Comment les entreprises relient patrimoine et politique RSE ? Les grandes entreprises qui intègrent le patrimoine à leur politique RSE décuplent leurs impacts économiques, écologiques et sociaux

L’important à retenir dans cet article

Les entreprises investissent dans le patrimoine naturel dans une dynamique de protection de l’environnement, de l’écosystème. Valoriser son engagement RSE à travers le patrimoine naturel est-ce donc si simple ?

Cet article vous permettra de comprendre la stratégie d’investissement des entreprises qui s’engagent en faveur du développement durable, à travers différentes actions :


– Garantir la qualité et la provenance des matières premières
– Bénéficier de labels et de certifications
– S’inscrire dans une politique de compensation écologique
– Promouvoir un engagement éthique et responsable en faveur du développement durable et apporter des preuves de cet engagement

Une stratégie d’acquisition qui vient porter un engagement RSE

Face à l’urgence de protéger l’environnement, de nombreuses entreprises se sont engagées dans la réduction des dépenses énergétiques, le recyclage des déchets, la formation des  salariés autour du développement durable, notamment. Ces engagements s’inscrivent, de manière plus large dans une politique encadrée : la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) qui, selon la Commission Européenne est « la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société »

Il s’agit pour les entreprises d’intégrer volontairement les préoccupations sociales et environnementales dans le cadre de :
– Leurs activités commerciales
– Leurs relations avec leurs parties prenantes

La RSE s’appuie sur trois piliers, la triple bottom line, qui transpose la notion de développement durable à l’échelle de l’entreprise : un développement économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable.

Selon Madame Gro Harlem Brundtland, Première Ministre norvégienne qui préside la commission en charge du futur Rapport Brundtland sur l’environnement et le développement en 1987, le développement durable est un « développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».

Aujourd’hui par exemple la filière du bois est très controversée. Se posent en effet de réelles questions sur l’origine du bois et sur le pillage des forêts  ainsi que de mauvaises gestions de la production en bois. Internaliser les matières premières de la filière bois s’inscrit dans une logique RSE. Elle permet notamment de :  
– Garantir la provenance des matériaux et d’offrir une vraie transparence aux acheteurs sur toute la chaîne de production 
– Solliciter des labels écologiques et responsables
– Lutter contre le vandalisme

Garantir la qualité et la provenance des matières premières

Pour les entreprises de production, acheter des ressources en matières premières permet une gestion en direct de leur approvisionnement. Aussi, cela  leur permet de garantir la provenance des matériaux utilisés

Les entreprises qui achètent des ressources en matières premières et deviennent donc elles-mêmes productrices de ces dernières peuvent ainsi offrir une transparence aux acheteurs sur toute la chaîne de production. Il leur est plus simple de tracer la qualité des matières utilisées et également de vérifier qu’elles proviennent d’une gestion responsable et légale.

Des méthodes sont mises en place pour permettre l’identification du matériau utilisé dans les stocks mais aussi sur les documents commerciaux des entreprises. Achats et ventes sont ainsi contrôlés et tracés, pour assurer au consommateur final une fiabilité maximale. Ces méthodes peuvent intégrer une démarche de labellisation ou de certification.

Pouvoir bénéficier de labels et de certifications

Les concepts comme le financement éthique, le commerce équitable ou le développement durable sont mesurés par des normes, des labels ou des certifications. Dans le cadre d’une démarche RSE, la labellisation et la certification sont donc des leviers très utilisés. Ils permettent, en effet, aux entreprises de structurer leur démarche et de la valoriser auprès de leurs différentes parties prenantes. La labellisation consiste à se faire attribuer une marque spéciale, le label, qui garantit l’origine et un niveau de qualité défini. La certification, quant à elle, permet aux entreprises de faire reconnaître que leurs produits et services sont conformes aux normes et règlements en vigueur. 

Dans la filière du bois, on retrouve notamment le label FSC et la certification PEFC. 

Le label FSC

Le label Forest Stewardship Council (FSC), créé en 1993, promeut une « gestion responsable des forêts ». En outre, il permet de contrôler les produits issus de ses forêts certifiées depuis leur origine jusqu’à leur distribution en passant par le processus de fabrication. L’objectif du label est donc de garantir que les produits utilisés proviennent de ressources contrôlées et prélevées de manière responsable. À titre d’exemple, l’Europe possède plus de 48% des forêts certifiées FSC dans le monde. 

Pour être labellisé FSC, l’entreprise certifiée doit répondre à dix principes : 

  1. Respecter les lois en vigueur ainsi que les traités internationaux 
  2. Préserver ou accroître le bien-être social et économique de ses travailleurs
  3. Respecter les populations autochtones (en dehors de la France métropolitaine)
  4. Maintenir ou améliorer le bien-être social et économique, à long termes des communautés locales dans chaque opération de gestion forestière
  5. Encourager l’utilisation efficace des produits et services de la forêt pour en garantir la viabilité économique  
  6. Mettre en œuvre une gestion forestière qui maintient les écosystèmes, la diversité biologique et les valeurs qui y sont associées 
  7. Disposer d’un document de gestion appliqué et mis à jour régulièrement
  8. Évaluer les pratiques de gestion par un suivi sérieux (qualité et quantité des produits forestiers, maintien des valeurs de conservation)
  9. Identifier, évaluer, préserver et suivre les Hautes Valeurs de Conservation présentes dans son unité de gestion
  10. Mettre en œuvre des activités de gestion qui respectent l’ensemble des principes et critères du FSC, et visent à atteindre les objectifs économiques, environnementaux et sociaux décrits dans le document de gestion.

La certification PEFC

La certification forestière PEFC atteste du respect des fonctions environnementales, sociétales et économiques de la forêt. Elle repose sur deux mécanismes complémentaires 

La certification forestière qui atteste :
– De la gestion durable de la forêt 
– Du respect des fonctions environnementales, sociétales et économiques de la forêt

Etapes de la certification (Source)

La certification des entreprises qui transforment le bois : ce mécanisme permet d’assurer la traçabilité de la matière depuis le prélèvement du bois en forêt jusqu’à la commercialisation du produit fini en passant par toute la chaîne de transformation. 

La chaîne de contrôle (Source)

Enfin, certaines entreprises s’engagent par le biais d’une charte développement durable. C’est le cas notamment des établissements et entreprises publiques qui doivent se montrer exemplaires en la matière. La signature d’une telle charte les engage à :
– Mener une réflexion stratégique de développement durable 
– Traduire cette réflexion dans sa vision, ses projets, son management et sa façon de rendre compte, en impliquant le personnel et les différentes parties prenantes 
– Élaborer un document stratégique de développement durable
– Élaborer et piloter, dans le cadre de son document stratégique, un plan d’actions permettant d’intégrer les principes de gouvernance et de mise en œuvre 

S’inscrire dans une politique de compensation écologique

Le mécanisme de compensation écologique vise à compenser les potentiels impacts négatifs que pourrait produire sur la biodiversité un aménagement ou un projet de construction. Ce mécanisme intervient donc en amont du projet. 

Il s’agit souvent de venir compenser les impacts liés à des chantiers de construction urbanistiques tel que la construction d’infrastructures, de zones d’activités commerciales ou industrielles etc. Ces compensations peuvent être des :
– Travaux de restauration de milieux ou d’espèce
– Opérations de gestion 
– Processus immatériels comme la formation ou la sensibilisation des usagers 
– Opérations de protection comme la création d’une réserve naturelle

Ainsi, beaucoup de promoteurs immobiliers utilisent ce levier pour compenser leurs impacts liés à la construction de centres commerciaux, de parking etc. Ils détruisent une partie de la biodiversité mais se dédouanent par des travaux d’ingénierie écologique

Promouvoir un engagement éthique et responsable en faveur du développement durable et apporter des preuves de cet engagement

Les  géants commerciaux du numérique et du commerce investissent dans les énergies vertes. Ainsi, Google, Amazon ou Facebook investissent dans les panneaux solaires ou l’éolien. Apple est, quant à lui, propriétaire de plus de 14 500 hectares de forêt notamment en Chine. 

Ces groupes internationaux achètent des forêts pour les gérer intégralement. L’idée est de promouvoir une gestion durable mais aussi de s’engager dans les actions en faveur des énergies renouvelables. Ces entreprises ont besoin de montrer au monde leurs actions en matière de protection de l’environnement.

Apporter les preuves de cet engagement passe notamment par :
– Une démarche de labellisation et de certification 
– La publication récurrente de chiffres clairs et précis via des communiqués de presse, par exemple pour Ikea

Mais attention au greenwashing, même dans le cas de la marque Ikea, avec sa campagne “Agir à la racine” qui consistait à arracher un sapin des forêts commerciales pour sauver les forêts avec L’Office National des Forêts.  Ces entreprises peuvent être accusées de mal gérer leurs forêts et d’essayer de s’acheter une conscience…

L’opération “Agir à la racine” de la marque Ikea 

Exemples

Cas n°1 : la filière du bois avec Porada 

« Promouvoir son engagement éthique de l’utilisation du bois », voilà les mots qu’utilise la marque de mobilier italienne Porada qui s’engage en matière d’engagement éthique et responsable en matière environnementale. Son ambition ? Valoriser son action comme utilisateur de bois responsable et respectueux de la nature. 

En outre, pour montrer son engagement RSE au sein de ses acquisitions de forêts, Porada : 
– Pratique une gestion très conservatrice de la forêt
– Limite les coupes de bois
– Utilise le bois de manière responsable et respectueuse de la nature
– Promeut le « bois durable »

Un bureau et une chaise de la marque italienne Porada

Cas n°2 : la compensation écologique avec les promoteurs immobiliers

C’est dans ce cadre de compensation écologique que les promoteurs REI Habitat et Icade ont signé un accord-cadre avec la société Néosylva. Cet accord permet aux deux promoteurs d’acquérir des droits sur les forêts de Néosylva et d’acheter la capacité de ces forêts à séquestrer le carbone atmosphérique. Le projet consiste à acquérir par avance 200 000 m² potentiels de bâtiment bois dans les cinq ans pour la construction de deux bâtiments de 5 000 m² sur l’île de Nantes. Le chantier requiert 700 ha de plantations et engage Néosylva à replanter 10 ha en Loire-Atlantique. Ces travaux doivent être certifiés auprès du label Bas Carbone.

« Concrètement, un constructeur a intérêt à dire moi, je construis en bois français et en plus, je replante » affirme Jean Guenolé-Cornet, président fondateur de la société. En échange de la garantie de renouvellement de la forêt dans 50 ans, les promoteurs s’engagent alors à reverser à Néosylva entre 1 000 et 3 000 € par hectare reboisé.

La compensation écologique (Source)

Cas n°3 : la certification avec Groupama Immobilier

Pour Stéphane Le Goff, Responsable Investment&Asset Management Forêts chez Groupama Immobilier, acheter des forêts c’est valoriser « la structure foncière des massifs forestiers en gestion, tout en participant au remembrement foncier ». Le stock de carbone séquestré dans les forêts de la société illustre sa contribution à l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre de la France. Aussi, l’ensemble des forêts de la Société Forestière Groupama, est certifié PEFC, programme de reconnaissance de la gestion durable, et qui favorise la biodiversité.

Conclusion

Ainsi, acheter du patrimoine naturel est une manière pour les entreprises de mettre en avant leur politique RSE. Cela leur permet de garantir la qualité et la provenance des matières premières qu’elles utilisent et aussi d’obtenir des labels et des certifications qui leur permettent de « valider » tous leurs engagements.

Pour aller plus loin


Notre étude d’impact
La valorisation de la propriété forestière d’un domaine historique, avec Julien Terrier ingénieur-agronome
Comprendre comment gérer et optimiser son domaine forestier 
L’investissement des entreprises dans le patrimoine naturel

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Hephata a accompagné le propriétaire d’un site familial à ancrer son château dans son environnement surtout économique mais aussi social. La force du lieu est d’être au coeur de la modernité. Il s’agit d’un site ouvert, en harmonie avec son environnement naturel (activité agricole) et social (offre de logements). Il reflète fidèlement une époque créative. La famille propriétaire se tourne vers l’avenir, dans une logique de transmission volontaire, transparente et sereine.

Le château se situe sur un territoire dynamique porté par deux centres économiques attractifs et un poumon vert, aux activités plus traditionnelles. Sa spécificité repose sur un positionnement responsable et collaboratif. En effet, il s’agit d’une oeuvre harmonieuse et pionnière d’un architecte paysagiste, fenêtre sur le monde. En outre, la famille s’implique beaucoup dans son environnement local. Enfin, la cadre naturel est très préservé.

Ancrer un château dans son environnement économique et social est donc indispensable pour créer ou accentuer l’attractivité du lieu. Développer des activités en prenant en compte les besoins du territoire, tant d’un point de vue économique que d’un point de vue social, est nécessaire. C’est la clé de la réussite. Le concept marketing créé permet de valoriser l’environnement du château qui devient un véritable acteur économique pour son territoire.

Foncières éthiques et gestion de monuments historiques. Nous avons rencontré Margaux Mantel, gestionnaire du Château de Nanterre.

L’important à retenir dans cet article :

ETIC est une société foncière « responsable » qui rénove des bâtiments à haute performance environnementale. 

Son but est de créer de véritables sites hébergeant des activités sociales, « environnementalement » positives, et d’accueillir des « projets qui vont dans le sens d’une société épanouie ». 

Il y a sept centres ETIC en France. Parmi, eux, le Château de Nanterre, classé Monument Historique. Depuis 2010-2011, il s’est ouvert à des entreprises qui s’y sont installées.

Le modèle développé par ETIC est novateur. Les entreprises foncières n’osent pas s’intéresser aux monuments historiques en raison de la complexité de gestion de tels immeubles d’exception.

Et pourtant, ETIC a relevé le défi, avec brio ! Nous vous invitons à découvrir leur modèle économique.

LE PROJET ETIC

Margaux Mantel nous raconte comment ETIC fait revivre le château de Nanterre.

Quel est le projet d’ETIC pour le Château de Nanterre ?

Le projet d’ETIC est de rénover des friches industrielles afin de créer un impact environnemental et sociétal positif. Le Château de Nanterre est en réalité une usine, construite en 1901. C’est un bâtiment historique classé et le nom de « château » a été attribué par un collectif d’artistes. 

Il s’agit d’immobilier. Concrètement, nous préparons et mettons ces bâtiments à disposition des « acteurs positifs » de l’Economie Sociale et Solidaire. Nous agissons donc comme un gestionnaire de lieu commercialisé, au service d’acteurs utiles et éthiques.

Notre façon de gérer ces espaces est simple : nous accueillons des associations et des entreprises et proposons des bureaux à des loyers modérés, afin qu’elles se développent dans de bonnes conditions. Selon leurs besoins et leurs problématiques, elles peuvent échanger et partager ensemble. 

Notre fonctionnement a le mérite de créer de véritables « éco-systèmes » pour ces acteurs, qui cherchent non seulement des espaces de travail, mais aussi des espaces de rencontre.

Quels acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) faites-vous venir chez vous ?

Ils ont tous un ou plusieurs points communs. D’ailleurs, c’est peut-être un argument qui les attire chez nous, en plus de l’esthétique des lieux. Nous faisons venir des associations et des entreprises sociales qui ont un impact positif sur l’environnement et qui partagent la même charte de valeur (Ethical Property).

Les critères de cette charte sont assez pratiques. Ils représentent à la fois ce à quoi ETIC s’engage et ce que nous cherchons chez nos locataires. Nous souhaitons accueillir des acteurs complémentaires, afin de les aider au mieux à « aller dans le bon sens », grâce à une « bonne » influence. Tous les secteurs et tous les types de profils, tant que les entreprises et associations partagent une certaine logique propre à l’ESS (lucrativité limitée, gouvernance partagée…) sont donc visés. Nous trouvons ainsi des entreprises telles que WWF, Terre de Liens, UCPA ou bien des agences paysagères… La finalité de ces organisation est commune : l’intérêt général.

Quels sont les modèles contractuels utilisés (contrat de bail pour la location ? Convention d’occupation ? Prestation de services pour le co-working ? Autre chose… ?)

Nous sommes très flexibles pour nous adapter au mieux aux besoins de nos occupants. De ce fait, nous proposons plusieurs types de modèles contractuels :

– Des contrats de bail traditionnels pour les locations, qui supposent des loyers, des charges et l’intégration de clauses spécifiques (pour le préavis par exemple). Celles-ci peuvent différer selon les entreprises. Par exemple, nous proposons un préavis de 4 mois pour le plus grand bureau – ce qui reste court et permet à l’occupant de se retourner facilement – et parfois moins pour les plus petits bureaux.
– Des contrats de prestation de services pour les entrepreneurs, entreprises et autres personnes qui souhaitent utiliser les espaces de co-working.
– Des conventions de mise à disposition des espaces (pour le potager notamment). Le potager est mis à disposition d’une association qui travaille autour de la réinsertion en même temps que sur la perma-culture. Nous l’avons rendu volontairement flexible ! 

Pour nous, cette flexibilité contractuelle est assez simple à mettre en place. Nous sommes une jeune entreprise, encore adaptable (ETIC a moins de 20 salariés) et il est toujours possible d’innover.

Comment faites-vous pour attirer des entreprises chez vous ? Quelle est votre façon de communiquer ? 

En réalité, le centre est déjà pré-rempli avant d’ouvrir, car le développement se fait en lien avec des personnes sur place, qui cherchent des locaux. Ce qui attire les entreprises, c’est notre manière de faire et notre cohérence du début à la fin.

Nous réalisons une commercialisation dite « classique ». C’est-à-dire que nous sollicitons les différents acteurs du territoire pour communiquer largement sur notre disponibilité d’espaces en plus de notre communication propre (via la presse, des portes ouvertes…).

Attention : nous proposons des services dédiés à des acteurs spécifiques, qui veulent répondre à un besoin du territoire. Pour atteindre ces acteurs, une communication bien ciblée est nécessaire ainsi qu’un bon réseau. A ce sujet, au préalable, des études de territoire peuvent être lancées, en lien avec les associations locales, les centres sociaux…

Qu’est-ce qui intéresse les entreprises dans la location d’un château ? Autrement dit, le « château » : est-ce un argument majeur?

Pour rappel, même s’il s’agit d’un bâtiment historique classé, ce n’est pas un château mais une usine datant de 1901, magnifique et en pierres rouges ! Il est difficile d’aller à contrecourant et de dire qu’il ne s’agit pas vraiment d’un château, nous devons alors effectuer un lourd travail de communication. 

Le nom est à double tranchant : il y a ceux qui veulent louer parce que « un château c’est classe ! » et, au contraire, ceux qui pensent que « c’est snob» . In fine, les acteurs restent généralement charmés par le cadre exceptionnel, le beau bâtiment, les jardins… et, nous sommes heureux d’offrir aux associations qui n’ont pas les moyens la « vie de château ! ».

Accueillez-vous beaucoup d’organisations ? Quelle est votre gestion sur place ?

Nous accueillons actuellement environ 10 à 15 organisations, soit une cinquantaine de personnes, sachant que nos espaces peuvent compter jusqu’à 120 postes.

ETIC place un(e) référent(e) sur place pour s’occuper des aspects administratifs et de la « gestion locative ». Il ne s’agit pas d’un rôle d’accompagnement ou d’animation, mais plutôt d’un rôle de « facilitateur » qui organise la mise en relation des occupants au jour-le-jour, qui est attentif à chaque locataire afin qu’il s’approprie les espaces…

Tous les trois mois, nous réalisons un « comité de résidents », avec des discussions sur les aspects techniques, pratiques…

En tant que référente, je travaille seule sur place mais je peux obtenir de l’aide de la part du siège de la société en cas de besoins, auprès des responsables juridiques, financiers…

Avez-vous des problématiques de gestion liées au partage d’espaces ?

Ce sont des espaces dits « mutualisés » (réunions, espaces de détente…). Parfois, quelques problèmes de médiation, d’aménagement ou d’entente entre locataires peuvent jaillir, mais ces problématiques restent rares.

Comment avez-vous financé les réhabilitations ? Les futurs locataires sont-ils « parties prenantes » ?

L’actionnariat de ETIC
ETIC est une SAS solidaire. À entreprise « solidaire » actionnariat solidaire ! Le capital de la société se situe entre 3 et 4 millions d’euros, et il y a eu une levée de fonds complémentaire au niveau de la société lors du développement du centre de Nanterre.

Des personnes privées ou morales peuvent acheter des parts, mais celles-ci doivent répondre (elles aussi) à certains critères, notamment sociaux. Toutes les organisations qui souhaitent participer ne peuvent pas être acceptées…

Les associés de la Société Civile et Immobilière du Château de Nanterre
Le montant des travaux a atteint 4,7 millions d’euros. 

Nous avons une vision à long terme et solidaire, différente du modèle d’immobilier classique.
D’abord parce que l’actionnariat est « solidaire ». Ensuite, parce qu’il s’engage sur une période de 50 ans minimum avec des clauses anti-spéculatives. Il est composé de personnes qui acceptent d’être rémunérées en-dessous de l’immobilier classique pour investir dans un projet « socialement fort ». 

Les associés sont des fonds privés et des fonds d’investissements. La composition du capital doit être en cohérence avec les acteurs occupants les lieux. Globalement, nous restons indépendants des pouvoirs publics sauf de la Caisse des Dépôts qui est l’un des partenaires historiques de l’entreprise, mais seulement pour l’amorçage du projet.

Le modèle économique qui nous permet d’attirer les fonds pour le château est différent de l’immobilier classique
Notre modèle économique est « assez tendu » et il s’agit donc de faire « certaines économies ». Mais, cela ne l’empêche pas d’être stable. Il repose sur des loyers très bas pour des organisations qui ont peu d’argent. Les marges des loyers sont extrêmement faibles. Cela nous permet de participer à leur amorçage et leur développement. Les exigences de rentabilité sont plus faibles que traditionnellement. 
Mais, nos fonds s’engagent à très long terme. Cela permet de reculer dans le temps le seuil de rentabilité à atteindre, sans l’abaisser ! 

Comment rémunérez-vous les espaces (loyer fixe ? % de chiffres d’affaires ?…) ?

Pour le moment, nous « gagnons » peu d’argent. La rentabilité sera atteinte dans le long terme puisqu’il s’agit d’un investissement « à long terme ». 

Néanmoins, nous avons acquis une expérience autour du développement de projets similaires. Nous avons 4 à 5 sollicitations par semaine provenant de collectifs d’acteurs en phase de développement sur le même type de projets, pour apporter notre expertise sur le montage juridique, financier, les partenariats, le budget… Nous leur apportons donc notre expertise sur 2 phases importantes :
– celle de montage du projet (conseil, AMO), et
– celle de gestionnaire de centre.

Notre prestation a un coût faible, car là encore, nous demeurons dans une certaine logique éthique.

Pourquoi avez-vous choisi un tel modèle ?

Au départ, nous avons constaté que certaines personnes faisaient des choses merveilleuses pour notre société, en terme de santé, d’environnement… mais que ces personnes n’étaient pas ou très peu aidées.

Ces acteurs, à but généralement non lucratif, font avancer notre société ! Et pourtant, ils peinent à avoir accès à des locaux et à des services de qualité.

Le lieu dans lequel nous nous trouvons pour travailler a un impact important, et il ne faut pas le négliger afin d’oeuvrer dans de bonnes conditions ! C’est ce que ETIC propose. 

Pour diminuer leurs frais au maximum, nous travaillons donc à mutualiser les services et une multitude de « petites choses » qui permettent un moindre entretien, un moindre gaspillage… 

Ainsi, réunir des organisations ensemble permet d’avoir un impact encore plus fort… ! 

Foncières éthiques et gestion de monuments historiques. Vous savez désormais de quoi il retourne grâce aux explications de Margaux Mantel, gestionnaire du Château de Nanterre.

Pour aller plus loin :

 Pour en lire davantage : LES CHÂTEAUX-ENTREPRISES : Est-ce le modèle économique de demain ?

A retenir pour un créer un modèle semblable :
– Construire une charte pour accueillir des acteurs au sein des mêmes espaces et rester centré sur un objectif commun. A chacun de l’inventer en lien avec des acteurs – si possible – locaux.
– Ne pas avoir peur de l’innovation contractuelle… mais bien se faire entourer de cabinets d’avocats spécialisés pour ne pas tomber dans de graves écueils.
– Mettre en place une gestion sur place dédiée et s’outiller correctement pour accueillir, animer et accompagner les acteurs sur place (assurances, outils partagés, espaces communs…)
– Communiquer largement ! 
– Se faire conseiller par ETIC en personne ? 

L’important à retenir dans cet article :

Un jardin bien entretenu, plus qu’une satisfaction personnelle pour les passionnées de végétaux, vous apportera également de nombreux avantages en termes d’attractivité ainsi que la possibilité d’obtenir des aides financières et labels.

Qu’a-t-on à gagner avec un bon entretien du jardin ? 

La réponse est TOUT : le confort, l’éclat de votre monument, l’attractivité et des récompenses…
Certains concours remettent des prix pour l’entretien de vos jardins :

L’obtention de Labels

• Le label « Jardin Remarquable ». 
Ce label de qualité est attribué par le Ministère de la Culture pour une durée de 5 ans renouvelables. Il donne lieu à des avantages divers et notamment à une signalisation routes et autoroutes, selon le même processus que les édifices protégés au titre des monuments historiques.

Les dossiers de candidature doivent être adressés à votre direction régionale des affaires culturelles (DRAC). 
N’hésitez pas à vous référer au site du Ministère pour en savoir plus.

Vous pourrez ouvrir votre jardin au public et participer à des évènements nationaux tels que les Rendez-vous aux Jardins. Les conditions principales à remplir pour demander le label sont les suivantes : l’intérêt historique, esthétique, architectural, paysager, ou encore botanique, ainsi que la qualité de l’entretien. A titre d’exemple de belle réussite : le Jardin de la Ballue.

Les Rendez-vous aux jardins sont organisés par le Ministère de la Culture en collaboration avec le Centre des monuments nationaux, le Comité des parcs et jardins, les Villes et Pays d’art et d’histoire, les Vieilles Maisons Françaises, la Demeure Historique, ainsi que de très nombreuses collectivités territoriales. Cette manifestation est mise en œuvre par les directions régionales des affaires culturelles (DRAC).
Pour s’inscrire

• Le label “Eco Jardin” concerne tous les types d’espaces verts publics ou privés ouvert au public, qu’ils s’agissent d’un parc, d’un espace naturel ou d’arbres d’alignement. Ce label à dimension nationale est un véritable outil de communication auprès du public. 

Il est attribué par le comité de pilotage du label, suite à un audit du site par un organisme indépendant compétent et est octroyé pour une durée de 3 ans renouvelables. Il permet de valoriser le travail de jardiniers et gestionnaires d’espaces verts et d’encourager l’adoption de pratiques de gestion respectueuses de l’environnement. 

Vous pouvez de même être récompensé pour votre gestion éco-responsable avec l’attribution du label Eve : Espaces végétaux écologiques qui est aussi un concours récompensant la gestion éco responsable de vos espaces verts. Il valorise les pratiques de gestion et de réhabilitation écologique des espaces végétaux. 
Pour cela, plusieurs critères doivent être respectés : 

– Absence de produits chimiques
– Politique d’économie de l’eau avec la mise en place d’un plan de réduction de la consommation
– Une attention particulière pour le sol : paillage, apport de matière organique, et un suivi régulier
– Actions en faveur de la biodiversité et maintien des végétaux spontanés 

La participation aux concours

• Les concours des associations du patrimoine sont nombreux à féliciter l’entretien des jardins. 
Des enveloppes de plusieurs dizaine de milliers d’euros sont souvent à la clé de ces concours, ainsi qu’une visibilité et une notoriété toujours plus importante . Vous pouvez également retrouver des enveloppes dans l’onglet « FINANCEMENT » de notre site. Certaines sont dédiées au financement de jardins, comme le Prix VMF « Jardin Contemporain et Patrimoine », le Prix « Décors sculptés parcs et jardins » ou encore le Prix « Villandry ».

Le concours « Jardiner autrement » récompense les démarches les plus abouties en termes de préservation des équilibres biologiques au jardin par la réduction ou l’abandon de l’usage de produits chimiques.

Pour participer, le jardinier doit déposer un dossier dans lequel il expose et ses espaces et ses pratiques de jardinage respectueuses de l’environnement. Les dossiers sont ensuite évalués par un jury composé de 5 membres de la Société Nationale d’Horticulture de France et de partenaires de Jardiner Autrement.
Les cinq gagnants du concours remportent un week-end pour deux personnes sur le thème du végétal et du jardinage respectueux de la nature.

Innovez dans vos jardins et mettez son potentiel en avant

Outre les concours et les prix, l’exploitation de son jardin autour d’une thématique a fait ses preuves : par exemple, au château de Nanterre, a vu le jour un « jardin thérapeutique » confié à l’association Endat qui propose des programmes personnalisés à des personnes souffrant de diabète, d’anorexie ou de boulimie, qui seront invités pour suivre des ateliers au potager. 

• Votre jardin est un lieu de bien-être et harmonieux. Le domaine de Chaumont a mis en place un « jardin de soin et de santé » qui doit respecter certaines règles d’aménagement et de pratiques pour assurer sa pérennité. Il est accessible à des personnes à des personnes atteintes de pathologies et vise à répondre à un objectif précis de traitement. Le domaine propose des journées de formation pour les propriétaires souhaitant mettre ce concept en place dans leur jardin. 
En savoir plus

• Vous pouvez aussi inscrire votre jardin dans l’annuaire des Jardins partagés sur la plateforme Jardinons Ensembles. Ainsi vous pouvez participer à la « Ronde des pique-niques » en inscrivant votre jardin à l’événement. C’est l’ occasion de partager un moment convivial et de faire connaitre vos espaces ! 

Pour aller plus loin :

 Exemple à suivre : 
• Château de la Ballue

Articles jardins : 
• JARDINS & ESPACES PAYSAGERS D’EXCEPTION – Faire appel à des professionnels, c’est abordable : point sur les expertises indispensables 
• JARDINS & ESPACES PAYSAGERS D’EXCEPTION – Quelques astuces pour entretenir soi-même son jardin
• EXTERNALISER L’ENTRETIEN DE SON JARDIN REMARQUABLE – Des techniques ancestrales aux techniques modernes 

Est-il intéressant et viable pour les entreprises d’investir dans le patrimoine historique ?

L’important à retenir dans cet article :

 Les grandes familles françaises se démènent pour trouver de nouvelles sources de financement pour faire vivre et restaurer leurs domaines historiques. Certaines d’entre elles renoncent et préfèrent vendre leurs biens. Face à ces propriétaires, les entreprises et les organisations prennent le relais. Quels sont leurs enjeux ? Comment parviennent-elles à valoriser leur patrimoine ? 

Certaines entreprises et organisations reçoivent en donation ou rachètent des propriétés historiques. Elles y voient leur intérêt. Cet article permettra de se pencher sur la façon dont elles peuvent valoriser le patrimoine bâti grâce à des projets qui repensent la destination des espaces pour servir des besoins essentiels ou secondaires :
– Faire des économies
– Délivrer un rendement régulier et pérenne 
– Servir une politique RSE ou ISR
– Servir une politique éducative et sociale

NB : cet article ne permet pas de savoir si les sites patrimoniaux étudiés sont devenus rentables… !

Introduction :

Dans son ouvrage « Redéfinir le Patrimoine culturel à l’heure de la globalisation. Des cultures et des Hommes. Clefs anthropologiques pour la mondialisation, L’harmattan, Collection Logiques sociales », Sandrine Basilico, Chercheur au LAMIC (Nice), Chercheur associé au GREDIC-CNRS (Paris) et expert auprès du Conseil de l’Europe, le patrimoine est une notion évolutive. Il « s’est toujours et en permanence ouvert et élargi à la réalité sociale, économique et culturelle contemporaine. » 

Selon elle, le patrimoine est synonyme de transmission puisqu’il vient du latin patrimonium (de pater) qui signifie père. « Il s’est toujours agi de transmettre d’une génération à une autre un patrimoine qui est valorisé à chaque étape. » Sa valorisation consiste à le faire connaître et à le mettre en valeur afin de favoriser l’attractivité du territoire. Sans nécessairement devenir mécènes, les entreprises peuvent d’ailleurs devenir parties prenantes de la conservation du patrimoine bâti parce qu’il leur est utile à d’autres égards. 

Les entreprises qui possèdent – reçus en donation ou acquis – des châteaux sont toujours confrontées à la problématique de la destination des espaces. Habités pendant des années par des familles, les châteaux sont très souvent des lieux difficilement exploitables. Racheter une ancienne demeure familiale impose de réfléchir à la disposition des espaces, à leur accès et à leur utilité. Mais ce n’est pas toujours chose facile. 

Voilà donc comment des entreprises, libres des contraintes familiales et des héritages complexes, ont transformé ce qui pour certains demeuraient un poids en opportunité de développement !

1- Les entreprises qui rachètent des châteaux pour faire des économies en recevant chez elles leurs propres salariés

Parmi les entreprises, certaines ont des contraintes importantes en matière évènementielle. Elles peuvent être amenées à :
– Former régulièrement leurs collaborateurs lors de séminaires résidentiels, de conférences… 
– Inviter sans cesse des clients et faire de la représentation par des soirées de gala, des cocktails…
– Souder leurs équipes et remercier leurs salariés par des activités de team-building

Pour réaliser ces évènements, sortir du cadre quotidien est indispensable. Il faut donc chercher des lieux ! Néanmoins, le marché de la location de lieux pour l’évènementiel d’affaires est très complexe, pour plusieurs raisons :
La saisonnalité des évènements: toutes les entreprises se retrouvent sur le marché de l’évènementiel au même moment (la rentrée de septembre, Noël et le début de l’année, les soirées estivales etc). Les lieux sont pris d’assaut. Il faut être très réactif !
L’adaptation des lieux: trouver le lieu qui réponde aux critères de l’événement (taille, prestation, budget) et qui soit disponible aux dates fixées est souvent compliqué. 

L’organisation d’évènements d’entreprise demandent beaucoup de patience et requiert un budget faramineux ! Aussi, pour répondre à ces difficultés, certains groupes décident d’acheter leur propre lieu pour avoir une plus grande marge de manœuvre et réduire leurs dépenses. 

Exemples

 CapGemini transforme le château des Fontaines pour centraliser tous ses évènements en un lieu unique…

Il fallait un Campus International pour CapGemini ! En 1998, le groupe décide donc de racheter un château XIXème, imaginé par le Baron Rothschild, dans la majestueuse forêt de Chantilly. La vocation du site est claire : favoriser les échanges et le partage des arts et des connaissances. Ancien centre culturel jésuite, l’ensemble du domaine a été entièrement rénové. Les salons du rez-de-chaussée ont d’ailleurs été entièrement repensés et transformés en bar. Quant aux chambres, elles sont devenues des salons de réunions. 

Le Domaine peut accueillir jusqu’à 300 salariés du groupe ainsi que des entreprises extérieures. CapGemini explique d’ailleurs que l’architecture des Fontaines traduit ses valeurs : « honnêteté, audace, confiance, solidarité, simplicité et plaisir ».

Sud Aviation transforme le château de Villepreux pour en faire un domaine expérimental

Acheté par Sud Aviation dans les années 1960, ce château au cœur du Médoc, est passé par différentes destinations et ce n’est pas fini ! 

Tout d’abord siège et bureaux d’étude du groupe, c’est en ce lieu que les fusées françaises Diamant furent inventées. Avec la création d’EADS, le moment est ensuite venu d’imaginer un lieu de formation pour les dirigeants du groupe. Villepreux change alors de statut : de cité pour ingénieurs en ébullition, il devient château d’accueil. Plus de 3 000 personnes gravitent chaque année sur le domaine, des personnes du groupe et des clients extérieurs. 

Aujourd’hui, le domaine est devenu le théâtre d’un programme immobilier autour de la construction d’une résidence pour seniors. Le cadre authentique du site favorise le bien-être et la sérénité. La vie d’un château est décidément pleine de rebondissements !

2- Les compagnies d’assurance qui rachètent des châteaux pour délivrer un rendement régulier et pérenne

Les compagnies d’assurance font partie des secteurs qui investissent le plus dans l’immobilier. En 2013, en effet, les compagnies et les mutuelles étaient même devenues « les plus gros acheteurs en France ». Selon le cabinet de conseil Cushman & Wakefield, elles avaient réalisé 26% des investissements dans cette classe d’actifs. Entre 2008 et 2013, les placements dans la pierre d’Allianz sont passés de 3% à 6%. C’est également le cas pour Generali France Immobilier dont l’objectif était de passer de 7,5% à 10%. 

Investir dans la « pierre châteaux » est une réelle opportunité pour les assureurs pour deux raisons : 
– Ils sont contraints de délivrer un rendement régulier et pérenne à leurs assurés
– Ils doivent faire face à l’afflux de nouvelles souscriptions : en 2009, la Fédération française des sociétés d’assurances les estimait à près de 200 milliards d’euros

La recherche d’actifs à rémunération régulière est donc une priorité pour eux ! D’autant que, grâce à l’argent collecté par l’assurance-vie, ils peuvent financer leurs opérations sur leurs fonds propres. 

Exemples

AXA Assurances transforme, le Domaine de Frémigny, dans l’Essonne, pour lancer son école des assureurs 

Si le projet de Frémigny lui permet de faire des économies en recevant ses propres salariés, il lui garantit surtout un rendement régulier et pérenne ! Ainsi, les 330 chambres, 40 salles de formation, auditorium de 150 places, dizaine de salons et équipements sportifs permettent d’accueillir plus de 50 000 journées de formation par an ! 

3- Les entreprises qui rachètent des châteaux pour servir une politique RSE ou ISR

Se présenter comme un acteur dynamique et responsable pour servir une logique RSE ou ISR est parfois un autre argument pour investir dans l’immobilier historique. 

C’est le cas notamment de certaines compagnies pour qui cet investissement s’intègre dans une politique d’investissement socialement responsable (ISR). En outre, cette politique cherche à concilier placement financier et critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). On parle d’ailleurs « d’application des principes du développement durable à l’investissement ». 

Au château des Fontaines, CapGemini a cherché à se montrer exemplaire en matière de responsabilité sociale (RSE). Avoir un impact positif sur la société en respectant l’environnement tout en étant viable économiquement est donc sa priorité.

Ainsi, l’entreprise affiche clairement sa volonté de re-conceptualiser totalement les espaces autour d’une vision qui se veut moderne et éco-responsable. Elle s’engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre grâce à quatre axes définis : 
– Diminuer les consommations d’énergies
– Préserver des ressources naturelles
– Réduite et trier les déchets
– Sensibiliser les clients, fournisseurs et salariés

En outre, l’électricité provient de sources 100 % renouvelables et le chauffage est assuré par la géothermie.

4- Les entreprises qui rachètent des châteaux pour servir une politique éducative et sociale

Au château des Vaux, la Fondation d’Auteuil a transformé les espaces pour créer un véritable terrain d’apprentissage pour donner une nouvelle chance à des jeunes en difficulté.

En 1946, le Directeur Général de l’œuvre des Orphelins Apprentis d’Auteuil cherche un lieu pour accueillir les orphelins de guerre. Le Château des Vaux, en Eure-et-Loire, est à vendre à un prix dérisoire… il l’achète ! Les Apprentis d’Auteuil en ont donc fait un site remarquable où près de 800 jeunes en difficulté sont formés chaque année, dans l’objectif de faciliter leur insertion dans le monde professionnel. Chacun bénéficie d’un parcours adapté dans le domaine professionnel de son choix.

Au château des Vaux, on trouve un restaurant d’application ainsi qu’une jardinerie qui sert de magasin pédagogique. Un projet qui allie valorisation du patrimoine et éducation !

 Conclusion :

Investir dans l’immobilier et plus particulièrement dans le patrimoine bâti que sont les châteaux apparaît comme une réelle opportunité pour bon nombre d’entreprises. À leur manière, elles viennent valoriser le patrimoine en y déployant des projets qui nécessitent de repenser la destination des espaces. En effet, acheter un château peut leur permettre de faire des économies, délivrer un rendement régulier et pérenne ou servir différentes politiques. Ces entreprises ont quelque chose à transmettre de leur conception du patrimoine. 

Dans une série de prochains articles, découvrez l’investissement des entreprises dans le patrimoine naturel et en particulier la forêt et les vignobles. 

A vous de jouer ! Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous écrire : contact@hephata.fr 

Pour aller plus loin :

 – UN CHÂTEAU HISTORIQUE SAUVE PAR UN PARC ZOOLOGIQUE : THOIRY – Un exemple pour développer une offre touristique unique en utilisant ses atouts
DEVELOPPER DES ACTIVITES COHERENTES AVEC SON HISTOIRE ET SON TERRITOIRE – Les masters class de cuisine ressuscitent le château du Feÿ – Interview avec Sylvie Angel, propriétaire

Stratégie RSE et développement durable

Une organisation peut avoir un impact positif à l’échelle du territoire, à travers sa façon de gérer son patrimoine et, le cas échéant, son patrimoine historique. Cet accompagnement est donc particulièrement approprié pour les organisations disposant d’un parc immobilier d’exception et qui mobilisent leur démarche RSE sur l’impact écologique, économique et humain. Elle peut être menée en parallèle d’une Stratégie d’image de marque patrimoniale.

Notre accompagnement consiste à engager une organisation à tous les niveaux (production, service-qualité, marketing et communication, stratégie, contrôle de gestion) pour valoriser le territoire à travers le patrimoine. C’est donc en collaboration avec les départements RSE, développement durable, RH, communication ou gestion de l’immobilier, qu’Hephata conçoit des projets structurants pour l’avenir de l’entreprise. Ces derniers deviennent ensuite fédérateurs et porteur de sens pour les parties prenantes (clients, fournisseurs, investisseurs, partenaires). Bien souvent, ils contribuent à augmenter l’attractivité de la marque employeur.

Hephata développe des Outils de calcul d’impact et de Mesure de la performance qui visent à s’assurer de l’efficacité de ces politiques RSE. Par ailleurs, ils permettent de calculer les externalités positives pour les territoires, notamment :
– d’abord, économiques : création d’emplois, sauvegarde de savoir-faire ancestraux, entretien ou installation d’infrastructures touristiques ou productrices esthétiques et respectueuses… ;
– ensuite, écologiques : sauvegarde des paysages, préservation de la biodiversité, protection des terroirs et de leur spécificités locales, respect de l’environnement grâce à l’occupation de bâtiments conçus en matériaux nobles et naturels, conservation des puits de carbone associés… ;
– enfin, humaines : bien-être généré par l’entretien d’espaces harmonieux, amélioration de la santé en lien avec la valorisation de la culture, mise en valeur des racines et de l’identité locale, facteur d’intégration…