En France, le tourisme de mémoire permet aux territoires de valoriser leurs monuments et sites marqués par l’histoire. 

L’important à retenir de cet article :

Le tourisme de mémoire est une notion très vaste englobant une quantité de lieux de mémoire divers. Toutefois, plus le lieu est chargé d’une histoire sombre et contemporaine, à l’instar des deux guerres mondiales, plus il attirera les publics. En effet, l’aspect sensible est très important dans le tourisme de mémoire. Le recueillement et la commémoration sont des motivations pour les visiteurs.

– Le tourisme de mémoire fonctionne bien en France et se développe de plus en plus.

– En effet, les lieux de mémoire sont nombreux en France et jalonnent l’intégralité de son territoire. 

Introduction : 

Le tourisme de mémoire est pratiqué depuis plusieurs années. À travers le fil rouge du patrimoine mémoriel et de l’histoire, le tourisme de mémoire permet aux voyageurs de découvrir un territoire. Pour l’anthropologue Franck Michel, le tourisme de mémoire est avant tout caractérisé par son lien étroit avec le devoir de mémoire : faire mémoire, se recueillir et transmettre aux générations futures.

Répandu dans le monde, le tourisme de mémoire touche à la fois à l’intime et à un patrimoine commun. L’aspect sensible est à prendre en compte dans le tourisme de mémoire, car les lieux touchent souvent à des épisodes funestes de l’histoire.  

L’offre touristique de mémoire est un complément économique, culturel et attractif. Sa spécificité le rend unique. Le tourisme de mémoire comprend divers enjeux : pédagogiques, civiques et culturels. 

Générant chaque année environ 20 millions de visiteurs en France, le tourisme de mémoire est une pratique importante en France.

Présentation du tourisme de mémoire

Dans l’imaginaire commun, le tourisme de mémoire se résume aux mémoriaux de guerre, surtout ceux des deux guerres mondiales. Bien que les mémoriaux soient très importants dans le tourisme de mémoire, la notion est plus vaste et englobe divers sites historiques.

Le tourisme de mémoire est une forme de tourisme axée sur le patrimoine historique d’un lieu, surtout lorsque celui-ci témoigne ou a été marqué par un évènement ou une période. Néanmoins, il peut aussi s’agir de lieux créés spécifiquement pour accueillir les touristes souhaitant se recueillir autour d’un lieu ou d’un épisode de l’histoire.

Cet évènement ou période peut être fondateur pour l’histoire du lieu et du pays, et/ou potentiellement douloureux. Parmi les lieux concernés par le tourisme de mémoire, il y a notamment :

– Les lieux ayant une histoire marquée par une bataille ou une guerre, comme Les Plages du Débarquementen Normandie ou le Chemin des Dames  rancets-de-France ;

– Les mémoriaux et musées dédiés à la guerre, à l’instar du Mémorial de Caen

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Sculptures commémoratives sur la plage d’Omaha Beach ⓒPhilippe Trzebiatowski

Le tourisme de mémoire inclut aussi les anciennes prisons, les forts et citadelles, les bunkers ou encore les bases-sous-marines. Les cimetières sont aussi des hauts-lieux pour le tourisme de mémoire, qu’il s’agisse de cimetières militaires comme celui d’Omaha Beach (Calvados) ou civils comme le cimetière du Père Lachaise(Paris).

Vue aérienne du cimetière d’Omaha Beach ⓒhenri4meaux.fr

Le tourisme de mémoire peut être un but en soi ou une étape sur un parcours. Dans les deux cas, la mise en scène autour des lieux et l’aspect pédagogique sont primordiaux, afin de préserver la sensibilité du public tout en éveillant les consciences.

La part sensible du tourisme de mémoire

L’aspect sensible et émotionnel est très important dans le tourisme de mémoire, car ce dernier touche à notre histoire et ce qu’elle a d’intime. Ainsi, la visite de certains lieux de mémoire marqués par une histoire particulièrement douloureuse doit être réalisée avec tact et pédagogie. Par exemple, à l’échelle mondiale, l’un des sites les plus visités dans le cadre du tourisme de mémoire est le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. Témoin funeste d’une très sombre période de l’histoire, de nombreux individus ressentent le besoin d’aller s’y recueillir. 

Le camp d’Auschwitz-Birkenau ⓒRTL.fr

Néanmoins, cela sera surtout valable pour des lieux témoins d’une histoire récente. En ce qui concerne les anciennes forteresses ou prisons, l’impact émotionnel n’est pas le même. Certains lieux attirent donc uniquement pour leur aspect historique, voir architectural, tandis que d’autres sont des lieux sensibles, appelant à la commémoration.

Exemple du Mémorial de la Shoah

Ouvert depuis 2005, le Mémorial de la Shoah est un lieu de mémoire consacré à l’histoire juive durant la Seconde Guerre mondiale, dont l’axe central est la Shoah. Le lieu compte différents lieux de mémoire. 

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Crypte du Mémorial de la Shoah ⓒwikipedia.org

Le Mémorial de la Shoah est le fruit de la fusion entre deux entités : le Centre de Documentation Juive Contemporaine (CDJC) et le Mémorial du Martyr Juif Inconnu. La première entité fut créée clandestinement en 1943, en pleine guerre, afin de rassembler et conserver des preuves des actions de persécutions perpétrées à l’encontre des juifs. La seconde entité, le Mémorial du Martyr Juif Inconnu, fut inaugurée en 1956. Il s’agit d’un tombeau-mémorial destiné à commémorer les victimes de la Shoah. Il héberge le CDJC. 

En 2005, l’ensemble des lieux de mémoire du site ont été rassemblé pour devenir le Mémorial de la Shoah. Le lieu inclut notamment le Mur des Noms, le Mur des Justes et le Mémorial des Enfants.

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Le Mur des Noms au Mémorial de la Shoah ⓒparis.fr

Le Mémorial de la Shoah est à la fois un lieu de mémoire et de recueillement, mais aussi de pédagogie. Né de la volonté d’obtenir justice et de ne jamais oublier, le Mémorial poursuit ce but encore aujourd’hui. Le lieu organise des expositions temporaires et des conférences en lien avec la Shoah, accueillant la parole de témoins.

Les lieux de mémoire, à l’instar du Mémorial de la Shoah, sont aussi là pour continuer à faire vivre l’histoire, surtout ses heures les plus sombres, afin que les générations futures n’oublient pas.

La France, terre d’histoire et de mémoire

La France est un pays dont l’histoire est marquée par les conflits et évènements fondateurs. Le pays joue beaucoup sur ces grands évènements historiques à travers de nombreuses commémorations nationales, ainsi que des célébrations plus locales. Les évènements commémoratifs participent grandement à l’intérêt du public pour la mémoire et les lieux qui s’y rapportent. 

En outre, ces évènements génèrent une hausse du flux touristique dans les lieux concernés. Par exemple, en 2018, la France fêtait le centenaire de la fin de la Première Guerre Mondiale. Cette année-là, les sites mémoriels dédiés à cette guerre ont vu leur fréquentation fortement augmenter. 

Les régions françaises importantes pour le tourisme de mémoire

Bien que des lieux de mémoire soient dispersés partout sur le territoire français, certaines régions sont particulièrement importantes pour le tourisme de mémoire. Cela s’explique par :

– L’abondance de lieux de mémoire sur leur territoire ;

– Un territoire marqué par des conflits contemporains.

La Normandie, leader du tourisme de mémoire français

En France, la région la plus importante pour le tourisme de mémoire est la Normandie. Marquée principalement par la Seconde Guerre Mondiale, le territoire normand compte parmi les hauts-lieux du tourisme de mémoire.

Tout d’abord, la région possède de nombreux musées et mémoriaux. Bien que le musée ou mémorial le plus visité de France soit le Musée de l’Armée à Paris, tous les autres figurant en haut du classement sont situés en Normandie. Parmi ces sites, il y a notamment le Mémorial de Caen, qui occupe la deuxième place. Consacré à l’histoire du XXème siècle, le Mémorial de Caen est un musée historique dont la thématique principale tourne autour de la fragilité de la paix. Labellisé « Musée de France », le lieu fait aussi parti de l’International Network of Museums for Peace.

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Le Mémorial de Caen ⓒmonumentsdefrance.com

D’autres lieux comme le Musée du débarquement à Arromanches et le Musée Arromanches, respectivement 3ème et 4ème du classement, retracent l’histoire du débarquement en Normandie.

En plus de ces musées, la région Normandie possède un patrimoine naturel marqué par la guerre, avec notamment Les Plages du Débarquement. Des millions de visiteurs viennent chaque année découvrir ces lieux où l’histoire de France s’est écrite. 

Les Hauts-de-France et la Grande Guerre

Les Hauts-de-France sont la deuxième région la plus fréquentée pour le tourisme de mémoire. Possédant la plus grande nécropole de France, la nécropole Notre-Dame de Lorette, la région est très marquée par la Grande Guerre. Théâtre de guerre mais aussi de paix, les Hauts de France possèdent plusieurs grands sites de tourisme de mémoire, tels que :

– La carrière Wellington, réseau de galeries souterraines qui ont joué un rôle majeur durant la guerre ;

– La Clairière de l’Armistice, où s’est déroulée la négociation puis la signature de l’armistice le 11 novembre 1918.

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La Clairière de l’Armistice ⓒwikipedia.org

Tristement célèbre, le plus connu d’entre tous est le Chemin des Dames. Théâtre de plusieurs batailles durant la Première Guerre Mondiale, le Chemin des Dames est un lieu de recueillement et de commémoration. Le lieu propose aussi diverses ressources pédagogiques afin d’apprendre aux plus jeunes ce qui s’est déroulé en ces lieux.

Le Chemin des Dames ⓒFrance.fr

Valoriser un territoire et un patrimoine grâce au tourisme de mémoire

Présent partout sur le territoire, les lieux de mémoire possèdent un fort potentiel et génèrent un important flux touristique. Le tourisme de mémoire peut donc être une excellente manière de valoriser son territoire, notamment grâce à des activités à la fois pédagogique et commémoratives.

Le tourisme de mémoire plait à tout le monde, et surtout aux familles

Les études du public et témoignages démontrent que le tourisme de mémoire est souvent pratiqué par des familles. En effet, les parents souhaitent apprendre à leurs enfants l’histoire de leur pays, dans cette volonté de transmission et de ne jamais oublier. Les lieux s’adaptent donc en proposant des activités pédagogiques et ludiques.

Le Centre Juno Beach en Normandie rend hommage aux soldats canadiens ayant perdu la vie durant la Seconde Guerre Mondiale. Le Centre tire son nom de la plage Juno Beach, l’une des cinq plages du débarquement. Ce centre est un excellent exemple de lieu de mémoire adapté aux enfants. En effet, le lieu utilise divers équipements afin d’attirer l’attention des enfants comme des modules interactives et des écrans tactiles. Tout au long de la visite, les enfants doivent collectionner des « points coquelicots », dans un jeu de piste grandeur réelle. Les coquelicots sont une référence au coquelicot de la Légion Royale Canadienne.

Coquelicots au Centre Juno Beach ⓒjunobeach.org

Véritablement pensé pour les enfants, le Centre Juno Beach attire les curieux et les familles. Moins célèbre que la Pointe du Hoc ou Omaha Beach, le Centre se démarque grâce à ses équipements pédagogiques.

Développer des activités touristiques et culturelles au sein d’un lieu de mémoire

Valoriser un lieu de mémoire par des activités culturelles et touristiques permet de le dynamiser et de l’inclure dans la vie d’un territoire. 

À Saint-Nazaire dans les Pays-de-la-Loirela Base-sous-marine est au cœur des activités touristiques de la ville. Sa place est si importante que l’Office de Tourisme s’y est installé. 

Forteresse défensive construire par l’armée allemande durant la Seconde Guerre Mondiale afin d’y abriter leurs sous-marins, la Base-sous-marine est désormais un haut lieu du tourisme à Saint-Nazaire. Monument emblématique de la ville, c’est un incontournable. Des visites guidées sont proposées, bien que le lieu puisse aussi se visiter librement. Tout d’abord, il est possible de visiter certaines alvéoles ouvertes de la base. Les visiteurs peuvent aussi monter sur le toit de la base, qui offre une vue panoramique sur le port de Saint-Nazaire.

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La Base-sous-marine de Saint-Nazaire ⓒwikipedia.org

À la Base-sous-marine, les visiteurs ont accès à un certain nombre d’activités et équipements, comme un restaurant, une salle d’exposition et de concert et une boutique-souvenirs. Deux activités sont particulièrement réputées auprès des touristes :

– L’Escal’Altantic, musée-paquebot unique ;

– L’Espadon, seul sous-marin à flot visitable de France. 

Toutes ces activités mettent en avant le patrimoine de Saint-Nazaire grâce à son lieu de mémoire. La base-sous-marine est un atout touristique majeur pour la ville. Dans la même veine, le port militaire de Cherbourg est un acteur touristique de son territoire, notamment grâce à son sous-marin « Le redoutable ». 

Des aides publiques existent pour développer le tourisme de mémoire

Le tourisme de mémoire est un levier pour l’attractivité des territoires, comme le démontre l’exemple précédent de Saint-Nazaire et sa Base-sous-marine. Plusieurs régions ont compris cela. De ce fait, elles ont décidé de s’engager auprès des acteurs du tourisme et du patrimoine afin de développer le tourisme de mémoire. Voici quelques exemples de subventions régionales ;

– Les Hauts-de-France s’engagent dans l’accompagnement et la modernisation de l’offre de tourisme de mémoire ;

– Le Grand Est propose une aide financière pour protéger ses monuments aux morts ;

– L’Occitanie met en place une aide aux collectifs, associations ou entreprises, qui valorisent le patrimoine de mémoire.

Le Ministère des armées peut aussi soutenir des projets. En effet, il lance régulièrement des appels à projets dédiés au développement et/ou à l’innovation dans le tourisme de mémoire.

Conclusion :

Attirant chaque année de nombreux visiteurs, les lieux de mémoire sont des atouts pour le territoire. Les flux de touristes qui viennent visiter ces lieux peuvent ensuite en profiter pour découvrir les autres atouts d’une région : son patrimoine historique, naturel ou culturel. Ainsi, le tourisme de mémoire est un levier autant pour les propriétaires privés que pour les collectivités souhaitant valoriser leur patrimoine. 

Soit celui-ci se prête directement à du tourisme de mémoire, auquel cas il est très intéressant d’y développer des parcours et activités dans ce domaine. Soit le lieu ne s’y prête pas, mais peut offrir une activité complémentaire aux visiteurs : activité culturelle ou d’accueil, hébergement, restauration. En outre, le lieu peut accueillir un évènement en lien avec la mémoire comme une commémoration solennelle, une reconstitution historique ou encore un concert.

Pour aller plus loin :

Organiser une reconstitution historique dans un château

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Avec l’épidémie de Covid-19, le tourisme de proximité réveille les territoires !

L’important à retenir de cet article :

La tendance du tourisme de proximité s’est accélérée avec la crise sanitaire. Cette pratique permet aux acteurs du secteur touristique, dont le patrimoine et la culture font partie, de conquérir le public local. Loin des grands voyages et du tourisme de masse, le tourisme de proximité favorise la découverte, ou redécouverte, de son territoire. Il s’agit d’un véritable atout pour le développement économique des territoires, permettant aux sites culturels et patrimoniaux d’être des acteurs essentiels et ancrés dans leur territoire.

Introduction :

Depuis plusieurs années, la tendance du tourisme de proximité s’est imposée. La crise sanitaire a accéléré l’intérêt des publics pour cette pratique qui s’intègre dans les nouvelles formes de tourisme responsable. À l’instar du slow tourisme, le tourisme de proximité veille à valoriser les territoires en préservant l’environnement.

La France est un terrain propice au tourisme de proximité. En effet, les régions françaises regorgent de châteaux, d’édifices historiques et de musées à découvrir. En complément de ce patrimoine historique et culturel, la France possède aussi un important patrimoine naturel. Avec six massifs montagneux, plus de 5 000km de côtes et 430 000km de rivières, la France offre aux voyageurs des univers de destination touristique très variés.

L’essor du tourisme de proximité depuis la crise sanitaire

La crise sanitaire que le monde traverse depuis près de deux ans a impacté les modes de consommations et de voyages des individus. Le tourisme et la culture sont des secteurs qui ont été particulièrement touchés. Pourtant, la situation actuelle s’est avérée bénéfique pour le tourisme de proximité. La conférence « Patrimoine et tourisme de proximité » menée par Sites et Cités remarquables de France révèle que 94% des français qui sont partis en vacances ont voyagé dans le territoire en 2020. 

Qu’est-ce qui caractérise le tourisme de proximité ?

Avant d’aller plus loin, il est essentiel de rappeler la définition du tourisme de proximité.

Le tourisme de proximité se caractérise par une destination proche de chez le touriste, généralement jusqu’à trois heures de son domicile. Deux grandes catégories de clients se distinguent :

– Les locaux, habitants généralement à moins d’une heure de voiture ;

– Les régionaux, habitants à deux ou trois heures de leur lieu de vacances. 

Les touristes régionaux génèrent souvent des nuitées, contrairement aux touristes locaux.

Derrière la notion de tourisme de proximité se cachent aussi la volonté d’aider les entreprises locales, de relancer l’économie et de valoriser toutes les richesses du territoire : qu’elles soient culturelles, patrimoniales, naturelles, sociales, etc.

En effet, avec les différentes limitations liées aux mesures sanitaires, les individus désirant voyager ont dû se tourner vers des destinations de proximité. Des campagnes de communication comme #CetÉtéJeVisiteLaFrance ont été mise en place par Atout France, acteur majeur du tourisme en France. Les institutions publiques aussi ont créées des initiatives pour valoriser le tourisme de proximité. 

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Campagne Atout France « #CetÉtéJeVisiteLaFrance » ⓒacteurs.tourisme.bretagne.bzh

En Occitanie, la région a créé la carte « Occ’ygene ». Destinée principalement aux familles, aux jeunes et aux séniors, la carte donne accès à des avantages sur de nombreuses activités de loisirs au sein du territoire. Ce partenariat établit entre certains établissements et la région suscite chez les publics cibles l’envie de voyager au cœur de la région.

Voici quelques-unes des activités partenaires :

– La visite de la Ferme du Gazénas, à destination surtout des étudiants et chômeurs, dans une démarche mêlant agritourisme et proximité ;

– L’exploration et la découverte de Terra-Vinéa, caves exceptionnelles prenant place dans une ancienne carrière de gypse ;

–  La visite animée du Fort Lagarde, monument historique classé situé à Prats-de-Mollo.

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Le Fort Lagarde à Prats-de-Mollo ©Lepetitagenda ©SudCanigo

Les avantages du tourisme de proximité en temps de crise sanitaire

Depuis le début de la crise, les touristes qui voyagent prêtent attention aux règlementations et à leur sécurité sanitaire. De ce fait, le tourisme de proximité est un avantage car il garantit la connaissance du protocole sanitaire mis en place. Cet élément est rassurant et sécurisant pour les voyageurs.

Consciente de l’importance de ce critère, la région Normandie a mis la sécurité et la rassurance en avant sur site à travers un article intitulé « 10 sites ou musées à visiter en famille en toute confiance ». L’utilisation du mot « confiance » n’est pas anodine. En effet, la confiance d’un individu à l’égard d’un lieu influence directement sa venue sur le lieu. À ce titre, c’est un des piliers essentiels pour une bonne stratégie click and mortar.

  Parmi les lieux répertoriés par l’article cité précédemment, il y a notamment le Château de Beaumesnil et le Château de Dieppe.

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Le Château de Beaumesnil ⓒmesnil-en-ouche.fr

La confiance d’un client envers un produit, une offre ou un lieu repose sur la certitude d’obtenir le résultat attendu. Dans un premier temps, le consommateur prend donc en compte son propre ressenti ainsi que les expériences des précédents clients. La confiance est nécessaire pour fédérer sa clientèle, qui sera ensuite plus à même de partager son expérience autour d’elle.

Le tourisme de proximité, un atout pour les territoires et le patrimoine

Si les régions portent un intérêt croissant pour le tourisme de proximité, c’est parce qu’il s’agit d’un véritable atout. Participant au développement du territoire, autant économique, que culturel et social, le tourisme de proximité crée des interactions entre les acteurs de la région et les habitants. 

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Il est donc primordial pour les régions de valoriser leurs principaux atouts. Parmi les éléments qui participent à la motivation d’un public pour une destination plutôt que pour une autre, trois piliers semblent essentiels :

– La culture et le patrimoine ;

– La nature ;

– Les loisirs.

Parmi le pilier regroupant culture et patrimoine, se cache aussi la gastronomie, l’artisanat régional, les métiers d’arts traditionnels. L’œnologie et la mixologie sont aussi des atouts à valoriser à travers la mise en place de circuits d’oenotourisme. Les touristes sont de plus en plus friands de destinations et d’activités authentiques.

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Pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux et culturels, divers développements d’activités sont envisageables dans le cadre du tourisme de proximité :

– De l’hébergement, axé sur des courts séjours, et de la restauration valorisant la gastronomie locale ;

– Des séjours thématiques, pour proposer une offre qui soit différenciante, en rapport avec l’identité du territoire ;

– Des visites culturelles, activités ou animations.

Afin de se démarquer dans le territoire, le lieu doit proposer une offre spécifique et qui marquera son identité auprès du public. Il peut aussi envisager des partenariats avec d’autres acteurs locaux ainsi qu’avec les institutions publiques et spécialisées. En effet, le tourisme de proximité étant d’utilité publique et locale, ces institutions sont des alliées indispensables.

Dans cette idée, il est aussi intéressant de s’inclure dans des circuits de visites thématiques, mis en place par les offices et agences touristiques ainsi que les institutions publiques.

Bien mettre en place le tourisme de proximité

Avant toute chose, le tourisme de proximité repose sur son accessibilité. En effet, la destination se doit d’être accessible par divers moyens car tout le monde ne possède pas de voiture ou ne désire pas voyager de la sorte. Il est donc essentiel de mettre en place divers modes de transports :

– Les transports en commun : bus, car, train, etc. ;

– Les transports plus écoresponsables et durables, comme le vélo ou la randonnée. 

Le tourisme de proximité se voulant généralement responsable et durable, les transports en commun ou propres sont souvent privilégiés par les voyageurs. Avec 15 000km de pistes cyclables et 180 000 sentiers de randonnées, les territoires français sont un terrain propice au tourisme de proximité en itinérance. Les parcours cyclotouristiques sont très prisés, à l’instar de la Loire à Vélo, qui permet de découvrir le patrimoine du Val de Loire.

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La Loire à vélo ⓒtouraineloirevalley.com

Pour les territoires possédant des voies maritimes, les transports fluviaux sont une excellente manière d’attirer les touristes. En effet, le tourisme fluvial est lui aussi en plein essor car il permet aux touristes de se déplacer dans les territoires de manière originale, en alliant moyen de locomotion et hébergement. Grâce aux bateaux sans permis, le tourisme fluvial est aussi ouvert aux navigateurs néophytes !

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Canal du Midi ©grand-carcassonne-tourisme.fr

Les outils de communication au service du tourisme de proximité

Le tourisme de proximité nécessite aussi de la visibilité auprès de son public. Bien que le caractère de proximité puisse faciliter l’accès à l’information, il est néanmoins important de déployer une campagne de communication efficace pour attirer l’attention du public. L’idée est de faire prendre conscience au public des opportunités de découvertes et de villégiature du territoire. 

Cette communication passe par différents canaux :

– On-line : les blogs et sites spécialisés, les bannières publicitaires en ligne, les sites des offices de tourisme, les réseaux sociaux et newsletters ;

– Off-line : l’affichage publicitaire, les flyers, la distribution dans les offices de tourisme, etc.

Afin d’attirer le public, il est possible d’organiser des jeux concours ou des quiz, qui permettent d’avoir une interaction directe avec le public, notamment sur les réseaux sociaux.

À titre d’exemple, l’agence d’attractivité Hello Lille a mobilisé les réseaux sociaux pour son opération « Une Nuit à l’Opéra ». En effet, l’agence a organisée un concours sur leur page Facebook pour permettre à deux personnes de remportée une nuit à l’Opéra de Lille. 

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Concours « Une nuit à l’Opéra » ©Hello Lille

La qualité et la bonne tenue régulière du site internet dédié au lieu patrimonial est aussi essentiel. En effet, un site internet proposant un contenu de qualité contribue à l’intérêt du public, selon la stratégie du click and mortar.

Comment éveiller l’attention des publics de proximité ?

Afin d’attirer les publics de proximité sur son territoire, il est aussi nécessaire de proposer des activités attractives. En effet, il convient de se rappeler pourquoi les individus voyagent, qu’est-ce qu’ils recherchent. Généralement, les vacances et voyages permettent aux touristes de se couper de leur quotidien, en découvrant un nouvel endroit. Les notions de nouveauté et de « coupure » sont fondamentales. Ainsi, le tourisme de proximité doit trouver comment apporter cela aux voyageurs, sans qu’ils ne quittent leur territoire.

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Dans un premier temps, le profil de la clientèle va influencer ses attentes :

– Les locaux ne pourront que très difficilement être surpris par un lieu : il convient donc de miser sur des animations et activités qui soient dépaysantes, surprenantes et enrichissantes.

– Les régionaux, qui pourront plus facilement découvrir un nouveau lieu et se couper ainsi de leur quotidien. Parfois, il suffit simplement de changer d’univers pour se sentir loin de chez soi.

Dans un second temps, voici quelques ingrédients indispensables pour éveiller l’intérêt du public :

– L’aspect découverte à travers des activités et expériences inédites, une visite particulière, une rencontre unique ;

– Le sur-mesure et « l’ultra-personnalisation », grâce à des activités entièrement personnalisables, plaçant les envies du public au cœur des offres.

Il convient aussi d’adapter son offre touristique à toutes les typologies de public, selon des critères économiques et pratiques. En effet, une famille n’aura pas forcément les mêmes envies qu’un couple sans enfant, ou qu’une personne seule. Prendre conscience de ces différentes typologies de publics et leur mode de consommation dans le patrimoine sont des prérequis essentiels.

Conclusion :

Le tourisme de proximité est un atout pour les territoires autant que pour les sites patrimoniaux et culturels. Principaux éléments d’attractivité, ces lieux attirent les publics. Diverses activités peuvent y être développées afin de répondre à la demande grandissante des touristes de proximité : hébergement, restauration, séjours thématiques, expériences ou activités culturelles, etc.

Pour un propriétaire ou un gestionnaire de site patrimonial souhaitant le promouvoir auprès des touristes de proximité, il est nécessaire de mettre en place une bonne campagne de communication ainsi que des partenariats avec les autres acteurs et institutions locales.

Pour aller plus loin :

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Comment rendre utile le patrimoine français ?

Lancer des activités dans un site historique

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Voici le top 15 des biens français méconnus inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO !

Introduction :

Avec 49 biens inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, la France se place en cinquième position des pays possédant le plus grand nombre de biens inscrits. Les quatre premiers du classement sont, respectivement,  l’Italie et la Chine, l’Espagne puis l’Allemagne. Outre les biens célèbres dans le monde entier comme le Mont Saint-Michel et sa baie ou le Palais et parc de Versailles, la France regorge de trésors patrimoniaux méconnus. 

Parmi ces biens, certains témoignent d’un savoir-faire, d’une histoire architecturale ou bien de l’œuvre de la nature. En effet, comme en témoigne le classement ci-dessous, les biens inscrits à l’UNESCO sont extrêmement variés. 

Les sites du patrimoine culturel inscrits à l’UNESCO

Les Fortifications de Vauban, quand le génie militaire crée la beauté

Entrées au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, les Fortifications de Vauban regroupent douze bâtiments fortifiés. Nées de l’imagination et du génie de Sébastien Le Pestre de Vauban, architecte militaire de Louis XIV, les fortifications complètent ainsi les défenses naturelles des villes. 

Plan de la Citadelle d’Arrasⓒarras-online.com

Villes neuves, citadelles, forts de montagne ou forts côtiers, les réalisations de Vauban sont variées et présentent toute une particularité architecturale remarquable. À titre d’exemple, voici quelques-unes des fortifications les plus célèbres :

– Le Verrou Vauban et la Citadelle de Blaye, formidable triptyque architectural ;

– La Citadelle de Besançon, site incontournable de la région Bourgogne-Franche-Comté ;

– La Citadelle d’Arras, qui accueille chaque année le mythique Main Square Festival.

Le port de la Lune à Bordeaux

Inscrit au patrimoine de l’UNESCO depuis 2007, le Port de la Lune est un quartier historique de Bordeaux, mêlant architecture classique et néo-classique. Tirant son nom du croissant de lune formé par la Gironde, le port de Bordeaux est surnommé « Port de la Lune » depuis le Moyen-Âge. En effet, le croissant de lune est même présent sur le blason de la ville !

Miroir d’eau au Port de la Luneⓒpar-ci-par-la.com

La beauté du port a inspiré les artistes peintres, notamment Claude Joseph Vernet, peintre, dessinateur et graveur célèbre pour ses marines. En effet, il a réalisé deux vues du Port de la Lune, intitulées Port de Bordeaux du côté des Salinières et Deuxième vue du port de Bordeaux, prise du château Trompette, rappelant les vedute italiennes.

Deuxième vue du port de Bordeaux, prise du château Trompette, Claude Joseph Vernet

Le Phare de Cordouan, majestueuse sentinelle des mers

Veillant depuis quatre siècles sur l’estuaire de la Gironde, le phare de Cordouan fait son entrée au patrimoine mondial de l’UNESCO cette année. Il s’agit du second phare inscrit sur la prestigieuse liste, après le phare de La Corogne en Espagne !

Surnommé « Le phare des rois », le phare de Cordouan se distingue des autres phares par son architecture grandiose et remarquable. Pensé à la fois comme un ouvrage de signalisation maritime et le digne hériter des anciennes Merveilles du monde, le phare de Cordouan est un édifice de la plus haute ambition artistique. En effet, de grands travaux jalonnent l’histoire de ce phare, qui est un témoin précieusement préservé de plusieurs périodes architecturales.

Le phare de Cordouan ⓒgazette-drouot.com

Initié au XVIème siècle par Henri III, le projet de construction du phare est confié à l’architecte Louis de Foix avec un objectif : faire de ce phare une œuvre royale. À la mort d’Henri III, Henri IV reprend le flambeau et transforme le phare en un symbole du pouvoir royal. Sculptures et boiseries agrémentent les murs, et le phare possède même une chapelle royale. 

Le phare de Cordouan prend sa forme actuelle au XVIIIème siècle, lorsque l’architecte Jospeh Teulère le surélève afin d’en améliorer l’éclairage. De nos jours, le phare continue de guider les marins naviguant dans l’estuaire de la Gironde.

L’Abbatiale de Saint-Savin sur Gartempe, « L’audacieuse du Poitou »

Surnommée « L’audacieuse du Poitou », l’abbaye de Saint-Savin sur Gartempe est un trésor exceptionnel abritant le plus grand ensemble de peintures murales d’Europe (XIème-XIIème siècle). En effet, ces peintures murales uniques au monde, mêlant richesse et diversité iconographique, participent à la renommée de l’abbaye, qui fût inscrite à l’UNESCO en 1983. Par exemple, la voûte de la nef représente à elle seule 460m2 de surface peinte, à plus de 17 mètres du sol.

Abbaye de Saint-Savin sur Gartempeⓒfrancebleu.fr

Véritable laboratoire d’innovations au fil des siècles, l’abbaye continue à innover en proposant des outils numériques à ses visiteurs, comme une tablette numérique incluse dans les visites libres. De tels outils sont en effet indispensables pour ancrer le patrimoine dans une démarche de médiation accessible à tous. 

De plus, en temps de crise sanitaire, développer des outils digitaux permets aussi de maintenir le lien entre le public et le lieu.

Voûte de Saint-Savin sur Gartempeⓒphotos Stéphane Charbeau

Abbaye cistercienne de Fontenay, célèbre décor de cinéma

Classée Monument Historique, l’Abbaye cistercienne de Fontenay est la plus ancienne abbaye cistercienne conservée au monde. Fondée au XIIème siècle par Saint-Bernard de Clairvaux, son incroyable état de conservation permet au visiteur de se projeter dans l’idéal de vie cistercien d’une vie sobre. Pour cela, l’abbaye est protégée à l’UNESCO depuis 1981.

De plus, la beauté des lieux a inspiré le cinéma. Ainsi, l’abbaye a accueilli le tournage de films culte :

– Les Trois Mousquetaires de Bernard Borderie (1961) ;

– Cyrano de Bergerac, de Jean-Paul Rappeneau, avec Gérard Depardieu (1990).

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Abbaye cistercienne de Fontenay ⓒdna.fr

Accueillir un tournage de cinéma au sein d’un lieu patrimonial est une excellente manière de rentabiliser l’espace tout en le valorisant auprès du grand public. C’est aussi une démarche marketing, qui permet de communiquer sur l’existence d’un lieu et de donner envie aux spectateurs d’aller le visiter par la suite. Par exemple, en région Auvergne-Rhône-Alpesles touristes ont pu découvrir les lieux de tournages du film Kaamelott, produit par Alexandre Astier en 2021.

Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France, célèbre pèlerinage

Tout au long du Moyen-Âge, Saint-Jacques de Compostelle fut la destination la plus importante pour de nombreux pèlerins venus de toute l’Europe. Jalonnés de monuments historiques et d’édifices religieux remarquables, les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle demeurent un pèlerinage phare.

Fait amusant, des coquilles Saint-Jacques balisent les chemins et guident les pèlerins. Réputé durant l’Antiquité pour lutter activement contre la sorcellerie et le mauvais sort, le coquillage s’est imposé comme attribut de l’apôtre Saint-Jacques, qui lui donna son nom.

Une coquille Saint-Jacques balisant le chemin

De nos jours, plusieurs raisons différentes motivent les pèlerins à parcourir les chemins de Saint-Jacques de Compostelle. En effet, une étude réalisée en 2015 démontre que :

– 54% des pèlerins le font pour un motif spirituel, afin de se ressourcer ;

– 38% des pèlerins invoquent un motif religieux ;

– Et 8% des pèlerins parcourent les chemins pour des raisons sportives ou touristiques.

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Pèlerins ⓒfr.aleteia.org

Voici quelques sites emblématiques parmi les lieux patrimoniaux qui jalonnent les routes des chemins de Compostelle :

– La basilique Saint-Sernin de Toulouse, emblème de la ville ;

– La cathédrale Notre-Dame d’Amiens, joyau de l’art sacré gothique.

Vue de la Basilique Saint-Sernin de Toulouse

Ayant joué et jouant encore un rôle essentiel dans les échanges et le développement culturels et religieux, les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle sont protégés à l’UNESCO depuis 1998.

Les coteaux, maisons et caves de Champagne

Répartis entre les régions Grand-Est, Haut-de-France et Île-de-France, les coteaux, maisons et caves de Champagne sont protégés à l’UNESCO depuis 2015. Constituant un paysage agro-industriel caractéristique, le bien comprend donc trois zones cœur :

– Les coteaux historiques de Cumières à Mareuil-sur-Aÿ ;

– L’Avenue de Champagne à Épernay ;

– La Colline Saint-Nicaise à Reims.

Coteaux de champagne

À cela s’ajoute une vaste zone d’engagement composée de 320 villes et villages formant l’écrin du Bien, ainsi que de nombreux attributs remarquables illustrant sa valeur universelle exceptionnelle.

Caves de maturation du champagne

À l’instar de la gastronomie ou de l’œnologie, le champagne est un emblème de la France aux yeux du monde. Grâce à la protection de son appellation, le champagne ne peut être produit que dans la région éponyme, renforçant son caractère exceptionnel. 

Lorsque le moine Dom Pierre Pérignon donna naissance au premier champagne, il dit à ses frères : « Venez mes frères, vite, je bois des étoiles ! ». Depuis, les vignerons de champagne produisent l’élixir des étoiles selon un savoir-faire unique et minutieux, qui a impacté l’urbanisme et l’architecture.

Associée à la célébration et la joie, la prestigieuse boisson passionne au-delà des frontières. En effet, à l’international, les britanniques et les américains sont les premiers amateurs de champagne.

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Et comme le disait George Sand « le champagne aide à l’émerveillement » !

Les climats du vignoble de Bourgogne

À l’instar du champagne, les vins de Bourgogne et leur méthode de production ont impacté leur lieu de production. Les climats du vignoble de Bourgogne, entrés à l’UNESCO en 2015, témoignent de ce lien unique. 

Climat bourguignon

Mais qu’est-ce qu’un « climat » en Bourgogne ? Il s’agit d’un terme spécifiquement bourguignon utilisé pour exprimer le terroir viticole. Chaque climat correspond en réalité à une parcelle de vigne qui possède son nom, son histoire, son goût et sa place dans la hiérarchie des crus. Il existe plus de 1 000 climats en Bourgogne, dont le célèbre château du Clos de Vougeot.

Château du Clos de Vougeot

Les Causses et les Cévennes, paysage culturel de l’agro-pastoralisme méditerranéen

S’étendant au sud du Massif Central sur les régions Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes, les Causses et les Cévennes forment un paysage remarquable. Entre montagnes et profondes vallées, ce territoire jalonné de villages et grandes fermes en pierre possède un caractère authentique unique. 

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Les Causses (à gauche) et les Cévennes (à droite)

Les Causses et les Cévennes sont entrées à l’UNESCO en 2015, en tant que paysage culturel de l’agro-pastoralisme méditerranéen. L’agro-pastoralisme est un ensemble de pratiques agricoles alliant l’élevage et les cultures qui y sont associées pour nourrir les troupeaux. 

Agropastoralisme ⓒcevennes-parcnational.fr

Depuis des siècles, l’agro-pastoralisme façonne les paysages et la biodiversité des Causses et des Cévennes.

La production du sel ignigène

Protégé à l’UNESCO depuis 1982, ce bien concerne la production du sel ignigène, de la Grande Saline de Salins-les-Bains à la Saline Royale d’Arc-et-Senans. En effet, ces deux édifices majeurs dans l’histoire de la production du sel ignigène se trouvent en région Bourgogne-Franche-Comté.

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Saline Royale d’Arc-et-Senans

Le sel ignigène est issus d’une très ancienne technique reposant sur la cristallisation du sel par l’évaporation de saumure. Le terme « ignifère » vient d’ignis, signifiant « le feu ». En effet, dès le néolithique, l’eau de mer ou la saumure étaient mises à cuire dans des récipients, au-dessus du feu.

La Grande Saline de Salins-les-Bains fut active pendant plus d’un millénaire, jusqu’en 1962. De 1780 à 1895, son eau salée était cheminée par des saumoducs jusqu’à la Saline Royale d’Arc-et-Senans. La Grande Saline abrite une galerie souterraine exceptionnelle datant du 13ème siècle. 

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Galerie souterraine de la Grande Saline de Salins-les-Bains ⓒjura-tourisme.com

Témoin exceptionnel de la production du sel ignifère, ce bien raconte l’histoire des hommes et femmes qui pendant 1 200 ans se sont succédé pour produire le précieux or blanc selon cette méthode particulière.

Les sites préhistoriques et grottes ornées de la Vallée de la Vézère

Composé de 15 sites préhistoriques, 147 gisements et 25 grottes ornées, les sites préhistoriques et grottes ornées de la Vallée de la Vézère forment un bien culturel exceptionnel. 

Situées en Nouvelle-Aquitaine, les grottes ornées possèdent un intérêt esthétique, ethnologique et anthropologique remarquable. En effet, la plus célèbre d’entre elles est la grotte de Lascaux, dont la découverte en 1940 marque un tournant dans l’histoire de l’art préhistorique.

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Bauges d’ours de la Grotte de Rouffignac ⓒGrotte de Rouffignac

Certains des ensembles figurés présents dans ces grottes sont mondialement connus, considérés comme des chefs d’œuvres de l’art préhistorique :

– La Vénus de Laussel, trouvée en 1911 dans l’abri du même nom ;

– L’intégralité des peintures pariétales de la grotte de Lascaux, représentant une centaine de figures animalières avec un niveau de détails et d’esthétisme impressionnant. 

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La hampe du mort ⓒGrotte de Lascaux

Les sites préhistoriques et grottes ornées de la Vallée de la Vézère sont un matériel infiniment précieux pour la connaissance des périodes les plus reculées de l’histoire de l’humanité.

Les sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes

Inscrit à l’UNESCO en 2011, les sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes sont un bien dit « en série ». Un bien « en série » comportent deux zones ou d’avantages qui ne sont pas reliées physiquement. 

Les sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes rassemblent 111 sites, où se trouvent des vestiges d’établissements préhistoriques sur pilotis. Datant d’environ 5 000 ans jusqu’à 500 ans avant Jésus Christ, ils sont situés sous l’eau, sur les bords de lacs, de rivières ou de terres marécageuses.

La France partage donc ce bien avec d’autres pays : la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie et la Slovénie.

Les sites du patrimoine naturel inscrits à l’UNESCO

Le Golfe de Porto en Corse

Ce bien, composé du Golfe de Porto et de Girolata, des Calanches de Piana et de la réserve de Scandola est entré à l’UNESCO en 1983. Incroyable patrimoine naturel, le lieu inspira d’ailleurs le célèbre écrivain Guy de Maupassant dans Le Monastère de Corbara :

Une image contenant montagne, extérieur, roche, eau

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« Je m’arrêtais d’abord stupéfait devant ces étonnants rochers de granit rose, hauts de quatre cents mètres, étranges, torturés, courbés, rongés par le temps, sanglants sous les derniers feux du crépuscule et prenant toutes les formes comme un peuple fantastique de contes féériques, pétrifié par quelque pouvoir surnaturel […] les calanches de Piana sont une des merveilles de la Corse ; on peut dire, je crois, une des merveilles du monde. »

Tableau naturel d’une rare beauté, ce patrimoine naturel abrite une faune et une flore préservées et caractéristiques de la région. C’est un paysage exceptionnel façonné par l’œuvre du temps et de l’érosion.

Les lagons de Nouvelle-Calédonie

Inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008, les lagons et récifs coralliens de Nouvelle-Calédonie sont des exemples exceptionnels d’écosystèmes diversifiés. En effet, ils forment l’un des trois systèmes récifaux les plus étendus du monde, abritant une incroyable variété d’espèces de coraux et de poissons.

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Des récifs vivants aux récifs fossiles plus anciens, les lagons de Nouvelle Calédonie sont une source d’information importante sur l’histoire naturelle de l’Océanie. 

Les pitons, cirques et remparts de l’Île de la Réunion

Situés sur l’archipel des Mascareignesles pitons, cirques et remparts de l’Île de la Réunion forment un bien unique, entré à l’UNESCO en 2010. Il s’agit d’un paysage spectaculaire, composé de deux imposants pics volcaniques, de murailles massives et de trois cirques bordés de falaises.

Ce bien protège des secteurs-clés d’un centre mondial reconnu de diversité des plantes.

Conclusion : 

En conclusion, tous les biens présentés dans cet article partagent une valeur patrimoniale universelle, témoin des évolutions de l’humanité et de la Terre au fils des siècles. En effet, qu’ils s’agissent de lieux naturels laissés intacts par l’Homme ou, au contraire, façonnés par la vie humaine, tous participent à la connaissance de l’Homme et de son histoire.

Pour aller plus loin :

Quelles protections pour valoriser le patrimoine ?

Les enjeux de la sauvegarde du patrimoine français

Comment rendre utile le patrimoine français ?

La France au patrimoine mondial de l’UNESCO

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Bienvenue au château de la Valette, où le street-art réinvente le patrimoine. 

L’important à retenir de cet article :

La combinaison entre patrimoine, architectural ou naturel, et street-art semble paradoxale, pourtant ces deux univers partagent des caractéristiques communes. Ainsi, l’un et l’autre peuvent s’aider à se développer : le street-art redonne vie au patrimoine, qui lui offre ses murs. Un exemple frappant est celui du Château de la Valette.

Le street-art apporte au patrimoine :

– Une renaissance et une nouvelle identité lui permettant de séduire un public varié ;

– Une nouvelle raison de consommer le patrimoine pour le public.

Introduction :

Longtemps décrié, le street-art est désormais reconnu comme un mouvement artistique à part entière, étudié en histoire de l’art, incontournable dans l’art contemporain. Les street-artistes sont désormais invités et missionnés par les villes pour réaliser des œuvres et investir l’espace public, en toute légalité. 

Fleurissant partout, le street-art est un art accessible à tous par définition, puisqu’il se s’exerce sur les murs, dans l’espace public. Le street-art partage donc avec le patrimoine son caractère universel et commun. 

Au-delà de partager les mêmes valeurs d’universalité, le street-art et le patrimoine sont aussi complémentaires. En effet, tandis que le premier a besoin de murs, de façades et de grandes surfaces pour exister, le second a besoin de renouveau pour se démarquer. L’association Urban Art Paris, consciente de cette complémentarité, s’est lancée dans un pari fou : réinventer le patrimoine grâce au street-art.

À l’instar de l’art contemporain, le street-art permet d’attirer un public différent des personae classiques du patrimoine – c’est-à-dire le public cible traditionnel. Le street-art apporte au public une nouvelle raison de venir « consommer le patrimoine ». L’alliance entre le patrimoine et le street-art est aussi avantageux pour ce dernier, qui bénéficie alors d’un terrain de jeu idéal et majestueux. 

Présentation du street-art

Considéré comme un véritable patrimoine américain, le street-art est symbolique des États-Unis au même titre que la Statue de la Liberté. Présent dans toutes les grandes villes du pays, le street-art décore les pierres et raconte l’évolution d’un pays. À Philadelphie, berceau du street-art depuis les années 60, près de 3 000 œuvres jalonnent les murs de la ville.

Selon le commissaire d’exposition Jérôme Catz, le street-art fait partie intégrante du patrimoine culturel depuis plusieurs décennies. Intégrées aux programmes des étudiants en histoire de l’art, les figures majeures du street-art comme Banksy ou Shepard Fairey sont des artistes réputés internationalement. Shepard Fairey, plus connu sous le pseudonyme OBEY, est particulièrement célèbre pour avoir créé l’œuvre « HOPE » dans le cadre de la campagne présidentielle de Barack Obama.

Hope, OBEY ⓒfrancetvinfo.fr

Désormais, le street-art est un courant incontournable de l’art, créant des émulsions dans le marché et chamboulant les codes. Le marché de l’art se souvient encore de la vente et autodestruction partielle de « La fille au ballon », œuvre symbolique de Banksy. Adjugée pour 1,2 millions d’euros en 2018, l’œuvre reviendra bientôt sur le marché. 

Une image contenant intérieur, galerie, pièce, scène

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 La fille au ballon, Banksy, avant et après autodestruction ⓒleparisien.fr

Le street-art intrigue les institutions 

En France, les institutions publiques et privées ne sont pas insensibles au street-art. En 2016, dans le cadre de l’évènement Street Art 13, le maire du 13ème arrondissement a commandé à Shepard Fairey une fresque monumentale illustrant la devise nationale. Cette œuvre est désormais emblématique du quartier et attire chaque année les curieux et passionnés.

Liberté, Égalité, Fraternité, OBEY ⓒboulevardparis13.com

Le street-art est donc une excellente manière de valoriser un espace et d’attirer un nouveau public. 

Focus sur le Château de la Valette

Situé à Pressigny-les-Pins, près de Montargis, le Château de la Valette est une grande bâtisse du XIXème siècle. Le domaine, s’étendant sur une quarantaine d’hectares de parcs et de forêts, possède aussi une chapelle ainsi qu’une annexe. Ce bâtiment témoigne de l’époque où le château appartenait à l’Etat espagnol, entre les années 1930 et 1990. 

Le château de la Valette au naturel ⓒwikipedia.org

Le château de la Valette est tombé en désuétude. C’est presque réduit à l’état d’abandon, que l’association Urban Art Paris le découvre . Percevant tout son potentiel, l’association décide de transformer ce château en un centre de la culture urbaine à ciel ouvert.

Atelier créatif au label Valette festival ⓒculturinthecity

Ainsi chaque année depuis 2018, plusieurs artistes sont invités à venir au château, notamment dans le cadre du Label Valette Festival s’y déroulant tous les ans, en août. Au cours de ce festival, le public peut créer ses propres œuvres de street-art et découvrir toute la diversité de la culture urbaine. L’arrivée du street-art et de la culture urbaine au sein du château est une véritable renaissance pour l’édifice.

Les façades du château, œuvre monumentale à ciel ouvert

Cependant, ce qui fait toute la particularité du château de la Valette, ce sont ses façades. Chaque été, et pour une période d’un an, le château change de visage grâce au travail d’un street-artiste. L’œuvre produite sert alors d’emblème au Label Valette Festival. Visible par quiconque vient visiter le château, pendant un an, le château se transforme à la fois en œuvre et en musée. Ces œuvres rappellent les spectacles Son et Lumières, évènements qui plaisent beaucoup au public.

Le château de la Valette relooké par l’artiste 3TTMAN en 2019 ⓒlarep.fr

En 2020, c’est le graffeur L’Atlas qui a été sélectionné pour réaliser les façades du château. Il a pris possession des lieux pour exprimer son art sur les murs du château, mêlant son univers graphique et imaginaire à celui du château. L’artiste a joué avec les détails des façades et les lignes pour créer son œuvre. Sur les façades principales, les lignes blanches sur fond noir évoquent un QR Code. En réalité, il s’agit d’une anagramme stylisée. Sur les parties secondaires, l’artiste s’est appliqué à distinguer les détails de l’architecture du château.

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L’Atlas rhabille La Valette ⓒculturinthecity

Le festival de 2020 se déroulait aussi « hors-les-murs », c’est-à-dire hors du lieu d’origine. À cette occasion, plusieurs artistes ont été invités à repeindre sept façades d’immeubles HLM à Montargis. Grâce à cette opération hors-les-murs, le château de la Valette est entré en interaction avec son territoire.

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Deux immeubles relookés à Montargis ⓒlabelvalettefestival

En apportant le street-art au château de la Valette, l’association Urban Art Paris participe à la valorisation du patrimoine grâce à l’art contemporain. Le street-art est le mouvement idéal pour populariser un lieu abandonné. Son but premier est en effet de démocratiser l’art en le rendant accessible à tous, objectif partagé avec le patrimoine.

Le street-art au château de la Valette, un concept précurseur 

À l’heure actuelle, le château de la Valette est l’unique château en France où le street-art est aussi présent. Devenu indissociable de l’identité du château, c’est une nouvelle page de son histoire qui s’écrit chaque année sous la peinture des graffeurs. Ses murs se transforment, ses pierres changent de couleurs. Le château de la Valette est devenu une œuvre de street-art à part entière. Le concept développé par Urban Art Paris est novateur à plusieurs niveaux : 

– la dimension « totale », car le château dans son entièreté devient une œuvre grâce à ses nouvelles façades ;

– le lien avec les villes voisines grâce aux évènements « hors-les-murs », qui intègrent le château dans une dynamique territoriale par le street-art

– le festival et la résidence d’artiste.

Ailleurs en France, le street-art se fait plus discret, quelques figures décorent quelques murs d’édifices anciens. À titre d’exemple, le Château de Môh dans le Val de Loire expose de l’art urbain dans ses jardins depuis 2019. Le projet, nommé « Château de Môh-Street Art Parc », est né de la volonté d’intégrer le château dans une dynamique de territoire axée autour de la création contemporaine, et en particulier le street-art. Dans ce projet, les œuvres de street-art viennent fleurir les jardins du château.

Les limites de la collaboration entre le street-art et le patrimoine

Néanmoins, le concept développé au Château de la Valette ne peut pas s’appliquer partout. La controverse et la crainte sont les premières limites à la collaboration entre site patrimonial et street-art. Certains amateurs de patrimoine n’apprécient guère de voir les pierres recouvertes de graffiti, craignant que cela n’altère l’authenticité et l’intégrité du lieu.

De plus, en ce qui concerne les édifices inscrits ou classés au titre des Monuments Historiques, la règlementation n’autorise pas la réalisation d’œuvres de street-art.

Conclusion :

La démarche d’Urban Art Paris au Château de la Valette est un modèle intéressant et total de ce que peut apporter le street-art au patrimoine. Les diverses actions menées au sein du château sont des sources d’inspirations pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux désirant inclure le street-art dans leur activité. L’installation du street-art au sein du site peut se faire de manière pérenne ou éphémère, étapes par étapes, en commençant par les jardins comme au Château de Môh.

Pour aller plus loin :

Comment créer un musée ?

Design thinking et patrimoine historique

Les enjeux de la sauvegarde du patrimoine français

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Quelle est la place de la France au patrimoine mondial de l’UNESCO ? 

L’important à retenir de cet article :

La France tient une place importante dans le patrimoine mondial de l’UNESCO. Les sites inscrits sont des vitrines pour leur pays. L’inscription met en valeur la culture et le patrimoine de ces pays.

L’inscription d’un site au patrimoine mondial de l’UNESCO est une démarche qui demande une grande implication dans sa protection, sa gestion et sa sauvegarde. 

Introduction

Afin de veiller à la sauvegarde du patrimoine, l’UNESCO encourage les pays à signer la Convention du Patrimoine mondial. De cette manière, les pays s’engagent à assurer la protection de leur patrimoine naturel et culturel. 

Pour cela, l’institution mène différentes actions, à l’image de la Stratégie Globale. Mise en place en 1994, son objectif est de s’assurer que la liste du patrimoine mondial reflète bien la diversité culturelle et naturelle des biens classés. Ainsi, depuis la mise en place de cette stratégie, 45 nouveaux pays ont ratifié la convention.

L’UNESCO a aussi un rôle dans la sauvegarde des sites du patrimoine mondial en danger immédiat à travers une assistance d’urgence grâce à des outils techniques ainsi qu’une aide financière. 

Enfin, l’UNESCO fournit des études qui permettent de comprendre les différents problèmes concernant le patrimoine : facteurs de risque climatique, politique, social, etc. Il 

s’agit de comprendre quels sont les sites présentant un risque élevé, d’où vient-il et comment pourrait-il être résolu.

1. Présentation du patrimoine mondial de l’UNESCO 

L’objectif initial de l’UNESCO est de maintenir la paix et la sécurité entre les pays, grâce à la collaboration entre les nations. Dans cet objectif, l’UNESCO a estimé que le patrimoine tient une place primordiale. En préservant les sites et monuments remarquables partout à travers le monde, l’UNESCO renforce l’idée d’un patrimoine commun à l’humanité. Par extension, cette idée consolide à son tour la cohésion et l’échange entre les nations.

Le patrimoine mondial de l’UNESCO témoigne d’une histoire commune et démontre la diversité des cultures, qui fait la beauté de l’humanité. La notion de « Patrimoine mondial » de l’UNESCO prend forme en 1972 avec l’adoption de la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel. 

La liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO recense aujourd’hui 1 121 biens inscrits à travers le monde. En complément de cette liste, une seconde liste détermine les biens qui sont en péril. À l’heure actuelle, cinquante-trois sites sont en péril. 

2. La place de la France au Patrimoine mondial de l’UNESCO

La France signe la Convention pour le Patrimoine mondial en 1975 et devient l’un des premiers pays signataires. 

Avec 49 biens inscrits, la France se place en cinquième position des pays possédant le plus grand nombre de biens inscrits. L’Italie et l’Allemagne se partagent la première place. Les 49 biens inscrits sont répartis comme ceci :

– 42 sites culturels ;

– 6 sites naturels ;

– 1 site mixte, c’est-à-dire à la fois culturel et naturel. 

Voici quelques exemples de biens français inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO :

– Le Mont Saint-Michel et sa baie, inscrit en 1979, cette « merveille de l’Occident » est un joyau architectural qui s’est adapté à un site naturel exceptionnel et complexe ;

– La ville historique fortifiée de Carcassonne en Occitanie, célèbre pour ses remparts et son château ;

– La ville de foire médiévale de Provins en Ile de France, qui a su préserver sa structure urbaine, ses monuments historiques et son authenticité.

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Carcassonne ⓒviator.com

Comment sont gérés les sites en France ?

Les sites culturels et naturels ne dépendent pas de la même institution. Les sites culturels sont à la charge de la Direction générale des patrimoines et de l’architecture au sein du Ministère de la Culture. Plus précisément, c’est la sous-direction des monuments historiques et des sites patrimoniaux qui coordonne la protection et la gestion des biens culturels. Cela implique diverses missions telles que :

– Élaborer et modifier les périmètres d’inscription ;

– Vérifier l’adéquation des dispositifs de protection avec les limites des biens et leurs zones tampons ;

– Suivre les différents projets concernant le bien.

En ce qui concerne les biens naturels, ils dépendent du ministère de la transition écologique, qui se charge de mettre en œuvre la convention. 

3. L’impact de l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO

Lorsqu’un bien est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, un périmètre spécifique ainsi qu’une zone tampon sont mis en place. La zone tampon est délimitée par le préfet de région en concertation avec les collectivités territoriales concernées. Elle inclut notamment l’environnement immédiat du bien protégé.

Des actions de protections et de gestions doivent être mise en place afin d’assurer la sauvegarde du patrimoine au sein du périmètre.

Afin d’illustrer ce que cela implique, prenons l’exemple du centre historique de la ville de Lyon.

Focus sur le périmètre UNESCO à Lyon

Le site historique de la ville de Lyon est inscrit à l’UNESCO depuis 1988. La zone inscrite est surnommée « périmètre UNESCO ». Elle comprend les quatre quartiers historiques de la ville : 

– La Colline de Fourvière, berceau historique de Lyon, avec ses théâtres antiques, sa Basilique et sa cathédrale ainsi que de nombreux musées et jardins jalonnant le quartier ;

– Les quartiers du Vieux-Lyon, particulièrement marqué par l’architecture du XVème et du XVIème siècle ;

– Le cœur de la Presqu’Île, dont l’urbanisation a commencé dès la Renaissance ;

– La colline de la Croix-Rousse, marquée par l’histoire des Canuts, les ouvriers tisserands de la soie.

Intérieur d’une cours dans le Vieux-Lyon (à gauche) et Basilique de Fourvière (à droite)

Tous ces quartiers témoignent du passé de la ville, de son évolution au fil des siècles à travers une trame urbaine et architecturale exceptionnelle. Afin de préserver ce patrimoine et de conserver l’inscription à l’UNESCO, la ville a mis en place un programme comprenant plusieurs actions. 

La protection et la gestion du périmètre UNESCO fonctionne grâce à divers dispositifs :

– Des outils réglementaires issus du Code du Patrimoine ou du Code de l’Environnement ;

– Des outils opérationnels ;

– Ainsi que des outils de coordination comme les ateliers du patrimoine.

La ville de Lyon coordonne des programmes d’action sur toute la chaîne du patrimoine, en collaboration avec la métropole, la région et l’État. L’objectif commun de toutes ces actions est le suivant : sensibiliser le public aux valeurs du patrimoine et aux projets culturels. 

La rénovation du Musée Gadagne afin de le transformer en lieu d’étude, de conservation et de médiation du patrimoine lyonnais est une action majeure. Le chantier de rénovation de l’établissement est la première signature « convention-patrimoine » conclue entre l’Etat et la Ville.

Musée Gadagne ⓒpetit-bulletin.fr

Les conséquences de l’inscription à l’UNESCO

Lorsqu’un site est inscrit à l’UNESCO, les enjeux principaux sont les suivants :

– Faire coïncider la hausse de la fréquentation avec la préservation des sites historiques ;

– Conserver la démarche morale du devoir de mémoire ;

– Générer un développement économique et touristique.

Le classement à l’UNESCO apporte une visibilité et une reconnaissance mondiale de la valeur universelle et exceptionnelle du site. Cela influe sur l’intérêt du grand public pour le lieu, créant de l’attractivité. Toutefois, il faut faire attention au tourisme de masse, qui peut dénaturer un lieu et déranger les habitants. 

À Lyon, la ville se tourne vers un tourisme plus respectueux et intelligent, en s’écartant du tourisme de masse. Le directeur général d’Only Lyon Tourisme et Congrès déclarait en 2020 vouloir « le développement d’un tourisme réfléchi, durable (…). Privilégier la qualité à la quantité. »  En 2019, la métropole de Lyon a remporté le Prix de la Capitale Européenne du Smart Tourisme, aux côtés de Helsinki. Ce prix récompense l’effort mené par la ville de Lyon pour développer un tourisme durable et respectueux de son territoire, grâce à des innovations numériques. 

4. Comment bénéficier de l’inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO ?

Le patrimoine mondial de l’UNESCO concerne des sites et biens à travers le monde possédant une valeur universelle exceptionnelle. Cela signifie que le bien doit avoir une importance culturelle et/ou naturelle si exceptionnelle qu’elle transcende les frontières nationales, présente un caractère inestimable pour les générations actuelles et futures.

Nota Bene : seuls les pays ayant signé la Convention du patrimoine mondial peuvent soumettre des propositions d’inscriptions de biens situés sur leur territoire sur la Liste du patrimoine mondial.

Pour savoir si un bien possède une valeur universelle exceptionnelle, il doit :

– Répondre aux critères d’authenticité et d’intégrité ;

– Avoir fait l’objet d’une étude comparative avec les biens déjà inscrits à travers le monde pour que soit démontré son caractère unique ;

– Bénéficier d’un système de protection et de gestion adapté, afin d’assurer sa sauvegarde.

Les critères

Le bien doit aussi répondre à au moins l’un des dix critères définis par le Comité du patrimoine mondial, répertoriés dans le tableau ci-dessous. 

En complément de ces critères, le bien présenté un caractère d’intégrité et, s’il s’agit d’un bien culturel, d’authenticité.

 Focus sur le Val de Loire

 Le Val de Loire, de Sully-sur-Loire à Chalonnes, est inscrit depuis l’An 2000. Site remarquable par son patrimoine architectural, ses villes historiques et ses châteaux renommés, le Val de Loire est un paysage culturel exceptionnel. Le site correspond à trois des critères énoncés dans le tableau ci-dessus :

– Critère I : le Val de Loire est remarquable pour la qualité de son architecture, notamment ses châteaux comme Chambord et Chenonceau, ainsi que ses villes historiques à l’image de Blois et Chinon ;

– Critère II : le site possède un paysage culturel exceptionnel valorisé par sa présence tout au long d’un grand fleuve. Il témoigne d’un échange d’influences et de valeurs humaines entre l’environnement et les hommes depuis plus de deux millénaires ;

– Critère IV : le site illustre à un degré exceptionnel l’influence des idéaux de la Renaissance et du siècle des Lumières dans la pensée et la création en Europe occidentale.

Une image contenant ciel, extérieur, eau, nature

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Val de Loire, vers Amboise ⓒwedrivit.com

À ces trois critères s’ajoutent l’authenticité et l’intégrité du site. En effet, le lieu a conservé un très haut degré d’authenticité grâce à ses monuments et les nombreux travaux de conservation dont ils ont bénéficié. De plus, la trajectoire historique du Val de Loire est clairement lisible et visible dans le paysage actuel. 

Toutefois, plusieurs facteurs risques d’affecter l’authenticité du bien tels que l’étalement urbain, les mutations agricoles ou la construction de grands équipements. Il est donc primordial de préserver son site en utilisant les outils et en respectant les règles de protection et de gestion évoquées auparavant.

Les éléments essentiels pour établir une proposition d’inscription

Avant de se lancer dans la rédaction du dossier de proposition d’inscription, plusieurs étapes sont nécessaires. Tout d’abord, il faut mener à bien l’intégralité des recherches de fonds et de documentation. Ensuite, il est impératif de procéder à l’analyse comparative évoquée précédemment, celle déterminant l’unicité du bien en comparaison des biens déjà inscrits. C’est une étude qui prend du temps et de l’énergie.

Puis vient le moment d’établir le projet de déclaration de valeur universelle exceptionnelle et d’en déterminer les critères pertinents. À cela s’ajoute l’évaluation de l’authenticité et l’intégrité du bien et la détermination des attributs les plus pertinents. Ensuite, il convient de définir les limites appropriées. Une fois toute ces étapes réalisées, la rédaction de la description du bien et son historique peut commencer. La dernière étape consiste à compléter les parties manquantes du dossier.

Le dossier de proposition du bien, outre sa finalité pour obtenir l’inscription, peut aussi être un outil de gestion et de suivi du bien. En effet, ce dossier contient des informations importantes :

– La présentation du bien et sa documentation ;

– La description de sa valeur universelle exceptionnelle présumée, à quel critère correspond-il ;

– L’état de conservation du bien ainsi que les facteurs qui l’affectent ;

– Le descriptif de la manière dont seront assurés sa protection, sa conservation, sa gestion, sa mise en valeur ainsi que son suivi concernant sa valeur universelle exceptionnelle virtuelle.

Conseil : étudier les dossiers et processus de propositions d’inscriptions qui ont abouti, en se référant à la documentation disponible ici.

Conclusion :

Le patrimoine mondial de l’UNESCO est un gage d’authenticité apportant une grande visibilité aux biens inscrits. Au-delà du prestige, le patrimoine mondial aide les biens inscrits à bénéficier de politiques de protection et de gestion pertinentes et durables. En effet, lorsqu’un pays voit un de ses biens inscrits à l’UNESCO, l’enjeu est qu’il reste le plus longtemps possible, voir éternellement, dans la liste : les pays prêtent alors un intérêt tout particulier à la conservation de leurs sites inscrits.

L’UNESCO est une porte d’entrée vers la visibilité internationale, l’augmentation de l’attractivité et du flux touristique sur son territoire. Toutefois, bien que le patrimoine mondial soit la liste la plus célèbre de l’UNESCO, une seconde, moins connu du grand public, est tout aussi intéressante : il s’agit du Patrimoine immatériel culturel.

Pour aller plus loin :

Quelles protections pour valoriser le patrimoine ?

Panorama des acteurs européens du patrimoine

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Une image contenant extérieur

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Comment valoriser le patrimoine grâce au « click and mortar » ?

L’important à retenir de cet article :

La stratégie « click and mortar » permet de créer un lien avec sa clientèle grâce à l’utilisation d’un site internet dédié au lieu. De nos jours, à l’heure où internet fait intégralement partie de la vie quotidienne, il est indispensable de posséder un site internet qui soit à l’image du lieu.

Attention cependant : 

– le site internet ne doit pas cannibaliser l’offre du site physique ;

– le lieu (site physique) et le site internet doivent être complémentaires.

1. Présentation de la stratégie « click and mortar »

Détournement de l’expression « brick and mortar », qui désigne une entreprise de vente traditionnelle via des points de vente physiques, la stratégie « click and mortar » fait référence à l’utilisation d’internet. La stratégie « click and mortar » concerne des entreprises réalisant à la fois de la vente en ligne et en physique. Il s’agit d’une stratégie multicanal, communément appelé « click and mortar », mais qui prend aussi en compte une seconde stratégie.

En effet, la stratégie multicanal se réfère à deux formes de comportement :

– Le « click and mortar » (C&M) : le client s’informe sur internet puis achète dans une enseigne en physique, se rend sur le lieu, etc. ;

– Le « mortar and click » (M&C) : le client s’informe sur place puis se rend sur le site virtuel.

Nota Bene : sauf précision, les deux comportements seront compris sous l’appellation « click and mortar ».

Le « click and mortar » est une pratique qui s’est énormément popularisée et développée, notamment liée au boom de l’utilisation d’internet, devenu un essentiel dans la vie courante. Bien au-delà du quotidien, Internet est de plus en plus important dans les nouveaux marchés et dans la manière de consommer des clients. 

Bien qu’initialement appliquée aux entreprises marchandes, cette stratégie s’applique aussi aux entreprises non-marchandes, dans le sens où elles ne vendent pas d’objets mais proposent plutôt des services. Évidemment, les enjeux ne sont pas les mêmes selon l’entreprise et son secteur d’activité. Toutefois, l’interaction entre une entreprise et ses clients, grâce à internet, permet systématiquement de développer des intentions comportementales favorables envers l’entreprise. Le click and mortar est un donc un atout majeur pour les entreprises.

Les différentes e-stratégies existantes

Il existe deux grands modèles de sites internet, entre lesquels se trouve une pluralité de formes hybrides. Les deux grands modèles sont les suivants : les sites « minimalistes » et les sites « amiraux ».

Les sites « minimalistes »

L’objectif principal d’un site minimaliste est d’aider l’individu à préparer sa venue sur le site physique. Ce sont donc des sites avant tout fonctionnels, pragmatiques et utilitaristes. Ces sites sont souvent très épurés, avec des menus simples, faciles à comprendre, afin de communiquer l’essentiel. Pour cette raison, la stratégie de « réplication » est fréquemment utilisée pour la création de ces sites : c’est-à-dire que le site virtuel ne propose ni plus ni moins que ce qui existe en physique. À titre d’exemple, le site du Palais de Tokyo est la quintessence du site minimaliste.

Première page du site du Palais de Tokyo
Les sites « amiraux »

En ce qui concerne les sites « amiraux », c’est tout l’opposé. En effet, les sites amiraux sont des sites emblèmes, proposant des services variés et parfois complémentaires de ce que le visiteur trouverait sur le lieu physique. Dans ce cas, deux logiques principales peuvent être différenciées :

– Les sites amiraux dits « multimédias » : ces sites diversifient les informations et formats. Ils proposent des contenus ludiques et éducatifs à destination de divers publics. Ces sites sont de véritables outils de communication au service du site physique. Les sites multimédias développement des façons innovantes d’apporter le contenu à l’internaute ;

– Les sites amiraux « participatifs » qui créent une interaction avec le public pour le rendre acteur de son expérience sur internet. Ils peuvent proposer des sondages, des visites interactives et personnalisables, etc.

Avant de choisir la forme de son site internet et le contenu qui y sera valorisé, il est primordial d’avoir connaissance des enjeux du site : est-ce d’apporter au public les informations précises ou une expérience unique ? Lorsque les enjeux sont définis, il convient ensuite de réfléchir à la forme la plus adéquate. Avant tout, il est nécessaire que le site internet ne cannibalise pas le site physique. Les contenus doivent être complémentaires ou similaires, et égaux en termes de qualité, pour que l’un ne l’emporte pas sur l’autre.

Enfin, il est important que l’atmosphère du site internet corresponde à celle du site physique, pour rester cohérent et ne pas tromper le public. 

Les facteurs clés d’une stratégie réussie

D’après des études sociologiques relatives au comportement des consommateurs, il existe deux facteurs clés pour déterminer l’efficacité d’un site internet. Il s’agit de la confiance et la satisfaction.

– La confiance concerne notamment les informations disponibles sur le site, les contenus, etc. Un sentiment de confiance implique l’impression que l’entreprise fait preuve d’honnêteté, mais aussi qu’elle prend en compte l’intérêt du consommateur. Lorsque le consommateur a confiance envers une entreprise, un lieu, il considère que celui-ci veut son bien. Il sera donc plus enclin à se rendre sur le site physique et à en parler autour de lui. La confiance est une condition sine qua non du succès d’un site ;

– La satisfaction ressentie lors de la navigation influence favorablement l’intention de recommander le site virtuel et/ou physique, de visiter le lieu.

Pour savoir si les internautes de votre site sont satisfaits, il convient de réaliser des enquêtes en ligne pour recueillir leur témoignage. Cela peut aussi être réalisé auprès des visiteurs du site physique, si ceux-ci sont venus suite à la consultation du site virtuel. Ces enquêtes sont nécessaires pour connaitre l’efficacité d’un site internet.

La relation de confiance et la satisfaction engendrées par l’expérience sur le site virtuel ont des conséquences positives sur le bouche-à-oreille et la venue physique du public.

2. Comment le « click and mortar » s’est-il adapté au patrimoine ?

La stratégie « click and mortar » a su s’implanté dans les musées et les lieux patrimoniaux. De nos jours, presque tous ces lieux disposent d’un site internet dédié à leur activité. Il était donc logique que la stratégie « click and mortar » se développe, de manière consciente ou non. 

Les stratégies présentées précédemment sont toutes deux adaptables aux lieux patrimoniaux et aux musées. 

– Dans le cas du « click and mortar » : le public explore le site virtuel afin de trouver des informations, puis se rend dans le site physique ;

– Dans le cas du « mortar and click » : le client se rend sur le site virtuel suite à une visite physique. 

Le « mortar and click » est particulièrement adapté aux lieux patrimoniaux et aux musées, car cette pratique permet au lieu de garder le contact avec son public. En effet, la visite du site internet peut être considéré comme une prolongation de l’expérience physique :

– Regarder des photos du lieu et les partager avec des amis ;

– Revoir des œuvres ;

– Revivre des bons moments.

Le Château de Versailles 

Le site du château de Versailles est l’exemple type d’un site amiral, proposant des contenus supplémentaires et actualisés en complément des informations classiques. Le site propose une carte interactive, des dossiers thématiques ainsi qu’une boutique en ligne. Rien que sur la première page du site, une multitude de possibilité s’offrent à l’internaute. 

Extraits de la page d’accueil du site du Château de Versailles

Le concept le plus créatif développé par le site a été mis en place parallèlement à l’exposition « Koons ». À ce moment, le château a initié sur son site un partage de photographies prises par les internautes d’une des œuvres de l’exposition. De ce fait, le site virtuel proposait une seconde exposition virtuelle collective en impliquant les visiteurs. De cette manière, les visiteurs souhaitant participer étaient obligé de se rendre sur place pour prendre la photo, puis de retourner sur le site. Cette stratégie a donc impliqué à la fois du « click and mortar » et du « mortar and click », dans un cercle vertueux

Le Musée de Bibracte 

Bibracte est une ville éphémère témoin du passé. Fondée à la fin du IIème siècle avant notre ère, occupée pendant un siècle, il s’agit de l’une des villes gauloises les plus caractéristiques et mieux préservées de France. Avec ses remparts et ses quartiers s’étendant sur plus de 200 hectares, Bibracte est une véritable aventure dans le temps.

Première page du site du Musée de Bibracte

Le site internet de Bibracte, incluant le site du musée, met avant tout l’accent sur l’information donnée à l’internaute. En effet, Bibracte souhaite conserver une expérience qui soit intellectuelle, avec un apport de connaissances et d’informations différent du site physique. Le site du musée de Bibracte peut être considéré comme un site hybride, à la croisée entre le minimalisme et le site emblème. 

3. Les avantages du click and mortar 

Concrètement, la stratégie « click and mortar » (ou son miroir, le « mortar and click ») permet à une entreprise de s’adresser à un panel plus large. Pour cela, il faut que le site soit bien référencé sur les moteurs de recherche, grâce à un travail SEO (optimisation pour les moteurs de recherche, appelé également référencement naturel) de qualité. 

Ainsi, grâce au « click and mortar », l’entreprise peut :

– étendre sa clientèle, notamment grâce à l’élargissement de son public ;

– créer un véritable lien avec sa clientèle, mettre en place des expériences virtuelles exclusives afin de donner envie à l’internaute de venir sur le site ;

– maintenir le lien avec son public lors de période telle que la crise sanitaire récente et continuer ainsi à offrir du contenu même à distance.

La stratégie « click and mortar » permet véritablement de valoriser le patrimoine en maintenant le contact avec le public et en lui proposant une expérience client complète.

Conclusion : 

Néanmoins, il est important de prêter une grande attention à la qualité de son site. En effet, si le site n’est pas de bonne qualité, l’effet sur le public serait néfaste : refus d’aller sur le lieu, bouche à oreille négatif, etc. Une mauvaise expérience client sur le site pourrait laisser présumer à l’internaute que l’expérience physique ne serait pas meilleure. 

Les deux notions les plus importantes que le site internet doit apporter à l’internaute sont la confiance et la satisfaction, afin de lui donner envie de venir sur le site physique.

Pour aller plus loin :

Stratégie et valorisation du patrimoine

Adopter le naming pour son site historique

Design Thinking et patrimoine historique

À la découverte du dialogue entre l’art contemporain et le patrimoine, quand le patrimoine expose son appartenance au présent.

L’important à retenir de cet article :

Longtemps considéré à l’opposé l’un de l’autre, l’art contemporain et le patrimoine ont entamé un véritable dialogue il y a quelques années. Fleurissant au sein des sites patrimoniaux, l’art contemporain apporte une nouvelle vision du patrimoine. De nombreux lieux exploitent l’art contemporain pour attirer de nouveaux publics, développer une activité complémentaire éphémère ou permanente, ou se réinventer complètement.

Introduction :

À priori, le patrimoine et l’art contemporain sont des domaines diamétralement opposés. En effet, tandis que le premier semble traditionnellement attaché au passé et témoigne d’un héritage historique, le second parait profondément ancré dans le présent et ouvert vers l’avenir. Pourtant, l’alliance du patrimoine et de l’art contemporain ouvre un nouveau champ des possibles. L’art contemporain permet de montrer que le patrimoine s’adapte à son époque, en mêlant son héritage aux nouveaux enjeux artistiques et culturels.

Grâce à l’art contemporain, le patrimoine s’adresse à un nouveau public, souvent plus jeune, amateur d’art ou de sorties « artys », c’est-à-dire tendances, branchées et culturelles. Il s’agit d’un public dont la motivation de consommation est la découverte de l’avant-garde artistique. De cette manière, un site patrimonial accueillant de l’art contemporain peut voir son public se diversifier : d’une part ceux qui viennent principalement pour le patrimoine en tant que tel, d’autre part ceux qui sont davantage attirés par l’art contemporain. 

Néanmoins, apporter de l’art contemporain au sein de son site patrimonial est une décision qui doit être murement réfléchis, afin de ne pas dénaturer la beauté et l’authenticité du lieu. Pour cela, il est essentiel d’instaurer un véritable lien entre l’artiste (lorsque cela est possible) et le lieu. Dans un premier temps, les propriétaires souhaitant installer de l’art contemporain au sein de leur site patrimonial peuvent faire appel à des artistes locaux. La relation de proximité facilite l’échange, tant sur le plan humain que professionnel.

1. Le choix des œuvres exposées : in situ ou ex situ ?

La qualité de l’intégration des œuvres exposées influence sa réception par le public. Si les œuvres dénotent, n’ont pas de cohérence conceptuelle, technique et/ou artistique avec l’espace, il se peut que le résultat ne soit pas convaincant pour les visiteurs. Ainsi, il existe deux grands modèles d’activités : accueillir des œuvres dites « in situ », ou à l’inverse des œuvres « ex situ ».

Ces qualifications correspondent à deux grandes catégories d’œuvres :

– Les œuvres « in situ ». Ce concept est formalisé par Daniel Buren, célèbre artiste créateur de l’œuvre « Les Deux plateaux », communément appelée « Les colonnes de Buren », dans la cour du Palais Royal, à Paris. Les œuvres dites « in situ » résultent d’une méthode artistique qui dédie l’œuvre à son site d’accueil : l’œuvre prend vie dans l’espace où elle s’inscrit et ne peut être imaginée ailleurs que dans ce lieu. Ce sont des œuvres cohérentes, dépendantes de leur lieu d’accueil.

Une image contenant bâtiment, route, extérieur, cité

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« Les Deux plateaux » ou « Les colonnes de Buren », Palais Royal ⓒpinterest

– Les œuvres « ex situ », dont le processus de création est indépendant du lieu d’accueil. Elles peuvent être déplacées d’espaces en espaces sans que cela n’altère leur intégrité. Dans ce cas, un lieu patrimonial peut accueillir des œuvres déjà existantes.

Dans les deux situations, il est nécessaire de trouver le ou les bons artistes. Pour cela, les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux peuvent soit faire un travail de recherche personnel, soit faire appel à des professionnels, comme des commissaires d’exposition ou des curators. Ces-derniers sont chargés de trouver les artistes les plus adaptés au lieu, dont les univers résonnent avec l’architecture et l’histoire du monument.

Olafur Eliasson au Château de Versailles, une complémentarité parfaite

Depuis 2008, le Château de Versailles accueille des expositions temporaires. Clin d’œil au haut-lieu de la création artistique que fût Versailles au temps de Louis XIV, la scène contemporaine s’exprime à Versailles dans un cadre idyllique. Chaque année, un artiste français ou étranger, de renommée internationale, est invité à exposer des œuvres le temps d’une saison dans le Château et les Jardins. Par ailleurs, certaines œuvres contemporaines font désormais partie intégrante du Domaine. Les artistes qui exposent à Versailles créent des œuvres en résonnances avec l’histoire de Versailles, la beauté de son architecture, ses décors et extérieurs.

En 2016, l’artiste dano-islandais Olafur Eliasson est invité à Versailles . Reconnu mondialement pour ses installations spectaculaires et transcendantes, Olafur Eliasson est surnommé « l’homme des lumières ». Les œuvres in situ créées par l’artiste à cette occasion illustrent l’effet d’une complémentarité parfaite entre l’art contemporain et le patrimoine. 

« Your sense of unity » Olafur Eliasson ⓒchateauversailles.fr

Pour ses œuvres in situ au château de Versailles, l’artiste a utilisé les codes esthétiques et historiques du lieu : le cercle, évoquant le soleil et faisant référence au Roi Soleil ; la lumière et la couleur jaune / or, évoquant le rayonnement, le raffinement et la richesse ; les miroirs, symboles incontournables de Versailles et sa fameuse galerie des glaces. Dans les jardins, Olafur joue aussi avec l’eau, élément majeur à Versailles.

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« Waterfall », Olafur Eliasson ⓒchateauversailles.fr

À propos de sa venue à Versailles, la présidente du château a déclaré : « Avec Olafur Eliasson, les astres peuvent se rencontrer, l’horizon se dérober et toutes nos perceptions se brouiller. L’homme des lumières va faire danser les lignes chez le Roi Soleil ». 

Une image contenant plancher, intérieur, fenêtre, bâtiment

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« Deep Mirror », Olafur Eliassonⓒchateauversailles.fr

2. L’art contemporain fleurit dans les lieux patrimoniaux

Versailles est un exemple parmi d’autres de la présence fleurissante de l’art contemporain au sein des lieux patrimoniaux. À l’instar de Versailles, le Château de Chambord accueille lui aussi depuis 2011 des expositions d’artistes contemporains. 

Une image contenant intérieur, plancher

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Exposition « Terre Loire », Kôichi Kurita, Château de Chambord ⓒchambord.org

Parmi les sites patrimoniaux accueillant de l’art contemporain, deux grands profils se distinguent : les lieux l’accueillant périodiquement à l’instar du Château de Versailles ou de Chambord, et les lieux accueillant de l’art contemporain de manière permanente et dont sa présence est une finalité, un positionnement marketing. Ces lieux peuvent par exemple être des châteaux transformés en musées ou centres d’art contemporain.

Le Château de Montsoreau devenu musée d’art contemporain

Situé dans le Val de Loire, le Château de Montsoreau s’est transformé en 2016 en Musée d’Art Contemporainfondé par Philippe Méaille. Ce dernier possède un bail pour exploiter le lieu durant 25 ans. Désormais, et pour au moins un quart de siècle, l’art contemporain est indissociable de l’identité du château.

Collectionneur d’art français détenant la plus importante collection mondiale d’œuvres Art & Language, Philippe Méaille a transformé le château en musée afin d’y exposer et conserver sa collection. Le lieu accueille donc des œuvres ex situ , qui s’intègrent très bien dans l’espace. Le travail de muséographie et de scénographie réalisé sur place permet de valoriser les œuvres autant que les pierres.

Une image contenant intérieur, plancher, fenêtre

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Château de Montsoreau-Musée d’art contemporain ⓒroutard.fr

Grâce à cette collection, le lieu s’inscrit à la fois dans son histoire et dans le présent, « donnant à voir une nouvelle réalité ». Afin de permettre au public, néophyte ou connaisseur, de s’approprier la collection, le musée propose des ateliers et visites guidées thématiques : 

– « Atelier Graffiti : de Lascaux à Banksy » : atelier avec médiation sur l’histoire du graffiti, puis création d’une œuvre personnelle sur un mur d’expression. C’est un atelier ouvert aux adultes et aux enfants, dès l’âge de 7 ans, pour un moment de découverte et de partage en famille ;

– « Montsoreau Art Tour » : médiation autour de l’histoire du château et comment il est devenu un lieu de prédilection pour les artistes à travers les siècles. En effet, bien avant d’accueillir de l’art contemporain, le château de Montsoreau inspirait déjà les peintres impressionnistes. 

La mise en place d’ateliers et de visites guidées permet d’offrir au public une médiation active et interactive. En sollicitant l’attention des enfants, le musée s’adresse aussi aux familles et aux groupes scolaires.

L’art contemporain au Château Malromé

L’art contemporain peut aussi être une activité permanente complémentaire, comme au Château Malromé. Situé en Nouvelle Aquitaine, le château est l’ancienne demeure du peintre Henri de Toulouse-Lautrec. Dorénavant, le lieu accueille diverses activités, dont deux restaurants, des activités bien-être ainsi qu’une galerie d’art contemporain. 

Château Malromé ⓒmalrome.com

La galerie d’art contemporain de Malromé se trouve à l’étage, dans l’aile Est du château. Couvrant une impressionnante surface de 230 m2, la galerie accueille de nombreuses expositions. La programmation du château porte sur trois différents axes de recherche, qui sont en miroir avec l’histoire du lieu et du peintre Toulouse-Lautrec :

– Des expositions dont les thématiques explorées résonnent avec celles affectionnées par le peintre ;

– Des artistes venus d’Asie, car le peintre nourrissait une réelle passion pour l’art de l’estampe japonaise ;

– Ainsi que des expositions inspirées par Malromé, l’histoire du lieu et sa région : la culture de la vigne, l’histoire de la famille, etc.

Une image contenant intérieur, mur, plafond, bois

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Exposition Araki / Moriyama « le théâtre de la vie » ⓒmalrome

L’art contemporain a Malromé s’imprègne donc du patrimoine et de l’aura du lieu, en y apportant une lecture différente selon l’artiste et sa propre sensibilité. De cette manière, l’art contemporain apporte d’autres bénéfices au patrimoine :

– Offrir une nouvelle lecture d’un lieu ;

– Bénéficier d’un prisme différent pour comprendre un lieu. 

En effet, lorsqu’un artiste travaille dans un site historique, il est avant tout spectateur. Il observe les particularités du lieu, puis crée grâce à l’inspiration que celui-ci lui procure.

Cette part de subjectivité majeure dans l’art contemporain permet donc une lecture unique du patrimoine.

Chaque année depuis 2018, la galerie du château Malromé accueille plusieurs expositions par an, centrées sur un ou deux artistes.

3. La médiation artistique, élément indispensable pour la réussite d’un tel projet

La médiation artistique est un aspect indispensable à la bonne réception de l’art contemporain au sein d’un lieu patrimonial. En effet, la médiation permet de faciliter l’accès du public à l’art contemporain. En réalité, même s’il est apprécié par un panel de plus en plus large, l’art contemporain peut paraitre difficile d’accès. Contrairement à l’art ancien qui parait plus facilement compréhensible de par son aspect très figuratif, la finalité de l’art contemporain varie d’un artiste à l’autre, d’une œuvre à l’autre. 

Il est donc nécessaire de mettre en place une bonne médiation artistique. Elle peut prendre différentes formes :

– Grâce à des visites guidées et/ou thématiques, réalisées par des médiateurs ;

– Avec l’utilisation de ressources numériques : tablettes avec parcours explicatifs, audioguide, etc. ;

– Grâce à des cartels, affiches et panneaux informatifs. 

La médiation passe aussi par la réalisation d’ateliers impliquant le public, comme l’atelier graffiti du Château de Montsoreau, cité précédemment.

Chaque typologie de public sera plus sensible à une forme de médiation qu’à une autre :

– Un public déjà averti utilisera plutôt des outils de lecture simple comme les cartels, qui lui procureront les informations importantes sans intervenir dans sa relation à l’exposition et aux œuvres ;

– Pour les familles, les outils numériques et interactifs permettent de captiver l’attention des plus jeunes en partageant un moment. Les familles peuvent aussi apprécier les visites guidées ;

– Enfin, un public moins réceptif appréciera la présence d’un guide pour le cadrer dans sa démarche de découverte.

Ainsi, il est pertinent de proposer à sa clientèle différentes formes de médiation, pour répondre aux attentes d’un large public.

Au-delà de médiation, il convient de prêter attention aussi à la scénographie de l’exposition. En effet, l’installation des œuvres est une étape primordiale pour valoriser les œuvres, ainsi que le site qui les accueille.

Conclusion :

L’art contemporain propose une nouvelle manière de découvrir et consommer le patrimoine, à travers un prisme différent.

Avant de se lancer dans l’aventure de l’art contemporain, il est essentiel de fixer les objectifs de ce projet, ses limites ainsi que les potentielles attentes du public. Est-il déjà sensibilisé à l’art contemporain ? En fonction de ces différents critères, la forme du projet se dessine. Permanent ou éphémère, l’art contemporain apporte une nouvelle raison de venir dans un site patrimonial.

Toutefois, il est absolument primordial que l’art exposé au sein du lieu soit cohérent avec l’identité du lieu, mais aussi des porteurs de projets, car c’est avant tout une aventure humaine.

Pour aller plus loin :

Lancer des activités dans un site historique

Organiser un Son et Lumières dans un site historique

La photographie au service des châteaux

Comment créer un musée ?

Ce qu’il faut retenir

La création d’un musée au sein d’un site patrimonial est une activité très courante.

Elle permet de :

– valoriser une propriété historique

– attirer plus facilement des publics cibles (passionnés d’art et d’histoire, familles, scolaires, étudiants, …)

Néanmoins créer un musée ne s’improvise pas et certaines démarches sont indispensables pour son bon fonctionnement et son rayonnement.

Introduction

Un musée est un espace qui se consacre à la présentation, l’entretien et la réserve d’objets présentant un intérêt artistique, culturel, historique, scientifique et technique.

Hôtel national des Invalides, Musée des Beaux-arts de Blois, Musée-Château d’Annecy, Musée de Boulogne-sur-mer dans le Château Comtal … Nombreux sont les musées qui prennent place dans un site patrimonial d’exception ! Ces situations sont assez régulières pour des monuments incontournables du territoire français. Cependant, elles peuvent aussi concerner des sites historiques plus modestes, de par leur taille ou leur histoire, appartenant à des acteurs publics ou privés.

Créer un musée au cœur d’un espace patrimonial permet, par la présence des collections, de renforcer l’attractivité du site . La présence d’objet d’art, de culture et d’histoire est en effet un atout et plaît beaucoup aux visiteurs. Ceux-ci ont soif de pouvoir connaître l’histoire du château. Ils souhaitent admirer à des œuvres d’art, assister à des reconstitutions historiques ou encore offrir à leurs enfants une expérience pédagogique et ludique ancrée dans l’histoire. Tous ont envie de se sentir pleinement intégrés dans le site d’exception qu’ils visitent.

Certains châteaux possèdent déjà des espaces d’exposition qu’ils mettent en place afin de proposer une activité supplémentaire à leurs visiteurs. C’est ce que fait par exemple le Château de Gizeux avec son exposition de calèches et d’attelages anciens disposés dans les écuries et communs du site.

Cependant, instituer un véritable musée au sein d’une propriété historique est également possible. Voici les démarches et étapes à suivre pour créer un musée et obtenir l’appellation « musée de France ».

I. Étapes pour créer un musée

Créer un musée ne se fait pas en un jour. Il faut répondre à un certain nombre de critères. Par ailleurs mener à bien un projet muséal requiert certaines démarches administratives .

1) Pré-requis pour créer un musée

Avant de se lancer dans le vaste projet de la conception d’un musée, il faut s’assurer de disposer de certains pré-requis essentiels. Tout d’abord, il est impératif de connaître les objets d’art dont on dispose pour l’élaboration des collections. Sont-ils suffisants et présentent-ils un certain intérêt ? Quelles acquisitions supplémentaires effectuer ? Il s’agit ainsi de constituer un inventaire. Celui-ci sera ensuite envoyé à la DMF (direction des musées de France) qui validera ou non le projet. Ainsi, le maire de Vannes compte transformer le Château de l’Hermine en musée en y transférant les collections du Musée des Beaux-arts de la Cohue situé au cœur de la ville et dont les espaces d’exposition sont actuellement insuffisants.

© Château de l’Hermine, Vannes

En ce qui concerne le Château de Mayenne, il est devenu un site d’exposition artistique dès les années 1990 suite à la découverte de vestiges archéologiques médiévaux. Au fil des découvertes qui furent nombreuses, l’espace du château fut progressivement aménagé. En 2008, il devint enfin un musée ouvert au public.

© Musée du Château de Mayenne

De même, la collection présentée doit nécessairement être en adéquation avec le territoire sur lequel s’inscrit le site historique. Le Musée de la Vénerie de Senlis répond à l’histoire de la forêt de Senlis où se sont déroulées tant de chasses.

Un des pré-requis est également d’indiquer et de justifier le statut de la collection. Par ailleurs, il sera opportun de chercher des professionnels pour veiller à l’entretien et à la gestion des collections et du musée. Si des travaux sont nécessaires pour réaménager les espaces afin qu’ils soient plus aptes à recevoir les collections et soient plus accessibles, ils devront être menés par un architecte et potentiellement d’un architecte du patrimoine si le bien est classé Monument historique.

2) Mise en place du projet culturel

Le projet culturel définit les grandes orientations du musée. Il prend en compte tout à la fois les collections, les espaces, les visiteurs et le personnel. L’objectif est de réfléchir sur le parcours, la muséographie mais aussi la signalétique. Il faut intégrer au programme des espaces d’exposition, des réserves, des salles pédagogiques … L’objectif sera également de définir une grille tarifaire ainsi qu’une stratégie pour rendre les collections attrayantes et accessibles afin de fidéliser les visiteurs et d’en attirer de nouveaux. Par ailleurs, il faudra prendre en compte la nécessité de mettre en place un dispositif de préservation, d’entretien et de conservation des collections. Bien entendu il est impératif que cette tâche soit confiée à des spécialistes en conservation-restauration.

L’analyse de tous ces critères permettra à un propriétaire de juger de la faisabilité du projet, de son coût, ainsi que des recettes qu’il pourrait générer grâce au musée. L’étude lui servira également d’indice pour connaître les aides financières dont il peut bénéficier. Une demande de subvention pourra être effectuée avant de lancer le projet.

3) Définir un public cible

Une des questions à poser lorsque l’on crée un musée est de savoir quel public l’on souhaite attirer. En effet, connaître les utilisateurs finaux facilite l’émergence d’une offre appropriée. S’agit-il d’approcher les touristes amateurs, les passionnés engagés ou les individus en recherche d’une expérience unique et originale ? Les familles, les groupes scolaires, les touristes étrangers ? Il faudra donc réfléchir à l’aménagement des collections, au choix des œuvres, des activités et expositions temporaires afin d’attirer tel ou tel public. Ainsi, le château de Senonches propose une exposition permanente pédagogique sur la gestion, l’entretien et la préservation du milieu forestier.

L’attraction d’un public dépend également des collections présentées. Il faut être fan de mode pour aller visiter le Palais Galliera de Paris. En revanche, le musée des archives nationales situé dans les Hôtels de Soubise et de Rohan ciblent davantage les intellectuels, chercheurs ou étudiants.

II. Comment obtenir l’appellation musée de France ?

On compte 1219 musées de France aujourd’hui. Parmi eux : le Musée Rodin, le Musée Mathurin Méheut, la Casa Buonaparte

© Casa Buonaparte à Ajaccio, Patrivia

Leur statut leur permet d’être intégrés au sein d’un service public dépendant directement de l’État, des collectivités territoriales (communes, communautés de commune, régions et départements) mais également de fondations et associations. Ils perçoivent ainsi une aide particulière pour leur développement, leur entretien et l’enrichissement de leurs collections. L’appellation a été créée par la loi du 4 janvier 2002 (Art. L. 410-1).

D’après le ministère de la culture, pour l’obtenir, un musée doit :

– s’engager à entretenir, restaurer, inventorier, enrichir et rendre accessibles les collections

– disposer d’actions de recherche sur les collections

– être géré par une équipe professionnelle spécialisée (conservateur ou attaché de conservation)

– proposer des activités pédagogiques et éducatives

– fixer ses principales lignes de conduite en rédigeant un PSC (projet scientifique et culturel)

En contrepartie, il pourra bénéficier :

– d’une signalisation routière particulière

– d’aides financières de l’État

– d’une inaliénabilité et insaisissabilité des collections

– d’échanges de collections possibles avec d’autres musées de France

– de disposer du dépôt des musées nationaux

– de faire appel aux conseils des experts au service de l’État

Conclusion

La création d’un musée au cœur d’un site historique peut donc être un type d’activité très bénéfique. Les collections seront mises en avant par leur emplacement dans un cadre patrimonial et de même, le château sera valorisé par les objets d’art qu’il présente. Il deviendra ainsi plus dynamique et attirera davantage de visiteurs. Il pourra également bénéficier du label « musée de France » et recevoir ainsi quelques aides de l’État.

Néanmoins, la tenue d’un musée fait l’objet d’une réglementation stricte et il est nécessaire de se faire accompagner d’une équipe spécialisée pour sa gestion (entretien des collections, accueil des visiteurs, garde des salles, gestion de la muséographie et de la signalétique, …).

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Le rachat à soi-même

Cet article permet de comprendre ce qu’est la stratégie financière du rachat à soi-même : générer des liquidités pour revaloriser son patrimoine.

Ce qu’il faut retenir

– Le rachat à soi-même est une stratégie financière permettant de générer des liquidités

– Elle peut être utile dans un projet de revalorisation du patrimoine

– C’est une opération délicate qui nécessite un accompagnement et une bonne connaissance de l’immobilier et de la fiscalité

Introduction

Le rachat à soi-même ou OBO (Owner buy out) est une opération financière immobilière pour générer des liquidités. Elle permet également de profiter du levier du crédit, de transmettre à ses enfants et de gérer sa fiscalité. Elle consiste à vendre son propre bien immobilier à une société dont le propriétaire est l’initiateur et l’actionnaire puis à destiner ce bien à la location.

La cession se déroulera comme une vente immobilière ordinaire. L’ intervention du notaire pour l’établissement de l’acte de propriété est obligatoire. Les droits de préemption par la commune ou la SAFER (Sociétés d’aménagement foncier et d’Établissement rural) sont maintenus. Pour acheter un bien immobilier, la société recourt à un prêt bancaire. Les rendements locatifs du bien immobilier rembourseront les intérêts (sachant que les intérêts du prêt seront déductibles du loyer). Parallèlement, le propriétaire du bien percevra le fruit de la cession. Il sera ainsi pourvu de liquidités. Le propriétaire pourra d’ailleurs investir le fruit e la vente dans le but de générer un profit supplémentaire.

L’opération est légale. Cependant, elle ne doit pas être menée uniquement pour la rentabilité financière. Dans cas l’administration fiscale se montrera certainement peu clémente avec le propriétaire.

Une opération délicate donc qui nécessite une bonne connaissance du sujet. Qui demande également un accompagnement personnalisé par des conseillers experts en la matière. Il s’agira surtout de mesurer les leviers dans le détail pour déterminer le bien-fondé de l’opération. Néanmoins, un individu peut tout à fait opter pour la stratégie du rachat à soi-même dans le cadre d’une revalorisation du patrimoine. Cette technique s’avère même être largement profitable. Prendre connaissance en détail de la stratégie du rachat à soi-même est impératif. Ce afin de générer des liquidités en vue de revaloriser son patrimoine !

Quel type de société créer ? Comment bien la gérer pour mettre à bien une stratégie financière de revente à soi-même ?

Le plus souvent, les acteurs de la stratégie de la revente à soi-même optent pour la création d’une SCI (Société civile immobilière) dont les membres sont généralement des individus de la même famille afin de garder un certain pouvoir de gestion.

Ensuite, il est préférable que le propriétaire opte pour une SCI à capital variable plutôt qu’une SCI à capital fixe. En effet, aucune formalité ne sera nécessaire en cas d’augmentation du capital (ce qui sera le cas ici dans la stratégie de rachat à soi-même).

Pour mener à bien la gestion de la SCI familiale, il est recommandé de :

– Choisir un gérant compétent dans l’immobilier

– Anticiper les potentiels problèmes familiaux (décès, divorce…)

– Laisser une certaine marche de manœuvre au gérant

– Éviter que les associés soient majoritaires et aient une trop grande marge de manoeuvre

– Consulter des professionnels pour bénéficier de leurs conseils et bien évaluer la valeur de son bien immobilier : avocat fiscaliste, banque, notaire, conseil en gestion du patrimoine, expert-comptable …

Quels sont les coûts générés par la stratégie financière du rachat à soi-même ?

Si la stratégie de revente à soi-même génère de fortes liquidités, elle implique aussi des coûts dont il faut bien être conscients. Il faudra faire face aux :

– Frais de constitution de la société (à moins que celle-ci ne fût déjà existante)

– Frais de vente du bien immobilier, droits de mutation, droits d’enregistrement (entre 7 et 10 % du montant de la vente)

– Impôts sur les plus-values immobilières, sur la fortune immobilière (IFI) et sur les revenus de la société (IS)

– Coûts du prêt, intérêts et frais de garantie demandés par la banque

Quels sont les potentiels risques fiscaux générés par la stratégie financière du rachat à soi-même ?

La stratégie de revente à soi-même est une opération délicate fortement surveillée par l’administration fiscale. Celle-ci se méfie en effet scrupuleusement de cette stratégie qu’elle a tendance à percevoir comme une évasion ou une optimisation fiscale. Ainsi, si un doute demeure quant aux objectifs portés par le propriétaire par le biais de l’OBO, il y a un risque de procédure de répression de l’abus de droit (article L64 du CGI). L’administration fiscale pourra alors sanctionner de 40 à 80 % des impôts éludés.

De même il faudra prouver l’existence réelle et légale de la société. Une société fictive sera en effet assimilée à un délit d’escroquerie et sera dissoute.

Quelles sont les dispositions à prendre pour être en règle avec l’administration fiscale ?

Pour éviter une poursuite judiciaire et fiscale lors de la pratique du rachat à soi-même il est conseillé de :

– Effectuer un changement de propriétaire bien réel (il ne doit être ni gérant, ni co-gérant)

– Éviter que le propriétaire ou qu’un membre de sa famille (dans le cas d’une SCI familiale) détienne la majorité des parts (moins de 50%)

– Se marier sous le régime de séparation des biens si le propriétaire est en couple (le bien vendu devra également lui appartenir personnellement)

– Estimer votre bien à sa juste valeur pour garder en crédibilité (ni de sous-évaluation, ni de surévaluation)

– Faire preuve d’une motivation non pas essentiellement fiscale mais aussi patrimoniale ou juridique (revaloriser un bien, éviter l’indivision entre héritiers en cas de transmission …)

Conclusion

Le rachat à soi-même est donc une stratégie financière. Elle vise à générer des liquidités pouvant servir de financement afin de revaloriser son patrimoine. L’OBO consiste à racheter son propre patrimoine. Cela permet de dégager des liquidités, profiter du levier du crédit, transmettre à ses enfants et maîtiser sa fiscalité. C’est une opération délicate, l’administration fiscale la surveille de près. Il faut donc être prudent. Ne pas suivre cette stratégie uniquement dans le but d’une évasion ou d’une optimisation financière par exemple. Pour plus de sécurité un propriétaire peut recourir à l’accompagnement de spécialistes et d’experts de l’immobilier.

Pour aller plus loin

Trouver un financement

Financement MH et ISMH auprès de la DRAC

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Programme Action coeur de ville : revitaliser les territoires

Comment revitaliser les territoires  : le Programme Action cœur de ville pour réinvestir les villes moyennes de leur dynamisme urbain

L’important à retenir

Le programme Action cœur de ville vise à revitaliser les centres des villes de taille moyenne. Une ville de taille moyenne compte entre 20 et 100 000 habitants. Ceci afin pour qu’elles réintègrent leurs places au niveau du maillage territorial. Les actions menées concernent notamment :

– le réaménagement urbain

– les restaurations et réhabilitations de bâtis anciens

– la mise aux normes des centres urbains en terme de sécurité, d’accessibilité et de transition énergétique

– la revalorisation du patrimoine

Introduction

L’État a initié le programme Action coeur de ville dans l’idée de réanimer la dynamique des centres-villes, notamment pour les bourgs de taille moyenne. Le Premier ministre Edouard Philippe aborde pour la première fois ce programme en public en décembre 2017. Il annonce que ce programme sera étendu sur cinq ans (2018-2022). Le plan ACV ensuite été lancé en avril 2018 par le Ministère de la Cohésion des territoires et les collectivités territoriales. Le programme a été conçu en partenariat avec les élus locaux et l’Association Ville de France mais aussi trois acteurs financiers : Action Logement, la Banque des territoires et l’Agence nationale de l’habitat.

Revitaliser les territoires : une enveloppe de 5 milliards d’euros

Le budget investi s’élève à cinq milliards d’euros injectés par le gouvernement afin de répondre à 7 enjeux prioritaires :

– Restructurer l’habitat (constructions neuves, restaurations/réhabilitations du bâti ancien)

– Redynamiser l’économie (favoriser l’installation et l’essor des commerces et entreprises)

– Augmenter les connexions physiques (accessibilité, mobilité) et numériques

– Valoriser le patrimoine et les sites publics

– Rendre plus attractifs les centres autour de services qualitatifs (loisirs, cultures, sport …)

– S’inscrire dans une politique environnementale respectueuse (gestion des déchets, réduction de la consommation d’énergies, biodiversité …)

– Aider à l’innovation notamment avec le développement de smart city (villes intelligentes)

Action cœur de ville (ACV) cible 222 villes de taille moyenne.

Carte des 222 villes françaises éligibles au Programme Action coeur de ville pour revitaliser les territoires

Ces villes concentrent environ le quart de la population française et jouent un rôle majeur dans le développement des régions. Certaines bénéficient d’un certain essor. D’autres subissent une chute de leur démographie, de leur économie et de leur dynamisme. Ainsi, un peu plus de la moitié des villes moyennes subissent un taux de vacance commerciale supérieure à 10 %. La vacance commerciale désigne la non-exploitation de locaux commerciaux. Ce taux de 10 % de non-exploitation commerciale est révélateur d’un certain déficit économique pour la plupart des villes moyennes.

C’est donc dans une volonté de relancer la dynamique de ces pôles urbains que le programme Action cœur de ville a été initié. L’objectif est de réduire la fracture territoriale et d’améliorer les conditions de vie des habitants.

Le programme Action cœur de ville : revitaliser les territoires

Au cœur de ce plan national ACV, on trouve aussi une dimension patrimoniale. Cela s’explique du fait que le vieux bâti fait partie intégrante des villes qui ont conservé leurs centres historiques. Parmi les 222 villes élues au programme ACV, 65% sont dotées d’un site patrimonial remarquable (SPR) ou ont engagé l’élaboration d’un SPR et 96 portent le label Villes et pays d’art et d’histoire (VPAH). Ainsi, le plan ACV permet de développer le territoire via la relance de projets patrimoniaux d’importance. L’investissement dans la restauration des centres historiques a un impact fort, tant au niveau :

– social et humain (création d’emplois non délocalisables, accroissement d’un sentiment d’appartenance et d’une identité patrimoniale forte chez les habitant, développement de liens sociaux, augmentation du bien-être)

– fiscal et économique (augmentation de la valeur des biens, création de richesse avec l’augmentation d’emplois locaux)

– écologique (transition énergétique, aménagement et entretien de parcs, jardins et zones vertes)

Revitaliser les territoires en alliant le patrimoine et l’humain

Avec la réhabilitation du patrimoine ancien, ACV cherche à embellir le cadre de vie des habitants. C’est un programme avant tout humain qui se concentre sur les conditions des individus. Ainsi, certaines villes proposent d’intégrer les citoyens aux actions directionnelles du plan ACV afin que tous puissent y prendre part dans une dimension co-participative. A Senlis, les habitants sont invités aux « Mardis Cœur de Ville » pendant lesquels ils peuvent proposer et adhérer ou non à des idées de développement de leur ville. La reconquête du centre-ville passe ainsi par une recherche d’unité entre les individus. Par exemple, grâce au « Mardi Coeur de Ville » du 13 octobre 2020, les habitants ont pu déambuler dans leur ville et analyser les différentes vitrines commerciales afin d’échanger sur les programmes d’entretien ou de réfection à mettre en place.

Revitaliser les territoirs : Programme Action coeur de ville - Senlis.
© Ville de Senlis

Néanmoins, certaines villes laissent de côté la dimension patrimoniale. Si le programme réussit à booster les projets de revalorisation déjà existants, il n’accorde pas forcément la priorité aux sites historiques. Ainsi, c’est surtout grâce à l’intervention d’acteurs de la sauvegarde du patrimoine tels que la Fondation du Patrimoine ou encore les Sites et Cités remarquables de France que l’on doit la prise en compte patrimoniale au sein du programme Action cœur de Ville.

Revitaliser les territoires en favorisant les restaurations et réhabilitations

Dans sa politique de réhabilitation des centres-villes le programme ACV s’attarde sur le réaménagement urbain. Les interventions de restauration, de réhabilitation, de reconversion, d’animation et de modernisation sont nombreuses.

D’après l’Agence nationale de la Cohésion des territoires, 545 actions (28 % des opérations) sont focalisées sur la restauration et la réhabilitation. Au premier semestre 2020, on pouvait compter 153 OPAH (Opérations programmées d’amélioration de l’habitat), 28 ORI (Opérations de restauration immobilière), RHI (résorption de l’habitat insalubre) et Thirori (restauration immobilière). Il y a également des travaux de mise aux normes pour la sécurité et l’accessibilité (personnes à mobilité réduite par exemple). Enfin des travaux sont menés pour satisfaire à la transition énergétique.

Les opérations sont lancées grâce à des plans de gestion dont disposent les villes lorsqu’elles sont dotées d’un site historique d’exception. Les études architecturales et historiques des villes ainsi que les inventaires artistiques, archéologiques, culturels et paysagers des villes permettent d’élaborer :

– le Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV)

– le Plan de valorisation de l’architecture et du patrimoine (PVAP)

Les projets de réhabilitation des centres-villes sont orientés à partir de ces analyses.

Sélectionnée parmi les 222 villes du programme ACV, on trouve la ville d’Autun. Elle a justement mené plusieurs opérations en faveur de son patrimoine avec la restauration :

– du passage Balthus

– des remparts antiques

– de la rue Maladière

– du Musée Lapidaire

– des façade du théâtre municipal

Revitaliser les territoires avec le programme action coeur de ville à Autun
© Théâtre municipal de la ville d’Autun

Les restaurations du patrimoine concernent aussi les édifices religieux. La ville de Niort a investit une partie du budget alloué dans la restauration de l’église Notre-Dame classée Monument historique. Les architectes des bâtiments de France ont bien évidemment été en charge des travaux.

Programme Action coeur de ville : Ville de Niort
© Eglise Notre-Dame de Niort

Revitaliser les territoires : les limites du programme Action cœur de ville

Un des freins pour revitaliser les territoires est le surnombre de communes choisies pour bénéficier du plan ACV. En effet, répartis à l’ensemble des villes moyennes, les cinq milliards prévus pour l’aide au développement s’avèrent insuffisants. Or, il faut des budgets colossaux pour répondre aux défis de revalorisation patrimoniale des centres urbains. Il faut en effet répondre aux enjeux de sauvegarde et de protection, d’hygiène, de sécurité, d’accessibilité, de mixité sociale, … Ainsi, l’enveloppe des cinq milliards ne permet pas de couvrir l’ensemble des projets communaux. Cela restreint ainsi la revalorisation des centres-villes.

En outre, la politique de revitalisation des centres-villes peut se montrer quelque peu paradoxale. En effet, nombreuses sont les communes qui continuent à développer leurs zones commerciales en périphérie. Or, cet accroissement nuit aux centres eux-mêmes car ces zones font de la concurrence au rayonnement des centres-bourgs. Cependant, le décret d’application de la loi ELAN tente d’enrayer cette tendance. Celle-ci permet aux préfets de stopper les projets d’implantation dans les communes bénéficiant du plan Action cœur de ville. Ainsi, le préfet de l’Allier a pu interdire à deux grandes surfaces alimentaires de venir occuper les environs périphériques de la ville de Moulin.

Conclusion

L’État a lancé le Programme Action cœur de ville afin de redynamiser les centres des villes moyennes. L’objectif est que ces dernières réintègrent le maillage territorial en devenant des pôles urbains moteurs. Certaines villes délaissent cependant la place accordée à la valorisation du patrimoine. Pourtant, des acteurs du patrimoine tels que la Fondation du Patrimoine ou encore les Sites et Cités remarquables de France ont tout de même fortement encourage et soutenue cette revalorisation patrimoniale. Ainsi, de nombreuses interventions de restauration et de réhabilitation ont été menées. Elles concernent tout à la fois le bâti et les équipements anciens particuliers (maisons d’habitation) que collectifs (théâtres, mairies, églises, …).

Pour aller plus loin

L’insertion sociale et la sauvegarde du patrimoine

Le patrimoine des territoires, le patrimoine de proximité

Comment rendre utile le patrimoine français ?

Notre étude d’impact 2020