manière dont seront assurés sa protection, sa conservation, sa gestion, sa mise en valeur ainsi que son suivi concernant sa valeur universelle exceptionnelle virtuelle.

Conseil : étudier les dossiers et processus de propositions d’inscriptions qui ont abouti, en se référant à la documentation disponible ici.

Conclusion :

Le patrimoine mondial de l’UNESCO est un gage d’authenticité apportant une grande visibilité aux biens inscrits. Au-delà du prestige, le patrimoine mondial aide les biens inscrits à bénéficier de politiques de protection et de gestion pertinentes et durables. En effet, lorsqu’un pays voit un de ses biens inscrits à l’UNESCO, l’enjeu est qu’il reste le plus longtemps possible, voir éternellement, dans la liste : les pays prêtent alors un intérêt tout particulier à la conservation de leurs sites inscrits.

L’UNESCO est une porte d’entrée vers la visibilité internationale, l’augmentation de l’attractivité et du flux touristique sur son territoire. Toutefois, bien que le patrimoine mondial soit la liste la plus célèbre de l’UNESCO, une seconde, moins connu du grand public, est tout aussi intéressante : il s’agit du Patrimoine immatériel culturel.

Pour aller plus loin :

Quelles protections pour valoriser le patrimoine ?

Panorama des acteurs européens du patrimoine

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Une image contenant extérieur

Description générée automatiquement

Comment valoriser le patrimoine grâce au « click and mortar » ?

L’important à retenir de cet article :

La stratégie « click and mortar » permet de créer un lien avec sa clientèle grâce à l’utilisation d’un site internet dédié au lieu. De nos jours, à l’heure où internet fait intégralement partie de la vie quotidienne, il est indispensable de posséder un site internet qui soit à l’image du lieu.

Attention cependant : 

– le site internet ne doit pas cannibaliser l’offre du site physique ;

– le lieu (site physique) et le site internet doivent être complémentaires.

1. Présentation de la stratégie « click and mortar »

Détournement de l’expression « brick and mortar », qui désigne une entreprise de vente traditionnelle via des points de vente physiques, la stratégie « click and mortar » fait référence à l’utilisation d’internet. La stratégie « click and mortar » concerne des entreprises réalisant à la fois de la vente en ligne et en physique. Il s’agit d’une stratégie multicanal, communément appelé « click and mortar », mais qui prend aussi en compte une seconde stratégie.

En effet, la stratégie multicanal se réfère à deux formes de comportement :

– Le « click and mortar » (C&M) : le client s’informe sur internet puis achète dans une enseigne en physique, se rend sur le lieu, etc. ;

– Le « mortar and click » (M&C) : le client s’informe sur place puis se rend sur le site virtuel.

Nota Bene : sauf précision, les deux comportements seront compris sous l’appellation « click and mortar ».

Le « click and mortar » est une pratique qui s’est énormément popularisée et développée, notamment liée au boom de l’utilisation d’internet, devenu un essentiel dans la vie courante. Bien au-delà du quotidien, Internet est de plus en plus important dans les nouveaux marchés et dans la manière de consommer des clients. 

Bien qu’initialement appliquée aux entreprises marchandes, cette stratégie s’applique aussi aux entreprises non-marchandes, dans le sens où elles ne vendent pas d’objets mais proposent plutôt des services. Évidemment, les enjeux ne sont pas les mêmes selon l’entreprise et son secteur d’activité. Toutefois, l’interaction entre une entreprise et ses clients, grâce à internet, permet systématiquement de développer des intentions comportementales favorables envers l’entreprise. Le click and mortar est un donc un atout majeur pour les entreprises.

Les différentes e-stratégies existantes

Il existe deux grands modèles de sites internet, entre lesquels se trouve une pluralité de formes hybrides. Les deux grands modèles sont les suivants : les sites « minimalistes » et les sites « amiraux ».

Les sites « minimalistes »

L’objectif principal d’un site minimaliste est d’aider l’individu à préparer sa venue sur le site physique. Ce sont donc des sites avant tout fonctionnels, pragmatiques et utilitaristes. Ces sites sont souvent très épurés, avec des menus simples, faciles à comprendre, afin de communiquer l’essentiel. Pour cette raison, la stratégie de « réplication » est fréquemment utilisée pour la création de ces sites : c’est-à-dire que le site virtuel ne propose ni plus ni moins que ce qui existe en physique. À titre d’exemple, le site du Palais de Tokyo est la quintessence du site minimaliste.

Première page du site du Palais de Tokyo
Les sites « amiraux »

En ce qui concerne les sites « amiraux », c’est tout l’opposé. En effet, les sites amiraux sont des sites emblèmes, proposant des services variés et parfois complémentaires de ce que le visiteur trouverait sur le lieu physique. Dans ce cas, deux logiques principales peuvent être différenciées :

– Les sites amiraux dits « multimédias » : ces sites diversifient les informations et formats. Ils proposent des contenus ludiques et éducatifs à destination de divers publics. Ces sites sont de véritables outils de communication au service du site physique. Les sites multimédias développement des façons innovantes d’apporter le contenu à l’internaute ;

– Les sites amiraux « participatifs » qui créent une interaction avec le public pour le rendre acteur de son expérience sur internet. Ils peuvent proposer des sondages, des visites interactives et personnalisables, etc.

Avant de choisir la forme de son site internet et le contenu qui y sera valorisé, il est primordial d’avoir connaissance des enjeux du site : est-ce d’apporter au public les informations précises ou une expérience unique ? Lorsque les enjeux sont définis, il convient ensuite de réfléchir à la forme la plus adéquate. Avant tout, il est nécessaire que le site internet ne cannibalise pas le site physique. Les contenus doivent être complémentaires ou similaires, et égaux en termes de qualité, pour que l’un ne l’emporte pas sur l’autre.

Enfin, il est important que l’atmosphère du site internet corresponde à celle du site physique, pour rester cohérent et ne pas tromper le public. 

Les facteurs clés d’une stratégie réussie

D’après des études sociologiques relatives au comportement des consommateurs, il existe deux facteurs clés pour déterminer l’efficacité d’un site internet. Il s’agit de la confiance et la satisfaction.

– La confiance concerne notamment les informations disponibles sur le site, les contenus, etc. Un sentiment de confiance implique l’impression que l’entreprise fait preuve d’honnêteté, mais aussi qu’elle prend en compte l’intérêt du consommateur. Lorsque le consommateur a confiance envers une entreprise, un lieu, il considère que celui-ci veut son bien. Il sera donc plus enclin à se rendre sur le site physique et à en parler autour de lui. La confiance est une condition sine qua non du succès d’un site ;

– La satisfaction ressentie lors de la navigation influence favorablement l’intention de recommander le site virtuel et/ou physique, de visiter le lieu.

Pour savoir si les internautes de votre site sont satisfaits, il convient de réaliser des enquêtes en ligne pour recueillir leur témoignage. Cela peut aussi être réalisé auprès des visiteurs du site physique, si ceux-ci sont venus suite à la consultation du site virtuel. Ces enquêtes sont nécessaires pour connaitre l’efficacité d’un site internet.

La relation de confiance et la satisfaction engendrées par l’expérience sur le site virtuel ont des conséquences positives sur le bouche-à-oreille et la venue physique du public.

2. Comment le « click and mortar » s’est-il adapté au patrimoine ?

La stratégie « click and mortar » a su s’implanté dans les musées et les lieux patrimoniaux. De nos jours, presque tous ces lieux disposent d’un site internet dédié à leur activité. Il était donc logique que la stratégie « click and mortar » se développe, de manière consciente ou non. 

Les stratégies présentées précédemment sont toutes deux adaptables aux lieux patrimoniaux et aux musées. 

– Dans le cas du « click and mortar » : le public explore le site virtuel afin de trouver des informations, puis se rend dans le site physique ;

– Dans le cas du « mortar and click » : le client se rend sur le site virtuel suite à une visite physique. 

Le « mortar and click » est particulièrement adapté aux lieux patrimoniaux et aux musées, car cette pratique permet au lieu de garder le contact avec son public. En effet, la visite du site internet peut être considéré comme une prolongation de l’expérience physique :

– Regarder des photos du lieu et les partager avec des amis ;

– Revoir des œuvres ;

– Revivre des bons moments.

Le Château de Versailles 

Le site du château de Versailles est l’exemple type d’un site amiral, proposant des contenus supplémentaires et actualisés en complément des informations classiques. Le site propose une carte interactive, des dossiers thématiques ainsi qu’une boutique en ligne. Rien que sur la première page du site, une multitude de possibilité s’offrent à l’internaute. 

Extraits de la page d’accueil du site du Château de Versailles

Le concept le plus créatif développé par le site a été mis en place parallèlement à l’exposition « Koons ». À ce moment, le château a initié sur son site un partage de photographies prises par les internautes d’une des œuvres de l’exposition. De ce fait, le site virtuel proposait une seconde exposition virtuelle collective en impliquant les visiteurs. De cette manière, les visiteurs souhaitant participer étaient obligé de se rendre sur place pour prendre la photo, puis de retourner sur le site. Cette stratégie a donc impliqué à la fois du « click and mortar » et du « mortar and click », dans un cercle vertueux

Le Musée de Bibracte 

Bibracte est une ville éphémère témoin du passé. Fondée à la fin du IIème siècle avant notre ère, occupée pendant un siècle, il s’agit de l’une des villes gauloises les plus caractéristiques et mieux préservées de France. Avec ses remparts et ses quartiers s’étendant sur plus de 200 hectares, Bibracte est une véritable aventure dans le temps.

Première page du site du Musée de Bibracte

Le site internet de Bibracte, incluant le site du musée, met avant tout l’accent sur l’information donnée à l’internaute. En effet, Bibracte souhaite conserver une expérience qui soit intellectuelle, avec un apport de connaissances et d’informations différent du site physique. Le site du musée de Bibracte peut être considéré comme un site hybride, à la croisée entre le minimalisme et le site emblème. 

3. Les avantages du click and mortar 

Concrètement, la stratégie « click and mortar » (ou son miroir, le « mortar and click ») permet à une entreprise de s’adresser à un panel plus large. Pour cela, il faut que le site soit bien référencé sur les moteurs de recherche, grâce à un travail SEO (optimisation pour les moteurs de recherche, appelé également référencement naturel) de qualité. 

Ainsi, grâce au « click and mortar », l’entreprise peut :

– étendre sa clientèle, notamment grâce à l’élargissement de son public ;

– créer un véritable lien avec sa clientèle, mettre en place des expériences virtuelles exclusives afin de donner envie à l’internaute de venir sur le site ;

– maintenir le lien avec son public lors de période telle que la crise sanitaire récente et continuer ainsi à offrir du contenu même à distance.

La stratégie « click and mortar » permet véritablement de valoriser le patrimoine en maintenant le contact avec le public et en lui proposant une expérience client complète.

Conclusion : 

Néanmoins, il est important de prêter une grande attention à la qualité de son site. En effet, si le site n’est pas de bonne qualité, l’effet sur le public serait néfaste : refus d’aller sur le lieu, bouche à oreille négatif, etc. Une mauvaise expérience client sur le site pourrait laisser présumer à l’internaute que l’expérience physique ne serait pas meilleure. 

Les deux notions les plus importantes que le site internet doit apporter à l’internaute sont la confiance et la satisfaction, afin de lui donner envie de venir sur le site physique.

Pour aller plus loin :

Stratégie et valorisation du patrimoine

Adopter le naming pour son site historique

Design Thinking et patrimoine historique

À la découverte du dialogue entre l’art contemporain et le patrimoine, quand le patrimoine expose son appartenance au présent.

L’important à retenir de cet article :

Longtemps considéré à l’opposé l’un de l’autre, l’art contemporain et le patrimoine ont entamé un véritable dialogue il y a quelques années. Fleurissant au sein des sites patrimoniaux, l’art contemporain apporte une nouvelle vision du patrimoine. De nombreux lieux exploitent l’art contemporain pour attirer de nouveaux publics, développer une activité complémentaire éphémère ou permanente, ou se réinventer complètement.

Introduction :

À priori, le patrimoine et l’art contemporain sont des domaines diamétralement opposés. En effet, tandis que le premier semble traditionnellement attaché au passé et témoigne d’un héritage historique, le second parait profondément ancré dans le présent et ouvert vers l’avenir. Pourtant, l’alliance du patrimoine et de l’art contemporain ouvre un nouveau champ des possibles. L’art contemporain permet de montrer que le patrimoine s’adapte à son époque, en mêlant son héritage aux nouveaux enjeux artistiques et culturels.

Grâce à l’art contemporain, le patrimoine s’adresse à un nouveau public, souvent plus jeune, amateur d’art ou de sorties « artys », c’est-à-dire tendances, branchées et culturelles. Il s’agit d’un public dont la motivation de consommation est la découverte de l’avant-garde artistique. De cette manière, un site patrimonial accueillant de l’art contemporain peut voir son public se diversifier : d’une part ceux qui viennent principalement pour le patrimoine en tant que tel, d’autre part ceux qui sont davantage attirés par l’art contemporain. 

Néanmoins, apporter de l’art contemporain au sein de son site patrimonial est une décision qui doit être murement réfléchis, afin de ne pas dénaturer la beauté et l’authenticité du lieu. Pour cela, il est essentiel d’instaurer un véritable lien entre l’artiste (lorsque cela est possible) et le lieu. Dans un premier temps, les propriétaires souhaitant installer de l’art contemporain au sein de leur site patrimonial peuvent faire appel à des artistes locaux. La relation de proximité facilite l’échange, tant sur le plan humain que professionnel.

1. Le choix des œuvres exposées : in situ ou ex situ ?

La qualité de l’intégration des œuvres exposées influence sa réception par le public. Si les œuvres dénotent, n’ont pas de cohérence conceptuelle, technique et/ou artistique avec l’espace, il se peut que le résultat ne soit pas convaincant pour les visiteurs. Ainsi, il existe deux grands modèles d’activités : accueillir des œuvres dites « in situ », ou à l’inverse des œuvres « ex situ ».

Ces qualifications correspondent à deux grandes catégories d’œuvres :

– Les œuvres « in situ ». Ce concept est formalisé par Daniel Buren, célèbre artiste créateur de l’œuvre « Les Deux plateaux », communément appelée « Les colonnes de Buren », dans la cour du Palais Royal, à Paris. Les œuvres dites « in situ » résultent d’une méthode artistique qui dédie l’œuvre à son site d’accueil : l’œuvre prend vie dans l’espace où elle s’inscrit et ne peut être imaginée ailleurs que dans ce lieu. Ce sont des œuvres cohérentes, dépendantes de leur lieu d’accueil.

« Les Deux plateaux » ou « Les colonnes de Buren », Palais Royal

– Les œuvres « ex situ », dont le processus de création est indépendant du lieu d’accueil. Elles peuvent être déplacées d’espaces en espaces sans que cela n’altère leur intégrité. Dans ce cas, un lieu patrimonial peut accueillir des œuvres déjà existantes.

Dans les deux situations, il est nécessaire de trouver le ou les bons artistes. Pour cela, les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux peuvent soit faire un travail de recherche personnel, soit faire appel à des professionnels, comme des commissaires d’exposition ou des curators. Ces-derniers sont chargés de trouver les artistes les plus adaptés au lieu, dont les univers résonnent avec l’architecture et l’histoire du monument.

Olafur Eliasson au Château de Versailles, une complémentarité parfaite

Depuis 2008, le Château de Versailles accueille des expositions temporaires. Clin d’œil au haut-lieu de la création artistique que fût Versailles au temps de Louis XIV, la scène contemporaine s’exprime à Versailles dans un cadre idyllique. Chaque année, un artiste français ou étranger, de renommée internationale, est invité à exposer des œuvres le temps d’une saison dans le Château et les Jardins. Par ailleurs, certaines œuvres contemporaines font désormais partie intégrante du Domaine. Les artistes qui exposent à Versailles créent des œuvres en résonnances avec l’histoire de Versailles, la beauté de son architecture, ses décors et extérieurs.

En 2016, l’artiste dano-islandais Olafur Eliasson est invité à Versailles . Reconnu mondialement pour ses installations spectaculaires et transcendantes, Olafur Eliasson est surnommé « l’homme des lumières ». Les œuvres in situ créées par l’artiste à cette occasion illustrent l’effet d’une complémentarité parfaite entre l’art contemporain et le patrimoine. 

« Your sense of unity » Olafur Eliasson ⓒchateauversailles.fr

Pour ses œuvres in situ au château de Versailles, l’artiste a utilisé les codes esthétiques et historiques du lieu : le cercle, évoquant le soleil et faisant référence au Roi Soleil ; la lumière et la couleur jaune / or, évoquant le rayonnement, le raffinement et la richesse ; les miroirs, symboles incontournables de Versailles et sa fameuse galerie des glaces. Dans les jardins, Olafur joue aussi avec l’eau, élément majeur à Versailles.

À propos de sa venue à Versailles, la présidente du château a déclaré : « Avec Olafur Eliasson, les astres peuvent se rencontrer, l’horizon se dérober et toutes nos perceptions se brouiller. L’homme des lumières va faire danser les lignes chez le Roi Soleil ». 

2. L’art contemporain fleurit dans les lieux patrimoniaux

Versailles est un exemple parmi d’autres de la présence fleurissante de l’art contemporain au sein des lieux patrimoniaux. À l’instar de Versailles, le Château de Chambord accueille lui aussi depuis 2011 des expositions d’artistes contemporains. 

Parmi les sites patrimoniaux accueillant de l’art contemporain, deux grands profils se distinguent : les lieux l’accueillant périodiquement à l’instar du Château de Versailles ou de Chambord, et les lieux accueillant de l’art contemporain de manière permanente et dont sa présence est une finalité, un positionnement marketing. Ces lieux peuvent par exemple être des châteaux transformés en musées ou centres d’art contemporain.

Le Château de Montsoreau devenu musée d’art contemporain

Situé dans le Val de Loire, le Château de Montsoreau s’est transformé en 2016 en Musée d’Art Contemporainfondé par Philippe Méaille. Ce dernier possède un bail pour exploiter le lieu durant 25 ans. Désormais, et pour au moins un quart de siècle, l’art contemporain est indissociable de l’identité du château.

Collectionneur d’art français détenant la plus importante collection mondiale d’œuvres Art & Language, Philippe Méaille a transformé le château en musée afin d’y exposer et conserver sa collection. Le lieu accueille donc des œuvres ex situ , qui s’intègrent très bien dans l’espace. Le travail de muséographie et de scénographie réalisé sur place permet de valoriser les œuvres autant que les pierres.

Grâce à cette collection, le lieu s’inscrit à la fois dans son histoire et dans le présent, « donnant à voir une nouvelle réalité ». Afin de permettre au public, néophyte ou connaisseur, de s’approprier la collection, le musée propose des ateliers et visites guidées thématiques : 

– « Atelier Graffiti : de Lascaux à Banksy » : atelier avec médiation sur l’histoire du graffiti, puis création d’une œuvre personnelle sur un mur d’expression. C’est un atelier ouvert aux adultes et aux enfants, dès l’âge de 7 ans, pour un moment de découverte et de partage en famille ;

– « Montsoreau Art Tour » : médiation autour de l’histoire du château et comment il est devenu un lieu de prédilection pour les artistes à travers les siècles. En effet, bien avant d’accueillir de l’art contemporain, le château de Montsoreau inspirait déjà les peintres impressionnistes. 

La mise en place d’ateliers et de visites guidées permet d’offrir au public une médiation active et interactive. En sollicitant l’attention des enfants, le musée s’adresse aussi aux familles et aux groupes scolaires.

L’art contemporain au Château Malromé

L’art contemporain peut aussi être une activité permanente complémentaire, comme au Château Malromé. Situé en Nouvelle Aquitaine, le château est l’ancienne demeure du peintre Henri de Toulouse-Lautrec. Dorénavant, le lieu accueille diverses activités, dont deux restaurants, des activités bien-être ainsi qu’une galerie d’art contemporain. 

Divan japonais, Henri de Toulouse-Lautrec

La galerie d’art contemporain de Malromé se trouve à l’étage, dans l’aile Est du château. Couvrant une impressionnante surface de 230 m2, la galerie accueille de nombreuses expositions. La programmation du château porte sur trois différents axes de recherche, qui sont en miroir avec l’histoire du lieu et du peintre Toulouse-Lautrec :

– Des expositions dont les thématiques explorées résonnent avec celles affectionnées par le peintre ;

– Des artistes venus d’Asie, car le peintre nourrissait une réelle passion pour l’art de l’estampe japonaise ;

– Ainsi que des expositions inspirées par Malromé, l’histoire du lieu et sa région : la culture de la vigne, l’histoire de la famille, etc.

L’art contemporain a Malromé s’imprègne donc du patrimoine et de l’aura du lieu, en y apportant une lecture différente selon l’artiste et sa propre sensibilité. De cette manière, l’art contemporain apporte d’autres bénéfices au patrimoine :

– Offrir une nouvelle lecture d’un lieu ;

– Bénéficier d’un prisme différent pour comprendre un lieu. 

En effet, lorsqu’un artiste travaille dans un site historique, il est avant tout spectateur. Il observe les particularités du lieu, puis crée grâce à l’inspiration que celui-ci lui procure.

Cette part de subjectivité majeure dans l’art contemporain permet donc une lecture unique du patrimoine.

Chaque année depuis 2018, la galerie du château Malromé accueille plusieurs expositions par an, centrées sur un ou deux artistes.

3. La médiation artistique, élément indispensable pour la réussite d’un tel projet

La médiation artistique est un aspect indispensable à la bonne réception de l’art contemporain au sein d’un lieu patrimonial. En effet, la médiation permet de faciliter l’accès du public à l’art contemporain. En réalité, même s’il est apprécié par un panel de plus en plus large, l’art contemporain peut paraitre difficile d’accès. Contrairement à l’art ancien qui parait plus facilement compréhensible de par son aspect très figuratif, la finalité de l’art contemporain varie d’un artiste à l’autre, d’une œuvre à l’autre. 

Il est donc nécessaire de mettre en place une bonne médiation artistique. Elle peut prendre différentes formes :

– Grâce à des visites guidées et/ou thématiques, réalisées par des médiateurs ;

– Avec l’utilisation de ressources numériques : tablettes avec parcours explicatifs, audioguide, etc. ;

– Grâce à des cartels, affiches et panneaux informatifs. 

La médiation passe aussi par la réalisation d’ateliers impliquant le public, comme l’atelier graffiti du Château de Montsoreau, cité précédemment.

Chaque typologie de public sera plus sensible à une forme de médiation qu’à une autre :

– Un public déjà averti utilisera plutôt des outils de lecture simple comme les cartels, qui lui procureront les informations importantes sans intervenir dans sa relation à l’exposition et aux œuvres ;

– Pour les familles, les outils numériques et interactifs permettent de captiver l’attention des plus jeunes en partageant un moment. Les familles peuvent aussi apprécier les visites guidées ;

– Enfin, un public moins réceptif appréciera la présence d’un guide pour le cadrer dans sa démarche de découverte.

Ainsi, il est pertinent de proposer à sa clientèle différentes formes de médiation, pour répondre aux attentes d’un large public.

Au-delà de médiation, il convient de prêter attention aussi à la scénographie de l’exposition. En effet, l’installation des œuvres est une étape primordiale pour valoriser les œuvres, ainsi que le site qui les accueille.

Conclusion :

L’art contemporain propose une nouvelle manière de découvrir et consommer le patrimoine, à travers un prisme différent.

Avant de se lancer dans l’aventure de l’art contemporain, il est essentiel de fixer les objectifs de ce projet, ses limites ainsi que les potentielles attentes du public. Est-il déjà sensibilisé à l’art contemporain ? En fonction de ces différents critères, la forme du projet se dessine. Permanent ou éphémère, l’art contemporain apporte une nouvelle raison de venir dans un site patrimonial.

Toutefois, il est absolument primordial que l’art exposé au sein du lieu soit cohérent avec l’identité du lieu, mais aussi des porteurs de projets, car c’est avant tout une aventure humaine.

Pour aller plus loin :

Lancer des activités dans un site historique

Organiser un Son et Lumières dans un site historique

La photographie au service des châteaux

Séduire par le patrimoine gastronomique : découvrez ce patrimoine qui fait la fierté des français et renforce leur identité.

L’important à retenir de cet article :

La gastronomie est un pilier de l’identité française. Inscrite dans le patrimoine français au même titre que les monuments et sites historiques, la gastronomie plait aux touristes français et internationaux. De cet attrait pour la gastronomie est né le tourisme culinaire, qui permet aux individus de découvrir un territoire grâce à sa gastronomie et à ses produits du terroir.

Introduction :

Selon Jean-Yves Le Drian, actuel ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, « il n’y a pas meilleure porte d’entrée pour la France que ses saveurs et ses goûts ». La France est une terre de saveurs, jalonnée par l’opulence de produits issus des terroirs de chaque région. Ainsi, la gastronomie est une manière pour les touristes de découvrir un territoire, au gré de ses produits du terroir, et son patrimoine.

À titre informatif, le mot « restaurant » est l’un des mots français les plus utilisés à travers le monde. Cette information qui parait anecdotique révèle l’importance de la gastronomie française et le lien, conscient ou non, que font les étrangers entre la gastronomie et la France. Les deux sont indissociables : la gastronomie fait intégralement partie de l’identité française.

Ainsi, le « repas gastronomique des français » a été classé au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2010. La protection concerne le déroulement des repas, la qualité des recettes et produits, ainsi que son aspect social. En effet, en France, la gastronomie est au cœur de nos pratiques sociales, comme le raconte le podcast de Louie Media, « Manger ».

L’importance de la gastronomie française est telle qu’elle inspire les artistes et écrivains  depuis des siècles. De l’écrivain François Rabelais au peintre Gustave Caillebotte, les créateurs ont été inspirés par la gastronomie française. Tandis que le premier met en avant l’opulence de la cuisine française et des banquets d’antan, le second a retranscrit sur sa toile le raffinement et l’élégance du dîner à la française. 

Nature morte au homard, Gustave Caillebotte, 1883

Dans une huile sur toile intitulée Nature morte au homard, le peintre représente un homard, sobrement disposé sur une nappe blanche. Ce tableau, acheté par des collectionneurs américains, rend hommage à la gastronomie française.

La gastronomie, symbole indissociable de la France

La France est reconnue de par le monde pour de nombreuses richesses, à l’instar de son patrimoine. La plus symbolique est la gastronomie, mêlant raffinement et simplicité, savoir-faire, culture et patrimoine. 

Le patrimoine gastronomique en France rassemble divers éléments : les savoir-faire et techniques culinaires, les recettes et les produits, mais aussi les coutumes et légendes liées à l’histoire culinaire du pays. En France, chaque région possède au moins une spécialité gastronomique, qu’il s’agisse d’un produit du terroir ou d’une recette, qui fait intégralement partie de son identité. 

Certaines de ces spécialités régionales sont tellement réputées à travers le monde qu’elles sont devenues symboliques de la région, et plus largement de la France. Par exemple, la galette bretonne à base de sarrasin se mange dans tous les pays, et c’est un incontournable pour les touristes. D’autres plats français sont aussi réputés à l’étranger, à l’instar du gratin dauphinois, du bœuf bourguignon ou de la ratatouille. D’ailleurs, Ratatouille (2007) est le titre d’un célèbre film d’animation Disney Pixar, qui rend hommage à la gastronomie française. 

Les plats traditionnels de nos régions ont su conquérir le monde, attisant toujours plus la curiosité des touristes pour la gastronomie française. 

« Goût de / Good France », ou le rayonnement de la gastronomie française à l’international

Chaque année, l’évènement « Goût de / Good France », mets à l’honneur la gastronomie française à travers le monde. Initié en 2015 par le célèbre chef cuisinier Alain Ducasse, l’évènement reprend l’idée des Dîners d’Épicure du chef Auguste Escoffier. Ces dîners se sont déroulés de 1911 à 1914 avant d’être arrêtés par la Première guerre mondiale. Il s’agissait d’évènements mondiaux au cours desquels des chefs, répartis dans divers pays, préparaient un repas gastronomique français, pour célébrer la cuisine française. 

Lorsqu’Alain Ducasse fait renaitre ces dîners à travers l’évènement intitulé « Goût de / Good France », il choisit de mettre en avant la diversité du patrimoine gastronomique français en valorisant chaque année une région différente. Un grand dîner est organisé à Paris, tandis qu’une multitude d’autres sont parallèlement servis dans les ambassades et consulats à travers le monde, ainsi que dans des restaurants. La dernière édition, qui aurait dû avoir lieu en 2020, prévoyait de mettre en avant les cheffes et chefs du Centre-Val-de-Loire.

Ces évènements contribuent au rayonnement international de la gastronomie française.

La diversité du patrimoine gastronomique en France

Le patrimoine gastronomique englobe aussi des lieux liés à la culture culinaire : les jardins, potagers et vergers, ainsi que les restaurants, cafés, etc. À ce titre, près de 90 potagers sont protégés au titre des Monuments Historiques, dont une quinzaine sont classés tels que :

– Le Potager du Roi au Domaine de Versailles ;

– Le potager du Château de la Roche-Guyon ;

– Celui du Château de Villandry, qui accueille chaque année environ 350 000 visiteurs. 

Les Jardins Potagers du Château de Villandry

Ces lieux sont à la fois du patrimoine historique, naturel et gastronomique. En effet, il n’est pas rare que ces trois domaines s’entremêlent, puisqu’ils sont tous intrinsèques à l’identité du pays. 

En plus des potagers protégés, nombreux sont les restaurants qui bénéficient d’une protection au titre des Monuments Historiques. Certains restaurants occupaient déjà les lieux avant d’être classés, tandis que d’autres se sont installés (a postériori) dans des monuments historiques. Parmi les restaurants installés dans des lieux historiques, en voici quelques-uns célèbres : 

– Le Jules Verne à Paris, au sein de l’emblématique Tour Eiffel ;

– La Cigale à Nantes, brasserie unique au décors somptueux, qui illumine le cœur de Nantes depuis 1895.

Sublimer le patrimoine historique grâce à la gastronomie

La gastronomie partage avec le patrimoine historique quelques caractéristiques. Tous les deux sont importants dans l’identité du pays et témoignent de son histoire, chacun à leur manière. Ils sont aussi les témoins de l’évolution du mode de vie des français, selon les époques et les territoires.

De plus, le patrimoine historique et le patrimoine gastronomique partagent des valeurs telles que l’authenticité, le raffinement mais aussi la simplicité, ainsi que le respect des matières premières.

Ainsi, nombreux sont les chefs qui ont décidé de s’installer dans des lieux patrimoniaux afin d’y développer leurs restaurants.

L’Auberge du Père Bise du chef Jean Sulpice

Créée au début du XXème siècle, l’Auberge du Père Bise est une ancestrale maison de bien-être, théâtre du patrimoine culinaire de la région. En effet, l’Auberge est particulièrement réputée pour avoir été tenue par Marguerite Bise, grande cheffe française. Elle est la troisième femme ayant obtenu trois étoiles au Guide Michelin. L’Auberge a longtemps été tenue par la même famille, la famille Bise, avant d’être rachetée par le jeune chef Jean Sulpice.

Bordée par les eaux du Lac d’Annecy, l’Auberge est un lieu unique et intemporel, entre patrimoine gastronomique, historique et naturel. La beauté du lieu a séduit Jean Sulpice et sa compagne, qui ont repris l’Auberge en 2016. Depuis, le jeune chef laisse sa créativité s’épanouir, proposant une gastronomie qui se veut responsable et durable, alliant tradition et modernité.

L’Auberge propose deux types de restauration, un restaurant gastronomique 2 étoiles, ainsi qu’un espace bar. Dans ses restaurants, le chef propose une cuisine ancrée dans son terroir, à l’écoute des saisons et respectueuse des produits.

De par son histoire, l’Auberge du Père Bise est le lieu idéal pour l’épanouissement d’un chef. Toutefois, même des lieux patrimoniaux dont l’histoire n’est pas marquée par la gastronomie, c’est-à-dire qui ne sont pas des brasseries ou restaurants historiques, peuvent devenir de parfaits théâtres pour un restaurant.

La gastronomie au château de Fonscolombe

Situé au cœur d’un terrain de 12 hectares, près d’Aix-en-Provence, le Château de Fonscolombe est un sublime édifice construit au XVIIIème siècle dans le style Quattrocento. À l’issue d’une vingtaine d’années de restauration, l’édifice rouvre ses portes en 2017. 

Devenu un hôtel 5 étoiles, le lieu possède aussi deux restaurants ainsi que des vignes, véritable atout pour accueillir les amateurs d’oenotourisme, ce dernier étant intimement lié au tourisme gastronomique. De plus, le lieu possède un potager, dont les productions sont directement utilisés dans les restaurants. 

Classé parmi les Relais & Châteaux, le restaurant accueille les touristes , les locaux ainsi que les résidents du château, venus séjourner quelques jours en vacances.

Le restaurant principal du Château de Fonscolombe est le restaurant L’Orangerie, dont les terrasses offrent une vue imprenable sur le parc du domaine. Le chef du restaurant est Quentin Durand, jeune chef français ayant travaillé auprès des plus grands.

Afin d’offrir une expérience unique à ses clients, ces derniers ont la possibilité d’échanger avec le chef à leur arrivée. Au cours de cette discussion, le chef prend connaissance de la « Madeleine de Proust » des clients, afin de leur faire revivre ce souvenir. À travers cette expérience, le moment au sein du restaurant s’imprime dans la mémoire sensorielle de la clientèle. De cette manière, le lieu crée un véritable lien émotionnel avec le client. C’est une manière de pérenniser la clientèle grâce à une technique s’approchant du neuromarketing.

Charmer le public grâce au tourisme gastronomique

L’attrait des touristes pour la gastronomie a donné naissance à une branche du tourisme nommée le tourisme gastronomique ou tourisme culinaire. En France, environ 13 millions de touristes déclarent pratiquer le tourisme gastronomique. Pour certains touristes, il s’agit de la première motivation pour découvrir un lieu, premier critère de choix. Pour d’autres, le tourisme gastronomique est un atout supplémentaire, mais pas la raison de leur voyage. Les activités complémentaires appréciées par les touristes sont les visites culturelles et patrimoniales, ainsi que les activités de plein air.

Le tourisme gastronomique englobe différentes pratiques, prenant aussi en compte l’oenotourisme ou l’agritourisme. En effet, le tourisme culinaire ou gastronomique concerne toutes les pratiques qui vont mettre en avant le patrimoine gastronomique d’un lieu. 

Tandis que certains touristes désirent simplement découvrir les mets et recettes traditionnels d’un territoire, d’autres recherchent une véritable expérience culinaire mémorable. Ils ont alors le désir de s’initier à la cuisine, de s’immerger dans la culture et le patrimoine grâce à la gastronomie. Ainsi, les activités proposées dans le cadre du tourisme gastronomique sont variées :

– Atelier dégustation en compagnie d’un chef ;

– Stages de cuisine auprès d’un chef ;

– Visites de vignes, de fermes ou de marchés en compagnie d’un spécialiste.

Développer l’une de ces activités en complément de son restaurant est un bon moyen d’attirer les touristes en recherche d’expérience.

Le restaurant La Chapelle Saint-Martin de Gilles Dudognon

Installé dans une ancienne résidence de porcelainiers du XIXème siècle, caractéristique de la ville de Limoges, le restaurant La Chapelle Saint-Martin accueille les clients dans l’univers du chef Gilles Dudognon. Le restaurant de Gilles Dudognon met en valeur le patrimoine bâti de la région, notamment l’histoire de la porcelaine, ainsi que le patrimoine gastronomique.

Une image contenant bâtiment, villégiature

Description générée automatiquement
La Chapelle Saint-Martin ⓒgroupon.fr

Originaire de la région, Gilles Dudognon revendique fièrement son amour pour ce territoire et son patrimoine à travers sa cuisine. Il travaille principalement avec des artisans et producteurs locaux, créant ainsi une synergie entre le lieu et les autres acteurs du territoire.

Afin de diversifier l’expérience autour de la gastronomie locale, le lieu propose diverses activités thématiques :

– Des cours de cuisine ainsi qu’une expérience en immersion en cuisine avec le chef ;

– Un menu thématique « Grande Escapade », incluant une dégustation Accord Mets et Vins ;

– Les « Ruches à manger », déjeuner atypique au sein du parc.

Grâce à ces différentes expériences qui complètent les simples repas au restaurant, le lieu propose aux touristes amateurs de gastronomie un véritable panel d’activités adaptées aux envies et besoins de chacun. 

Conclusion :

 Le tourisme gastronomique est un véritable levier pour attirer des clients au sein d’un territoire ou d’un site patrimonial. Premièrement, il apporte de la visibilité au lieu ainsi qu’une rentabilité sur le long terme. Ensuite, il permet de créer un lien avec la clientèle grâce à la gastronomie, à travers une expérience sensorielle unique que seuls les plaisirs de la table peuvent procurer.

Que ce soit du côté des chefs cuisinier ou du côté des propriétaires et gestionnaires de sites patrimoniaux, mêler patrimoine historique et patrimoine gastronomique est une excellente manière d’offrir à la clientèle une expérience unique. De plus, le patrimoine historique est généralement lié au patrimoine naturel, qui est lui-même essentiel en gastronomie.

Pour aller plus loin :

Lancer des activités dans un site historique

Créer une école de cuisine dans un château

© Miel du Château de Selles-sur-Cher. Adopter le naming pour son site historiqe en créant sa marque.

L’objectif de cet article est de donner des explications et conseils pour adopter une stratégie de naming pour son site historique.

L’important à retenir de cet article

Dans cet artcicle, vous trouverez des explications et conseils pour adopter une stratégie de naming pour son site historique. Celle-ci implique deux méthodes de financement différentes mais efficaces :

– la création d’une marque affiliée à son site historique pour générer des recettes suite à la vente de produits griffés (signés) au nom du château

– l’apport de nouveaux mécènes en permettant l’inscription de leur nom dans l’histoire du château ou du site d’exception

Introduction

En marketing, le naming désigne deux réalités bien distinctes.

Il concerne, d’une part, la création d’une marque par une entreprise, une société ou une infrastructure afin de profiter directement des recettes liées à la vente des produits porteurs de la marque.

D’autre part, le terme de naming est utilisé lorsqu’une marque, une entreprise ou une personne donne son nom à une infrastructure afin de gagner en visibilité en échange de contreparties financières.

Voici nos explications et conseils pour adopter une stratégie de naming pour son site historique.

I. Adopter le naming pour son site historique en créant sa marque

Adopter une stratégie de naming pour son site historique peut consister à créer une marque affiliée à un site historique. Les châteaux étant des sites d’exception, ils bénéficient d’une image de haut prestige qu’il est essentiel de savoir exploiter.

1) Le naming dans les monuments nationaux

A Versailles, les caisses à orangers, les bancs ou vases monumentaux des jardins du château sont également vendus au public. Empreints d’un caractère historique fortement lié au Roi Soleil et à son célèbre jardinier le Nôtre, ces équipements extérieurs font l’objet d’une forte demande. Griffés « Château de Versailles », ils deviennent des produits de consommation extrêmement attractifs. Ce prestige entraîne des retombées financières bénéficiant directement au Château. Le domaine patrimonial de Versailles passe ainsi de nombreux contrats de licence avec plusieurs organismes afin de diversifier son offre. De même, toute une gamme de bougies odorantes et de parfums imprégnée du Château de Versailles et du raffinement à la française ont été conçues par Elisabeth de Feydeau sous la marque Arty Fragance. La reconstitution du parfum de la reine Marie-Antoinette a notamment contribué au prestige de la marque.

Outre Versailles, Chambord a su lui aussi exploiter son image. Les produits mis en vente dans les boutiques sont signés Chambord. Séduits, les visiteurs peuvent repartir avec des souvenirs fabriqués à partir des matières premières du site (bois, miel, andouillers de cerfs, …) sur lesquels est apposée la griffe du célèbre domaine patrimonial et naturel de Chambord.

2) Adopter le naming pour les abbayes et châteaux privés

Mais passons les grands châteaux nationaux, vous aussi propriétaires privés pouvez pratiquer le naming. Nombreux sont les châteaux, abbayes ou vieilles demeures qui mettent en vente des produits portant leurs noms. A Selles-sur-Cher, le miel du château est vendu au public. En ce qui concerne les abbayes, un concept de divine box a été mis en place. L’abonnement à la box permet de recevoir chaque mois des produits fabriqués par les abbayes. Il y anotamment des bières trappistes (Westmalle, Chimay, Spencer, …). Ainsi pour les petits propriétaires, la pratique du naming peut être salutaire. Elle permet de générer des revenus supplémentaires et de faire connaître le domaine. En effet, le produit devient ambassadeur du site historique sur le quel il est produit puis vendu.

Pour Jean d’Haussonville, directeur général du domaine national de Chambord,

« Chambord est passé d’une phase de défense de sa marque à une phase de valorisation, en particulier grâce au développement de produits. La signature de la France passe par des noms de lieux, par une séduction de ses territoires »

II. Adopter le naming pour son site historique dans une logique de sponsoring

Déjà pratiqué dans les secteurs du sport et du spectacle, le naming en tant que pratique de parrainage tend à s’appliquer désormais aux musées et sites historiques.

1) Adopter le naming pour son site historique : exemples de parrainages

Ainsi, la première salle du Musée d’Art Moderne de Paris s’est vue rebaptisée « Albert Amon ». Il s’agit du père de Maurice Amon, grand passionné et collectionneur d’art contemporain. C’est une grande première pour un musée d’art français qu’un mécène puisse apposer son nom au sein d’une structure muséale. Le conservateur du Mam de Paris souhaite poursuivre cette politique du naming. Il propose des salles à un million ou 500 000 euros en fonction de leurs dimensions. Cela lui permet d’élargir ses recettes en vue de l’embellissement du musée et de l’acquisition de nouvelles œuvres. Mis en place en 2017, le naming a ainsi permis de participer en partie au financement du réaménagement du musée.

« Cette opération a permis de participer à hauteur de 20% aux grands travaux de rénovation de 2019 »

A Vaux-le-Vicomte, en récompense des dons effectués pour la plantation de tilleuls le long du grand canal, une plaque gravée au nom du mécène figure au pied de chaque arbre.

2) Adopter le naming pour son site historique : conseils

Pour un propriétaire de château ou un conservateur de musée, le naming est une opportunité de financement non négligeable à laquelle il peut être intéressant d’avoir recours. Néanmoins, le c’est une solution délicate encore mal implantée en France et quelquefois vilipendée. En effet, certains individus y voit une commercialisation voire une marchandisation du patrimoine muséal ou architectural et c’est en cela qu’ils dénoncent la pratique du naming. Par ailleurs il arrive souvent que les nouveaux noms affiliés à des entreprises ou des enseignes se substituent aux appellations traditionnelles et historiques. Le Centre d’interprétation de l’histoire du Loure et des ses collections, situé dans Pavillon de l’Horloge, a ainsi été renommé le Centre Sheikh Zayed bin Sultan al Nahyan (fondateur de la fédération des Emirats arabes unis).

Quoiqu’il en soit, il est possible d’user de cette stratégie de financement pour son site historique ou pour une institution muséale tout en respectant le patrimoine culturel. Il s’agit simplement de suivre un cadre réglementaire rigoureux et en cela nous vous invitons à suivre plusieurs conseils :

Bien réfléchir à l’affectation du don dans le naming

Avec le naming, il faut se montrer inventif afin que les contreparties soient attractives mais sans être trop contraignantes. Il est important de réfléchir à l’objet, à l’espace ou à l’évènement que l’on souhaite mettre à disposition des mécènes. Cela est sans doute plus avantageux de viser des objets, des salles ou des activités plutôt que le monument en lui-même. En effet, ce n’est pas très agréable de rebaptiser un château en lui supprimant son nom historique. C’est pourquoi il est certainement préférable de proposer aux mécènes de donner leur nom à un banc, une porte, une salle, etc … Cependant, il faut également préciser l’affectation du don afin que les contributeurs ne se sentent pas trompés. Leurs dons seront-ils destinés à la restauration, l’entretien ou l’embellissement du site ou encore à l’acquisition d’œuvres ou de meubles ?

Adopter et mettre en place une grille tarifaire et la respecter

Avant de procéder à la stratégie du naming, il est impératif de fixer une grille tarifaire et une durée après avoir choisi le montant envisagé de la collecte. Pour financer son déménagement sur le plateau de Saclay, Centrale Supélec a lancé un phase de collecte établie à 14 millions d’euros en 2014. Les mécènes peuvent choisir de sponsoriser une terrasse (250 000 €), une salle de cours (100 000 €), une salle de réunion (50 000 €) ou encore un fauteuil d’amphithéâtre (10 000 €) pour une durée de dix ou quarante ans (mise doublée). Ensuite, il s’agira de toujours respecter les tarifs en place. En effet, pour garder en crédibilité, aucune exception ne doit être admise, peu importe le degré d’affinité du donateur avec le site patrimonial.

Adopter et définir une charte éthique

Il est tout à fait possible d’adopter le naming pour son site historique mais il est conseillé de définir une charte éthique pour éviter de défigurer et dénaturaliser le lieu. Celle-ci fait l’objet d’une convention très précise entre les différents acteurs et parties prenantes en charge de la sauvegarde du patrimoine en question. Il faut à tout prix respecter la signalétique et l’architecture du bâti qui pourraient être menacés par une trop grande influence du donateur. Il est ainsi possible de veiller à l’interdiction de la présence de logos au sein du château ou du site d’exception.

Garder son indépendance dans le naming

Le plus compliqué dans la stratégie du naming de mécénat est de garder une certaine indépendance vis à vis des donateurs. Flattés de pouvoir être intégrés à l’histoire du château, ils pourront avoir l’ambition de participer à son aménagement et à sa politique de décoration et de restauration. Il convient donc de trouver un équilibre entre l’intégration des donateurs et la maîtrise de son bien.

Protéger son château et s’assurer de l’intérêt du naming

En adoptant le naming, il faut être vigilant sur l’identité des personnes ou entreprises qui souhaitent donner leurs noms. On peut notamment penser à la question des couples donateurs : les individus sont-ils tous deux d’accord pour donner leur nom en contrepartie d’un versement financier ? … Autre étude de cas : que faire si la personne ayant cédé son nom est condamnée pour cause judiciaire ? La mise en place d’une clause juridique particulière pour résilier le contrat de naming peut donc être une bonne option.

Conclusion

Le naming est une technique de marketing qui propose deux types de propositions. L’une vise à développer une marque affiliée directement au site historique pour attirer les clients prestigieux et générer des recettes. La seconde offre aux mécènes d’apposer leurs noms à des espaces, des objets, des lieux ou encore des activités. Ces deux alternatives peuvent être des sources de financement utiles et efficaces.

Pour aller plus loin

Utiliser le patrimoine naturel à des fins marketing

Le luxe et le patrimoine historique sont indissociables

Le mécénat patrimonial : fonctionnement et utilisation

Quels financements pour mon château

À travers cet article, explorons ensemble quelles sont les protections qui existent pour valoriser le patrimoine. 

L’important à retenir de cet article :

En France comme dans le monde, la notion de patrimoine est très importante. Elle s’est étendue avec le temps et inclue aussi bien le patrimoine bâti, que le patrimoine naturel et immatériel. Plusieurs institutions se sont saisi de l’importance de ce patrimoine et de sa sauvegarde. Il existe de nombreuses protections afin de préserver son existence

Ce qu’il faut retenir :

– Les protections du patrimoine peuvent intervenir à différentes échelles ;

– La notion de patrimoine a évolué avec le temps tout comme sa protection ;

– Il existe des protections générales ou spécifiques, en fonction de la nature du bien protégé ;

– Ces protections donnent accès à divers avantages.

Introduction :

Le patrimoine est un concept vaste : patrimoine bâti, patrimoine naturel, savoir-faire … nombreux sont les sujets qui dorénavant intègrent la notion de patrimoine. En France, le patrimoine est très varié et on assiste depuis plusieurs décennies à une prise de conscience relative à l’importance de sa sauvegarde. Afin de protéger ce patrimoine, il existe différentes protections à l’échelle nationale. Certaines s’appliquent à des domaines généraux et d’autres sont plus spécifiques. 

Il peut être difficile de s’y retrouver entre toutes ses protections, d’autant qu’elles sont régies par des institutions diverses. 

1. Les protections nationales 

Ces protections peuvent prendre différentes formes : label, marque, zone protégée, réseaux, etc. Voici un tableau récapitulant les différents classements existants à l’échelle nationale, ainsi que les institutions chargées de ces classements.

À cela s’ajoute les servitudes d’utilité publique telles que les Zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP), récemment remplacées par les Aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine (AVAP). 

Les protections sont généralement des gages de qualités attestant du caractère remarquable et de l’intérêt de l’objet classé.

La répartition des protections

Les protections peuvent être générales ou concerner un élément spécifique comme :

– Le patrimoine naturel, ce qui comprend les paysages, les jardins et les parcs ;

– Le patrimoine bâti, comprenant les monuments, les éléments bâtis et plus généralement ce qui correspond au patrimoine matériel ;

– Des ensembles comprenant divers éléments bâtis et naturels, comme une commune par exemple.

Ces protections peuvent aussi concerner des savoir-faire ou tout ce qui relève du patrimoine culturel et immatérielCe sont ces protections qui sont regroupées dans la catégorie « divers ». Parmi celles-ci se trouve notamment le label « Vignobles et Découverte », le seul de la liste à être attribué et géré par une agence touristique, l’agence Atout France.

Ci-dessous, voici la répartition des protections citées précédemment, selon leur domaine d’action : 

La protection au titre des Monuments Historiques

Dans la liste présentée précédemment, une seule protection est générale, c’est-à-dire qu’elle s’adresse autant à des éléments bâtis qu’à des éléments naturels (non-bâtis), sans pour autant s’appliquer à un ensemble comme une ville ou une commune. Il s’agit de la protection au titre des Monuments Historique. Ce classement concerne des immeubles ou parties d’immeubles ainsi que des objets mobiliers, appartenant à des propriétaires publics ou privés.

La protection au titre des Monuments Historiques assure la reconnaissance de l’Etat concernant la valeur patrimoniale d’un bâtiment ou d’un objet, dans le but de le protéger et le conserver. Ainsi, cette protection se fait à deux niveaux distincts : l’inscription et le classement. Ces deux niveaux sont définis selon l’intérêt du bien, respectivement à l’échelle régionale et nationale.

En 2020, la Basilique du Sacré-Cœur a été inscrite au titre des Monuments Historiques, ainsi que quelques parties des annexes et du square Louise-Michel situé à proximité. Bien que la Basilique du Sacré-Cœur soit un monument iconique de la ville de Paris et du célèbre quartier de Montmartre, elle n’avait pas encore été inscrite. En cause, une mauvaise lecture de l’histoire de France.

Le processus de protection est le suivant :

– Constitution d’un dossier de candidature, qui est transmis au préfet de la région ;

– Regroupement des candidatures dans un dossier de recensement par le Préfet

– Consultation de la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA) par le Préfet ;

– Émission d’un avis par la CNPA concernant le classement

– Validation ou rejet du ministre de l’avis de la CNPA par le ministre de la Culture 

Nota Bene : la demande de candidature peut émaner du propriétaire du bien ainsi que de toute personne y ayant intérêt, ou bien même des services de l’Etat.

2. Les protections internationales 

La protection du patrimoine est un concept qui s’étend au-delà de nos frontières, notamment avec l’idée d’un patrimoine commun à l’humanité. Cette notion est issue du travail mené par l’UNESCO depuis sa création en 1946, à la suite de la Seconde Guerre Mondiale. 

Le Patrimoine Mondial de l’UNESCO

L’objectif initial de l’UNESCO est de maintenir la paix et de la sécurité en resserrant la collaboration entre les nations, le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales sans aucune distinction entre les peuples.

Dans cet objectif, le patrimoine prend une place importante. En préservant des monuments et lieux remarquables partout à travers le monde, l’UNESCO contribue à l’idée qu’il existe un patrimoine commun à toute l’humanité, témoin de son histoire et ses différentes cultures.

La notion de « Patrimoine mondial » de l’UNESCO prend véritablement forme en 1972, grâce à l’adoption de la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel. Depuis sa création, 1 121 biens ont été inscrits sur la liste du patrimoine mondial. D’ailleurs, la France est le cinquième pays possédant le plus grand nombre de biens inscrits. L’Italie et la Chine se partage la première place, suivies par l’Espagne et l’Allemagne.

La France compte 45 biens inscrits au patrimoine mondial. Parmi eux, on retrouve 39 sites culturels, 5 sites naturels et un site mixte. 

Sont notamment inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO Le Mont Saint-Michel et sa baie, le Palais et le parc de Fontainebleau ainsi que le centre historique de la ville de Lyon

Le « périmètre UNESCO » à Lyon

Le classement au patrimoine mondial de l’UNESCO est une marque de reconnaissance internationale de l’intérêt culturel, patrimonial et architectural du centre historique de la ville. Le périmètre définit par l’UNESCO comme patrimoine mondial regroupe quatre quartiers de la ville de Lyon : les collines de Fourvière et de la Croix-Rousse, les quartiers du Vieux-Lyon et le cœur de la Presqu’Ile. 

La protection du périmètre au patrimoine mondial de l’UNESCO implique des dispositifs de gestion particulier. Cela inclue des outils de coordination comme les ateliers du patrimoine ainsi que des outils réglementaires relatif au code du patrimoine. Parmi ces outils, il y a par exemple l’archéologie préventive ou les règles relatives aux monuments historiques et leurs abords. Enfin, les dispositifs comprennent aussi des outils opérationnels tels que des conventions Etat-ville ou des chartes concernant le ravalement des façades.

De plus, la ville coordonne des programmes d’action sur toute la chaîne du patrimoine, en collaboration avec la métropole, la région et l’Etat. Tout ceci contribue à la sensibilisation aux valeurs du patrimoine et à la culture auprès des habitants locaux et des visiteurs. En effet, le classement à l’UNESCO attire davantage de touristes. Il faut donc s’adapter à la demande grandissante tout en préservant le lieu de la surfréquentation. En moyenne, le classement d’un territoire accroit le nombre de visiteurs de 20 à 30% selon la journaliste Valérie Heurtel.

Le patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO

Le patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO est une protection qui vise une variété d’éléments intangibles tel que :

– Les traditions orales et les rituels ;

– Les pratiques sociales et culturelles ainsi que les évènements festifs ;

– Les connaissances et les savoir-faire ;

– Les expressions vivantes et les langues

C’est la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, entrée en vigueur en 2006 et concernant 180 pays, qui protège le patrimoine culture immatériel. Actuellement, la liste du patrimoine culturel immatériel recense actuellement 314 éléments, dont 18 éléments français

Par ailleurs, certains de ces patrimoines sont communs à d’autres pays, à l’instar de la fauconnerie, patrimoine humain vivant partagé avec une dizaine d’autres pays. Le patrimoine culturel immatériel français regroupe diverses pratiques. Ce sont les témoins de la variété culturelle du pays, comme le Fest-Noz breton, le gwoka guadeloupéen ou le repas gastronomique à la française.

Le Label du patrimoine européen

À l’instar de l’UNESCO qui protège le patrimoine à l’échelle mondiale, l’Union européenne s’intéresse au patrimoine européen. En 2005, plusieurs États membres de l’Union européenne décident de créer le label « patrimoine européen ». Cette décision fait suite à une proposition de la France.

Formellement établi en 2011, le label est décerné officiellement depuis 2013. Ce label met l’accent sur des biens culturels, monuments, sites, lieux de mémoire, … qui contribuent à l’histoire commune de l’Union européenne. L’objectif de ce label est d’aider les citoyens à appréhender plus aisément l’histoire de l’Europe et la création de l’Union. À l’heure actuelle, le label « Patrimoine Européen » concerne 48 sites français.. 

Parmi ces sites, cinq sont situés en France, dont trois dans le Grand Est. Les sites labellisés « patrimoine européen » retracent l’histoire de l’Europe et notamment les moments tragiques qui l’ont marquée. En effet, parmi les cinq sites français labellisés se trouvent l’ancien camp de concentrations de Natzweiler et ses camps annexes ainsi que le lieu de mémoire au Chambon-sur-Lignon. Ainsi, le label entretient le devoir de mémoire, afin de sensibiliser les citoyens européens. 

Les trois autres sites labellisés sont les suivants :

– La maison Robert Schuman en Lorraine ;

– L’abbaye de Cluny en Saône-et-Loire, premier monument français à recevoir ce label ;

– Le quartier européen de Strasbourg.

3. Des initiatives locales de protection du patrimoine

En complément des protections du patrimoine à l’échelle nationale et internationale, certaines collectivités territoriales agissent localement pour la protection du patrimoine.

À l’échelle régionale, départementale ou communale, ces protections complètent les classements déjà existants pour valoriser un patrimoine local particulier.

De par leur caractère local, elles sont plus aisément accessibles pour les propriétaires ou gestionnaires de lieux patrimoniaux souhaitant les protéger.

Les sites touristiques emblématiques en Auvergne-Rhône-Alpes 

Cette protection mise en place par la région Auvergne-Rhône-Alpes est destinée aux sites remarquables présentant un intérêt culturel, patrimonial ou naturel. Les sites touristiques emblématiques sont des lieux qui contribuent à la valorisation du territoire de la région, auprès des touristes nationaux et internationaux. 

La région a labellisé 25 sites touristiques emblématiques. De nature diverses, les sites labellisés sont des monuments historiques, des espaces naturels et des lieux touristiques participant à l’attractivité du territoire. Quelques exemples de sites :

– Vulcania, au cœur des volcans d’Auvergne ;

– Le Geopark Beaujolais, aussi labellisé « UNESCO Global Geopark », label qui valorise un héritage géologique ;

– Le Château de Grignan, dans la Drôme.

Grâce à cette labellisation, les sites bénéficient d’actions de promotions et de communications réalisées par la région. En outre, une aide financière pour les projets de réhabilitation, d’aménagement et de développement est aussi disponible. 

Les protections de la Ville de Paris 

La ville de Paris a mis en place trois niveaux de protection afin de protéger le patrimoine parisien. Ce système de protection entre dans le cadre du projet local d’urbanisme.

Les trois niveaux sont les suivants :

– Protection ville de Paris (PVP), concernant tout ou partie des immeubles et équipements en interdisant leur démolition ;

– Traitement morphologique particulier, axé sur la protection du paysage, autorisant la destruction à une certaine échelle ;

– Signalement, simplement pour attirer l’attention sur un édifice sans pour autant le protéger.

Ce système de protection mis en place par la ville vient en complément des protections existantes, pour répondre à une lacune en matière de protection du patrimoine parisien. En effet, sur les 75 000 parcelles de Paris, seules 1 912 sont protégées au titre des Monuments Historiques. Grâce à ce système créé en 2005, la ville de Paris a pu protéger près de 5 000 sites supplémentaires.

Conclusion

Chaque protection donne accès à des avantages différents. Chacune présente ses spécificités. Certaines permettent d’avoir des avantages financiers ou fiscaux, d’autres de rejoindre un réseau de collaborateurs ou simplement de bénéficier d’une visibilité. Ainsi, le choix de la protection dépend de divers critères :

– La nature du bien ;

– Les besoins spécifiques du propriétaire ou du gestionnaire ;

– La visibilité du bien.

Pour un propriétaire possédant un site patrimonial peu connu, il est plus simple de commencer par une protection locale avant d’entamer une démarche à plus grande échelle.

Pour aller plus loin

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Les enjeux de la sauvegarde du patrimoine français

La sauvegarde du patrimoine au service de l’Homme

Idées pour rentabiliser un monument historique