Le slow tourisme, découvrir le patrimoine en flânant

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Dans cet article, Hephata vous présente le slow tourisme ou slow travel, une nouvelle manière de découvrir le patrimoine en flânant. 

L’important à retenir dans cet article : 

Le patrimoine français regorge d’atouts pour devenir une destination phare du slow tourisme. Edifices de caractère, patrimoine naturel et immatériel, il y en a pour tous les goûts. La pensée durable devient importante et la responsabilité environnementale est une priorité pour beaucoup d’individus. 

Les modes de consommation, et par extension de voyage, sont repensés pour répondre aux questions éthiques et environnementales. Le slow tourisme permet de concilier les envies des voyageurs et le développement d’activité au sein du patrimoine.

Ce qu’il faut retenir de cet article :

– Le slow tourisme est un nouveau mode de tourisme de plus en plus apprécié et recherché par les consommateurs

– Le cyclotourisme est l’un des modes de slow tourisme les plus en vogue

– Il existe des aides financières pour développer des activités touristiques s’inscrivant dans cette démarche

1. Le slow tourisme ou l’art de prendre son temps

Une nouvelle manière de découvrir le monde

S’imprégner d’un lieu, préserver l’environnement et prendre le temps. Le slow tourisme est une nouvelle manière de voyager, de découvrir le patrimoine en flânant.

Ainsi, il s’oppose au rythme effréné du tourisme de masse. À l’inverse de la surconsommation et de la sur-fréquentation, le slow tourisme permet de retourner à la simplicité, au calme et à l’authenticité. 

Cette nouvelle pratique touristique est née en Italie au début des années 2000, plus en vogue dans le pays aujourd’hui que jamais. L’idée est de désengorger les destinations touristiques principales telles que Rome, Florence ou Milan.

En partenariat avec Airbnb, le ministère de la Culture en Italie met l’accent sur le slow tourisme en valorisant des villages peu connus dans le pays. Ainsi, cela diversifie l’offre touristique pour les amateurs d’authenticité et de petits bourgs. Cette initiative permet aussi de relancer l’activité dans les zones rurales

En France, le slow tourisme fait ses premiers pas depuis plusieurs années. On découvre des offres de plus en plus variées : 

Hébergements insolites, respectueux de la nature et situés dans des lieux atypiques ;

– Modes de transports plus verts, comme les transports collectifs, le vélo, la randonnée ou les circuits fluviaux, dans la veine du tourisme itinérant ;

– Circuits touristiques axés sur la nature, la culture et le patrimoine.

À l’instar du tourisme vert et du tourisme durable, le slow tourisme est un tourisme éthiqueécoresponsable et solidaire. Les envies du voyageur adepte de slow tourisme sont les suivantes : 

– Sortir des grandes villes et des paysages trop urbanisés ;

– Aller au contact du patrimoine naturel, découvrir des merveilles de la nature ;

– Réduire son empreinte carbone en changeant sa manière de voyager ;

– Rencontrer les habitants locaux.

Un courant favorable pour le patrimoine

Le patrimoine, porteur d’authenticité, a une place forte dans le slow tourisme. Qu’il s’agisse du patrimoine mobilier, immobilier, naturel ou immatériel, c’est un atout majeur pour le voyageur en quête d’ailleurs. 

En Sud Touraine par exemple, la ville de Loches, mise sur le slow tourisme et la valorisation de son territoire. Aussi a-t-elle créé un nouveau parcours de visite, incluant la cité royale et la ville basse de Loches ainsi que  les communes aux alentours. 

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Cité Royale de Loches ©Stevens Frémont

Les villages de Montrésor et de Chédigny sont particulièrement mis en avant. Le premier est inscrit au classement des Plus Beaux Villages de France, tandis que le second est le seul village de France labellisé « Jardin Remarquable »

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Le château de Montrésor

2. Le cyclotourisme : le mode de flânerie le plus populaire

Le vélo est le mode de transport le plus en apprécié par les vacanciers. Discret, économique et non polluant, le vélo présente de nombreux avantages qui en font un incontournable des vacances. C’est la méthode de tourisme itinérant doux la plus prisée en France.

Pour les propriétaires et gestionnaires de lieux patrimoniaux, le cyclotourisme est une aubaine. En effet, les voyageurs ont besoin de faire régulièrement des pauses. Les sites historiques et villages de caractères sont des lieux parfaits pour se reposer.

Les circuits et itinéraires cyclotouristiques permettent donc aux voyageurs adeptes de slow tourisme de découvrir des lieux de patrimoine et des territoires en suivant un parcours prédéfini et sécurisé, tout en flânant tranquillement.

 l’échelle européenne, la Vélodyssée est l’exemple parfait du succès de ces circuits. Permettant de traverser l’ouest de la France pour aller jusqu’au Portugal en longeant l’Océan Atlantique, la Vélodyssée fait partie d’un dispositif plus large : l’Euro Vélo. Cette route traversant même la Manche est une initiative européenne. 

En 2018, la Vélodyssée enregistrait 3,6 millions de sorties cyclistes, dont 65% de touristes. Près d’un touriste sur cinq est d’originaire étrangère. Le cyclotourisme touche à la fois le public national et international. C’est la méthode de tourisme itinérant doux la plus prisée en France.

La France est d’ailleurs le deuxième pays au monde en termes de pratique du tourisme à vélo, après l’Allemagne.

En France, deux itinéraires cyclotouristiques se démarquent particulièrement : La Loire à Vélo et La Vélo Francette. Les itinéraires cyclotouristiques sont adaptés à tous les publics, puisqu’il est possible de louer des remorques ou des troisièmes roues pour les enfants en bas âge ainsi que des vélos électriques.

La Loire à Vélo et les châteaux de la Loire : 

Itinéraire célèbre, La Loire à Vélo offre aux touristes un cadre somptueux. Le long du fleuve, de châteaux en châteaux, en passant par les villes et villages du Val de Loire, le patrimoine est mis à l’honneur tout au long de ce parcours. Au gré de leur balade, les touristes peuvent visiter les lieux patrimoniaux de la région. Ces lieux sont mis en avant sur le site de la Loire à Vélo, par les cartes et brochures du parcours et la signalétique au bord des routes.

Le Val de Loire est réputé pour ses nombreux châteaux incontournables, à l’image de Chambord, d’Amboise ou de Chenonceau. Le « Pays des Châteaux » ne compte pas moins de 22 édifices qui appartiennent au réseau des « Grands Sites de France ». Cependant, il existe dans la région de nombreux autres édifices patrimoniaux remarquables.

Le Château du Rivau par exemple, situé près de la ville de Chinon, est une de ces pépites. Lieu idéal pour le slow tourisme, le Château de Rivau réunit une nature époustouflante et une architecture remarquable. Forteresse d’aspect médiéval, le décor intérieur du château traverse toutes les époques et les pays : de l’art gothique à la renaissance, des maîtres hollandais aux peintres italiens.

L’extérieur du château est tout aussi surprenant, les jardins botaniques et d’agréments présentent plus de 460 variétés de roses, ainsi que des milliers d’autres plantes. Un parcours pédagogique et ludique met en valeur ce patrimoine naturel, tout en sensibilisant le public sur la richesse de l’environnement et l’importance de sa préservation.

Vue des jardins du Château du Rivau

La Vélo Francette, de Caen à La Rochelle : 

À l’instar de la Loire à Vélo, la Vélo Francette est un itinéraire cyclotouristique longeant les cours d’eau. Traversant les parcs naturels régionaux Normandie-Maine, Loire-Anjou-Touraine et le Marais Poitevin, la Vélo Francette met à l’honneur le patrimoine naturel français.

Tout en flânant le long de cours d’eau, les adeptes du slow tourisme à vélo ont ainsi l’occasion de découvrir le patrimoine français. Les voyageurs peuvent admirer le paysage, visiter des villes telles que Caen, Nantes ou La Rochelle.

C’est aussi l’occasion de découvrir des petits villages méconnus au charme authentique, témoins de l’histoire et du patrimoine français.

Le village du Clécy par exemple, aux portes de la Suisse Normande, est un petit havre de paix et de tranquillité. De nombreux loisirs et activités sportives attendent les touristes : kayak, escalade, randonnées. L’incontournable lieu à voir sur place : le site Naturel des Rochers des Parcs.

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Site naturel des Rochers des Parcs 

3. Les hébergements touristiques dans le patrimoine : un gage d’authenticité

Le long de ces parcours, des lieux d’accueil, de repos et d’hébergement de la marque « Accueil Vélo »garantissent des services aux cyclotouristes. Bénéficier de ce label est un plus pour un propriétaire ou gestionnaire. Le label assure la qualité de sa capacité à accueillir des vélos et augmente sa visibilité auprès des touristes.

Comment bénéficier du label ?

Pour bénéficier du label « Accueil Vélo », le lieu doit se trouver à moins de 5 km de l’itinéraire cyclotouristiques. En outre, il doit disposer des équipements adaptés à l’accueil des voyageurs comme un abris à vélo sécurisé ou un kit de réparation. En général, les services suivants peuvent être proposé aux touristes :

– Location de vélos et d’accessoires ;

– Nettoyage des vélos ;

– Petits déjeuners, paniers-repas, restauration diverse ;

– Lavage et séchage du linge ;

– Etc.

Sur le parcours de la Loire à Vélo, il existe plus de 600 lieux labellisés « Accueil Vélo ». Les hébergements sont variés, allant du camping au gîte, en passant par l’hôtel ou la chambre d’hôtes. Plusieurs édifices de caractère proposent des chambres d’hôtes ou des gites.  L’aspect patrimonial du lieu est atout, puisqu’il propose une offre authentique, historique et culturelle à la différence d’un camping ou d’un hôtel moderne. 

Exemple du moulin geant de rochefort-sur-loire

Le Moulin Géant à Rochefort-sur-Loire propose des chambres d’hôtes. Cet ancien moulin vieux d’un demi-siècle, perché au-dessus du village, offre une vue panoramique sur les vignobles et le Val de Loire.

La tranquillité du lieu en fait un véritable havre de paix pour les voyageurs désirant se reposer après une balade. Non loin de là, à une vingtaine de minutes en vélo et quarante à pied, les touristes peuvent visiter le domaine du Château Piéguë et son vignoble.

Le Moulin Géant et les vignes aux alentours ©Anjou Tourisme

Pour les amoureux des châteaux, il est aussi possible d’y séjourner. En bord de Loire, le Château de Colliers situé à cinq kilomètres de Chambord propose des chambres d’hôtes et des suites.

Du côté de La Vélo Francette, il est aussi possible de retrouver des hébergements labellisés dans des lieux patrimoniaux divers : demeures historiques, châteaux, etc. 

Le domaine de La Pommeraye, situé dans la commune du même nom dans le Calvados, est un ancien corps de ferme datant du 18ème siècle. Dans ce lieu atypique, les touristes peuvent venir séjourner en profitant de la table d’hôte et du spa.

Au-delà de la clientèle touristique, le domaine de la Pommeraye développe aussi son activité afin d’accueillir des professionnels, proposant des salles de séminaires. En effet, les entreprises sont de plus en plus friandes de séminaires au vert

Par ailleurs, le vélo est une activité de team building en pleine croissance, avec la naissance d’agences telles que Bobebike ou Évasion à vélo, cette dernière proposant des parcours sur-mesure.  

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Domaine de la Pommeraye ©Eric Vanroye 

Sortir des sentiers battus : d’autres pépites du patrimoine tirent leur épingle du jeu même sans le label « Accueil Vélo ». 

Les critères d’éligibilité pour la marque « Accueil Vélo » étant assez restrictifs, surtout d’un point de vue géographique et pratique, tout le monde ne peut pas en profiter. Bien que ce soit un atout d’en bénéficier, le label n’est pas indispensable. La beauté du lieu, son originalité, son histoire ainsi que la qualité des services proposés sont des critères tout aussi importants pour les touristes

Le Château de Troussay, dans la Vallée de la Loire, propose des chambres d’hôtes au sein du château ainsi qu’un gîte. Le plus petit des châteaux de la Loire est idéalement situé, et pourtant il n’est pas labellisé « Accueil Vélo ». Au milieu des vignes de Cheverny, à quelques kilomètres de Blois et Chambord, le Château de Troussay est un lieu de repos idéal pour les voyageurs. 

Le Château de Troussay ©my-loire-valley.com

Afin d’attirer les touristes, les propriétaires du lieu ont mis en place différents services. Côté gastronomie et plaisir de la table, le château possède une table d’hôtes fonctionnant sur réservation et propose des paniers pique-nique composés de produits du terroir.

4. L’intérêt grandissant des acteurs du tourisme pour le développement d’activités liées au slow tourisme

Dans une démarche d’authenticité, le château dispose d’un poulailler et de quelques lapins. Les loisirs à proximité sont axés sur la découverte de la région, la culture, l’environnement et l’histoire : équitation, visite de châteaux, spectacles, tir à l’arc, …

Les activités liées au slow tourisme sont en plein développement, afin de proposer une nouvelle offre touristique aux voyageurs. Comme nous l’avons vu précédemment, les activités sont diverses : hébergements, lieux d’accueil et de visite, activités de plein air … Certains acteurs du tourisme s’engagent pour accompagner financièrement les projets développant des activités de slow tourisme.

Par exemple, du 15 février au 15 mai 2021, l’agence de développement touristique et d’attractivité Sarthe Tourisme s’associe à KissKissBankBank pour soutenir des projets s’inscrivant dans des thématiques culturelles et environnementales, dont la thématique du tourisme itinérant et la création de nouvelles offres d’hébergements ou de services. 

Cet appel à projets, bien que temporaire et local, témoigne d’un intérêt grandissant de la part des entreprises du tourismes, potentiels soutiens financiers, pour le slow tourisme et tout ce qui en découle. À plus grande échelle, des fonds européens tels que le FEDER ou le FEADER (à travers son programme LEADER) encouragent financièrement des projets ayant une dimension culturelle, sociale et durable. 

Conclusion 

Le monde et les désirs des voyageurs sont en train de changer. La responsabilité écologique et éthique de chacun impacte les modes de consommations et de voyage. Pour les porteurs de projets qui souhaitent se réinventer et développer une activité touristique au sein d’un lieu patrimonial, il est indispensable de connaitre les tendances pour pouvoir ainsi proposer une offre utile, dont le client ne pourra pas se passer.

De plus la situation actuelle, liée au coronavirus, influence les besoins des individus. Plusieurs articles sur le tourisme, tel que l’article de l’écho touristique ou celui de BFM Business évoquent le slow tourisme comme la réponse aux questions : comment continuer à voyager ? Comment partir en vacances tout en respectant les règles sanitaires ? Les contraintes liées au coronavirus ne permettent plus à l’individu de partir à l’étranger aussi facilement qu’avant, et les activités de loisirs sont réduites.

Les envies suivantes ont émergé ou ont été renforcées par la crise sanitaire : 

– Prendre l’air et de s’éloigner des grandes villes ;

– Se loger dans des hébergements assez privatifs et intimes, pour éviter le flux d’individus et les regroupements de masse ;

– Pratiquer des activités en plein air.

Le slow tourisme, qui prône la patience, la prudence et le retour à l’essentiel, permet donc aux voyageurs de continuer à partir en vacances tout en minimisant les risques liés à la crise sanitaire. Par ailleurs, Le cyclotourisme a augmenté de 30% entre l’été 2019 et 2020.

Pour aller plus loin :

Diversifier les activités dans un site historique

Lancer des activités dans un site historique

Concevoir une activité durable dans un château

Quels financements pour lancer une activité touristique ?