Introduction

À retenir :

  • Les JO réveillent des velléités remarquables de conservation et de valorisation du patrimoine.
  • Le parcours de la flamme olympique permet de mettre en valeur les sites patrimoniaux mythiques français.
  • Mais il serait souhaitable que les efforts engagés ne soient pas seulement ponctuels.

En 2023, les Journées Européennes du Patrimoine ont choisi de célébrer le sport, initiant ainsi une année culturelle presque entièrement consacrée à cette thématique, en raison de l’arrivée imminente des Jeux Olympiques. Citons à titre d’exemple Paris Musées qui a préparé l’événement en organisant ses expositions autour du thème « Art et sport » : L’Art équestre dans la Chine ancienne au musée Cernuschi, Victor Hugo s’escrime à la maison de Victor Hugo, Le Corps en mouvement au Petit Palais, etc.

L’année 2024 a donc vu les liens entre sport et patrimoine se renforcer considérablement.

Les Jeux Olympiques de Paris 2024 offrent une occasion unique de mettre en valeur le patrimoine français – et pas seulement le patrimoine sportif. De nombreux sites exceptionnels ont ainsi été rénovés à l’occasion des Jeux Olympiques, notamment dans le but d’en accueillir les épreuves. Le parcours de la flamme olympique renforce également le rayonnement international du pays et de son histoire, en traversant ses sites emblématiques.

I.               La flamme olympique parcourt les sites emblématiques français

Passage dans 30 lieux protégés par l’UNESCO

Le parcours de la flamme olympique de Paris 2024 traverse trente sites protégés par l’UNESCO. Parmi ces lieux, on retrouve des monuments historiques, des paysages naturels, ainsi que des sites témoins du patrimoine immatériel français. En voici quelques exemples:

  • Monuments historiques : le Château de Chambord, la grotte de Lascaux, la Basilique de Vézelay, Le Havre, la Cathédrale d’Amiens, etc.
  • Patrimoine naturel : le Mont-Saint-Michel et sa baie, le Canal du Midi, le Piton de la fournaise, etc.
  • Sites témoins du patrimoine immatériel français : les vignobles de Bourgogne et de Champagne.

Pourquoi ces lieux ?

De prime abord, il semble évident que c’est parce que ces lieux brillent par leur beauté ou par leur poids historique qu’ils ont été choisis.

Cependant, il existe une deuxième raison, liée à la première, qui va au-delà de cet aspect « instagrammable » et d’une vision de « carte postale » idéale de la France.

En parcourant ces sites emblématiques français, la flamme se fait le symbole unificateur d’une double diversité :

  • La diversité des nations, rassemblées autour des mêmes valeurs prônées par le sport : l’esprit d’équipe, le partage, l’amitié.
  • La diversité du patrimoine et des territoires français.

Ainsi, un site patrimonial local, ancré dans un territoire bien particulier, se trouve lié à tous les autres. Il forme alors comme une étape, un chapitre de la France et de son histoire. Il dévoile son identité, sa diversité, ses mutations. On le choisit donc parce qu’il est caractéristique, mais aussi parce qu’il diffère de tous les autres.

Au-delà du passage de la flamme, la mise en valeur du patrimoine liée aux JO passe aussi par le choix des lieux des épreuves: le château de Versailles, le Grand Palais, les Invalides, la place de la Concorde, etc.

II.             Un Paris des cartes postales offert aux visiteurs…

Vitrine internationale des caractéristiques des pays hôtes, les JO de Paris 2024 permettent de renforcer le visage d’une nation à forte identité touristique et patrimoniale.

Ainsi l’Etat et les différentes collectivités impliquées ont choisi de mieux mettre en valeur le patrimoine français aux yeux des visiteurs comme des téléspectateurs, en sélectionnant des lieux historiques comme zones d’épreuves olympiques, mais aussi parfois en restaurant des édifices dans le simple, et louable, objectif d’offrir aux visiteurs le meilleur de son patrimoine.

Quelques exemples ci-dessous de monuments qui ont bénéficié de ce mouvement de restauration et d’embellissement.

La Fontaine des Innocents : la Renaissance d’un joyau du XVIe siècle

Située place Joachim du Bellay, la Fontaine des Innocents est un chef-d’œuvre de la Renaissance française, classé monument historique depuis 1862. C’est l’une des plus anciennes fontaines de Paris : elle avait été érigée vers 1260 pour célébrer le retour des rois dans Paris après leurs sacres à Saint-Denis, et avait été remplacée par un édifice sous forme de loggia en 1548, sous le règne d’Henri II.

La fontaine, haute de 17 mètres, a vu à l’occasion des JO ses sculptures de nymphes, œuvres du génie de Jean Goujon, grand sculpteur français du XVIe siècle, être soigneusement nettoyées et protégées contre les effets néfastes du temps et de la pollution. Ce joyau architectural a également retrouvé toute sa splendeur grâce à la réactivation des jets d’eau et à l’installation d’un nouvel éclairage nocturne.

Une exposition au musée Carnavalet accompagne cette renaissance en plongeant ses visiteurs dans l’histoire mouvementée de la fontaine, qui n’a cessé de se métamorphoser au rythme des mutations urbaines.

Une nouvelle harmonie pour la place de la Concorde ?

À nouveau dans la perspective des Jeux d’été de 2024, la Ville de Paris a engagé des travaux de rénovation de la place de la Concorde, qui servira bientôt d’écrin des compétitions de basket 3×3, breakdance, BMX freestyle et de skateboard, et recevra même la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques.

Les travaux de restauration de cette place emblématique de Paris ont inclus entre 2022 et 2023 la rénovation de l’Obélisque de Louxor, qui a à cette occasion retrouvé sa pointe en acier doré, ainsi que celle des deux fontaines monumentales qui la ceignent – la Fontaine des Mers et la Fontaine des Fleuves – inaugurées en 1840. Ces travaux ont consisté en une mise en teinte minutieuse, en l’application d’une couche de cire protectrice sur les ornements et en la réfection des systèmes d’étanchéité des bassins.

Pas de Jeux…pas de rénovation, pas de rénovation…pas de Grand Palais, pas de Grand Palais…pas de Grand Palais ?

Le Grand Palais, fleuron de l’architecture parisienne de la fin du XIXe siècle, est fermé depuis 2021 pour de grands travaux de restauration. La première phase, achevée à temps pour les Jeux Olympiques de 2024, a permis de restaurer son immense Nef, qui accueillera les épreuves d’escrime et de taekwondo. Les rénovations apportées permettent à la fois de répondre aux exigences contemporaines en termes de sécurité et de confort, et de mettre en valeur l’histoire et la splendeur de ce bâtiment emblématique.

En effet, la Nef du Grand Palais, initialement conçue pour des exercices hippiques, a accueilli au fil des ans diverses activités culturelles, sanitaires (notamment transformée en hôpital pendant la Première Guerre mondiale) et sportives. Les JO permettront ainsi au Grand Palais de retrouver, l’espace de quelques semaines, l’une de ses fonctions premières.

Versailles (en) Chantiers : le château sous un nouveau Soleil

À Versailles, les JO ont aussi servi de catalyseur de la valorisation du patrimoine. Pour accueillir les épreuves équestres, le pentathlon et le cross-country autour de l’esplanade de l’Étoile royale et du Grand Canal, le château a tenu à se montrer sous son meilleur jour : restauration des berges du Grand Canal, du bassin d’Apollon, de la grille d’Honneur, de l’antichambre de l’Œil-de-Bœuf, des toitures de l’aile du Nord et du Grand Trianon.

De plus, les organisateurs ont pensé les épreuves de manière à ce qu’on n’endommage pas le parc: aucun arbre n’a été déplacé, et on n’a fait aucun ajout de terre extérieure qui aurait pu détériorer le sol. Tout sera remis en l’état après les Jeux.

III.            … avec des rénovations à marche forcée

Si les rénovations se sont achevées à temps pour les Jeux, celles-ci étaient souvent plébiscitées bien avant la période 2020-2024.

La fontaine des Innocents :

La fontaine des Innocents, comme la plupart des fontaines de la capitale, s’est trouvée abîmée par des décennies de pollution et d’intempéries qui ont corrodé son système hydraulique. Cependant, la Ville de Paris n’a cessé de reporter sa restauration, initialement prévue en 2014. En 2017, l’eau n’y coulait même plus.

L’arrivée imminente des Jeux Olympiques a donné l’impulsion nécessaire à l’État et à la Ville de Paris pour entamer enfin les travaux tant attendus. L’opération s’est achevée en juin dernier après un an de travaux, grâce à un investissement de 4,5 millions d’euros dont 600 000 financés par la DRAC Ile-de-France.

La place de la Concorde :

Le cas de la place de la Concorde est assez similaire à celui de la fontaine des Innocents. Après des années de plaintes et de pétitions, les travaux se sont enfin lancés pour restaurer la place, dont l’état avait atteint un niveau critique : fontaines à la mise en eau aléatoire, statues effritées, colonnes rouillées, lampadaires aux vitres brisées, pavement dégradé, etc.

Cela faisait un certain temps qu’historiens de l’art et citadins alertaient sur les dégradations de la Concorde, mais à nouveau, seule l’échéance des Jeux Olympiques parvint à faire réagir la Ville de Paris. Seulement, cette dernière étant trop proche, on dut concentrer les efforts : seules deux des huit guérites de la place représentant les grandes villes françaises (celles de Lille et Strasbourg) furent restaurées.

Cependant, la mairie de Paris a promis de rattraper le retard accumulé dès l’automne 2024, par d’importants travaux. Une commission d’experts, présidée par l’ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, a émis 12 propositions pour guider un projet de réaménagement qui débutera après approbation de la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA).

Le projet vise à « pacifier et rafraîchir » la place, lutter contre les îlots de chaleur, renouer avec le patrimoine végétal et historique, ainsi qu’à offrir de nouveaux usages. Il fait partie d’une initiative plus large de rénovation de l’axe porte Maillot/place Charles-de-Gaulle Étoile/avenue des Champs-Élysées. La réflexion de ces historiens, climatologues, architectes et autres spécialistes est nourrie par les contributions des Parisiens et des utilisateurs de la place, recueillies lors d’une concertation publique.

Le Grand Palais :

En ce qui concerne le Grand Palais, les travaux se poursuivront après les JO. On doit encore restaurer la moitié du site. La tâche est colossale puisque le bâtiment s’étend sur plus de 70 000 m², ce qui est plus grand que le château de Versailles. Il s’agit notamment de se prémunir d’un éventuel affaissement du bâtiment, puisque celui-ci est bâti sur des milliers de pilotis, et que dans la partie proche de la Seine, les pilotis pourrissent du fait de la baisse de la nappe phréatique.

La réouverture complète du palais au public est prévue pour 2026, preuve d’une restauration qui ne se limite pas aux Jeux et qui se veut a contrario instigatrice d’un avenir pérenne pour le monument.

Conclusion :

Les Jeux Olympiques ont globalement servi de catalyseur pour la valorisation et la rénovation du patrimoine français, tant par le passage de la flamme dans des lieux emblématiques, que par l’occasion que cette compétition au rayonnement international est pour une ville comme Paris de refaire peau neuve.

Cependant, bien que les récents efforts et travaux de rénovation témoignent d’une volonté louable de préserver et de valoriser le patrimoine, il est crucial qu’ils ne se limitent pas à des actions ponctuelles, mais qu’il fasse l’objet d’une attention continue et non seulement sporadique, ou au gré d’événements de grande envergure. De ce point de vue-là, l’État et la Ville de Paris ont engagé des efforts concrets. Espérons donc que cette dynamique se poursuive.

Pour aller plus loin

Cet article aborde la question et les enjeux liés à la restauration et la réhabilitation du patrimoine religieux en France.

Introduction

Cet article permet d’aborder la question de la restauration et de la réhabilitation du patrimoine religieux en France et les questions qui l’entourent. Il sert aussi d’introduction à la micro-étude produite précisément autour de la question de la réhabilitation du patrimoine religieux désacralisé.

Ce qu’il faut retenir : 

– Réhabiliter son patrimoine religieux est un projet qui doit être mené au cœur d’une politique de développement territorial ;

– Restaurer son patrimoine religieux nécessite quasi-systématiquement de créer un tour de table de financement à la fois public et privé ;

– Il existe une solution alternative à l’action de financement direct de son patrimoine avec la possibilité de recourir au bail emphytéotique administratif (BEA).

Réhabiliter le patrimoine religieux, une question de développement territorial et d’enjeux actuels

Le développement territorial est un sujet à la fois vaste et complexe à appréhender. Il existe une multitude de manières et de façons de faire pour y contribuer. 

Pour y parvenir, la tentation primordiale qui vient à l’esprit est de créer de nouveaux espaces, de nouvelles zones d’activités ex-nihilo afin de répondre le plus précisément possible à ce besoin. Cependant, vient alors rapidement le problème du coût pour acheminer cette méthode. Aujourd’hui, on ne parle d’ailleurs plus uniquement de coût financier mais aussi de coût -ou plutôt d’impact- écologique. Les pouvoirs publics font face à des défis soumis à des enjeux de plus en plus variés et plus grands encore qu’il y a quelques décennies.

Alors, l’autre option à envisager est celle de s’appuyer sur les ressources que possèdent le territoire. Ainsi, les infrastructures que l’Histoire a laissé en héritage sont une ressource essentielle sur lesquelles les pouvoirs publics peuvent s’appuyer. Optimiser l’espace laissé disponible par les bâtiments historiques est l’autre moyen commun à tous les territoires qui peut être intégré à une politique de développement économique, social, culturel et/ou écologique. On parle alors de nouveaux usages ou de réhabilitation. 

La place importante du patrimoine religieux dans le paysage urbain et rural

Or, quel type de bâtiment répondant à ces caractéristiques retrouve-t-on dans chacun ou presque des territoires qui composent notre paysage ? Il s’agit bien sûr du patrimoine religieux, composé très majoritairement d’églises mais aussi d’abbayes, de chapelles ou encore de couvents. Avec le recul de plus en plus important de la pratique religieuse, les édifices sont de plus en plus délaissés. De plus, cela rejoint une autre problématique intimement liée au développement du territoire. La bonne conservation du patrimoine est un autre défi majeur pour beaucoup de communes aujourd’hui. La question du financement de cette conservation est également au cœur des préoccupations.

Ces enjeux sont en France soumis à des problématiques d’actions. Suite à la politique de décentralisation des services de l’Etat mise en œuvre depuis les années 1960 et poursuivie jusque ces dernières années, de nombreux acteurs ont reçu des pouvoirs d’intervention concernant la conservation et la restauration du patrimoine. Cela n’échappe pas au patrimoine religieux qui s’est retrouvé sous le giron des collectivités publiques dès 1907 et la loi concernant l’exercice public des cultes. 

Restaurer le patrimoine religieux nécessite souvent des montages financiers complexes

Cela est d’autant plus vrai lorsque l’on cherche à obtenir des financements pour entretenir son patrimoine religieux. Lorsque l’édifice est protégé aux Monuments Historiques, la Direction des Affaires Culturelles (DRAC) peut être sollicitée pour aider au financement. Le ministère de la Culture peut lui-même être directement intégré à un projet via les fonds dédiés à la restauration du patrimoine des petites communes qu’il met à disposition. D’autres acteurs comme le département, la région, la mairie ou encore les différentes intercommunalités comme les métropoles ou les communautés de communes ont également des réserves pour le financement du patrimoine. 

En bref, financer la sauvegarde de son patrimoine religieux, qui est menacé par le temps et parfois de démolition, réclame de réussir un sacré jeu d’équilibriste pour réunir un tour de table de financements. Ce tour de table n’est d’ailleurs jamais entièrement complété par les seules dotations publiques. 

Ainsi, les communes qui cherchent à restaurer leur patrimoine religieux doivent presque systématiquement compléter ces ressources par des financements privés. Il peut s’agir de sources venues d’entreprises ou de particuliers, de mécènes ou d’investisseurs également usagers des lieux.

En effet, l’Observatoire du Patrimoine Religieux estime à quelques milliers d’euros par an les dépenses d’entretien d’un édifice cultuel. Les travaux de structure importants quant à eux dépasseraient régulièrement le million d’euros. L’OPR souligne également qu’un « entretien régulier demeure bien moins coûteux sur le long terme que des travaux urgents et massifs qui auraient été trop longtemps négligés ».

Il est alors aisément imaginable que ces coûts pèsent énormément dans le budget des diverses collectivités. Surtout si elles n’en retirent aucune ressource financière permettant de contrebalancer ces coûts.

Valoriser autrement son patrimoine religieux et l’intégrer dans sa politique de développement du territoire

Donc si la « simple » restauration est la solution la plus préférable, les élus réfléchissent de plus en plus à valoriser le patrimoine religieux via sa réhabilitation. Celle-ci peut prendre des formes aussi diverses qu’insolites. Régulièrement l’objet d’appels à projets, les églises, couvents et autres abbayes désaffectés attirent les intérêts d’investisseurs. Ceux-ci sont en quête de lieux à la fois disponibles, souvent déjà ancrés au sein et au centre d’un territoire, et louables sous des conditions juridiques intéressantes. 

En effet, il existe un outil juridique qui permet aux collectivités de valoriser financièrement l’attractivité de son patrimoine. Il s’agit du BEA ou bail emphytéotique administratif . Celui-ci s’adresse aux collectivités publiques (et aux établissements de santé) . Il permet à ces dernières de concéder en location à très long terme l’utilisation d’un bâtiment. La durée du bail peut aller de 18 ans à 99 ans. Ainsi, en contrepartie d’un loyer très faible, l’emphytéote (autre nom donné au locataire) investit l’endroit. Il prend entièrement en charge les coûts de restauration et d’entretien nécessaires. À la fin du bail, la collectivité récupère le bâtiment dans son entièreté. Elle peut choisir de reconduire ou non le bail.

Pour les mairies et les pouvoirs publics, il s’agit d’un moyen efficace de lancer ou relancer les dynamiques de son territoire. Les lieux patrimoniaux religieux peuvent se prêter à des activités foisonnantes qui permettent d’accroître la dynamique économique et culturelle du territoire. Le patrimoine religieux peut également voir ses lieux utilisés en dernier recours pour améliorer la politique sociale de la ville. Finalement, réhabiliter sa chapelle ou son église est un choix intimement lié à la politique de développement d’un territoire dans son ensemble.

Conclusion

La restauration et la réhabilitation du patrimoine religieux répondent à des enjeux multiples et sont des questions qui peuvent pleinement s’intégrer à des politiques de développement territorial. Ce patrimoine participe à faire rayonner un territoire. Trouver des moyens pour toujours davantage le mettre en valeur est crucial pour réussir à le conserver.

La micro-étude qui a été produite permet d’aborder cette question des nouveaux usages du patrimoine religieux désaffecté très concrètement.  Si vous souhaitez en savoir plus à ce sujet, téléchargez notre micro-étude ci dessous :

Si elle n’a pas pour but d’être exhaustive, elle permet de dégager les principaux enjeux liés à la réhabilitation du patrimoine religieux désacralisé. Elle met également en lumière des projets réels qui ont vu le jour ces dernières années. Des projets aboutis ou non, des réussites ou non, la micro-étude tend à faire un tour de la question. Son but est également d’analyser les évènements survenus lors de leur production pour en établir des synthèses. 

Pour aller plus loin : 

Développer des activités au cœur des abbayes

Club de mécènes de Fontevraud

En France, le tourisme de mémoire permet aux territoires de valoriser leurs monuments et sites marqués par l’histoire. 

L’important à retenir de cet article :

Le tourisme de mémoire est une notion très vaste englobant une quantité de lieux de mémoire divers. Toutefois, plus le lieu est chargé d’une histoire sombre et contemporaine, à l’instar des deux guerres mondiales, plus il attirera les publics. En effet, l’aspect sensible est très important dans le tourisme de mémoire. Le recueillement et la commémoration sont des motivations pour les visiteurs.

– Le tourisme de mémoire fonctionne bien en France et se développe de plus en plus.

– En effet, les lieux de mémoire sont nombreux en France et jalonnent l’intégralité de son territoire. 

Introduction : 

Le tourisme de mémoire est pratiqué depuis plusieurs années. À travers le fil rouge du patrimoine mémoriel et de l’histoire, le tourisme de mémoire permet aux voyageurs de découvrir un territoire. Pour l’anthropologue Franck Michel, le tourisme de mémoire est avant tout caractérisé par son lien étroit avec le devoir de mémoire : faire mémoire, se recueillir et transmettre aux générations futures.

Répandu dans le monde, le tourisme de mémoire touche à la fois à l’intime et à un patrimoine commun. L’aspect sensible est à prendre en compte dans le tourisme de mémoire, car les lieux touchent souvent à des épisodes funestes de l’histoire.  

L’offre touristique de mémoire est un complément économique, culturel et attractif. Sa spécificité le rend unique. Le tourisme de mémoire comprend divers enjeux : pédagogiques, civiques et culturels. 

Générant chaque année environ 20 millions de visiteurs en France, le tourisme de mémoire est une pratique importante en France.

Présentation du tourisme de mémoire

Dans l’imaginaire commun, le tourisme de mémoire se résume aux mémoriaux de guerre, surtout ceux des deux guerres mondiales. Bien que les mémoriaux soient très importants dans le tourisme de mémoire, la notion est plus vaste et englobe divers sites historiques.

Le tourisme de mémoire est une forme de tourisme axée sur le patrimoine historique d’un lieu, surtout lorsque celui-ci témoigne ou a été marqué par un évènement ou une période. Néanmoins, il peut aussi s’agir de lieux créés spécifiquement pour accueillir les touristes souhaitant se recueillir autour d’un lieu ou d’un épisode de l’histoire.

Cet évènement ou période peut être fondateur pour l’histoire du lieu et du pays, et/ou potentiellement douloureux. Parmi les lieux concernés par le tourisme de mémoire, il y a notamment :

– Les lieux ayant une histoire marquée par une bataille ou une guerre, comme Les Plages du Débarquementen Normandie ou le Chemin des Dames  rancets-de-France ;

– Les mémoriaux et musées dédiés à la guerre, à l’instar du Mémorial de Caen

Le tourisme de mémoire inclut aussi les anciennes prisons, les forts et citadelles, les bunkers ou encore les bases-sous-marines. Les cimetières sont aussi des hauts-lieux pour le tourisme de mémoire, qu’il s’agisse de cimetières militaires comme celui d’Omaha Beach (Calvados) ou civils comme le cimetière du Père Lachaise(Paris).

Le tourisme de mémoire peut être un but en soi ou une étape sur un parcours. Dans les deux cas, la mise en scène autour des lieux et l’aspect pédagogique sont primordiaux, afin de préserver la sensibilité du public tout en éveillant les consciences.

La part sensible du tourisme de mémoire

L’aspect sensible et émotionnel est très important dans le tourisme de mémoire, car ce dernier touche à notre histoire et ce qu’elle a d’intime. Ainsi, la visite de certains lieux de mémoire marqués par une histoire particulièrement douloureuse doit être réalisée avec tact et pédagogie. Par exemple, à l’échelle mondiale, l’un des sites les plus visités dans le cadre du tourisme de mémoire est le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. Témoin funeste d’une très sombre période de l’histoire, de nombreux individus ressentent le besoin d’aller s’y recueillir. 

Néanmoins, cela sera surtout valable pour des lieux témoins d’une histoire récente. En ce qui concerne les anciennes forteresses ou prisons, l’impact émotionnel n’est pas le même. Certains lieux attirent donc uniquement pour leur aspect historique, voir architectural, tandis que d’autres sont des lieux sensibles, appelant à la commémoration.

Exemple du Mémorial de la Shoah

Ouvert depuis 2005, le Mémorial de la Shoah est un lieu de mémoire consacré à l’histoire juive durant la Sconde Guerre mondiale, dont l’axe central est la Shoah. Le lieu compte différents lieux de mémoire. 

Le Mémorial de la Shoah est le fruit de la fusion entre deux entités : le Centre de Documentation Juive Contemporaine (CDJC) et le Mémorial du Martyr Juif Inconnu. La première entité fut créée clandestinement en 1943, en pleine guerre, afin de rassembler et conserver des preuves des actions de persécutions perpétrées à l’encontre des juifs. La seconde entité, le Mémorial du Martyr Juif Inconnu, fut inaugurée en 1956. Il s’agit d’un tombeau-mémorial destiné à commémorer les victimes de la Shoah. Il héberge le CDJC. 

En 2005, l’ensemble des lieux de mémoire du site ont été rassemblé pour devenir le Mémorial de la Shoah. Le lieu inclut notamment le Mur des Noms, le Mur des Justes et le Mémorial des Enfants.

Le Mémorial de la Shoah est à la fois un lieu de mémoire et de recueillement, mais aussi de pédagogie. Né de la volonté d’obtenir justice et de ne jamais oublier, le Mémorial poursuit ce but encore aujourd’hui. Le lieu organise des expositions temporaires et des conférences en lien avec la Shoah, accueillant la parole de témoins.

Les lieux de mémoire, à l’instar du Mémorial de la Shoah, sont aussi là pour continuer à faire vivre l’histoire, surtout ses heures les plus sombres, afin que les générations futures n’oublient pas.

La France, terre d’histoire et de mémoire

La France est un pays dont l’histoire est marquée par les conflits et évènements fondateurs. Le pays joue beaucoup sur ces grands évènements historiques à travers de nombreuses commémorations nationales, ainsi que des célébrations plus locales. Les évènements commémoratifs participent grandement à l’intérêt du public pour la mémoire et les lieux qui s’y rapportent. 

En outre, ces évènements génèrent une hausse du flux touristique dans les lieux concernés. Par exemple, en 2018, la France fêtait le centenaire de la fin de la Première Guerre Mondiale. Cette année-là, les sites mémoriels dédiés à cette guerre ont vu leur fréquentation fortement augmenter. 

Les régions françaises importantes pour le tourisme de mémoire

Bien que des lieux de mémoire soient dispersés partout sur le territoire français, certaines régions sont particulièrement importantes pour le tourisme de mémoire. Cela s’explique par :

– L’abondance de lieux de mémoire sur leur territoire ;

– Un territoire marqué par des conflits contemporains.

La Normandie, leader du tourisme de mémoire français

En France, la région la plus importante pour le tourisme de mémoire est la Normandie. Marquée principalement par la Seconde Guerre Mondiale, le territoire normand compte parmi les hauts-lieux du tourisme de mémoire.

Tout d’abord, la région possède de nombreux musées et mémoriaux. Bien que le musée ou mémorial le plus visité de France soit le Musée de l’Armée à Paris, tous les autres figurant en haut du classement sont situés en Normandie. Parmi ces sites, il y a notamment le Mémorial de Caen, qui occupe la deuxième place. Consacré à l’histoire du XXème siècle, le Mémorial de Caen est un musée historique dont la thématique principale tourne autour de la fragilité de la paix. Labellisé « Musée de France », le lieu fait aussi parti de l’International Network of Museums for Peace.

D’autres lieux comme le Musée du débarquement à Arromanches et le Musée Arromanches, respectivement 3ème et 4ème du classement, retracent l’histoire du débarquement en Normandie.

En plus de ces musées, la région Normandie possède un patrimoine naturel marqué par la guerre, avec notamment Les Plages du Débarquement. Des millions de visiteurs viennent chaque année découvrir ces lieux où l’histoire de France s’est écrite. 

Les Hauts-de-France et la Grande Guerre

Les Hauts-de-France sont la deuxième région la plus fréquentée pour le tourisme de mémoire. Possédant la plus grande nécropole de France, la nécropole Notre-Dame de Lorette, la région est très marquée par la Grande Guerre. Théâtre de guerre mais aussi de paix, les Hauts de France possèdent plusieurs grands sites de tourisme de mémoire, tels que :

– La carrière Wellington, réseau de galeries souterraines qui ont joué un rôle majeur durant la guerre ;

– La Clairière de l’Armistice, où s’est déroulée la négociation puis la signature de l’armistice le 11 novembre 1918.

Tristement célèbre, le plus connu d’entre tous est le Chemin des Dames. Théâtre de plusieurs batailles durant la Première Guerre Mondiale, le Chemin des Dames est un lieu de recueillement et de commémoration. Le lieu propose aussi diverses ressources pédagogiques afin d’apprendre aux plus jeunes ce qui s’est déroulé en ces lieux.

Valoriser un territoire et un patrimoine grâce au tourisme de mémoire

Présent partout sur le territoire, les lieux de mémoire possèdent un fort potentiel et génèrent un important flux touristique. Le tourisme de mémoire peut donc être une excellente manière de valoriser son territoire, notamment grâce à des activités à la fois pédagogique et commémoratives.

Le tourisme de mémoire plait à tout le monde, et surtout aux familles

Les études du public et témoignages démontrent que le tourisme de mémoire est souvent pratiqué par des familles. En effet, les parents souhaitent apprendre à leurs enfants l’histoire de leur pays, dans cette volonté de transmission et de ne jamais oublier. Les lieux s’adaptent donc en proposant des activités pédagogiques et ludiques.

Le Centre Juno Beach en Normandie rend hommage aux soldats canadiens ayant perdu la vie durant la Seconde Guerre Mondiale. Le Centre tire son nom de la plage Juno Beach, l’une des cinq plages du débarquement. Ce centre est un excellent exemple de lieu de mémoire adapté aux enfants. En effet, le lieu utilise divers équipements afin d’attirer l’attention des enfants comme des modules interactives et des écrans tactiles. Tout au long de la visite, les enfants doivent collectionner des « points coquelicots », dans un jeu de piste grandeur réelle. Les coquelicots sont une référence au coquelicot de la Légion Royale Canadienne.

Véritablement pensé pour les enfants, le Centre Juno Beach attire les curieux et les familles. Moins célèbre que la Pointe du Hoc ou Omaha Beach, le Centre se démarque grâce à ses équipements pédagogiques.

Développer des activités touristiques et culturelles au sein d’un lieu de mémoire

Valoriser un lieu de mémoire par des activités culturelles et touristiques permet de le dynamiser et de l’inclure dans la vie d’un territoire. 

À Saint-Nazaire dans les Pays-de-la-Loirela Base-sous-marine est au cœur des activités touristiques de la ville. Sa place est si importante que l’Office de Tourisme s’y est installé. 

Forteresse défensive construire par l’armée allemande durant la Seconde Guerre Mondiale afin d’y abriter leurs sous-marins, la Base-sous-marine est désormais un haut lieu du tourisme à Saint-Nazaire. Monument emblématique de la ville, c’est un incontournable. Des visites guidées sont proposées, bien que le lieu puisse aussi se visiter librement. Tout d’abord, il est possible de visiter certaines alvéoles ouvertes de la base. Les visiteurs peuvent aussi monter sur le toit de la base, qui offre une vue panoramique sur le port de Saint-Nazaire.

À la Base-sous-marine, les visiteurs ont accès à un certain nombre d’activités et équipements, comme un restaurant, une salle d’exposition et de concert et une boutique-souvenirs. Deux activités sont particulièrement réputées auprès des touristes :

– L’Escal’Altantic, musée-paquebot unique ;

– L’Espadon, seul sous-marin à flot visitable de France. 

Toutes ces activités mettent en avant le patrimoine de Saint-Nazaire grâce à son lieu de mémoire. La base-sous-marine est un atout touristique majeur pour la ville. Dans la même veine, le port militaire de Cherbourg est un acteur touristique de son territoire, notamment grâce à son sous-marin « Le redoutable ». 

Des aides publiques existent pour développer le tourisme de mémoire

Le tourisme de mémoire est un levier pour l’attractivité des territoires, comme le démontre l’exemple précédent de Saint-Nazaire et sa Base-sous-marine. Plusieurs régions ont compris cela. De ce fait, elles ont décidé de s’engager auprès des acteurs du tourisme et du patrimoine afin de développer le tourisme de mémoire. Voici quelques exemples de subventions régionales ;

– Les Hauts-de-France s’engagent dans l’accompagnement et la modernisation de l’offre de tourisme de mémoire ;

– Le Grand Est propose une aide financière pour protéger ses monuments aux morts ;

– L’Occitanie met en place une aide aux collectifs, associations ou entreprises, qui valorisent le patrimoine de mémoire.

Le Ministère des armées peut aussi soutenir des projets. En effet, il lance régulièrement des appels à projets dédiés au développement et/ou à l’innovation dans le tourisme de mémoire.

Conclusion :

Attirant chaque année de nombreux visiteurs, les lieux de mémoire sont des atouts pour le territoire. Les flux de touristes qui viennent visiter ces lieux peuvent ensuite en profiter pour découvrir les autres atouts d’une région : son patrimoine historique, naturel ou culturel. Ainsi, le tourisme de mémoire est un levier autant pour les propriétaires privés que pour les collectivités souhaitant valoriser leur patrimoine. 

Soit celui-ci se prête directement à du tourisme de mémoire, auquel cas il est très intéressant d’y développer des parcours et activités dans ce domaine. Soit le lieu ne s’y prête pas, mais peut offrir une activité complémentaire aux visiteurs : activité culturelle ou d’accueil, hébergement, restauration. En outre, le lieu peut accueillir un évènement en lien avec la mémoire comme une commémoration solennelle, une reconstitution historique ou encore un concert.

Pour aller plus loin :

Organiser une reconstitution historique dans un château

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Avec l’épidémie de Covid-19, le tourisme de proximité réveille les territoires !

L’important à retenir de cet article :

La tendance du tourisme de proximité s’est accélérée avec la crise sanitaire. Cette pratique permet aux acteurs du secteur touristique, dont le patrimoine et la culture font partie, de conquérir le public local. Loin des grands voyages et du tourisme de masse, le tourisme de proximité favorise la découverte, ou redécouverte, de son territoire. Il s’agit d’un véritable atout pour le développement économique des territoires, permettant aux sites culturels et patrimoniaux d’être des acteurs essentiels et ancrés dans leur territoire.

Introduction :

Depuis plusieurs années, la tendance du tourisme de proximité s’est imposée. La crise sanitaire a accéléré l’intérêt des publics pour cette pratique qui s’intègre dans les nouvelles formes de tourisme responsable. À l’instar du slow tourisme, le tourisme de proximité veille à valoriser les territoires en préservant l’environnement.

La France est un terrain propice au tourisme de proximité. En effet, les régions françaises regorgent de châteaux, d’édifices historiques et de musées à découvrir. En complément de ce patrimoine historique et culturel, la France possède aussi un important patrimoine naturel. Avec six massifs montagneux, plus de 5 000km de côtes et 430 000km de rivières, la France offre aux voyageurs des univers de destination touristique très variés.

L’essor du tourisme de proximité depuis la crise sanitaire

La crise sanitaire que le monde traverse depuis près de deux ans a impacté les modes de consommations et de voyages des individus. Le tourisme et la culture sont des secteurs qui ont été particulièrement touchés. Pourtant, la situation actuelle s’est avérée bénéfique pour le tourisme de proximité. La conférence « Patrimoine et tourisme de proximité » menée par Sites et Cités remarquables de France révèle que 94% des français qui sont partis en vacances ont voyagé dans le territoire en 2020. 

Qu’est-ce qui caractérise le tourisme de proximité ?

Avant d’aller plus loin, il est essentiel de rappeler la définition du tourisme de proximité.

Le tourisme de proximité se caractérise par une destination proche de chez le touriste, généralement jusqu’à trois heures de son domicile. Deux grandes catégories de clients se distinguent :

– Les locaux, habitants généralement à moins d’une heure de voiture ;

– Les régionaux, habitants à deux ou trois heures de leur lieu de vacances. 

Les touristes régionaux génèrent souvent des nuitées, contrairement aux touristes locaux.

Derrière la notion de tourisme de proximité se cachent aussi la volonté d’aider les entreprises locales, de relancer l’économie et de valoriser toutes les richesses du territoire : qu’elles soient culturelles, patrimoniales, naturelles, sociales, etc.

En effet, avec les différentes limitations liées aux mesures sanitaires, les individus désirant voyager ont dû se tourner vers des destinations de proximité. Des campagnes de communication comme #CetÉtéJeVisiteLaFrance ont été mise en place par Atout France, acteur majeur du tourisme en France. Les institutions publiques aussi ont créées des initiatives pour valoriser le tourisme de proximité. 

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Campagne Atout France « #CetÉtéJeVisiteLaFrance » ⓒacteurs.tourisme.bretagne.bzh

En Occitanie, la région a créé la carte « Occ’ygene ». Destinée principalement aux familles, aux jeunes et aux séniors, la carte donne accès à des avantages sur de nombreuses activités de loisirs au sein du territoire. Ce partenariat établit entre certains établissements et la région suscite chez les publics cibles l’envie de voyager au cœur de la région.

Voici quelques-unes des activités partenaires :

– La visite de la Ferme du Gazénas, à destination surtout des étudiants et chômeurs, dans une démarche mêlant agritourisme et proximité ;

– L’exploration et la découverte de Terra-Vinéa, caves exceptionnelles prenant place dans une ancienne carrière de gypse ;

–  La visite animée du Fort Lagarde, monument historique classé situé à Prats-de-Mollo.

Les avantages du tourisme de proximité en temps de crise sanitaire

Depuis le début de la crise, les touristes qui voyagent prêtent attention aux règlementations et à leur sécurité sanitaire. De ce fait, le tourisme de proximité est un avantage car il garantit la connaissance du protocole sanitaire mis en place. Cet élément est rassurant et sécurisant pour les voyageurs.

Consciente de l’importance de ce critère, la région Normandie a mis la sécurité et la rassurance en avant sur site à travers un article intitulé « 10 sites ou musées à visiter en famille en toute confiance ». L’utilisation du mot « confiance » n’est pas anodine. En effet, la confiance d’un individu à l’égard d’un lieu influence directement sa venue sur le lieu. À ce titre, c’est un des piliers essentiels pour une bonne stratégie click and mortar.

  Parmi les lieux répertoriés par l’article cité précédemment, il y a notamment le Château de Beaumesnil et le Château de Dieppe.

La confiance d’un client envers un produit, une offre ou un lieu repose sur la certitude d’obtenir le résultat attendu. Dans un premier temps, le consommateur prend donc en compte son propre ressenti ainsi que les expériences des précédents clients. La confiance est nécessaire pour fédérer sa clientèle, qui sera ensuite plus à même de partager son expérience autour d’elle.

Le tourisme de proximité, un atout pour les territoires et le patrimoine

Si les régions portent un intérêt croissant pour le tourisme de proximité, c’est parce qu’il s’agit d’un véritable atout. Participant au développement du territoire, autant économique, que culturel et social, le tourisme de proximité crée des interactions entre les acteurs de la région et les habitants. 

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Il est donc primordial pour les régions de valoriser leurs principaux atouts. Parmi les éléments qui participent à la motivation d’un public pour une destination plutôt que pour une autre, trois piliers semblent essentiels :

– La culture et le patrimoine ;

– La nature ;

– Les loisirs.

Parmi le pilier regroupant culture et patrimoine, se cache aussi la gastronomie, l’artisanat régional, les métiers d’arts traditionnels. L’œnologie et la mixologie sont aussi des atouts à valoriser à travers la mise en place de circuits d’oenotourisme. Les touristes sont de plus en plus friands de destinations et d’activités authentiques.

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Pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux et culturels, divers développements d’activités sont envisageables dans le cadre du tourisme de proximité :

– De l’hébergement, axé sur des courts séjours, et de la restauration valorisant la gastronomie locale ;

– Des séjours thématiques, pour proposer une offre qui soit différenciante, en rapport avec l’identité du territoire ;

– Des visites culturelles, activités ou animations.

Afin de se démarquer dans le territoire, le lieu doit proposer une offre spécifique et qui marquera son identité auprès du public. Il peut aussi envisager des partenariats avec d’autres acteurs locaux ainsi qu’avec les institutions publiques et spécialisées. En effet, le tourisme de proximité étant d’utilité publique et locale, ces institutions sont des alliées indispensables.

Dans cette idée, il est aussi intéressant de s’inclure dans des circuits de visites thématiques, mis en place par les offices et agences touristiques ainsi que les institutions publiques.

Bien mettre en place le tourisme de proximité

Avant toute chose, le tourisme de proximité repose sur son accessibilité. En effet, la destination se doit d’être accessible par divers moyens car tout le monde ne possède pas de voiture ou ne désire pas voyager de la sorte. Il est donc essentiel de mettre en place divers modes de transports :

– Les transports en commun : bus, car, train, etc. ;

– Les transports plus écoresponsables et durables, comme le vélo ou la randonnée. 

Le tourisme de proximité se voulant généralement responsable et durable, les transports en commun ou propres sont souvent privilégiés par les voyageurs. Avec 15 000km de pistes cyclables et 180 000 sentiers de randonnées, les territoires français sont un terrain propice au tourisme de proximité en itinérance. Les parcours cyclotouristiques sont très prisés, à l’instar de la Loire à Vélo, qui permet de découvrir le patrimoine du Val de Loire.

Pour les territoires possédant des voies maritimes, les transports fluviaux sont une excellente manière d’attirer les touristes. En effet, le tourisme fluvial est lui aussi en plein essor car il permet aux touristes de se déplacer dans les territoires de manière originale, en alliant moyen de locomotion et hébergement. Grâce aux bateaux sans permis, le tourisme fluvial est aussi ouvert aux navigateurs néophytes !

Les outils de communication au service du tourisme de proximité

Le tourisme de proximité nécessite aussi de la visibilité auprès de son public. Bien que le caractère de proximité puisse faciliter l’accès à l’information, il est néanmoins important de déployer une campagne de communication efficace pour attirer l’attention du public. L’idée est de faire prendre conscience au public des opportunités de découvertes et de villégiature du territoire. 

Cette communication passe par différents canaux :

– On-line : les blogs et sites spécialisés, les bannières publicitaires en ligne, les sites des offices de tourisme, les réseaux sociaux et newsletters ;

– Off-line : l’affichage publicitaire, les flyers, la distribution dans les offices de tourisme, etc.

Afin d’attirer le public, il est possible d’organiser des jeux concours ou des quiz, qui permettent d’avoir une interaction directe avec le public, notamment sur les réseaux sociaux.

À titre d’exemple, l’agence d’attractivité Hello Lille a mobilisé les réseaux sociaux pour son opération « Une Nuit à l’Opéra ». En effet, l’agence a organisée un concours sur leur page Facebook pour permettre à deux personnes de remportée une nuit à l’Opéra de Lille. 

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Concours « Une nuit à l’Opéra » ©Hello Lille

La qualité et la bonne tenue régulière du site internet dédié au lieu patrimonial est aussi essentiel. En effet, un site internet proposant un contenu de qualité contribue à l’intérêt du public, selon la stratégie du click and mortar.

Comment éveiller l’attention des publics de proximité ?

Afin d’attirer les publics de proximité sur son territoire, il est aussi nécessaire de proposer des activités attractives. En effet, il convient de se rappeler pourquoi les individus voyagent, qu’est-ce qu’ils recherchent. Généralement, les vacances et voyages permettent aux touristes de se couper de leur quotidien, en découvrant un nouvel endroit. Les notions de nouveauté et de « coupure » sont fondamentales. Ainsi, le tourisme de proximité doit trouver comment apporter cela aux voyageurs, sans qu’ils ne quittent leur territoire.

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Dans un premier temps, le profil de la clientèle va influencer ses attentes :

– Les locaux ne pourront que très difficilement être surpris par un lieu : il convient donc de miser sur des animations et activités qui soient dépaysantes, surprenantes et enrichissantes.

– Les régionaux, qui pourront plus facilement découvrir un nouveau lieu et se couper ainsi de leur quotidien. Parfois, il suffit simplement de changer d’univers pour se sentir loin de chez soi.

Dans un second temps, voici quelques ingrédients indispensables pour éveiller l’intérêt du public :

– L’aspect découverte à travers des activités et expériences inédites, une visite particulière, une rencontre unique ;

– Le sur-mesure et « l’ultra-personnalisation », grâce à des activités entièrement personnalisables, plaçant les envies du public au cœur des offres.

Il convient aussi d’adapter son offre touristique à toutes les typologies de public, selon des critères économiques et pratiques. En effet, une famille n’aura pas forcément les mêmes envies qu’un couple sans enfant, ou qu’une personne seule. Prendre conscience de ces différentes typologies de publics et leur mode de consommation dans le patrimoine sont des prérequis essentiels.

Conclusion :

Le tourisme de proximité est un atout pour les territoires autant que pour les sites patrimoniaux et culturels. Principaux éléments d’attractivité, ces lieux attirent les publics. Diverses activités peuvent y être développées afin de répondre à la demande grandissante des touristes de proximité : hébergement, restauration, séjours thématiques, expériences ou activités culturelles, etc.

Pour un propriétaire ou un gestionnaire de site patrimonial souhaitant le promouvoir auprès des touristes de proximité, il est nécessaire de mettre en place une bonne campagne de communication ainsi que des partenariats avec les autres acteurs et institutions locales.

Pour aller plus loin :

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Comment rendre utile le patrimoine français ?

Lancer des activités dans un site historique

Comment revitaliser les territoires  : le Programme Action cœur de ville pour réinvestir les villes moyennes de leur dynamisme urbain

L’important à retenir

Le programme Action cœur de ville vise à revitaliser les centres des villes de taille moyenne. Une ville de taille moyenne compte entre 20 et 100 000 habitants. Ceci afin pour qu’elles réintègrent leurs places au niveau du maillage territorial. Les actions menées concernent notamment :

– le réaménagement urbain

– les restaurations et réhabilitations de bâtis anciens

– la mise aux normes des centres urbains en terme de sécurité, d’accessibilité et de transition énergétique

– la revalorisation du patrimoine

Introduction

L’État a initié le programme Action coeur de ville dans l’idée de réanimer la dynamique des centres-villes, notamment pour les bourgs de taille moyenne. Le Premier ministre Edouard Philippe aborde pour la première fois ce programme en public en décembre 2017. Il annonce que ce programme sera étendu sur cinq ans (2018-2022). Le plan ACV ensuite été lancé en avril 2018 par le Ministère de la Cohésion des territoires et les collectivités territoriales. Le programme a été conçu en partenariat avec les élus locaux et l’Association Ville de France mais aussi trois acteurs financiers : Action Logement, la Banque des territoires et l’Agence nationale de l’habitat.

Revitaliser les territoires : une enveloppe de 5 milliards d’euros

Le budget investi s’élève à cinq milliards d’euros injectés par le gouvernement afin de répondre à 7 enjeux prioritaires :

– Restructurer l’habitat (constructions neuves, restaurations/réhabilitations du bâti ancien)

– Redynamiser l’économie (favoriser l’installation et l’essor des commerces et entreprises)

– Augmenter les connexions physiques (accessibilité, mobilité) et numériques

– Valoriser le patrimoine et les sites publics

– Rendre plus attractifs les centres autour de services qualitatifs (loisirs, cultures, sport …)

– S’inscrire dans une politique environnementale respectueuse (gestion des déchets, réduction de la consommation d’énergies, biodiversité …)

– Aider à l’innovation notamment avec le développement de smart city (villes intelligentes)

Action cœur de ville (ACV) cible 222 villes de taille moyenne.

Carte des 222 villes françaises éligibles au Programme Action coeur de ville pour revitaliser les territoires

Ces villes concentrent environ le quart de la population française et jouent un rôle majeur dans le développement des régions. Certaines bénéficient d’un certain essor. D’autres subissent une chute de leur démographie, de leur économie et de leur dynamisme. Ainsi, un peu plus de la moitié des villes moyennes subissent un taux de vacance commerciale supérieure à 10 %. La vacance commerciale désigne la non-exploitation de locaux commerciaux. Ce taux de 10 % de non-exploitation commerciale est révélateur d’un certain déficit économique pour la plupart des villes moyennes.

C’est donc dans une volonté de relancer la dynamique de ces pôles urbains que le programme Action cœur de ville a été initié. L’objectif est de réduire la fracture territoriale et d’améliorer les conditions de vie des habitants.

Le programme Action cœur de ville : revitaliser les territoires

Au cœur de ce plan national ACV, on trouve aussi une dimension patrimoniale. Cela s’explique du fait que le vieux bâti fait partie intégrante des villes qui ont conservé leurs centres historiques. Parmi les 222 villes élues au programme ACV, 65% sont dotées d’un site patrimonial remarquable (SPR) ou ont engagé l’élaboration d’un SPR et 96 portent le label Villes et pays d’art et d’histoire (VPAH). Ainsi, le plan ACV permet de développer le territoire via la relance de projets patrimoniaux d’importance. L’investissement dans la restauration des centres historiques a un impact fort, tant au niveau :

– social et humain (création d’emplois non délocalisables, accroissement d’un sentiment d’appartenance et d’une identité patrimoniale forte chez les habitant, développement de liens sociaux, augmentation du bien-être)

– fiscal et économique (augmentation de la valeur des biens, création de richesse avec l’augmentation d’emplois locaux)

– écologique (transition énergétique, aménagement et entretien de parcs, jardins et zones vertes)

Revitaliser les territoires en alliant le patrimoine et l’humain

Avec la réhabilitation du patrimoine ancien, ACV cherche à embellir le cadre de vie des habitants. C’est un programme avant tout humain qui se concentre sur les conditions des individus. Ainsi, certaines villes proposent d’intégrer les citoyens aux actions directionnelles du plan ACV afin que tous puissent y prendre part dans une dimension co-participative. A Senlis, les habitants sont invités aux « Mardis Cœur de Ville » pendant lesquels ils peuvent proposer et adhérer ou non à des idées de développement de leur ville. La reconquête du centre-ville passe ainsi par une recherche d’unité entre les individus. Par exemple, grâce au « Mardi Coeur de Ville » du 13 octobre 2020, les habitants ont pu déambuler dans leur ville et analyser les différentes vitrines commerciales afin d’échanger sur les programmes d’entretien ou de réfection à mettre en place.

Ville de Senlis

Néanmoins, certaines villes laissent de côté la dimension patrimoniale. Si le programme réussit à booster les projets de revalorisation déjà existants, il n’accorde pas forcément la priorité aux sites historiques. Ainsi, c’est surtout grâce à l’intervention d’acteurs de la sauvegarde du patrimoine tels que la Fondation du Patrimoine ou encore les Sites et Cités remarquables de France que l’on doit la prise en compte patrimoniale au sein du programme Action cœur de Ville.

Revitaliser les territoires en favorisant les restaurations et réhabilitations

Dans sa politique de réhabilitation des centres-villes le programme ACV s’attarde sur le réaménagement urbain. Les interventions de restauration, de réhabilitation, de reconversion, d’animation et de modernisation sont nombreuses.

D’après l’Agence nationale de la Cohésion des territoires, 545 actions (28 % des opérations) sont focalisées sur la restauration et la réhabilitation. Au premier semestre 2020, on pouvait compter 153 OPAH (Opérations programmées d’amélioration de l’habitat), 28 ORI (Opérations de restauration immobilière), RHI (résorption de l’habitat insalubre) et Thirori (restauration immobilière). Il y a également des travaux de mise aux normes pour la sécurité et l’accessibilité (personnes à mobilité réduite par exemple). Enfin des travaux sont menés pour satisfaire à la transition énergétique.

Les opérations sont lancées grâce à des plans de gestion dont disposent les villes lorsqu’elles sont dotées d’un site historique d’exception. Les études architecturales et historiques des villes ainsi que les inventaires artistiques, archéologiques, culturels et paysagers des villes permettent d’élaborer :

– le Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV)

– le Plan de valorisation de l’architecture et du patrimoine (PVAP)

Les projets de réhabilitation des centres-villes sont orientés à partir de ces analyses.

Sélectionnée parmi les 222 villes du programme ACV, on trouve la ville d’Autun. Elle a justement mené plusieurs opérations en faveur de son patrimoine avec la restauration :

– du passage Balthus

– des remparts antiques

– de la rue Maladière

– du Musée Lapidaire

– des façade du théâtre municipal

Ville d’Autun

Les restaurations du patrimoine concernent aussi les édifices religieux. La ville de Niort a investit une partie du budget alloué dans la restauration de l’église Notre-Dame classée Monument historique. Les architectes des bâtiments de France ont bien évidemment été en charge des travaux.

Revitaliser les territoires : les limites du programme Action cœur de ville

Un des freins pour revitaliser les territoires est le surnombre de communes choisies pour bénéficier du plan ACV. En effet, répartis à l’ensemble des villes moyennes, les cinq milliards prévus pour l’aide au développement s’avèrent insuffisants. Or, il faut des budgets colossaux pour répondre aux défis de revalorisation patrimoniale des centres urbains. Il faut en effet répondre aux enjeux de sauvegarde et de protection, d’hygiène, de sécurité, d’accessibilité, de mixité sociale, … Ainsi, l’enveloppe des cinq milliards ne permet pas de couvrir l’ensemble des projets communaux. Cela restreint ainsi la revalorisation des centres-villes.

En outre, la politique de revitalisation des centres-villes peut se montrer quelque peu paradoxale. En effet, nombreuses sont les communes qui continuent à développer leurs zones commerciales en périphérie. Or, cet accroissement nuit aux centres eux-mêmes car ces zones font de la concurrence au rayonnement des centres-bourgs. Cependant, le décret d’application de la loi ELAN tente d’enrayer cette tendance. Celle-ci permet aux préfets de stopper les projets d’implantation dans les communes bénéficiant du plan Action cœur de ville. Ainsi, le préfet de l’Allier a pu interdire à deux grandes surfaces alimentaires de venir occuper les environs périphériques de la ville de Moulin.

Conclusion

L’État a lancé le Programme Action cœur de ville afin de redynamiser les centres des villes moyennes. L’objectif est que ces dernières réintègrent le maillage territorial en devenant des pôles urbains moteurs. Certaines villes délaissent cependant la place accordée à la valorisation du patrimoine. Pourtant, des acteurs du patrimoine tels que la Fondation du Patrimoine ou encore les Sites et Cités remarquables de France ont tout de même fortement encourage et soutenue cette revalorisation patrimoniale. Ainsi, de nombreuses interventions de restauration et de réhabilitation ont été menées. Elles concernent tout à la fois le bâti et les équipements anciens particuliers (maisons d’habitation) que collectifs (théâtres, mairies, églises, …).

Pour aller plus loin

L’insertion sociale et la sauvegarde du patrimoine

Le patrimoine des territoires, le patrimoine de proximité

Comment rendre utile le patrimoine français ?

Notre étude d’impact 2020

Séduire par le patrimoine gastronomique : découvrez ce patrimoine qui fait la fierté des français et renforce leur identité.

L’important à retenir de cet article :

La gastronomie est un pilier de l’identité française. Inscrite dans le patrimoine français au même titre que les monuments et sites historiques, la gastronomie plait aux touristes français et internationaux. De cet attrait pour la gastronomie est né le tourisme culinaire, qui permet aux individus de découvrir un territoire grâce à sa gastronomie et à ses produits du terroir.

Introduction :

Selon Jean-Yves Le Drian, actuel ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, « il n’y a pas meilleure porte d’entrée pour la France que ses saveurs et ses goûts ». La France est une terre de saveurs, jalonnée par l’opulence de produits issus des terroirs de chaque région. Ainsi, la gastronomie est une manière pour les touristes de découvrir un territoire, au gré de ses produits du terroir, et son patrimoine.

À titre informatif, le mot « restaurant » est l’un des mots français les plus utilisés à travers le monde. Cette information qui parait anecdotique révèle l’importance de la gastronomie française et le lien, conscient ou non, que font les étrangers entre la gastronomie et la France. Les deux sont indissociables : la gastronomie fait intégralement partie de l’identité française.

Ainsi, le « repas gastronomique des français » a été classé au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2010. La protection concerne le déroulement des repas, la qualité des recettes et produits, ainsi que son aspect social. En effet, en France, la gastronomie est au cœur de nos pratiques sociales, comme le raconte le podcast de Louie Media, « Manger ».

L’importance de la gastronomie française est telle qu’elle inspire les artistes et écrivains  depuis des siècles. De l’écrivain François Rabelais au peintre Gustave Caillebotte, les créateurs ont été inspirés par la gastronomie française. Tandis que le premier met en avant l’opulence de la cuisine française et des banquets d’antan, le second a retranscrit sur sa toile le raffinement et l’élégance du dîner à la française. 

Nature morte au homard, Gustave Caillebotte, 1883

Dans une huile sur toile intitulée Nature morte au homard, le peintre représente un homard, sobrement disposé sur une nappe blanche. Ce tableau, acheté par des collectionneurs américains, rend hommage à la gastronomie française.

La gastronomie, symbole indissociable de la France

La France est reconnue de par le monde pour de nombreuses richesses, à l’instar de son patrimoine. La plus symbolique est la gastronomie, mêlant raffinement et simplicité, savoir-faire, culture et patrimoine. 

Le patrimoine gastronomique en France rassemble divers éléments : les savoir-faire et techniques culinaires, les recettes et les produits, mais aussi les coutumes et légendes liées à l’histoire culinaire du pays. En France, chaque région possède au moins une spécialité gastronomique, qu’il s’agisse d’un produit du terroir ou d’une recette, qui fait intégralement partie de son identité. 

Certaines de ces spécialités régionales sont tellement réputées à travers le monde qu’elles sont devenues symboliques de la région, et plus largement de la France. Par exemple, la galette bretonne à base de sarrasin se mange dans tous les pays, et c’est un incontournable pour les touristes. D’autres plats français sont aussi réputés à l’étranger, à l’instar du gratin dauphinois, du bœuf bourguignon ou de la ratatouille. D’ailleurs, Ratatouille (2007) est le titre d’un célèbre film d’animation Disney Pixar, qui rend hommage à la gastronomie française. 

Les plats traditionnels de nos régions ont su conquérir le monde, attisant toujours plus la curiosité des touristes pour la gastronomie française. 

« Goût de / Good France », ou le rayonnement de la gastronomie française à l’international

Chaque année, l’évènement « Goût de / Good France », mets à l’honneur la gastronomie française à travers le monde. Initié en 2015 par le célèbre chef cuisinier Alain Ducasse, l’évènement reprend l’idée des Dîners d’Épicure du chef Auguste Escoffier. Ces dîners se sont déroulés de 1911 à 1914 avant d’être arrêtés par la Première guerre mondiale. Il s’agissait d’évènements mondiaux au cours desquels des chefs, répartis dans divers pays, préparaient un repas gastronomique français, pour célébrer la cuisine française. 

Lorsqu’Alain Ducasse fait renaitre ces dîners à travers l’évènement intitulé « Goût de / Good France », il choisit de mettre en avant la diversité du patrimoine gastronomique français en valorisant chaque année une région différente. Un grand dîner est organisé à Paris, tandis qu’une multitude d’autres sont parallèlement servis dans les ambassades et consulats à travers le monde, ainsi que dans des restaurants. La dernière édition, qui aurait dû avoir lieu en 2020, prévoyait de mettre en avant les cheffes et chefs du Centre-Val-de-Loire.

Ces évènements contribuent au rayonnement international de la gastronomie française.

La diversité du patrimoine gastronomique en France

Le patrimoine gastronomique englobe aussi des lieux liés à la culture culinaire : les jardins, potagers et vergers, ainsi que les restaurants, cafés, etc. À ce titre, près de 90 potagers sont protégés au titre des Monuments Historiques, dont une quinzaine sont classés tels que :

– Le Potager du Roi au Domaine de Versailles ;

– Le potager du Château de la Roche-Guyon ;

– Celui du Château de Villandry, qui accueille chaque année environ 350 000 visiteurs. 

Les Jardins Potagers du Château de Villandry

Ces lieux sont à la fois du patrimoine historique, naturel et gastronomique. En effet, il n’est pas rare que ces trois domaines s’entremêlent, puisqu’ils sont tous intrinsèques à l’identité du pays. 

En plus des potagers protégés, nombreux sont les restaurants qui bénéficient d’une protection au titre des Monuments Historiques. Certains restaurants occupaient déjà les lieux avant d’être classés, tandis que d’autres se sont installés (a postériori) dans des monuments historiques. Parmi les restaurants installés dans des lieux historiques, en voici quelques-uns célèbres : 

– Le Jules Verne à Paris, au sein de l’emblématique Tour Eiffel ;

– La Cigale à Nantes, brasserie unique au décors somptueux, qui illumine le cœur de Nantes depuis 1895.

Sublimer le patrimoine historique grâce à la gastronomie

La gastronomie partage avec le patrimoine historique quelques caractéristiques. Tous les deux sont importants dans l’identité du pays et témoignent de son histoire, chacun à leur manière. Ils sont aussi les témoins de l’évolution du mode de vie des français, selon les époques et les territoires.

De plus, le patrimoine historique et le patrimoine gastronomique partagent des valeurs telles que l’authenticité, le raffinement mais aussi la simplicité, ainsi que le respect des matières premières.

Ainsi, nombreux sont les chefs qui ont décidé de s’installer dans des lieux patrimoniaux afin d’y développer leurs restaurants.

L’Auberge du Père Bise du chef Jean Sulpice

Créée au début du XXème siècle, l’Auberge du Père Bise est une ancestrale maison de bien-être, théâtre du patrimoine culinaire de la région. En effet, l’Auberge est particulièrement réputée pour avoir été tenue par Marguerite Bise, grande cheffe française. Elle est la troisième femme ayant obtenu trois étoiles au Guide Michelin. L’Auberge a longtemps été tenue par la même famille, la famille Bise, avant d’être rachetée par le jeune chef Jean Sulpice.

Bordée par les eaux du Lac d’Annecy, l’Auberge est un lieu unique et intemporel, entre patrimoine gastronomique, historique et naturel. La beauté du lieu a séduit Jean Sulpice et sa compagne, qui ont repris l’Auberge en 2016. Depuis, le jeune chef laisse sa créativité s’épanouir, proposant une gastronomie qui se veut responsable et durable, alliant tradition et modernité.

L’Auberge propose deux types de restauration, un restaurant gastronomique 2 étoiles, ainsi qu’un espace bar. Dans ses restaurants, le chef propose une cuisine ancrée dans son terroir, à l’écoute des saisons et respectueuse des produits.

De par son histoire, l’Auberge du Père Bise est le lieu idéal pour l’épanouissement d’un chef. Toutefois, même des lieux patrimoniaux dont l’histoire n’est pas marquée par la gastronomie, c’est-à-dire qui ne sont pas des brasseries ou restaurants historiques, peuvent devenir de parfaits théâtres pour un restaurant.

La gastronomie au château de Fonscolombe

Situé au cœur d’un terrain de 12 hectares, près d’Aix-en-Provence, le Château de Fonscolombe est un sublime édifice construit au XVIIIème siècle dans le style Quattrocento. À l’issue d’une vingtaine d’années de restauration, l’édifice rouvre ses portes en 2017. 

Devenu un hôtel 5 étoiles, le lieu possède aussi deux restaurants ainsi que des vignes, véritable atout pour accueillir les amateurs d’oenotourisme, ce dernier étant intimement lié au tourisme gastronomique. De plus, le lieu possède un potager, dont les productions sont directement utilisés dans les restaurants. 

Classé parmi les Relais & Châteaux, le restaurant accueille les touristes , les locaux ainsi que les résidents du château, venus séjourner quelques jours en vacances.

Le restaurant principal du Château de Fonscolombe est le restaurant L’Orangerie, dont les terrasses offrent une vue imprenable sur le parc du domaine. Le chef du restaurant est Quentin Durand, jeune chef français ayant travaillé auprès des plus grands.

Afin d’offrir une expérience unique à ses clients, ces derniers ont la possibilité d’échanger avec le chef à leur arrivée. Au cours de cette discussion, le chef prend connaissance de la « Madeleine de Proust » des clients, afin de leur faire revivre ce souvenir. À travers cette expérience, le moment au sein du restaurant s’imprime dans la mémoire sensorielle de la clientèle. De cette manière, le lieu crée un véritable lien émotionnel avec le client. C’est une manière de pérenniser la clientèle grâce à une technique s’approchant du neuromarketing.

Charmer le public grâce au tourisme gastronomique

L’attrait des touristes pour la gastronomie a donné naissance à une branche du tourisme nommée le tourisme gastronomique ou tourisme culinaire. En France, environ 13 millions de touristes déclarent pratiquer le tourisme gastronomique. Pour certains touristes, il s’agit de la première motivation pour découvrir un lieu, premier critère de choix. Pour d’autres, le tourisme gastronomique est un atout supplémentaire, mais pas la raison de leur voyage. Les activités complémentaires appréciées par les touristes sont les visites culturelles et patrimoniales, ainsi que les activités de plein air.

Le tourisme gastronomique englobe différentes pratiques, prenant aussi en compte l’oenotourisme ou l’agritourisme. En effet, le tourisme culinaire ou gastronomique concerne toutes les pratiques qui vont mettre en avant le patrimoine gastronomique d’un lieu. 

Tandis que certains touristes désirent simplement découvrir les mets et recettes traditionnels d’un territoire, d’autres recherchent une véritable expérience culinaire mémorable. Ils ont alors le désir de s’initier à la cuisine, de s’immerger dans la culture et le patrimoine grâce à la gastronomie. Ainsi, les activités proposées dans le cadre du tourisme gastronomique sont variées :

– Atelier dégustation en compagnie d’un chef ;

– Stages de cuisine auprès d’un chef ;

– Visites de vignes, de fermes ou de marchés en compagnie d’un spécialiste.

Développer l’une de ces activités en complément de son restaurant est un bon moyen d’attirer les touristes en recherche d’expérience.

Le restaurant La Chapelle Saint-Martin de Gilles Dudognon

Installé dans une ancienne résidence de porcelainiers du XIXème siècle, caractéristique de la ville de Limoges, le restaurant La Chapelle Saint-Martin accueille les clients dans l’univers du chef Gilles Dudognon. Le restaurant de Gilles Dudognon met en valeur le patrimoine bâti de la région, notamment l’histoire de la porcelaine, ainsi que le patrimoine gastronomique.

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La Chapelle Saint-Martin ⓒgroupon.fr

Originaire de la région, Gilles Dudognon revendique fièrement son amour pour ce territoire et son patrimoine à travers sa cuisine. Il travaille principalement avec des artisans et producteurs locaux, créant ainsi une synergie entre le lieu et les autres acteurs du territoire.

Afin de diversifier l’expérience autour de la gastronomie locale, le lieu propose diverses activités thématiques :

– Des cours de cuisine ainsi qu’une expérience en immersion en cuisine avec le chef ;

– Un menu thématique « Grande Escapade », incluant une dégustation Accord Mets et Vins ;

– Les « Ruches à manger », déjeuner atypique au sein du parc.

Grâce à ces différentes expériences qui complètent les simples repas au restaurant, le lieu propose aux touristes amateurs de gastronomie un véritable panel d’activités adaptées aux envies et besoins de chacun. 

Conclusion :

 Le tourisme gastronomique est un véritable levier pour attirer des clients au sein d’un territoire ou d’un site patrimonial. Premièrement, il apporte de la visibilité au lieu ainsi qu’une rentabilité sur le long terme. Ensuite, il permet de créer un lien avec la clientèle grâce à la gastronomie, à travers une expérience sensorielle unique que seuls les plaisirs de la table peuvent procurer.

Que ce soit du côté des chefs cuisinier ou du côté des propriétaires et gestionnaires de sites patrimoniaux, mêler patrimoine historique et patrimoine gastronomique est une excellente manière d’offrir à la clientèle une expérience unique. De plus, le patrimoine historique est généralement lié au patrimoine naturel, qui est lui-même essentiel en gastronomie.

Pour aller plus loin :

Lancer des activités dans un site historique

Créer une école de cuisine dans un château

Dans cet article, découvrez Paris, la ville aux mille visages, la ville lumière, la ville mythique à travers le monde !

Introduction :

Réputée dans le monde entier pour sa beauté et son architecture, Paris rayonne à l’international. Chaque année, Paris est le théâtre de divers grands évènements à l’instar de la Foire Internationale d’Art Contemporain, la Fashion Week ou Roland Garros. Ces évènements participent à la renommée et l’attractivité de Paris, tout comme ses célèbres monuments.

Les monuments parisiens sont connus dans le monde entier, générant des flux touristiques impressionnants. La Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, par exemple, accueille chaque année près de 10 millions de visiteurs, la plaçant actuellement en tête du classement des lieux les plus visités de Paris. Néanmoins, depuis quelques années, les chiffres de la fréquentation ne sont plus communiqués. Elle ne figurera donc pas dans la sélection qui va suivre.  

Parmi les monuments dont les chiffres de fréquentation ne sont plus communiqués depuis quelques années se trouve aussi la Tour EiffelSymbole de la France et de Paris à travers le monde, les derniers chiffres datant de 2017 recensaient plus de 6 millions de visiteurs. 

Il existe mille et une façon de découvrir Paris . Voici les trésors de la capitale française, qui inspire et fascine.

Découvrir Paris au gré des arts et de la littérature

Depuis des siècles, Paris est une source d’inspiration pour les artistes, notamment au XIXème siècle. À titre d’exemple, Gustave CaillebotteClaude Monet ou encore Alfred Sisley ont peint plusieurs vues et monuments parisiens. 

Les rues et places de certains quartiers de Paris inspirent aussi le cinéma. L’un des films qui a beaucoup popularisé ces décors parisiens, et notamment Montmartre, est le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (réalisé par Jean-Pierre Jeunet, sorti en 2001, 23,11 millions de spectateurs dans le monde) . Succès planétaire du début des années 2000, le film a donné envie à des millions de spectateurs de découvrir Paris. Ce film culte a tellement marqué le public qu’un parcours thématique est proposé par l’Office de Tourisme de Paris pour permettre aux excursionnistes de marcher dans les pas d’Amélie. 

Paris est aussi une grande source d’inspiration dans la littérature. La ville inspire les écrivains français et étrangers, à l’instar du célèbre écrivain Ernest Hemingway qui écrit en 1920 Paris est une fête. Le titre du roman, œuvre autobiographique, retranscrit à lui seul l’état d’esprit de la vie à Paris.

Le roman le plus célèbre se déroulant à Paris est Notre-Dame-de-Paris écrit par Victor Hugo. Cette œuvre emblématique de l’écrivain prend place dans le cœur de Paris. La Cathédrale Notre-Dame-de-Paris est l’un des décors principaux du roman. Chef d’œuvre de la littérature, l’ouvrage a donné naissance à un dessin animé réalisé par Disney, Le Bossu de Notre-Dame, ainsi qu’à une comédie musicale, reprise à travers le monde. Ces adaptations ont renforcées la fascination pour Paris.

Vue arrière de la Cathédrale Notre-Dame-de-Paris avant l’Incendie de 2019

Avant l’incendie survenu en 2019, la Cathédrale Notre-Dame-de-Paris enregistrait une fréquentation record. En effet, en 2018, ce sont 14 millions de touristes qui ont visité la cathédrale, ce qui en faisait le monument le plus visité d’Europe.

Le trio des plus célèbres musées d’art parisiens

Les musées d’art parisiens contribuent grandement à la renommée de la ville. Ce sont les monuments les plus visités dans le classement des sites parisiensLes trois grands musées de la ville retracent l’évolution de l’histoire de l’art de l’antiquité jusqu’à nos jours. 

Le Musée du Louvre, plus célèbre musée du monde

Le musée parisien le plus célèbre est le Musée du LouvrePlus grand musée d’art et d’antiquités au monde avec une superficie de 210 000m2, le Musée du Louvre est aussi le plus visité. En effet, le Louvre attire chaque année environ 10 millions de touristes, ce qui le place devant le Musée National de Chine ou encore le très célèbre Metropolitan Museum of Art (MET) de New York.  

La Cour Napoléon avec la Pyramide du Louvre au centre

La renommée du Louvre s’explique grâce à son impressionnante collection d’œuvres et d’objets d’arts. Parmi ces œuvres, la plus mondialement célèbre est la Joconde, peinte par le maître Léonard de Vinci. Néanmoins, le musée renferme beaucoup d’autres chefs d’œuvres, tels que :

– Les Noces de Cana, réalisé par le célèbre peintre Véronèse ;

– La Vierge au Chancelier Rolin peint par le maitre flamand Van Eyck :

– Le Serment des Horaces, réalisé par Jacques-Louis David. 

Le Serment des Horaces, Jacques-Louis David

Ces quelques tableaux ne sont qu’une infime partie de tous les chefs d’œuvres que possède le Louvre. Grâce à sa renommée, qu’il doit aussi à la beauté de son architecture, le Louvre a accueilli divers tournages, tels que le fameux film Da Vinci Code réalisé par Dan Brown (2006) ou le clip Apeshit de Beyonce et Jay-Z (2018). 

Le lieu bénéficie aussi du Carrousel du Louvre, importante galerie commerciale située sous le musée. Les grandes marques, qui y sont installées, attirent énormément les touristes étrangers. L’ensemble formé par le musée et la galerie commerciale est un véritable levier économique pour la ville.

Le Musée d’Orsay

Hébergé dans l’ancienne gare d’Orsay, le Musée d’Orsay est le deuxième musée le plus visité de la capitale avec 3 651 616 visiteurs en 2019. Il abrite une impressionnante collection d’art consacrée à la période couvrant la seconde moitié du XIXème siècle, jusqu’aux premières années du XXème siècle. L’impressionnisme y est très présent. 

La collection est composée de chefs d’œuvres tels que :

– Les Raboteurs de parquet, tableau réalisé par Gustave Caillebotte ;

– Les Coquelicots, peint par Claude Monet ;

– Le Déjeuner sur l’herbe, réalisé par Édouard Manet. 

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Les Raboteurs de Parquet, Gustave Caillebotte

Le Musée d’Orsay accueille aussi des expositions temporaires d’une grande qualité, à l’instar de l’exposition « Degas Danse Dessin ». En plus de ces expositions temporaires, le musée est le théâtre d’évènements grand public comme le spectacle « Degas Danse ». 

Les deux musées sont très complémentaires. En effet, la collection du Musée d’Orsay s’inscrit dans la continuité temporelle des œuvres présentées au Louvre. Visiter ces deux musées permet aux touristes d’avoir une vision d’ensemble sur l’histoire de l’art ancien, de l’antiquité jusqu’au XIXème siècle.

Le Centre Pompidou, cœur de l’art moderne

Pour les amateurs d’art moderne et contemporain, le Centre Pompidou est un incontournable à voir à Paris. Le Centre Pompidou est le grand musée d’art moderne et contemporain parisien. Il possède la plus grande collection d’Europe. En 2019, le musée a accueilli près de 3,3 millions de visiteurs.

Parmi les chefs d’œuvre de la collection, regroupant plus de 120 000 œuvres modernes et contemporaines, il y a notamment :

– Avec l’arc noir, réalisé par le fondateur de l’abstraction Vassily Kandinsky ;

– Concetto Spaziale, Attese, par Lucio Fontana ;

– Violon, par Picasso.

En venant au Centre Pompidou, le public découvre toute la démarche créative née à la période moderne et qui se prolonge de nos jours. C’est une démarche complètement différente de l’art ancien, qui peut paraître abrupte ou difficile à comprendre. La médiation est donc primordiale, afin de guider le public dans la compréhension des œuvres.

Ainsi, le lieu propose des conférences, des spectacles et des projections. De plus, le musée renforce son attractivité pour le jeune public grâce à une aire entièrement qui leur est dédiée. L’objectif est de les sensibiliser à la création contemporaine.

L’art innove et se diversifie à Paris

Les trois musées cités précédemment génèrent un important flux touristique dans la capitale. Avec les monuments historiques, ils sont de vrais atouts pour la ville. On retrouve également d’autres lieux dédiés à l’art, qui entrent dans le classement des lieux les plus fréquentés de la capitale.  

L’Atelier des Lumières

Situé dans une ancienne fonderie du XIXème siècle réhabilité en centre d’art numérique, l’Atelier des Lumières a attiré 1 392 000 visiteurs en 2019. Le lieu propose des expositions immersives qui rendent hommage à des maitres de la peinture, ainsi que des expositions plus contemporaines. Le centre organise chaque année une exposition longue, puis une courte, avant de donner la parole à des artistes de la création contemporaine.

Ici, le numérique permet aux visiteurs de découvrir les œuvres d’une autre manière. L’expérience proposée au spectateur est unique : au lieu d’être en contemplation face à une toile en deux dimensions, il est complètement immergé dans l’œuvre et l’univers d’un artiste.

Le Musée du Quai Branly

Ouvert en 2006, le Musée du Quai Branly – Jacques Chirac est né d’un projet porté par le Président de la République qui lui a donné son nom. Centré sur l’ethnologie, le musée abrite différentes collections d’arts et d’objets africains, asiatiques, océaniens et américains. Grâce à cette collection, le musée encourage la curiosité et le dialogue entre les cultures des différents continents

Le site bénéficie aussi d’une architecture contemporaine unique et d’un impressionnant jardin. Au cœur de ce luxuriant jardin se trouve un restaurant panoramiqueLes Ombres, perché sur le toit-terrasse du musée. Cette table parisienne raffinée est un atout supplémentaire pour attirer les touristes au Musée du Quai Branly. En 2019, ce sont 1,1 million de touristes qui l’ont fréquenté.

Enfin, le lieu et surtout son restaurant, bénéficient aussi d’une vue imprenable sur la Seine et la Tour Eiffel. Le Musée du Quai Branly propose une expérience complète et unique à ses visiteurs, entre art, culture et gastronomie.

L’importance du patrimoine historique à Paris

Les monuments historiques parisiens contribuent eux aussi à la renommée de la ville. Ces lieux retracent l’histoire de la ville et de la France au fils des siècles.

L’Arc de Triomphe

L’un des monuments historiques les plus célèbres est l’Arc de Triomphe, situé au sommet de la non moins célèbre avenue des Champs-Élysées. En 2019, le lieu a attiré environ 1,6 million de visiteurs. Passage incontournable pour tout touriste visitant la capitale, l’Arc de Triomphe fut érigé au XIXème siècle par l’architecte Jean-François Chalgrin. Ce dernier s’est inspiré des arcs de triomphes romains, notamment celui de Titus. 

L’Arc de triomphe est un haut-lieu de l’histoire de France. Souhaité par Napoléon Ier, il est inauguré par Louis-Philipe, qui le dédie alors aux armées de la Révolution et de l’Empire. Le lieu sert ensuite à l’inhumation du Soldat inconnu en 1921. Chaque soir, la Flamme du souvenir, flamme éternelle, est ravivée en hommage aux soldats morts au combat. C’est un lieu de tourisme de mémoire, où les touristes viennent commémorer les héros du passé.

La Sainte-Chapelle

Destinée à accueillir la Couronne d’épines du Christ, la Sainte-Chapelle est un édifice religieux de style gothique. Impressionnant par son architecture, son décor et ses 1 113 vitraux, le lieu a attiré 1,4 million de touristes en 2019. 

La Sainte-Chapelle bénéficie ces dernières années d’un flux touristique plus important. Cette augmentation est notamment dûe à la fermeture au public de la cathédrale Notre-Dame.  

Avec la Conciergerie, la Sainte-Chapelle est l’unique vestige du Palais de la Cité, transformé par la suite en Palais de Justice.

Le musée de l’Armée au sein de l’Hôtel national des Invalides

Situé au sein du monument historique de l’Hôtel national des Invalidesle Musée de l’Armée abrite une collection impressionnante dédiée à l’armement et à l’histoire militaire française. À la fois monument historique et musée militaire, ce lieu a attiré 1,2 million de visiteurs en 2019. 

Chaque année depuis 2012, les Invalides accueillent l’évènement « la Nuit aux Invalides ». Cette soirée de spectacle son et lumière plonge les spectateurs dans l’histoire à travers un show immersif. Attirant petits et grands, parisiens et touristes, « la Nuit aux Invalides » est un incontournable.

Les Invalides accueillent aussi des évènements solennels, tels que les commémorations, hommages nationaux et honneurs funèbres rendus aux militaires morts lors d’Opérations Extérieures.

La culture sous toutes ses formes à Paris

La capitale regorge de sites culturels divers qui viennent compléter l’offre déjà existante grâce aux musées d’art et aux monuments historiques.

Le Muséum National d’Histoire Naturelle

Fondé en 1793, le Muséum National d’Histoire Naturelle est l’un des plus anciens établissements mondiaux de cette catégorie. Abritant plusieurs collections scientifiques, le lieu attire des publics curieux, amateurs d’histoire naturelle. En 2019, 2,4 millions de touristes ont visité le muséum. 

Au cœur du Jardin des Plantes de Paris, le Muséum est surtout connu, dans l’imaginaire collectif, pour son immense baleine et son dinosaure. Le Zoo du Jardin des Plantes contribue aussi à la renommée de ce lieu et à renforcer son attractivité.

La Cité des Sciences et de l’Industrie

Labellisée « Architecture Contemporaine Remarquable », la Cité des Sciences et de l’Industrie a accueilli près de 2,4 millions de visiteurs en 2019. Créée dans l’optique de populariser les connaissances scientifiques et techniques, la Cité des Sciences et de l’Industrie s’adresse à des publics variés.

La Cité propose des ateliers pour enfants et pour adultes autours des jeux vidéo, de la science et des nouvelles technologies. Ces ateliers sont pour certains accessibles en ligne, ce qui a permis au lieu de maintenir le contact avec son public pendant la crise liée au coronavirus.

Conclusion :

Tous les grands monuments et grands évènements qui se déroulent à Paris contribuent à l’attractivité de la ville à sur le territoire français comme à l’international. Mais Paris, c’est aussi une balade unique, aux possibilités presque infinies, dans une ville hors-du-commun. Chaque quartier parisien possède sa propre identité : Saint-Germain et Montmartre pour les artistes, le Quartier latin et sa mixité culturelle, etc. 

En se baladant à Paris, les touristes peuvent découvrir des trésors à chaque coin de rue. Entre le vieux Paris poétique et la modernité que la capitale accueille en son sein, Paris est une ville pleine de surprises. 

Paris, c’est aussi le condensé de l’art de vivre à la française : l’art, la culture, l’élégance, la gastronomie … autant d’aspects qui fascinent les touristes étrangers comme les touristes  français.

Pour aller plus loin :

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Le luxe et le patrimoine historique sont indissociables

À travers cet article, partons à la découverte des spécificités du tourisme dans les Hauts-de-France.

L’important à retenir de cet article

La région Hauts-de-France possèdent divers atouts qui lui permettent de proposer une offre touristique variée. Ainsi, grâce à son patrimoine et ses importants lieux culturels, la région attire des publics divers.

Ce qu’il faut retenir :

– Les sites culturels sont très importants pour renforcer l’attractivité de la région. Ils constituent son premier atout ;

– Le tourisme en Hauts-de-France est marqué par le tourisme de mémoire

– Il existe également un tourisme patrimonial et un tourisme orienté vers le bien-être.

Introduction : 

Idéalement située au cœur de l’Europe du Nord-Ouest, la région des Hauts de France bénéficie de sa proximité avec le Royaume-Uni et la Belgique. Sa position stratégique lui permet d’accueillir facilement des touristes étrangers. En 2019, ils ont représenté 3,5 millions de nuitées. 

La région attire surtout les touristes français (71%), notamment les touristes locaux et ceux issus des régions voisines. Ils viennent séjourner dans la région presque uniquement pour des séjours de vacances et de détente. En effet, les nuitées professionnelles sont peu présentes (seulement 7% de l’occupation des hébergements). 

La région des Hauts-de-France possède une offre touristique variée et riche composée de : 

– Patrimoine historique et naturel ;

– Patrimoine intégré au tourisme de mémoire ;

– Divers sites culturels et activités et artistiques.

En complément de ces divers sites touristiques, la région compte aussi de nombreux parcs à thèmes et bases de loisirs, générant un important flux touristique. En effet, le lieu le plus fréquenté de la région est le célèbre Parc Astérix, ayant accueilli 2,3 millions de visiteurs en 2019. Le flux touristique généré par ce type de lieux est un atout pour la région des Hauts-de-France. En effet, les touristes qui se déplacent pour les parcs de loisirs peuvent ensuite profiter des diverses offres touristiques de la région.

Avant de découvrir le classement des sites les plus visités de la région, il est important de parler de la place de la métropole lilloise. En effet, Lille attire beaucoup les touristes, les chiffres clés sont donc cannibalisés par Lille. Toutefois, comme le démontre le classement suivant, la région possède des atouts partout sur son territoire.

Les sites culturels, atouts majeurs des Hauts-de-France

Les sites artistiques et culturels sont très importants en région Hauts-de-France. En effet, la région possède plus de 900 sites culturels, englobant divers lieux comme l’Aquarium Nausicaà. Il s’agit du site culturel le plus visité de la région, avec 846 900 visiteurs en 2019. Lieu unique, plus grand aquarium d’Europe, Nausicaà participe largement à l’attractivité de la région et génère un important flux touristique. 

La région des Hauts-de-France bénéficie aussi de nombreux musées qui jalonnent son territoire, et qui attirent des touristes variés. Au Palais des Beaux-Arts de Lille, les visiteur  viennent admirer la plus grande collection muséale en dehors Paris. Dans ce bâtiment protégé au titre des Monuments Historiques, les visiteurs plongent dans une collection d’art initiée par le célèbre peintre Louis Joseph Watteau. Grâce à son architecture et son incroyable collection, le lieu a attiré 297 000 visiteurs en 2019.

Dans un autre registre, La Piscine, musée d’art et d’industrie André Diligent, propose aux visiteurs une collection constitué d’objets et d’œuvres diverses. Situé à Roubaix dans l’ancienne piscine Art Déco, réhabilitée afin de devenir un musée, ce lieu atypique intrigue et donc attire fortement par son aspect inédit. Cette attractivité est renforcée par le label  « Patrimoine du XXème siècle » du monument. En outre, c’est un lieu renommé chez les amateurs d’art. 

Vitrail de La Piscine

Le Musée du Louvre-Lens, musée le plus visité de la région

Pour les amateurs d’art et les curieux, le Musée du Louvre-Lens, situé dans la ville du même nom, est un incontournable. Fruit de la coopération culturelle entre des acteurs territoriaux et le Musée du Louvre, le Musée du Louvre-Lens est le symbole de la reconversion du bassin minier du Pas-de-Calais. En effet, le musée a été construit sur d’anciennes mines de Lens. Le Bassin Minier est lui aussi un symbole de la région des Hauts-de-France, reconnu au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Petit frère du Louvre de Paris, le musée est lié à ce dernier par une convention scientifique et culturelle. C’est un véritable atout pour l’attractivité du territoire. 

La renommée du Louvre se répercute sur le Louvre-Lens, qui a accueilli 530 000 visiteurs en 2019. Son architecture contemporaine contraste avec ses collections d’arts et d’objets. Extension du Louvre en dehors de la capitale, le lieu génère un important flux touristique sur le territoire, qu’ils s’agissent d’amateurs d’art ou de professionnels. 

Coffret antique conservé au Louvre-Lens

Cet important flux touristique sur le territoire est une chance pour les propriétaires ou gestionnaire de sites patrimoniaux. En effet, les lieux culturels attirent des touristes mais ne leur propose généralement pas de service d’accueil. Il peut donc être judicieux de développer au sein de son bien une offre d’hébergement ou de restauration, en jouant aussi sur les activités artistiques et en proposant des séjours thématiques.

La Gare Saint-Sauveur de Lille, centre culturel très attractif

En complément des musées, la région bénéficie aussi du très attractif centre culturel de la Gare Saint-Sauveurà Lille. Ancienne gare ferroviaire, le lieu a été réhabilité afin d’y héberger un centre culturel. Accueillant des expositions et évènements culturels divers, le lieu dispose aussi de plusieurs équipements pour l’accueil des touristes.

La Gare Saint-Sauveur est l’un des sites les plus visités de la région, avec 695 000 visiteurs en 2019. Cet important flux touristique est bénéfique pour la région, complétant l’importante offre culturelle des Hauts-de-France.

Le patrimoine religieux, historique et naturel en Hauts-de-France

Le patrimoine bâti ainsi que le patrimoine naturel ont aussi un rôle majeur dans l’attractivité du territoire. Par exemple, le site patrimonial ayant attiré le plus de visiteurs en 2019 est la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, visitée par 578 000 touristes. Classé Monument Historique, l’édifice bénéficie d’une double protection au Patrimoine mondial de l’UNESCO. La première concerne le monument en lui-même, et la seconde son appartenance au chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

La Cathédrale Notre-Dame d’Amiens

La région des Hauts-de-France possède aussi de nombreux châteaux qui participent à l’extension de sa renommée. Le Château de Compiègne, situé en bordure de la forêt domaniale, est l’un des trois palais royaux et impériaux les plus importants de France, après Versailles et Fontainebleau. Malheureusement, le lieu sa fréquentation est en baisse depuis quelques années. Cela s’explique notamment par une concurrence accrue par les autres châteaux de la région, qui se démarquent davantage. 

Non loin de là se dresse le Château de Pierrefonds, tel qu’il a été reconstruit par Viollet-le-Duc au Second Empire Le château de Pierrefonds a accueilli 153 400 visiteurs. Géré par le Centre des Monuments Nationaux, il s’agit du deuxième château le plus fréquenté de la région. 

Afin d’attirer les touristes, le château organise de nombreuses activités thématiques comme Le Bal de l’Impératrice, des concerts ou des ateliers ludiques. Le lieu utilise aussi le numérique et les diverses ressources qui sont à sa portée, notamment YouTube ainsi que des bornes interactives et un chatbot. 

Le numérique est un outil de plus en plus intéressant pour dynamiser un site patrimonial et le rendre attractif, surtout depuis le début de la crise sanitaire. En effet, le numérique est un support pour les sites patrimoniaux face à la situation actuelle.

Escapade au Domaine de Chantilly

Le château générant le plus important flux touristique est le Domaine de Chantilly. C’est un incontournable du tourisme dans les Hauts-de-France. S’étendant sur près de huit hectares, le Domaine de Chantilly est un véritable complexe incluant plusieurs édifices : 

– Le château de Chantilly et son musée ;

– Le parc du château ainsi que la forêt de Chantilly ;

– Divers monuments historiques, terres agricoles et terrains de golf. 

En 2019, le Domaine de Chantilly a accueilli 423 000 visiteurs. Cet impressionnant ensemble, labellisé site classé, attire aussi bien les amateurs d’histoire que les férus de nature.

Le domaine de Chantilly

Le domaine de Chantilly symbolise aussi le raffinement et le luxe, comme le démontre la célèbre course hippique le Prix de Diane. L’évènement se déroule au sein de l’hippodrome de Chantilly. Ce rendez-vous annuel créé en 1843 est considéré comme le prix de l’élégance et du raffinement. Cette image de prestige participe à l’attractivité de Chantilly.

Les espaces Henson à Chantilly

Le lieu bénéficie aussi de la renommée des Espaces Équestres Hensonun de leurs espaces étant installé en marge du domaine. Leur présence à Chantilly n’est pas hasardeuse, puisque le domaine possède des Grandes Écuries abritant le musée du cheval. Le lieu propose aussi des spectacles équestres. 

Réputés parmi les passionnés d’équitation, les Espaces Henson permettent aux cavaliers de découvrir la beauté du patrimoine aux alentours. À Chantilly, divers parcours sont proposés, incluant la découverte du château, du parc et de la forêt. Les Espaces Henson s’installent fréquemment à côté de sites patrimoniaux. Ils sont d’ailleurs actuellement en train de s’installer à Compiègne.  

Les activités équestres sont un excellent moyen d’attirer une clientèle variée dans son site patrimonial, grâce à une activité moins proposée, qui change de la simple visite à pied. Le tourisme équestre est une manière atypique pour découvrir le patrimoine des Hauts-de-France.

Les activités en lien avec les chevaux ne se limitent pas qu’aux promenades, il est aussi possible de mettre en place des ateliers bien-être renforçant le lien entre l’animal et l’homme. Il existe donc diverses opportunités, dotant plus en cette période où le bien-être devient un critère essentiel pour les touristes.

Le tourisme de mémoire en Hauts-de-France

Dans la pratique du tourisme de mémoire en France, la région des Hauts-de-France est un territoire incontournable. Deuxième région la plus visité dans ce domaine, les Hauts-de-France sont jalonnés de lieux de mémoire. 

L’histoire contemporaine des conflits qui se sont déroulés dans la région, notamment pendant la Première Guerre Mondiale, a marqué le territoire. Le département de la Somme garde les traces de la Grande Guerre. Les tranchées et trous de mines qui jalonnent le paysage évoquent les douloureux évènements qui s’y sont déroulés. Néanmoins, alors que certains lieux sont tristement célèbres, à l’image du Chemin des Dames, l’un des lieux les 

plus importants de la région est un symbole de paix. Il s’agit de la Clairière de l’Armistice en Forêt de Compiègne. Le lieu fut le théâtre d’un fait historique majeur : la négociation puis signature de l’armistice le 11 novembre 1918, qui mis fin à la première guerre mondiale.

Cet évènement s’est inscrit dans l’histoire de la région des Hauts-de-France. Symbole de la liberté et la paix retrouvées, les Hauts-de-France commémorent aussi leurs morts et les nombreux combattants tombés pendant la Grande Guerre.

Exemple de la nécropole nationale de Notre-Dame de Lorette

La nécropole nationale de Notre-Dame de Lorette en est un bon exemple. Située dans le département du Pas-de-Calais, le site a accueilli 275 000 visiteurs en 2019. La nécropole est un cimetière militaire et un mémorial français. Inauguré en 1925 en commémoration des combattants de la Première Guerre Mondiale, le site comprend : une basilique, une tour-lanterne, le cimetière ainsi qu’un musée. 

S’étendant sur une superficie de plus de 25 hectares, il s’agit de la plus grande nécropole française. Le site bénéficie de la protection au titre des Monuments Historiques. Ce lieu complète l’offre du tourisme dans les Hauts-de-France et accentue l’attractivité du territoire.

Néanmoins, même si le tourisme de mémoire est très développé dans les Hauts-de-France, la région leader dans ce domaine reste la Normandie.

Conclusion : 

La région des Hauts-de-France bénéficie d’une offre touristique diversifié, lié à l’histoire de son territoire ainsi qu’à son patrimoine. Sa proximité avec Paris est aussi un atout, notamment en période de coronavirus, où les touristes privilégient le tourisme de proximité. Voisine de la Belgique et proche du Royaume-Uni, la région bénéficie de son positionnement autant à l’échelle nationale qu’internationale. 

La diversité des univers touristiques de la région est un atout pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux, qui peuvent s’en inspirer. Le large panel de thématiques permet de choisir celle qui s’adaptera le mieux au lieu, à sa configuration, à son environnement et aux besoins du territoire.

Pour aller plus loin :

Idées pour rentabiliser un monument historique

Sortir des activités hôtelières et culturelles dans un château

Comment rendre utile le patrimoine français ?

À travers cet article, découvrez les sites les plus visités en Ile-de-France et programmez votre échappée touristique !

L’important à retenir de cet article :

La région Île-de-France possède tous les atouts pour être un haut lieu du tourisme en France. Bénéficiant évidemment de la renommée de Paris, l’Île-de-France est une région riche. 

Les sites touristiques en dehors de Paris possèdent tous un potentiel intéressant, séduisant les voyageurs. Néanmoins, il est important pour ces sites de développer des activités capables de concurrencer la forte attractivité des monuments parisiens.

Introduction : 

La région Île-de-France bénéficie de la renommée de Paris, capitale culturelle européenne. Attirant chaque année des millions de touristes français et étrangers, la capitale française rayonne à l’internationale. Ce rayonnement est profitable pour les sites touristiques situés hors Paris, bien qu’ils doivent se démarquer pour ne pas rester dans l’ombre des monuments parisiens. 

Le tourisme d’agrément est majoritaire dans la région. En effet, près de 60% des touristes français et 76% des touristes étrangers déclarent venir en Île-de-France pour des raisons personnelles. Plus de la moitié de ces touristes séjournent à Paris, concentrant leurs visites dans la capitale. Effectivement, les lieux qui les attirent le plus sont presque exclusivement parisien. En tête du classement des lieux les plus attractifs, il y a la Tour Eiffel, puis le Musée du LouvreDisneyland Paris et le Château de Versailles sont les deux seuls lieux hors capitale qui émergent dans le classement des sites les plus populaires auprès des touristes.

Pour le territoire de l’Île-de-France hors Paris, il peut donc être difficile de se faire une place au sein de l’importante offre touristique. Pourtant, la région regorge de trésors pour une échappée touristique unique.

Le patrimoine historique, leader du tourisme en Île-de-France

Avec plus de 2 000 monuments historiques, la capitale est un territoire majeur pour les touristes amateurs de patrimoine. Toutefois, la région Île-de-France possède elle aussi des sites patrimoniaux remarquables. 

Le domaine de Versailles et son rayonnement international

Le site le plus célèbre est le Domaine de Versailles, protégé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Réputé dans le monde entier, symbolique de la France et du rayonnement du Roi Soleil, le Domaine de Versailles est l’atout majeur de la région. 

Avec 8,2 millions de visiteurs en 2019, le domaine est le lieu le plus visité d’Île-de-France hors Paris. Célèbre grâce à l’impressionnant Château de Versailles, joyau de l’architecture classique classé Monument Historique, le Domaine de Versailles rayonne aussi par son patrimoine naturel. Les somptueux autres édifices du Domaine de Trianon ainsi que le charmant Hameau de la Reine contribuent également à la renommée du lieu. 

La beauté et la grandeur de Versailles transparaissent aussi à travers les Grandes Eaux Musicales et les Jardins Musicaux. Les Grandes Eaux Nocturnes sont aussi des incontournables à voir au Domaine de Versailles. Au gré des bosquets et des bassins, le public découvre avec émerveillement ce spectacle pensé par le Roi Soleil. Affirmant à leur tour la puissance du Roi Soleil, les jeux d’eau sont une prouesse esthétique et hydraulique qui contribuent à la grandeur de Versailles.

Les autres joyaux architecturaux d’Île-de-France

L’Île-de-France possède d’importants domaines et châteaux, témoins des prouesses architecturales et de l’histoire de France. Plus au Sud de la capitale, le château de Fontainebleau accueille les visiteurs dans les pas de François 1er, qui y était très attaché. Passionné d’art, François 1er fait venir des artistes pour travailler au château. 

Vue depuis l’escalier fer à cheval du château de Fontainebleau

C’est ainsi que le château voit naitre la célèbre École de Fontainebleau, regroupant deux périodes charnières dans l’histoire de l’art français. Témoin de la période la plus riche de l’art renaissant en France, le lieu conserve en son sein des chefs d’œuvre, notamment dans la galerie François 1er

Galerie au château de Fontainebleau

Le château de Fontainebleau est un véritable atout qui attire à la fois les touristes passionnés de patrimoine et les amateurs d’art. Pour les passionnés d’architecture, le Château de Vaux-le-Vicomte est un autre incontournable de la région. 

Chef d’œuvre de l’architecture classique, le château a servi de modèle pour la construction du Château de Versailles. Les extérieurs du Château de Vaux-le-Vicomte comptent autant que son architecture. En effet, c’est au cœur des jardins du château que le célèbre André Le Nôtre met en place la grammaire du jardin à la française : perspective, organisation et géométrie, dans des jardins ornés de jeux d’eau et de sculptures. 

Afin d’attirer les touristes dans ces somptueux jardins, des espaces de loisirs et équipements sont mis à la disposition des touristes : voiturettes, aires de jeux en bois, etc. De plus, des jeux de pistes ainsi qu’une chasse au trésor permettent aux enfants de découvrir le lieu tout en s’amusant. À Vaux-le-Vicomte, tout est fait pour que les touristes passent une journée agréable en profitant du patrimoine.

La Cité Médiévale de Provins, une échappée temporelle

Dans un tout autre univers, la Cité Médiévale de Provins attire les touristes. Alors que la ville de bénéficie pas de la même renommée que Versailles ou Fontainebleau, la Cité Médiévale se place en deuxième position dans le classement des lieux les plus visités. Pour les habitants de la région, c’est un fait étonnant et qui questionne.

Enceinte de la cité médiévale de Provins

Pourtant, la Cité Médiévale de Provins a attiré 1 million de visiteurs en 2019. Alors pourquoi un tel engouement pour ce lieu ? Valorisée par l’Office de Tourisme de Paris, la Cité Médiévale de Provins offre aux visiteurs une expérience immersive. Un véritable voyage dans le temps, à moins de deux heures de Paris, grâce à divers activités et animations :

– Des visites guidées, à pied, en vélo ou à bord d’un petit train, afin de découvrir les divers monuments historiques de la ville ;

– Le Banquet des Troubadours, animé comme à l’époque, pour découvrir la gastronomie du Moyen-Âge dans un décors unique. Il est même possible de louer des costumes pour plonger entièrement le public dans une autre époque. Afin de permettre d’accueillir un vaste public, les repas sont adaptables aux divers régimes alimentaires.

En complément de ces activités, il y a aussi des spectacles thématiques, à la manière du Puy-du-Fou. Spectacles équestres, historiques ou autour de l’art de la fauconnerie, les spectacles dans la Cité Médiévale de Provins perfectionnent l’expérience.

Les sites culturels qui complètent l’échappée touristique en Île-de-France

 Le patrimoine historique est très important dans la région, néanmoins il n’est pas le seul atout de l’Île-de-France. Les touristes en baladent dans la région recherche souvent des activités familiales et ludiques qui peuvent séduire les enfants. Les divers sites touristiques de la région ont donc mis en place des activités pour les enfants, comme le démontre l’exemple précédent de Vaux-le-Vicomte. 

Les sites culturels pédagogiques et ludiques, pour plaire aux enfants et aux adultes

Certains lieux se prêtent particulièrement bien à la création d’activité ludiques et pédagogiques. Au Bourget, le Musée de l’Air et de l’Espace joue sur les ateliers et animations pour attirer sa clientèle. Mêlant patrimoine militaire, industriel et technique, le musée du Bourget est le plus grand musée aéronautique de France. Proposant des expositions permanentes et temporaires sur ces sujets, les touristes peuvent aussi profiter de diverses activités : 

– Le Boarding Pass, qui permet de monter dans quatre avions dont un Boeing, deux Concordes et un Dakota ;

– L’activité Simu Pilote, à destination des enfants et des adultes, pour apprendre à piloter en équipe ;

– L’espace Planète Pilote, espace ludo-éducatif dédié aux enfants.

 Ces nombreuses activités séduisent petits et grands, pour une visite inoubliable. À la fois pédagogique et ludique, la visite du Musée du Bourget attire de nombreux touristes : près de 221 000 en 2019. 

La découverte est un aspect important à ne pas négliger dans une offre touristique. Le site touristique de France Miniature joue sur la curiosité du public, en leur proposant de découvrir les merveilles qui jalonnent le territoire français. L’aspect miniature est ludique et attractif, surtout pour les familles. De cette manière, France Miniature attire un panel de touristes larges.

Hormis les activités familiales, un second aspect attire les touristes dans la région Île-de-France : l’art et la culture. Comme le démontre les exemples précédents, la culture en Île-de-France prend des formes très variées. Néanmoins, pour ce qui concerne l’intérêt artistique, un lieu en particulier émerge dans le classement.

 La Propriété Caillebotte, dans les pas d’un célèbre artiste collectionneur

Grande maison bourgeoise de style néoclassique, la Propriété Caillebotte tire son nom de celui de son illustre propriétaire, le peintre et collectionneur Gustave Caillebotte. Peintre français célèbre pour son importante collection de toiles impressionnistes et ses propres tableaux, Gustave Caillebotte a été très inspiré par son environnement. 

À l’instar de la Maison et des Jardins de Monet, la Propriété Caillebotte permet aux visiteurs de pénétrer dans l’univers de l’artiste. En 2019, ce sont environ 164 000 touristes qui ont marché dans les pas de Caillebotte. Pour les passionnés d’art, rencontrer l’univers intime d’un grand maître est une excellente raison de venir sur un territoire.

Les raboteurs de parquet, Gustave Caillebotte

Nichée au cœur d’un parc, la Propriété Caillebotte offre aussi aux visiteurs un moment hors du temps dans un écrin de verdure. Le patrimoine naturel est le dernier atout de l’Île-de-France.

Les sites touristiques autour de la faune et la flore en Île-de-France

Le patrimoine naturel en Île-de-France est un véritable atout pour le territoire. Divers sites touristiques utilisent ce patrimoine afin d’y développer des activités attractives, tournées autour de la faune et la flore. Le site le plus célèbre dans cette catégorie est le Zoo Safari du Château de Thoiry.

Entre patrimoine historique et parc zoologique, le site du Château et Zoo Safari de Thoiry a attiré plus de 560 000 touristes en 2019. De ce fait, le Zoo Safari de Thoiry est le cinquième zoo le plus visité de France, juste devant le Zoo de la Flèche. Le lieu propose diverses activités de loisirs à destination des enfants et des adultes, telles que :

– Les Rendez-vous avec les animaux et les soigneurs, pour profiter d’un moment privilégié, en immersion et dans le respect total de l’animal ;

– Le Safari Air Park, parcours en hauteur permettant d’admirer le Safari avec une vue imprenable.

Pour les plus curieux, le lieu propose aussi de passer une nuit au Zoo, afin de profiter le matin venu d’une visite privatisé. Les parcs zoologiques sont des atouts attractifs, plaisant à la fois aux enfants et aux adultes. Cette tendance, qui se retrouve partout en France, est surtout présente en Bretagne. La région Île-de-France possède deux autres parcs zoologiques, tous deux situés à Lumigny. Les parcs zoologiques de Lumigny se divisent en deux spécialisés, l’un accueillant des singes et l’autres des félins.

La découverte de la faune et la flore est une activité appréciée par les touristes. En complément des deux grands parcs zoologiques de la région, l’Île-de-France possède des grands domaines et parcs, la plupart étant liés aux sites historiques évoqués en début d’article. Cependant, il en existe un qui attire des visiteurs malgré la disparition de son château.

Le Domaine national de Saint-Cloud

Labellisé « Jardin Remarquable », le Domaine national de Saint-Cloud est un immense domaine de 460 hectares aux portes de Paris. Composé de jardins, de fontaines et de sculptures, le somptueux domaine est une ode à la beauté du patrimoine naturel. 

Le Domaine national de Saint-Cloud

Géré par le Centre des Monuments Nationaux, le parc est aussi classé Monument Historique. Véritable bouffée d’air frais à proximité de la capitale, le lieu a attiré 144 758 excursionnistes en 2019.

Conclusion :

Avec une offre touristique très diversifiée, la région Île-de-France possède les atous pour attirer les touristes hors de la capitale. L’atout principal de la région est son important patrimoine historique, dont la renommée dépasse les frontières.

Les touristes qui sortent de la capitale pour découvrir la région francilienne génère un flux touristique sur le territoire. Ils créent de la demande à tous les niveaux : hébergements, restaurations, activités, etc. Pour l’instant, alors que Paris propose énormément d’hébergements hôtelier, le reste de l’Île-de-France doit encore se développer.

C’est un avantage pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux, qui peuvent alors se positionner pour répondre aux demandes de la clientèle. Comprendre son territoire est essentiel pour y développer une activité.

De plus, à l’ère du coronavirus, les touristes désirent découvrir des grands espaces, au sein desquels ils peuvent se balader plus librement. L’Île-de-France est le territoire idéal pour offrir un tourisme différent.

Enfin, la région dispose aussi d’autres atouts attractifs pour les touristes, comme le célèbre parc à thème Disneyland Paris ou le complexe commercial de La Vallée Village, qui a accueilli 7 100 000 visiteurs en 2019. 

Pour aller plus loin :

Organiser une reconstitution historique dans un château

Le luxe et le patrimoine sont indissociables

Idées pour rentabiliser un monument historique

Organiser un évènement

À la suite des articles qui dressent les différentes tendances touristiques de nos régions françaises, découvrez les multiples facettes du tourisme en Occitanie.

L’important à retenir de cet article : 

La région Occitanie attire des typologies de touristes multiples grâce à ses divers univers de destination, ses paysages variées et son patrimoine diversifié. De cette manière, l’offre touristique dans la région peut s’étendre et répondre à différentes demandes de la clientèle en termes d’hébergements ou d’activité. 

– La richesse du patrimoine historique est l’atout principal de la région, générant le plus important flux touristique ;

– L’Occitanie se place en tête des régions les plus fréquentées par les curistes ; 

– Les activités de plein air sont fortement appréciées et le tourisme vert est en plein essor ;

– La région bénéficie aussi de l’importance du pèlerinage sur son territoire.

Introduction :

La région Occitanie se distingue par une pluralité de paysages correspondants à quatre univers de destination : la montagne, le littoral, la campagne et les villes. Chaque univers possède des caractéristiques bien précises. De l’excursionniste pratiquant le slow tourisme au touriste amateur de patrimoine et d’histoire, l’Occitanie captive l’attention de divers publics. Cette diversité est une véritable richesse pour le territoire. 

En effet, l’Occitanie recense 208 millions de nuitées touristiques en 2019, dont 65% sont des touristes français et 35% des étrangers. Parmi les touristes français, les régionaux représentent un taux d’environ 20%.La région Occitanie est donc une destination pour le tourisme de proximité (moins de 2h30 du lieu de résidence). Une pratique qui continue de croitre à l’ère du coronavirus

L’un des autres atouts principaux de la région est sa place en tant que première destination du tourisme thermal. En effet, 183 000 curistes ont fréquenté la région en 2019, soit près d’un tiers des curistes français. En dehors de leur temps de cure, les curistes peuvent visiter les sites patrimoniaux aux alentours et découvrir le terroir local. Ils participent ainsi au développement économique du territoire

Pour les propriétaires et gestionnaires de sites patrimoniaux, il est intéressant de se positionner pour répondre au besoin de cette clientèle. Si vous vous situez à proximité d’une des 28 stations thermales d’Occitanie, vous pouvez notamment proposer de l’hébergement qui pourra attirer des curistes.

Les multiples univers de la région Occitanie font aussi écho à la diversité de son patrimoine historique, religieux et naturel

1. Découvrir l’Occitanie grâce à la richesse de son patrimoine historique et religieux

La région Occitanie compte six sites classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO. En plus de ces sites, l’Occitanie en partage deux avec d’autres régions. Ainsi, il s’agit de la région possédant le plus important nombre de sites protégés à l’UNESCO en France. Cette richesse patrimoniale participe à l’attractivité du territoire. En effet, les chiffres clés du tourisme démontrent qu’un touriste sur deux dans la région visite un site historique.

De plus, le patrimoine historique et religieux en Occitanie représente une grande diversité de périodes et de styles architecturaux.

La Cité Médiévale de Carcassonne, premier site touristique de l’Occitanie

Figurant parmi les sites classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO, la Cité Médiévale de Carcassonnegénère le plus important flux touristique du territoire. En 2019, la ville a accueilli près d’1,8 millions d’excursionnistes, dont le tiers ont visité les remparts et le Château Comtal. À titre d’exemple, la Cité Médiévale de Carcassonne est plus visitée que le Domaine de Chambord, en région Centre-Val-de-Loire.

Bien que Carcassonne soit célèbre pour sa Cité Médiévale, les origines de la ville remontent à l’époque gallo-romaine. Certaines traces de cette époque sont encore visibles, comme une partie des remparts construits au IIIème siècle. 

Cité de Carcassonne

Le patrimoine antique et gallo-romain en Occitanie

L’Occitanie bénéficie d’un important patrimoine antique et gallo-romain, qui fait la particularité de la région. Il peut s’agir de quelques éléments architecturaux dilués dans une cité médiévale comme à Carcassonne ou dans la commune d’Aigues-Mortes. Cette dernière, visitée par un million d’excursionnistes en 2019, est à la croisée des époques. La commune dispose aussi d’un patrimoine naturel remarquable, idéal pour attirer les publics amateurs à la fois de patrimoine et de tourisme vert. 

Aigues-Mortes

La région possède aussi des sites patrimoniaux antiques célèbres tels que :

– Le Pont du Gard, édifice destiné au passage d’un aqueduc romain. Ce vestige antique incroyablement bien conservé et classé Monument Historique a attiré près de 850 000 excursionnistes en 2019 ;

– Les Arènes de Nîmes, qui sont à l’image d’un petit Colisée. Illustration parfaite et bien conservée des amphithéâtres romains, l’édifice est classé Monument Historiques. En 2019, 407 000 touristes ont visité les Arènes de Nîmes.

Les Arènes de Nîmes

Le patrimoine à travers les époques dans le centre historique de Narbonne

La ville de Narbonne regorge de pépites architecturales historiques et religieuses. Les sites les plus visités sont le Pont des Marchands et la Cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteurs, qui recensent 1 270 000 visiteurs en 2019. Cet important flux touristique est un avantage pour le développement économique et touristique local. Le Pont des Marchands est une particularité quasi-unique de la ville. Il s’agit d’un des deux derniers ponts de France encore habités, à l’image du célèbre Ponte Vecchio de Florence. L’originalité du lieu participe à renforcer l’attractivité du territoire. 

Cloître de la Cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteurs

En ce qui concerne la Cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur, il s’agit du monument le plus prestigieux de Narbonne. Caractéristique du style architectural gothique méridional, l’édifice possède deux particularités qui participent à sa renommée. La cathédrale est inachevée et sa hauteur sous voûte en fait la quatrième plus haute de France. Par sa grandeur, l’édifice, classé Monument Historique, se distingue dans le paysage urbain de Narbonne et attire de nombreux touristes.

2. L’importance du patrimoine religieux en Occitanie

Le patrimoine religieux en Occitanie représente une part importante du tourisme. La région possède de fantastiques édifices religieux, à l’image de la Cathédrale Sainte-Cécile au cœur de la cité épiscopale d’Albi. Classé Monument Historique, l’édifice est un joyau architectural. Il s’agit de la plus grande cathédrale en brique du monde. Le monument est aussi célèbre pour ses fresques et décorations qui en font la plus grande cathédrale peinte d’Europe. 

Toutes ces particularités prestigieuses attirent des publics variés, amateurs d’art ou d’architecture. Toutefois, en comparaison des autres grandes cathédrales de France, Albi n’est pas parmi les plus fréquentées. En effet, alors que la cathédrale de Reims a accueilli 1,6 millions de visiteurs en 2019, la cathédrale d’Albi en recense 600 000

La Cathédrale Sainte-Cécile 

En plus des touristes curieux qui visitent les édifices religieux, nombreux sont les pèlerins qui viennent dans la région

En effet, la région est traversée par les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, qui figurent dans la liste des sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. La Basilique Saint-Sernin dans le Tarn est une étape importante de ce pèlerinage. L’édifice abrite les reliques de Saint-Sernin, premier évêque de Toulouse, auprès desquelles les pèlerins viennent se recueillir. La Basilique est classée Monument Historique et protégée au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Le lieu attire les touristes tout comme les pèlerins, recensant 754 800 visiteurs en 2019.

La Basilique Saint-Sernin

Le Sanctuaire de Lourdes, grand site de pèlerinage français

La région Occitanie possède aussi le plus grand site de pèlerinage catholique français : le Sanctuaire de Notre-Dame de Lourdesfréquenté par 550 000 visiteurs en 2019. Néanmoins, le site ne figure pas parmi les lieux de pèlerinage les plus fréquentés. Par exemple, la Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay a attiré plus de 800 000 visiteurs en 2019.

Le lieu regroupe plusieurs édifices tels que la célèbre Grotte de Massabielle ou la Basilique de l’Immaculée-Conception, ainsi que plusieurs fontaines et un chemin de croix. Divers monuments religieux ou d’accueil complètent le sanctuaire. 

La Basilique de l’Immaculée-Conception

Pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux souhaitant se lancer dans une activité d’hébergement ou de restauration, l’important flux généré par les pèlerins est une réelle opportunité.

3. La mise en avant du patrimoine régional grâce au tourisme vert

La région Occitanie possède un patrimoine naturel extrêmement riche et varié. À travers le dispositif « Grands Sites Occitanie / Sud de France », la région valorise 40 sites touristiques régionaux divers. Ces sites sont de véritables atouts pour le territoire. En effet, près de 80% des touristes qui visitent la région se rendent dans l’un de ces sites. De plus, on constate qu’un taux de 78% des visiteurs français restent une demi-journée ou une journée entière sur ces lieux. Les principales activités sont les suivantes : promenade à 80%, puis visite culturelle à 48%, et enfin randonnée à 22%. Il y a donc un véritable tournant à prendre au niveau du tourisme vert et durable et du slow tourisme pour attirer les publics qui y sont sensibles.

Parmi les grands sites se trouvent des sites patrimoniaux cités précédemment comme Albi ou Aigues-Mortes, ainsi que de nombreux sites naturels tels que : 

– Les Cévennes, parc national montagneux où se trouve le célèbre Pont du Gard ;

– La Vallée de la Dordogne, où se trouve le Gouffre de Padirac.

Le Gouffre de Padirac s’ouvre sur une cavité naturelle exceptionnelle, au fond de laquelle coule une rivière souterraine. Le long de celle-ci, les excursionnistes peuvent découvrir deux lacs et une cathédrale souterraine. Ce lieu unique, entre nature et aventure, attire les touristes amateurs de découverte et de tourisme vert. En 2019, un demi-million d’excursionnistes sont venus admirer les lieux.

Le tourisme fluvial, le slow tourisme au fil de l’eau

Dans la veine du slow tourisme et des pratiques vertes et durables, le tourisme fluvial itinérant est fortement apprécié par les excursionnistes en Occitanie. Le long du Canal du Midi, les Écluses de Fonseranes ont attiré 400 000 excursionnistes en 2019

Mêlant itinérance, découverte des paysages et du patrimoine, le tourisme fluvial présente de nombreux atouts pour le territoire et participe à sa désirabilité. L’office de tourisme de Béziers surf sur la popularité du tourisme fluvial en organisant des évènements attractifs, attirant toujours plus de public.

Conclusion : 

La région Occitanie attire des publics divers, se démarquant notamment par ses touristes curistes et ses pèlerins. Parmi les touristes qui fréquentent la région, nombreux sont aussi ceux qui sont attirés par le patrimoine historique et naturel du territoire.

Pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux, connaitre les avantages de sa région ainsi que le type de public qu’elle attire permet de se positionner. De cette manière, l’activité développée au sein du site patrimonial est en adéquation avec les besoins de la potentielle clientèle. 

Les chiffres clés du tourisme de la région permettent d’obtenir des informations essentielles , comme le taux de fréquentation des typologies d’hébergement. En Occitanie, les chiffres démontrent que 65% de l’offre d’hébergement est de l’hébergement de plein air (campings). Ainsi, le gestionnaire d’un site historique, souhaitant se lancer dans une activités d’hébergement, devra  prendre en compte ce paramètre et réaliser une étude de marché.

Pour aller plus loin : 

Investir dans le patrimoine historique naturel

Les enjeux de la sauvegarde du patrimoine français

Comment rendre utile le patrimoine français ?