Introduction

À retenir :

  • Les JO réveillent des velléités remarquables de conservation et de valorisation du patrimoine.
  • Le parcours de la flamme olympique permet de mettre en valeur les sites patrimoniaux mythiques français.
  • Mais il serait souhaitable que les efforts engagés ne soient pas seulement ponctuels.

En 2023, les Journées Européennes du Patrimoine ont choisi de célébrer le sport, initiant ainsi une année culturelle presque entièrement consacrée à cette thématique, en raison de l’arrivée imminente des Jeux Olympiques. Citons à titre d’exemple Paris Musées qui a préparé l’événement en organisant ses expositions autour du thème « Art et sport » : L’Art équestre dans la Chine ancienne au musée Cernuschi, Victor Hugo s’escrime à la maison de Victor Hugo, Le Corps en mouvement au Petit Palais, etc.

L’année 2024 a donc vu les liens entre sport et patrimoine se renforcer considérablement.

Les Jeux Olympiques de Paris 2024 offrent une occasion unique de mettre en valeur le patrimoine français – et pas seulement le patrimoine sportif. De nombreux sites exceptionnels ont ainsi été rénovés à l’occasion des Jeux Olympiques, notamment dans le but d’en accueillir les épreuves. Le parcours de la flamme olympique renforce également le rayonnement international du pays et de son histoire, en traversant ses sites emblématiques.

I.               La flamme olympique parcourt les sites emblématiques français

Passage dans 30 lieux protégés par l’UNESCO

Le parcours de la flamme olympique de Paris 2024 traverse trente sites protégés par l’UNESCO. Parmi ces lieux, on retrouve des monuments historiques, des paysages naturels, ainsi que des sites témoins du patrimoine immatériel français. En voici quelques exemples:

  • Monuments historiques : le Château de Chambord, la grotte de Lascaux, la Basilique de Vézelay, Le Havre, la Cathédrale d’Amiens, etc.
  • Patrimoine naturel : le Mont-Saint-Michel et sa baie, le Canal du Midi, le Piton de la fournaise, etc.
  • Sites témoins du patrimoine immatériel français : les vignobles de Bourgogne et de Champagne.

Pourquoi ces lieux ?

De prime abord, il semble évident que c’est parce que ces lieux brillent par leur beauté ou par leur poids historique qu’ils ont été choisis.

Cependant, il existe une deuxième raison, liée à la première, qui va au-delà de cet aspect « instagrammable » et d’une vision de « carte postale » idéale de la France.

En parcourant ces sites emblématiques français, la flamme se fait le symbole unificateur d’une double diversité :

  • La diversité des nations, rassemblées autour des mêmes valeurs prônées par le sport : l’esprit d’équipe, le partage, l’amitié.
  • La diversité du patrimoine et des territoires français.

Ainsi, un site patrimonial local, ancré dans un territoire bien particulier, se trouve lié à tous les autres. Il forme alors comme une étape, un chapitre de la France et de son histoire. Il dévoile son identité, sa diversité, ses mutations. On le choisit donc parce qu’il est caractéristique, mais aussi parce qu’il diffère de tous les autres.

Au-delà du passage de la flamme, la mise en valeur du patrimoine liée aux JO passe aussi par le choix des lieux des épreuves: le château de Versailles, le Grand Palais, les Invalides, la place de la Concorde, etc.

II.             Un Paris des cartes postales offert aux visiteurs…

Vitrine internationale des caractéristiques des pays hôtes, les JO de Paris 2024 permettent de renforcer le visage d’une nation à forte identité touristique et patrimoniale.

Ainsi l’Etat et les différentes collectivités impliquées ont choisi de mieux mettre en valeur le patrimoine français aux yeux des visiteurs comme des téléspectateurs, en sélectionnant des lieux historiques comme zones d’épreuves olympiques, mais aussi parfois en restaurant des édifices dans le simple, et louable, objectif d’offrir aux visiteurs le meilleur de son patrimoine.

Quelques exemples ci-dessous de monuments qui ont bénéficié de ce mouvement de restauration et d’embellissement.

La Fontaine des Innocents : la Renaissance d’un joyau du XVIe siècle

Située place Joachim du Bellay, la Fontaine des Innocents est un chef-d’œuvre de la Renaissance française, classé monument historique depuis 1862. C’est l’une des plus anciennes fontaines de Paris : elle avait été érigée vers 1260 pour célébrer le retour des rois dans Paris après leurs sacres à Saint-Denis, et avait été remplacée par un édifice sous forme de loggia en 1548, sous le règne d’Henri II.

La fontaine, haute de 17 mètres, a vu à l’occasion des JO ses sculptures de nymphes, œuvres du génie de Jean Goujon, grand sculpteur français du XVIe siècle, être soigneusement nettoyées et protégées contre les effets néfastes du temps et de la pollution. Ce joyau architectural a également retrouvé toute sa splendeur grâce à la réactivation des jets d’eau et à l’installation d’un nouvel éclairage nocturne.

Une exposition au musée Carnavalet accompagne cette renaissance en plongeant ses visiteurs dans l’histoire mouvementée de la fontaine, qui n’a cessé de se métamorphoser au rythme des mutations urbaines.

Une nouvelle harmonie pour la place de la Concorde ?

À nouveau dans la perspective des Jeux d’été de 2024, la Ville de Paris a engagé des travaux de rénovation de la place de la Concorde, qui servira bientôt d’écrin des compétitions de basket 3×3, breakdance, BMX freestyle et de skateboard, et recevra même la cérémonie d’ouverture des Jeux Paralympiques.

Les travaux de restauration de cette place emblématique de Paris ont inclus entre 2022 et 2023 la rénovation de l’Obélisque de Louxor, qui a à cette occasion retrouvé sa pointe en acier doré, ainsi que celle des deux fontaines monumentales qui la ceignent – la Fontaine des Mers et la Fontaine des Fleuves – inaugurées en 1840. Ces travaux ont consisté en une mise en teinte minutieuse, en l’application d’une couche de cire protectrice sur les ornements et en la réfection des systèmes d’étanchéité des bassins.

Pas de Jeux…pas de rénovation, pas de rénovation…pas de Grand Palais, pas de Grand Palais…pas de Grand Palais ?

Le Grand Palais, fleuron de l’architecture parisienne de la fin du XIXe siècle, est fermé depuis 2021 pour de grands travaux de restauration. La première phase, achevée à temps pour les Jeux Olympiques de 2024, a permis de restaurer son immense Nef, qui accueillera les épreuves d’escrime et de taekwondo. Les rénovations apportées permettent à la fois de répondre aux exigences contemporaines en termes de sécurité et de confort, et de mettre en valeur l’histoire et la splendeur de ce bâtiment emblématique.

En effet, la Nef du Grand Palais, initialement conçue pour des exercices hippiques, a accueilli au fil des ans diverses activités culturelles, sanitaires (notamment transformée en hôpital pendant la Première Guerre mondiale) et sportives. Les JO permettront ainsi au Grand Palais de retrouver, l’espace de quelques semaines, l’une de ses fonctions premières.

Versailles (en) Chantiers : le château sous un nouveau Soleil

À Versailles, les JO ont aussi servi de catalyseur de la valorisation du patrimoine. Pour accueillir les épreuves équestres, le pentathlon et le cross-country autour de l’esplanade de l’Étoile royale et du Grand Canal, le château a tenu à se montrer sous son meilleur jour : restauration des berges du Grand Canal, du bassin d’Apollon, de la grille d’Honneur, de l’antichambre de l’Œil-de-Bœuf, des toitures de l’aile du Nord et du Grand Trianon.

De plus, les organisateurs ont pensé les épreuves de manière à ce qu’on n’endommage pas le parc: aucun arbre n’a été déplacé, et on n’a fait aucun ajout de terre extérieure qui aurait pu détériorer le sol. Tout sera remis en l’état après les Jeux.

III.            … avec des rénovations à marche forcée

Si les rénovations se sont achevées à temps pour les Jeux, celles-ci étaient souvent plébiscitées bien avant la période 2020-2024.

La fontaine des Innocents :

La fontaine des Innocents, comme la plupart des fontaines de la capitale, s’est trouvée abîmée par des décennies de pollution et d’intempéries qui ont corrodé son système hydraulique. Cependant, la Ville de Paris n’a cessé de reporter sa restauration, initialement prévue en 2014. En 2017, l’eau n’y coulait même plus.

L’arrivée imminente des Jeux Olympiques a donné l’impulsion nécessaire à l’État et à la Ville de Paris pour entamer enfin les travaux tant attendus. L’opération s’est achevée en juin dernier après un an de travaux, grâce à un investissement de 4,5 millions d’euros dont 600 000 financés par la DRAC Ile-de-France.

La place de la Concorde :

Le cas de la place de la Concorde est assez similaire à celui de la fontaine des Innocents. Après des années de plaintes et de pétitions, les travaux se sont enfin lancés pour restaurer la place, dont l’état avait atteint un niveau critique : fontaines à la mise en eau aléatoire, statues effritées, colonnes rouillées, lampadaires aux vitres brisées, pavement dégradé, etc.

Cela faisait un certain temps qu’historiens de l’art et citadins alertaient sur les dégradations de la Concorde, mais à nouveau, seule l’échéance des Jeux Olympiques parvint à faire réagir la Ville de Paris. Seulement, cette dernière étant trop proche, on dut concentrer les efforts : seules deux des huit guérites de la place représentant les grandes villes françaises (celles de Lille et Strasbourg) furent restaurées.

Cependant, la mairie de Paris a promis de rattraper le retard accumulé dès l’automne 2024, par d’importants travaux. Une commission d’experts, présidée par l’ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, a émis 12 propositions pour guider un projet de réaménagement qui débutera après approbation de la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA).

Le projet vise à « pacifier et rafraîchir » la place, lutter contre les îlots de chaleur, renouer avec le patrimoine végétal et historique, ainsi qu’à offrir de nouveaux usages. Il fait partie d’une initiative plus large de rénovation de l’axe porte Maillot/place Charles-de-Gaulle Étoile/avenue des Champs-Élysées. La réflexion de ces historiens, climatologues, architectes et autres spécialistes est nourrie par les contributions des Parisiens et des utilisateurs de la place, recueillies lors d’une concertation publique.

Le Grand Palais :

En ce qui concerne le Grand Palais, les travaux se poursuivront après les JO. On doit encore restaurer la moitié du site. La tâche est colossale puisque le bâtiment s’étend sur plus de 70 000 m², ce qui est plus grand que le château de Versailles. Il s’agit notamment de se prémunir d’un éventuel affaissement du bâtiment, puisque celui-ci est bâti sur des milliers de pilotis, et que dans la partie proche de la Seine, les pilotis pourrissent du fait de la baisse de la nappe phréatique.

La réouverture complète du palais au public est prévue pour 2026, preuve d’une restauration qui ne se limite pas aux Jeux et qui se veut a contrario instigatrice d’un avenir pérenne pour le monument.

Conclusion :

Les Jeux Olympiques ont globalement servi de catalyseur pour la valorisation et la rénovation du patrimoine français, tant par le passage de la flamme dans des lieux emblématiques, que par l’occasion que cette compétition au rayonnement international est pour une ville comme Paris de refaire peau neuve.

Cependant, bien que les récents efforts et travaux de rénovation témoignent d’une volonté louable de préserver et de valoriser le patrimoine, il est crucial qu’ils ne se limitent pas à des actions ponctuelles, mais qu’il fasse l’objet d’une attention continue et non seulement sporadique, ou au gré d’événements de grande envergure. De ce point de vue-là, l’État et la Ville de Paris ont engagé des efforts concrets. Espérons donc que cette dynamique se poursuive.

Pour aller plus loin

Habituellement utilisé pour accompagner la promotion immobilière ou le développement
d’activités commerciales, le crowdlending consiste à solliciter des prêteurs particuliers pour contribuer à financer un projet via des plateformes en ligne. 

Encore peu développé pour les projets de restauration du patrimoine, ce dispositif est une alternative intéressante au financement participatif de type don contre contrepartie car il permet de récolter des montants plus élevés, au-delà d’1 m€.

Tout comme un emprunt bancaire classique, les prêts octroyés dans le cadre du crowdlending sont assortis d’une durée et d’un échéancier de remboursement.
Plusieurs typologies de prêts sont possibles:

  • Le Prêt à taux 0% : le prêteur prête une certaine somme, sans intérêt, il sera
    remboursé du montant qu’il a prêté selon l’échéancier convenu. Ce type de prêts est
    souvent affinitaire et va attirer des personnes partageant les missions du projet sans
    recherche d’intérêts.
    o Exemple : Restauration de la toiture d’une chapelle. Montant total des
    travaux : 58 000 €, montant financé par le crowdlending : 54 000€.
    Dans ce cadre, les ressources nécessaires au remboursement ne reposaient
    pas sur un modèle économique, mais sur la collecte croissante du fonds de
    dotation qui réalisait l’opération, couvrant largement les dépenses mais trop
    étalées dans le temps par rapport au besoin de financement des travaux.
  • Prêts à taux d’intérêt : c’est le dispositif le plus proche d’un emprunt bancaire
    classique. Dans ce cas, le prêt est assorti d’un taux d’intérêt versé par l’emprunteur au
    prêteur (taux en général plus élevés qu’auprès d’une banque) et d’un calendrier de
    remboursement selon l’échéancier convenu.
    o Exemple : Rénovation de 2 maisons au sein d’un corps de ferme du XVIIIe
    siècle, en vue de les louer en séjour de courte durée. Montant total des
    travaux : 500 000€, montant collecté via le crowdlending : 50 000€.
    Dans ce cadre, les emprunts seront remboursés par le fruit des locations.
  • Prêts obligataires. Cette typologie d’emprunt est réservée aux personnes morales
    (associations, entreprises, collectivités) qui émettent des titres financiers
    (obligations) assimilables à une dette auprès d’investisseurs personnes morales ou
    personnes physiques (les obligataires). Cette dette est assortie d’intérêts et d’un
    échéancier de paiement.

o Exemple : Réhabilitation d’espaces au sein d’un bâtiment du XVIIIe siècle afin d’y accueillir des élèves en internat. Montant total des travaux : montant levé par crowdlending : 390 000 €. Dans ce cadre, la dette peut être remboursée par les recettes provenant des frais de scolarité et de logement des élèves.

Le crowdlending est assorti d’un certain nombre de conditions. La première, pour
l’emprunteur, est d’avoir une capacité de remboursement avérée. Le recours au crowdlending doit donc s’accompagner de ressources permettant d’assurer les remboursements voire le paiement d’intérêts. Ce mode de financement n’est par conséquent pas approprié pour tout type de projets. Il permet surtout une avance de trésorerie dans le cadre d’un projet de restauration ou de lancement d’activités. Cela peut constituer également un amorçage utile pour solliciter un établissement bancaire traditionnel en complément de fonds propres.


Une difficulté reste de mise : il existe à ce jour encore très peu de plateformes de
crowdlending qui permettent de financer ce type de projets, au premier rang desquels on
peut citer Credofunding, développé pour du patrimoine religieux ou cultuel. On ne peut que
souhaiter que la réhabilitation du patrimoine immobilier devienne une cause portée par les
plateformes de crowdfunding immobilier ayant pignon sur rue.

Article publié dans Courrier du patrimoine n°72 (2021)

Dans cet article, Hephata s’intéresse au financement participatif au service du patrimoine. Il souligne les récentes évolutions notamment juridiques qui lui permet aujourd’hui de s’imposer comme un vecteur majeur pour le financement.

Ce qu’il faut retenir

Le crowdfunding, le crowdlending et le crowdequity répondent à des besoins bien distincts et ont leur propres enjeux. La législation française et européenne est en pleine évolution pour développer et faciliter cette forme de financement populaire.

Introduction

La restauration des châteaux nécessite des investissements considérables. Face à cette réalité, de plus en plus de propriétaires de châteaux se tournent vers des formes de financements originales : les financements participatifs.

Trois outils existent dans ce domaine que vous découvrirez dans cet article : le crowdfunding, le crowdlending et le crowdequity.

Les différentes formes de financements participatifs et leurs enjeux

Crowdfunding

Le crowdfunding, ou financement participatif, repose sur la contribution financière d’un grand nombre de personnes. Dans le contexte de la restauration d’un château, cela peut prendre la forme de dons, souvent assortis de contreparties symboliques comme des visites privées du site ou des noms gravés sur une plaque commémorative. Le crowdfunding mobilise la solidarité d’une communauté, qu’elle soit locale ou mondiale, autour de la préservation du patrimoine.

Cependant, le crowdfunding peut présenter des défis :

  • La collecte des fonds peut être incertaine, dépendant fortement de la capacité du porteur de projet à mobiliser l’attention et l’intérêt du public.
  • Les montants récoltés peuvent ne pas suffire à financer intégralement la restauration. Cela nécessite souvent de combiner plusieurs sources de financement. Les montants récoltés pour le crowdfunding immobilier sont généralement autour de 450 000 €. Les campagnes spécifiquement dans le patrimoine tournent généralement plus autour de 20 000 €.

Par exemple, le Louvre mène une campagne de financement « Tous mécènes ! » pour contribuer à la restauration ou à l’acquisition d’œuvres majeures. Il a ainsi acquis La Victoire de Samothrace en 2013. Une nouvelle campagne de don a lieu jusqu’au 28 février 2024. L’objectif est réunir les 1,3 millions d’euros restants pour acquérir le Panier de fraises des bois de J.S. Chardin, tableau emblématique du maître de la nature morte.

Plusieurs plateformes à l’instar de la Fondation du patrimoine ou Ulule sont spécialisés dans le crowdfunding pour le patrimoine. Un article existe spécifiquement sur ce sujet.

Crowdlending

Le crowdlending, ou prêt participatif, fonctionne sur le principe du prêt d’argent par des particuliers à un projet en échange d’un remboursement avec intérêts. Dans le cadre de la restauration d’un château, le porteur de projet emprunte une somme déterminée. Il s’engage ensuite à la rembourser sur une période fixée. Cette approche offre une alternative intéressante au financement traditionnel, en contournant parfois les institutions bancaires.

Deux enjeux du crowdlending existent :

  • La capacité du porteur de projet à garantir le remboursement
  • Les intérêts à rembourser qui peuvent accroître la pression financière

Cependant, cette méthode offre l’avantage de mobiliser une communauté prête à investir dans la préservation du patrimoine. Elle permet également de contourner en partie la banque si celle-ci n’accorde pas de prêt pour le projet.

De nombreuses plateformes de crowdlending qui ne sont pas spécifiques au patrimoine comme Wesharebonds ou October existent.

Crowdequity

Le crowdequity, ou financement participatif en capital, se distingue en permettant aux investisseurs de devenir propriétaires d’une partie du projet. Les contributeurs acquièrent des actions ou des parts du château, devenant ainsi des copropriétaires. Cela offre une implication plus directe dans la gestion du site, tout en partageant les risques et les éventuelles retombées financières.

Plusieurs enjeux du crowdequity existent :

  • La gestion complexe des intérêts des investisseurs. Les copropriétaires peuvent avoir des opinions divergentes sur la manière dont le château devrait être restauré ou géré, ce qui nécessite une communication transparente et/ ou une gouvernance solide.

Par exemple, le château Saint-Laurent, propriété de Tony Parker, a atteint son objectif de financement grâce au crowdequity. Il a levé un million d’euros en seulement une heure. Le basketteur Tony Parker a organisé cette levée de fonds sur la plateforme de la start-up montpelliéraine Bricks.co.

Un paysage en pleine évolution en raison d’un cadre réglementaire en construction


La démocratisation du financement participatif, notamment pour le patrimoine, s’est accompagnée d’une transformation significative de son cadre réglementaire. Initialement perçu comme un terrain non balisé, le crowdfunding a d’abord été une source d’inquiétude pour les investisseurs. La traçabilité des fonds n’était en effet pas toujours assurée dans tous les projets. Cependant, au fil des années, les autorités ont su répondre à la hausse du recours à ce type de financement. Des règles ont ainsi été progressivement posées pour garantir la pérennité des services de crowdfunding.

  • Au niveau national, c’est en septembre 2014 qu’une ordonnance crée les statuts d’intermédiaires et de conseiller en financement participatif.
  • Au niveau de l’Union européenne, le Parlement européen a approuvé en octobre 2020 l’extension des plateformes de crowdfunding à l’ensemble du marché unique.
  • Un statut unique de prestataire de services de financement participatif a également été imposé en février 2022 pour simplifier la législation.

Le développement conjoint de solutions de financement participatif adaptées au patrimoine historique et d’un cadre règlementaire rassurant a alors permis une importante hausse du recours à cette activité.

En moins de 10 ans, le secteur s’est organisé progressivement, avec la récente disparition des trois statuts légaux des plateformes au profit d’un seul, harmonisé à l’échelle de l’Union européenne : l’agrément de « Prestataire de services en financement participatif » (PSFP). Il permet d’ouvrir les financeurs potentiels à l’ensemble de l’UE. Un des anciens statuts, l’IFP, existe encore mais uniquement pour le crowdlending et le crowdequity.

Ce nouvel agrément, le PSFP, créé en 2021 permet d’avoir un plafond à 5 M€ (contre 1 M€ pour l’IFP et 8 M€ pour le CSP) par projet par an. 110 sociétés basées dans l’UE dont 35 françaises ont l’agrément et peuvent donc continuer de proposer ce service de financement participatif. C’est le cas de Anaxago ou encore de Happy Capital.


Ces évolutions juridiques ont eu un impact positif sur la crédibilité du crowdfunding dans le domaine du patrimoine. Les investisseurs sont plus enclins à participer lorsque des limites claires sont en place et sont plus nombreux grâce à l’ouverture du financement participatif à l’ensemble de l’Union Européenne. Le patrimoine historique français ne peut donc que s’en réjouir.

La structuration progressive des modèles de financement du patrimoine

Parallèlement à l’évolution règlementaire, les modèles de financement participatif se sont adaptés avec le temps à leurs cibles, en se répartissant différents secteurs. Certains se sont alors tournées vers le patrimoine, en se spécialisant. Les plateformes ont développé des stratégies variées pour répondre aux besoins spécifiques des différents types d’apporteurs de capitaux. Un article concernant les plateformes de financement participatif spécialisées dans la culture existe sur notre site.

Conclusion

Finalement, le financement participatif s’est progressivement imposé comme un vecteur majeur de gestion de projets patrimoniaux. Il a permis de raviver l’intérêt des petits porteurs et de faire de la sauvegarde du patrimoine un effort collectif.
La diversité de ces financements innovants ont bénéficié tant aux financeurs qu’aux porteurs de projets patrimoniaux, et l’évolution règlementaire a contribué à établir un cadre propice au développement de certaines plateformes.
Grâce à cette innovation, une multitude de projets ont pu être concrétisés. La préservation du patrimoine devient alors l’affaire de tous.

Pour aller plus loin

Ce qu’il faut retenir

La muséographie au sein des sites historiques est essentielle pour la préservation et la transmission du patrimoine culturel. Celle-ci se distingue de la scénographie parce qu’elle se préoccupe du fond. Des exemples français développés dans cet article tels que le Musée d’Art moderne de Troyes et le Château de Suscinio illustrent quelques bonnes pratiques.

Introduction

La muséographie, en tant que discipline centrale de la présentation et de la médiation des lieux historiques, joue un rôle clé dans la transmission du patrimoine. Mais qu’est-ce que la muséographie? et en quoi se distingue-t-elle de la scénographie? comment créer une muséographie de qualité au sein d’un lieu historique? Illustrations et réponses à l’aide de quelques exemples de lieux historiques ayant déployé des muséographies différentes.

Comprendre la muséographie

La muséographie en un coup d’œil ?

La muséographie en tant que métier est souvent méconnue malgré son rôle crucial dans les lieux historiques. Le blog, Les Muséographes la définit comme étant « ce qui a trait aux contenus du parcours de visite et aux modalités de la médiation de ces contenus avec les visiteurs. ». En d’autres termes, elle désigne l’ensemble des techniques utilisées pour la présentation et la mise en valeur des collections. Il s’agit à la fois du concept de l’exposition, de sa trame ou scénario, et de l’articulation des contenus de l’exposition – les collections ainsi que toutes les médiations nécessaires à leur valorisation – au sein de cette trame.

3 types de muséographie existent :

  • La muséographie communicationnelle : Faire accéder à un savoir
  • La muséographie esthétique : Volonté d’émerveiller
  • La muséographie ludique : Faire réagir le spectateur par le jeu, le spectaculaire, etc.

La muséographie joue un rôle essentiel dans la manière dont les visiteurs interagissent avec l’histoire, la culture et l’art.

Différence entre muséographie et scénographie

La muséographie est souvent confondue avec la scénographie, discipline qui concerne la création d’espaces et d’ambiances visuelles et spatiales pour donner un corps à l’histoire racontée par le muséographe. Ce travail intervient après la muséographie.

Les décors, les costumes, l’éclairage, et les effets spéciaux sont utilisés pour immerger le spectateur dans une expérience narrative. La scénographie est donc avant tout axée sur la forme. Elle met en scène la narration dans l’espace. A contrario, la muséographie se concentre sur le fond, la narration. Elle a pour objectif la transmission de connaissances et d’informations précises ou l’émerveillement et la réaction du visiteur. Elle cherche à éduquer, à informer, documenter et émerveiller. La muséographie raconte des éléments tangibles de l’histoire, de la culture ou de l’art. Elle utilise par exemple des artefacts authentiques, des textes explicatifs, des médias interactifs pour faciliter la compréhension et l’appréciation du contenu présenté.

Les deux disciplines peuvent se chevaucher, mais elles servent des objectifs différents. La scénographie est davantage orientée vers la forme, tandis que la muséographie a pour principal objectif la narration, soit le fond.

Exemples de Muséographie dans des lieux historiques

Explorons désormais des exemples concrets de muséographie au sein de lieux historiques en France. Ces exemples illustrent comment construire une muséographie de qualité pour mettre en valeur le patrimoine culturel et historique. Ils soulignent également comment offrir une expérience mémorable aux visiteurs.

Le musée d’Art moderne de Troyes a récemment fait peau neuve en rafraîchissant sa muséographie et en ajoutant quatre cents mètres carrés supplémentaires d’espace d’exposition. Les collections du musée comprennent des œuvres de Courbet, Gauguin, Seurat, Derain, Picasso, et d’autres artistes de premier plan. La muséographie offre un parcours qui met en avant les grands moments de l’histoire de l’art moderne, tout en intégrant des œuvres d’arts non occidentaux. Les nouveaux espaces permettent également la tenue d’expositions temporaires et la création d’un cabinet d’arts graphiques. La restauration du palais épiscopal qui abrite le musée contraste favorablement avec l’état de certains autres musées de la ville.

Après cinq ans de travaux, le château a réouvert ses portes. Les travaux ont inclus la réfection des enduits, des sols en tommettes et des installations électriques, ainsi que la création d’ouvertures donnant sur la cour à l’Est. Ces améliorations étaient cruciales pour garantir la pérennité de ce site historique. Depuis la réouverture du site le 5 avril, le château de Suscinio propose un nouveau parcours qui transporte les visiteurs dans le passé, en particulier en 1485, lors des pourparlers autour du mariage d’Anne de Bretagne.

La muséographie utilise la visio projection pour présenter des scènes de l’époque. Cela permet aux visiteurs de se sentir immergés dans le contexte historique. De plus, du mobilier d’époque a été reconstitué pour recréer l’atmosphère authentique de cette époque fascinante. La muséographie offre également la possibilité de découvrir une collection d’arbalètes datant du XIIIe au XVIIe siècle et de s’initier au tir de cette arme médiévale. Elle offre une expérience éducative unique pour mieux comprendre la technologie militaire de l’époque. Cette nouvelle muséographie au sein d’un site historique est une réussite puisque le nombre de visiteurs est largement supérieur à celui de 2022.

Le Musée national de l’histoire de l’immigration, situé dans le palais de la Porte Dorée à Paris, a récemment fait l’objet d’une refonte complète de sa muséographie. Cette rénovation s’inscrit dans le contexte des nouvelles vagues migratoires et de la dénonciation de l’héritage colonial. La muséographie du musée vise à présenter les problématiques liées à l’immigration de manière plus nuancée. L’objectif est également d’inscrire la relation de la France avec ses immigrés dans une perspective historique à long terme. Le parcours s’étend de 1685, marquée par le Code noir et la révocation de l’Édit de Nantes, jusqu’à l’époque contemporaine. Les archives, les photographies, les témoignages et les œuvres d’art racontent une histoire complexe, celle des hommes et des femmes poussés à l’exil, mais aussi celle de la France en tant que pays d’accueil.

Après s’être installé au Japon ainsi qu’en Corée du Sud, c’est à Arles que Lee Ufan a ouvert un troisième lieu d’exposition. Cet espace au cœur de la ville est un hôtel particulier construit entre le XVIème et le XVIIIème siècle. La visite de l’hôtel Vernon entièrement rénové plonge les visiteurs dans l’univers de l’artiste, Lee Ufan. La muséographie organise l’exposition pour mettre en valeur le talent de l’artiste et ses grandes œuvres. Elle fait ceci en soulignant le caractère épuré des œuvres dans le décor de l’hôtel particulier.

Conclusion

Les exemples cités illustrent la diversité des approches possibles en matière de muséographie au sein des sites historiques. 5 principes cruciaux sont donc à retenir pour une muséographie de qualité : une compréhension approfondie du contenu à présenter, une adaptation au public cible, une créativité pour proposer une muséographie innovante, un respect du lieu historique et de son histoire et enfin un contenu accessible à un public large. En combinant ces principes, la muséographie peut transformer des lieux historiques en des expériences éducatives et culturelles inoubliables. Celle-ci joue donc un rôle essentiel dans la préservation du patrimoine culturel. La rénovation d’un site historique est l’occasion de repenser sa muséographie.

Pour aller plus loin

Dans cet article, Hephata fait part des différents types d’habitats partagés pour un site historique ou patrimonial.

Introduction

L’habitat partagé est un logement communautaire qui présente à la fois des espaces privés (chambres et salles de bain par exemple) et des espaces collectifs (cuisine, salon, jardin, etc., …).  Par ailleurs, ce type d’habitat propose généralement des prestations supplémentaires telles que :

  • La restauration ;
  • Les services de blanchisserie ;
  • La mise à disposition d’équipements sportifs ;
  • Des abonnements à internet, à Netflix, … ;
  • Des aides médicales et soins à la personne, etc., …

On distingue différents types d’habitats partagés : le cohabitât, le béguinage, l’habitat intergénérationnel, le coliving ainsi que l’habitat accompagné. Ces types de logements ont souvent une vocation sociale à destination des individus ayant un accès plus fragile au logement ou souffrant de solitude : étudiants, personnes âgées et/ou handicapées, individus souffrant d’addiction, etc., …

Dans le cadre du patrimoine, l’habitat partagé peut constituer une nouvelle activité et donc une nouvelle source de revenus permettant la valorisation économique du bâti. Dans cet article, Hephata présente donc les différents types d’habitats partagés à développer dans un site historique, avec leurs atouts et contraintes.

Les différents types d’habitats partagés

Le béguinage

Le béguinage a été fondé au Moyen Age. Il concernait alors des communautés religieuses laïques. Le terme béguinage a été repris pour des raisons uniquement marketing. En effet, il désigne aujourd’hui un type d’habitat partagé à destination des seniors, sans qu’il y ait forcément une vocation religieuse à ce type de logements. Ainsi, c’est une sorte d’alternative aux EHPAD, pour les personnes âgées qui n’ont pas nécessairement besoin d’une aide médicale spécialisée.

Le béguinage tente donc de répondre aux besoins du vieillissement en proposant des ensembles de petits logements séparés ou non pour des personnes âgées mais autonomes. Ce type de résidences permet essentiellement de rompre la solitude, d’augmenter la sécurité des personnes et de faciliter leur accessibilité aux commerces de première nécessité.

En termes de structure, le propriétaire d’un site de béguinage peut être une collectivité ou une foncière. Le site peut être géré par une association ou une société mixte dans le premier cas, par une association ou une société d’exploitation dans le second cas. Ces acteurs perçoivent des loyers de la part des résidents, dont une partie est reversée pour les prestations (ménage, animations, aides médicales, etc., …).

Parmi les acteurs et financeurs du béguinage, on trouve :

  • Béguinage & compagnie (cabinet de conseil) ;
  • Amundi, la Caisse des Dépôts et Atland (investisseurs)  ;
  • Esprit béguinage et Béguinage solidaire (foncières et associations œuvrant uniquement dans le bâti ancien) ;
  • Vivr’Alliance et Floralys (foncières et associations œuvrant en partie dans du bâti ancien) ;
  • Domani (foncière).

                            Le béguinage dans un site historique

L’association Nouvelles Solidarités a installé un béguinage solidaire dans l’ancien hôtel Sivard de Beaulieu, à Valognes. Ce béguinage est à destination des personnes âgées de plus de 60 ans. Le domaine dispose de 28 logements dont 18 appartements et dix petites maisons. Les résidents ont accès à des espaces communs et notamment au jardin, ce qui leur permet d’accroître leur bien-être social.

La cohabitation intergénérationnelle

La cohabitation intergénérationnelle est une forme d’habitat partagé entre un senior et un jeune (moins de trente ans). Ce type de contrat fonctionne et est intéressant puisque les deux parties en sont bénéficiaires. En effet, le jeune bénéficie généralement d’un loyer à moindre coût en contrepartie duquel il apporte une présence sécurisante à un senior. Cette combinaison permet donc de mettre un terme à la souffrance sociale et à la solitude des personnes âgées encore autonomes tout en facilitant l’accès au logement aux jeunes.

La cohabitation intergénérationnelle peut prendre deux formes différentes :

  • Le senior est propriétaire de son bien immobilier et en loue une partie à un ou plusieurs jeunes. Dans certains cas, une entreprise spécialisée peut gérer la mise en relation. En échange, elle prend une commission sur la signature du contrat.
  • Le lieu est propriété d’une collectivité qui établit un bail avec une association ou une société mixte. Celle-ci établit alors un contrat de location avec les résidents : personnes âgées, étudiants ou jeunes actifs.

Atland Résidentiel est le principal investisseur des cohabitations intergénérationnelles. Quand aux acteurs de la cohabitation intergénérationnelle, on peut trouver :

  • La Maison de Marianne et Réséda (propriétaires et exploitants) ;
  • Xenia, Colette, le Pari Solidaire, Cohabilis, Ensemble 2 générations et Colibree (plateformes).

                            Une cohabitation intergénérationnelle au Fort de Montauban

Le Fort de Montauban se situe en Tarn-et-Garonne. L’édifice actuel date du XVIIe siècle et la réhabilitation de 2003. Le Fort est une résidence intergénérationnelle depuis 1986. La résidence est également une auberge de jeunesse depuis 2006 et bénéficie également d’une programmation culturelle : espace d’animation ouvert sur la ville, galerie d’art, salle de spectacles, etc., …

Le coliving

Le coliving est un type d’habitat partagé destiné principalement aux jeunes professionnels mais également aux étudiants. Il s’agit de colocations bénéficiant d’une certaine dimension de coworking. Les jeunes disposent d’un espace privatif individuel et d’espaces collectifs où ils peuvent se retrouver pour échanger et discuter, travailler, pratiquer du sport, etc., …

Pour la structure, le propriétaire est toujours une foncière. Celle-ci délègue la gestion du site à une société commerciale d’exploitation qui elle-même établit un contrat de location avec des étudiants ou de jeunes actifs. Des contrats de services sont également établis avec les prestataires pour les services de ménage, de blanchisserie, de conciergerie, de coaching sportif, etc., …

Les principaux acteurs et financeurs du coliving sont :

  • Coliving.com et Colivme (plateformes) ;
  • Colonies, la Casa, My name is Bernard, The Badel Community, Homies, Château Coliving & Coworking et Colivys (propriétaires et exploitants) ;
  • Braxton, Audacia, la Caisse des Dépôts et Ares (investisseurs).

                            Un site historique dédié au coliving

La Maison Luna, dans le 14e arrondissement de Paris, propose 15 couchages à destination des jeunes actifs et étudiants. Un grand jardin, un barbecue, un Home cinéma ainsi qu’une buanderie agrémentent le coliving. Sont également compris des prestations de ménage, d’assurance, d’abonnement streaming, de brunch, etc., …

Le cohabitat

Le cohabitat est une manière de vivre en communauté en mutualisant les biens et les ressources afin de concevoir, réaliser et financer ensemble le logement. Il s’agit avant tout d’une démarche sociale et environnementale. Le cohabitat bénéficie ainsi d’espaces privatifs mais certains éléments sont en commun : chambre d’amis, vélos et voitures, jardin, salon, cuisine, etc., …

Les propriétaires des sites destinés au cohabitat peuvent être des particuliers ou des collectivités. Dans le premier cas, la gestion est déléguée à une société coopérative, une société d’attribution et d’autopromotion ou une SCI. Dans le second cas, le site est géré par une association ou une société mixte. Les gestionnaires établissent ensuite des contrats de location, aux résidents.

Habitat & Partage ainsi que Bellevilles Foncière Responsable sont les deux principaux acteurs de l’habitat partagé.

                            Le cohabitat dans un bâti ancien

A Dullin, en Savoie, le Château Partagé propose vingt couchages à destination de tous types d’individus : familles, célibataires, couples, … tant que ces personnes disposent d’une sensibilité à l’intention de l’environnement durable.

L’habitat partagé accompagné 

L’habitat partagé accompagné met à disposition un logement privé complété par des espaces collectifs destinés aux personnes fragilisées. C’est donc un type d’habitat socialement très engagé et qui souhaite venir en aide aux personnes en situation précaire : femmes seules ou battues, personnes en situation de handicap, etc., …

L’habitat partagé accompagné peut prendre deux formes :

  • Le propriétaire du lieu est une collectivité qui délègue la gestion à une association ou à une SEM qui établit des contrats de location avec les résidents et des contrats de service avec les prestataires ;
  • Le propriétaire du lieu est une foncière qui accorde la gestion à une société commerciale d’exploitation. De même, celle-ci établit des contrats de location avec les résidents et des contrats de service avec les prestataires.

Les différents acteurs et financeurs de l’habitat partagé accompagné sont :

  • Ostalada (cabinet de conseil) ;
  • Le Club des 6 et Familles solidaires (associations) ;
  • Résidences Mobicap (propriétaires-gestionnaires).

                            Ouvrir un habitat partagé accompagné dans un site patrimonial

La Bergerie de Berdine est située dans le Vaucluse et propose 15 couchages pour les personnes addictes et dépendantes afin de les aider à se reconstruire physiquement et psychologiquement ainsi qu’à se réinsérer socialement. La reconstruction des personnes passe notamment par un travail dans un milieu rural avec des activités agricoles et artisanales. Il faut noter que l’hébergement ne donne pas lieu à un loyer ou une contrepartie financière mais à la réalisation d’une prestation de service au sein de la Bergerie.

Pour aller plus loin

L’insertion sociale et la sauvegarde du patrimoine

La réglementation ERP dans les MH

La sauvegarde du patrimoine au service de l’homme

Accueillir des mariages dans un château est un excellent moyen de le valoriser tout en rentabilisant le lieu.

Introduction

Quoi de plus romantique qu’une belle terrasse en pierre, surplombant un splendide parc ? 

De nombreux châteaux ont opté pour l’évènementiel, et notamment les mariages, comme développement d’activité. Décors idylliques, belles pierres et grands espaces verts, les châteaux sont des lieux de réception très appréciés. L’offre continue de croître au fil des années. En 2016, le marché du mariage représente cinq milliards d’euros !

Toutefois, avant de se lancer dans un tel développement d’activités, il faut être conscient des prérequis et attentes de la clientèle. 

Les prérequis pour accueillir des mariages dans son château

Avant toute chose, qui dit évènement dit accueil des publics. Cela implique donc le respect des règles relatives aux établissements recevant du Public (ERP). En fonction du site et de sa capacité d’accueil, la réglementation varie. Chaque catégorie implique des obligations de sécurité plus ou moins lourdes, comme les règles d’accessibilité des personnes en situation de handicap ou bien l’utilisation de matériaux résistants au feu.

Dans le cadre de la réglementation ERP, une commission de sécurité doit intervenir avant l’ouverture au public afin de vérifier le respect de la réglementation.  Même lorsque l’évènement est ponctuel, le propriétaire des lieux ainsi que l’organisation doivent faire une demande. Dans le cas où le château bénéficie d’une protection au titre des monuments historiques, il peut faire une demande de dérogation si les travaux relatifs aux normes ERP nuisent à l’intégrité de l’édifice.

De plus, il s’avère souvent nécessaire de souscrire un contrat d’assurance qui soit conforme à l’activité de salle de réception. Ce contrat peut être souscrit par le locataire, mais il reste préférable de s’informer auprès de son cabinet d’assurance. Il faut connaître quels sont les risques couverts par le contrat. 

S’adapter au rythme des mariages

Il faut aussi être conscient du rythme impliqué par les mariages : ceux-ci se déroulent souvent durant la belle saison, à la période estivale, les week-end et pendant les vacances. Le porteur de projet doit donc être conscient de cela, afin de s’organiser, d’autant plus s’il souhaite profiter de son bien durant cette période. Il faut jongler avec la demande de la clientèle et les souhaits du propriétaire. Parfois, les deux ne sont pas compatibles. 

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Être attentif aux critères de la clientèle

Lorsqu’un couple opte pour un château afin d’y organiser son mariage, c’est un choix qui résulte de diverses envies. Généralement, les clients qui optent pour un château sont à la recherche d’un lieu de réception unique, avec un décor idéal et une esthétique particulière. Il ne faut pas oublier que de nombreux mariés font appel à des photographes pour immortaliser ce moment. Un château est donc un décor idyllique pour une séance photo merveilleusement romantique.

Qui dit château dit généralement grands espaces verts, ou tout du moins de ravissants jardins. Les mariages se déroulant plus fréquemment à la période estivale, c’est un atout majeur et un critère de choix. Un bel espace extérieur, facilement aménageable, est un avantage. 

Une image contenant herbe, ligné, rang, ligne

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La clientèle est également attentive aux critères suivants :

– L’accessibilité ;

– Les équipements et les formules proposées ;

– Ainsi que les modalités de réservation et les éléments techniques. 

Les différents modèles possibles

Afin de satisfaire la clientèle, le château peut proposer soit : 

– Une offre clé-en-main, qui propose aux clients une prestation complète où ils n’ont rien à gérer ;

– Une offre à la carte, sur-mesure, qui laisse libre choix aux clients en proposant une variété de services et de prestataires partenaires.

Quelle que soit l’offre, il est important que les clients puissent communiquer facilement avec les organisateurs du mariage afin de transmettre leurs envies et leurs besoins. Ce jour étant mémorable, il doit correspondre aux attentes des clients.

Le château de Loulans

Situé en Haute-Saône, le château de Loulans est une magnifique demeure construite en 1732. Entouré de deux cours d’eau et de cinq hectares de verdure, le château de Loulans est un théâtre idéal pour un mariage inoubliable. Facilement accessible depuis Besançon et Vesoul, il y a également une gare à proximité du château. Cela permet d’assurer aux convives un déplacement facile jusqu’au lieu de réception. C’est un point essentiel pour la clientèle. 

Le château de Loulans propose un mariage clé en main à partir de 13 000 €, ainsi que la location nue des lieux pour 7 500 €. Dans l’offre clé en main, les clients peuvent bénéficier de l’expertise et des compétences d’un groupe de professionnel. Le package inclue d’office la décoration des lieux et le service traiteur. Ensuite, la clientèle peut piocher parmi une multitude de services supplémentaires : coiffure, robe de mariée, chocolatier, caviste, bijoutier, structures gonflables … Toutes ces prestations sont proposées par des partenaires, à des tarifs préférentiels. 

Une offre qui soit à la fois clé en main et personnalisable est une excellente manière de satisfaire un large panel de clientèle, en proposant un accompagnement personnalisé. C’est également rassurant pour les clients, qui peuvent compter sur l’expertise de professionnels pour faire de ce jour le plus beau de leur vie.

L’importance d’un bon réseau de partenaires

Posséder un bon réseau de prestataires partenaires est un atout face à la clientèle. En effet, organiser un mariage n’est pas une tâche facile. Même si les clients décident d’organiser la réception majoritairement, s’ils peuvent compter sur l’expertise d’un professionnel, ils n’en seront que davantage satisfaits. 

Ainsi, pour proposer aux clients un beau panel de prestataires, il est essentiel pour le château de créer des liens avec des entreprises locales : traiteurs, photographes, entreprise de matériel évènementiel, scénographie … Tous ces corps de métiers contribuent à la réalisation d’un évènement mémorable. 

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Le château du Plessis-de-Vair

En partie inscrit aux Monuments Historiques, le château du Plessis-de-Vair se situe en Loire-Atlantique. Entre Nantes et Angers, à proximité d’Ancenis, le château est idéalement situé pour accueillir un mariage : à la fois en pleine nature, au calme, mais facilement accessible. Magnifique bâtisse, le château a d’ailleurs inspiré Chrétien de Troyes pour ses romans légendaires sur les chevaliers de la table ronde. Le château de Vair serait le château du Graal !

Aujourd’hui, les mariés viennent chercher au château, non pas le Graal, mais une expérience inoubliable.  Les deux mots d’ordre pour les mariages au château sont « liberté » et « conseil ».

D’une part, le château offre une grande liberté de choix à sa clientèle, notamment concernant les préparatifs et les horaires. Par exemple, il est possible de louer le lieu sans inclure les services du traiteur, bien qu’inclure le service traiteur fasse baisser la TVA de la prestation. En effet, le traiteur prime sur le reste de la prestation, réduisant donc la TVA de 20% à 10%. 

D’autre part, les propriétaires du château bénéficie d’une grande expérience dans l’évènementiel et d’un réseau de prestataires partenaires. Ils peuvent ainsi apporter les meilleurs conseils à la clientèle. Tous les prestataires partenaires ont été sélectionnés pour la qualité de leur service et savoir-faire, ainsi que leurs valeurs. En reprenant l’exemple du traiteur, le château travaille avec différents prestataires afin de proposer plusieurs styles de cuisine et des menus adaptés aux allergies alimentaires.

Proposer des activités pour rendre l’expérience unique

Lors d’un mariage, certains clients peuvent avoir envie de profiter d’instants conviviaux avec leurs proches. Pour cela, le château peut proposer des activités en complément, afin de ponctuer la journée ou le séjour de différents temps forts. Le château de Vair, présenté précédemment, propose une multitude d’activités et d’équipements annexes, tels que :

– Une tyrolienne et une slackline ;

– Une chasse au trésor et des jeux en bois, pour amuser les plus jeunes ;

– Ou encore une scène ouverte et une animation cocktail, pour un moment festif et convivial. 

Tout château accueillant un mariage n’est pas obligé de proposer des activités annexes, mais c’est un complément fort sympathique et attrayant pour les clients. 

Opter pour une orangerie éphémère pour augmenter sa capacité

Pour augmenter sa capacité d’accueil mais également préserver l’intérieur de son château, il est tout à fait possible d’opter pour une orangerie éphémère, une tente ou encore un chapiteau. Des entreprises sont d’ailleurs spécialisées dans la mise à disposition de ce type d’équipement, à l’instar d’Atawa

Les orangeries présentent différents avantages. Entièrement modulable, l’espace s’adapte selon les besoins des clients. Des cloisons peuvent être installées afin de délimiter l’espace. De plus, ce sont des structures qui sont facilement démontables durant les périodes creuses, où le château n’accueille pas d’évènements. Les propriétaires peuvent ainsi retrouver leur espace extérieur dans son état initial. 

Enfin, les orangeries éphémères apportent une touche de modernité et une esthétique bien particulière, qui saura conquérir le coeur de la clientèle. Spacieuses et lumineuses, ce sont des espaces idéaux pour organiser un bel évènement.

Conclusion 

Une image contenant extérieur, bâtiment

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Accueillir des mariages dans un château est une excellente manière d’avoir une vision à long terme et une activité rentable. Avec un panier moyen de 12 000 € pour un mariage d’une centaine de personnes en 2021, le marché des mariages n’est pas prêt de s’éteindre. C’est un moment que les clients souhaitent mémorable et chaleureux, dans un décor à la fois beau et apaisant.

Pour aller plus loin

Organiser des shooting photos dans son château

Lancer des activités dans un site historique

Cet article dévoile comment inscrire les marques de prêt-à-porter dans le patrimoine. Il montre les lien entre mode et patrimoine.

Ce qu’il faut retenir

Inscrire les marques de prêt-à-porter dans le patrimoine peut se faire de différentes façons :

– collabs entre la mode et le patrimoine ;

– shootings et tournages dans des lieux historiques ;

– installation des points de vente dans des sites d’exception ;

– naming ;

– mécénat des entreprises pour le patrimoine.

Inscrire les marques de prêt-à-porter dans le patrimoine n’est pas anodin. Cette association entre mode et patrimoine sert à la fois :

– la cause patrimoniale ;

– les objectifs commerciaux de la marque en terme de marketing.

Introduction

Si l’on observe bien le monde qui nous entoure, on s’aperçoit qu’il y a plus de liens qu’on ne le croit entre les marques de prêt-à-porter et le patrimoine. La raison est bien simple. Pour exister et accroître leur notoriété, les marques du luxe ont besoin d’affirmer leur identité, leur authenticité et leur légitimité aux yeux du public. Le patrimoine est alors l’outil adéquate car il porte des valeurs similaires à celles dont se revendiquent les marques de prêt-à-porter.

En effet, le patrimoine architectural est porteur d’un cachet historique, esthétique et haut-de-gamme. Or, par leurs collections, les enseignes de mode, et notamment celles du haut-de-gamme, portent un intérêt majeur au sens de l’esthétique. Par ailleurs, accoler leur nom avec le patrimoine, qui est un élément du passé, permet d’augmenter leur légitimité. En effet, une marque haut-de-gamme se doit de montrer à ses clients qu’elle existe depuis longtemps et qu’elle est durable dans le temps.

Pour inscrire les marques de prêt-à-porter dans le patrimoine, les marques de mode peuvent opter pour différentes méthodes :

– être mécène du patrimoine ;

– installer leurs points de vente dans des lieux historiques ;

– établir des collabs avec le patrimoine ;

– réaliser des shootings et tournages dans des sites d’exception ;

– adopter une stratégie de naming ou de sponsoring.

I. Inscrire les marques de prêt-à-porter dans le patrimoine grâce au mécénat

Grâce à la Loi Aillagon, votée en 2003 et réformée en 2020, le mécénat s’est considérablement accru. Les entreprises de la mode et du luxe se sont elles aussi investies dans ces actions et notamment celles du domaine de la culture, de l’art et du patrimoine. Ce soutien, outre le fait de leur apporter des déductions fiscales, leur permet de mettre en visibilité leurs engagements auprès d’une cause. Elles gagnent ainsi en notoriété et promeuvent une image positive de l’enseigne auprès de la société.

Ainsi, en 2013, Tod’s devient mécène du Colisée en réalisant un don de 25 millions d’euros. Pendant ce temps-là, Gucci participe à la restauration d’une dizaine de tapisseries datant de la fin du Moyen Age, et ce, à hauteur de 340 000 euros. Notons que cette célèbre marque du groupe Kering détient par ailleurs à Florence le Gucci Garden, musée situé dans l’ancien Palazzo della Mercanzia, patrimoine d’architecture gothique. Enfin, on peut également rappeler le mécénat de Dior en 2014 pour la restauration du Hameau de la Reine à Versailles.

© Le Colisée, Pixabay.

II. Inscrire les points de vente des marques de prêt-à-porter dans le patrimoine

Un autre lien entre les marques de prêt-à-porter et le patrimoine est l’intégration de leurs points de vente dans des sites historiques d’exception. C’est surtout le cas pour les marques de mode de luxe. En effet, celles-ci ont un enjeu d’image plus important que les autres. Elles se doivent donc d’accueillir leur clientèle dans des espaces spécifiques qui reflètent le caractère haut-de-gamme de la marque. Le cachet historique et esthétique d’un lieu patrimonial est donc le bienvenu pour servir de support à l’installation d’une collection et d’une boutique.

Lors des Journées du Patrimoine de 2017, Balenciaga a installé ses collections dans l’ancien Hôpital Laennec à Paris (classé MH en 1977), siège du groupe Kering.

III. Collabs entre mode et patrimoine

Un autre phénomène très en vogue n’est autre que la création de « collabs ». Les collabs sont initialement des collaborations que créent les marques entre elles afin d’accroître leur notoriété. Aujourd’hui ces collabs se sont étendues au patrimoine. Ce type d’association permet un transfert d’image du patrimoine vers la marque.

Une expérience de collabs a été lancée par le Palais de l’Elysée. Celui-ci, vieux d’environ 300 ans, nécessite un entretien récurrent. Pour financer les rénovations, l’Elysée a ouvert une boutique de produits 100 % français. Les bénéfices obtenus via la vente des produits sont investis directement et en totalité dans les travaux de restaurations afin de préserver et de sauvegarder ce patrimoine républicain. Dans la boutique de l’Elysée, on trouve ainsi différentes marques françaises telles que Le Slip français, Aigle, Les Georgettes ou encore Lemahieu. Pour marquer le coup, Aigle a d’ailleurs conçu un modèle de bottines en caoutchouc griffées Elysée. Elles sont ainsi ornées du drapeau tricolore français mais également de l’emblème de l’Elysée.

Une autre expérience de collabs entre le patrimoine et la mode : l’association du Mont-Saint-Michel avec la marque Saint-James. En ce qui concerne le Mont-Saint-Michel, l’enjeu était de trouver un soutien financier pour la restauration du cloître dont le coût est estimé à 2,2 millions d’euros. Pour ce faire, Saint-James a sorti une collection de pulls et marinières portant la silhouette brodée du monument. Pour chaque produit vendu, Saint-James s’est engagé à reverser 2,50 € au Centre des Monuments nationaux (CMN) pour la restauration du cloître de l’Abbaye du Mont-Saint-Michel.

Afin d’accroître les ventes, les produits étaient vendus à la fois dans les boutiques Saint-James mais également dans trois boutiques du CMN.

Celles :

– de l’Abbaye du Mont-Saint-Michel ;

– des Alignements de Carnac ;

– des Tours de la Rochelle.

IV. Inscrire les shootings et tournages dans le patrimoine

Les marques du prêt-à-porter peuvent également utiliser le patrimoine pour mettre en avant leurs collections. Ainsi, de nombreux shootings ou tournages de mode sont aujourd’hui réalisés au sein de sites patrimoniaux.

Les lieux historiques offrent en effet un cadre esthétique primordial pour les marques de mode. Les mannequins posent devant des éléments architecturaux qui mettent en valeur les vêtements. Le choix du lieu des tournages et des shootings est de plus en plus important. Il faut réussir à faire jouer la collection avec le lieu. Les éléments architecturaux, les couleurs, les matières mais également le degré de luminosité créeront des aspects complètement différents qui donneront un certain sens à la collection. Inscrire la collection dans un site patrimonial c’est aussi lui affecter les valeurs d’esthétisme, d’authenticité et de légitimité du lieu. Le patrimoine permet donc aux marques du prêt-à-porter de bénéficier de supports de communication pour leurs spots publicitaires mais également de renforcer leur notoriété et leur image de marque.

Dior a par exemple pris l’habitude d’organiser ses campagnes publicitaires au Château de Versailles dont elle est un des principaux mécènes. La collection automne/hiver de l’année 2021/2022 de la célèbre marque a par exemple été mise en scène au sein de la Galerie des Glaces du Château.

D’autres marques de prêt-à-porter font de même. D’après InSitu (plateforme de distribution de lieux pour les shootings, tournages et autres évènements), la marque Staccato a fait shooter sa collection printemps/été dans un château particulier parisien.

© Shooting Gucci, Pexels.

V. Naming et sponsoring des marques du luxe du prêt-à-porter

Les marques du prêt-à-porter peuvent également se servir du patrimoine comme support de naming ou de sponsoring.

Sponsoring des marques de prêt-à-porter pour le patrimoine

Le sponsoring est un partenariat établi entre une entreprise et un espace ou un évènement. L’entreprise verse des fonds à une entité et en contrepartie, elle bénéfice des infrastructures de l’entité comme support de ses campagnes publicitaires.

Le sponsoring est souvent employé dans la mode. Il n’est en effet pas rare de rencontrer d’immenses affiches publicitaires de mode sur les échafaudages couvrant les monuments en restauration. La raison en est bien simple : les marques du prêt-à-porter bénéficient de ces immenses spots publicitaires tout simplement parce qu’elles ont participé financièrement à la restauration de l’édifice.

Normalement, l’affichage est proscrit sur les Monuments Historiques. Néanmoins, un décret de 2007 l’autorise si la toile publicitaire est apposée sur les échafaudages et si la marque s’engage à soutenir financièrement la restauration. Par ailleurs, le spot publicitaire doit couvrir moins de la moitié de la bâche de couverture de l’échafaudage. L’autre moitié restante doit servir de support à une représentation graphique du monument.

L’exemple le plus probant est sans doute le Louvre dont les façades donnant sur la scène s’ornent d’immenses publicités dont celles de la marque Balenciaga.

Naming

Le naming consiste en un sponsoring encore plus pointu. Il s’agit pour une marque de soutenir financièrement un espace ou un évènement. En échange, l’entité bénéficiaire lui accorde de renommer l’espace ou l’évènement. La stratégie de naming permet donc à la marque de gagner en visibilité tandis que le patrimoine touche une contribution financière nécessaire à son entretien, sa sauvegarde et sa protection. Le naming s’applique surtout dans le domaine sportif. Cependant, il est en train de s’étendre aux équipements et institutions culturelles et urbaines.

Chanel a souhaité effectuer une opération de naming dans le cadre du chantier du Grand Palais. En échange de 25 millions d’euros, la célèbre marque a proposé que l’entrée du monument soit nommée « Gabrielle Chanel ». L’opération qui a été acceptée par le RMN (Rassemblement des musées nationaux).

Conclusion

Inscrire les marques de prêt-à-porter dans le patrimoine est donc réalisable selon différentes manières. Le patrimoine, par son esthétique, son histoire et son authenticité permet de valoriser le secteur de la mode.

Bien plus, il offre des lieux concrets où les enseignes peuvent non seulement inscrire leurs collections (shooting, tournages, points de vente) mais où elles peuvent aussi inscrire de manière visuelle les valeurs et les engagements qu’elles portent, renforçant ainsi leur image de marque et leur notoriété (mécénat, naming).

Par ailleurs, on pourrait également parler des musées de la mode situés dans des sites patrimoniaux. Le premier qui vient à l’esprit n’est autre que le Palais Galliera. On peut également citer le Musée des arts décoratifs situé dans l’Aile de Marsan du Louvre à Paris. Ce dernier possède un département axé sur la mode et les textiles.

Pour aller plus loin

Adopter le naming pour son site historique

La stratégie du naming comme méthode de financement

Le luxe et le patrimoine historique sont indissociables

Cet article aborde la stratégie du naming comme méthode de financement. Il met en avant les avantages et limites du naming.

Ce qu’il faut retenir

La stratégie de naming comme méthode de financement peut être employée avec succès. Les domaines d’application de la stratégie de naming sont divers.

Cette stratégie peut se rapprocher d’une logique :

– de mécénat ;

– ou de sponsoring

Néanmoins plusieurs différences demeurent entre le naming et ces deux autres stratégies.

Introduction

La stratégie de naming est une méthode de marque permettant un apport en financement. Initialement, cette technique de marketing consistait à donner un nom à un produit. Elle s’est aujourd’hui beaucoup étendue, jusqu’à attribuer un nom propre ou celui d’une marque à un évènement, à une infrastructure sportive ou à un équipement culturel.

Autrement dit, le naming cherche à mettre en visibilité une personne ou une marque en l’associant à un bâtiment ou à un espace. Plus précisément, le naming consiste à acheter un équipement afin de lui attribuer son nom ou celui de son enseigne pour en faire un vecteur de marque et gagner en notoriété. Le partenaire, appelé « namer » peut ainsi bénéficier d’une aura forte. En effet, l’ensemble des animations, activités et évènements organisés dans le site s’associeront à son nom. Le partenaire et le propriétaire signent un contrat d’intérêt dont la durée avoisine généralement une dizaine d’années. En échange de cette communication sur long terme, le propriétaire bénéficie de contre-parties économiques.

Bien plus que d’associer à la structure d’accueil un nom, le namer peut être autorisé à organiser des évènements dans l’enceinte et à réaliser des campagnes publicitaires au sein des espaces. Le naming est surtout l’usage des équipements sportifs mais il se déploie dans des sphères de plus en plus diverses allant de l’évènement à l’équipement culturel voire aux institutions muséographiques ainsi qu’aux sites patrimoniaux.

I. Différences entre naming, mécénat et sponsoring

Quoique relativement proches, il existe des différences entre le naming, le mécénat et le sponsoring. Tandis que le naming et le sponsoring sont des techniques de branding pur (image de la marque), le mécénat peut être perçu davantage comme une méthode de déduction fiscale.

Une stratégie de financement : le mécénat

Le mécénat consiste à apporter un soutien en nature, de compétence ou financier à une personne ou à une œuvre présentant un intérêt général. Il s’agit d’une sorte de don car les contre-parties sont faibles voir inexistantes. Il apporte néanmoins des déductions fiscales intéressantes aux personnes mécènes, d’où son intérêt. Le mécénat s’est considérablement développé grâce à la Loi Aillagon qui l’a rendu plus attractif en terme d’abattement fiscal. Un autre intérêt du mécénat pour une entreprise est de valoriser son image de marque mais cet intérêt est moindre que dans le naming et le sponsoring où il est véritablement affiché. En effet, lorsque des marques de luxe sont mécènes de projets de restauration du patrimoine, elles cherchent surtout à affirmer et valoriser leur authenticité mais également à exprimer les valeurs de l’entreprise.

C’est par exemple le cas pour l’entreprise Kärcher qui réalise régulièrement des actions de mécénat de compétence auprès de sites patrimoniaux. Elle a par exemple participé à la restauration de l’escalier du Château de Fontainebleau.

© Château de Fontainebleau, Pixabay

Dans le cadre du mécénat, le bénéficiaire n’est pas obligé de fournir de contre-parties, celles-ci sont même limitées. S’il en propose, c’est davantage dans une volonté de fidéliser le donateur (invitations à des évènements, privatisations d’espaces, goodies, …).

Le sponsoring : une méthode de financement

Contrairement au mécénat, le sponsoring est une technique marketing. Le sponsor soutient financièrement ou matériellement un projet en échange d’une visibilité publicitaire. Ainsi, le sponsoring apporte des bénéfices directs tandis que le mécénat se veut être « sans-contreparties ». Le sponsoring s’est surtout développé dans le domaine sportif et dans le cadre d’évènements.

Le sponsoring permet à un bénéficiaire d’obtenir des financements pour son projet. En échange, il doit simplement permettre au sponsor de se servir des différentes structures et équipements comme supports de communication et de publicité. Il est également amené à convier le sponsor aux différents évènements et activités. Bien évidemment, l’entité bénéficiaie se doit d’être un vecteur positif de l’image de marque du sponsor.

Le 4L Trophy est un exemple probant. Il s’agit d’un rallye d’orientation entre Biarritz et Dakar destiné aux jeunes entre 18 et 28 ans. Et ce rallye, qui traverse le Sahara … se réalise en 4L ! Afin de financer leur expédition, les jeunes font appel à des sponsors. En échange, ils apposent les logos des mécènes sur la carrosserie des voitures.

© 4L Trophy, Pixabay

La stratégie de naming : une méthode de financement et de marque

Enfin, la stratégie de naming peut s’identifier à une sorte de sponsoring puisqu’elle est une méthode de financement et vise elle aussi la visibilité et la notoriété de la marque.

Cependant, le naming est plus spécifique puisque le namer octroie des financements à la structure non seulement pour se servir d’elle comme support d’images publicitaires, mais également pour lui donner son nom. C’est pourquoi le naming est aussi appelé « parrainage ». Notons que ce parrainage a l’avantage d’être plus exclusif que le sponsoring. Par rapport à ce dernier, l’intérêt du naming consiste surtout à promouvoir la marque dans ses valeurs et dans son authenticité. Il y a alors une sorte de transfert d’image qui permet au namer de bénéficier des caractéristiques du lieu ou de l’évènement concerné. Alors que le sponsoring affiche directement un objectif commercial, le naming se fait plus discret en cherchant surtout à promouvoir la marque et à lui faire gagner en notoriété.

Par ailleurs, les contrats de naming sont plus longs que dans le cadre du sponsoring. Ils couvrent une période pouvant s’étendre de 10 à 25 ans. L’entité parrainée bénéficie ainsi d’une source de financement plus pérenne en même temps que le namer profite d’une communication sur le long terme.

Les contrats de naming sont ceux qui apportent les plus grosses contre-parties financières aux bénéficiaires, le namer étant considéré comme un des plus importants partenaires.

Exemples

Là encore, cette stratégie s’est initialement développée dans le domaine sportif. Le premier stade de France ayant fait l’objet d’un parrainage n’est autre que celui de la Ville du Mans. En effet, il pris le nom du groupe d’assurance MMA durant une durée de dix années, devenant ainsi le MMArena.

Néanmoins, la naming s’applique également à des équipements culturels. Bien que la France soit encore réticente pour ce type d’expérience, on trouve beaucoup d’autres exemples à l’international, et notamment aux Etats-Unis. Ainsi, le Centre O’Keefe de Tonroto change de nom en 1996 et devient le Hummingbird Centre for the Performing Arts (du nom d’une entreprise de logiciels canadienne). Sony le rebaptise ensuite Sony Centre for the Performing Arts de 2007 à 2019. Enfin, depuis 2019, il porte le nom de Meridian Hall, en raison du partenariat entre le centre et Meridian Credit Union.

II. Adopter une stratégie de naming comme méthode de financement

Pour signer un contrat de naming, le propriétaire doit donner son accord à l’exploitant du site. Les droits de l’exploitant seront donc préalablement vérifiés avant toute signature du contrat. Ce contrat doit porter les modalités de communication (dénomination, supports d’affichage, conditions d’utilisation du nom, …). Il doit aussi mentionner les différentes et éventuelles conditions de suspension du contrat (lors de grands évènements internationaux par exemple où la publicité est généralement proscrite).

Un des conseils pour adopter une stratégie de naming, est d’être implanté localement. Il est également suggéré de partager des valeurs et des activités similaires à l’évènement ou à l’espace concerné. Ce pour que la population accepte plus facilement ce parrainage.

Par ailleurs, il est important de modérer la congruence entre le parrain et l’évènement ou le lieu bénéficiant du parrainage. Autrement dit, la population ne doit pas percevoir comme trop banale et naturelle la possible association entre ces deux entités. En effet,le public risquerait alors d’y voir un grossier accord commercial. Au contraire, les publics percevront plus positivement une association inattendue entre un namer et un évènement ou un lieu. Cela provoquera leur curiosité.

Ensuite, le choix du nom a son importance. 2 possibilités s’offrent au namer :

– accoler le nom de la marque au nom existant (Route du Rhum – Banque postale par exemple) au risque qu’il soit long et fastidieux à retenir. Moins naturel et apparaissant comme davantage commercial, les individus l’adopteront avec plus de difficultés ;

– privilégier le nom de la marque et y ajouter une dénomination générique du lieu (MMArena pour le stade du Mans). La nouvelle appellation sera plus simple à retenir mais ce choix risque néanmoins une désapprobation plus forte du public du fait de l’abandon du nom d’origine.

III. Intérêts et limites de la stratégie de naming

Intérêts de la stratégie de naming

Comme vu précédemment, le naming permet un transfert d’image du lieu ou de l’évènement concerné vers la marque. En effet, le naming est vecteur des valeurs de la marque. La stratégie de naming conduit le public à affecter à la marque les caractéristiques du lieu ou de l’évènement ainsi que les émotions ressenties. Ce dernier va directement associer la dimension culturelle, artistique, sportive, patrimoniale, … à la marque, se forgeant ainsi une représentation de cette marque. Pour certaines entreprises, il s’agit également de gagner en image citoyenne lorsque le naming les engage à investir dans un équipement permettant d’accroître le dynamisme local.

Un des intérêts majeurs du naming c’est également de permettre à une marque de s’ancrer dans le réel. Cela concerne notamment les marques digitales et les grandes enseignes numériques qui ne disposent pas de magasins physiques. En effet, alors que le monde numérique et digital s’accroît de plus en plus, les consommateurs éprouvent toujours plus le besoin de se rencontrer et de vivre une expérience. Le naming est alors une stratégie qui peut répondre à ce besoin avec l’implantation des marques dans des lieux physiques mais surtout dans des lieux patrimoniaux qui sont porteurs de sens et vecteurs de valeurs.

Limites de la stratégie de naming

Le naming est souvent objet de la critique. La raison est que le nom d’un équipement ou d’un évènement a un fort pouvoir symbolique. Ainsi accoler le nom du namer au nom initial d’un espace ou d’un évènement touche à l’identité et à l’authenticité de cet espace ou de ce projet. Ainsi, il n’est pas rare que les publics s’opposent au naming qu’ils perçoivent comme une sorte d’usurpation d’identité et d’appropriation d’un bien public. Qui plus est, cette ursurpation est imposée et donc subie. Les rétracteurs du naming y voient également un outil purement économique servant « à faire de l’argent » sur un bien public qui devient alors une « boîte à fric ». Ils craignent aussi que le naming touchent progressivement les biens publics, s’étendant des équipements sportifs aux équipements culturels, aux institutions muséales, aux sites patrimoniaux voire aux aménagements urbains (places, rues, stations de métro, écoles, …).

Par ailleurs, un changement de nom est toujours négatif pour l’identité d’un lieu : alors que certaines personnes vont employer le nouveau nom, d’autres continueront d’utiliser l’ancien. Bien pire, le nouveau nom risque de devenir générique. Ce même s’il n’est pas censé être durable.

C’est pourquoi la stratégie de naming peut parfois passer à côté de son objectif initial : celui d’être une méthode de financement grâce à la valorisation positive d’une marque. En effet, si l’attribution du nom d’une marque à un évènement ou à un espace est jugée illégitime et non appropriée voire irrespectueuse, c’est la tendance inverse qui s’enclenche : l’image du lieu est touchée et le nom peut même être abandonné au profit de celui d’origine. Les deux parties sont alors touchées : l’entité parrainée ne perçoit plus les financements et perd en crédibilité tandis que la visibilité et la notoriété du namer sont entachées.

Exemples

C’est ce qui s’est passé avec l’évènement BNP Paribas Masters. Les journalistes français montrent une certaine hostilité vis-à-vis de cette appellation. Ils préfèrent de loin citer cet évènement sous le nom de tournoi du Paris-Bercy. Autre exemple : l’aile Sackler du Louvre. Le Musée du Louvre avait rebaptisé « Aile Sackler » l’espace d’exposition des antiquités orientales en 1996. Il avait fait ce choix pour remercier la famille Sackler de ses dons financiers. Ce parrainage a commencé à faire polémique en 2019. Cette année là, l’Association PAIN (Prescription Addiction Intervention Now) demanda le retrait du nom Sackler. En effet, ces riches mécènes américains avaient fait fortune grâce à la vente massive d’un médicament antidouleur. Ce dernier étant très addicitf, il avait provoqué une crise d’overdose aux Etats-Unis. Ainsi, l’aile Sackler fut bel et bien débaptisée. Le nom fut retiré de tous les cartels et affichages à destination du public.

Conclusion

La stratégie de naming est donc une une méthode de financement. C’est aussi une technique de sponsoring très avancée. Par ailleurs, elle place le namer en tête des partenaires titres en lui conférant une mise en visibilité majeure. Les différentes institutions ou équipements sportifs et culturels apprivoisent de plus en plus le naming. Celui-ci étant une source de financements réguliers et durables. Cependant, en France (contrairement aux Etats-Unis), il s’attache surtout à des équipements sportifs. Les équipements culturels, muséaux et sportifs pourraient pourtant l’employer. Néanmoins, une des grandes limites du naming est qu’il touche à des question éthiques liées à la symbolique d’un lieu. Dépossédé de son nom d’origine, un site perd de son authenticité et de son identité.

Pour aller plus loin

Adopter le naming pour son site historique

Inscrire les marques de prêt-à-porter dans le patrimoine

Le luxe et le patrimoine historique sont indissociables

Cet article aborde la question et les enjeux liés à la restauration et la réhabilitation du patrimoine religieux en France.

Introduction

Cet article permet d’aborder la question de la restauration et de la réhabilitation du patrimoine religieux en France et les questions qui l’entourent. Il sert aussi d’introduction à la micro-étude produite précisément autour de la question de la réhabilitation du patrimoine religieux désacralisé.

Ce qu’il faut retenir : 

– Réhabiliter son patrimoine religieux est un projet qui doit être mené au cœur d’une politique de développement territorial ;

– Restaurer son patrimoine religieux nécessite quasi-systématiquement de créer un tour de table de financement à la fois public et privé ;

– Il existe une solution alternative à l’action de financement direct de son patrimoine avec la possibilité de recourir au bail emphytéotique administratif (BEA).

Réhabiliter le patrimoine religieux, une question de développement territorial et d’enjeux actuels

Le développement territorial est un sujet à la fois vaste et complexe à appréhender. Il existe une multitude de manières et de façons de faire pour y contribuer. 

Pour y parvenir, la tentation primordiale qui vient à l’esprit est de créer de nouveaux espaces, de nouvelles zones d’activités ex-nihilo afin de répondre le plus précisément possible à ce besoin. Cependant, vient alors rapidement le problème du coût pour acheminer cette méthode. Aujourd’hui, on ne parle d’ailleurs plus uniquement de coût financier mais aussi de coût -ou plutôt d’impact- écologique. Les pouvoirs publics font face à des défis soumis à des enjeux de plus en plus variés et plus grands encore qu’il y a quelques décennies.

Alors, l’autre option à envisager est celle de s’appuyer sur les ressources que possèdent le territoire. Ainsi, les infrastructures que l’Histoire a laissé en héritage sont une ressource essentielle sur lesquelles les pouvoirs publics peuvent s’appuyer. Optimiser l’espace laissé disponible par les bâtiments historiques est l’autre moyen commun à tous les territoires qui peut être intégré à une politique de développement économique, social, culturel et/ou écologique. On parle alors de nouveaux usages ou de réhabilitation. 

La place importante du patrimoine religieux dans le paysage urbain et rural

Or, quel type de bâtiment répondant à ces caractéristiques retrouve-t-on dans chacun ou presque des territoires qui composent notre paysage ? Il s’agit bien sûr du patrimoine religieux, composé très majoritairement d’églises mais aussi d’abbayes, de chapelles ou encore de couvents. Avec le recul de plus en plus important de la pratique religieuse, les édifices sont de plus en plus délaissés. De plus, cela rejoint une autre problématique intimement liée au développement du territoire. La bonne conservation du patrimoine est un autre défi majeur pour beaucoup de communes aujourd’hui. La question du financement de cette conservation est également au cœur des préoccupations.

Ces enjeux sont en France soumis à des problématiques d’actions. Suite à la politique de décentralisation des services de l’Etat mise en œuvre depuis les années 1960 et poursuivie jusque ces dernières années, de nombreux acteurs ont reçu des pouvoirs d’intervention concernant la conservation et la restauration du patrimoine. Cela n’échappe pas au patrimoine religieux qui s’est retrouvé sous le giron des collectivités publiques dès 1907 et la loi concernant l’exercice public des cultes. 

Restaurer le patrimoine religieux nécessite souvent des montages financiers complexes

Cela est d’autant plus vrai lorsque l’on cherche à obtenir des financements pour entretenir son patrimoine religieux. Lorsque l’édifice est protégé aux Monuments Historiques, la Direction des Affaires Culturelles (DRAC) peut être sollicitée pour aider au financement. Le ministère de la Culture peut lui-même être directement intégré à un projet via les fonds dédiés à la restauration du patrimoine des petites communes qu’il met à disposition. D’autres acteurs comme le département, la région, la mairie ou encore les différentes intercommunalités comme les métropoles ou les communautés de communes ont également des réserves pour le financement du patrimoine. 

En bref, financer la sauvegarde de son patrimoine religieux, qui est menacé par le temps et parfois de démolition, réclame de réussir un sacré jeu d’équilibriste pour réunir un tour de table de financements. Ce tour de table n’est d’ailleurs jamais entièrement complété par les seules dotations publiques. 

Ainsi, les communes qui cherchent à restaurer leur patrimoine religieux doivent presque systématiquement compléter ces ressources par des financements privés. Il peut s’agir de sources venues d’entreprises ou de particuliers, de mécènes ou d’investisseurs également usagers des lieux.

En effet, l’Observatoire du Patrimoine Religieux estime à quelques milliers d’euros par an les dépenses d’entretien d’un édifice cultuel. Les travaux de structure importants quant à eux dépasseraient régulièrement le million d’euros. L’OPR souligne également qu’un « entretien régulier demeure bien moins coûteux sur le long terme que des travaux urgents et massifs qui auraient été trop longtemps négligés ».

Il est alors aisément imaginable que ces coûts pèsent énormément dans le budget des diverses collectivités. Surtout si elles n’en retirent aucune ressource financière permettant de contrebalancer ces coûts.

Valoriser autrement son patrimoine religieux et l’intégrer dans sa politique de développement du territoire

Donc si la « simple » restauration est la solution la plus préférable, les élus réfléchissent de plus en plus à valoriser le patrimoine religieux via sa réhabilitation. Celle-ci peut prendre des formes aussi diverses qu’insolites. Régulièrement l’objet d’appels à projets, les églises, couvents et autres abbayes désaffectés attirent les intérêts d’investisseurs. Ceux-ci sont en quête de lieux à la fois disponibles, souvent déjà ancrés au sein et au centre d’un territoire, et louables sous des conditions juridiques intéressantes. 

En effet, il existe un outil juridique qui permet aux collectivités de valoriser financièrement l’attractivité de son patrimoine. Il s’agit du BEA ou bail emphytéotique administratif . Celui-ci s’adresse aux collectivités publiques (et aux établissements de santé) . Il permet à ces dernières de concéder en location à très long terme l’utilisation d’un bâtiment. La durée du bail peut aller de 18 ans à 99 ans. Ainsi, en contrepartie d’un loyer très faible, l’emphytéote (autre nom donné au locataire) investit l’endroit. Il prend entièrement en charge les coûts de restauration et d’entretien nécessaires. À la fin du bail, la collectivité récupère le bâtiment dans son entièreté. Elle peut choisir de reconduire ou non le bail.

Pour les mairies et les pouvoirs publics, il s’agit d’un moyen efficace de lancer ou relancer les dynamiques de son territoire. Les lieux patrimoniaux religieux peuvent se prêter à des activités foisonnantes qui permettent d’accroître la dynamique économique et culturelle du territoire. Le patrimoine religieux peut également voir ses lieux utilisés en dernier recours pour améliorer la politique sociale de la ville. Finalement, réhabiliter sa chapelle ou son église est un choix intimement lié à la politique de développement d’un territoire dans son ensemble.

Conclusion

La restauration et la réhabilitation du patrimoine religieux répondent à des enjeux multiples et sont des questions qui peuvent pleinement s’intégrer à des politiques de développement territorial. Ce patrimoine participe à faire rayonner un territoire. Trouver des moyens pour toujours davantage le mettre en valeur est crucial pour réussir à le conserver.

La micro-étude qui a été produite permet d’aborder cette question des nouveaux usages du patrimoine religieux désaffecté très concrètement.  Si vous souhaitez en savoir plus à ce sujet, téléchargez notre micro-étude ci dessous :

Si elle n’a pas pour but d’être exhaustive, elle permet de dégager les principaux enjeux liés à la réhabilitation du patrimoine religieux désacralisé. Elle met également en lumière des projets réels qui ont vu le jour ces dernières années. Des projets aboutis ou non, des réussites ou non, la micro-étude tend à faire un tour de la question. Son but est également d’analyser les évènements survenus lors de leur production pour en établir des synthèses. 

Pour aller plus loin : 

Développer des activités au cœur des abbayes

Club de mécènes de Fontevraud

Ah la gastronomie française ! Saviez-vous que le repas gastronomique des français était classé au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco ?  Pour rendre hommage à la gastronomie française, voilà un top 10 des Team building sur le patrimoine gastronomique !

Organiser un Team Building autour du patrimoine gastronomique est plutôt un grand classique, mais voici des activités originales pour honorer le patrimoine culinaire tout en passant un agréable moment avec vos équipes ! De bons souvenirs garantis ! 

En sucré ou en salé, à boire ou à manger, découvrez notre sélection d’activités pour un Team Building mémorable et ludique ! 

Création de vin 

Le concept : 

Les dégustations de vin sont un grand classique des Team Building. Mais pourquoi faire une simple dégustation de vin alors que c’est possible d’en créer un de A à Z ! Une activité qui révèlera le vigneron qui sommeille en chacun ! 

Afableco vous propose une activité Team Building création de vin pour des équipes de 6 à 200 personnes sur une après-midi.

Le Team Building « créer son vin » , est une activité mêlant l’œnologie et la cohésion d’équipe. La création passe par plusieurs étapes comme la sélection des cépages, le choix de la bouteille, le choix du bouchon et le design de votre étiquette. Des décisions qui feront travailler la communication et l’harmonie de vos collaborateurs pour créer un vin parfait : le vôtre ! 

Pour la fin de l’activité, les sommeliers qui sont présents pour vous guider, vous font déguster les différents vins à l’aveugle et ainsi déterminer le meilleur et, qui sait, les futurs vignerons de votre entreprise ! 

Les apports : cohésion d’équipe, communication 

Les secrets de la gastronomie française 

Le concept : 

Une activité mêlant patrimoine et découverte qui plonge les participants dans l’histoire de la gastronomie française. Féru d’histoire ou de nature gourmand, cette activité saura convaincre tout le monde !

Promenade des Sens vous propose un Team Building sur une après-midi autour des secrets de la gastronomie française soit dans leurs locaux dans le 8ème arrondissement ou sur votre lieu de réception. 

L’activité « les secrets de la gastronomie française » emmène vos collaborateurs à la découverte de l’histoire de notre incroyable cuisine. Au fil des anecdotes historiques et des dégustations, qui éveilleront tous vos sens, explorer l’histoire de France de façon inédite. Rythmé par un quizz, cette activité est un moment ludique qui saura charmer vos collaborateurs !

Les apports : détente, découverte, bonne ambiance

Dégustation d’huile d’olive 

Le concept :

L’huile d’olive, c’est comme un voyage express en Provence ! Mais il n’existe pas qu’une seule huile d’olive mais des centaines de variétés, rien qu’en France il y en a plus de 200 ! Une alternative originale à la dégustation de vin classique ! 

Dimension Sud propose un Team Building bar à huiles d’olive pour vous faire découvrir les richesses de l’olivier, arbre emblématique de la Méditerranée ! Une activité qui peut se réaliser de 10 à 100 personnes. 

Le Team Building « bar à huiles d’olive » initie vos collaborateurs à l’oléologie de façon ludique accompagnés d’un professionnel qui vous révèlera tous les secrets de cet or vert. Avec 6 dégustations d’huiles d’olive différentes, de Nice en passant par les Alpilles avec des notes de citron, d’épices et de truffe noire ; faites un tour de la côte méditerranéenne avec vos papilles ! 

Les apports : découverte, voyage, détente, bonne humeur

Initiation aux fleurs dans la gastronomie

Le concept : 

Les fleurs comestibles sont de plus en plus en vogue chez les grands chefs et plus en simple décoration mais comme un mets à part entières. Une découverte pleine de beauté et de finesse avec des saveurs inédites ! 

Dimension Sud propose un Team Building sur la découverte des fleurs dans la gastronomie autour de plusieurs fleurs iconiques ! Une activité qui peut se faire avec 10 à 1000 personnes. 

L’activité dégustation commentée des « fleurs dans la gastronomie », propose de réaliser plusieurs sirops de fleurs comme de mimosa ou encore de coquelicot, des confits de fleurs comme de jasmin ainsi que des fleurs cristallisées à croquer comme la rose. Faites découvrir à vos collaborateurs une autre manière d’apprécier les fleurs en se régalant avec ! Un moment de partage qui saura faciliter les relations entre vos équipes. 

Les apports : découverte, cohésion, communication 

Atelier Armagnac 

Le concept :

L’armagnac, une eau-de-vie produite en France, qui est son berceau, depuis le Moyen-Âge ! Un grand du terroir qui mérite d’être reconnue comme tous les autres. Laissez sa chance à cet alcool de légende et les connaisseurs en seront plus que ravis ! 

Le gout des bonnes choses propose un atelier Team Building découverte autour de l’Armagnac sur une après-midi. Une activité qui peut se faire de 15 à 200 participants.

Le Team Building « Atelier Armagnac », vous fera découvrir cet alcool ancestral en toute simplicité. En omettant aucune facette de ce breuvage tombé dans les oubliettes, qui a pourtant eu de grandes heures de gloire jusqu’au XIXème siècle, vous découvrirez comment le marier de la meilleure façon. Qu’il soit blanc ou ambré, l’Armagnac n’aura plus aucun secret pour vos collaborateurs ! 

Les apports : découverte, bonne humeur, détente

Atelier Bonbons et Caramels 

Le concept :

Qui n’a jamais voulu découvrir les secrets des confiseurs et leur impressionnant travail du sucre ! Une pause sucrée et gourmande qui replonge en enfance tout en douceur. 

Pepite vous propose un atelier bonbons et caramels 100% maison ! Ce Team Building qui se déroule sur une après-midi et en équipe ! Le Team Building « bonbons et caramels », vous propose de devenir expert en confiserie ! 

Au programme ; apprentissage des différentes techniques pour travailler le sucre, avec la maitrise des parfums et des couleurs, réalisations de trois recettes différentes et évidemment dégustation tout au long de l’activité ! Cela peut paraître plus simple qu’il n’y paraît, mais avec cette initiation, vos collaborateurs vont devoir faire appel à leur précision et leur concentration !  Vous pourrez à la fin de l’activité repartir avec vos créations et ainsi les partager.

Les apports : concentration, patience, gourmandise 

Promenade et dégustations saveurs oubliées 

Le concept :

Retour à l’essentiel et au naturel, loin du tumulte de la ville, avec une promenade pleine de saveurs, qui viennent non pas d’ailleurs mais tout simplement des bois et forêts français ! Le Temps des Savoir-Faire propose un Team Building sur les saveurs oubliées en Île de France et sur une après-midi. 

L’activité « Saveur oubliées », est proposée comme une évasion en pleine nature où vous allez pouvoir au fil de votre balade goûter à plusieurs produits récupérer directement sur votre route ! Des jeux et quizz seront également au programme pour rythmer la promenade et également vous apportez quelques anecdotes. Pour terminer profiter d’une dégustation de recettes gastronomiques préparées à partir des plantes observées ! 

Les apports : ludique, découverte, sensibilisation environnementale, convivialité 

Dégustation Fromages de France 

Le concept :

Le fromage est une des fiertés nationales. Comment parler de la gastronomie française sans parler de fromage ! Une dégustation gourmande avec des explications sur les secrets de fabrication qui va pour sûr enchanter la majorité !

Dimension Sud propose un Team Building autour des fromages de France sur une après-midi ou une soirée et avec jusqu’à 1000 participants ! 

L’activité « Dégustations commentées : Fromages de France », vous propose une dégustation de grands fromages iconiques comme le Brie de Meaux, le comté ou encore le fromage de chèvre frais, accompagné d’explications sur leurs histoires et leurs modes de fabrication. Un tour de France des fromages qui devrait faire passer un bon moment convivial à vos collaborateurs ! 

Les apports : bonne humeur, détente, convivialité, communication 

Brasser sa bière 

Le concept : 

Quel amateur de bières n’a pas voulu un jour brasser sa propre bière ? Une découverte des techniques de maître brasseur et des secrets de conceptions pour une activité à vivre sans modération ! 

La Beer Fabrique propose un atelier de brassage de bière avec jusqu’à 60 participants, pendant une demi-journée. 

Le Team Building « Maître Brasseur », vous propose de réaliser une recette de bière, parmi une large sélection, et d’en réaliser une cuvée de 15 litres, que vous pourrez personnaliser avec des étiquettes ornées aux couleurs de votre entreprise ! Dégustations, quiz et anecdotes sont aussi au programme de cette activité qui vous plongera dans l’univers de la bière artisanal. Un moment ludique et amusant !

Les apports : communication, bonne humeur, convivialité

Initiation à la boulangerie française

Le concept : 

Comment faire un article sur le patrimoine gastronomique sans parler de notre très chère boulangerie. Un passage journalier obligatoire pour la plupart, mais derrière les fourneaux c’est une autre histoire à découvrir ! « Oui oui baguette » ! 

Cours de créateurs propose une activité boulangerie française où vous préparez votre propre brunch en petit groupe !

Le Team Building « Boulangerie Française, Baguette et Brunch » vous propose de découvrir comment réaliser l’iconique baguette de pain, mais aussi une fougasse et même des croissants aux amandes ! Découvrez et apprenez les tours de main du boulanger et ses autres secrets pour des articles de boulangerie parfait et fait maison ! Évidemment l’activité se termine par une dégustation du brunch que vous aurez préparé, après l’effort le réconfort ! 

Les apports : convivialité, communication, bonne humeur

Conclusion 

Le patrimoine gastronomique français est très riche et le mettre en avant lors de Team Building est très bénéfique pour vos équipes. Les activités culinaires ont toujours du succès auprès des équipes et elles ont plein d’avantages comme la cohésion d’équipe et la communication qui s’installe plus facilement autour d’une ambiance conviviale ! 

Avec cette sélection Hephata vous assure d’avoir la bonne activité qui transformera votre team building en un évènement mémorable, et quoi de mieux que la cuisine pour se rapprocher ! 

Pour aller plus loin : 

Séduire par le patrimoine gastronomique

Les clés pour un Team Building réussi

45 idées d’animations et d’activités de séminaire incentive

Cet article met en avant les nouveaux enjeux post-covid du Ministère de la Culture. La Cour des Comptes a publié en décembre 2021 des travaux analysant le fonctionnement actuel du Ministère de la Culture. À travers ce rapport, la Cour des Comptes évoque des biais d’amélioration, notamment en lien avec les nouveaux enjeux post-covid.

Introduction

Aujourd’hui, le secteur de la Culture représente un poids économique de plus de 36 Mds d’€ avec 500 000 emplois en son sein, sans compter les retombées indirectes liées au tourisme.Ainsi, il existe plus de 45 000 monuments classés, 1 200 lieux publics d’exposition et 1 200 lieux de diffusion du Spectacle vivant.


Parmi les monuments classés les plus remarquables, il y a notamment le grandiose Palais-Royal où logent les quartiers du Ministère de la Culture au 3 rue de Valois, mais où sont aussi présents le Conseil d’Etat ou encore la Comédie Française.

Enfin, la logistique culturelle tourne notamment grâce à 9 400 agents présents au Ministère de la Culture ainsi que grâce à quelques 14 000 opérateurs.

Les constats de la Cour des Comptes

La crise sanitaire a endommagé le secteur culturel. Le rapport publié par la Cour des Comptes en décembre 2021 met en avant différents problèmes inhérents au Ministère de la culture, qu’il s’agisse de problèmes structurels ou opérationnels.

Les problèmes du Ministère : actions & missions


La Cour des Comptes remarque que si la stratégie d’action déconcentrée du Ministère a réussi en termes de développement culturel, c’est au détriment de sa propre action.
En effet, le Ministère structure ses interventions en institutionnalisant (établissements publics de coopération culturelle) ou en labelisant (centres dramatiques nationaux, centres chorégraphiques nationaux, scènes nationales, scènes de musiques actuelles, etc.). Il transfert également ses compétences à des opérateurs nationaux qui sont des établissements publics nationaux très autonomes. Et cette autonomie coûte sur le pouvoir d’action direct du Ministère.


En outre, tous ces mouvements jettent une certaine confusion vis-à-vis des priorités culturelles, d’autant plus que des politiques de guichet et de distribution de fonds publics accrue envers les grands opérateurs sont en vigueur.


Le patrimoine est alors un des grands perdants de cette manière de fonctionner. Les grands opérateurs sont favorisés au détriment du patrimoine communal/rural pourtant plus fragile car possédant moins de moyens. Les DRAC agissent avec des moyens fragilisés tandis que la Cour note l’absence d’homogénéité dans leurs politiques d’aides à l’entretien et la restauration.

Les problèmes structurels du Ministère


Au niveau structurel, la Cour remarque que le Ministère doit disposer avec de plus en plus de champs d’actions, lui conférant une très grande polyvalence. Conséquence, il se concentre sur ses missions les plus importantes : le poids financier des grands chantiers prive l’Etat des moyens pour conserver son patrimoine (ex : dégradation des cathédrales,…).
L’instabilité ministérielle importante (8 ministres en 14ans) a aussi des conséquences. Les directeurs généraux sont très portés sur leur rôle administratif et non celui de la mise en œuvre de projets (car potentiellement abandonnés à chaque changement…).


La Cour des Compte note qu’il y a beaucoup moins d’experts techniques de haut niveau que chez les opérateurs ou dans le secteur privé, faute d’une politique de recrutement peu attractive (mal payé + missions plus difficiles). Elle pointe également du doigt une très mauvaise gestion tutélaire des établissements publics :

– Lettres de missions quasi inexistantes ;

– Contrats d’objectifs et de performance peu claires dans leurs timings ;

– Objectifs stratégiques flous, etc.


Enfin, la Cour des Compte critique la politique actuelle de guichet dans la distribution des subventions. Ce fonctionnement accroît considérablement les charges financières qui pèsent ensuite durablement sur son budget.

Les recommandations de la Cour des Comptes

Redéfinir des objectifs stratégiques globaux


Une fois ces constats effectués, la Cour des Comptes entreprend de proposer des conseils pour améliorer l’état du fonctionnement administratif et stratégique  au sein du Ministère.
Elle note ainsi que plusieurs axes sur lesquels le Ministère devrait définir sa stratégie globale  :

– La création de relation avec les ministères de l’Enseignement Supérieur et de l’Education Nationale ;

– La promotion de la culture Français et Européenne sur la scène internationale (soft power) ;

– Ainsi que la veille active des mutations technologiques au sein du secteur culturel.


Achever la politique de déconcentration


La Cour préconise de mettre un terme à la politique de déconcentration du Ministère au profit des opérateurs et des collectivités territoriales.  Ne pas le faire porte défaut au fonctionnement des Musées Nationaux qui relèvent directement du Ministère. En effet, cela leur enlève l’autonomie nécessaire pour se développer.

Autre mesure de déconcentration à achever, la question des agents de musées nationaux rémunérés et administrés directement par le ministère (agents de Titre II). La Cour indique qu’il faudrait transférer la gestion de ce personnel directement aux musées. Les établissement pourront ensuite définir une politique de ressources humaines cohérente. 


Enfin, la Cour des Comptes revient sur des mesures de déconcentration déjà entreprises par le passé mais n’ayant pas abouti. Par exemple, accorder la gestion des sites du CMN (Centre des Monuments Nationaux) et des musées nationaux aux collectivités territoriales. Cela aurait l’intérêt de permettre une gestion plus dynamique des sites mais ces mesures sont impopulaires auprès des intéressées.


Toutes ces préconisations autour de la politique de déconcentration permettraient à l’Etat de rendre plus nette la ligne de partage des échelons national et territorial. Cela aurait également pour conséquence de fluidifier la lecture et l’analyse des politiques mises en place.

Réformer l’organisation du Ministère


En dernier lieu, la Cour des Comptes propose de réformer l’organisation le fonctionnement central du Ministère. En effet, la Cour estime qu’elle nuit aujourd’hui au potentiel d’expertise technique de très haut niveau de ses agents.

Cela passe d’abord par un réexamen des processus d’instruction, de décision et de gestion pour gagner en efficacité et en fluidité. Par exemple, en donnant un mode global de gestion pluriannuelle par les objectifs et les résultats. La Cour insiste sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les directions générales et le secrétariat général afin d’optimiser les ressources humaines à disposition. 


Au niveau économique, la Cour préconise de réviser le modèle des opérateurs, actuellement sous tutelle du Ministère et mis à mal par la crise sanitaire. Les ressources propres se sont effondrées et il semble impossible de revenir aux niveaux antérieurs à la crise. Cela pourrait passer par une mutualisation des fonctions afin de réduire les coûts de fonctionnement et fixer un cadre général de contrôle de gestion. 


Enfin, la Cour des Comptes propose que l’Etat adopte une politique de ressources humaines spécifique à la catégorie « cadres supérieurs ». Cela permettrait de clarifier leurs rôles et renforcer l’attractivité des postes.

Conclusion :

Finalement, la Cour des Comptes démontre que le rôle du Ministère de la Culture est aujourd’hui légèrement opaque. Il nécessite de vraies réformes en profondeur. La période post crise sanitaire a permis de mettre un peu plus en lumière ses défauts. Il s’agit également du moment opportun à saisir pour mettre ces réformes en route.

Pour aller plus loin : 

Les acteurs du patrimoine : le financement

Les acteurs du patrimoine : la gestion   

Panorama des acteurs européens du patrimoine

De plus en plus d’entreprises organisent des Team Building pour leurs collaborateurs. Cet article présente les clés logistiques primordiales pour un Team Building réussi, mémorable et répondant aux besoins des collaborateurs !

Qu’est-ce-qu’un Team Building?

Le temps des pique-niques et des fêtes d’entreprise ringardes pour fédérer les collaborateurs est révolu. Désormais la plupart des entreprises font appel à des professionnels de l’événementiel pour organiser de A à Z leurs évènements : séminaires, team-building, journées d’études ou soirées d’entreprises.

Le terme « Team Building », qui signifie « consolidation d’équipe », a pour objectif de renforcer les liens entre les employés d’une même entreprise ou institution. En effet, les liens qui résultent d’un excellent Team Building permettent aux collaborateurs d’accomplir le travail et les objectifs de l’entreprise plus efficacement qu’un groupe d’employés qui ne se connaissent pas et qui n’interagissent pas ensemble. 

Les enjeux d’un Team Building

Que l’animation de Team Building soit destinée à un pôle de l’entreprise en particulier, aux salariés tous secteurs confondus ou aux collaborateurs directs, l’idée reste la même : fédérer un maximum de participants autour d’une ou plusieurs activités à caractère ludique et/ou amusante. Ces activités ont pour but :

– D’apprendre à connaître les collaborateurs ;

– Renforcer l’esprit d’équipe ;

– Trouver des idées inspirantes ;

– Améliorer la communication ;

– Diminuer le stress ;

– Fidéliser les employés.

Le Team Building utilise des activités car une simple fête où l’on réunit un maximum de personnes n’est pas suffisante pour créer une vraie cohésion d’équipe. C’est ainsi que les activités qui sont choisies pour un Team Building sont très soigneusement sélectionnées, puisqu’elles seront mises en place en fonction des valeurs que l’entreprise souhaite transmettre à ses collaborateurs comme. Ces valeurs peuvent être variées telles que l’harmonie, l’ouverture d’esprit, le courage, l’initiative ou la force de caractère.  

Les clés pour un Team Building réussi !

Voici 5 conseils pour un Team Building mémorable :

Définir des objectifs

Quand l’équipe manque de confiance en elle et d’esprit d’équipe, ou alors lorsque les collaborateurs ne se connaissent pas, le Team Building est la solution. 

Dans un premier temps, il faut s’interroger :

– Qu’est-ce que l’on doit créer, susciter ou apporter ?

– Quel message doit transmettre cet évènement ?

– En quoi cela est pertinent avec la situation actuelle de l’entreprise ?

En se basant sur ces questions, il est plus aisé de trouver quel type d’évènement correspond à l’entreprise. 

Une bonne logistique 

Pour un Team Building réussi rien ne doit être laissé au hasard. 

L’une des premières choses à faire est de définir le budget. Celui-ci doit être établi en amont et entièrement détaillé. Certains Team Building peuvent durer plusieurs jours et ainsi il faut prévoir la restauration et le logement où passer la ou les nuits. Il faut également penser aux prestataires, aux transports et/ ou stationnement, les assurances etc. Rien ne doit être laissé de côté, tout compte !

Ensuite, il faut établir la liste d’invités. En effet il faut que prévoir s’il s’agira d’un événement obligatoire ou simplement sur inscription, mais également combien de personnes le budget peut-il prendre en compte et est-ce que certains des employés sont en situation d’handicap. 

Il faut également choisir une date pour l’événement. Puisque que certaines activités peuvent être réalisées en extérieur, il faut donc penser à quel moment de l’année est le plus propice pour profiter au mieux du Team Building. 

Le choix du thème

Le choix du thème peut paraître anodin mais il va permettre par la suite de décider du lieu et des animations. C’est un choix très important. 

Il faut prendre en compte le nombre de participants. En effet, un évènement pour 300 personnes et un pour 20 personnes ne se déroulent pas de la même façon. Pour une vingtaine de personnes, un thème intimiste pour se connaître peut-être intéressant, tandis qu’avec 300 personnes la compétitivité en équipe est plus prédestinée.

De plus, le choix doit être en adéquation avec les objectifs. En effet il faut adapter le thème en fonction du message qui doit être transmis à l’équipe. Par exemple, si l’objectif est de détendre les collaborateurs, un thème sur le bien-être serait recommandé. 

Enfin, il faut prendre en compte les avis des collaborateurs : il se peut que le team building imaginé ne soit pas forcément au goût de tous. Par exemple, certains individus n’auront pas du tout envie de faire une activité sportive. L’avis des collaborateurs est primordial pour que l’expérience se passe bien !

Le choix du lieu

Le choix du lieu de réception de l’événement est essentiel car si le thème est déjà défini, le lieu doit aussi apporter sa contribution.  De ce fait, il faut choisir un lieu qui fait sens. Si le thème choisi est plutôt un thème fantastique ou historique, par exemple, le choix d’un château peut-être très intéressant car il contribue ainsi au thème.

Il faut également prendre en compte la météo, car en fonction de la saison durant laquelle l’évènement se déroule, le type de lieu peut varier.

Le déplacement doit être sagement réfléchis en amont. En effet,  si l’événement d’entreprise se déroule de son périmètre proche, il faut prendre en compte le temps de trajet. De ce fait, il faut réfléchir aux différents modes de transport possibles pour éviter aux collaborateurs toute difficulté d’accès. L’accessibilité est un élément primordial dans la sélection d’un lieu.

Les animations 

Enfin, il est essentiel de choisir les bonnes animations, car elles sont le cœur même du Team Building.

Avant toute chose, il faut définir les objectifs : rassembler, créer de la cohésion, se détendre, améliorer l’esprit de compétitivité. Pour chaque objectif, plusieurs animations peuvent correspondre !

Ensuite, il faut essayer de penser aux participants : comment réussir à satisfaire tout le monde. Comme ce n’est pas toujours faisable, il est important de varier les activités afin qu’il y en ait pour tous les goûts, aussi bien le sportif que le créatif !

Enfin, il est essentiel de prévoir une animation pour tout le monde, comme un jeu géant où tout le monde participe tel qu’un quiz ou un blind-test. Ces animations sont toujours très fédératrices et offrent de bons souvenirs aux participants.

Petit Bonus :  Choisir un professionnel pour réaliser votre évènement

Un professionnel de l’événementiel est une aide précieuse pour la création de votre événement. Certaines entreprises font le choix d’organiser leur Team Building seul, néanmoins si une entreprise n’a jamais réalisé d’évènement de ce type une aide est toujours la bienvenue 

Une expertise qui s’est construit sur des années. En effet faire appel à une entreprise qui a de l’expérience est rassurant. Ensuite, un professionnel du secteur pourra vous proposer différentes formules pour correspondre au mieux à vos attentes. Les professionnels prennent en compte tous les points clés cités précédemment, qui pourraient échapper à la vigilance de l’entreprise.

– Un suivi détaillé et organisé. Étant des professionnels, ils assurent la mise en place de l’évènement de A à Z pour satisfaire les besoins de l’entreprise.

– Une aide sur-mesure pour vos différentes problématiques : des employés en situation d’handicap, un petit budget, une petite équipe ou au contraire une immense équipe ; avec des professionnels, plus d’inquiétude !

Conclusion

La clé principale pour un Team Building de qualité est l’organisation. Chaque détail a son importance, il est essentiel de prendre en compte tous les points évoqués dans cet article afin de créer un évènement inoubliable.

 L’organisation d’un évènement d’entreprise n’est pas à prendre à la légère et peut se révéler être un vrai casse-tête, surtout si l’entreprise souhaite apporter de l’originalité pour vos collaborateurs. C’est pour cela qu’il est toujours rassurant d’avoir une aide d’un professionnel du secteur.

Alors n’hésitez pas à faire confiance à Hephata pour un Team Building réussi !

Pour aller plus loin :

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Cet article présente les plus grands chefs de l’histoire de la cuisine et leurs liens très étroits avec le patrimoine historique où ils ont exercé leur art. 

Introduction :

La France peut se targuer d’être l’héritière d’une histoire riche et plurielle en matière de culture. Que ce soit avec son patrimoine historique ou son patrimoine gastronomique, il s’agit d’un pays qui est parmi les plus prolifiques en la matière. Ainsi, ce sont inévitablement deux domaines culturels qui se rencontrent et cela donne naissance à des chefs cuisiniers prestigieux avec des parcours de vie fascinants. 

Ainsi, de nombreux chefs ont laissé leur empreinte dans des lieux considérés aujourd’hui comme des lieux d’exception. Voici le portrait de quelques-uns des plus grands chefs cuisiniers de l’histoire et des lieux où ils ont servi.

François Vatel

François Vatel ou Fritz Karl Watel de son vrai nom est né à Tournai le 17 janvier 1631 et mort à Chantilly le 24 avril 1671. C’était un pâtissier-traiteur et maître d’hôtel français, il fut au service de Nicolas Fouquet et à celui du prince Louis II de Bourbon-Condé. Plusieurs anecdotes folles entourent la notoriété de cet illustre cuisinier.

François Vatel © Domaine public  

Il organisa un jour une grandiose et somptueuse fête incluant un dîner de 80 tables, 30 buffets avec de la vaisselle en or massif pour les hôtes d’honneur et en argent pour le reste de la cour. Lors de cet évènement, Molière et Lully font jouer les Fâcheux, une comédie-ballet composée exprès pour l’occasion … Cet évènement est parvenu aux oreilles du roi Louis XIV, alors résident du château de Fontainebleau. Rongé par la jalousie il fit arrêter le surintendant Nicolas Fouquet !

Par la suite, il rentra au service du Grand Condé au château de Chantilly. Lors de desserts, il servit ce que nous connaissons aujourd’hui comme étant la « crème chantilly » : cette originalité lui vaut souvent l’attribution de l’invention de la recette, à tort.

Antoine Beauvilliers

Son nom vous est peut-être méconnu mais Antoine Beauvilliers (1754-1817) est un restaurateur français renommé pour avoir ouvert le premier véritable grand restaurant à Paris. Cet artisan du XVIIIe siècle s’est créé une grande réputation de cuisinier, ce qui lui permit d’ouvrir un des plus beaux restaurants de la capitale au Palais-Royal sous son propre nom, à la veille de la Révolution française. 

© Domaine public

Ce lieu de cuisine d’exception n’eût pas de mal à garder une économie florissante durant ces évènement historique car il était prisé par les acteurs réactionnaires. Beauvilliers ouvrit également plus tard un autre restaurant nommé La Grande Taverne de Londres, 26 rue de Richelieu. Comme au Palais Royal, il y obtint un grand succès jusqu’à son décès en 1817, avant que le restaurant ne ferme définitivement ses portes en 1825.

La Mère Poulard  

Voilà une des figures les plus emblématiques de la cuisine française, et qui plus est féminine ! La Mère Poulard ou Anne Boutiaut de son vrai nom est une cuisinière française née le 16 avril 1851 à Nevers et morte le 7 mai 1931 au Mont-Saint-Michel. Elle est renommée pour sa fameuse auberge au Mont-Saint-Michel, où elle prépare sa fameuse spécialité d’omelette. Presque aussi célèbre que le Mont-Saint-Michel lui-même !

© Domaine public


C’est en 1888 que Victor et Annette Poulard ont quitté leur ancien établissement pour acquérir l’« hôtel du Lion d’or ». Ils le font démolir pour édifier un imposant hôtel qui prit pour enseigne : « À l’omelette renommée de la mère Poulard. » 
Outre à sa célèbre omelette, la Mère Poulard doit sa renommée de cuisinière d’exception à l’attrait grandissant pour le Mont-Saint-Michel au cours du XIXe et XXe siècles. À tel point que cela attire régulièrement des célébrités, dont des grandes figures diplomatiques ! Ainsi, le roi des Belges Léopold II ou encore Georges Clémenceau, qui fut l’un de ses plus fidèles amis, figurent parmi ses anciens clients.

Auguste Escoffier

Les amateurs d’histoire de la cuisine doivent probablement connaître Auguste Escoffier et notamment son surnom de « roi des cuisiniers, cuisinier des rois ». Né à Villeneuve-Loubet le 28 octobre 1846 et mort à Monte-Carlo le 12 février 1935, c’était un chef cuisinier, restaurateur et auteur culinaire français.

© Domaine public

Il a codifié, modernisé et professionnalisé la cuisine raffinée des palaces hôteliers. Créant dans des établissements de prestige de nombreuses recettes, reprises ensuite par d’autres chefs, il a participé à faire grandir la renommée internationale de la cuisine française.

En 1928, alors au sommet de sa gloire, il fut le premier chef cuisinier à devenir officier de la Légion d’honneur ! Il avait alors œuvré à diriger des cuisines d’hôtels d’exception étrangers avec l’hôtel Savoy et le Carlton, tous deux grands lieux d’hôtellerie internationale situés à Londres.

V. Raymond Olivier

Raymond Oliver est un cuisinier français né le 27 mars 1909 à Langon en Gironde et mort le 5 novembre 1990 à Paris. La cuisine était une affaire de famille. En effet, son père était disciple d’Auguste Escoffier du Savoy à Londres. Il fut également chef étoilé à l’hôtel du Lion d’or à Langon.


En 1948, il acheta le restaurant Le Grand Véfour, dans le 1er arrondissement de Paris. Ce restaurant, donnant sur le jardin du Palais Royal, était très fréquenté par des figures populaires de l’époque tels que Malraux ou Jean Cocteau. Ce qui contribua ce lieu d’exception à devenir une véritable institution qui tint longtemps ses 3 étoiles au Guide Michelin. 


Raymond Oliver devint surtout connu pour sa création de la première émission de télévision consacrée à la cuisine, Art et magie de la cuisine diffusée en 1954, qu’il anima pendant 13 ans avec Catherine Langeais.

Paul Bocuse

Impossible de parler de gastronomie et de cuisine française sans évoquer l’un des plus célèbres et représentatifs chefs français. Paul Bocuse, chef cuisinier né le 11 février 1926 et mort le 20 janvier 2018, était une véritable vitrine humaine de la gastronomie française.

© Pixabay 

Vêtu d’une veste blanche brodée à son nom et ornée d’un col tricolore, référence à son titre de Meilleur Ouvrier de France qu’il a obtenu en 1961. Célèbre pour sa cuisine, il est également un représentant de la convivialité à la française. En effet, il se faisait un devoir d’accueillir personnellement chaque convive dans son restaurant de Collonges pendant des décennies. À la fois précurseur de la nouvelle cuisine et maître de la cuisine traditionnelle, il incarne une cuisine simple et authentique, fidèle au terroir et exécutée avec l’amour du geste. Son personnage chaleureux et authentique aurait d’ailleurs inspiré le chef du film d’animation Ratatouille (2007) !


C’est en 1958 qu’il obtint sa première étoile au Guide Michelin avec son père dans le restaurant familial « L’Auberge du Pont de Collonges », avant d’en acquérir deux autres par la suite.

Alain Ducasse

Et voici une autre figure emblématique et populaire dans la cuisine française, celle d’Alain Ducasse, né le 13 septembre 1956 à Orthez dans les Basses-Pyrénées.

© Creative Commons


Il est un chef d’exception, triplement étoilé au Guide Michelin avec trois établissements différents :

– Le Louis XV à l’hôtel de Paris Monte-Carlo (en 1990)

– Le Alain Ducasse au Plaza Athénée à Paris (en 1997)

– Ainsi que le Alain Ducasse at The Dorchester à Londres (en 2010). 

Son activité dans le monde de la cuisine ne s’arrête pas derrière les fourneaux. Il est président de Châteaux et Hôtels Collection depuis 1999. C’est également le dirigeant consultant du Groupe Alain Ducasse, une société d’hôtellerie-restauration. Cela lui vaut d’ailleurs une anecdote plutôt flatteuse. En effet, il a été classé 94e des 100 personnalités les plus influentes du monde selon le magazine Forbes en 2012.

Thierry Marx

Chef célèbre et moderne, Thierry Marx est né le 19 septembre 1959 à Paris dans le 20ème arrondissement. C’est un cuisinier français dont s’inspirant de la gastronomie moléculaire, cette cuisine fantasque qui est souvent spectaculaire à regarder.


Dans les années 1980, il fut à la tête des cuisines du luxueux hôtel quadruplement étoilé Le Cheval Blanc à Nîmes, situé face aux Arènes. Une expérience incroyable puisque cet hôtel était le symbole du faste de ces années-là , recevant le Tout-Paris de l’époque.


En 1988, il reçut sa première étoile au Guide Michelin pour le restaurant Roc en Val à Montlouis-sur-Loire. Chef au relais et château Cordeillan-Bages à Pauillac à partir de 1996, il y obtint également une première étoile au Michelin en 1996 puis une deuxième en 1999.

https://www.youtube.com/watch?v=bxTCx5o9lvg&ab_channel=Mill%C3%A9simaSA 


Conclusion : 

Il n’est pas possible de retracer le parcours des grands chefs cuisiniers français sans évoquer les endroits où ils ont forgé leurs destins. S’ils sont devenus aujourd’hui des légendes , c’est aussi en partie grâce aux lieux dans lesquels ils ont servi. 

Pour aller plus loin : 

Séduire par le patrimoine gastronomique

Découvrir le patrimoine par l’œnotourisme

Faire rayonner le patrimoine avec l’agritourisme

Voici une sélection de 10 sites historiques ayant accueilli un tournage de cinéma.

Introduction

Avez-vous déjà eu ce sentiment, devant un film au cinéma, d’être subjugué par le décor au point parfois d’en oublier l’intrigue qui s’y déroule ? Ou bien celui d’être totalement transporté dans une époque, comme une plongée dans l’Histoire qui détache le spectateur de la réalité ? 

L’esthétique visuelle est primordiale au cinéma. Ainsi, il est très important de repérer des endroits qui correspondent à l’œil du réalisateur ou à la réalité du contexte historique. C’est ainsi que l’on se retrouve dans cet état second, happé et transcendé par les œuvres cinématographiques.

Voici une sélection de ces sites historiques d’exception qui ont participé au tournage de longs-métrages. 

L’abbaye cistercienne de Fontenay

©Borvan53 – CC By SA

L’abbaye cistercienne de Fontenay, située dans le département de la Côte d’Or et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, est un monument à la fois un édifice riche en histoire. Il s’agit de la plus ancienne abbaye conservée ! C’est également un lieu privilégié par les cinéastes. En effet, plusieurs tournages de films populaires s’y sont déroulés tels que ceux de :

– Angélique, marquise des Anges (1946) ;

– Cyrano de Bergerac (1990), long-métrage multi-récompensé par le monde du cinéma national et international.

Le château de Courances

Le château de Courances est situé dans l’Essonne, non loin de Paris. Si le nom ne vous dit peut-être rien, il y a de fortes chances que vous l’ayez vu au moins une fois sur un écran.

© Patrick GIRAUD – CC By SA

En effet, ce modeste château du XVIIe siècle apparaît dans plusieurs films sortis au cinéma, comme dans Le Masque de Fer (1962) avec l’immense Jean Marais, ou encore dans le Molière (2007) avec Romain Duris et Fabrice Luchini. Il s’agit également du décor du film Le Sens de la fête (2017) avec Jean-Pierre Bacri et Jean-Paul Rouve.

Le château de Ferrières

Le château de Ferrières, situé en Seine-et-Marne est avant tout connu car il s’agit du fruit d’une commande de James de Rothschild par l’architecte Joseph Paxton, mais c’est aussi un cadre apprécié pour les réalisateurs.

© MOSSOT – CC By SA 

Aperçu dans le film Le Guignolo avec Jean-Paul Belmondo, il s’agit surtout du décor choisi par Jean-Marie Poiré pour l’hilarant Papy fait de la résistance (1983) dans la fameuse scène où Jacques Villeret chante le morceau Je n’ai pas changé

L’abbaye de Royaumont

© Pierre Poschadel – CC By SA 

La grandiose abbaye de Royaumont dans l’Oise, ancien monastère cistercien d’exception construit sous l’égide du roi Saint-Louis lui-même, est un lieu qui a également servi de décor pour les tournages de plusieurs films au cinéma. Parmi eux, deux sont à mettre particulièrement en avant :

– Le légendaire La Belle et la Bête de Jean Cocteau ;

– La comédie Hibernatus (1969) d’Edouard Molinaro avec le fantasque Louis de Funès.

Le château de Champs-sur-Marne

Le château de Champs-sur-Marne est un de ces exemples de château qui se sont reconvertis dans une deuxième vie de lieu de tournage audiovisuels et cinématographiques. Cette maison de plaisance à la française du XVIIIe siècle a en effet servi de décor remarquable pour près de 80 productions ! En effet, sa ressemblance avec le palais de l’Elysée explique sa popularité. Parmi les films qui ont vu quelques scènes tournées dans ce décor, il y a notamment Marie-Antoinette de Sofia Coppola (2006).

Le château du Plessis-Bourré

Le château du Plessis Bourré est un de ces magnifiques châteaux de la Loire. Situé près d’Angers, il est un lieu d’exception prisé des tournages car il n’a subi que très peu de modifications extérieures depuis son édification. Ainsi, on y retrouve de nombreux films de réalisateurs français qui ont posés leurs caméras dans ce décor, tel que :

– Le célèbre Peau d’Âne (1970) de Jacques Demy avec Catherine Deneuve et Jean Marais

– La Princesse de Montpensier (2010) de Bertrand Tavernier.

L’abbaye Sainte-Marie de Frontfroide

L’abbaye Sainte-Marie de Frontfroide est un site religieux d’exception situé à Narbonne. Elle possède une grande histoire puisqu’elle a été initialement édifiée en 1093 par des bénédictins. Cependant, elle n’a pas encore de riche histoire cinématographique mais nul doute qu’un avenir productif lui tend les bras ! C’est en effet un des lieux qui a servi pour le tournage du dernier film blockbuster du grand réalisateur d’Hollywood Ridley Scott : Le Dernier Duel (2021), avec Matt Damon et Ben Affleck, entre autres stars dans le casting !

Le château de Vaux-le-Vicomte

Le château de Vaux-le-Vicomte ne se présente plus. Situé près de Melun, chef d’œuvre du XVIIème siècle et du style classique, il s’agit de la version 1.0 du château de Versailles, dont il fut le modèle. Comme souvent avec les monuments historiques remarquables, de nombreux tournages s’y sont déroulés. Parmi les plus remarquables d’entre eux, il y a notamment :

–  La Folie des Grandeurs (1971) avec l’immense Louis de Funès ;

– Moonraker (1979), une aventure du célèbre James Bond ;

.- L’empereur de Paris (2018) avec Vincent Cassel dans le rôle de Vidocq. 

Le château d’Ermenonville

Le château d’Ermenonville situé dans l’Oise est de style classique. S’il ressemble à nombre des châteaux de cette période florissante de l’architecture, il tient une place privilégiée dans l’histoire du cinéma français. En effet, il s’agit du fameux château de Montmirail moderne présent dans le film à grand succès populaire Les Visiteurs (1993), avec le remarquable duo formé par Godefroy de Montmirail (alias Jean Reno) et Jacquouille (alias Christian Clavier). 

Le château de Vigny

Le château de Vigny, de style troubadour, a été construit par George d’Amboise, principal ministre du roi Louis XII. Situé dans le Val d’Oise, ce site historique partage un point commun avec le château d’Ermenonville… celui d’avoir été le théâtre de scènes du film Les Visiteurs (1993) ! Son histoire cinématographique est plutôt riche puisqu’il a également été choisi par plusieurs réalisateurs comme :

 – George Lauthner pour quelques scènes dans son cultissime Les Tontons flingueurs (1963) ;

– Claude Zidi pour des scènes dans son film l’Animal (1977) avec Jean-Paul Belmondo.

Conclusion 

Dans le monde du cinéma, les choix des lieux de tournage ont une importance extrême, souvent oubliée des spectateurs. 
De par leur authenticité et l’âme qui les habitent, les châteaux et différents sites historiques passent alors pour des sujets inévitables pour les réalisateurs, tels mille et une Joconde disponibles à l’œil d’un Léonard de Vinci. 

Il existe une symbiose remarquable entre les films et les lieux qui leur servent de décors, notamment dans la sélection de lieux proposés. Ainsi, si les sites magnifient les scènes des films, ces dernières servent aussi la magnificence des lieux où elles se trouvent. 

Pour aller plus loin : 

Comment recevoir des tournages dans son château ?

La photographie au service des châteaux

Organiser des shootings photos dans son château

Cet article vous explique le dispositif de la loi Aillagon et son impact sur le mécénat culturel.

Introduction

La Loi Aillagon, proposée par le Ministre de la Culture et de la Communication Jean-Jacques Aillagon (en poste de 2002 à 2004), a été votée le 1er août 2003. C’est une loi qui concerne le mécénat à la fois financier, en nature ou de compétence. Par ailleurs elle ne s’applique que pour les structures reconnues d’intérêt général et concernées par les articles 200 et 238bis du Code Général des Impôts.

Son objectif premier est de favoriser le mécénat. Notamment en modifiant le dispositif de dons ; mais aussi en revoyant les critères de reconnaissance d’utilité publique d’une structure.

La Loi Aillagon a un impact sur le mécénat culturel également : œuvres d’art, monuments historiques, activités touristiques dans des lieux patrimoniaux, … Tout un panel d’activités culturelles ont pu bénéficier de ce projet.

Ce qu’il faut retenir

Le mécénat est un soutien aux actions d’intérêt général d’une personne ou d’un organisme. Contrairement au sponsoring, le mécénat n’envisage pas de contreparties directes pour le donateur.

– En France, la pratique a connu un véritable développement suite à l’instauration de la loi Aillagon en 2003

– Elle a touchée de nombreux secteurs et notamment celui de la culture, de l’art et du patrimoine

– Devenu trop déficitaire pour l’État une réforme du dispositif Aillagon a été envisagée

I. La Loi Aillagon et le mécénat

A) Une loi pour favoriser le mécénat

La loi Aillagon s’organise autour de quatre axes en faveur du mécénat :

– mécénat des particuliers ;

– mécénat des entreprises ;

– fiscalité des fondations reconnues d’utilité publique ;

– reconnaissance d’utilité publique.

a/ Mécénat des particuliers

La loi Aillagon prévoit d’encourager le mécénat des particuliers grâce à la mise en place de déductions fiscales incitant aux dons. Ainsi, les particuliers peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt de 66 %. Celle-ci est plafonnée à 20 % du revenu imposable (contre 10 % auparavant) et peut être reportée sur cinq ans en cas d’excédent de versement.

b/ Mécénat des entreprises

Pour les entreprises, la Loi Aillagon développe également un avantage fiscal. En effet, les entreprises peuvent bénéficier d’une déduction fiscale de 60 % de l’impôt des sociétés. Cette déduction fiscale peut s’élever à 90 % lorsque le don est réalisé en faveur des trésors nationaux. Cette spécificité montre déjà l’impact positif de la loi Aillagon en faveur du patrimoine.

Enquête réalisée en 2013, portant sur 213 réponses formulées par des acteurs concernés par la Loi Aillagon

© Fidal, Enquête réalisée en 2013, portant sur 213 réponses formulées par des acteurs concernés par la Loi Aillagon

c/ Fiscalité des fondations reconnues d’utilité publique

Les fondations reconnues d’utilité public (FRUP) bénéficient elles aussi de défiscalisation pour les donateurs et fondateurs mais également d’un abattement fiscal de l’impôt sur les sociétés. Cet abattement fiscal est doublé, passant de 15 000 à 30 000 euros. Cet allègement de la fiscalité encourage ainsi le mécénat des fondations.

d/ Reconnaissance d’utilité publique

Comme dernier objectif, la loi Aillagon prévoit de faciliter la démarche de reconnaissance d’utilité publique en l’accélérant et en la simplifiant. Cela permet le développement des fondations reconnues d’utilité publique qui jouent un rôle social et culturel très important. Le statut de FRUP est en effet attractif pour diverses raisons. En effet, il permet au fondateur de diversifier les sources de financements pour la cause bénéficiaire (dons, legs, …). Il permet également :

  • d’obtenir une déduction fiscale ;
  • d’accroître la notoriété de l’entreprise en proposant des actions d’utilité publique et en devenant mécène ;
  • d’élargir son audience et de fidéliser les clients grâce à des contreparties (n’exédant pas 25% du don).

B) Une loi qui s’avère trop déficitaire pour l’État

La Loi Aillagon et son impact sur le mécénat culturel s’est vérifié ces dernières années. Le dispositif de la loi Aillagon a tellement bien fonctionné qu’il s’est révélé trop déficitaire pour l’État. En effet, les pratiques de mécénat se sont considérablement développées. Le volume global des dons s’est vu multiplié par quatre depuis 2004, passant d’un million d’euros à quatre millions d’euros. Quant aux entreprises mécènes, leur nombre s’est multiplié par douze. Ainsi, quinze ans après cette loi, on compte 61 000 entreprises mécènes et 5,8 millions de foyers donateurs.

Cet essor fulgurant du mécénat entraîne des dépenses fiscales toujours croissantes pour l’État. La perte budgétaire causée par le mécénat a ainsi été multipliée par dix en treize ans, passant de 90 millions d’euros en 2004 à plus de 900 millions d’euros en 2017. Le coût de grâce a été porté par l’incendie de la Cathédrale de Paris où de nombreux dons, le plus souvent très élevés, ont afflué pour la restauration, causant une perte budgétaire considérable pour l’État. Le dispositif Aillagon devient donc étouffant financièrement pour le gouvernement, d’où la volonté portée par ce dernier de le limiter.

Deux autres problèmes suscitent également la volonté de limiter la Loi Aillagon :

– Le constat est fait que le dispositif bénéficie davantage aux grandes entreprises qu’aux plus petites qui en auraient pourtant davantage besoin ;

– La multiplication des fondations d’art portant le nom de leurs entreprises devenant ainsi des vecteurs de marque.

C) Un projet de réforme

L’État souhaite réformer la loi Aillagon pour la rendre moins déficitaire. La réforme a commencé à s’appliquer dès décembre 2020.

Les nouvelles mesures sont les suivantes :

  • La déduction fiscale des entreprises sur l’ l’impôt des sociétés passe de 60 % à 40 % (seulement pour un don de plus de 2 million d’euros). Cette mesure ne concerne pas les organismes relevant de la loi Coluche (associations humanitaires et caritatives telles que les Restos du Coeur, la Fondation Abbé Pierre, etc …) ;
  • Concernant le mécénat de compétence : la défiscalisation des salaires des employés mis à disposition est désormais plafonnée à environ 120 000 € brut par année et par salarié.
  • Pour les TPE : augmentation de 10 000 à 20 000 € de la franchise afin d’éloigner la limite de versement qu’elles atteignent plus rapidement (rappel : celle-ci est fixée à 0,5 % du chiffre d’affaire) ;
  • Obligation de renseigner l’État sur les bénéficiaires des dons ainsi que sur les contreparties reçues afin de faciliter la visibilité et d’éviter les fraudes et abus fiscaux.

II. La Loi Aillagon : impact sur le mécénat culturel

A) Impact du mécénat sur le patrimoine et la culture

La loi Aillagon a permis de développer le mécénat d’une manière impressionnante. Outre les associations et fondations caritatives et humanitaires, beaucoup de donnateurs ciblent le secteur culturel : art, musées, monuments historiques, …

18% du mécénat d’entreprise est affecté à la culture et au patrimoine

22,4% des fonds de dotation créés ont pour objet principal l’action artistique et culturelle

*Chiffres donnés par le Ministre de la Culture

Enquête sur les bénéficiaires de la Loi Aillagon

© Fidal, Enquête réalisée en 2013, portant sur 213 réponses formulées par des acteurs concernés par la Loi Aillagon

C’est ainsi que se sont développés des outils de gestion et de promotion du développement du mécénat culturel, et ce, au cœur même du Ministère de la culture. La « Mission du mécénat » assure le bon suivi de la politique et de la réglementation fiscale et juridique du mécénat. Elle anime également un large réseau d’acteurs, incluant notamment la DRAC. L’objectif du réseau est de relayer les informations concernant le mécénat au niveau local et de rapprocher les bienfaiteurs et les récepteurs culturels des dons. De même des « jeudis du mécénat », organisés régulièrement, cherchent à approcher toutes les problématiques liées au secteur culturel et au mécénat.

Le mécénat relevant de l’action publique, il s’agit donc d’un outil démocratique. En effet, entreprises et particuliers détiennent la liberté de choisir la destination de leurs dons. S’exprime ainsi la « voix du peuple » en faveur de telle œuvre d’art, tel courant artistique, tel château ou site historique, … Néanmoins si cette liberté n’a pas d’impact pour la préservation du patrimoine, elle peut limiter la création artistique puisque les mécènes auront tendance à soutenir les projets stables plutôt que ceux, plus risqués, qui présentent nouveauté et innovation.

Le château de Beaumesnil bénéficiaire de la Loi Aillagon et du mécénat culturel

Le Château privé de Beaumesnil a créé sa propre fondation et propose aux particuliers comme aux entreprises d’être mécène en participant à la plantation d’arbres, à la restauration de la fontaine, à la mise à disposition de nouveaux bancs ainsi qu’à l’achat d’ustensiles de cuisine d’époque. En contreparties, des ardoises personnalisées inscrivent le nom du donateur dans l’histoire et les entreprises ont accès à des espaces du château afin d’organiser leurs évènements et séminaires. Ainsi, c’est en quelque sorte une stratégie de naming qu’a adopté le château de Beaumesnil.

Château de Beaumesnil bénéficiaire de la Loi Aillagon et du mécénat culturel

© CC BY-SA 3.0, Château de Beaumesnil, Eure, France

B) Quelles conséquences de la réforme de la Loi Aillagon pour le mécénat culturel ?

La réforme de la Loi Aillagon a suscité quelques tourments dans le secteur culturel. Celui-ci craint que les nouvelles mesures soient dissuasives pour le mécénat. Dans le cas des fondations d’art, les individus pensent que les nouvelles mesures vont restreindre leur nombre et donc limiter le développement du patrimoine contemporain.

Pour l’instant la réforme est encore trop récente pour analyser concrètement son impact sur le secteur culturel. Ce qui est certain, c’est que le gouvernement désire avant tout contrôler les déviances fiscales. La volonté d’ouvrir plus largement le mécénat aux petites entreprises témoigne d’ailleurs d’une volonté de poursuite de la politique du mécénat de la part du gouvernement.

Conclusion

La Loi Aillagon a eu un impact sur le mécénat culturel. Elle a considérablement boosté le mécénat et notamment celui des entreprises. Ce mécénat d’entreprises est accompagné désormais d’un mécénat plus populaire : le financement participatif (crowdfunding). Ces deux pratiques engagent les personnes privées dans la sauvegarde du patrimoine.

C’est un modèle que l’on trouvait surtout au Royaume-Uni, la France privilégiant davantage l’action publique par le biais du Ministère de la culture. Désormais, notre pays sait combiner les démarches publiques et privées pour la protection des sites historiques. En témoigne le Loto du patrimoine. Initiative d’une personne privée, Stéphan Bern, il est épaulé par le gouvernement et s’avère être un nouveau modèle de financement participatif pour les monuments en périls.

Pour aller plus loin

Le mécénat patrimonial : fonctionnement et utilisation

Comment trouver des financeurs pour sauver son château ?

Histoire du financement des châteaux d’hier et d’aujourd’hui

En France, le tourisme de mémoire permet aux territoires de valoriser leurs monuments et sites marqués par l’histoire. 

L’important à retenir de cet article :

Le tourisme de mémoire est une notion très vaste englobant une quantité de lieux de mémoire divers. Toutefois, plus le lieu est chargé d’une histoire sombre et contemporaine, à l’instar des deux guerres mondiales, plus il attirera les publics. En effet, l’aspect sensible est très important dans le tourisme de mémoire. Le recueillement et la commémoration sont des motivations pour les visiteurs.

– Le tourisme de mémoire fonctionne bien en France et se développe de plus en plus.

– En effet, les lieux de mémoire sont nombreux en France et jalonnent l’intégralité de son territoire. 

Introduction : 

Le tourisme de mémoire est pratiqué depuis plusieurs années. À travers le fil rouge du patrimoine mémoriel et de l’histoire, le tourisme de mémoire permet aux voyageurs de découvrir un territoire. Pour l’anthropologue Franck Michel, le tourisme de mémoire est avant tout caractérisé par son lien étroit avec le devoir de mémoire : faire mémoire, se recueillir et transmettre aux générations futures.

Répandu dans le monde, le tourisme de mémoire touche à la fois à l’intime et à un patrimoine commun. L’aspect sensible est à prendre en compte dans le tourisme de mémoire, car les lieux touchent souvent à des épisodes funestes de l’histoire.  

L’offre touristique de mémoire est un complément économique, culturel et attractif. Sa spécificité le rend unique. Le tourisme de mémoire comprend divers enjeux : pédagogiques, civiques et culturels. 

Générant chaque année environ 20 millions de visiteurs en France, le tourisme de mémoire est une pratique importante en France.

Présentation du tourisme de mémoire

Dans l’imaginaire commun, le tourisme de mémoire se résume aux mémoriaux de guerre, surtout ceux des deux guerres mondiales. Bien que les mémoriaux soient très importants dans le tourisme de mémoire, la notion est plus vaste et englobe divers sites historiques.

Le tourisme de mémoire est une forme de tourisme axée sur le patrimoine historique d’un lieu, surtout lorsque celui-ci témoigne ou a été marqué par un évènement ou une période. Néanmoins, il peut aussi s’agir de lieux créés spécifiquement pour accueillir les touristes souhaitant se recueillir autour d’un lieu ou d’un épisode de l’histoire.

Cet évènement ou période peut être fondateur pour l’histoire du lieu et du pays, et/ou potentiellement douloureux. Parmi les lieux concernés par le tourisme de mémoire, il y a notamment :

– Les lieux ayant une histoire marquée par une bataille ou une guerre, comme Les Plages du Débarquementen Normandie ou le Chemin des Dames  rancets-de-France ;

– Les mémoriaux et musées dédiés à la guerre, à l’instar du Mémorial de Caen

Le tourisme de mémoire inclut aussi les anciennes prisons, les forts et citadelles, les bunkers ou encore les bases-sous-marines. Les cimetières sont aussi des hauts-lieux pour le tourisme de mémoire, qu’il s’agisse de cimetières militaires comme celui d’Omaha Beach (Calvados) ou civils comme le cimetière du Père Lachaise(Paris).

Le tourisme de mémoire peut être un but en soi ou une étape sur un parcours. Dans les deux cas, la mise en scène autour des lieux et l’aspect pédagogique sont primordiaux, afin de préserver la sensibilité du public tout en éveillant les consciences.

La part sensible du tourisme de mémoire

L’aspect sensible et émotionnel est très important dans le tourisme de mémoire, car ce dernier touche à notre histoire et ce qu’elle a d’intime. Ainsi, la visite de certains lieux de mémoire marqués par une histoire particulièrement douloureuse doit être réalisée avec tact et pédagogie. Par exemple, à l’échelle mondiale, l’un des sites les plus visités dans le cadre du tourisme de mémoire est le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. Témoin funeste d’une très sombre période de l’histoire, de nombreux individus ressentent le besoin d’aller s’y recueillir. 

Néanmoins, cela sera surtout valable pour des lieux témoins d’une histoire récente. En ce qui concerne les anciennes forteresses ou prisons, l’impact émotionnel n’est pas le même. Certains lieux attirent donc uniquement pour leur aspect historique, voir architectural, tandis que d’autres sont des lieux sensibles, appelant à la commémoration.

Exemple du Mémorial de la Shoah

Ouvert depuis 2005, le Mémorial de la Shoah est un lieu de mémoire consacré à l’histoire juive durant la Sconde Guerre mondiale, dont l’axe central est la Shoah. Le lieu compte différents lieux de mémoire. 

Le Mémorial de la Shoah est le fruit de la fusion entre deux entités : le Centre de Documentation Juive Contemporaine (CDJC) et le Mémorial du Martyr Juif Inconnu. La première entité fut créée clandestinement en 1943, en pleine guerre, afin de rassembler et conserver des preuves des actions de persécutions perpétrées à l’encontre des juifs. La seconde entité, le Mémorial du Martyr Juif Inconnu, fut inaugurée en 1956. Il s’agit d’un tombeau-mémorial destiné à commémorer les victimes de la Shoah. Il héberge le CDJC. 

En 2005, l’ensemble des lieux de mémoire du site ont été rassemblé pour devenir le Mémorial de la Shoah. Le lieu inclut notamment le Mur des Noms, le Mur des Justes et le Mémorial des Enfants.

Le Mémorial de la Shoah est à la fois un lieu de mémoire et de recueillement, mais aussi de pédagogie. Né de la volonté d’obtenir justice et de ne jamais oublier, le Mémorial poursuit ce but encore aujourd’hui. Le lieu organise des expositions temporaires et des conférences en lien avec la Shoah, accueillant la parole de témoins.

Les lieux de mémoire, à l’instar du Mémorial de la Shoah, sont aussi là pour continuer à faire vivre l’histoire, surtout ses heures les plus sombres, afin que les générations futures n’oublient pas.

La France, terre d’histoire et de mémoire

La France est un pays dont l’histoire est marquée par les conflits et évènements fondateurs. Le pays joue beaucoup sur ces grands évènements historiques à travers de nombreuses commémorations nationales, ainsi que des célébrations plus locales. Les évènements commémoratifs participent grandement à l’intérêt du public pour la mémoire et les lieux qui s’y rapportent. 

En outre, ces évènements génèrent une hausse du flux touristique dans les lieux concernés. Par exemple, en 2018, la France fêtait le centenaire de la fin de la Première Guerre Mondiale. Cette année-là, les sites mémoriels dédiés à cette guerre ont vu leur fréquentation fortement augmenter. 

Les régions françaises importantes pour le tourisme de mémoire

Bien que des lieux de mémoire soient dispersés partout sur le territoire français, certaines régions sont particulièrement importantes pour le tourisme de mémoire. Cela s’explique par :

– L’abondance de lieux de mémoire sur leur territoire ;

– Un territoire marqué par des conflits contemporains.

La Normandie, leader du tourisme de mémoire français

En France, la région la plus importante pour le tourisme de mémoire est la Normandie. Marquée principalement par la Seconde Guerre Mondiale, le territoire normand compte parmi les hauts-lieux du tourisme de mémoire.

Tout d’abord, la région possède de nombreux musées et mémoriaux. Bien que le musée ou mémorial le plus visité de France soit le Musée de l’Armée à Paris, tous les autres figurant en haut du classement sont situés en Normandie. Parmi ces sites, il y a notamment le Mémorial de Caen, qui occupe la deuxième place. Consacré à l’histoire du XXème siècle, le Mémorial de Caen est un musée historique dont la thématique principale tourne autour de la fragilité de la paix. Labellisé « Musée de France », le lieu fait aussi parti de l’International Network of Museums for Peace.

D’autres lieux comme le Musée du débarquement à Arromanches et le Musée Arromanches, respectivement 3ème et 4ème du classement, retracent l’histoire du débarquement en Normandie.

En plus de ces musées, la région Normandie possède un patrimoine naturel marqué par la guerre, avec notamment Les Plages du Débarquement. Des millions de visiteurs viennent chaque année découvrir ces lieux où l’histoire de France s’est écrite. 

Les Hauts-de-France et la Grande Guerre

Les Hauts-de-France sont la deuxième région la plus fréquentée pour le tourisme de mémoire. Possédant la plus grande nécropole de France, la nécropole Notre-Dame de Lorette, la région est très marquée par la Grande Guerre. Théâtre de guerre mais aussi de paix, les Hauts de France possèdent plusieurs grands sites de tourisme de mémoire, tels que :

– La carrière Wellington, réseau de galeries souterraines qui ont joué un rôle majeur durant la guerre ;

– La Clairière de l’Armistice, où s’est déroulée la négociation puis la signature de l’armistice le 11 novembre 1918.

Tristement célèbre, le plus connu d’entre tous est le Chemin des Dames. Théâtre de plusieurs batailles durant la Première Guerre Mondiale, le Chemin des Dames est un lieu de recueillement et de commémoration. Le lieu propose aussi diverses ressources pédagogiques afin d’apprendre aux plus jeunes ce qui s’est déroulé en ces lieux.

Valoriser un territoire et un patrimoine grâce au tourisme de mémoire

Présent partout sur le territoire, les lieux de mémoire possèdent un fort potentiel et génèrent un important flux touristique. Le tourisme de mémoire peut donc être une excellente manière de valoriser son territoire, notamment grâce à des activités à la fois pédagogique et commémoratives.

Le tourisme de mémoire plait à tout le monde, et surtout aux familles

Les études du public et témoignages démontrent que le tourisme de mémoire est souvent pratiqué par des familles. En effet, les parents souhaitent apprendre à leurs enfants l’histoire de leur pays, dans cette volonté de transmission et de ne jamais oublier. Les lieux s’adaptent donc en proposant des activités pédagogiques et ludiques.

Le Centre Juno Beach en Normandie rend hommage aux soldats canadiens ayant perdu la vie durant la Seconde Guerre Mondiale. Le Centre tire son nom de la plage Juno Beach, l’une des cinq plages du débarquement. Ce centre est un excellent exemple de lieu de mémoire adapté aux enfants. En effet, le lieu utilise divers équipements afin d’attirer l’attention des enfants comme des modules interactives et des écrans tactiles. Tout au long de la visite, les enfants doivent collectionner des « points coquelicots », dans un jeu de piste grandeur réelle. Les coquelicots sont une référence au coquelicot de la Légion Royale Canadienne.

Véritablement pensé pour les enfants, le Centre Juno Beach attire les curieux et les familles. Moins célèbre que la Pointe du Hoc ou Omaha Beach, le Centre se démarque grâce à ses équipements pédagogiques.

Développer des activités touristiques et culturelles au sein d’un lieu de mémoire

Valoriser un lieu de mémoire par des activités culturelles et touristiques permet de le dynamiser et de l’inclure dans la vie d’un territoire. 

À Saint-Nazaire dans les Pays-de-la-Loirela Base-sous-marine est au cœur des activités touristiques de la ville. Sa place est si importante que l’Office de Tourisme s’y est installé. 

Forteresse défensive construire par l’armée allemande durant la Seconde Guerre Mondiale afin d’y abriter leurs sous-marins, la Base-sous-marine est désormais un haut lieu du tourisme à Saint-Nazaire. Monument emblématique de la ville, c’est un incontournable. Des visites guidées sont proposées, bien que le lieu puisse aussi se visiter librement. Tout d’abord, il est possible de visiter certaines alvéoles ouvertes de la base. Les visiteurs peuvent aussi monter sur le toit de la base, qui offre une vue panoramique sur le port de Saint-Nazaire.

À la Base-sous-marine, les visiteurs ont accès à un certain nombre d’activités et équipements, comme un restaurant, une salle d’exposition et de concert et une boutique-souvenirs. Deux activités sont particulièrement réputées auprès des touristes :

– L’Escal’Altantic, musée-paquebot unique ;

– L’Espadon, seul sous-marin à flot visitable de France. 

Toutes ces activités mettent en avant le patrimoine de Saint-Nazaire grâce à son lieu de mémoire. La base-sous-marine est un atout touristique majeur pour la ville. Dans la même veine, le port militaire de Cherbourg est un acteur touristique de son territoire, notamment grâce à son sous-marin « Le redoutable ». 

Des aides publiques existent pour développer le tourisme de mémoire

Le tourisme de mémoire est un levier pour l’attractivité des territoires, comme le démontre l’exemple précédent de Saint-Nazaire et sa Base-sous-marine. Plusieurs régions ont compris cela. De ce fait, elles ont décidé de s’engager auprès des acteurs du tourisme et du patrimoine afin de développer le tourisme de mémoire. Voici quelques exemples de subventions régionales ;

– Les Hauts-de-France s’engagent dans l’accompagnement et la modernisation de l’offre de tourisme de mémoire ;

– Le Grand Est propose une aide financière pour protéger ses monuments aux morts ;

– L’Occitanie met en place une aide aux collectifs, associations ou entreprises, qui valorisent le patrimoine de mémoire.

Le Ministère des armées peut aussi soutenir des projets. En effet, il lance régulièrement des appels à projets dédiés au développement et/ou à l’innovation dans le tourisme de mémoire.

Conclusion :

Attirant chaque année de nombreux visiteurs, les lieux de mémoire sont des atouts pour le territoire. Les flux de touristes qui viennent visiter ces lieux peuvent ensuite en profiter pour découvrir les autres atouts d’une région : son patrimoine historique, naturel ou culturel. Ainsi, le tourisme de mémoire est un levier autant pour les propriétaires privés que pour les collectivités souhaitant valoriser leur patrimoine. 

Soit celui-ci se prête directement à du tourisme de mémoire, auquel cas il est très intéressant d’y développer des parcours et activités dans ce domaine. Soit le lieu ne s’y prête pas, mais peut offrir une activité complémentaire aux visiteurs : activité culturelle ou d’accueil, hébergement, restauration. En outre, le lieu peut accueillir un évènement en lien avec la mémoire comme une commémoration solennelle, une reconstitution historique ou encore un concert.

Pour aller plus loin :

Organiser une reconstitution historique dans un château

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Avec l’épidémie de Covid-19, le tourisme de proximité réveille les territoires !

L’important à retenir de cet article :

La tendance du tourisme de proximité s’est accélérée avec la crise sanitaire. Cette pratique permet aux acteurs du secteur touristique, dont le patrimoine et la culture font partie, de conquérir le public local. Loin des grands voyages et du tourisme de masse, le tourisme de proximité favorise la découverte, ou redécouverte, de son territoire. Il s’agit d’un véritable atout pour le développement économique des territoires, permettant aux sites culturels et patrimoniaux d’être des acteurs essentiels et ancrés dans leur territoire.

Introduction :

Depuis plusieurs années, la tendance du tourisme de proximité s’est imposée. La crise sanitaire a accéléré l’intérêt des publics pour cette pratique qui s’intègre dans les nouvelles formes de tourisme responsable. À l’instar du slow tourisme, le tourisme de proximité veille à valoriser les territoires en préservant l’environnement.

La France est un terrain propice au tourisme de proximité. En effet, les régions françaises regorgent de châteaux, d’édifices historiques et de musées à découvrir. En complément de ce patrimoine historique et culturel, la France possède aussi un important patrimoine naturel. Avec six massifs montagneux, plus de 5 000km de côtes et 430 000km de rivières, la France offre aux voyageurs des univers de destination touristique très variés.

L’essor du tourisme de proximité depuis la crise sanitaire

La crise sanitaire que le monde traverse depuis près de deux ans a impacté les modes de consommations et de voyages des individus. Le tourisme et la culture sont des secteurs qui ont été particulièrement touchés. Pourtant, la situation actuelle s’est avérée bénéfique pour le tourisme de proximité. La conférence « Patrimoine et tourisme de proximité » menée par Sites et Cités remarquables de France révèle que 94% des français qui sont partis en vacances ont voyagé dans le territoire en 2020. 

Qu’est-ce qui caractérise le tourisme de proximité ?

Avant d’aller plus loin, il est essentiel de rappeler la définition du tourisme de proximité.

Le tourisme de proximité se caractérise par une destination proche de chez le touriste, généralement jusqu’à trois heures de son domicile. Deux grandes catégories de clients se distinguent :

– Les locaux, habitants généralement à moins d’une heure de voiture ;

– Les régionaux, habitants à deux ou trois heures de leur lieu de vacances. 

Les touristes régionaux génèrent souvent des nuitées, contrairement aux touristes locaux.

Derrière la notion de tourisme de proximité se cachent aussi la volonté d’aider les entreprises locales, de relancer l’économie et de valoriser toutes les richesses du territoire : qu’elles soient culturelles, patrimoniales, naturelles, sociales, etc.

En effet, avec les différentes limitations liées aux mesures sanitaires, les individus désirant voyager ont dû se tourner vers des destinations de proximité. Des campagnes de communication comme #CetÉtéJeVisiteLaFrance ont été mise en place par Atout France, acteur majeur du tourisme en France. Les institutions publiques aussi ont créées des initiatives pour valoriser le tourisme de proximité. 

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Campagne Atout France « #CetÉtéJeVisiteLaFrance » ⓒacteurs.tourisme.bretagne.bzh

En Occitanie, la région a créé la carte « Occ’ygene ». Destinée principalement aux familles, aux jeunes et aux séniors, la carte donne accès à des avantages sur de nombreuses activités de loisirs au sein du territoire. Ce partenariat établit entre certains établissements et la région suscite chez les publics cibles l’envie de voyager au cœur de la région.

Voici quelques-unes des activités partenaires :

– La visite de la Ferme du Gazénas, à destination surtout des étudiants et chômeurs, dans une démarche mêlant agritourisme et proximité ;

– L’exploration et la découverte de Terra-Vinéa, caves exceptionnelles prenant place dans une ancienne carrière de gypse ;

–  La visite animée du Fort Lagarde, monument historique classé situé à Prats-de-Mollo.

Les avantages du tourisme de proximité en temps de crise sanitaire

Depuis le début de la crise, les touristes qui voyagent prêtent attention aux règlementations et à leur sécurité sanitaire. De ce fait, le tourisme de proximité est un avantage car il garantit la connaissance du protocole sanitaire mis en place. Cet élément est rassurant et sécurisant pour les voyageurs.

Consciente de l’importance de ce critère, la région Normandie a mis la sécurité et la rassurance en avant sur site à travers un article intitulé « 10 sites ou musées à visiter en famille en toute confiance ». L’utilisation du mot « confiance » n’est pas anodine. En effet, la confiance d’un individu à l’égard d’un lieu influence directement sa venue sur le lieu. À ce titre, c’est un des piliers essentiels pour une bonne stratégie click and mortar.

  Parmi les lieux répertoriés par l’article cité précédemment, il y a notamment le Château de Beaumesnil et le Château de Dieppe.

La confiance d’un client envers un produit, une offre ou un lieu repose sur la certitude d’obtenir le résultat attendu. Dans un premier temps, le consommateur prend donc en compte son propre ressenti ainsi que les expériences des précédents clients. La confiance est nécessaire pour fédérer sa clientèle, qui sera ensuite plus à même de partager son expérience autour d’elle.

Le tourisme de proximité, un atout pour les territoires et le patrimoine

Si les régions portent un intérêt croissant pour le tourisme de proximité, c’est parce qu’il s’agit d’un véritable atout. Participant au développement du territoire, autant économique, que culturel et social, le tourisme de proximité crée des interactions entre les acteurs de la région et les habitants. 

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Il est donc primordial pour les régions de valoriser leurs principaux atouts. Parmi les éléments qui participent à la motivation d’un public pour une destination plutôt que pour une autre, trois piliers semblent essentiels :

– La culture et le patrimoine ;

– La nature ;

– Les loisirs.

Parmi le pilier regroupant culture et patrimoine, se cache aussi la gastronomie, l’artisanat régional, les métiers d’arts traditionnels. L’œnologie et la mixologie sont aussi des atouts à valoriser à travers la mise en place de circuits d’oenotourisme. Les touristes sont de plus en plus friands de destinations et d’activités authentiques.

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Pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux et culturels, divers développements d’activités sont envisageables dans le cadre du tourisme de proximité :

– De l’hébergement, axé sur des courts séjours, et de la restauration valorisant la gastronomie locale ;

– Des séjours thématiques, pour proposer une offre qui soit différenciante, en rapport avec l’identité du territoire ;

– Des visites culturelles, activités ou animations.

Afin de se démarquer dans le territoire, le lieu doit proposer une offre spécifique et qui marquera son identité auprès du public. Il peut aussi envisager des partenariats avec d’autres acteurs locaux ainsi qu’avec les institutions publiques et spécialisées. En effet, le tourisme de proximité étant d’utilité publique et locale, ces institutions sont des alliées indispensables.

Dans cette idée, il est aussi intéressant de s’inclure dans des circuits de visites thématiques, mis en place par les offices et agences touristiques ainsi que les institutions publiques.

Bien mettre en place le tourisme de proximité

Avant toute chose, le tourisme de proximité repose sur son accessibilité. En effet, la destination se doit d’être accessible par divers moyens car tout le monde ne possède pas de voiture ou ne désire pas voyager de la sorte. Il est donc essentiel de mettre en place divers modes de transports :

– Les transports en commun : bus, car, train, etc. ;

– Les transports plus écoresponsables et durables, comme le vélo ou la randonnée. 

Le tourisme de proximité se voulant généralement responsable et durable, les transports en commun ou propres sont souvent privilégiés par les voyageurs. Avec 15 000km de pistes cyclables et 180 000 sentiers de randonnées, les territoires français sont un terrain propice au tourisme de proximité en itinérance. Les parcours cyclotouristiques sont très prisés, à l’instar de la Loire à Vélo, qui permet de découvrir le patrimoine du Val de Loire.

Pour les territoires possédant des voies maritimes, les transports fluviaux sont une excellente manière d’attirer les touristes. En effet, le tourisme fluvial est lui aussi en plein essor car il permet aux touristes de se déplacer dans les territoires de manière originale, en alliant moyen de locomotion et hébergement. Grâce aux bateaux sans permis, le tourisme fluvial est aussi ouvert aux navigateurs néophytes !

Les outils de communication au service du tourisme de proximité

Le tourisme de proximité nécessite aussi de la visibilité auprès de son public. Bien que le caractère de proximité puisse faciliter l’accès à l’information, il est néanmoins important de déployer une campagne de communication efficace pour attirer l’attention du public. L’idée est de faire prendre conscience au public des opportunités de découvertes et de villégiature du territoire. 

Cette communication passe par différents canaux :

– On-line : les blogs et sites spécialisés, les bannières publicitaires en ligne, les sites des offices de tourisme, les réseaux sociaux et newsletters ;

– Off-line : l’affichage publicitaire, les flyers, la distribution dans les offices de tourisme, etc.

Afin d’attirer le public, il est possible d’organiser des jeux concours ou des quiz, qui permettent d’avoir une interaction directe avec le public, notamment sur les réseaux sociaux.

À titre d’exemple, l’agence d’attractivité Hello Lille a mobilisé les réseaux sociaux pour son opération « Une Nuit à l’Opéra ». En effet, l’agence a organisée un concours sur leur page Facebook pour permettre à deux personnes de remportée une nuit à l’Opéra de Lille. 

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Concours « Une nuit à l’Opéra » ©Hello Lille

La qualité et la bonne tenue régulière du site internet dédié au lieu patrimonial est aussi essentiel. En effet, un site internet proposant un contenu de qualité contribue à l’intérêt du public, selon la stratégie du click and mortar.

Comment éveiller l’attention des publics de proximité ?

Afin d’attirer les publics de proximité sur son territoire, il est aussi nécessaire de proposer des activités attractives. En effet, il convient de se rappeler pourquoi les individus voyagent, qu’est-ce qu’ils recherchent. Généralement, les vacances et voyages permettent aux touristes de se couper de leur quotidien, en découvrant un nouvel endroit. Les notions de nouveauté et de « coupure » sont fondamentales. Ainsi, le tourisme de proximité doit trouver comment apporter cela aux voyageurs, sans qu’ils ne quittent leur territoire.

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Dans un premier temps, le profil de la clientèle va influencer ses attentes :

– Les locaux ne pourront que très difficilement être surpris par un lieu : il convient donc de miser sur des animations et activités qui soient dépaysantes, surprenantes et enrichissantes.

– Les régionaux, qui pourront plus facilement découvrir un nouveau lieu et se couper ainsi de leur quotidien. Parfois, il suffit simplement de changer d’univers pour se sentir loin de chez soi.

Dans un second temps, voici quelques ingrédients indispensables pour éveiller l’intérêt du public :

– L’aspect découverte à travers des activités et expériences inédites, une visite particulière, une rencontre unique ;

– Le sur-mesure et « l’ultra-personnalisation », grâce à des activités entièrement personnalisables, plaçant les envies du public au cœur des offres.

Il convient aussi d’adapter son offre touristique à toutes les typologies de public, selon des critères économiques et pratiques. En effet, une famille n’aura pas forcément les mêmes envies qu’un couple sans enfant, ou qu’une personne seule. Prendre conscience de ces différentes typologies de publics et leur mode de consommation dans le patrimoine sont des prérequis essentiels.

Conclusion :

Le tourisme de proximité est un atout pour les territoires autant que pour les sites patrimoniaux et culturels. Principaux éléments d’attractivité, ces lieux attirent les publics. Diverses activités peuvent y être développées afin de répondre à la demande grandissante des touristes de proximité : hébergement, restauration, séjours thématiques, expériences ou activités culturelles, etc.

Pour un propriétaire ou un gestionnaire de site patrimonial souhaitant le promouvoir auprès des touristes de proximité, il est nécessaire de mettre en place une bonne campagne de communication ainsi que des partenariats avec les autres acteurs et institutions locales.

Pour aller plus loin :

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Comment rendre utile le patrimoine français ?

Lancer des activités dans un site historique

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Voici le top 15 des biens français méconnus inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO !

Introduction :

Avec 49 biens inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, la France se place en cinquième position des pays possédant le plus grand nombre de biens inscrits. Les quatre premiers du classement sont, respectivement,  l’Italie et la Chine, l’Espagne puis l’Allemagne. Outre les biens célèbres dans le monde entier comme le Mont Saint-Michel et sa baie ou le Palais et parc de Versailles, la France regorge de trésors patrimoniaux méconnus. 

Parmi ces biens, certains témoignent d’un savoir-faire, d’une histoire architecturale ou bien de l’œuvre de la nature. En effet, comme en témoigne le classement ci-dessous, les biens inscrits à l’UNESCO sont extrêmement variés. 

Les sites du patrimoine culturel inscrits à l’UNESCO

Les Fortifications de Vauban, quand le génie militaire crée la beauté

Entrées au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, les Fortifications de Vauban regroupent douze bâtiments fortifiés. Nées de l’imagination et du génie de Sébastien Le Pestre de Vauban, architecte militaire de Louis XIV, les fortifications complètent ainsi les défenses naturelles des villes. 

Villes neuves, citadelles, forts de montagne ou forts côtiers, les réalisations de Vauban sont variées et présentent toute une particularité architecturale remarquable. À titre d’exemple, voici quelques-unes des fortifications les plus célèbres :

– Le Verrou Vauban et la Citadelle de Blaye, formidable triptyque architectural ;

– La Citadelle de Besançon, site incontournable de la région Bourgogne-Franche-Comté ;

– La Citadelle d’Arras, qui accueille chaque année le mythique Main Square Festival.

Le port de la Lune à Bordeaux

Inscrit au patrimoine de l’UNESCO depuis 2007, le Port de la Lune est un quartier historique de Bordeaux, mêlant architecture classique et néo-classique. Tirant son nom du croissant de lune formé par la Gironde, le port de Bordeaux est surnommé « Port de la Lune » depuis le Moyen-Âge. En effet, le croissant de lune est même présent sur le blason de la ville !

La beauté du port a inspiré les artistes peintres, notamment Claude Joseph Vernet, peintre, dessinateur et graveur célèbre pour ses marines. En effet, il a réalisé deux vues du Port de la Lune, intitulées Port de Bordeaux du côté des Salinières et Deuxième vue du port de Bordeaux, prise du château Trompette, rappelant les vedute italiennes.

Deuxième vue du port de Bordeaux, prise du château Trompette, Claude Joseph Vernet

Le Phare de Cordouan, majestueuse sentinelle des mers

Veillant depuis quatre siècles sur l’estuaire de la Gironde, le phare de Cordouan fait son entrée au patrimoine mondial de l’UNESCO cette année. Il s’agit du second phare inscrit sur la prestigieuse liste, après le phare de La Corogne en Espagne !

Surnommé « Le phare des rois », le phare de Cordouan se distingue des autres phares par son architecture grandiose et remarquable. Pensé à la fois comme un ouvrage de signalisation maritime et le digne hériter des anciennes Merveilles du monde, le phare de Cordouan est un édifice de la plus haute ambition artistique. En effet, de grands travaux jalonnent l’histoire de ce phare, qui est un témoin précieusement préservé de plusieurs périodes architecturales.

Initié au XVIème siècle par Henri III, le projet de construction du phare est confié à l’architecte Louis de Foix avec un objectif : faire de ce phare une œuvre royale. À la mort d’Henri III, Henri IV reprend le flambeau et transforme le phare en un symbole du pouvoir royal. Sculptures et boiseries agrémentent les murs, et le phare possède même une chapelle royale. 

Le phare de Cordouan prend sa forme actuelle au XVIIIème siècle, lorsque l’architecte Jospeh Teulère le surélève afin d’en améliorer l’éclairage. De nos jours, le phare continue de guider les marins naviguant dans l’estuaire de la Gironde.

L’Abbatiale de Saint-Savin sur Gartempe, « L’audacieuse du Poitou »

Surnommée « L’audacieuse du Poitou », l’abbaye de Saint-Savin sur Gartempe est un trésor exceptionnel abritant le plus grand ensemble de peintures murales d’Europe (XIème-XIIème siècle). En effet, ces peintures murales uniques au monde, mêlant richesse et diversité iconographique, participent à la renommée de l’abbaye, qui fût inscrite à l’UNESCO en 1983. Par exemple, la voûte de la nef représente à elle seule 460m2 de surface peinte, à plus de 17 mètres du sol.

Véritable laboratoire d’innovations au fil des siècles, l’abbaye continue à innover en proposant des outils numériques à ses visiteurs, comme une tablette numérique incluse dans les visites libres. De tels outils sont en effet indispensables pour ancrer le patrimoine dans une démarche de médiation accessible à tous. 

De plus, en temps de crise sanitaire, développer des outils digitaux permets aussi de maintenir le lien entre le public et le lieu.

Abbaye cistercienne de Fontenay, célèbre décor de cinéma

Classée Monument Historique, l’Abbaye cistercienne de Fontenay est la plus ancienne abbaye cistercienne conservée au monde. Fondée au XIIème siècle par Saint-Bernard de Clairvaux, son incroyable état de conservation permet au visiteur de se projeter dans l’idéal de vie cistercien d’une vie sobre. Pour cela, l’abbaye est protégée à l’UNESCO depuis 1981.

De plus, la beauté des lieux a inspiré le cinéma. Ainsi, l’abbaye a accueilli le tournage de films culte :

– Les Trois Mousquetaires de Bernard Borderie (1961) ;

– Cyrano de Bergerac, de Jean-Paul Rappeneau, avec Gérard Depardieu (1990).

Accueillir un tournage de cinéma au sein d’un lieu patrimonial est une excellente manière de rentabiliser l’espace tout en le valorisant auprès du grand public. C’est aussi une démarche marketing, qui permet de communiquer sur l’existence d’un lieu et de donner envie aux spectateurs d’aller le visiter par la suite. Par exemple, en région Auvergne-Rhône-Alpesles touristes ont pu découvrir les lieux de tournages du film Kaamelott, produit par Alexandre Astier en 2021.

Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France, célèbre pèlerinage

Tout au long du Moyen-Âge, Saint-Jacques de Compostelle fut la destination la plus importante pour de nombreux pèlerins venus de toute l’Europe. Jalonnés de monuments historiques et d’édifices religieux remarquables, les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle demeurent un pèlerinage phare.

Fait amusant, des coquilles Saint-Jacques balisent les chemins et guident les pèlerins. Réputé durant l’Antiquité pour lutter activement contre la sorcellerie et le mauvais sort, le coquillage s’est imposé comme attribut de l’apôtre Saint-Jacques, qui lui donna son nom.

Une coquille Saint-Jacques balisant le chemin

De nos jours, plusieurs raisons différentes motivent les pèlerins à parcourir les chemins de Saint-Jacques de Compostelle. En effet, une étude réalisée en 2015 démontre que :

– 54% des pèlerins le font pour un motif spirituel, afin de se ressourcer ;

– 38% des pèlerins invoquent un motif religieux ;

– Et 8% des pèlerins parcourent les chemins pour des raisons sportives ou touristiques.

Voici quelques sites emblématiques parmi les lieux patrimoniaux qui jalonnent les routes des chemins de Compostelle :

– La basilique Saint-Sernin de Toulouse, emblème de la ville ;

– La cathédrale Notre-Dame d’Amiens, joyau de l’art sacré gothique.

Vue de la Basilique Saint-Sernin de Toulouse

Ayant joué et jouant encore un rôle essentiel dans les échanges et le développement culturels et religieux, les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle sont protégés à l’UNESCO depuis 1998.

Les coteaux, maisons et caves de Champagne

Répartis entre les régions Grand-Est, Haut-de-France et Île-de-France, les coteaux, maisons et caves de Champagne sont protégés à l’UNESCO depuis 2015. Constituant un paysage agro-industriel caractéristique, le bien comprend donc trois zones cœur :

– Les coteaux historiques de Cumières à Mareuil-sur-Aÿ ;

– L’Avenue de Champagne à Épernay ;

– La Colline Saint-Nicaise à Reims.

Coteaux de champagne

À cela s’ajoute une vaste zone d’engagement composée de 320 villes et villages formant l’écrin du Bien, ainsi que de nombreux attributs remarquables illustrant sa valeur universelle exceptionnelle.

Caves de maturation du champagne

À l’instar de la gastronomie ou de l’œnologie, le champagne est un emblème de la France aux yeux du monde. Grâce à la protection de son appellation, le champagne ne peut être produit que dans la région éponyme, renforçant son caractère exceptionnel. 

Lorsque le moine Dom Pierre Pérignon donna naissance au premier champagne, il dit à ses frères : « Venez mes frères, vite, je bois des étoiles ! ». Depuis, les vignerons de champagne produisent l’élixir des étoiles selon un savoir-faire unique et minutieux, qui a impacté l’urbanisme et l’architecture.

Associée à la célébration et la joie, la prestigieuse boisson passionne au-delà des frontières. En effet, à l’international, les britanniques et les américains sont les premiers amateurs de champagne.

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Et comme le disait George Sand « le champagne aide à l’émerveillement » !

Les climats du vignoble de Bourgogne

À l’instar du champagne, les vins de Bourgogne et leur méthode de production ont impacté leur lieu de production. Les climats du vignoble de Bourgogne, entrés à l’UNESCO en 2015, témoignent de ce lien unique. 

Climat bourguignon

Mais qu’est-ce qu’un « climat » en Bourgogne ? Il s’agit d’un terme spécifiquement bourguignon utilisé pour exprimer le terroir viticole. Chaque climat correspond en réalité à une parcelle de vigne qui possède son nom, son histoire, son goût et sa place dans la hiérarchie des crus. Il existe plus de 1 000 climats en Bourgogne, dont le célèbre château du Clos de Vougeot.

Château du Clos de Vougeot

Les Causses et les Cévennes, paysage culturel de l’agro-pastoralisme méditerranéen

S’étendant au sud du Massif Central sur les régions Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes, les Causses et les Cévennes forment un paysage remarquable. Entre montagnes et profondes vallées, ce territoire jalonné de villages et grandes fermes en pierre possède un caractère authentique unique. 

Une image contenant montagne, ciel, extérieur, nature

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Les Causses (à gauche) et les Cévennes (à droite)

Les Causses et les Cévennes sont entrées à l’UNESCO en 2015, en tant que paysage culturel de l’agro-pastoralisme méditerranéen. L’agro-pastoralisme est un ensemble de pratiques agricoles alliant l’élevage et les cultures qui y sont associées pour nourrir les troupeaux. 

Depuis des siècles, l’agro-pastoralisme façonne les paysages et la biodiversité des Causses et des Cévennes.

La production du sel ignigène

Protégé à l’UNESCO depuis 1982, ce bien concerne la production du sel ignigène, de la Grande Saline de Salins-les-Bains à la Saline Royale d’Arc-et-Senans. En effet, ces deux édifices majeurs dans l’histoire de la production du sel ignigène se trouvent en région Bourgogne-Franche-Comté.

Une image contenant herbe, ciel, extérieur, bâtiment

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Saline Royale d’Arc-et-Senans

Le sel ignigène est issus d’une très ancienne technique reposant sur la cristallisation du sel par l’évaporation de saumure. Le terme « ignifère » vient d’ignis, signifiant « le feu ». En effet, dès le néolithique, l’eau de mer ou la saumure étaient mises à cuire dans des récipients, au-dessus du feu.

La Grande Saline de Salins-les-Bains fut active pendant plus d’un millénaire, jusqu’en 1962. De 1780 à 1895, son eau salée était cheminée par des saumoducs jusqu’à la Saline Royale d’Arc-et-Senans. La Grande Saline abrite une galerie souterraine exceptionnelle datant du 13ème siècle. 

Témoin exceptionnel de la production du sel ignifère, ce bien raconte l’histoire des hommes et femmes qui pendant 1 200 ans se sont succédé pour produire le précieux or blanc selon cette méthode particulière.

Les sites préhistoriques et grottes ornées de la Vallée de la Vézère

Composé de 15 sites préhistoriques, 147 gisements et 25 grottes ornées, les sites préhistoriques et grottes ornées de la Vallée de la Vézère forment un bien culturel exceptionnel. 

Situées en Nouvelle-Aquitaine, les grottes ornées possèdent un intérêt esthétique, ethnologique et anthropologique remarquable. En effet, la plus célèbre d’entre elles est la grotte de Lascaux, dont la découverte en 1940 marque un tournant dans l’histoire de l’art préhistorique.

Certains des ensembles figurés présents dans ces grottes sont mondialement connus, considérés comme des chefs d’œuvres de l’art préhistorique :

– La Vénus de Laussel, trouvée en 1911 dans l’abri du même nom ;

– L’intégralité des peintures pariétales de la grotte de Lascaux, représentant une centaine de figures animalières avec un niveau de détails et d’esthétisme impressionnant. 

Les sites préhistoriques et grottes ornées de la Vallée de la Vézère sont un matériel infiniment précieux pour la connaissance des périodes les plus reculées de l’histoire de l’humanité.

Les sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes

Inscrit à l’UNESCO en 2011, les sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes sont un bien dit « en série ». Un bien « en série » comportent deux zones ou d’avantages qui ne sont pas reliées physiquement. 

Les sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes rassemblent 111 sites, où se trouvent des vestiges d’établissements préhistoriques sur pilotis. Datant d’environ 5 000 ans jusqu’à 500 ans avant Jésus Christ, ils sont situés sous l’eau, sur les bords de lacs, de rivières ou de terres marécageuses.

La France partage donc ce bien avec d’autres pays : la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie et la Slovénie.

Les sites du patrimoine naturel inscrits à l’UNESCO

Le Golfe de Porto en Corse

Ce bien, composé du Golfe de Porto et de Girolata, des Calanches de Piana et de la réserve de Scandola est entré à l’UNESCO en 1983. Incroyable patrimoine naturel, le lieu inspira d’ailleurs le célèbre écrivain Guy de Maupassant dans Le Monastère de Corbara :

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« Je m’arrêtais d’abord stupéfait devant ces étonnants rochers de granit rose, hauts de quatre cents mètres, étranges, torturés, courbés, rongés par le temps, sanglants sous les derniers feux du crépuscule et prenant toutes les formes comme un peuple fantastique de contes féériques, pétrifié par quelque pouvoir surnaturel […] les calanches de Piana sont une des merveilles de la Corse ; on peut dire, je crois, une des merveilles du monde. »

Tableau naturel d’une rare beauté, ce patrimoine naturel abrite une faune et une flore préservées et caractéristiques de la région. C’est un paysage exceptionnel façonné par l’œuvre du temps et de l’érosion.

Les lagons de Nouvelle-Calédonie

Inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008, les lagons et récifs coralliens de Nouvelle-Calédonie sont des exemples exceptionnels d’écosystèmes diversifiés. En effet, ils forment l’un des trois systèmes récifaux les plus étendus du monde, abritant une incroyable variété d’espèces de coraux et de poissons.

Une image contenant extérieur, récif, fond marin

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Des récifs vivants aux récifs fossiles plus anciens, les lagons de Nouvelle Calédonie sont une source d’information importante sur l’histoire naturelle de l’Océanie. 

Les pitons, cirques et remparts de l’Île de la Réunion

Situés sur l’archipel des Mascareignesles pitons, cirques et remparts de l’Île de la Réunion forment un bien unique, entré à l’UNESCO en 2010. Il s’agit d’un paysage spectaculaire, composé de deux imposants pics volcaniques, de murailles massives et de trois cirques bordés de falaises.

Ce bien protège des secteurs-clés d’un centre mondial reconnu de diversité des plantes.

Conclusion : 

En conclusion, tous les biens présentés dans cet article partagent une valeur patrimoniale universelle, témoin des évolutions de l’humanité et de la Terre au fils des siècles. En effet, qu’ils s’agissent de lieux naturels laissés intacts par l’Homme ou, au contraire, façonnés par la vie humaine, tous participent à la connaissance de l’Homme et de son histoire.

Pour aller plus loin :

Quelles protections pour valoriser le patrimoine ?

Les enjeux de la sauvegarde du patrimoine français

Comment rendre utile le patrimoine français ?

La France au patrimoine mondial de l’UNESCO

Bienvenue au château de la Valette, où le street-art réinvente le patrimoine. 

L’important à retenir de cet article :

La combinaison entre patrimoine, architectural ou naturel, et street-art semble paradoxale, pourtant ces deux univers partagent des caractéristiques communes. Ainsi, l’un et l’autre peuvent s’aider à se développer : le street-art redonne vie au patrimoine, qui lui offre ses murs. Un exemple frappant est celui du Château de la Valette.

Le street-art apporte au patrimoine :

– Une renaissance et une nouvelle identité lui permettant de séduire un public varié ;

– Une nouvelle raison de consommer le patrimoine pour le public.

Introduction :

Longtemps décrié, le street-art est désormais reconnu comme un mouvement artistique à part entière, étudié en histoire de l’art, incontournable dans l’art contemporain. Les street-artistes sont désormais invités et missionnés par les villes pour réaliser des œuvres et investir l’espace public, en toute légalité. 

Fleurissant partout, le street-art est un art accessible à tous par définition, puisqu’il se s’exerce sur les murs, dans l’espace public. Le street-art partage donc avec le patrimoine son caractère universel et commun. 

Au-delà de partager les mêmes valeurs d’universalité, le street-art et le patrimoine sont aussi complémentaires. En effet, tandis que le premier a besoin de murs, de façades et de grandes surfaces pour exister, le second a besoin de renouveau pour se démarquer. L’association Urban Art Paris, consciente de cette complémentarité, s’est lancée dans un pari fou : réinventer le patrimoine grâce au street-art.

À l’instar de l’art contemporain, le street-art permet d’attirer un public différent des personae classiques du patrimoine – c’est-à-dire le public cible traditionnel. Le street-art apporte au public une nouvelle raison de venir « consommer le patrimoine ». L’alliance entre le patrimoine et le street-art est aussi avantageux pour ce dernier, qui bénéficie alors d’un terrain de jeu idéal et majestueux. 

Présentation du street-art

Considéré comme un véritable patrimoine américain, le street-art est symbolique des États-Unis au même titre que la Statue de la Liberté. Présent dans toutes les grandes villes du pays, le street-art décore les pierres et raconte l’évolution d’un pays. À Philadelphie, berceau du street-art depuis les années 60, près de 3 000 œuvres jalonnent les murs de la ville.

Selon le commissaire d’exposition Jérôme Catz, le street-art fait partie intégrante du patrimoine culturel depuis plusieurs décennies. Intégrées aux programmes des étudiants en histoire de l’art, les figures majeures du street-art comme Banksy ou Shepard Fairey sont des artistes réputés internationalement. Shepard Fairey, plus connu sous le pseudonyme OBEY, est particulièrement célèbre pour avoir créé l’œuvre « HOPE » dans le cadre de la campagne présidentielle de Barack Obama.

Hope ©OBEY

Désormais, le street-art est un courant incontournable de l’art, créant des émulsions dans le marché et chamboulant les codes. Le marché de l’art se souvient encore de la vente et autodestruction partielle de « La fille au ballon », œuvre symbolique de Banksy. Adjugée pour 1,2 millions d’euros en 2018, l’œuvre reviendra bientôt sur le marché. 

Le street-art intrigue les institutions 

En France, les institutions publiques et privées ne sont pas insensibles au street-art. En 2016, dans le cadre de l’évènement Street Art 13, le maire du 13ème arrondissement a commandé à Shepard Fairey une fresque monumentale illustrant la devise nationale. Cette œuvre est désormais emblématique du quartier et attire chaque année les curieux et passionnés.

Le street-art est donc une excellente manière de valoriser un espace et d’attirer un nouveau public. 

Focus sur le Château de la Valette

Situé à Pressigny-les-Pins, près de Montargis, le Château de la Valette est une grande bâtisse du XIXème siècle. Le domaine, s’étendant sur une quarantaine d’hectares de parcs et de forêts, possède aussi une chapelle ainsi qu’une annexe. Ce bâtiment témoigne de l’époque où le château appartenait à l’Etat espagnol, entre les années 1930 et 1990. 

Le château de la Valette est tombé en désuétude. C’est presque réduit à l’état d’abandon, que l’association Urban Art Paris le découvre . Percevant tout son potentiel, l’association décide de transformer ce château en un centre de la culture urbaine à ciel ouvert.

Ainsi chaque année depuis 2018, plusieurs artistes sont invités à venir au château, notamment dans le cadre du Label Valette Festival s’y déroulant tous les ans, en août. Au cours de ce festival, le public peut créer ses propres œuvres de street-art et découvrir toute la diversité de la culture urbaine. L’arrivée du street-art et de la culture urbaine au sein du château est une véritable renaissance pour l’édifice.

Les façades du château, œuvre monumentale à ciel ouvert

Cependant, ce qui fait toute la particularité du château de la Valette, ce sont ses façades. Chaque été, et pour une période d’un an, le château change de visage grâce au travail d’un street-artiste. L’œuvre produite sert alors d’emblème au Label Valette Festival. Visible par quiconque vient visiter le château, pendant un an, le château se transforme à la fois en œuvre et en musée. Ces œuvres rappellent les spectacles Son et Lumières, évènements qui plaisent beaucoup au public.

En 2020, c’est le graffeur L’Atlas qui a été sélectionné pour réaliser les façades du château. Il a pris possession des lieux pour exprimer son art sur les murs du château, mêlant son univers graphique et imaginaire à celui du château. L’artiste a joué avec les détails des façades et les lignes pour créer son œuvre. Sur les façades principales, les lignes blanches sur fond noir évoquent un QR Code. En réalité, il s’agit d’une anagramme stylisée. Sur les parties secondaires, l’artiste s’est appliqué à distinguer les détails de l’architecture du château.

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L’Atlas rhabille La Valette ©Orléans Métropolis

Le festival de 2020 se déroulait aussi « hors-les-murs », c’est-à-dire hors du lieu d’origine. À cette occasion, plusieurs artistes ont été invités à repeindre sept façades d’immeubles HLM à Montargis. Grâce à cette opération hors-les-murs, le château de la Valette est entré en interaction avec son territoire.

En apportant le street-art au château de la Valette, l’association Urban Art Paris participe à la valorisation du patrimoine grâce à l’art contemporain. Le street-art est le mouvement idéal pour populariser un lieu abandonné. Son but premier est en effet de démocratiser l’art en le rendant accessible à tous, objectif partagé avec le patrimoine.

Le street-art au château de la Valette, un concept précurseur 

À l’heure actuelle, le château de la Valette est l’unique château en France où le street-art est aussi présent. Devenu indissociable de l’identité du château, c’est une nouvelle page de son histoire qui s’écrit chaque année sous la peinture des graffeurs. Ses murs se transforment, ses pierres changent de couleurs. Le château de la Valette est devenu une œuvre de street-art à part entière. Le concept développé par Urban Art Paris est novateur à plusieurs niveaux : 

– la dimension « totale », car le château dans son entièreté devient une œuvre grâce à ses nouvelles façades ;

– le lien avec les villes voisines grâce aux évènements « hors-les-murs », qui intègrent le château dans une dynamique territoriale par le street-art

– le festival et la résidence d’artiste.

Ailleurs en France, le street-art se fait plus discret, quelques figures décorent quelques murs d’édifices anciens. À titre d’exemple, le Château de Môh dans le Val de Loire expose de l’art urbain dans ses jardins depuis 2019. Le projet, nommé « Château de Môh-Street Art Parc », est né de la volonté d’intégrer le château dans une dynamique de territoire axée autour de la création contemporaine, et en particulier le street-art. Dans ce projet, les œuvres de street-art viennent fleurir les jardins du château.

Les limites de la collaboration entre le street-art et le patrimoine

Néanmoins, le concept développé au Château de la Valette ne peut pas s’appliquer partout. La controverse et la crainte sont les premières limites à la collaboration entre site patrimonial et street-art. Certains amateurs de patrimoine n’apprécient guère de voir les pierres recouvertes de graffiti, craignant que cela n’altère l’authenticité et l’intégrité du lieu.

De plus, en ce qui concerne les édifices inscrits ou classés au titre des Monuments Historiques, la règlementation n’autorise pas la réalisation d’œuvres de street-art.

Conclusion :

La démarche d’Urban Art Paris au Château de la Valette est un modèle intéressant et total de ce que peut apporter le street-art au patrimoine. Les diverses actions menées au sein du château sont des sources d’inspirations pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux désirant inclure le street-art dans leur activité. L’installation du street-art au sein du site peut se faire de manière pérenne ou éphémère, étapes par étapes, en commençant par les jardins comme au Château de Môh.

Pour aller plus loin :

Comment créer un musée ?

Design thinking et patrimoine historique

Les enjeux de la sauvegarde du patrimoine français

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Quelle est la place de la France au patrimoine mondial de l’UNESCO ? 

L’important à retenir de cet article :

La France tient une place importante dans le patrimoine mondial de l’UNESCO. Les sites inscrits sont des vitrines pour leur pays. L’inscription met en valeur la culture et le patrimoine de ces pays.

L’inscription d’un site au patrimoine mondial de l’UNESCO est une démarche qui demande une grande implication dans sa protection, sa gestion et sa sauvegarde. 

Introduction

Afin de veiller à la sauvegarde du patrimoine, l’UNESCO encourage les pays à signer la Convention du Patrimoine mondial. De cette manière, les pays s’engagent à assurer la protection de leur patrimoine naturel et culturel. 

Pour cela, l’institution mène différentes actions, à l’image de la Stratégie Globale. Mise en place en 1994, son objectif est de s’assurer que la liste du patrimoine mondial reflète bien la diversité culturelle et naturelle des biens classés. Ainsi, depuis la mise en place de cette stratégie, 45 nouveaux pays ont ratifié la convention.

L’UNESCO a aussi un rôle dans la sauvegarde des sites du patrimoine mondial en danger immédiat à travers une assistance d’urgence grâce à des outils techniques ainsi qu’une aide financière. 

Enfin, l’UNESCO fournit des études qui permettent de comprendre les différents problèmes concernant le patrimoine : facteurs de risque climatique, politique, social, etc. Il 

s’agit de comprendre quels sont les sites présentant un risque élevé, d’où vient-il et comment pourrait-il être résolu.

1. Présentation du patrimoine mondial de l’UNESCO 

L’objectif initial de l’UNESCO est de maintenir la paix et la sécurité entre les pays, grâce à la collaboration entre les nations. Dans cet objectif, l’UNESCO a estimé que le patrimoine tient une place primordiale. En préservant les sites et monuments remarquables partout à travers le monde, l’UNESCO renforce l’idée d’un patrimoine commun à l’humanité. Par extension, cette idée consolide à son tour la cohésion et l’échange entre les nations.

Le patrimoine mondial de l’UNESCO témoigne d’une histoire commune et démontre la diversité des cultures, qui fait la beauté de l’humanité. La notion de « Patrimoine mondial » de l’UNESCO prend forme en 1972 avec l’adoption de la Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel. 

La liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO recense aujourd’hui 1 121 biens inscrits à travers le monde. En complément de cette liste, une seconde liste détermine les biens qui sont en péril. À l’heure actuelle, cinquante-trois sites sont en péril. 

2. La place de la France au Patrimoine mondial de l’UNESCO

La France signe la Convention pour le Patrimoine mondial en 1975 et devient l’un des premiers pays signataires. 

Avec 49 biens inscrits, la France se place en cinquième position des pays possédant le plus grand nombre de biens inscrits. L’Italie et l’Allemagne se partagent la première place. Les 49 biens inscrits sont répartis comme ceci :

– 42 sites culturels ;

– 6 sites naturels ;

– 1 site mixte, c’est-à-dire à la fois culturel et naturel. 

Voici quelques exemples de biens français inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO :

– Le Mont Saint-Michel et sa baie, inscrit en 1979, cette « merveille de l’Occident » est un joyau architectural qui s’est adapté à un site naturel exceptionnel et complexe ;

– La ville historique fortifiée de Carcassonne en Occitanie, célèbre pour ses remparts et son château ;

– La ville de foire médiévale de Provins en Ile de France, qui a su préserver sa structure urbaine, ses monuments historiques et son authenticité.

Comment sont gérés les sites en France ?

Les sites culturels et naturels ne dépendent pas de la même institution. Les sites culturels sont à la charge de la Direction générale des patrimoines et de l’architecture au sein du Ministère de la Culture. Plus précisément, c’est la sous-direction des monuments historiques et des sites patrimoniaux qui coordonne la protection et la gestion des biens culturels. Cela implique diverses missions telles que :

– Élaborer et modifier les périmètres d’inscription ;

– Vérifier l’adéquation des dispositifs de protection avec les limites des biens et leurs zones tampons ;

– Suivre les différents projets concernant le bien.

En ce qui concerne les biens naturels, ils dépendent du ministère de la transition écologique, qui se charge de mettre en œuvre la convention. 

3. L’impact de l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO

Lorsqu’un bien est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, un périmètre spécifique ainsi qu’une zone tampon sont mis en place. La zone tampon est délimitée par le préfet de région en concertation avec les collectivités territoriales concernées. Elle inclut notamment l’environnement immédiat du bien protégé.

Des actions de protections et de gestions doivent être mise en place afin d’assurer la sauvegarde du patrimoine au sein du périmètre.

Afin d’illustrer ce que cela implique, prenons l’exemple du centre historique de la ville de Lyon.

Focus sur le périmètre UNESCO à Lyon

Le site historique de la ville de Lyon est inscrit à l’UNESCO depuis 1988. La zone inscrite est surnommée « périmètre UNESCO ». Elle comprend les quatre quartiers historiques de la ville : 

– La Colline de Fourvière, berceau historique de Lyon, avec ses théâtres antiques, sa Basilique et sa cathédrale ainsi que de nombreux musées et jardins jalonnant le quartier ;

– Les quartiers du Vieux-Lyon, particulièrement marqué par l’architecture du XVème et du XVIème siècle ;

– Le cœur de la Presqu’Île, dont l’urbanisation a commencé dès la Renaissance ;

– La colline de la Croix-Rousse, marquée par l’histoire des Canuts, les ouvriers tisserands de la soie.

Basilique de Fourvière

Tous ces quartiers témoignent du passé de la ville, de son évolution au fil des siècles à travers une trame urbaine et architecturale exceptionnelle. Afin de préserver ce patrimoine et de conserver l’inscription à l’UNESCO, la ville a mis en place un programme comprenant plusieurs actions. 

La protection et la gestion du périmètre UNESCO fonctionne grâce à divers dispositifs :

– Des outils réglementaires issus du Code du Patrimoine ou du Code de l’Environnement ;

– Des outils opérationnels ;

– Ainsi que des outils de coordination comme les ateliers du patrimoine.

La ville de Lyon coordonne des programmes d’action sur toute la chaîne du patrimoine, en collaboration avec la métropole, la région et l’État. L’objectif commun de toutes ces actions est le suivant : sensibiliser le public aux valeurs du patrimoine et aux projets culturels. 

La rénovation du Musée Gadagne afin de le transformer en lieu d’étude, de conservation et de médiation du patrimoine lyonnais est une action majeure. Le chantier de rénovation de l’établissement est la première signature « convention-patrimoine » conclue entre l’Etat et la Ville.

Les conséquences de l’inscription à l’UNESCO

Lorsqu’un site est inscrit à l’UNESCO, les enjeux principaux sont les suivants :

– Faire coïncider la hausse de la fréquentation avec la préservation des sites historiques ;

– Conserver la démarche morale du devoir de mémoire ;

– Générer un développement économique et touristique.

Le classement à l’UNESCO apporte une visibilité et une reconnaissance mondiale de la valeur universelle et exceptionnelle du site. Cela influe sur l’intérêt du grand public pour le lieu, créant de l’attractivité. Toutefois, il faut faire attention au tourisme de masse, qui peut dénaturer un lieu et déranger les habitants. 

À Lyon, la ville se tourne vers un tourisme plus respectueux et intelligent, en s’écartant du tourisme de masse. Le directeur général d’Only Lyon Tourisme et Congrès déclarait en 2020 vouloir « le développement d’un tourisme réfléchi, durable (…). Privilégier la qualité à la quantité. »  En 2019, la métropole de Lyon a remporté le Prix de la Capitale Européenne du Smart Tourisme, aux côtés de Helsinki. Ce prix récompense l’effort mené par la ville de Lyon pour développer un tourisme durable et respectueux de son territoire, grâce à des innovations numériques. 

4. Comment bénéficier de l’inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO ?

Le patrimoine mondial de l’UNESCO concerne des sites et biens à travers le monde possédant une valeur universelle exceptionnelle. Cela signifie que le bien doit avoir une importance culturelle et/ou naturelle si exceptionnelle qu’elle transcende les frontières nationales, présente un caractère inestimable pour les générations actuelles et futures.

Nota Bene : seuls les pays ayant signé la Convention du patrimoine mondial peuvent soumettre des propositions d’inscriptions de biens situés sur leur territoire sur la Liste du patrimoine mondial.

Pour savoir si un bien possède une valeur universelle exceptionnelle, il doit :

– Répondre aux critères d’authenticité et d’intégrité ;

– Avoir fait l’objet d’une étude comparative avec les biens déjà inscrits à travers le monde pour que soit démontré son caractère unique ;

– Bénéficier d’un système de protection et de gestion adapté, afin d’assurer sa sauvegarde.

Les critères

Le bien doit aussi répondre à au moins l’un des dix critères définis par le Comité du patrimoine mondial, répertoriés dans le tableau ci-dessous. 

En complément de ces critères, le bien présenté un caractère d’intégrité et, s’il s’agit d’un bien culturel, d’authenticité.

 Focus sur le Val de Loire

 Le Val de Loire, de Sully-sur-Loire à Chalonnes, est inscrit depuis l’An 2000. Site remarquable par son patrimoine architectural, ses villes historiques et ses châteaux renommés, le Val de Loire est un paysage culturel exceptionnel. Le site correspond à trois des critères énoncés dans le tableau ci-dessus :

– Critère I : le Val de Loire est remarquable pour la qualité de son architecture, notamment ses châteaux comme Chambord et Chenonceau, ainsi que ses villes historiques à l’image de Blois et Chinon ;

– Critère II : le site possède un paysage culturel exceptionnel valorisé par sa présence tout au long d’un grand fleuve. Il témoigne d’un échange d’influences et de valeurs humaines entre l’environnement et les hommes depuis plus de deux millénaires ;

– Critère IV : le site illustre à un degré exceptionnel l’influence des idéaux de la Renaissance et du siècle des Lumières dans la pensée et la création en Europe occidentale.

À ces trois critères s’ajoutent l’authenticité et l’intégrité du site. En effet, le lieu a conservé un très haut degré d’authenticité grâce à ses monuments et les nombreux travaux de conservation dont ils ont bénéficié. De plus, la trajectoire historique du Val de Loire est clairement lisible et visible dans le paysage actuel. 

Toutefois, plusieurs facteurs risques d’affecter l’authenticité du bien tels que l’étalement urbain, les mutations agricoles ou la construction de grands équipements. Il est donc primordial de préserver son site en utilisant les outils et en respectant les règles de protection et de gestion évoquées auparavant.

Les éléments essentiels pour établir une proposition d’inscription

Avant de se lancer dans la rédaction du dossier de proposition d’inscription, plusieurs étapes sont nécessaires. Tout d’abord, il faut mener à bien l’intégralité des recherches de fonds et de documentation. Ensuite, il est impératif de procéder à l’analyse comparative évoquée précédemment, celle déterminant l’unicité du bien en comparaison des biens déjà inscrits. C’est une étude qui prend du temps et de l’énergie.

Puis vient le moment d’établir le projet de déclaration de valeur universelle exceptionnelle et d’en déterminer les critères pertinents. À cela s’ajoute l’évaluation de l’authenticité et l’intégrité du bien et la détermination des attributs les plus pertinents. Ensuite, il convient de définir les limites appropriées. Une fois toute ces étapes réalisées, la rédaction de la description du bien et son historique peut commencer. La dernière étape consiste à compléter les parties manquantes du dossier.

Le dossier de proposition du bien, outre sa finalité pour obtenir l’inscription, peut aussi être un outil de gestion et de suivi du bien. En effet, ce dossier contient des informations importantes :

– La présentation du bien et sa documentation ;

– La description de sa valeur universelle exceptionnelle présumée, à quel critère correspond-il ;

– L’état de conservation du bien ainsi que les facteurs qui l’affectent ;

– Le descriptif de la manière dont seront assurés sa protection, sa conservation, sa gestion, sa mise en valeur ainsi que son suivi concernant sa valeur universelle exceptionnelle virtuelle.

Conseil : étudier les dossiers et processus de propositions d’inscriptions qui ont abouti, en se référant à la documentation disponible ici.

Conclusion :

Le patrimoine mondial de l’UNESCO est un gage d’authenticité apportant une grande visibilité aux biens inscrits. Au-delà du prestige, le patrimoine mondial aide les biens inscrits à bénéficier de politiques de protection et de gestion pertinentes et durables. En effet, lorsqu’un pays voit un de ses biens inscrits à l’UNESCO, l’enjeu est qu’il reste le plus longtemps possible, voir éternellement, dans la liste : les pays prêtent alors un intérêt tout particulier à la conservation de leurs sites inscrits.

L’UNESCO est une porte d’entrée vers la visibilité internationale, l’augmentation de l’attractivité et du flux touristique sur son territoire. Toutefois, bien que le patrimoine mondial soit la liste la plus célèbre de l’UNESCO, une seconde, moins connu du grand public, est tout aussi intéressante : il s’agit du Patrimoine immatériel culturel.

Pour aller plus loin :

Quelles protections pour valoriser le patrimoine ?

Panorama des acteurs européens du patrimoine

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Une image contenant extérieur

Description générée automatiquement

Comment valoriser le patrimoine grâce au « click and mortar » ?

L’important à retenir de cet article :

La stratégie « click and mortar » permet de créer un lien avec sa clientèle grâce à l’utilisation d’un site internet dédié au lieu. De nos jours, à l’heure où internet fait intégralement partie de la vie quotidienne, il est indispensable de posséder un site internet qui soit à l’image du lieu.

Attention cependant : 

– le site internet ne doit pas cannibaliser l’offre du site physique ;

– le lieu (site physique) et le site internet doivent être complémentaires.

1. Présentation de la stratégie « click and mortar »

Détournement de l’expression « brick and mortar », qui désigne une entreprise de vente traditionnelle via des points de vente physiques, la stratégie « click and mortar » fait référence à l’utilisation d’internet. La stratégie « click and mortar » concerne des entreprises réalisant à la fois de la vente en ligne et en physique. Il s’agit d’une stratégie multicanal, communément appelé « click and mortar », mais qui prend aussi en compte une seconde stratégie.

En effet, la stratégie multicanal se réfère à deux formes de comportement :

– Le « click and mortar » (C&M) : le client s’informe sur internet puis achète dans une enseigne en physique, se rend sur le lieu, etc. ;

– Le « mortar and click » (M&C) : le client s’informe sur place puis se rend sur le site virtuel.

Nota Bene : sauf précision, les deux comportements seront compris sous l’appellation « click and mortar ».

Le « click and mortar » est une pratique qui s’est énormément popularisée et développée, notamment liée au boom de l’utilisation d’internet, devenu un essentiel dans la vie courante. Bien au-delà du quotidien, Internet est de plus en plus important dans les nouveaux marchés et dans la manière de consommer des clients. 

Bien qu’initialement appliquée aux entreprises marchandes, cette stratégie s’applique aussi aux entreprises non-marchandes, dans le sens où elles ne vendent pas d’objets mais proposent plutôt des services. Évidemment, les enjeux ne sont pas les mêmes selon l’entreprise et son secteur d’activité. Toutefois, l’interaction entre une entreprise et ses clients, grâce à internet, permet systématiquement de développer des intentions comportementales favorables envers l’entreprise. Le click and mortar est un donc un atout majeur pour les entreprises.

Les différentes e-stratégies existantes

Il existe deux grands modèles de sites internet, entre lesquels se trouve une pluralité de formes hybrides. Les deux grands modèles sont les suivants : les sites « minimalistes » et les sites « amiraux ».

Les sites « minimalistes »

L’objectif principal d’un site minimaliste est d’aider l’individu à préparer sa venue sur le site physique. Ce sont donc des sites avant tout fonctionnels, pragmatiques et utilitaristes. Ces sites sont souvent très épurés, avec des menus simples, faciles à comprendre, afin de communiquer l’essentiel. Pour cette raison, la stratégie de « réplication » est fréquemment utilisée pour la création de ces sites : c’est-à-dire que le site virtuel ne propose ni plus ni moins que ce qui existe en physique. À titre d’exemple, le site du Palais de Tokyo est la quintessence du site minimaliste.

Première page du site du Palais de Tokyo
Les sites « amiraux »

En ce qui concerne les sites « amiraux », c’est tout l’opposé. En effet, les sites amiraux sont des sites emblèmes, proposant des services variés et parfois complémentaires de ce que le visiteur trouverait sur le lieu physique. Dans ce cas, deux logiques principales peuvent être différenciées :

– Les sites amiraux dits « multimédias » : ces sites diversifient les informations et formats. Ils proposent des contenus ludiques et éducatifs à destination de divers publics. Ces sites sont de véritables outils de communication au service du site physique. Les sites multimédias développement des façons innovantes d’apporter le contenu à l’internaute ;

– Les sites amiraux « participatifs » qui créent une interaction avec le public pour le rendre acteur de son expérience sur internet. Ils peuvent proposer des sondages, des visites interactives et personnalisables, etc.

Avant de choisir la forme de son site internet et le contenu qui y sera valorisé, il est primordial d’avoir connaissance des enjeux du site : est-ce d’apporter au public les informations précises ou une expérience unique ? Lorsque les enjeux sont définis, il convient ensuite de réfléchir à la forme la plus adéquate. Avant tout, il est nécessaire que le site internet ne cannibalise pas le site physique. Les contenus doivent être complémentaires ou similaires, et égaux en termes de qualité, pour que l’un ne l’emporte pas sur l’autre.

Enfin, il est important que l’atmosphère du site internet corresponde à celle du site physique, pour rester cohérent et ne pas tromper le public. 

Les facteurs clés d’une stratégie réussie

D’après des études sociologiques relatives au comportement des consommateurs, il existe deux facteurs clés pour déterminer l’efficacité d’un site internet. Il s’agit de la confiance et la satisfaction.

– La confiance concerne notamment les informations disponibles sur le site, les contenus, etc. Un sentiment de confiance implique l’impression que l’entreprise fait preuve d’honnêteté, mais aussi qu’elle prend en compte l’intérêt du consommateur. Lorsque le consommateur a confiance envers une entreprise, un lieu, il considère que celui-ci veut son bien. Il sera donc plus enclin à se rendre sur le site physique et à en parler autour de lui. La confiance est une condition sine qua non du succès d’un site ;

– La satisfaction ressentie lors de la navigation influence favorablement l’intention de recommander le site virtuel et/ou physique, de visiter le lieu.

Pour savoir si les internautes de votre site sont satisfaits, il convient de réaliser des enquêtes en ligne pour recueillir leur témoignage. Cela peut aussi être réalisé auprès des visiteurs du site physique, si ceux-ci sont venus suite à la consultation du site virtuel. Ces enquêtes sont nécessaires pour connaitre l’efficacité d’un site internet.

La relation de confiance et la satisfaction engendrées par l’expérience sur le site virtuel ont des conséquences positives sur le bouche-à-oreille et la venue physique du public.

2. Comment le « click and mortar » s’est-il adapté au patrimoine ?

La stratégie « click and mortar » a su s’implanter dans les musées et les lieux patrimoniaux. De nos jours, presque tous ces lieux disposent d’un site internet dédié à leur activité. Il était donc logique que la stratégie « click and mortar » se développe, de manière consciente ou non. 

Les stratégies présentées précédemment sont toutes deux adaptables aux lieux patrimoniaux et aux musées. 

– Dans le cas du « click and mortar » : le public explore le site virtuel afin de trouver des informations, puis se rend dans le site physique ;

– Dans le cas du « mortar and click » : le client se rend sur le site virtuel suite à une visite physique. 

Le « mortar and click » est particulièrement adapté aux lieux patrimoniaux et aux musées, car cette pratique permet au lieu de garder le contact avec son public. En effet, la visite du site internet peut être considéré comme une prolongation de l’expérience physique :

– Regarder des photos du lieu et les partager avec des amis ;

– Revoir des œuvres ;

– Revivre des bons moments.

Le Château de Versailles 

Le site du château de Versailles est l’exemple type d’un site amiral, proposant des contenus supplémentaires et actualisés en complément des informations classiques. Le site propose une carte interactive, des dossiers thématiques ainsi qu’une boutique en ligne. Rien que sur la première page du site, une multitude de possibilité s’offrent à l’internaute. 

Extraits de la page d’accueil du site du Château de Versailles

Le concept le plus créatif développé par le site a été mis en place parallèlement à l’exposition « Koons ». À ce moment, le château a initié sur son site un partage de photographies prises par les internautes d’une des œuvres de l’exposition. De ce fait, le site virtuel proposait une seconde exposition virtuelle collective en impliquant les visiteurs. De cette manière, les visiteurs souhaitant participer étaient obligé de se rendre sur place pour prendre la photo, puis de retourner sur le site. Cette stratégie a donc impliqué à la fois du « click and mortar » et du « mortar and click », dans un cercle vertueux

Le Musée de Bibracte 

Bibracte est une ville éphémère témoin du passé. Fondée à la fin du IIème siècle avant notre ère, occupée pendant un siècle, il s’agit de l’une des villes gauloises les plus caractéristiques et mieux préservées de France. Avec ses remparts et ses quartiers s’étendant sur plus de 200 hectares, Bibracte est une véritable aventure dans le temps.

Première page du site du Musée de Bibracte

Le site internet de Bibracte, incluant le site du musée, met avant tout l’accent sur l’information donnée à l’internaute. En effet, Bibracte souhaite conserver une expérience qui soit intellectuelle, avec un apport de connaissances et d’informations différent du site physique. Le site du musée de Bibracte peut être considéré comme un site hybride, à la croisée entre le minimalisme et le site emblème. 

3. Les avantages du click and mortar 

Concrètement, la stratégie « click and mortar » (ou son miroir, le « mortar and click ») permet à une entreprise de s’adresser à un panel plus large. Pour cela, il faut que le site soit bien référencé sur les moteurs de recherche, grâce à un travail SEO (optimisation pour les moteurs de recherche, appelé également référencement naturel) de qualité. 

Ainsi, grâce au « click and mortar », l’entreprise peut :

– étendre sa clientèle, notamment grâce à l’élargissement de son public ;

– créer un véritable lien avec sa clientèle, mettre en place des expériences virtuelles exclusives afin de donner envie à l’internaute de venir sur le site ;

– maintenir le lien avec son public lors de période telle que la crise sanitaire récente et continuer ainsi à offrir du contenu même à distance.

La stratégie « click and mortar » permet véritablement de valoriser le patrimoine en maintenant le contact avec le public et en lui proposant une expérience client complète.

Conclusion : 

Néanmoins, il est important de prêter une grande attention à la qualité de son site. En effet, si le site n’est pas de bonne qualité, l’effet sur le public serait néfaste : refus d’aller sur le lieu, bouche à oreille négatif, etc. Une mauvaise expérience client sur le site pourrait laisser présumer à l’internaute que l’expérience physique ne serait pas meilleure. 

Les deux notions les plus importantes que le site internet doit apporter à l’internaute sont la confiance et la satisfaction, afin de lui donner envie de venir sur le site physique.

Pour aller plus loin :

Stratégie et valorisation du patrimoine

Adopter le naming pour son site historique

Design Thinking et patrimoine historique

À la découverte du dialogue entre l’art contemporain et le patrimoine, quand le patrimoine expose son appartenance au présent.

L’important à retenir de cet article :

Longtemps considéré à l’opposé l’un de l’autre, l’art contemporain et le patrimoine ont entamé un véritable dialogue il y a quelques années. Fleurissant au sein des sites patrimoniaux, l’art contemporain apporte une nouvelle vision du patrimoine. De nombreux lieux exploitent l’art contemporain pour attirer de nouveaux publics, développer une activité complémentaire éphémère ou permanente, ou se réinventer complètement.

Introduction :

À priori, le patrimoine et l’art contemporain sont des domaines diamétralement opposés. En effet, tandis que le premier semble traditionnellement attaché au passé et témoigne d’un héritage historique, le second parait profondément ancré dans le présent et ouvert vers l’avenir. Pourtant, l’alliance du patrimoine et de l’art contemporain ouvre un nouveau champ des possibles. L’art contemporain permet de montrer que le patrimoine s’adapte à son époque, en mêlant son héritage aux nouveaux enjeux artistiques et culturels.

Grâce à l’art contemporain, le patrimoine s’adresse à un nouveau public, souvent plus jeune, amateur d’art ou de sorties « artys », c’est-à-dire tendances, branchées et culturelles. Il s’agit d’un public dont la motivation de consommation est la découverte de l’avant-garde artistique. De cette manière, un site patrimonial accueillant de l’art contemporain peut voir son public se diversifier : d’une part ceux qui viennent principalement pour le patrimoine en tant que tel, d’autre part ceux qui sont davantage attirés par l’art contemporain. 

Néanmoins, apporter de l’art contemporain au sein de son site patrimonial est une décision qui doit être murement réfléchis, afin de ne pas dénaturer la beauté et l’authenticité du lieu. Pour cela, il est essentiel d’instaurer un véritable lien entre l’artiste (lorsque cela est possible) et le lieu. Dans un premier temps, les propriétaires souhaitant installer de l’art contemporain au sein de leur site patrimonial peuvent faire appel à des artistes locaux. La relation de proximité facilite l’échange, tant sur le plan humain que professionnel.

1. Le choix des œuvres exposées : in situ ou ex situ ?

La qualité de l’intégration des œuvres exposées influence sa réception par le public. Si les œuvres dénotent, n’ont pas de cohérence conceptuelle, technique et/ou artistique avec l’espace, il se peut que le résultat ne soit pas convaincant pour les visiteurs. Ainsi, il existe deux grands modèles d’activités : accueillir des œuvres dites « in situ », ou à l’inverse des œuvres « ex situ ».

Ces qualifications correspondent à deux grandes catégories d’œuvres :

– Les œuvres « in situ ». Ce concept est formalisé par Daniel Buren, célèbre artiste créateur de l’œuvre « Les Deux plateaux », communément appelée « Les colonnes de Buren », dans la cour du Palais Royal, à Paris. Les œuvres dites « in situ » résultent d’une méthode artistique qui dédie l’œuvre à son site d’accueil : l’œuvre prend vie dans l’espace où elle s’inscrit et ne peut être imaginée ailleurs que dans ce lieu. Ce sont des œuvres cohérentes, dépendantes de leur lieu d’accueil.

« Les Deux plateaux » ou « Les colonnes de Buren », Palais Royal

– Les œuvres « ex situ », dont le processus de création est indépendant du lieu d’accueil. Elles peuvent être déplacées d’espaces en espaces sans que cela n’altère leur intégrité. Dans ce cas, un lieu patrimonial peut accueillir des œuvres déjà existantes.

Dans les deux situations, il est nécessaire de trouver le ou les bons artistes. Pour cela, les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux peuvent soit faire un travail de recherche personnel, soit faire appel à des professionnels, comme des commissaires d’exposition ou des curators. Ces-derniers sont chargés de trouver les artistes les plus adaptés au lieu, dont les univers résonnent avec l’architecture et l’histoire du monument.

Olafur Eliasson au Château de Versailles, une complémentarité parfaite

Depuis 2008, le Château de Versailles accueille des expositions temporaires. Clin d’œil au haut-lieu de la création artistique que fût Versailles au temps de Louis XIV, la scène contemporaine s’exprime à Versailles dans un cadre idyllique. Chaque année, un artiste français ou étranger, de renommée internationale, est invité à exposer des œuvres le temps d’une saison dans le Château et les Jardins. Par ailleurs, certaines œuvres contemporaines font désormais partie intégrante du Domaine. Les artistes qui exposent à Versailles créent des œuvres en résonnances avec l’histoire de Versailles, la beauté de son architecture, ses décors et extérieurs.

En 2016, l’artiste dano-islandais Olafur Eliasson est invité à Versailles . Reconnu mondialement pour ses installations spectaculaires et transcendantes, Olafur Eliasson est surnommé « l’homme des lumières ». Les œuvres in situ créées par l’artiste à cette occasion illustrent l’effet d’une complémentarité parfaite entre l’art contemporain et le patrimoine. 

« Your sense of unity » Olafur Eliasson ⓒchateauversailles.fr

Pour ses œuvres in situ au château de Versailles, l’artiste a utilisé les codes esthétiques et historiques du lieu : le cercle, évoquant le soleil et faisant référence au Roi Soleil ; la lumière et la couleur jaune / or, évoquant le rayonnement, le raffinement et la richesse ; les miroirs, symboles incontournables de Versailles et sa fameuse galerie des glaces. Dans les jardins, Olafur joue aussi avec l’eau, élément majeur à Versailles.

À propos de sa venue à Versailles, la présidente du château a déclaré : « Avec Olafur Eliasson, les astres peuvent se rencontrer, l’horizon se dérober et toutes nos perceptions se brouiller. L’homme des lumières va faire danser les lignes chez le Roi Soleil ». 

2. L’art contemporain fleurit dans les lieux patrimoniaux

Versailles est un exemple parmi d’autres de la présence fleurissante de l’art contemporain au sein des lieux patrimoniaux. À l’instar de Versailles, le Château de Chambord accueille lui aussi depuis 2011 des expositions d’artistes contemporains. 

Parmi les sites patrimoniaux accueillant de l’art contemporain, deux grands profils se distinguent : les lieux l’accueillant périodiquement à l’instar du Château de Versailles ou de Chambord, et les lieux accueillant de l’art contemporain de manière permanente et dont sa présence est une finalité, un positionnement marketing. Ces lieux peuvent par exemple être des châteaux transformés en musées ou centres d’art contemporain.

Le Château de Montsoreau devenu musée d’art contemporain

Situé dans le Val de Loire, le Château de Montsoreau s’est transformé en 2016 en Musée d’Art Contemporainfondé par Philippe Méaille. Ce dernier possède un bail pour exploiter le lieu durant 25 ans. Désormais, et pour au moins un quart de siècle, l’art contemporain est indissociable de l’identité du château.

Collectionneur d’art français détenant la plus importante collection mondiale d’œuvres Art & Language, Philippe Méaille a transformé le château en musée afin d’y exposer et conserver sa collection. Le lieu accueille donc des œuvres ex situ , qui s’intègrent très bien dans l’espace. Le travail de muséographie et de scénographie réalisé sur place permet de valoriser les œuvres autant que les pierres.

Grâce à cette collection, le lieu s’inscrit à la fois dans son histoire et dans le présent, « donnant à voir une nouvelle réalité ». Afin de permettre au public, néophyte ou connaisseur, de s’approprier la collection, le musée propose des ateliers et visites guidées thématiques : 

– « Atelier Graffiti : de Lascaux à Banksy » : atelier avec médiation sur l’histoire du graffiti, puis création d’une œuvre personnelle sur un mur d’expression. C’est un atelier ouvert aux adultes et aux enfants, dès l’âge de 7 ans, pour un moment de découverte et de partage en famille ;

– « Montsoreau Art Tour » : médiation autour de l’histoire du château et comment il est devenu un lieu de prédilection pour les artistes à travers les siècles. En effet, bien avant d’accueillir de l’art contemporain, le château de Montsoreau inspirait déjà les peintres impressionnistes. 

La mise en place d’ateliers et de visites guidées permet d’offrir au public une médiation active et interactive. En sollicitant l’attention des enfants, le musée s’adresse aussi aux familles et aux groupes scolaires.

L’art contemporain au Château Malromé

L’art contemporain peut aussi être une activité permanente complémentaire, comme au Château Malromé. Situé en Nouvelle Aquitaine, le château est l’ancienne demeure du peintre Henri de Toulouse-Lautrec. Dorénavant, le lieu accueille diverses activités, dont deux restaurants, des activités bien-être ainsi qu’une galerie d’art contemporain. 

Divan japonais, Henri de Toulouse-Lautrec

La galerie d’art contemporain de Malromé se trouve à l’étage, dans l’aile Est du château. Couvrant une impressionnante surface de 230 m2, la galerie accueille de nombreuses expositions. La programmation du château porte sur trois différents axes de recherche, qui sont en miroir avec l’histoire du lieu et du peintre Toulouse-Lautrec :

– Des expositions dont les thématiques explorées résonnent avec celles affectionnées par le peintre ;

– Des artistes venus d’Asie, car le peintre nourrissait une réelle passion pour l’art de l’estampe japonaise ;

– Ainsi que des expositions inspirées par Malromé, l’histoire du lieu et sa région : la culture de la vigne, l’histoire de la famille, etc.

L’art contemporain a Malromé s’imprègne donc du patrimoine et de l’aura du lieu, en y apportant une lecture différente selon l’artiste et sa propre sensibilité. De cette manière, l’art contemporain apporte d’autres bénéfices au patrimoine :

– Offrir une nouvelle lecture d’un lieu ;

– Bénéficier d’un prisme différent pour comprendre un lieu. 

En effet, lorsqu’un artiste travaille dans un site historique, il est avant tout spectateur. Il observe les particularités du lieu, puis crée grâce à l’inspiration que celui-ci lui procure.

Cette part de subjectivité majeure dans l’art contemporain permet donc une lecture unique du patrimoine.

Chaque année depuis 2018, la galerie du château Malromé accueille plusieurs expositions par an, centrées sur un ou deux artistes.

3. La médiation artistique, élément indispensable pour la réussite d’un tel projet

La médiation artistique est un aspect indispensable à la bonne réception de l’art contemporain au sein d’un lieu patrimonial. En effet, la médiation permet de faciliter l’accès du public à l’art contemporain. En réalité, même s’il est apprécié par un panel de plus en plus large, l’art contemporain peut paraitre difficile d’accès. Contrairement à l’art ancien qui parait plus facilement compréhensible de par son aspect très figuratif, la finalité de l’art contemporain varie d’un artiste à l’autre, d’une œuvre à l’autre. 

Il est donc nécessaire de mettre en place une bonne médiation artistique. Elle peut prendre différentes formes :

– Grâce à des visites guidées et/ou thématiques, réalisées par des médiateurs ;

– Avec l’utilisation de ressources numériques : tablettes avec parcours explicatifs, audioguide, etc. ;

– Grâce à des cartels, affiches et panneaux informatifs. 

La médiation passe aussi par la réalisation d’ateliers impliquant le public, comme l’atelier graffiti du Château de Montsoreau, cité précédemment.

Chaque typologie de public sera plus sensible à une forme de médiation qu’à une autre :

– Un public déjà averti utilisera plutôt des outils de lecture simple comme les cartels, qui lui procureront les informations importantes sans intervenir dans sa relation à l’exposition et aux œuvres ;

– Pour les familles, les outils numériques et interactifs permettent de captiver l’attention des plus jeunes en partageant un moment. Les familles peuvent aussi apprécier les visites guidées ;

– Enfin, un public moins réceptif appréciera la présence d’un guide pour le cadrer dans sa démarche de découverte.

Ainsi, il est pertinent de proposer à sa clientèle différentes formes de médiation, pour répondre aux attentes d’un large public.

Au-delà de médiation, il convient de prêter attention aussi à la scénographie de l’exposition. En effet, l’installation des œuvres est une étape primordiale pour valoriser les œuvres, ainsi que le site qui les accueille.

Conclusion :

L’art contemporain propose une nouvelle manière de découvrir et consommer le patrimoine, à travers un prisme différent.

Avant de se lancer dans l’aventure de l’art contemporain, il est essentiel de fixer les objectifs de ce projet, ses limites ainsi que les potentielles attentes du public. Est-il déjà sensibilisé à l’art contemporain ? En fonction de ces différents critères, la forme du projet se dessine. Permanent ou éphémère, l’art contemporain apporte une nouvelle raison de venir dans un site patrimonial.

Toutefois, il est absolument primordial que l’art exposé au sein du lieu soit cohérent avec l’identité du lieu, mais aussi des porteurs de projets, car c’est avant tout une aventure humaine.

Pour aller plus loin :

Lancer des activités dans un site historique

Organiser un Son et Lumières dans un site historique

La photographie au service des châteaux

Comment créer un musée ?

Ce qu’il faut retenir

La création d’un musée au sein d’un site patrimonial est une activité très courante.

Elle permet de :

– valoriser une propriété historique

– attirer plus facilement des publics cibles (passionnés d’art et d’histoire, familles, scolaires, étudiants, …)

Néanmoins créer un musée ne s’improvise pas et certaines démarches sont indispensables pour son bon fonctionnement et son rayonnement.

Introduction

Un musée est un espace qui se consacre à la présentation, l’entretien et la réserve d’objets présentant un intérêt artistique, culturel, historique, scientifique et technique.

Hôtel national des Invalides, Musée des Beaux-arts de Blois, Musée-Château d’Annecy, Musée de Boulogne-sur-mer dans le Château Comtal … Nombreux sont les musées qui prennent place dans un site patrimonial d’exception ! Ces situations sont assez régulières pour des monuments incontournables du territoire français. Cependant, elles peuvent aussi concerner des sites historiques plus modestes, de par leur taille ou leur histoire, appartenant à des acteurs publics ou privés.

Créer un musée au cœur d’un espace patrimonial permet, par la présence des collections, de renforcer l’attractivité du site . La présence d’objet d’art, de culture et d’histoire est en effet un atout et plaît beaucoup aux visiteurs. Ceux-ci ont soif de pouvoir connaître l’histoire du château. Ils souhaitent admirer à des œuvres d’art, assister à des reconstitutions historiques ou encore offrir à leurs enfants une expérience pédagogique et ludique ancrée dans l’histoire. Tous ont envie de se sentir pleinement intégrés dans le site d’exception qu’ils visitent.

Certains châteaux possèdent déjà des espaces d’exposition qu’ils mettent en place afin de proposer une activité supplémentaire à leurs visiteurs. C’est ce que fait par exemple le Château de Gizeux avec son exposition de calèches et d’attelages anciens disposés dans les écuries et communs du site.

Cependant, instituer un véritable musée au sein d’une propriété historique est également possible. Voici les démarches et étapes à suivre pour créer un musée et obtenir l’appellation « musée de France ».

I. Étapes pour créer un musée

Créer un musée ne se fait pas en un jour. Il faut répondre à un certain nombre de critères. Par ailleurs mener à bien un projet muséal requiert certaines démarches administratives .

1) Pré-requis pour créer un musée

Avant de se lancer dans le vaste projet de la conception d’un musée, il faut s’assurer de disposer de certains pré-requis essentiels. Tout d’abord, il est impératif de connaître les objets dont on dispose pour l’élaboration des collections. Sont-ils suffisants et présentent-ils un certain intérêt ? Quelles acquisitions supplémentaires effectuer ? Il s’agit ainsi de constituer un inventaire. Celui-ci sera ensuite envoyé à la DMF (direction des musées de France) qui validera ou non le projet. Ainsi, le maire de Vannes compte transformer le Château de l’Hermine en musée en y transférant les collections du Musée des Beaux-arts de la Cohue situé au cœur de la ville et dont les espaces d’exposition sont actuellement insuffisants.

Château de l’Hermine, Vannes

En ce qui concerne le Château de Mayenne, il est devenu un site d’exposition artistique dès les années 1990 suite à la découverte de vestiges archéologiques médiévaux. Au fil des découvertes qui furent nombreuses, l’espace du château fut progressivement aménagé. En 2008, il devint enfin un musée ouvert au public.

Musée du Château de Mayenne

De même, la collection présentée doit nécessairement être en adéquation avec le territoire sur lequel s’inscrit le site historique. Le Musée de la Vénerie de Senlis répond à l’histoire de la forêt de Senlis où se sont déroulées tant de chasses.

Un des pré-requis est également d’indiquer et de justifier le statut de la collection. Par ailleurs, il sera opportun de chercher des professionnels pour veiller à l’entretien et à la gestion des collections et du musée. Si des travaux sont nécessaires pour réaménager les espaces afin qu’ils soient plus aptes à recevoir les collections et soient plus accessibles, ils devront être menés par un architecte et potentiellement d’un architecte du patrimoine si le bien est classé Monument historique.

2) Mise en place du projet culturel

Le projet culturel définit les grandes orientations du musée. Il prend en compte tout à la fois les collections, les espaces, les visiteurs et le personnel. L’objectif est de réfléchir sur le parcours, la muséographie mais aussi la signalétique. Il faut intégrer au programme des espaces d’exposition, des réserves, des salles pédagogiques … L’objectif sera également de définir une grille tarifaire ainsi qu’une stratégie pour rendre les collections attrayantes et accessibles afin de fidéliser les visiteurs et d’en attirer de nouveaux. Par ailleurs, il faudra prendre en compte la nécessité de mettre en place un dispositif de préservation, d’entretien et de conservation des collections. Bien entendu il est impératif que cette tâche soit confiée à des spécialistes en conservation-restauration.

L’analyse de tous ces critères permettra à un propriétaire de juger de la faisabilité du projet, de son coût, ainsi que des recettes qu’il pourrait générer grâce au musée. L’étude lui servira également d’indice pour connaître les aides financières dont il peut bénéficier. Une demande de subvention pourra être effectuée avant de lancer le projet.

3) Définir un public cible

Une des questions à poser lorsque l’on crée un musée est de savoir quel public l’on souhaite attirer. En effet, connaître les utilisateurs finaux facilite l’émergence d’une offre appropriée. S’agit-il d’approcher les touristes amateurs, les passionnés engagés ou les individus en recherche d’une expérience unique et originale ? Les familles, les groupes scolaires, les touristes étrangers ? Il faudra donc réfléchir à l’aménagement des collections, au choix des œuvres, des activités et expositions temporaires afin d’attirer tel ou tel public. Ainsi, le château de Senonches propose une exposition permanente pédagogique sur la gestion, l’entretien et la préservation du milieu forestier.

L’attraction d’un public dépend également des collections présentées. Il faut être fan de mode pour aller visiter le Palais Galliera de Paris. En revanche, le musée des archives nationales situé dans les Hôtels de Soubise et de Rohan ciblent davantage les intellectuels, chercheurs ou étudiants.

II. Comment obtenir l’appellation musée de France ?

On compte 1219 musées de France aujourd’hui. Parmi eux : le Musée Rodin, le Musée Mathurin Méheut, la Casa Buonaparte

Musée Rodin

Leur statut leur permet d’être intégrés au sein d’un service public dépendant directement de l’État, des collectivités territoriales (communes, communautés de commune, régions et départements) mais également de fondations et associations. Ils perçoivent ainsi une aide particulière pour leur développement, leur entretien et l’enrichissement de leurs collections. L’appellation a été créée par la loi du 4 janvier 2002 (Art. L. 410-1).

D’après le ministère de la culture, pour l’obtenir, un musée doit :

– être dirigé par un personnel scientifique issu de la filière culturelle territoriale ou nationale (conservateur ou attaché de conservation)

– disposer en propre ou en réseau avec d’autres musées, d’un service éducatif

– tenir à jour un inventaire de ses collections

– rédiger un projet scientifique et culturel (PSC) qui fixe ses grandes orientations

En contrepartie, il pourra bénéficier :

– d’une signalisation routière particulière

– d’aides financières de l’État

– d’une inaliénabilité et insaisissabilité des collections

– d’échanges de collections possibles avec d’autres musées de France

– de disposer du dépôt des musées nationaux

– de faire appel aux conseils des experts au service de l’État

Conclusion

La création d’un musée au cœur d’un site historique peut donc être un type d’activité très bénéfique. Les collections seront mises en avant par leur emplacement dans un cadre patrimonial et de même, le château sera valorisé par les objets qu’il présente. Celui-ci deviendra ainsi plus dynamique et attirera davantage de visiteurs. Il pourra également bénéficier du label « musée de France » et recevoir ainsi quelques aides de l’État. Il est toutefois à noter que certains centres d’exposition ne souhaitent parfois pas être labellisés, pour s’affranchir des contraintes liées au label.

Néanmoins, la tenue d’un musée fait l’objet d’une réglementation stricte et il est nécessaire de se faire accompagner d’une équipe spécialisée pour sa gestion (entretien des collections, accueil des visiteurs, garde des salles, gestion de la muséographie et de la signalétique, …).

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Stratégies efficaces pour une levée de fonds en mécénat

Le rachat à soi-même

Cet article permet de comprendre ce qu’est la stratégie financière du rachat à soi-même : générer des liquidités pour revaloriser son patrimoine.

Ce qu’il faut retenir

– Le rachat à soi-même est une stratégie financière permettant de générer des liquidités

– Elle peut être utile dans un projet de revalorisation du patrimoine

– C’est une opération délicate qui nécessite un accompagnement et une bonne connaissance de l’immobilier et de la fiscalité

Introduction

Le rachat à soi-même ou OBO (Owner buy out) est une opération financière immobilière pour générer des liquidités. Elle permet également de profiter du levier du crédit, de transmettre à ses enfants et de gérer sa fiscalité. Elle consiste à vendre son propre bien immobilier à une société dont le propriétaire est l’initiateur et l’actionnaire puis à destiner ce bien à la location.

La cession se déroulera comme une vente immobilière ordinaire. L’ intervention du notaire pour l’établissement de l’acte de propriété est obligatoire. Les droits de préemption par la commune ou la SAFER (Sociétés d’aménagement foncier et d’Établissement rural) sont maintenus. Pour acheter un bien immobilier, la société recourt à un prêt bancaire. Les rendements locatifs du bien immobilier rembourseront les intérêts (sachant que les intérêts du prêt seront déductibles du loyer). Parallèlement, le propriétaire du bien percevra le fruit de la cession. Il sera ainsi pourvu de liquidités. Le propriétaire pourra d’ailleurs investir le fruit e la vente dans le but de générer un profit supplémentaire.

L’opération est légale. Cependant, elle ne doit pas être menée uniquement pour la rentabilité financière. Dans cas l’administration fiscale se montrera certainement peu clémente avec le propriétaire.

Une opération délicate donc qui nécessite une bonne connaissance du sujet. Qui demande également un accompagnement personnalisé par des conseillers experts en la matière. Il s’agira surtout de mesurer les leviers dans le détail pour déterminer le bien-fondé de l’opération. Néanmoins, un individu peut tout à fait opter pour la stratégie du rachat à soi-même dans le cadre d’une revalorisation du patrimoine. Cette technique s’avère même être largement profitable. Prendre connaissance en détail de la stratégie du rachat à soi-même est impératif. Ce afin de générer des liquidités en vue de revaloriser son patrimoine !

Quel type de société créer ? Comment bien la gérer pour mettre à bien une stratégie financière de revente à soi-même ?

Le plus souvent, les acteurs de la stratégie de la revente à soi-même optent pour la création d’une SCI (Société civile immobilière) dont les membres sont généralement des individus de la même famille afin de garder un certain pouvoir de gestion.

Ensuite, il est préférable que le propriétaire opte pour une SCI à capital variable plutôt qu’une SCI à capital fixe. En effet, aucune formalité ne sera nécessaire en cas d’augmentation du capital (ce qui sera le cas ici dans la stratégie de rachat à soi-même).

Pour mener à bien la gestion de la SCI familiale, il est recommandé de :

– Choisir un gérant compétent dans l’immobilier

– Anticiper les potentiels problèmes familiaux (décès, divorce…)

– Laisser une certaine marche de manœuvre au gérant

– Éviter que les associés soient majoritaires et aient une trop grande marge de manoeuvre

– Consulter des professionnels pour bénéficier de leurs conseils et bien évaluer la valeur de son bien immobilier : avocat fiscaliste, banque, notaire, conseil en gestion du patrimoine, expert-comptable …

Quels sont les coûts générés par la stratégie financière du rachat à soi-même ?

Si la stratégie de revente à soi-même génère de fortes liquidités, elle implique aussi des coûts dont il faut bien être conscients. Il faudra faire face aux :

– Frais de constitution de la société (à moins que celle-ci ne fût déjà existante)

– Frais de vente du bien immobilier, droits de mutation, droits d’enregistrement (entre 7 et 10 % du montant de la vente)

– Impôts sur les plus-values immobilières, sur la fortune immobilière (IFI) et sur les revenus de la société (IS)

– Coûts du prêt, intérêts et frais de garantie demandés par la banque

Quels sont les potentiels risques fiscaux générés par la stratégie financière du rachat à soi-même ?

La stratégie de revente à soi-même est une opération délicate fortement surveillée par l’administration fiscale. Celle-ci se méfie en effet scrupuleusement de cette stratégie qu’elle a tendance à percevoir comme une évasion ou une optimisation fiscale. Ainsi, si un doute demeure quant aux objectifs portés par le propriétaire par le biais de l’OBO, il y a un risque de procédure de répression de l’abus de droit (article L64 du CGI). L’administration fiscale pourra alors sanctionner de 40 à 80 % des impôts éludés.

De même il faudra prouver l’existence réelle et légale de la société. Une société fictive sera en effet assimilée à un délit d’escroquerie et sera dissoute.

Quelles sont les dispositions à prendre pour être en règle avec l’administration fiscale ?

Pour éviter une poursuite judiciaire et fiscale lors de la pratique du rachat à soi-même il est conseillé de :

– Effectuer un changement de propriétaire bien réel (il ne doit être ni gérant, ni co-gérant)

– Éviter que le propriétaire ou qu’un membre de sa famille (dans le cas d’une SCI familiale) détienne la majorité des parts (moins de 50%)

– Se marier sous le régime de séparation des biens si le propriétaire est en couple (le bien vendu devra également lui appartenir personnellement)

– Estimer votre bien à sa juste valeur pour garder en crédibilité (ni de sous-évaluation, ni de surévaluation)

– Faire preuve d’une motivation non pas essentiellement fiscale mais aussi patrimoniale ou juridique (revaloriser un bien, éviter l’indivision entre héritiers en cas de transmission …)

Conclusion

Le rachat à soi-même est donc une stratégie financière. Elle vise à générer des liquidités pouvant servir de financement afin de revaloriser son patrimoine. L’OBO consiste à racheter son propre patrimoine. Cela permet de dégager des liquidités, profiter du levier du crédit, transmettre à ses enfants et maîtiser sa fiscalité. C’est une opération délicate, l’administration fiscale la surveille de près. Il faut donc être prudent. Ne pas suivre cette stratégie uniquement dans le but d’une évasion ou d’une optimisation financière par exemple. Pour plus de sécurité un propriétaire peut recourir à l’accompagnement de spécialistes et d’experts de l’immobilier.

Pour aller plus loin

Trouver un financement

Financement MH et ISMH auprès de la DRAC

Gagner de l’argent grâce à son château : les actions à mener

Comment revitaliser les territoires  : le Programme Action cœur de ville pour réinvestir les villes moyennes de leur dynamisme urbain

L’important à retenir

Le programme Action cœur de ville vise à revitaliser les centres des villes de taille moyenne. Une ville de taille moyenne compte entre 20 et 100 000 habitants. Ceci afin pour qu’elles réintègrent leurs places au niveau du maillage territorial. Les actions menées concernent notamment :

– le réaménagement urbain

– les restaurations et réhabilitations de bâtis anciens

– la mise aux normes des centres urbains en terme de sécurité, d’accessibilité et de transition énergétique

– la revalorisation du patrimoine

Introduction

L’État a initié le programme Action coeur de ville dans l’idée de réanimer la dynamique des centres-villes, notamment pour les bourgs de taille moyenne. Le Premier ministre Edouard Philippe aborde pour la première fois ce programme en public en décembre 2017. Il annonce que ce programme sera étendu sur cinq ans (2018-2022). Le plan ACV ensuite été lancé en avril 2018 par le Ministère de la Cohésion des territoires et les collectivités territoriales. Le programme a été conçu en partenariat avec les élus locaux et l’Association Ville de France mais aussi trois acteurs financiers : Action Logement, la Banque des territoires et l’Agence nationale de l’habitat.

Revitaliser les territoires : une enveloppe de 5 milliards d’euros

Le budget investi s’élève à cinq milliards d’euros injectés par le gouvernement afin de répondre à 7 enjeux prioritaires :

– Restructurer l’habitat (constructions neuves, restaurations/réhabilitations du bâti ancien)

– Redynamiser l’économie (favoriser l’installation et l’essor des commerces et entreprises)

– Augmenter les connexions physiques (accessibilité, mobilité) et numériques

– Valoriser le patrimoine et les sites publics

– Rendre plus attractifs les centres autour de services qualitatifs (loisirs, cultures, sport …)

– S’inscrire dans une politique environnementale respectueuse (gestion des déchets, réduction de la consommation d’énergies, biodiversité …)

– Aider à l’innovation notamment avec le développement de smart city (villes intelligentes)

Action cœur de ville (ACV) cible 222 villes de taille moyenne.

Carte des 222 villes françaises éligibles au Programme Action coeur de ville pour revitaliser les territoires

Ces villes concentrent environ le quart de la population française et jouent un rôle majeur dans le développement des régions. Certaines bénéficient d’un certain essor. D’autres subissent une chute de leur démographie, de leur économie et de leur dynamisme. Ainsi, un peu plus de la moitié des villes moyennes subissent un taux de vacance commerciale supérieure à 10 %. La vacance commerciale désigne la non-exploitation de locaux commerciaux. Ce taux de 10 % de non-exploitation commerciale est révélateur d’un certain déficit économique pour la plupart des villes moyennes.

C’est donc dans une volonté de relancer la dynamique de ces pôles urbains que le programme Action cœur de ville a été initié. L’objectif est de réduire la fracture territoriale et d’améliorer les conditions de vie des habitants.

Le programme Action cœur de ville : revitaliser les territoires

Au cœur de ce plan national ACV, on trouve aussi une dimension patrimoniale. Cela s’explique du fait que le vieux bâti fait partie intégrante des villes qui ont conservé leurs centres historiques. Parmi les 222 villes élues au programme ACV, 65% sont dotées d’un site patrimonial remarquable (SPR) ou ont engagé l’élaboration d’un SPR et 96 portent le label Villes et pays d’art et d’histoire (VPAH). Ainsi, le plan ACV permet de développer le territoire via la relance de projets patrimoniaux d’importance. L’investissement dans la restauration des centres historiques a un impact fort, tant au niveau :

– social et humain (création d’emplois non délocalisables, accroissement d’un sentiment d’appartenance et d’une identité patrimoniale forte chez les habitant, développement de liens sociaux, augmentation du bien-être)

– fiscal et économique (augmentation de la valeur des biens, création de richesse avec l’augmentation d’emplois locaux)

– écologique (transition énergétique, aménagement et entretien de parcs, jardins et zones vertes)

Revitaliser les territoires en alliant le patrimoine et l’humain

Avec la réhabilitation du patrimoine ancien, ACV cherche à embellir le cadre de vie des habitants. C’est un programme avant tout humain qui se concentre sur les conditions des individus. Ainsi, certaines villes proposent d’intégrer les citoyens aux actions directionnelles du plan ACV afin que tous puissent y prendre part dans une dimension co-participative. A Senlis, les habitants sont invités aux « Mardis Cœur de Ville » pendant lesquels ils peuvent proposer et adhérer ou non à des idées de développement de leur ville. La reconquête du centre-ville passe ainsi par une recherche d’unité entre les individus. Par exemple, grâce au « Mardi Coeur de Ville » du 13 octobre 2020, les habitants ont pu déambuler dans leur ville et analyser les différentes vitrines commerciales afin d’échanger sur les programmes d’entretien ou de réfection à mettre en place.

Ville de Senlis

Néanmoins, certaines villes laissent de côté la dimension patrimoniale. Si le programme réussit à booster les projets de revalorisation déjà existants, il n’accorde pas forcément la priorité aux sites historiques. Ainsi, c’est surtout grâce à l’intervention d’acteurs de la sauvegarde du patrimoine tels que la Fondation du Patrimoine ou encore les Sites et Cités remarquables de France que l’on doit la prise en compte patrimoniale au sein du programme Action cœur de Ville.

Revitaliser les territoires en favorisant les restaurations et réhabilitations

Dans sa politique de réhabilitation des centres-villes le programme ACV s’attarde sur le réaménagement urbain. Les interventions de restauration, de réhabilitation, de reconversion, d’animation et de modernisation sont nombreuses.

D’après l’Agence nationale de la Cohésion des territoires, 545 actions (28 % des opérations) sont focalisées sur la restauration et la réhabilitation. Au premier semestre 2020, on pouvait compter 153 OPAH (Opérations programmées d’amélioration de l’habitat), 28 ORI (Opérations de restauration immobilière), RHI (résorption de l’habitat insalubre) et Thirori (restauration immobilière). Il y a également des travaux de mise aux normes pour la sécurité et l’accessibilité (personnes à mobilité réduite par exemple). Enfin des travaux sont menés pour satisfaire à la transition énergétique.

Les opérations sont lancées grâce à des plans de gestion dont disposent les villes lorsqu’elles sont dotées d’un site historique d’exception. Les études architecturales et historiques des villes ainsi que les inventaires artistiques, archéologiques, culturels et paysagers des villes permettent d’élaborer :

– le Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV)

– le Plan de valorisation de l’architecture et du patrimoine (PVAP)

Les projets de réhabilitation des centres-villes sont orientés à partir de ces analyses.

Sélectionnée parmi les 222 villes du programme ACV, on trouve la ville d’Autun. Elle a justement mené plusieurs opérations en faveur de son patrimoine avec la restauration :

– du passage Balthus

– des remparts antiques

– de la rue Maladière

– du Musée Lapidaire

– des façade du théâtre municipal

Ville d’Autun

Les restaurations du patrimoine concernent aussi les édifices religieux. La ville de Niort a investit une partie du budget alloué dans la restauration de l’église Notre-Dame classée Monument historique. Les architectes des bâtiments de France ont bien évidemment été en charge des travaux.

Revitaliser les territoires : les limites du programme Action cœur de ville

Un des freins pour revitaliser les territoires est le surnombre de communes choisies pour bénéficier du plan ACV. En effet, répartis à l’ensemble des villes moyennes, les cinq milliards prévus pour l’aide au développement s’avèrent insuffisants. Or, il faut des budgets colossaux pour répondre aux défis de revalorisation patrimoniale des centres urbains. Il faut en effet répondre aux enjeux de sauvegarde et de protection, d’hygiène, de sécurité, d’accessibilité, de mixité sociale, … Ainsi, l’enveloppe des cinq milliards ne permet pas de couvrir l’ensemble des projets communaux. Cela restreint ainsi la revalorisation des centres-villes.

En outre, la politique de revitalisation des centres-villes peut se montrer quelque peu paradoxale. En effet, nombreuses sont les communes qui continuent à développer leurs zones commerciales en périphérie. Or, cet accroissement nuit aux centres eux-mêmes car ces zones font de la concurrence au rayonnement des centres-bourgs. Cependant, le décret d’application de la loi ELAN tente d’enrayer cette tendance. Celle-ci permet aux préfets de stopper les projets d’implantation dans les communes bénéficiant du plan Action cœur de ville. Ainsi, le préfet de l’Allier a pu interdire à deux grandes surfaces alimentaires de venir occuper les environs périphériques de la ville de Moulin.

Conclusion

L’État a lancé le Programme Action cœur de ville afin de redynamiser les centres des villes moyennes. L’objectif est que ces dernières réintègrent le maillage territorial en devenant des pôles urbains moteurs. Certaines villes délaissent cependant la place accordée à la valorisation du patrimoine. Pourtant, des acteurs du patrimoine tels que la Fondation du Patrimoine ou encore les Sites et Cités remarquables de France ont tout de même fortement encourage et soutenue cette revalorisation patrimoniale. Ainsi, de nombreuses interventions de restauration et de réhabilitation ont été menées. Elles concernent tout à la fois le bâti et les équipements anciens particuliers (maisons d’habitation) que collectifs (théâtres, mairies, églises, …).

Pour aller plus loin

L’insertion sociale et la sauvegarde du patrimoine

Le patrimoine des territoires, le patrimoine de proximité

Comment rendre utile le patrimoine français ?

Notre étude d’impact 2020

Comment entretenir et rénover sa toiture ? 

L’important à retenir de cet article :

La toiture est un élément fondamental du patrimoine bâti, indispensable à sa bonne conservation dans le temps. Il est donc nécessaire de l’entretenir et de la rénover en faisant appel à des spécialistes. Dans le cas d’un édifice protégé, une réglementation spécifique doit être respectée.

C’est un investissement financier important, pour lequel différentes aides financières ou fiscales peuvent être sollicitées. 

Introduction :

Sauvegarder son bien patrimonial en bon état nécessite des travaux. La toiture est un élément indispensable à la pérennité d’un monument. Composée de la charpente et de la couverture, la toiture protège l’ensemble de l’édifice contre les intempéries climatiques. Il est le garant du bon état sanitaire des bâtiments

Il convient donc d’en prendre grand soin, de l’entretenir et de la rénover. Chaque type de toiture possède ses particularités et nécessite des connaissances et savoir-faire différents. Ainsi, même si l’entretien peut être réalisé directement par les propriétaires, il est conseillé de faire appel à des professionnels : d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un site patrimonial de grande valeur. 

La toiture, élément utilitaire et esthétique

La toiture est un élément indispensable du patrimoine bâti, protégeant l’édifice des intempéries et assurant sa pérennité. Au delà de l’aspect utilitaire, une toiture est aussi un élément visible de tous, dont l’esthétique a son importance au sein du paysage. Une bonne toiture se doit donc d’être étanche et solide mais aussi esthétique.

En effet, la toiture est l’héritage des traditions régionales, témoin de l’évolution des techniques de construction et des matériaux utilisés. En fonction des régions, le type de toiture fétiche varie, selon les pratiques artisanales, les matériaux locaux et l’histoire architecturale de la région.

À titre d’exemple, en Bourgogne, les tuiles vernissées sont symboliques de l’artisanat d’art et l’architecture vernaculaire de la région. Fabriquées dans la région depuis des siècles, elles décorent les toitures de nombreux monuments historiques. Les Hospices de Beaune, monument emblématique de la région, possèdent des toits multicolores aux dessins losangés. L’utilisation de ces tuiles résulte d’une volonté de mêler l’utilitaire et l’esthétique.

Tuiles vernissées des hospices de Beaune

Dans la tradition bourguignonne, les toitures polychromes sont des symboles de prestige. D’abord utilisées pour couvrir les grandes cathédrales du XIIIème siècle, les tuiles vernissées servent ensuite à décorer les résidences de la haute-société.

Les principaux types de toitures :

Voici les toitures les plus répandues en France : 

– La tuile : utilisées depuis l’antiquité, les toitures en tuiles sont les plus courantes en France. Possédant un grand pouvoir isolant et une forte résistance aux intempéries, la toiture en tuile est aussi appréciée pour son aspect écologique et son esthétisme.

– L’ardoise : la toiture en ardoise est la plus répandue parmi les châteaux, pourtant l’ardoise est un matériau fragile, délicat et assez onéreux. Néanmoins, les ardoises peuvent être taillées et façonnées selon les spécificités de la toiture ;

– Le chaume, qui demande un savoir-faire particulier. Il s’agit d’une toiture constituée de différentes pailles et tiges de roseaux, ainsi que de genêts et de bruyères. Il est absolument nécessaire de faire appel à un spécialiste pour entretenir ce type de toiture.

À ces trois principaux types de toitures s’ajoutent d’autres moins courants, comme les toitures en lauze (pierre), en acier ou en fibrociment. Il existe aussi des tuiles solaires, une solution innovante pour remplacer les panneaux solaires classiques. Ces tuiles sont particulièrement adaptées pour les zones classées « Monuments historiques ». Discrètes, elles s’intègrent parfaitement aux toitures et peuvent ainsi être installées dans de nombreux secteurs sauvegardés. Toutefois, ce type d’installation doit être réalisée par les bons spécialiste. 

Depuis quelque temps, les toitures végétalisées se répandent. Proposant une bonne isolation thermique en été comme en hiver ainsi qu’une excellente isolation acoustique, les toitures végétalisées offrent aussi des avantages esthétiques.

La toiture végétalisée du Château de Beaufort

Installée sur un piton rocheux, la ruine classée du Château de Beaufort en Haute-Loire a été transformé en maison d’habitation. Dans le cadre de la réhabilitation du lieu, l’architecte et nouveau propriétaire des lieux a opté pour la végétalisation afin d’intégrer totalement le nouvel édifice dans le paysage. Il était aussi nécessaire que la construction ne dénature pas la forteresse de pierre qui l’abrite, afin que le projet soit accepté par les Monuments Historiques.

Entretenir sa toiture

L’entretien de sa toiture est important puisqu’il permet d’assurer sa durabilité et de repousser les travaux de rénovation plus lourds. Différentes actions peuvent être menées pour entretenir des toitures classiques : 

– Le nettoyage régulier ;

– Le demoussage, conseillé une à deux fois par an, afin d’éliminer les mousses, lichens et autres végétaux qui détériorent la toiture lorsqu’ils s’accumulent ;

– La pause d’un produit de protection de toiture hydrofuge. Il s’agit d’un produit spécifique destiné à protéger le toit des intempéries en réduisant sa porosité.

Toutes ces actions ont le même objectif : empêcher la détérioration de la toiture, prévenir les fissures, les tuiles cassés et les pénétrations d’eau. Il est aussi important de nettoyer les créneaux et les gouttières très régulièrement et de vérifier que les descentes d’eaux pluviales de sont pas bouchées. En effet, dans le cas contraire, le risque est le pourrissement des chevrons et l’usure accélérée des gouttières.

Néanmoins, parfois ces actions peuvent s’avérer insuffisantes. Il est aussi fréquent, dans le cas des monuments patrimoniaux, que ces actions n’aient pas été réalisées suffisamment régulièrement, ce qui atteint l’état général de la toiture. Il devient alors nécessaire de la rénover.

En ce qui concerne les toitures végétalisées, l’entretien est tout à fait différent. C’est le fournisseur de la toiture qui le prescrit. En général, les toitures végétalisées ne nécessitent que très peu d’entretien, une à deux fois par an :

L’arrosage et fertilisation ;

– Le nettoyage et désherbage, remplacement éventuel des végétaux morts ;

– La tonte, le fauchage ou la taille selon le type de végétation.

S’il y a un système d’arrosage automatique, il convient de l’entretenir également.

Rénover sa toiture

Plusieurs raisons peuvent expliquer la rénovation d’une toiture :

– Afin d’améliorer l’impact écologique et environnemental du lieu, en remplaçant les vieux matériaux par des nouveaux plus respectueux de l’environnement ;

– Pour bonifier la qualité de vie au sein du château ;

Lorsqu’il est nécessaire de le faire à cause de l’apparition de problèmes d’étanchéité se manifestant par des fuites d’eau, des moisissures, etc.

Dans cette dernière situation, il convient de traiter rapidement ces problèmes car dans le cas contraire, ils peuvent favoriser l’apparition de mérule. Il s’agit d’un champignon néfaste pour les biens immobilier. À termes, les problèmes de toiture peuvent engendrer de graves conséquences.

Si la rénovation de la toiture est envisagée en réponse à un problème, il est nécessaire d’identifier l’origine de ce problème avant d’entamer quelque démarche que ce soit. En effet, cela permet de savoir si l’entièreté de la toiture doit être rénovée ou si seul un périmètre précis est concerné.

Dans les grandes lignes, voici les différentes étapes d’une rénovation de toiture :

– Le charpentier peut au préalable vérifier l’état de la charpente. Cette étape n’est pas obligatoire mais elle permet aux propriétaires d’avoir une vue d’ensemble sur l’intégralité des éléments de leur toiture ;

– Ensuite, les travaux sur la couverture commencent, menés par un étancher, un couvreur ou un couvreur-zingueur. En fonction de la nature de la toiture et des travaux à réaliser, il faut choisir le spécialiste adapté.

Les spécificités dans le cadre des Monuments Historiques

Nombreux sont les biens patrimoniaux qui bénéficient de la protection au titre des Monuments Historiques (MH). En plus des édifices classés ou inscrits, la réglementation des MH s’applique aux abords des monuments historiques. Il s’agit d’un périmètre s’étendant sur un rayon de 500 mètres autour du bâtiment classé ou inscrit.

Les travaux sur les monuments historiques ou aux abords de ceux-ci sont soumis à des règles particulièresLa règlementation des Monuments Historiques impose des méthodes précisespour la réalisation des travaux, généralement plus couteuses que les techniques modernes. À titre d’exemple, dans le cas d’une toiture en ardoise, il est impératif de poser les nouvelles ardoises au clou, et non au crochet.  

Ce fut le cas lors des travaux réalisés au château de Vaux-le-Vicomte entre 2006 et 2010. La rénovation concernait alors l’entièreté de la toiture. Le spécialiste de la couverture qui a pris en charge le chantier, déclare à propos des rénovations dans des MH : 

« La particularité des travaux de couverture « Monuments historiques » réside principalement en deux facteurs : le respect de l’identité et de l’histoire du bâtiment et la durabilité des travaux qui avoisine un siècle ». 

Un autre exemple de travaux dans un Monument historique est la rénovation de la toiture de la Chapelle Royale du Château de Versailles. Afin de garantir son isolation, son étanchéité et sa solidité, la toiture en ardoise est minutieusement remise à neuf avec une pose au clou. Le but de la manœuvre est de remplacer les ardoises en mauvais état par des nouvelles et de permettre la remise en place des créneaux en plomb et ornements sculptés.

Les aides financières pour rénover et entretenir sa toiture

Les travaux d’entretien et de rénovation impliquent des coûts importants, surtout les travaux de rénovation. L’agence immobilière Barnes, propriétés et châteaux estime qu’il faut compter entre 100€ et 200€ le m2 pour la rénovation de la toiture d’un château. Le budget varie selon divers critères :

L’état du toit, s’il est abîmé ou cassé ;

– Les matériaux utilisés ;

– Les éléments liés à la toiture : chéneaux, gouttières, etc. 

La présence de fenêtre de toit ainsi que l’état de la charpente, si elle doit être refaite en plus de la couverture, peuvent aussi augmenter le prix de la rénovation.

Néanmoins, il existe des aides pour entreprendre ces travaux. Premièrement, lorsqu’un bien est protégé, il y a des avantages fiscaux liés à la restauration de l’édifice. Ensuite, il existe des aides plus spécifiques comme, par exemple, la subvention du département  Haute-Loire concernant la restauration et l’entretien de toitures typiques.

Enfin, l’Etat peut aussi intervenir au travers de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC), comme dans le cas de l’Abbaye de Clairvaux, dans le Grand Est. En effet, la DRAC prend complètement en charge la restauration de la toiture du réfectoire-chapelle, dont le montant avoisine 900 000€.

Conclusion :

Rénover et entretenir la toiture de son édifice patrimonial permet d’en assurer la pérennité et d’en améliorer la qualité. La rénovation est une étape indispensable et récurrente tout au long de la vie d’un bâtiment. De ce fait, tous les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux y seront confrontés. Il est donc important d’en avoir conscience, de maximiser l’entretien afin de reculer l’échéance tout en anticipant le besoin financier. 

Pour aller plus loin :

Les enjeux de la sauvegarde du patrimoine français

Méthode pour restaurer un château et sa chapelle

Le métier d’AMO : expertise des chantiers de patrimoine

Comment choisir le bon architecte ?

Comment choisir le bon architecte ? Vaste question…

Ce qu’il faut retenir

Pour choisir un architecte, il faut faire attention :

– aux réglementations qui encadrent la profession

– aux qualités et compétences propres à chaque architecte

Introduction

Le Code de l’urbanisme (article L 431-1) rend obligatoire le recours à un architecte pour certains projets de construction, de rénovation ou d’extension d’un bien immobilier. Son intervention est indispensable dans de nombreux cas. Par exemple, le recours à un architecte est obligatoire dans tout projet de construction, de restauration ou d’extension qui excède les 150 m².

Il faut également recourir à un architecte pour tout projet nécessitant un permis de construire. En ce qui concerne les sites classés aux Monuments Historiques, les restaurations devront être menées par un architecte spécialiste du patrimoine. Quand un bâtiment à construire ou à rénover se situe en zone protégée (règle des abords des monuments historiques), il est nécessaire de faire appel à un architecte des bâtiments de France (ABF) qui est un architecte du patrimoine au service des collectivités territoriales.

Les missions de l’architecte s’étendent aussi bien à la construction qu’à l’extension ou à la restauration. Ses missions principales seront d’élaborer un projet en cohérence avec les besoins du porteur de projet, de veiller au bon déroulement du chantier ainsi qu’au bon fonctionnement matériel et technique du chantier. Il convient donc choisir un individu de qualité car un projet d’une telle ampleur nécessite de la rigueur et de la précision.

Ainsi, certains critères sont à prendre en compte afin de choisir un bon architecte notamment dans le cadre d’un chantier de restauration d’un site historique.

I. Choisir un architecte en s’assurant de respecter le code de l’urbanisme

Le Code de l’urbanisme encadre le recours à un architecte. Il faut donc respecter certains critères et certaines méthodes lorsque l’on souhaite mener des travaux de construction, de restauration ou d’extension. En effet, mener un chantier sans autorisations peut entraîner des sanctions voire la destruction des opérations menées.

Ainsi en est-il pour le Château de Diter situé sur la Côte d’Azur à Grasse. La destruction menace le château de style renaissance bâti entre les années 2000 et 2012. Son propriétaire, Patrick Diter n’a respecté aucune des formalités requises pour lancer le chantier. Sans permis de construire et après avoir déboisé une partie du domaine sans accord préalable, le château a vu le jour sans que les arrêtés d’interruption des travaux n’aient été entendus par le propriétaire. Bien que Patrick Diter s’acharne à maintenir sa propriété en état, la haute Cour de justice française a exigé sa destruction en 2019.

1) S’assurer que l’architecte est assuré et inscrit à l’ordre des architectes

Un architecte doit s’inscrire à l’ordre des architectes pour exercer son métier. Il s’engage à respecter un code de déontologie. N’est pas architecte qui veut ! Par exemple, un maître d’œuvre n’est pas un architecte. Le diplôme s’obtient à la suite d’au moins cinq années d’études au sein d’une école d’architecture.

Par ailleurs, en faisant appel à un architecte qui dépend de l’ordre des architectes, un propriétaire évite tous les risques en bénéficiant de trois garanties :

  • La garantie de parfait achèvement : elle certifie l’achèvement de la construction ou de la restauration et pourra exiger la poursuite des travaux en cas de constatation de défauts au niveau de la structure de l’édifice. Un procès verbal viendra consigner les vices par écrit.
  • La garantie de bon fonctionnement : d’une durée de deux ans, elle assurera le bon fonctionnent du bâtiment ainsi que celui de ses équipements.
  • L’assurance décennale pour réviser les éventuels endommagements dus aux travaux de gros œuvre à la fin du chantier viendra compléter les deux premières garanties.

En outre, l’ajout d’une assurance en dommages d’ouvrage peut parfaire la garantie décennale.

2) Choisir un architecte pour la restauration d’un bien classé monument historique

Il faut absolument avoir recours à un architecte spécialiste du patrimoine pour un bien est classé MH. Ce dernier pourra se charger de tous les sites historiques car il aura des compétences plus adaptées qu’un architecte ordinare. Recourir à un architecte du patrimoine pour un bien seulement inscrit n’est pas obligatoire, même si cela est fortement conseillé.

D’après Arch & Home, pour répondre à un projet, cet architecte devra obligatoirement constituer un dossier de candidature dans lequel il fera figurer les rénovations qu’il aura déjà conduites. Cette personne devra d’ailleurs avoir une expérience d’une dizaine d’années dans le domaine. La DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) étudiera ensuite le dossier et jugera de son acceptation ou de son refus.

La restauration sera jugée non conforme dans le cas où des travaux auraient été menés sans la direction d’un architecte du patrimoine. L’État sanctionnera le propriétaire en exigeant une remise en état du bâtiment selon son apparence originelle avec l’obligation d’avoir recours à un architecte spécialisé.

En ce qui concerne les monuments nationaux appartenant à l’État, il faut faire appel au nec plus ultra, à l’architecte en chef des monuments historiques (ACMH). Il n’en existe qu’une cinquantaine en France. Extrêmement compétent, ses qualifications dans le domaine de l’expertise, de la restauration et de la connaissance des monuments historiques en général, le placent au sommet de la hiérarchie des architectes.

3) Recourir à un architecte des bâtiment de France

Lorsqu’un projet de construction ou de restauration se situe en zone protégée (règle des abords des monuments historiques), il est impératif que le propriétaire s’adresse à un architecte des bâtiments de France (ABF). Afin de leur conserver un espace de visibilité, ces zones constituent les abords des monuments historiques. Elles sont donc soumises à une réglementation stricte. Les architectes des bâtiments de France (ABF) contrôlent donc ces périmètres aux abords des sites historiques.

4) Mettre en place un contrat avec l’architecte choisi

Un contrat unissant les parties autour d’un projet de construction, d’extension ou de restauration doit être signé préalablement au lancement du chantier. Différents contrats sont d’ailleurs consultables et téléchargeables sur le site de l’ordre des architecte. Il y a des modèles pour les commandes privées, les commandes publiques ou les contrats entre professionnels. Le contrat pourra sécuriser la situation du client comme celle de l’architecte. Il fixera les modalités de paiement, le budget maximal, les pénalités de retards, etc.

II. Choisir un architecte d’après ses qualités et compétences

Une fois s’être imprégné des différentes exigences du code de l’urbanisme et des réglementations liées à la construction, la restauration ou l’extension, il est conseillé de s’attarder sur différents critères tels que :

– l’état d’esprit

– la proximité

– l’expérience

– le prix et la durée

1) Choisir un architecte cohérent avec ses attentes

Il est fortement conseillé de privilégier une personne avec qui les relations soient professionnelles, faciles et agréables pour tout projet architectural. Pour qu’un chantier soit mené à bien, l’architecte doit commencer par échanger avec son client. Dès lors, il pourra cerner plus rapidement ses attentes. La communication est un outils clé pour le bon déroulement du projet. Il faut bien être conscient que le propriétaire sera amené à évoquer ses souhaits et ses craintes.

De même, l’architecte devra faire part des contraintes techniques et financières éventuelles. Le projet risque d’être très compliqué si les deux parties ne s’entendent pas. Le choix d’un architecte doit donc s’orienter vers une personne de confiance. Celle-ci saura mieux s’adapter aux demandes de son client. Elle pourra le conseiller sur les aspects de faisabilité technique voire esthétique. Si l’architecte se montre pertinent dans ses propositions, le projet sera plus facilement en cohérence avec les désirs du propriétaire.

Comment choisir le bon architecte ?

2) Choisir un architecte à proximité du site

Choisir un architecte proche du bâtiment est un gros avantage car il pourra être présent sur le chantier. Cela lui permettra de mieux le contrôler mais aussi d’être présent plus facilement auprès du propriétaire afin d’optimiser la communication. Il pourra également accéder plus rapidement aux secteurs professionnels et administratifs locaux.

3) Réfléchir à l’expérience souhaitée de l’architecte

Un point important dans le choix de l’architecte, c’est son expérience des chantiers. Plus un architecte a acquis de l’expérience plus il est expert dans son domaine.

Néanmoins, un jeune architecte peut présenter l’avantage de se montrer plus innovant et entreprenant. Peut-être aussi plus moderne dans sa manière de fonctionner. Surtout, puisque que le propriétaire fera partie de ses premiers clients, il aura tout intérêt à se montrer dévoué et impliqué. Ainsi il proposera sans doute plus facilement de nouvelles idées. Il s’investira davantage et sera attentif aux attentes du client lors de chaque entretien. Par ailleurs, la notion de coût est également un critère qui peut jouer dans le choix d’un jeune architecte.

4) Choisir un architecte en fonction du prix et de la durée

Avant de faire appel à un architecte, il est important de connaître sa capacité d’investissement dans le projet. Il faut avoir en tête qu’un projet architectural est rentable dans la mesure où les travaux apportent une grande plus-value au bien immobilier. De plus, les prestations plus coûteuses sont mieux travaillées et peuvent donc s’avérer mieux conçues et plus efficaces. Il ne faut donc pas lésiner sur le budget.

Enfin, un regard sur les travaux de l’architecte peut être utile. Cela permettra de savoir s’il a l’habitude de respecter les délais ou non. En fonction de ce critère, le choix d’un architecte se dirigera vers l’un ou l’autre.

Conclusion

Choisir un bon architecte est une étape cruciale. En effet, il faut répondre aux règles en vigueur qui sont très rigoureuses pour les monuments historiques. En même temps, il est impératif de s’assurer de la mise à bien du projet pour qu’il respecte les contraintes techniques, matérielles et esthétiques envisagées.

Le choix d’un architecte peut se faire par le bouche à oreille, sur recommandation. Il peut aussi s’effectuer via la recherche sur des plateformes spécialisées. On trouve par exemple : Le tableau des architectes, Trouver mon architecte, Architectes pour tous, Architectes du patrimoine… Enfin, il peut également être judicieux de s’adresser aux différents services régionaux (DRAC, collectivités…).

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L’important à retenir de cet article :

La gastronomie est un pilier de l’identité française. Inscrite dans le patrimoine français au même titre que les monuments et sites historiques, la gastronomie plait aux touristes français et internationaux. De cet attrait pour la gastronomie est né le tourisme culinaire, qui permet aux individus de découvrir un territoire grâce à sa gastronomie et à ses produits du terroir.

Introduction :

Selon Jean-Yves Le Drian, actuel ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, « il n’y a pas meilleure porte d’entrée pour la France que ses saveurs et ses goûts ». La France est une terre de saveurs, jalonnée par l’opulence de produits issus des terroirs de chaque région. Ainsi, la gastronomie est une manière pour les touristes de découvrir un territoire, au gré de ses produits du terroir, et son patrimoine.

À titre informatif, le mot « restaurant » est l’un des mots français les plus utilisés à travers le monde. Cette information qui parait anecdotique révèle l’importance de la gastronomie française et le lien, conscient ou non, que font les étrangers entre la gastronomie et la France. Les deux sont indissociables : la gastronomie fait intégralement partie de l’identité française.

Ainsi, le « repas gastronomique des français » a été classé au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2010. La protection concerne le déroulement des repas, la qualité des recettes et produits, ainsi que son aspect social. En effet, en France, la gastronomie est au cœur de nos pratiques sociales, comme le raconte le podcast de Louie Media, « Manger ».

L’importance de la gastronomie française est telle qu’elle inspire les artistes et écrivains  depuis des siècles. De l’écrivain François Rabelais au peintre Gustave Caillebotte, les créateurs ont été inspirés par la gastronomie française. Tandis que le premier met en avant l’opulence de la cuisine française et des banquets d’antan, le second a retranscrit sur sa toile le raffinement et l’élégance du dîner à la française. 

Nature morte au homard, Gustave Caillebotte, 1883

Dans une huile sur toile intitulée Nature morte au homard, le peintre représente un homard, sobrement disposé sur une nappe blanche. Ce tableau, acheté par des collectionneurs américains, rend hommage à la gastronomie française.

La gastronomie, symbole indissociable de la France

La France est reconnue de par le monde pour de nombreuses richesses, à l’instar de son patrimoine. La plus symbolique est la gastronomie, mêlant raffinement et simplicité, savoir-faire, culture et patrimoine. 

Le patrimoine gastronomique en France rassemble divers éléments : les savoir-faire et techniques culinaires, les recettes et les produits, mais aussi les coutumes et légendes liées à l’histoire culinaire du pays. En France, chaque région possède au moins une spécialité gastronomique, qu’il s’agisse d’un produit du terroir ou d’une recette, qui fait intégralement partie de son identité. 

Certaines de ces spécialités régionales sont tellement réputées à travers le monde qu’elles sont devenues symboliques de la région, et plus largement de la France. Par exemple, la galette bretonne à base de sarrasin se mange dans tous les pays, et c’est un incontournable pour les touristes. D’autres plats français sont aussi réputés à l’étranger, à l’instar du gratin dauphinois, du bœuf bourguignon ou de la ratatouille. D’ailleurs, Ratatouille (2007) est le titre d’un célèbre film d’animation Disney Pixar, qui rend hommage à la gastronomie française. 

Les plats traditionnels de nos régions ont su conquérir le monde, attisant toujours plus la curiosité des touristes pour la gastronomie française. 

« Goût de / Good France », ou le rayonnement de la gastronomie française à l’international

Chaque année, l’évènement « Goût de / Good France », mets à l’honneur la gastronomie française à travers le monde. Initié en 2015 par le célèbre chef cuisinier Alain Ducasse, l’évènement reprend l’idée des Dîners d’Épicure du chef Auguste Escoffier. Ces dîners se sont déroulés de 1911 à 1914 avant d’être arrêtés par la Première guerre mondiale. Il s’agissait d’évènements mondiaux au cours desquels des chefs, répartis dans divers pays, préparaient un repas gastronomique français, pour célébrer la cuisine française. 

Lorsqu’Alain Ducasse fait renaitre ces dîners à travers l’évènement intitulé « Goût de / Good France », il choisit de mettre en avant la diversité du patrimoine gastronomique français en valorisant chaque année une région différente. Un grand dîner est organisé à Paris, tandis qu’une multitude d’autres sont parallèlement servis dans les ambassades et consulats à travers le monde, ainsi que dans des restaurants. La dernière édition, qui aurait dû avoir lieu en 2020, prévoyait de mettre en avant les cheffes et chefs du Centre-Val-de-Loire.

Ces évènements contribuent au rayonnement international de la gastronomie française.

La diversité du patrimoine gastronomique en France

Le patrimoine gastronomique englobe aussi des lieux liés à la culture culinaire : les jardins, potagers et vergers, ainsi que les restaurants, cafés, etc. À ce titre, près de 90 potagers sont protégés au titre des Monuments Historiques, dont une quinzaine sont classés tels que :

– Le Potager du Roi au Domaine de Versailles ;

– Le potager du Château de la Roche-Guyon ;

– Celui du Château de Villandry, qui accueille chaque année environ 350 000 visiteurs. 

Les Jardins Potagers du Château de Villandry

Ces lieux sont à la fois du patrimoine historique, naturel et gastronomique. En effet, il n’est pas rare que ces trois domaines s’entremêlent, puisqu’ils sont tous intrinsèques à l’identité du pays. 

En plus des potagers protégés, nombreux sont les restaurants qui bénéficient d’une protection au titre des Monuments Historiques. Certains restaurants occupaient déjà les lieux avant d’être classés, tandis que d’autres se sont installés (a postériori) dans des monuments historiques. Parmi les restaurants installés dans des lieux historiques, en voici quelques-uns célèbres : 

– Le Jules Verne à Paris, au sein de l’emblématique Tour Eiffel ;

– La Cigale à Nantes, brasserie unique au décors somptueux, qui illumine le cœur de Nantes depuis 1895.

Sublimer le patrimoine historique grâce à la gastronomie

La gastronomie partage avec le patrimoine historique quelques caractéristiques. Tous les deux sont importants dans l’identité du pays et témoignent de son histoire, chacun à leur manière. Ils sont aussi les témoins de l’évolution du mode de vie des français, selon les époques et les territoires.

De plus, le patrimoine historique et le patrimoine gastronomique partagent des valeurs telles que l’authenticité, le raffinement mais aussi la simplicité, ainsi que le respect des matières premières.

Ainsi, nombreux sont les chefs qui ont décidé de s’installer dans des lieux patrimoniaux afin d’y développer leurs restaurants.

L’Auberge du Père Bise du chef Jean Sulpice

Créée au début du XXème siècle, l’Auberge du Père Bise est une ancestrale maison de bien-être, théâtre du patrimoine culinaire de la région. En effet, l’Auberge est particulièrement réputée pour avoir été tenue par Marguerite Bise, grande cheffe française. Elle est la troisième femme ayant obtenu trois étoiles au Guide Michelin. L’Auberge a longtemps été tenue par la même famille, la famille Bise, avant d’être rachetée par le jeune chef Jean Sulpice.

Bordée par les eaux du Lac d’Annecy, l’Auberge est un lieu unique et intemporel, entre patrimoine gastronomique, historique et naturel. La beauté du lieu a séduit Jean Sulpice et sa compagne, qui ont repris l’Auberge en 2016. Depuis, le jeune chef laisse sa créativité s’épanouir, proposant une gastronomie qui se veut responsable et durable, alliant tradition et modernité.

L’Auberge propose deux types de restauration, un restaurant gastronomique 2 étoiles, ainsi qu’un espace bar. Dans ses restaurants, le chef propose une cuisine ancrée dans son terroir, à l’écoute des saisons et respectueuse des produits.

De par son histoire, l’Auberge du Père Bise est le lieu idéal pour l’épanouissement d’un chef. Toutefois, même des lieux patrimoniaux dont l’histoire n’est pas marquée par la gastronomie, c’est-à-dire qui ne sont pas des brasseries ou restaurants historiques, peuvent devenir de parfaits théâtres pour un restaurant.

La gastronomie au château de Fonscolombe

Situé au cœur d’un terrain de 12 hectares, près d’Aix-en-Provence, le Château de Fonscolombe est un sublime édifice construit au XVIIIème siècle dans le style Quattrocento. À l’issue d’une vingtaine d’années de restauration, l’édifice rouvre ses portes en 2017. 

Devenu un hôtel 5 étoiles, le lieu possède aussi deux restaurants ainsi que des vignes, véritable atout pour accueillir les amateurs d’oenotourisme, ce dernier étant intimement lié au tourisme gastronomique. De plus, le lieu possède un potager, dont les productions sont directement utilisés dans les restaurants. 

Classé parmi les Relais & Châteaux, le restaurant accueille les touristes , les locaux ainsi que les résidents du château, venus séjourner quelques jours en vacances.

Le restaurant principal du Château de Fonscolombe est le restaurant L’Orangerie, dont les terrasses offrent une vue imprenable sur le parc du domaine. Le chef du restaurant est Quentin Durand, jeune chef français ayant travaillé auprès des plus grands.

Afin d’offrir une expérience unique à ses clients, ces derniers ont la possibilité d’échanger avec le chef à leur arrivée. Au cours de cette discussion, le chef prend connaissance de la « Madeleine de Proust » des clients, afin de leur faire revivre ce souvenir. À travers cette expérience, le moment au sein du restaurant s’imprime dans la mémoire sensorielle de la clientèle. De cette manière, le lieu crée un véritable lien émotionnel avec le client. C’est une manière de pérenniser la clientèle grâce à une technique s’approchant du neuromarketing.

Charmer le public grâce au tourisme gastronomique

L’attrait des touristes pour la gastronomie a donné naissance à une branche du tourisme nommée le tourisme gastronomique ou tourisme culinaire. En France, environ 13 millions de touristes déclarent pratiquer le tourisme gastronomique. Pour certains touristes, il s’agit de la première motivation pour découvrir un lieu, premier critère de choix. Pour d’autres, le tourisme gastronomique est un atout supplémentaire, mais pas la raison de leur voyage. Les activités complémentaires appréciées par les touristes sont les visites culturelles et patrimoniales, ainsi que les activités de plein air.

Le tourisme gastronomique englobe différentes pratiques, prenant aussi en compte l’oenotourisme ou l’agritourisme. En effet, le tourisme culinaire ou gastronomique concerne toutes les pratiques qui vont mettre en avant le patrimoine gastronomique d’un lieu. 

Tandis que certains touristes désirent simplement découvrir les mets et recettes traditionnels d’un territoire, d’autres recherchent une véritable expérience culinaire mémorable. Ils ont alors le désir de s’initier à la cuisine, de s’immerger dans la culture et le patrimoine grâce à la gastronomie. Ainsi, les activités proposées dans le cadre du tourisme gastronomique sont variées :

– Atelier dégustation en compagnie d’un chef ;

– Stages de cuisine auprès d’un chef ;

– Visites de vignes, de fermes ou de marchés en compagnie d’un spécialiste.

Développer l’une de ces activités en complément de son restaurant est un bon moyen d’attirer les touristes en recherche d’expérience.

Le restaurant La Chapelle Saint-Martin de Gilles Dudognon

Installé dans une ancienne résidence de porcelainiers du XIXème siècle, caractéristique de la ville de Limoges, le restaurant La Chapelle Saint-Martin accueille les clients dans l’univers du chef Gilles Dudognon. Le restaurant de Gilles Dudognon met en valeur le patrimoine bâti de la région, notamment l’histoire de la porcelaine, ainsi que le patrimoine gastronomique.

Une image contenant bâtiment, villégiature

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La Chapelle Saint-Martin ⓒgroupon.fr

Originaire de la région, Gilles Dudognon revendique fièrement son amour pour ce territoire et son patrimoine à travers sa cuisine. Il travaille principalement avec des artisans et producteurs locaux, créant ainsi une synergie entre le lieu et les autres acteurs du territoire.

Afin de diversifier l’expérience autour de la gastronomie locale, le lieu propose diverses activités thématiques :

– Des cours de cuisine ainsi qu’une expérience en immersion en cuisine avec le chef ;

– Un menu thématique « Grande Escapade », incluant une dégustation Accord Mets et Vins ;

– Les « Ruches à manger », déjeuner atypique au sein du parc.

Grâce à ces différentes expériences qui complètent les simples repas au restaurant, le lieu propose aux touristes amateurs de gastronomie un véritable panel d’activités adaptées aux envies et besoins de chacun. 

Conclusion :

 Le tourisme gastronomique est un véritable levier pour attirer des clients au sein d’un territoire ou d’un site patrimonial. Premièrement, il apporte de la visibilité au lieu ainsi qu’une rentabilité sur le long terme. Ensuite, il permet de créer un lien avec la clientèle grâce à la gastronomie, à travers une expérience sensorielle unique que seuls les plaisirs de la table peuvent procurer.

Que ce soit du côté des chefs cuisinier ou du côté des propriétaires et gestionnaires de sites patrimoniaux, mêler patrimoine historique et patrimoine gastronomique est une excellente manière d’offrir à la clientèle une expérience unique. De plus, le patrimoine historique est généralement lié au patrimoine naturel, qui est lui-même essentiel en gastronomie.

Pour aller plus loin :

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Créer une école de cuisine dans un château

© Miel du Château de Selles-sur-Cher. Adopter le naming pour son site historiqe en créant sa marque.

L’objectif de cet article est de donner des explications et conseils pour adopter une stratégie de naming pour son site historique.

L’important à retenir de cet article

Dans cet artcicle, vous trouverez des explications et conseils pour adopter une stratégie de naming pour son site historique. Celle-ci implique deux méthodes de financement différentes mais efficaces :

– la création d’une marque affiliée à son site historique pour générer des recettes suite à la vente de produits griffés (signés) au nom du château

– l’apport de nouveaux mécènes en permettant l’inscription de leur nom dans l’histoire du château ou du site d’exception

Introduction

En marketing, le naming désigne deux réalités bien distinctes.

Il concerne, d’une part, la création d’une marque par une entreprise, une société ou une infrastructure afin de profiter directement des recettes liées à la vente des produits porteurs de la marque.

D’autre part, le terme de naming est utilisé lorsqu’une marque, une entreprise ou une personne donne son nom à une infrastructure afin de gagner en visibilité en échange de contreparties financières.

Voici nos explications et conseils pour adopter une stratégie de naming pour son site historique.

I. Adopter le naming pour son site historique en créant sa marque

Adopter une stratégie de naming pour son site historique peut consister à créer une marque affiliée à un site historique. Les châteaux étant des sites d’exception, ils bénéficient d’une image de haut prestige qu’il est essentiel de savoir exploiter.

1) Le naming dans les monuments nationaux

A Versailles, les caisses à orangers, les bancs ou vases monumentaux des jardins du château sont également vendus au public. Empreints d’un caractère historique fortement lié au Roi Soleil et à son célèbre jardinier le Nôtre, ces équipements extérieurs font l’objet d’une forte demande. Griffés « Château de Versailles », ils deviennent des produits de consommation extrêmement attractifs. Ce prestige entraîne des retombées financières bénéficiant directement au Château. Le domaine patrimonial de Versailles passe ainsi de nombreux contrats de licence avec plusieurs organismes afin de diversifier son offre. De même, toute une gamme de bougies odorantes et de parfums imprégnée du Château de Versailles et du raffinement à la française ont été conçues par Elisabeth de Feydeau sous la marque Arty Fragance. La reconstitution du parfum de la reine Marie-Antoinette a notamment contribué au prestige de la marque.

Outre Versailles, Chambord a su lui aussi exploiter son image. Les produits mis en vente dans les boutiques sont signés Chambord. Séduits, les visiteurs peuvent repartir avec des souvenirs fabriqués à partir des matières premières du site (bois, miel, andouillers de cerfs, …) sur lesquels est apposée la griffe du célèbre domaine patrimonial et naturel de Chambord.

2) Adopter le naming pour les abbayes et châteaux privés

Mais passons les grands châteaux nationaux, vous aussi propriétaires privés pouvez pratiquer le naming. Nombreux sont les châteaux, abbayes ou vieilles demeures qui mettent en vente des produits portant leurs noms. A Selles-sur-Cher, le miel du château est vendu au public. En ce qui concerne les abbayes, un concept de divine box a été mis en place. L’abonnement à la box permet de recevoir chaque mois des produits fabriqués par les abbayes. Il y anotamment des bières trappistes (Westmalle, Chimay, Spencer, …). Ainsi pour les petits propriétaires, la pratique du naming peut être salutaire. Elle permet de générer des revenus supplémentaires et de faire connaître le domaine. En effet, le produit devient ambassadeur du site historique sur le quel il est produit puis vendu.

Pour Jean d’Haussonville, directeur général du domaine national de Chambord,

« Chambord est passé d’une phase de défense de sa marque à une phase de valorisation, en particulier grâce au développement de produits. La signature de la France passe par des noms de lieux, par une séduction de ses territoires »

II. Adopter le naming pour son site historique dans une logique de sponsoring

Déjà pratiqué dans les secteurs du sport et du spectacle, le naming en tant que pratique de parrainage tend à s’appliquer désormais aux musées et sites historiques.

1) Adopter le naming pour son site historique : exemples de parrainages

Ainsi, la première salle du Musée d’Art Moderne de Paris s’est vue rebaptisée « Albert Amon ». Il s’agit du père de Maurice Amon, grand passionné et collectionneur d’art contemporain. C’est une grande première pour un musée d’art français qu’un mécène puisse apposer son nom au sein d’une structure muséale. Le conservateur du Mam de Paris souhaite poursuivre cette politique du naming. Il propose des salles à un million ou 500 000 euros en fonction de leurs dimensions. Cela lui permet d’élargir ses recettes en vue de l’embellissement du musée et de l’acquisition de nouvelles œuvres. Mis en place en 2017, le naming a ainsi permis de participer en partie au financement du réaménagement du musée.

« Cette opération a permis de participer à hauteur de 20% aux grands travaux de rénovation de 2019 »

A Vaux-le-Vicomte, en récompense des dons effectués pour la plantation de tilleuls le long du grand canal, une plaque gravée au nom du mécène figure au pied de chaque arbre.

2) Adopter le naming pour son site historique : conseils

Pour un propriétaire de château ou un conservateur de musée, le naming est une opportunité de financement non négligeable à laquelle il peut être intéressant d’avoir recours. Néanmoins, le c’est une solution délicate encore mal implantée en France et quelquefois vilipendée. En effet, certains individus y voit une commercialisation voire une marchandisation du patrimoine muséal ou architectural et c’est en cela qu’ils dénoncent la pratique du naming. Par ailleurs il arrive souvent que les nouveaux noms affiliés à des entreprises ou des enseignes se substituent aux appellations traditionnelles et historiques. Le Centre d’interprétation de l’histoire du Loure et des ses collections, situé dans Pavillon de l’Horloge, a ainsi été renommé le Centre Sheikh Zayed bin Sultan al Nahyan (fondateur de la fédération des Emirats arabes unis).

Quoiqu’il en soit, il est possible d’user de cette stratégie de financement pour son site historique ou pour une institution muséale tout en respectant le patrimoine culturel. Il s’agit simplement de suivre un cadre réglementaire rigoureux et en cela nous vous invitons à suivre plusieurs conseils :

Bien réfléchir à l’affectation du don dans le naming

Avec le naming, il faut se montrer inventif afin que les contreparties soient attractives mais sans être trop contraignantes. Il est important de réfléchir à l’objet, à l’espace ou à l’évènement que l’on souhaite mettre à disposition des mécènes. Cela est sans doute plus avantageux de viser des objets, des salles ou des activités plutôt que le monument en lui-même. En effet, ce n’est pas très agréable de rebaptiser un château en lui supprimant son nom historique. C’est pourquoi il est certainement préférable de proposer aux mécènes de donner leur nom à un banc, une porte, une salle, etc … Cependant, il faut également préciser l’affectation du don afin que les contributeurs ne se sentent pas trompés. Leurs dons seront-ils destinés à la restauration, l’entretien ou l’embellissement du site ou encore à l’acquisition d’œuvres ou de meubles ?

Adopter et mettre en place une grille tarifaire et la respecter

Avant de procéder à la stratégie du naming, il est impératif de fixer une grille tarifaire et une durée après avoir choisi le montant envisagé de la collecte. Pour financer son déménagement sur le plateau de Saclay, Centrale Supélec a lancé un phase de collecte établie à 14 millions d’euros en 2014. Les mécènes peuvent choisir de sponsoriser une terrasse (250 000 €), une salle de cours (100 000 €), une salle de réunion (50 000 €) ou encore un fauteuil d’amphithéâtre (10 000 €) pour une durée de dix ou quarante ans (mise doublée). Ensuite, il s’agira de toujours respecter les tarifs en place. En effet, pour garder en crédibilité, aucune exception ne doit être admise, peu importe le degré d’affinité du donateur avec le site patrimonial.

Adopter et définir une charte éthique

Il est tout à fait possible d’adopter le naming pour son site historique mais il est conseillé de définir une charte éthique pour éviter de défigurer et dénaturaliser le lieu. Celle-ci fait l’objet d’une convention très précise entre les différents acteurs et parties prenantes en charge de la sauvegarde du patrimoine en question. Il faut à tout prix respecter la signalétique et l’architecture du bâti qui pourraient être menacés par une trop grande influence du donateur. Il est ainsi possible de veiller à l’interdiction de la présence de logos au sein du château ou du site d’exception.

Garder son indépendance dans le naming

Le plus compliqué dans la stratégie du naming de mécénat est de garder une certaine indépendance vis à vis des donateurs. Flattés de pouvoir être intégrés à l’histoire du château, ils pourront avoir l’ambition de participer à son aménagement et à sa politique de décoration et de restauration. Il convient donc de trouver un équilibre entre l’intégration des donateurs et la maîtrise de son bien.

Protéger son château et s’assurer de l’intérêt du naming

En adoptant le naming, il faut être vigilant sur l’identité des personnes ou entreprises qui souhaitent donner leurs noms. On peut notamment penser à la question des couples donateurs : les individus sont-ils tous deux d’accord pour donner leur nom en contrepartie d’un versement financier ? … Autre étude de cas : que faire si la personne ayant cédé son nom est condamnée pour cause judiciaire ? La mise en place d’une clause juridique particulière pour résilier le contrat de naming peut donc être une bonne option.

Conclusion

Le naming est une technique de marketing qui propose deux types de propositions. L’une vise à développer une marque affiliée directement au site historique pour attirer les clients prestigieux et générer des recettes. La seconde offre aux mécènes d’apposer leurs noms à des espaces, des objets, des lieux ou encore des activités. Ces deux alternatives peuvent être des sources de financement utiles et efficaces.

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Le mécénat patrimonial : fonctionnement et utilisation

Quels financements pour mon château

Dans cet article, découvrez Paris, la ville aux mille visages, la ville lumière, la ville mythique à travers le monde !

Introduction :

Réputée dans le monde entier pour sa beauté et son architecture, Paris rayonne à l’international. Chaque année, Paris est le théâtre de divers grands évènements à l’instar de la Foire Internationale d’Art Contemporain, la Fashion Week ou Roland Garros. Ces évènements participent à la renommée et l’attractivité de Paris, tout comme ses célèbres monuments.

Les monuments parisiens sont connus dans le monde entier, générant des flux touristiques impressionnants. La Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, par exemple, accueille chaque année près de 10 millions de visiteurs, la plaçant actuellement en tête du classement des lieux les plus visités de Paris. Néanmoins, depuis quelques années, les chiffres de la fréquentation ne sont plus communiqués. Elle ne figurera donc pas dans la sélection qui va suivre.  

Parmi les monuments dont les chiffres de fréquentation ne sont plus communiqués depuis quelques années se trouve aussi la Tour EiffelSymbole de la France et de Paris à travers le monde, les derniers chiffres datant de 2017 recensaient plus de 6 millions de visiteurs. 

Il existe mille et une façon de découvrir Paris . Voici les trésors de la capitale française, qui inspire et fascine.

Découvrir Paris au gré des arts et de la littérature

Depuis des siècles, Paris est une source d’inspiration pour les artistes, notamment au XIXème siècle. À titre d’exemple, Gustave CaillebotteClaude Monet ou encore Alfred Sisley ont peint plusieurs vues et monuments parisiens. 

Les rues et places de certains quartiers de Paris inspirent aussi le cinéma. L’un des films qui a beaucoup popularisé ces décors parisiens, et notamment Montmartre, est le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (réalisé par Jean-Pierre Jeunet, sorti en 2001, 23,11 millions de spectateurs dans le monde) . Succès planétaire du début des années 2000, le film a donné envie à des millions de spectateurs de découvrir Paris. Ce film culte a tellement marqué le public qu’un parcours thématique est proposé par l’Office de Tourisme de Paris pour permettre aux excursionnistes de marcher dans les pas d’Amélie. 

Paris est aussi une grande source d’inspiration dans la littérature. La ville inspire les écrivains français et étrangers, à l’instar du célèbre écrivain Ernest Hemingway qui écrit en 1920 Paris est une fête. Le titre du roman, œuvre autobiographique, retranscrit à lui seul l’état d’esprit de la vie à Paris.

Le roman le plus célèbre se déroulant à Paris est Notre-Dame-de-Paris écrit par Victor Hugo. Cette œuvre emblématique de l’écrivain prend place dans le cœur de Paris. La Cathédrale Notre-Dame-de-Paris est l’un des décors principaux du roman. Chef d’œuvre de la littérature, l’ouvrage a donné naissance à un dessin animé réalisé par Disney, Le Bossu de Notre-Dame, ainsi qu’à une comédie musicale, reprise à travers le monde. Ces adaptations ont renforcées la fascination pour Paris.

Vue arrière de la Cathédrale Notre-Dame-de-Paris avant l’Incendie de 2019

Avant l’incendie survenu en 2019, la Cathédrale Notre-Dame-de-Paris enregistrait une fréquentation record. En effet, en 2018, ce sont 14 millions de touristes qui ont visité la cathédrale, ce qui en faisait le monument le plus visité d’Europe.

Le trio des plus célèbres musées d’art parisiens

Les musées d’art parisiens contribuent grandement à la renommée de la ville. Ce sont les monuments les plus visités dans le classement des sites parisiensLes trois grands musées de la ville retracent l’évolution de l’histoire de l’art de l’antiquité jusqu’à nos jours. 

Le Musée du Louvre, plus célèbre musée du monde

Le musée parisien le plus célèbre est le Musée du LouvrePlus grand musée d’art et d’antiquités au monde avec une superficie de 210 000m2, le Musée du Louvre est aussi le plus visité. En effet, le Louvre attire chaque année environ 10 millions de touristes, ce qui le place devant le Musée National de Chine ou encore le très célèbre Metropolitan Museum of Art (MET) de New York.  

La Cour Napoléon avec la Pyramide du Louvre au centre

La renommée du Louvre s’explique grâce à son impressionnante collection d’œuvres et d’objets d’arts. Parmi ces œuvres, la plus mondialement célèbre est la Joconde, peinte par le maître Léonard de Vinci. Néanmoins, le musée renferme beaucoup d’autres chefs d’œuvres, tels que :

– Les Noces de Cana, réalisé par le célèbre peintre Véronèse ;

– La Vierge au Chancelier Rolin peint par le maitre flamand Van Eyck :

– Le Serment des Horaces, réalisé par Jacques-Louis David. 

Le Serment des Horaces, Jacques-Louis David

Ces quelques tableaux ne sont qu’une infime partie de tous les chefs d’œuvres que possède le Louvre. Grâce à sa renommée, qu’il doit aussi à la beauté de son architecture, le Louvre a accueilli divers tournages, tels que le fameux film Da Vinci Code réalisé par Dan Brown (2006) ou le clip Apeshit de Beyonce et Jay-Z (2018). 

Le lieu bénéficie aussi du Carrousel du Louvre, importante galerie commerciale située sous le musée. Les grandes marques, qui y sont installées, attirent énormément les touristes étrangers. L’ensemble formé par le musée et la galerie commerciale est un véritable levier économique pour la ville.

Le Musée d’Orsay

Hébergé dans l’ancienne gare d’Orsay, le Musée d’Orsay est le deuxième musée le plus visité de la capitale avec 3 651 616 visiteurs en 2019. Il abrite une impressionnante collection d’art consacrée à la période couvrant la seconde moitié du XIXème siècle, jusqu’aux premières années du XXème siècle. L’impressionnisme y est très présent. 

La collection est composée de chefs d’œuvres tels que :

– Les Raboteurs de parquet, tableau réalisé par Gustave Caillebotte ;

– Les Coquelicots, peint par Claude Monet ;

– Le Déjeuner sur l’herbe, réalisé par Édouard Manet. 

Une image contenant intérieur

Description générée automatiquement
Les Raboteurs de Parquet, Gustave Caillebotte

Le Musée d’Orsay accueille aussi des expositions temporaires d’une grande qualité, à l’instar de l’exposition « Degas Danse Dessin ». En plus de ces expositions temporaires, le musée est le théâtre d’évènements grand public comme le spectacle « Degas Danse ». 

Les deux musées sont très complémentaires. En effet, la collection du Musée d’Orsay s’inscrit dans la continuité temporelle des œuvres présentées au Louvre. Visiter ces deux musées permet aux touristes d’avoir une vision d’ensemble sur l’histoire de l’art ancien, de l’antiquité jusqu’au XIXème siècle.

Le Centre Pompidou, cœur de l’art moderne

Pour les amateurs d’art moderne et contemporain, le Centre Pompidou est un incontournable à voir à Paris. Le Centre Pompidou est le grand musée d’art moderne et contemporain parisien. Il possède la plus grande collection d’Europe. En 2019, le musée a accueilli près de 3,3 millions de visiteurs.

Parmi les chefs d’œuvre de la collection, regroupant plus de 120 000 œuvres modernes et contemporaines, il y a notamment :

– Avec l’arc noir, réalisé par le fondateur de l’abstraction Vassily Kandinsky ;

– Concetto Spaziale, Attese, par Lucio Fontana ;

– Violon, par Picasso.

En venant au Centre Pompidou, le public découvre toute la démarche créative née à la période moderne et qui se prolonge de nos jours. C’est une démarche complètement différente de l’art ancien, qui peut paraître abrupte ou difficile à comprendre. La médiation est donc primordiale, afin de guider le public dans la compréhension des œuvres.

Ainsi, le lieu propose des conférences, des spectacles et des projections. De plus, le musée renforce son attractivité pour le jeune public grâce à une aire entièrement qui leur est dédiée. L’objectif est de les sensibiliser à la création contemporaine.

L’art innove et se diversifie à Paris

Les trois musées cités précédemment génèrent un important flux touristique dans la capitale. Avec les monuments historiques, ils sont de vrais atouts pour la ville. On retrouve également d’autres lieux dédiés à l’art, qui entrent dans le classement des lieux les plus fréquentés de la capitale.  

L’Atelier des Lumières

Situé dans une ancienne fonderie du XIXème siècle réhabilité en centre d’art numérique, l’Atelier des Lumières a attiré 1 392 000 visiteurs en 2019. Le lieu propose des expositions immersives qui rendent hommage à des maitres de la peinture, ainsi que des expositions plus contemporaines. Le centre organise chaque année une exposition longue, puis une courte, avant de donner la parole à des artistes de la création contemporaine.

Ici, le numérique permet aux visiteurs de découvrir les œuvres d’une autre manière. L’expérience proposée au spectateur est unique : au lieu d’être en contemplation face à une toile en deux dimensions, il est complètement immergé dans l’œuvre et l’univers d’un artiste.

Le Musée du Quai Branly

Ouvert en 2006, le Musée du Quai Branly – Jacques Chirac est né d’un projet porté par le Président de la République qui lui a donné son nom. Centré sur l’ethnologie, le musée abrite différentes collections d’arts et d’objets africains, asiatiques, océaniens et américains. Grâce à cette collection, le musée encourage la curiosité et le dialogue entre les cultures des différents continents

Le site bénéficie aussi d’une architecture contemporaine unique et d’un impressionnant jardin. Au cœur de ce luxuriant jardin se trouve un restaurant panoramiqueLes Ombres, perché sur le toit-terrasse du musée. Cette table parisienne raffinée est un atout supplémentaire pour attirer les touristes au Musée du Quai Branly. En 2019, ce sont 1,1 million de touristes qui l’ont fréquenté.

Enfin, le lieu et surtout son restaurant, bénéficient aussi d’une vue imprenable sur la Seine et la Tour Eiffel. Le Musée du Quai Branly propose une expérience complète et unique à ses visiteurs, entre art, culture et gastronomie.

L’importance du patrimoine historique à Paris

Les monuments historiques parisiens contribuent eux aussi à la renommée de la ville. Ces lieux retracent l’histoire de la ville et de la France au fils des siècles.

L’Arc de Triomphe

L’un des monuments historiques les plus célèbres est l’Arc de Triomphe, situé au sommet de la non moins célèbre avenue des Champs-Élysées. En 2019, le lieu a attiré environ 1,6 million de visiteurs. Passage incontournable pour tout touriste visitant la capitale, l’Arc de Triomphe fut érigé au XIXème siècle par l’architecte Jean-François Chalgrin. Ce dernier s’est inspiré des arcs de triomphes romains, notamment celui de Titus. 

L’Arc de triomphe est un haut-lieu de l’histoire de France. Souhaité par Napoléon Ier, il est inauguré par Louis-Philipe, qui le dédie alors aux armées de la Révolution et de l’Empire. Le lieu sert ensuite à l’inhumation du Soldat inconnu en 1921. Chaque soir, la Flamme du souvenir, flamme éternelle, est ravivée en hommage aux soldats morts au combat. C’est un lieu de tourisme de mémoire, où les touristes viennent commémorer les héros du passé.

La Sainte-Chapelle

Destinée à accueillir la Couronne d’épines du Christ, la Sainte-Chapelle est un édifice religieux de style gothique. Impressionnant par son architecture, son décor et ses 1 113 vitraux, le lieu a attiré 1,4 million de touristes en 2019. 

La Sainte-Chapelle bénéficie ces dernières années d’un flux touristique plus important. Cette augmentation est notamment dûe à la fermeture au public de la cathédrale Notre-Dame.  

Avec la Conciergerie, la Sainte-Chapelle est l’unique vestige du Palais de la Cité, transformé par la suite en Palais de Justice.

Le musée de l’Armée au sein de l’Hôtel national des Invalides

Situé au sein du monument historique de l’Hôtel national des Invalidesle Musée de l’Armée abrite une collection impressionnante dédiée à l’armement et à l’histoire militaire française. À la fois monument historique et musée militaire, ce lieu a attiré 1,2 million de visiteurs en 2019. 

Chaque année depuis 2012, les Invalides accueillent l’évènement « la Nuit aux Invalides ». Cette soirée de spectacle son et lumière plonge les spectateurs dans l’histoire à travers un show immersif. Attirant petits et grands, parisiens et touristes, « la Nuit aux Invalides » est un incontournable.

Les Invalides accueillent aussi des évènements solennels, tels que les commémorations, hommages nationaux et honneurs funèbres rendus aux militaires morts lors d’Opérations Extérieures.

La culture sous toutes ses formes à Paris

La capitale regorge de sites culturels divers qui viennent compléter l’offre déjà existante grâce aux musées d’art et aux monuments historiques.

Le Muséum National d’Histoire Naturelle

Fondé en 1793, le Muséum National d’Histoire Naturelle est l’un des plus anciens établissements mondiaux de cette catégorie. Abritant plusieurs collections scientifiques, le lieu attire des publics curieux, amateurs d’histoire naturelle. En 2019, 2,4 millions de touristes ont visité le muséum. 

Au cœur du Jardin des Plantes de Paris, le Muséum est surtout connu, dans l’imaginaire collectif, pour son immense baleine et son dinosaure. Le Zoo du Jardin des Plantes contribue aussi à la renommée de ce lieu et à renforcer son attractivité.

La Cité des Sciences et de l’Industrie

Labellisée « Architecture Contemporaine Remarquable », la Cité des Sciences et de l’Industrie a accueilli près de 2,4 millions de visiteurs en 2019. Créée dans l’optique de populariser les connaissances scientifiques et techniques, la Cité des Sciences et de l’Industrie s’adresse à des publics variés.

La Cité propose des ateliers pour enfants et pour adultes autours des jeux vidéo, de la science et des nouvelles technologies. Ces ateliers sont pour certains accessibles en ligne, ce qui a permis au lieu de maintenir le contact avec son public pendant la crise liée au coronavirus.

Conclusion :

Tous les grands monuments et grands évènements qui se déroulent à Paris contribuent à l’attractivité de la ville à sur le territoire français comme à l’international. Mais Paris, c’est aussi une balade unique, aux possibilités presque infinies, dans une ville hors-du-commun. Chaque quartier parisien possède sa propre identité : Saint-Germain et Montmartre pour les artistes, le Quartier latin et sa mixité culturelle, etc. 

En se baladant à Paris, les touristes peuvent découvrir des trésors à chaque coin de rue. Entre le vieux Paris poétique et la modernité que la capitale accueille en son sein, Paris est une ville pleine de surprises. 

Paris, c’est aussi le condensé de l’art de vivre à la française : l’art, la culture, l’élégance, la gastronomie … autant d’aspects qui fascinent les touristes étrangers comme les touristes  français.

Pour aller plus loin :

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Le luxe et le patrimoine historique sont indissociables

À travers cet article, partons à la découverte des spécificités du tourisme dans les Hauts-de-France.

L’important à retenir de cet article

La région Hauts-de-France possèdent divers atouts qui lui permettent de proposer une offre touristique variée. Ainsi, grâce à son patrimoine et ses importants lieux culturels, la région attire des publics divers.

Ce qu’il faut retenir :

– Les sites culturels sont très importants pour renforcer l’attractivité de la région. Ils constituent son premier atout ;

– Le tourisme en Hauts-de-France est marqué par le tourisme de mémoire

– Il existe également un tourisme patrimonial et un tourisme orienté vers le bien-être.

Introduction : 

Idéalement située au cœur de l’Europe du Nord-Ouest, la région des Hauts de France bénéficie de sa proximité avec le Royaume-Uni et la Belgique. Sa position stratégique lui permet d’accueillir facilement des touristes étrangers. En 2019, ils ont représenté 3,5 millions de nuitées. 

La région attire surtout les touristes français (71%), notamment les touristes locaux et ceux issus des régions voisines. Ils viennent séjourner dans la région presque uniquement pour des séjours de vacances et de détente. En effet, les nuitées professionnelles sont peu présentes (seulement 7% de l’occupation des hébergements). 

La région des Hauts-de-France possède une offre touristique variée et riche composée de : 

– Patrimoine historique et naturel ;

– Patrimoine intégré au tourisme de mémoire ;

– Divers sites culturels et activités et artistiques.

En complément de ces divers sites touristiques, la région compte aussi de nombreux parcs à thèmes et bases de loisirs, générant un important flux touristique. En effet, le lieu le plus fréquenté de la région est le célèbre Parc Astérix, ayant accueilli 2,3 millions de visiteurs en 2019. Le flux touristique généré par ce type de lieux est un atout pour la région des Hauts-de-France. En effet, les touristes qui se déplacent pour les parcs de loisirs peuvent ensuite profiter des diverses offres touristiques de la région.

Avant de découvrir le classement des sites les plus visités de la région, il est important de parler de la place de la métropole lilloise. En effet, Lille attire beaucoup les touristes, les chiffres clés sont donc cannibalisés par Lille. Toutefois, comme le démontre le classement suivant, la région possède des atouts partout sur son territoire.

Les sites culturels, atouts majeurs des Hauts-de-France

Les sites artistiques et culturels sont très importants en région Hauts-de-France. En effet, la région possède plus de 900 sites culturels, englobant divers lieux comme l’Aquarium Nausicaà. Il s’agit du site culturel le plus visité de la région, avec 846 900 visiteurs en 2019. Lieu unique, plus grand aquarium d’Europe, Nausicaà participe largement à l’attractivité de la région et génère un important flux touristique. 

La région des Hauts-de-France bénéficie aussi de nombreux musées qui jalonnent son territoire, et qui attirent des touristes variés. Au Palais des Beaux-Arts de Lille, les visiteur  viennent admirer la plus grande collection muséale en dehors Paris. Dans ce bâtiment protégé au titre des Monuments Historiques, les visiteurs plongent dans une collection d’art initiée par le célèbre peintre Louis Joseph Watteau. Grâce à son architecture et son incroyable collection, le lieu a attiré 297 000 visiteurs en 2019.

Dans un autre registre, La Piscine, musée d’art et d’industrie André Diligent, propose aux visiteurs une collection constitué d’objets et d’œuvres diverses. Situé à Roubaix dans l’ancienne piscine Art Déco, réhabilitée afin de devenir un musée, ce lieu atypique intrigue et donc attire fortement par son aspect inédit. Cette attractivité est renforcée par le label  « Patrimoine du XXème siècle » du monument. En outre, c’est un lieu renommé chez les amateurs d’art. 

Vitrail de La Piscine

Le Musée du Louvre-Lens, musée le plus visité de la région

Pour les amateurs d’art et les curieux, le Musée du Louvre-Lens, situé dans la ville du même nom, est un incontournable. Fruit de la coopération culturelle entre des acteurs territoriaux et le Musée du Louvre, le Musée du Louvre-Lens est le symbole de la reconversion du bassin minier du Pas-de-Calais. En effet, le musée a été construit sur d’anciennes mines de Lens. Le Bassin Minier est lui aussi un symbole de la région des Hauts-de-France, reconnu au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Petit frère du Louvre de Paris, le musée est lié à ce dernier par une convention scientifique et culturelle. C’est un véritable atout pour l’attractivité du territoire. 

La renommée du Louvre se répercute sur le Louvre-Lens, qui a accueilli 530 000 visiteurs en 2019. Son architecture contemporaine contraste avec ses collections d’arts et d’objets. Extension du Louvre en dehors de la capitale, le lieu génère un important flux touristique sur le territoire, qu’ils s’agissent d’amateurs d’art ou de professionnels. 

Coffret antique conservé au Louvre-Lens

Cet important flux touristique sur le territoire est une chance pour les propriétaires ou gestionnaire de sites patrimoniaux. En effet, les lieux culturels attirent des touristes mais ne leur propose généralement pas de service d’accueil. Il peut donc être judicieux de développer au sein de son bien une offre d’hébergement ou de restauration, en jouant aussi sur les activités artistiques et en proposant des séjours thématiques.

La Gare Saint-Sauveur de Lille, centre culturel très attractif

En complément des musées, la région bénéficie aussi du très attractif centre culturel de la Gare Saint-Sauveurà Lille. Ancienne gare ferroviaire, le lieu a été réhabilité afin d’y héberger un centre culturel. Accueillant des expositions et évènements culturels divers, le lieu dispose aussi de plusieurs équipements pour l’accueil des touristes.

La Gare Saint-Sauveur est l’un des sites les plus visités de la région, avec 695 000 visiteurs en 2019. Cet important flux touristique est bénéfique pour la région, complétant l’importante offre culturelle des Hauts-de-France.

Le patrimoine religieux, historique et naturel en Hauts-de-France

Le patrimoine bâti ainsi que le patrimoine naturel ont aussi un rôle majeur dans l’attractivité du territoire. Par exemple, le site patrimonial ayant attiré le plus de visiteurs en 2019 est la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, visitée par 578 000 touristes. Classé Monument Historique, l’édifice bénéficie d’une double protection au Patrimoine mondial de l’UNESCO. La première concerne le monument en lui-même, et la seconde son appartenance au chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

La Cathédrale Notre-Dame d’Amiens

La région des Hauts-de-France possède aussi de nombreux châteaux qui participent à l’extension de sa renommée. Le Château de Compiègne, situé en bordure de la forêt domaniale, est l’un des trois palais royaux et impériaux les plus importants de France, après Versailles et Fontainebleau. Malheureusement, le lieu sa fréquentation est en baisse depuis quelques années. Cela s’explique notamment par une concurrence accrue par les autres châteaux de la région, qui se démarquent davantage. 

Non loin de là se dresse le Château de Pierrefonds, tel qu’il a été reconstruit par Viollet-le-Duc au Second Empire Le château de Pierrefonds a accueilli 153 400 visiteurs. Géré par le Centre des Monuments Nationaux, il s’agit du deuxième château le plus fréquenté de la région. 

Afin d’attirer les touristes, le château organise de nombreuses activités thématiques comme Le Bal de l’Impératrice, des concerts ou des ateliers ludiques. Le lieu utilise aussi le numérique et les diverses ressources qui sont à sa portée, notamment YouTube ainsi que des bornes interactives et un chatbot. 

Le numérique est un outil de plus en plus intéressant pour dynamiser un site patrimonial et le rendre attractif, surtout depuis le début de la crise sanitaire. En effet, le numérique est un support pour les sites patrimoniaux face à la situation actuelle.

Escapade au Domaine de Chantilly

Le château générant le plus important flux touristique est le Domaine de Chantilly. C’est un incontournable du tourisme dans les Hauts-de-France. S’étendant sur près de huit hectares, le Domaine de Chantilly est un véritable complexe incluant plusieurs édifices : 

– Le château de Chantilly et son musée ;

– Le parc du château ainsi que la forêt de Chantilly ;

– Divers monuments historiques, terres agricoles et terrains de golf. 

En 2019, le Domaine de Chantilly a accueilli 423 000 visiteurs. Cet impressionnant ensemble, labellisé site classé, attire aussi bien les amateurs d’histoire que les férus de nature.

Le domaine de Chantilly

Le domaine de Chantilly symbolise aussi le raffinement et le luxe, comme le démontre la célèbre course hippique le Prix de Diane. L’évènement se déroule au sein de l’hippodrome de Chantilly. Ce rendez-vous annuel créé en 1843 est considéré comme le prix de l’élégance et du raffinement. Cette image de prestige participe à l’attractivité de Chantilly.

Les espaces Henson à Chantilly

Le lieu bénéficie aussi de la renommée des Espaces Équestres Hensonun de leurs espaces étant installé en marge du domaine. Leur présence à Chantilly n’est pas hasardeuse, puisque le domaine possède des Grandes Écuries abritant le musée du cheval. Le lieu propose aussi des spectacles équestres. 

Réputés parmi les passionnés d’équitation, les Espaces Henson permettent aux cavaliers de découvrir la beauté du patrimoine aux alentours. À Chantilly, divers parcours sont proposés, incluant la découverte du château, du parc et de la forêt. Les Espaces Henson s’installent fréquemment à côté de sites patrimoniaux. Ils sont d’ailleurs actuellement en train de s’installer à Compiègne.  

Les activités équestres sont un excellent moyen d’attirer une clientèle variée dans son site patrimonial, grâce à une activité moins proposée, qui change de la simple visite à pied. Le tourisme équestre est une manière atypique pour découvrir le patrimoine des Hauts-de-France.

Les activités en lien avec les chevaux ne se limitent pas qu’aux promenades, il est aussi possible de mettre en place des ateliers bien-être renforçant le lien entre l’animal et l’homme. Il existe donc diverses opportunités, dotant plus en cette période où le bien-être devient un critère essentiel pour les touristes.

Le tourisme de mémoire en Hauts-de-France

Dans la pratique du tourisme de mémoire en France, la région des Hauts-de-France est un territoire incontournable. Deuxième région la plus visité dans ce domaine, les Hauts-de-France sont jalonnés de lieux de mémoire. 

L’histoire contemporaine des conflits qui se sont déroulés dans la région, notamment pendant la Première Guerre Mondiale, a marqué le territoire. Le département de la Somme garde les traces de la Grande Guerre. Les tranchées et trous de mines qui jalonnent le paysage évoquent les douloureux évènements qui s’y sont déroulés. Néanmoins, alors que certains lieux sont tristement célèbres, à l’image du Chemin des Dames, l’un des lieux les 

plus importants de la région est un symbole de paix. Il s’agit de la Clairière de l’Armistice en Forêt de Compiègne. Le lieu fut le théâtre d’un fait historique majeur : la négociation puis signature de l’armistice le 11 novembre 1918, qui mis fin à la première guerre mondiale.

Cet évènement s’est inscrit dans l’histoire de la région des Hauts-de-France. Symbole de la liberté et la paix retrouvées, les Hauts-de-France commémorent aussi leurs morts et les nombreux combattants tombés pendant la Grande Guerre.

Exemple de la nécropole nationale de Notre-Dame de Lorette

La nécropole nationale de Notre-Dame de Lorette en est un bon exemple. Située dans le département du Pas-de-Calais, le site a accueilli 275 000 visiteurs en 2019. La nécropole est un cimetière militaire et un mémorial français. Inauguré en 1925 en commémoration des combattants de la Première Guerre Mondiale, le site comprend : une basilique, une tour-lanterne, le cimetière ainsi qu’un musée. 

S’étendant sur une superficie de plus de 25 hectares, il s’agit de la plus grande nécropole française. Le site bénéficie de la protection au titre des Monuments Historiques. Ce lieu complète l’offre du tourisme dans les Hauts-de-France et accentue l’attractivité du territoire.

Néanmoins, même si le tourisme de mémoire est très développé dans les Hauts-de-France, la région leader dans ce domaine reste la Normandie.

Conclusion : 

La région des Hauts-de-France bénéficie d’une offre touristique diversifié, lié à l’histoire de son territoire ainsi qu’à son patrimoine. Sa proximité avec Paris est aussi un atout, notamment en période de coronavirus, où les touristes privilégient le tourisme de proximité. Voisine de la Belgique et proche du Royaume-Uni, la région bénéficie de son positionnement autant à l’échelle nationale qu’internationale. 

La diversité des univers touristiques de la région est un atout pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux, qui peuvent s’en inspirer. Le large panel de thématiques permet de choisir celle qui s’adaptera le mieux au lieu, à sa configuration, à son environnement et aux besoins du territoire.

Pour aller plus loin :

Idées pour rentabiliser un monument historique

Sortir des activités hôtelières et culturelles dans un château

Comment rendre utile le patrimoine français ?

À travers cet article, découvrez les sites les plus visités en Ile-de-France et programmez votre échappée touristique !

L’important à retenir de cet article :

La région Île-de-France possède tous les atouts pour être un haut lieu du tourisme en France. Bénéficiant évidemment de la renommée de Paris, l’Île-de-France est une région riche. 

Les sites touristiques en dehors de Paris possèdent tous un potentiel intéressant, séduisant les voyageurs. Néanmoins, il est important pour ces sites de développer des activités capables de concurrencer la forte attractivité des monuments parisiens.

Introduction : 

La région Île-de-France bénéficie de la renommée de Paris, capitale culturelle européenne. Attirant chaque année des millions de touristes français et étrangers, la capitale française rayonne à l’internationale. Ce rayonnement est profitable pour les sites touristiques situés hors Paris, bien qu’ils doivent se démarquer pour ne pas rester dans l’ombre des monuments parisiens. 

Le tourisme d’agrément est majoritaire dans la région. En effet, près de 60% des touristes français et 76% des touristes étrangers déclarent venir en Île-de-France pour des raisons personnelles. Plus de la moitié de ces touristes séjournent à Paris, concentrant leurs visites dans la capitale. Effectivement, les lieux qui les attirent le plus sont presque exclusivement parisien. En tête du classement des lieux les plus attractifs, il y a la Tour Eiffel, puis le Musée du LouvreDisneyland Paris et le Château de Versailles sont les deux seuls lieux hors capitale qui émergent dans le classement des sites les plus populaires auprès des touristes.

Pour le territoire de l’Île-de-France hors Paris, il peut donc être difficile de se faire une place au sein de l’importante offre touristique. Pourtant, la région regorge de trésors pour une échappée touristique unique.

Le patrimoine historique, leader du tourisme en Île-de-France

Avec plus de 2 000 monuments historiques, la capitale est un territoire majeur pour les touristes amateurs de patrimoine. Toutefois, la région Île-de-France possède elle aussi des sites patrimoniaux remarquables. 

Le domaine de Versailles et son rayonnement international

Le site le plus célèbre est le Domaine de Versailles, protégé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Réputé dans le monde entier, symbolique de la France et du rayonnement du Roi Soleil, le Domaine de Versailles est l’atout majeur de la région. 

Avec 8,2 millions de visiteurs en 2019, le domaine est le lieu le plus visité d’Île-de-France hors Paris. Célèbre grâce à l’impressionnant Château de Versailles, joyau de l’architecture classique classé Monument Historique, le Domaine de Versailles rayonne aussi par son patrimoine naturel. Les somptueux autres édifices du Domaine de Trianon ainsi que le charmant Hameau de la Reine contribuent également à la renommée du lieu. 

La beauté et la grandeur de Versailles transparaissent aussi à travers les Grandes Eaux Musicales et les Jardins Musicaux. Les Grandes Eaux Nocturnes sont aussi des incontournables à voir au Domaine de Versailles. Au gré des bosquets et des bassins, le public découvre avec émerveillement ce spectacle pensé par le Roi Soleil. Affirmant à leur tour la puissance du Roi Soleil, les jeux d’eau sont une prouesse esthétique et hydraulique qui contribuent à la grandeur de Versailles.

Les autres joyaux architecturaux d’Île-de-France

L’Île-de-France possède d’importants domaines et châteaux, témoins des prouesses architecturales et de l’histoire de France. Plus au Sud de la capitale, le château de Fontainebleau accueille les visiteurs dans les pas de François 1er, qui y était très attaché. Passionné d’art, François 1er fait venir des artistes pour travailler au château. 

Vue depuis l’escalier fer à cheval du château de Fontainebleau

C’est ainsi que le château voit naitre la célèbre École de Fontainebleau, regroupant deux périodes charnières dans l’histoire de l’art français. Témoin de la période la plus riche de l’art renaissant en France, le lieu conserve en son sein des chefs d’œuvre, notamment dans la galerie François 1er

Galerie au château de Fontainebleau

Le château de Fontainebleau est un véritable atout qui attire à la fois les touristes passionnés de patrimoine et les amateurs d’art. Pour les passionnés d’architecture, le Château de Vaux-le-Vicomte est un autre incontournable de la région. 

Chef d’œuvre de l’architecture classique, le château a servi de modèle pour la construction du Château de Versailles. Les extérieurs du Château de Vaux-le-Vicomte comptent autant que son architecture. En effet, c’est au cœur des jardins du château que le célèbre André Le Nôtre met en place la grammaire du jardin à la française : perspective, organisation et géométrie, dans des jardins ornés de jeux d’eau et de sculptures. 

Afin d’attirer les touristes dans ces somptueux jardins, des espaces de loisirs et équipements sont mis à la disposition des touristes : voiturettes, aires de jeux en bois, etc. De plus, des jeux de pistes ainsi qu’une chasse au trésor permettent aux enfants de découvrir le lieu tout en s’amusant. À Vaux-le-Vicomte, tout est fait pour que les touristes passent une journée agréable en profitant du patrimoine.

La Cité Médiévale de Provins, une échappée temporelle

Dans un tout autre univers, la Cité Médiévale de Provins attire les touristes. Alors que la ville de bénéficie pas de la même renommée que Versailles ou Fontainebleau, la Cité Médiévale se place en deuxième position dans le classement des lieux les plus visités. Pour les habitants de la région, c’est un fait étonnant et qui questionne.

Enceinte de la cité médiévale de Provins

Pourtant, la Cité Médiévale de Provins a attiré 1 million de visiteurs en 2019. Alors pourquoi un tel engouement pour ce lieu ? Valorisée par l’Office de Tourisme de Paris, la Cité Médiévale de Provins offre aux visiteurs une expérience immersive. Un véritable voyage dans le temps, à moins de deux heures de Paris, grâce à divers activités et animations :

– Des visites guidées, à pied, en vélo ou à bord d’un petit train, afin de découvrir les divers monuments historiques de la ville ;

– Le Banquet des Troubadours, animé comme à l’époque, pour découvrir la gastronomie du Moyen-Âge dans un décors unique. Il est même possible de louer des costumes pour plonger entièrement le public dans une autre époque. Afin de permettre d’accueillir un vaste public, les repas sont adaptables aux divers régimes alimentaires.

En complément de ces activités, il y a aussi des spectacles thématiques, à la manière du Puy-du-Fou. Spectacles équestres, historiques ou autour de l’art de la fauconnerie, les spectacles dans la Cité Médiévale de Provins perfectionnent l’expérience.

Les sites culturels qui complètent l’échappée touristique en Île-de-France

 Le patrimoine historique est très important dans la région, néanmoins il n’est pas le seul atout de l’Île-de-France. Les touristes en baladent dans la région recherche souvent des activités familiales et ludiques qui peuvent séduire les enfants. Les divers sites touristiques de la région ont donc mis en place des activités pour les enfants, comme le démontre l’exemple précédent de Vaux-le-Vicomte. 

Les sites culturels pédagogiques et ludiques, pour plaire aux enfants et aux adultes

Certains lieux se prêtent particulièrement bien à la création d’activité ludiques et pédagogiques. Au Bourget, le Musée de l’Air et de l’Espace joue sur les ateliers et animations pour attirer sa clientèle. Mêlant patrimoine militaire, industriel et technique, le musée du Bourget est le plus grand musée aéronautique de France. Proposant des expositions permanentes et temporaires sur ces sujets, les touristes peuvent aussi profiter de diverses activités : 

– Le Boarding Pass, qui permet de monter dans quatre avions dont un Boeing, deux Concordes et un Dakota ;

– L’activité Simu Pilote, à destination des enfants et des adultes, pour apprendre à piloter en équipe ;

– L’espace Planète Pilote, espace ludo-éducatif dédié aux enfants.

 Ces nombreuses activités séduisent petits et grands, pour une visite inoubliable. À la fois pédagogique et ludique, la visite du Musée du Bourget attire de nombreux touristes : près de 221 000 en 2019. 

La découverte est un aspect important à ne pas négliger dans une offre touristique. Le site touristique de France Miniature joue sur la curiosité du public, en leur proposant de découvrir les merveilles qui jalonnent le territoire français. L’aspect miniature est ludique et attractif, surtout pour les familles. De cette manière, France Miniature attire un panel de touristes larges.

Hormis les activités familiales, un second aspect attire les touristes dans la région Île-de-France : l’art et la culture. Comme le démontre les exemples précédents, la culture en Île-de-France prend des formes très variées. Néanmoins, pour ce qui concerne l’intérêt artistique, un lieu en particulier émerge dans le classement.

 La Propriété Caillebotte, dans les pas d’un célèbre artiste collectionneur

Grande maison bourgeoise de style néoclassique, la Propriété Caillebotte tire son nom de celui de son illustre propriétaire, le peintre et collectionneur Gustave Caillebotte. Peintre français célèbre pour son importante collection de toiles impressionnistes et ses propres tableaux, Gustave Caillebotte a été très inspiré par son environnement. 

À l’instar de la Maison et des Jardins de Monet, la Propriété Caillebotte permet aux visiteurs de pénétrer dans l’univers de l’artiste. En 2019, ce sont environ 164 000 touristes qui ont marché dans les pas de Caillebotte. Pour les passionnés d’art, rencontrer l’univers intime d’un grand maître est une excellente raison de venir sur un territoire.

Les raboteurs de parquet, Gustave Caillebotte

Nichée au cœur d’un parc, la Propriété Caillebotte offre aussi aux visiteurs un moment hors du temps dans un écrin de verdure. Le patrimoine naturel est le dernier atout de l’Île-de-France.

Les sites touristiques autour de la faune et la flore en Île-de-France

Le patrimoine naturel en Île-de-France est un véritable atout pour le territoire. Divers sites touristiques utilisent ce patrimoine afin d’y développer des activités attractives, tournées autour de la faune et la flore. Le site le plus célèbre dans cette catégorie est le Zoo Safari du Château de Thoiry.

Entre patrimoine historique et parc zoologique, le site du Château et Zoo Safari de Thoiry a attiré plus de 560 000 touristes en 2019. De ce fait, le Zoo Safari de Thoiry est le cinquième zoo le plus visité de France, juste devant le Zoo de la Flèche. Le lieu propose diverses activités de loisirs à destination des enfants et des adultes, telles que :

– Les Rendez-vous avec les animaux et les soigneurs, pour profiter d’un moment privilégié, en immersion et dans le respect total de l’animal ;

– Le Safari Air Park, parcours en hauteur permettant d’admirer le Safari avec une vue imprenable.

Pour les plus curieux, le lieu propose aussi de passer une nuit au Zoo, afin de profiter le matin venu d’une visite privatisé. Les parcs zoologiques sont des atouts attractifs, plaisant à la fois aux enfants et aux adultes. Cette tendance, qui se retrouve partout en France, est surtout présente en Bretagne. La région Île-de-France possède deux autres parcs zoologiques, tous deux situés à Lumigny. Les parcs zoologiques de Lumigny se divisent en deux spécialisés, l’un accueillant des singes et l’autres des félins.

La découverte de la faune et la flore est une activité appréciée par les touristes. En complément des deux grands parcs zoologiques de la région, l’Île-de-France possède des grands domaines et parcs, la plupart étant liés aux sites historiques évoqués en début d’article. Cependant, il en existe un qui attire des visiteurs malgré la disparition de son château.

Le Domaine national de Saint-Cloud

Labellisé « Jardin Remarquable », le Domaine national de Saint-Cloud est un immense domaine de 460 hectares aux portes de Paris. Composé de jardins, de fontaines et de sculptures, le somptueux domaine est une ode à la beauté du patrimoine naturel. 

Le Domaine national de Saint-Cloud

Géré par le Centre des Monuments Nationaux, le parc est aussi classé Monument Historique. Véritable bouffée d’air frais à proximité de la capitale, le lieu a attiré 144 758 excursionnistes en 2019.

Conclusion :

Avec une offre touristique très diversifiée, la région Île-de-France possède les atous pour attirer les touristes hors de la capitale. L’atout principal de la région est son important patrimoine historique, dont la renommée dépasse les frontières.

Les touristes qui sortent de la capitale pour découvrir la région francilienne génère un flux touristique sur le territoire. Ils créent de la demande à tous les niveaux : hébergements, restaurations, activités, etc. Pour l’instant, alors que Paris propose énormément d’hébergements hôtelier, le reste de l’Île-de-France doit encore se développer.

C’est un avantage pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux, qui peuvent alors se positionner pour répondre aux demandes de la clientèle. Comprendre son territoire est essentiel pour y développer une activité.

De plus, à l’ère du coronavirus, les touristes désirent découvrir des grands espaces, au sein desquels ils peuvent se balader plus librement. L’Île-de-France est le territoire idéal pour offrir un tourisme différent.

Enfin, la région dispose aussi d’autres atouts attractifs pour les touristes, comme le célèbre parc à thème Disneyland Paris ou le complexe commercial de La Vallée Village, qui a accueilli 7 100 000 visiteurs en 2019. 

Pour aller plus loin :

Organiser une reconstitution historique dans un château

Le luxe et le patrimoine sont indissociables

Idées pour rentabiliser un monument historique

Organiser un évènement

À la suite des articles qui dressent les différentes tendances touristiques de nos régions françaises, découvrez les multiples facettes du tourisme en Occitanie.

L’important à retenir de cet article : 

La région Occitanie attire des typologies de touristes multiples grâce à ses divers univers de destination, ses paysages variées et son patrimoine diversifié. De cette manière, l’offre touristique dans la région peut s’étendre et répondre à différentes demandes de la clientèle en termes d’hébergements ou d’activité. 

– La richesse du patrimoine historique est l’atout principal de la région, générant le plus important flux touristique ;

– L’Occitanie se place en tête des régions les plus fréquentées par les curistes ; 

– Les activités de plein air sont fortement appréciées et le tourisme vert est en plein essor ;

– La région bénéficie aussi de l’importance du pèlerinage sur son territoire.

Introduction :

La région Occitanie se distingue par une pluralité de paysages correspondants à quatre univers de destination : la montagne, le littoral, la campagne et les villes. Chaque univers possède des caractéristiques bien précises. De l’excursionniste pratiquant le slow tourisme au touriste amateur de patrimoine et d’histoire, l’Occitanie captive l’attention de divers publics. Cette diversité est une véritable richesse pour le territoire. 

En effet, l’Occitanie recense 208 millions de nuitées touristiques en 2019, dont 65% sont des touristes français et 35% des étrangers. Parmi les touristes français, les régionaux représentent un taux d’environ 20%.La région Occitanie est donc une destination pour le tourisme de proximité (moins de 2h30 du lieu de résidence). Une pratique qui continue de croitre à l’ère du coronavirus

L’un des autres atouts principaux de la région est sa place en tant que première destination du tourisme thermal. En effet, 183 000 curistes ont fréquenté la région en 2019, soit près d’un tiers des curistes français. En dehors de leur temps de cure, les curistes peuvent visiter les sites patrimoniaux aux alentours et découvrir le terroir local. Ils participent ainsi au développement économique du territoire

Pour les propriétaires et gestionnaires de sites patrimoniaux, il est intéressant de se positionner pour répondre au besoin de cette clientèle. Si vous vous situez à proximité d’une des 28 stations thermales d’Occitanie, vous pouvez notamment proposer de l’hébergement qui pourra attirer des curistes.

Les multiples univers de la région Occitanie font aussi écho à la diversité de son patrimoine historique, religieux et naturel

1. Découvrir l’Occitanie grâce à la richesse de son patrimoine historique et religieux

La région Occitanie compte six sites classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO. En plus de ces sites, l’Occitanie en partage deux avec d’autres régions. Ainsi, il s’agit de la région possédant le plus important nombre de sites protégés à l’UNESCO en France. Cette richesse patrimoniale participe à l’attractivité du territoire. En effet, les chiffres clés du tourisme démontrent qu’un touriste sur deux dans la région visite un site historique.

De plus, le patrimoine historique et religieux en Occitanie représente une grande diversité de périodes et de styles architecturaux.

La Cité Médiévale de Carcassonne, premier site touristique de l’Occitanie

Figurant parmi les sites classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO, la Cité Médiévale de Carcassonnegénère le plus important flux touristique du territoire. En 2019, la ville a accueilli près d’1,8 millions d’excursionnistes, dont le tiers ont visité les remparts et le Château Comtal. À titre d’exemple, la Cité Médiévale de Carcassonne est plus visitée que le Domaine de Chambord, en région Centre-Val-de-Loire.

Bien que Carcassonne soit célèbre pour sa Cité Médiévale, les origines de la ville remontent à l’époque gallo-romaine. Certaines traces de cette époque sont encore visibles, comme une partie des remparts construits au IIIème siècle. 

Cité de Carcassonne

Le patrimoine antique et gallo-romain en Occitanie

L’Occitanie bénéficie d’un important patrimoine antique et gallo-romain, qui fait la particularité de la région. Il peut s’agir de quelques éléments architecturaux dilués dans une cité médiévale comme à Carcassonne ou dans la commune d’Aigues-Mortes. Cette dernière, visitée par un million d’excursionnistes en 2019, est à la croisée des époques. La commune dispose aussi d’un patrimoine naturel remarquable, idéal pour attirer les publics amateurs à la fois de patrimoine et de tourisme vert. 

Aigues-Mortes

La région possède aussi des sites patrimoniaux antiques célèbres tels que :

– Le Pont du Gard, édifice destiné au passage d’un aqueduc romain. Ce vestige antique incroyablement bien conservé et classé Monument Historique a attiré près de 850 000 excursionnistes en 2019 ;

– Les Arènes de Nîmes, qui sont à l’image d’un petit Colisée. Illustration parfaite et bien conservée des amphithéâtres romains, l’édifice est classé Monument Historiques. En 2019, 407 000 touristes ont visité les Arènes de Nîmes.

Les Arènes de Nîmes

Le patrimoine à travers les époques dans le centre historique de Narbonne

La ville de Narbonne regorge de pépites architecturales historiques et religieuses. Les sites les plus visités sont le Pont des Marchands et la Cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteurs, qui recensent 1 270 000 visiteurs en 2019. Cet important flux touristique est un avantage pour le développement économique et touristique local. Le Pont des Marchands est une particularité quasi-unique de la ville. Il s’agit d’un des deux derniers ponts de France encore habités, à l’image du célèbre Ponte Vecchio de Florence. L’originalité du lieu participe à renforcer l’attractivité du territoire. 

Cloître de la Cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteurs

En ce qui concerne la Cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur, il s’agit du monument le plus prestigieux de Narbonne. Caractéristique du style architectural gothique méridional, l’édifice possède deux particularités qui participent à sa renommée. La cathédrale est inachevée et sa hauteur sous voûte en fait la quatrième plus haute de France. Par sa grandeur, l’édifice, classé Monument Historique, se distingue dans le paysage urbain de Narbonne et attire de nombreux touristes.

2. L’importance du patrimoine religieux en Occitanie

Le patrimoine religieux en Occitanie représente une part importante du tourisme. La région possède de fantastiques édifices religieux, à l’image de la Cathédrale Sainte-Cécile au cœur de la cité épiscopale d’Albi. Classé Monument Historique, l’édifice est un joyau architectural. Il s’agit de la plus grande cathédrale en brique du monde. Le monument est aussi célèbre pour ses fresques et décorations qui en font la plus grande cathédrale peinte d’Europe. 

Toutes ces particularités prestigieuses attirent des publics variés, amateurs d’art ou d’architecture. Toutefois, en comparaison des autres grandes cathédrales de France, Albi n’est pas parmi les plus fréquentées. En effet, alors que la cathédrale de Reims a accueilli 1,6 millions de visiteurs en 2019, la cathédrale d’Albi en recense 600 000

La Cathédrale Sainte-Cécile 

En plus des touristes curieux qui visitent les édifices religieux, nombreux sont les pèlerins qui viennent dans la région

En effet, la région est traversée par les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, qui figurent dans la liste des sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. La Basilique Saint-Sernin dans le Tarn est une étape importante de ce pèlerinage. L’édifice abrite les reliques de Saint-Sernin, premier évêque de Toulouse, auprès desquelles les pèlerins viennent se recueillir. La Basilique est classée Monument Historique et protégée au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Le lieu attire les touristes tout comme les pèlerins, recensant 754 800 visiteurs en 2019.

La Basilique Saint-Sernin

Le Sanctuaire de Lourdes, grand site de pèlerinage français

La région Occitanie possède aussi le plus grand site de pèlerinage catholique français : le Sanctuaire de Notre-Dame de Lourdesfréquenté par 550 000 visiteurs en 2019. Néanmoins, le site ne figure pas parmi les lieux de pèlerinage les plus fréquentés. Par exemple, la Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay a attiré plus de 800 000 visiteurs en 2019.

Le lieu regroupe plusieurs édifices tels que la célèbre Grotte de Massabielle ou la Basilique de l’Immaculée-Conception, ainsi que plusieurs fontaines et un chemin de croix. Divers monuments religieux ou d’accueil complètent le sanctuaire. 

La Basilique de l’Immaculée-Conception

Pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux souhaitant se lancer dans une activité d’hébergement ou de restauration, l’important flux généré par les pèlerins est une réelle opportunité.

3. La mise en avant du patrimoine régional grâce au tourisme vert

La région Occitanie possède un patrimoine naturel extrêmement riche et varié. À travers le dispositif « Grands Sites Occitanie / Sud de France », la région valorise 40 sites touristiques régionaux divers. Ces sites sont de véritables atouts pour le territoire. En effet, près de 80% des touristes qui visitent la région se rendent dans l’un de ces sites. De plus, on constate qu’un taux de 78% des visiteurs français restent une demi-journée ou une journée entière sur ces lieux. Les principales activités sont les suivantes : promenade à 80%, puis visite culturelle à 48%, et enfin randonnée à 22%. Il y a donc un véritable tournant à prendre au niveau du tourisme vert et durable et du slow tourisme pour attirer les publics qui y sont sensibles.

Parmi les grands sites se trouvent des sites patrimoniaux cités précédemment comme Albi ou Aigues-Mortes, ainsi que de nombreux sites naturels tels que : 

– Les Cévennes, parc national montagneux où se trouve le célèbre Pont du Gard ;

– La Vallée de la Dordogne, où se trouve le Gouffre de Padirac.

Le Gouffre de Padirac s’ouvre sur une cavité naturelle exceptionnelle, au fond de laquelle coule une rivière souterraine. Le long de celle-ci, les excursionnistes peuvent découvrir deux lacs et une cathédrale souterraine. Ce lieu unique, entre nature et aventure, attire les touristes amateurs de découverte et de tourisme vert. En 2019, un demi-million d’excursionnistes sont venus admirer les lieux.

Le tourisme fluvial, le slow tourisme au fil de l’eau

Dans la veine du slow tourisme et des pratiques vertes et durables, le tourisme fluvial itinérant est fortement apprécié par les excursionnistes en Occitanie. Le long du Canal du Midi, les Écluses de Fonseranes ont attiré 400 000 excursionnistes en 2019

Mêlant itinérance, découverte des paysages et du patrimoine, le tourisme fluvial présente de nombreux atouts pour le territoire et participe à sa désirabilité. L’office de tourisme de Béziers surf sur la popularité du tourisme fluvial en organisant des évènements attractifs, attirant toujours plus de public.

Conclusion : 

La région Occitanie attire des publics divers, se démarquant notamment par ses touristes curistes et ses pèlerins. Parmi les touristes qui fréquentent la région, nombreux sont aussi ceux qui sont attirés par le patrimoine historique et naturel du territoire.

Pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux, connaitre les avantages de sa région ainsi que le type de public qu’elle attire permet de se positionner. De cette manière, l’activité développée au sein du site patrimonial est en adéquation avec les besoins de la potentielle clientèle. 

Les chiffres clés du tourisme de la région permettent d’obtenir des informations essentielles , comme le taux de fréquentation des typologies d’hébergement. En Occitanie, les chiffres démontrent que 65% de l’offre d’hébergement est de l’hébergement de plein air (campings). Ainsi, le gestionnaire d’un site historique, souhaitant se lancer dans une activités d’hébergement, devra  prendre en compte ce paramètre et réaliser une étude de marché.

Pour aller plus loin : 

Investir dans le patrimoine historique naturel

Les enjeux de la sauvegarde du patrimoine français

Comment rendre utile le patrimoine français ?

Amateurs de patrimoine, voici le top 10 des sites les plus visités de la Bourgogne-Franche-Comté.

Introduction : 

La région Bourgogne-Franche-Comté possède un grand nombre de trésors patrimoniaux. Avec huit sites inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO et beaucoup de monuments classés, la région regorge d’édifices historiques. Ces édifices possèdent une architecture unique, attirant les curieux comme les passionnés.

En complément de cet important patrimoine bâti, la région possède un patrimoine naturel remarquable, idéal pour les amateurs de tourisme vert. En effet, la Bourgogne-Franche-Comté possède trois Parcs Naturels Régionaux (PNR) : le Morvan, le Haut-Jura et le Ballons des Vosges. Afin de mettre en valeur ce patrimoine, la région dispose de divers circuits de tourisme itinérant : 

– 1 350 km de vélos routes et voies vertes pour les cyclistes ;

– 1 330 km de voies navigables pour le tourisme fluvial ;

– De nombreux sentiers de randonnées, dont dix sentiers de Grande Randonnée (les GR). 

Grâce à ces circuits itinérants, les excursionnistes en balade dans la région peuvent découvrir les trésors du patrimoine de la région tout en pratiquant une activité de plein air. Ces activités sont de plus en plus recherchées par les touristes en tant de pandémie, ce sont donc des véritables leviers d’attractivité pour la région. 

Entre architecture et paysages remarquables, les sites touristiques de la région proposent aussi des activités variées, permettant ainsi d’attirer des publics très différents.

Découvrons ensemble la diversité des trésors qui jalonnent la région et attirent les touristes. 

Le patrimoine religieux en Bourgogne-Franche-Comté, leader du tourisme

Le patrimoine religieux est très important en Bourgogne-Franche-Comté. En effet, les sites les plus visités de la région sont tous des édifices du patrimoine religieux. Cela s’explique de plusieurs manières : 

– L’architecture de ces lieux, souvent impressionnante ;

– L’aspect spirituel, qui attire des pèlerins ;

– Les activités pédagogiques et culturelles mises en place au sein de ces lieux.

1.  La Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay

Avec près de 820 000 visiteurs en 2019, la Basilique Saint-Marie-Madeleine de Vézelay est le site le plus visité de la région Bourgogne-Franche-Comté. À l’échelle nationale, la basilique se place parmi les dix sites religieux les plus visités de France.

Visiter, prier ou séjourner, diverses sont les possibilités offertes aux visiteurs. Les frères et sœurs de la Fraternité de Jérusalem accueillent les visiteurs et leur proposent des moments de partage au sein de ce magnifique édifice. 

La Basilique est aussi une halte du chemin vers Saint-Jacques de Compostelle. Ainsi, les séjours proposés au sein de la Basilique concernent surtout les pèlerins. Toutefois, les familles ou encore les groupes de jeunes désirant vivre une expérience spirituelle sont aussi les bienvenus.

2. Les Hospices de Beaune

Situé en Côte-d’Or, les Hospices de Beaune se placent en deuxième position parmi les sites les plus visités de la région. En 2019, près de 441 250 touristes sont venus aux Hospices de Beaune. Ces chiffres ne concernent que l’Hôtel-Dieu et le domaine viticole, puisque le centre hospitalier actuel ne compte évidemment pas dans l’étude touristique.

Si l’architecture atypique du lieu attire les touristes, deux autres aspects participent à la renommée du lieu. D’une part, l’important patrimoine viticole des Hospices, s’étendant sur soixante hectares. Composé des plus grands crus de Bourgogne, le patrimoine œnologique du lieu génère de l’intérêt auprès des touristes, notamment les amateurs d’oenotourisme.

D’autre part, et c’est sans doute l’aspect le plus populaire, le lieu a accueilli le tournage de la Grande Vadrouille, film français culte. En visitant les Hospices de Beaune, les touristes marchent sur les pas de Bourvil et Louis de Funès et revivent les scènes du film.

3. La Basilique du Sacré-Cœur de Paray-le-Monial

La Basilique du Sacré-Cœur de Paray-le-Monial recense 320 000 visiteurs pour l’année 2019. Les touristes viennent ici découvrir un parfait exemple de l’architecture. Inspiré de l’Abbaye de Cluny, l’édifice permet aux curieux comme aux passionnés d’imaginer ce que fut la fameuse Abbaye.

La communauté d’Emmanuel, qui est installée dans le lieu, accueille chaque année de nombreuses familles, des pèlerins ainsi que des groupes de jeunes. Forums, camps ou encore retraites spirituelles, la Basilique accueille les voyageurs en quête d’expérience spirituelle. Afin de séduire davantage les familles, le lieu a créée des activités dédiées à l’éveil des enfants, notamment deux jeux rallyes.

En Bourgogne-Franche-Comté, le patrimoine religieux est très important. Générant un important flux touristique sur le territoire, ce patrimoine touche à la fois les passionnés d’architecture et de culture et les voyageurs en quête d’expériences spirituelles. 

Néanmoins, le patrimoine religieux n’est pas le seul atout attractif de Bourgogne-Franche-Comté. Les sites historiques et culturels participent aussi à l’attractivité de la région

Les trésors historiques et culturels les plus visités de Bourgogne-Franche-Comté

4. Le Musée des Beaux-Arts de Dijon

Situé dans l’aile orientale de l’ancien palais des Ducs et de l’Etat de Bourgogne, le Musée des Beaux-Arts de Dijon dispose d’une riche collection d’art. De l’antiquité à nos jours, le musée présente des objets et œuvres d’art retraçant l’évolution de l’art au fil des siècles. 

La Dame à sa toilette, École de Fontainebleau, conservé au Musée des Beaux-Arts de Dijon

Grâce à cette collection, le musée se place parmi les plus importants de France, hors Paris. Le musée des Beaux-Arts de Dijon a attiré 315 600 visiteurs en 2019.

5. Le chantier médiéval de Guédelon

Le chantier médiéval de Guédelon dans l’Yonne œuvre pour la construction d’un château médiéval selon les techniques traditionnelles. L’idée est née d’une étude réalisée au Château de Saint-Fargeau qui a révélé la présence d’un château médiéval enfoui sous le château actuel. Le propriétaire des lieux a décidé que de reconstruire un château médiéval selon les techniques utilisées à l’époque. L’objectif est de recréer un nouveau château en s’inspirant des châteaux aux alentours.

Ce surprenant chantier attire chaque année des centaines de milliers de touriste. En 2019, ce sont près de 306 000 visiteurs qui sont venus au chantier. Entre savoir-faire et artisanat, le touriste a l’occasion unique d’observer la construction d’un château médiéval comme à l’époque et d’y participer. En effet, de nombreuses activités pédagogiques sont proposées. Par exemple, il est possible de d’apporter sa pierre à l’édifice grâce à un atelier de taille de pierre. Les visiteurs peuvent aussi échanger avec les divers artisans du chantier, pour découvrir leurs métiers.

6. La Citadelle Vauban à Besançon

Située dans le département du Doubs, la Citadelle Vauban à Besançon est une merveille d’ingénierie architecturale et militaire. Construite au XVIIème siècle par Sébastien Le Prestre de Vauban, elle constitue l’un de ses chefs d’œuvres. À ce titre, la Citadelle bénéficie de diverses protections : 

– Au titre des Monuments Historiques ;

– Au Patrimoine mondial de l’UNESCO ;

– En tant que site classé de France.

Vue de la citadelle de Besançon et du front Saint-Etienne

La reconnaissance du génie architectural de Vauban à l’échelle nationale et internationale participe à l’attractivité de la Citadelle. Cependant, la Citadelle attire aussi les visiteurs grâce aux trois musées qu’elle abrite : 

– Le Musée de la Résistance et de la Déportation ;

– Le Musée comtois ;

– Les espaces animaliers du Muséum.

Entre site culturel, historique et naturel, la Citadelle est un endroit unique qui a attiré près de 275 000 visiteurs. 

7. La Citadelle de Belfort

Dans un tout autre style architectural, la Citadelle de Belfort se place elle aussi parmi les lieux les plus visités de la région Bourgogne-Franche-Comté. 

En 2019, près de 219 000 touristes ont visités la Citadelle. En plus de l’architecture de la citadelle et du splendide panorama sur le paysage, les touristes peuvent aussi profiter :

– Du Musée d’Histoire de Belfort, situé au sommet de la Citadelle ;

– Du Lion de Bartholdi, emblème de la ville et de la Citadelle ;

– D’une expérience numérique inédite : la visite en réalité augmentée, incluant aussi des reconstitutions, des films et interviews.

Plan de la citadelle de Belfort

En plus de l’attrait historique et culturel, la Citadelle offre aussi un magnifique panorama sur le patrimoine naturel de Belfort. 

Le patrimoine naturel de la région attire lui aussi des touristes, surtout des excursionnistes en quête de nature. C’est un atout supplémentaire pour la Bourgogne-Franche-Comté.

Les sites naturels touristiques les plus visités de Bourgogne-Franche-Comté

8. Les Cascades du Hérisson dans le Jura

Au nombre de sept, les Cascades du Hérisson jalonnent le torrent du même nom. En pleine nature, sur un parcours de 4km, les cascades attirent les excursionnistes amateurs de randonnés et de nature. Néanmoins, afin de permettre au plus grand nombre de venir profiter du lieu, des accès ainsi qu’une plateforme PMR ont été aménagés. Avec 384 159 visiteurs en 2019, il s’agit du site naturel le plus fréquenté.

Ce site fait partie de l’ensemble « Vallée du Hérisson, Plateau des 7 lacs », inscrit au réseau des Grands Sites de France. Lors de la promenade au fils de l’eau, les touristes peuvent aussi admirer quelques vestiges historiques, témoins d’une époque où les populations utilisaient la force motrice de l’eau dans leur vie quotidienne. Par exemple, près de la Cascade du Moulin Jeunet se trouve les vestiges d’un ancien moulin du XVIIe siècle.

9. Le Parc du Moulin à Tan

Classé « Jardin Remarquable », le magnifique parc du Moulin à Tan est le parc le plus visité de la région. En 2019, 246 440 visiteurs sont venus découvrir cet impressionnant site. Le parc est composé de divers espaces dédiés à l’observation de la faune et de la flore, parmi lesquels il y a :

– Des Serres Tropicales, offrant un dépaysement olfactif grâce aux multiples variétés exotiques de vanilliers, orangers et autres ;

– Une zone d’observation faunistique et des enclos animaliers ;

– Des aires de jeux pour enfants.

Tous ces espaces et équipements permettent d’accueillir un large public et de plaire, notamment, aux familles. En effet, le parc propose plusieurs parcours d’orientation afin d’éveiller la curiosité des enfants et des adultes. Les divers espaces aménagés permettent de passer une journée au vert, entre loisirs, nature et découverte.

10. Le Grand Site de Solutré Pouilly Vergisson en Saône-et-Loire

Le Grand Site de Solutré Pouilly Vergisson fait partie du réseau des Grands Sites de France.

Lieu emblématique du Sud de la Bourgogne, situé en Saône-et-Loire, le site présente plusieurs atouts qui en font un incontournable de la région : 

– Un patrimoine naturel remarquable ; 

– Un terroir exceptionnel ;

– De nombreuses espèces protégées. 

En complément de cela, le site possède l’un des plus grands gisements préhistoriques d’Europe.

Conclusion :

L’atout principal de la région Bourgogne-Franche-Comté est l’importance de son patrimoine religieux, qui attire de très nombreux visiteurs, touristes comme pèlerins. Tout comme la région Occitanie, la Bourgogne-Franche-Comté bénéficie de la présence des Chemins de Compostelle. Les diverses étapes, à l’instar de la Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay, attirent de nombreux pèlerins.

En complément du patrimoine religieux, la région bénéficie aussi d’un vaste patrimoine culturel et historique, ce qui complète l’offre touristique. Le patrimoine naturel de la région est un plus non négligeable. Toutefois, il ne s’agit pas de l’atout principal de la région, comme c’est le cas de l’Auvergne-Rhône-Alpes.

Pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux, il est important d’avoir conscience des atouts principaux de son territoire. La forte affluence de pèlerins dans la région Bourgogne-Franche-Comté crée une demande au niveau des hébergements et de la restauration. Ainsi, développer une activité dans ces secteurs peut être un choix intéressant. Le lieu, s’il s’y prête, peut aussi devenir un espace d’accueil pour des conférences ou des rencontres thématiques.

Pour aller plus loin :

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Les chantiers participatifs au service du patrimoine

Transformer un parc en jardin remarquable

Le slow tourisme, découvrir le patrimoine en flânant

À travers cet article, explorons la Bretagne, terre d’évasion entre patrimoine et légendes.

L’important à retenir de cet article :

La Bretagne est une région célèbre en France et à travers le monde. Ses spécialités gastronomiques, ses légendes et icônes ainsi que son patrimoine attirent les touristes. Pour les excursionnistes en quête d’évasion, entre patrimoine et légendes, la Bretagne est le territoire idéal.  

Ce qu’il faut retenir : 

– Le patrimoine naturel remarquable de la Bretagne est son atout principal, notamment son important littoral ;

– L’aura mystique qui se dégage des sites patrimoniaux bretons attise la curiosité des touristes et participe à l’imaginaire public à propos de la région ;

– Les activités en lien avec la découverte de la faune et de la flore sont un véritable levier pour capter les flux de touristes .

Introduction : 

La Bretagne est une région possédant une identité marquée, qui s’est diffusée hors de ses frontières, notamment grâce à la gastronomie. Cela participe à l’attractivité du territoire et attise la curiosité des touristes. En 2019, les chiffres du tourisme enregistrent 12,8 millions de touristes pour près de 100 millions de nuitées. Parmi ces touristes, les français représentent un taux de 83%, pour 17% d’étrangers. 

Particulièrement appréciée par les touristes locaux et voisins, le flux touristique le plus élevé concerne la période estivale. La clientèle française est majoritairement issue du Nord-Ouest de la France et de la région parisienne. Les visites culturelles sont très appréciées par les français. En 2019, 6,8 millions de touristes ont fréquenté des sites culturels (et 9% d’étrangers). 

Afin de permettre aux touristes de découvrir au mieux les trésors de la Bretagne, une soixantaine d’offices de tourisme jalonnent le territoire. Ils mettent en avant les différents atouts de la région. En effet, le patrimoine et la culture en Bretagne possèdent diverses facettes : patrimoine naturel et historique, gastronomie, traditions et légendes. 

La gastronomie bretonne est largement appréciée et réputée. Galettes, crêpes, cidre breton ou kouign-amann, autant de produits locaux qui se sont exportés. Il n’est pas rare de retrouver des crêperies bretonnes dans les grandes villes de France. Par ailleurs, à l’étranger, les boutiques vendant des produits français proposent souvent des produits bretons. La gastronomie est véritablement un atout pour la renommée et l’attractivité de la région.

Cidre

1. Le patrimoine naturel breton, décor idéal pour le tourisme vert

La Bretagne bénéficie d’un environnement remarquable et d’un important patrimoine naturel. Son littoral composé de 2 700km de côtes, représentant 42% du littoral français, en fait la région avec le plus grand littoral de France. C’est un atout majeur pour attirer les excursionnistes amateurs de tourisme itinérant, axé sur la nature. En outre, la région Bretagne bénéficie de la non-saturation ou surfréquentation de ses paysages. Son patrimoine naturel est resté très authentique malgré un territoire densément peuplé. Ainsi, même les plus grandes stations balnéaires de la région possèdent un charme unique, à l’instar de Saint-Malo.

En plus de son incroyable littoral, la Bretagne possède un patrimoine naturel varié et dont la qualité est reconnue. En effet, la région comtpe : 

– 2 Parcs Naturels Régionaux : l’Armorique et le Golfe du Morbihan ;

– 16 réserves naturelles, classées au niveau national ou régional ;

– Près de 700 sites classés ou inscrits au titre de la nature ou des paysages, dont trois Grands Sites.

Golfe du Morbihan

Sur son territoire, la région comtpe aussi 41 sites terrestres et 18 sites marins classés Natura 2000, tels que la Baie du Mont Saint-Michel , dont une partie se situe en terre bretonne, et l’autre en Normandie. Toutes ces protections garantissent la qualité du patrimoine naturel de la région et sont de véritables atouts pour renforcer la désirabilité du territoire auprès des amoureux de la nature.

Le tourisme itinérant pour découvrir ce patrimoine naturel

Divers circuits itinérants sont particulièrement réputés en Bretagne, dont la Vélodyssée et le GR 34, aussi nommé Sentier des Douaniers. La Vélodyssée fait partie d’un circuit international prisé par les amateurs de slow tourisme.

Les touristes qui empruntent ces chemins sont majoritairement des excursionnistes de passage, qui ne restent pas plusieurs jours dans un même lieu. Ces excursionnistes itinérants  aiment découvrir des endroits différents tous les jours.

Qu’il s’agisse des cyclistes ou des piétons, ils réalisent plusieurs escales tout au long de leur périple. Ces escales peuvent être de nature culturelle ou pour séjourner et se reposer avant de reprendre la route. Ainsi, pour les propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux situés à proximité de ces circuits itinérants, il peut être intéressant de se positionner pour capter les flux de touristes en proposant une offre d’hébergement, de restauration ou de visite. 

Exemple : patrimoine et découverte au Domaine de la Bourbansais

Situé dans l’Ille-et-Vilaine, à proximité d’un circuit itinérant, le Domaine de la Bourbansais accueille les excursionnistes. Le château classé Monument Historique, fut construit entre le XVI et le XVIIIème siècle. Les extérieurs sont aménagés de jardins à la française, créés sous Louis XV, et d’un parc zoologique ouvert depuis 1965. 

Ici, les touristes viennent découvrir le patrimoine historique de la région tout en profitant du parc zoologique. Attirant toutes les générations, c’est un véritable atout d’attractivité pour le territoire. Le château a su tirer profit de son important patrimoine extérieur en y développant des activités auxquels les différents publics sont sensibles. De plus, la création d’un parc zoologique s’inscrit dans l’histoire du lieu, qui accueillait déjà des animaux auparavant, notamment un centre équestre. Le haras est d’ailleurs l’un des atouts phares du parc zoologique.

Le Domaine propose également deux gites, situés dans les anciennes dépendances du château, ainsi qu’une aire pour accueillir des camping-caristes. En complément de l’offre d’hébergement, le lieu dispose aussi d’un restaurant. Le domaine de la Bourbansais est un véritable complexe disposant de tous les équipements pour accueillir les touristes. En 2019, le lieu recense 137 000 visiteurs.

2. L’importance des sites culturels et parcs à thèmes axés sur la faune et la flore

Comme le démontre l’exemple précédent du Domaine de la Bourbansais, les touristes qui viennent en Bretagne apprécient les activités en lien avec la faune et la flore. Cette tendance n’est pas propre qu’à la Bretagne, néanmoins elle y est particulièrement importante. En effet, les trois lieux les plus visités de la région ont tous en rapport avec la faune la flore :

– L’Océanopolis de Brest, site le plus visité de la région, avec 391 000 visiteurs ;

– Le Grand Aquarium de Saint-Malo, tenant la deuxième place du podium avec une fréquentation de 359 800 visiteurs ;

– Le Parc Zoologique de Branféré et ses 222 800 visiteurs.

La faune et la flore sont des thématiques qui attirent des publics différents mais qui partagent une curiosité commune pour ces sujets.

3. Le patrimoine historique breton, entre histoire et légende

À côté de son patrimoine naturel, la Bretagne possède un patrimoine historique et religieux retraçant l’évolution de la région. Les plus célèbres constructions sont les constructions mégalithiques préhistoriques que sont les menhirs, dolmens, cairns ou tumulus. Parmi ces édifices, les alignements de Carnac, recensant des milliers de menhirs, constituent le plus grand site mégalithique du monde. Géré par le Centre des Monuments Nationaux, le site des alignements de Carnac est protégé au titre des Monuments Historiques.

Les alignements de Carnac 

Possédant une dimension mystique, ces mégalithes jalonnent le territoire et participent à son attractivité. En effet, la Bretagne est aussi une terre de légendes et de mythes.

Ces légendes entourent aussi les châteaux peuplant la Bretagne, à l’instar du château de Comper, au cœur de la forêt de Brocéliande. Inscrit Monument Historique, le château abrite le centre de l’imaginaire arthurien.

Ici, la célèbre légende arthurienne prend vie, s’entremêlant avec l’histoire véritable et l’architecture des lieux. Au cœur de la forêt de Brocéliande, c’est au château de Comper qu’est rédigée une charte relative aux us et coutumes de la forêt. Cette charte mentionne par exemple la Fontaine de Barenton, lieu légendaire connu pour son lien avec Merlin l’Enchanteur et la Dame du Lac.

Non loin du château de Comper se trouve le lac mythique dans lequel la Dame du Lac aurait vécu, élevé le chevalier Lancelot et forgé la plus légendaire des épées : Excalibur.

Bien que la légende arthurienne soit la plus célèbre de Bretagne, presque indissociable de ce territoire, nombreux sont les autres mythes qui sont liés au patrimoine historique de la région. 

Le Fort La Latte, plus célèbre site historique de la région

Premier site historique le plus fréquenté de Bretagne avec 180 000 visiteurs, le célèbre Fort La Latte ou Château de la Roche-Goyon possède lui aussi sa légende. Celle-ci met en scène le géant Gargantua, célèbre héros de François Rabelais. Figure majeure du folklore médiéval en France ainsi qu’en Grande-Bretagne, Gargantua serait passé par Fort La Latte pour traverser la Manche. Il serait encore possible aujourd’hui de voir les traces de son pied et de sa canne, imprimées dans le sol…

En parallèle de cette légende, le Fort La Latte bénéficie aussi de son emplacement idéal, en bord de mer. Situé dans les Côtes d’Armor, au cœur de la Baie du Mont Saint-Michel, le panorama autour du château est époustouflant. Grâce à son architecture, son environnement et l’aura mythique des lieux, le Fort a accueilli plusieurs tournages de films, pubs ou clips.  Parmi ces derniers, le château a accueilli le clip du célèbre groupe Manau et leur plus fameuse musique, La Tribu de Dana, symbolique de la Bretagne.

Accueillir un tournage est une excellente manière de rentabiliser son bien patrimonial tout en lui apportant de la visibilité.

Les légendes attirent les touristes et ajoutent de la magie aux lieux qu’elles concernent.

Émerveillant les enfants et les adultes, l’univers légendaire qui cohabite avec l’histoire bretonne fait intégralement partie de l’identité du territoire. Les légendes et mythes bretons sont même plus célèbres et symboliques de la région que son histoire.

En Bretagne, tous les châteaux ont leur légende, et si tel n’est pas le cas, le territoire regorge de mythes desquels s’inspirer pour attirer l’intérêt du public. Pour les propriétaires ou gestionnaires de sites historiques, il peut être intéressant de se renseigner sur les légendes locales et de les valoriser.

Conclusion :

La Bretagne regorge de ressources à portée de main des propriétaires ou gestionnaires de sites patrimoniaux. En Bretagne, le patrimoine historique se mêle au patrimoine naturel et aux diverses légendes. Afin d’attirer les touristes, les propriétaires peuvent donc jouer sur la carte de l’imaginaire, sur la gastronomie bretonne ou valoriser le patrimoine naturel.

Il peut être intéressant aussi de proposer des hébergements, comme de l’hôtellerie ou des chambres d’hôtes. En effet, la région possède de nombreux sites d’hébergements de plein air, c’est-à-dire des campings. Ce type d’hébergement représente 66% des offres, ce qui signifie que le marché des autres hébergements reste à conquérir. 

Pour aller plus loin : 

Comment rendre utile le patrimoine français ?

Idées pour rentabiliser un monument historique

Concevoir une activité durable dans un château

Formation Diagnostic


À travers cet article, découvrons ensemble pourquoi acquérir un château en France et les enjeux que cela implique.

L’important à retenir de cet article :

Acquérir un château en France est une grande décision, qui nécessite un temps de réflexion. En effet, la vie de châtelain est une vie particulière, souvent à l’opposé de l’ancienne vie des nouveaux propriétaires. 

Ce qu’il faut retenir :

– L’achat d’un château est un choix de vie, avec d’importants impacts sur la vie personnelle et professionnelle ;

– Il est nécessaire de se poser les bonnes questions avant de se lancer et de s’entourer d’experts, comme Hephata qui accompagne ce type de projet ;

– Il existe des aides financières diverses pour réaliser votre projet.

Introduction : 

Le patrimoine historique est un pilier du territoire français. La France dénombre près de 45 000 châteaux, soit plus d’un par commune. Certains de ces châteaux appartiennent à l’État, d’autres à des institutions ou propriétaires privés. Cependant, parmi les châteaux qui jalonnent notre territoire, nombreux sont ceux qui attendent un nouveau propriétaire

En effet, une enquête réalisée par le journal Le Figaro en 2019 auprès d’agences immobilières spécialisées dénombrait plus de 1 500 châteaux à vendre sur le territoire. Les châteaux sont des lieux uniques et possédant un potentiel intéressant. Investir dans un site historique tel qu’un château, ce n’est pas seulement investir dans un bien immobilier. Certes, les acquéreurs sont à la recherche d’un bien immobilier, néanmoins il y a des enjeux spécifiques qui sont liés à l’achat d’un château. Il est nécessaire d’en avoir conscience et de les comprendre.

Pour cela, les futurs acquéreurs peuvent faire appel à des experts qui les accompagneront lors de l’achat, comme des agences immobilières spécialisées, et par la suite, à une entreprise de valorisation comme Hephata

Toutefois, avant de commencer toute démarche de recherche du bien idéal, les futurs acquéreurs doivent connaitre leur projet et toutes les implications liées à l’achat d’un château. Il est important d’en définir les limites afin de ne pas acheter un château uniquement par coup de cœur, mais aussi en ayant conscience de tout ce que cela implique.

1. Contextualiser son projet : un prérequis indispensable

Replacer son projet d’achat dans son contexte permet de déterminer clairement ses motivations

Acquérir un château est une décision importante, impliquant un changement de vie parfois radical. Avant d’acquérir un bien immobilier de cette importance, il faut donc être certain de ses motivations. Ces dernières varient selon vos ressources, besoins et envies. Voici différentes options. 

1- Le porteur de projet a suffisamment de ressources financières propres pour acheter et entretenir le bien sur du long terme : il peut alors en faire l’usage qu’il souhaite sans devoir élaborer un modèle économique particulier. Mais le besoin de financements pourrait néanmoins se faire sentir.

2- Le porteur de projet souhaite investir dans un château en France afin d’y développer un projet professionnel personnel. Dans ce cas de figure, le business est la première finalité de l’investissement. Il lui faudra alors être certain que son projet est compatible avec le bien choisi et son territoire, afin de penser un projet qui permette de financer l’entretien du site et tous les frais annexes ;

3- Le porteur de projet est un passionné du patrimoine et sa finalité première est de le valoriser. Dans ce dernier cas de figure, le développement d’activité est avant tout une manière de valoriser le patrimoine pour ce qu’il est. Contrairement à la seconde situation, c’est l’activité qui sert le patrimoine.

En outre, la crise sanitaire a renforcé l’envie de sortir des villes, d’adopter un mode de vie plus qualitatif, en accord avec ses envies, le besoin d’espace et d’extérieur. C’est un quatrième moteur pour acheter un château.

Les enjeux d’un investissement dans un château pour développer une activité professionnelle 

Dans les deux derniers cas de figure, impliquant le développement d’un projet professionnel au sein du lieu, il faut avoir conscience de :

L’importance de l’intégration au territoire : cela permet de renforcer l’attractivité du territoire, de créer un dynamisme territorial en devenant un véritable acteur, créateur de valeurs (économique, sociale, environnementale…). De cette manière, il sera d’ailleurs possible d’accéder plus facilement à des aides financières locales ;

La nécessité d’avoir un projet qui ressemble au porteur de projet, ce qui le rendra authentique ;

L’importance de s’adapter au lieu, à ses spécificités, à sa configuration et de connaitre ses limites. Par exemple, si un lieu est protégé au titre des Monuments Historiques (MH), il ne sera pas possible d’y effectuer tous types de travaux car il y a une réglementation spécifique.

Il peut alors être pertinent de s’entourer d’experts ou de se former. Se faire accompagner, notamment dans le cadre d’un développement d’activités, permet d’incarner la posture d’entrepreneur, parfaitement compatible avec le respect et l’amour du patrimoine. Accepter l’approche business c’est aussi comprendre le potentiel de son château

Etre conscient de l’impact sur sa vie personnelle

Un acquéreur qui choisit d’investir dans un lieu patrimoniale, que ce soit en famille, en couple ou pour des raisons professionnelles, doit discuter avec toutes les personnes concernées par le projet. D’ailleurs, qu’il s’agisse d’un investissement pour des raisons personnelles ou professionnelles, l’achat peut impliquer un déménagement dans le château – à moins d’investir pour en faire une résidence secondaire, ou d’externaliser la gestion du lieu.

Déménager dans un château, souvent doté d’un grand terrain et situé à la campagne, implique un changement de vie qui peut être radical. Vivre en châtelain est un mode de vie particulier : moins d’accessibilité, éloignement des villes, de ses proches, etc. Quitter une vie citadine peut s’avérer plus difficile que prévu.

Si l’acquéreur souhaite s’installer sur place et gérer le château en famille, il faut avoir conscience de la part que chacun veut prendre dans ce projet et les concessions que chacun est prêt à faire.

2. Les agences immobilières spécialisées, actrices essentielles dans l’achat d’un château

À l’instar de tout achat de bien immobilier, il est judicieux de faire appel à une agence immobilière pour être accompagné dans sa démarche. De plus, les châteaux ne sont pas des biens immobiliers comme les autres, il est donc essentiel de s’entourer d’experts qui portent un véritable intérêt pour le patrimoine, ainsi qu’à sa sauvegarde et son développement. Leur expertise vous aidera aussi à trouver le bien idéal.

Il existe de nombreuses agences immobilières spécialisées dans les lieux patrimoniaux telles que Maisons & Châteaux,  Belles Demeures et le Groupe Mercure. Parmi ces agences, l’une des pionnières est l’agence Patrice Besse. Pour beaucoup d’entre elles, ces agences agissent sur le territoire français ainsi qu’à l’international, à l’instar de l’agence BARNES.

Focus sur l’agence Patrice Besse

Agence immobilière spécialisée en biens d’exceptions et en monuments historiques, l’agence Patrice Besse agit sur le territoire français ainsi qu’à l’international. Il s’agit d’une des agences les plus essentielles dans le secteur patrimonial et culturel.

Le travail fournit par les agents et leurs collaborateurs garantit aux acheteurs une connaissance des lieux, de leur histoire et de leur particularité architecturale. Ce sont des critères importants concernant l’achat d’un château

Au-delà de son rôle d’agence immobilière, l’agence Patrice Besse agit véritablement en tant qu’acteur de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine. En effet, l’agence s’occupe de divers sites, s’intéressant aussi bien à des châteaux en bon état qu’à des bâtiments en périls ou des ruines. 

Le Château de Lauragais et sa ferme

Parmi les châteaux disponibles à la vente, certains ont été entièrement rénovés, ce qui peut être un premier atout pour les futurs propriétaires qui n’auront donc pas à investir dans des travaux de rénovation. Néanmoins, cela augmente le prix du bien.

Sur son site internet, l’agence Patrice Besse propose à la vente le Château de Lauragais et sa ferme. Édifice atypique mélangeant l’architecture locale du 16ème siècle et le style néo-roman du 19ème, le Château de Lauragais est en vente pour près d’1,6 millions d’euros. Entièrement rénové et modernisé, tout en respectant les éléments architecturaux et mobiliers originaux qui font le charme du lieu, l’endroit possède un fort potentiel.

– Un charme authentique ;

– Un patrimoine historique et naturel ;

– Plusieurs bâtiments, donnant la possibilité d’y développer plusieurs activités.

Le château médiéval et ses ruines romantiques 

Situé dans le Parc Naturel Régional Périgord-Limousin, au cœur de la Dordogne près de la ville de La Coquille, ce château médiéval aux ruines romantiques fait partie des biens proposés par l’agence dans la catégorie « ruines ». Mais pourquoi acheter un édifice en partie ou totalement en ruines ?

Ici, le château n’est pas complètement en ruine. Les deux pavillons principaux, qui constituent actuellement la partie habitée du château, sont reliés par un porche qui s’ouvre sur une cour intérieure. C’est là que se trouvent les ruines, entourant la cour et évoquant les pavillons d’autrefois. Ces ruines doivent être envisagées comme un plus pour l’acquéreur :

– Possibilité de les aménager pour y développer une activité culturelle ou historique ;

– Rénovation et réhabilitation des ruines ;

– Aménager les ruines qui peuvent l’être, ou reconstruire.

Acheter un château en partie ou totalement en ruines, c’est à la fois :

– Sauver un patrimoine précieux en péril ;

– Participer à l’histoire de France en veillant à sa sauvegarde ;

– S’offrir un terrain pour le plaisir ou pour y développer sa créativité ;

– Impacter durablement un lieu en y laissant sa trace.

Le défi d’un château en ruines annonce aussi le commencement d’une belle aventure pour les passionnés. La fierté qui en découle est inestimable pour les amoureux du patrimoine.

Focus sur l’agence Barnes, propriétés et châteaux

L’agence Barnes est la première société internationale d’immobilier haut-de-gamme. L’entreprise propose de nombreux biens à la vente, dont notamment des châteaux. Avec 18 bureaux en France, 14 à l’étranger et plus de 250 collaborateurs, l’agence immobilière Barnes est véritablement un leader du marché immobilier de biens d’exceptions.

Afin d’offrir à sa clientèle un véritable accompagnement, l’entreprise s’est calquée sur le modèle anglo-saxon et le service globale, c’est-à-dire couvrant un maximum de compétences professionnelles. Ainsi, l’agence Barnes met aussi à disposition de ses clients des services et compétences pour un suivi sur mesure, allant de l’expertise au conseil dans divers domaines : art, agriculture, viticulture, etc. 

Néanmoins, le rôle principal des agences immobilières telles que Patrice Besse ou Barnes est avant tout d’accompagner le futur propriétaire dans l’achat de son bien. Ensuite, ce sont plutôt des entreprises comme Hephata qui vont vous accompagner dans votre démarche de valorisation et de développement d’activité. L’entreprise vient aussi en aide à ses clients dans la recherche de financements.

3. Anticiper les financements disponibles pour vous aider dans votre projet

Il existe de nombreuses aides pour les propriétaires de châteaux. Ces aides peuvent venir d’organismes privés, sous formes des prix ou de mécénat, et d’organismes publics.

Les aides publiques : 

I) La DRAC 

La Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) est un service déconcentré du ministère de la culture, intervenant sur le territoire. Les DRAC mettent en place diverses subventions destinées aux châteaux protégés au titre des Monuments Historiques et concernent différents projets : 

– Travaux de restauration ;

– Travaux d’entretien ou de réparation ;

Étude ou prestation intellectuelle.

En ce qui concerne les travaux, le taux de la subvention varie :

– Pour les monuments inscrits, le taux est entre 10% de 40% du montant hors-taxe des travaux ;

– Pour les monuments classés, le taux peut aller jusqu’à 50% du montant. 

En complément des subventions de la DRAC dont peuvent bénéficier les Monuments Historiques, la protection au titre des MH donne aussi accès à des avantages fiscaux.

II) Les collectivités territoriales 

Elles peuvent agir sur différents projets, selon les priorités définies par les politiques locales : 

– Développement d’activités créatrices de valeurs en accord avec le territoire ;

– Rénovation énergétique ;

– Etc. 

L’ancrage territorial du château à travers le projet que vous souhaitez développer est un point essentiel pour bénéficier de l’aide des collectivités territoriales. Pour savoir si votre projet s’ancre dans votre territoire et répond à ses besoins spécifiques, il peut être intéressant de faire appel à Hephata qui vous aidera à réaliser un diagnostic du territoire

Parmi les différentes collectivités territoriales qui peuvent intervenir, les conseils départementaux ont mis en place une convention avec la Fondation du Patrimoine. Cette convention concerne les monuments bénéficiant du Label de la Fondation du Patrimoine, et leur donne droit à des avantages financiers particuliers (variables selon les départements).

III) Les subventions des fonds européens

L’Union Européenne s’engage dans la sauvegarde et la valorisation du patrimoine à travers des fonds tels que le FEDER ou le FSE, qui soutiennent des projets comprenant, par exemple ;

– Un projet solidaire comme un chantier d’insertion ;

– Une dimension écologique à travers la mise en place d’action de valorisation du patrimoine naturel, des travaux écoresponsables et/ou participant à la transition énergétique ;

– Une dimension culturelle et innovante, comme la numérisation d’un lieu patrimonial.

Les projets soutenus peuvent aussi avoir une dimension pédagogique ou de formation. 

Les financements privés comme le mécénat 

Le mécénat permet de bénéficier de financements privés, souvent en complément d’un financement public

Les mécènes peuvent être des entreprises, des associations, fondations ou des particuliers. Il y a différentes manières de trouver des mécènes : 

Faire appel à une entreprise qui vous accompagnera dans vos recherches et vous aiguillera, comme le ferait Hephata ;

Utiliser des sites spécialisés, comme le site de mécénat dédié aux Monuments Historiques ;

Contacter spontanément des acteurs privés susceptibles d’être sensibles à votre projet.

Pour bénéficier de financements semblables au mécénat, vous pouvez aussi utiliser le financement participatif ou participer à des concours organiser par des institutions du patrimoine. Les dotations de ces concours peuvent être financières ou en nature, comme du mécénat de compétences.

Les fonds et l’emprunt

Afin de financer votre projet, vous pouvez aussi bénéficier d’un prêt bancaire ou faire appel à des fonds d’investissement ou de dette dédiés au patrimoine, comme les fonds de Hausmann Patrimoine.

Conclusion : 

L’achat d’un château nécessite de bien connaitre ses motivations ainsi que le cadre de son projet. Il est important d’avoir un projet précis, même s’il s’agit d’un achat purement personnel, car il faut prendre en compte l’environnement particulier du château et le mode de vie qui en découle.

Il est donc important de ne pas se précipiter dans son achat, de bien réfléchir même s’il s’agit d’un coup de coeur. Ce coup de cœur est très important dans l’achat d’un bien patrimonial, mais il doit correspondre aussi à ses besoins personnels.

Acquérir un château est un projet complexe, aux multiples facettes et enjeux, qui peuvent parfois décourager les futurs acquéreurs. La peur d’être seuls après l’achat, peut être paralysante. Toutefois, il est important d’être conscient que nombreuses sont les associations et entreprises, comme l’association Patrimoine Aurhalpin, qui accompagnent les nouveaux propriétaires dans leurs projets. S’entourer des bons experts et se faire accompagner dans sa démarche est indispensable pour acquérir un château en France.

Pour aller plus loin :

Défiscaliser les charges liées à la restauration d’un monument

Sortir des activités hôtelières et culturelles dans un château

Combien coûte un château en France

Formation Diagnostic

Dans cet article, Hephata présente le TOP 10 des sites les plus visités en Normandie en 2019.

Introduction : 

La région Normandie se décompose en cinq départements : le Calvados, l’Eure, la Manche, l’Orne et la Seine-Maritime. Sur ces cinq départements, trois se situent en bord de mer et bénéficient du tourisme côtier. 

La région Normandie possède un patrimoine varié et un atout particulier : le patrimoine militaire et de mémoireLe tourisme de mémoire est très développé dans la région, grâce aux différents sites retraçant l’histoire du XXème siècle et notamment de la seconde guerre mondiale. Les plages du débarquement, les cimetières militaires français et étrangers ainsi que les divers mémoriaux et musées sont des atouts majeurs de l’attractivité du territoire.

Infographie ⓒpronormandietourisme.fr

En complément de ces sites de mémoire, la région est dotée d’un patrimoine naturel remarquable, notamment au niveau du littoral, ainsi que d’un patrimoine historique, religieux et culturel. Tous ces éléments réunis font de la région Normandie un territoire très attractif touristiquement 

Cependant, parmi les cinq départements qui composent la région, un département n’apparait pas dans la sélection à venir. Il s’agit du département de l’Orne, au sein duquel ne figure aucun des sites touristiques les plus fréquentés de la région.

Les sites les plus visités du patrimoine religieux et historique en Normandie

1. Le Mont Saint-Michel et son abbaye, premier site touristique de la région

Cumulant 2 410 000 visiteurs en 2019, le Mont Saint-Michel est le site le plus fréquenté de la région Normandie. Parmi ces millions de visiteurs, 1,4 millions environ ont aussi visité l’Abbaye du Mont Saint-Michel.

Situé dans le département de la Manche, le Mont Saint-Michel est le premier site touristique en dehors de l’Ile de France. La richesse de l’architecture du lieu, son histoire ainsi que le remarquable patrimoine naturel qui compose la Baie du Mont Saint-Michel sont des atouts qui rendent le site très attractif. Chaque année, le site attire des publics divers, composés d’excursionnistes nationaux et internationaux. Le site est classé au titre des monuments historiques et bénéficie aussi d’une protection au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Mont Saint-Michel

2. La Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux dans le Calvados, mêlant tourisme et pèlerinage

Avec 836 665 visiteurs en 2019, la Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux est le deuxième site patrimonial et religieux le plus visité de la région Normandie. Situé dans le département du Calvados, la Basilique est un édifice du XXème siècle labellisé « Patrimoine du XXème siècle ». Classé au titre des monuments historiques, l’architecture de l’édifice de style néo-byzantin est inspirée de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. 

La Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux a été érigée en l’honneur de Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus. L’impressionnant édifice attire des publics divers, des passionnés d’architecture et de patrimoine aux nombreux pèlerins.

Basilique Sainte-Thérèse de Lisieux

3. L’Église Jeanne d’Arc à Rouen premier site touristique religieux en Seine-Maritime.

Située à Rouen, l’Église Jeanne d’Arc est inscrite au titre des monuments historiques. L’édifice religieux construit au XXème siècle possède une architecture audacieuse qui attire les touristes et participe à la désirabilité du territoireEn 2019, 234 699 visiteurs ont fréquenté le lieu. 

L’Église Jeanne d’Arc est le premier site touristique situé dans le département de la Seine-Maritime, qui n’en compte pas d’autre au classement des 20 sites les plus fréquentés de la région Normandie.

4. Le patrimoine historique attire les touristes au Château de Caen

Construit au XIème siècle, le Château de Caen dans le Calvados est une forteresse qui témoigne de la grande épopée de Guillaume le Conquérant, commanditaire du lieu. Au fil des siècles, le château ducal est devenu l’une des résidences favorites des ducs de Normandie. L’architecture du lieu témoigne de son prestigieux passé. 

Château de Caen

Cette histoire attire les excursionnistes. Le Château de Caen a accueilli 236 054 visiteurs en 2019. C’est un atout complémentaire pour la région et le département qui possèdent avant tout un important patrimoine militaire et de mémoire.

Les sites les plus visités du patrimoine militaire et de mémoire en Normandie

5. Le Cimetière Militaire Omaha Beach dans le Calvados, premier site le plus visité du tourisme de mémoire

Situé à Colleville-sur-Mer, le Cimetière Militaire Omaha Beach est le premier site touristique du tourisme de mémoire. Fréquenté par 1 709 812 visiteurs en 2019, il s’agit d’un cimetière militaire américain. Composé d’un majestueux mémorial au centre duquel se trouve une statue en Bronze, le site est un lieu de recueillement et de mémoire. Dans la région Normandie, et plus fortement dans le Calvados, le tourisme de mémoire est incontournable.

Cimetière Militaire Omaha Beach

6. Le site très visité du Visitor Center de la Pointe du Hoc dans la Manche

La Pointe du Hoc est l’un des sites les plus visités parmi les célèbres plages du débarquement, notamment en raison de son importance historique, militaire et de la beauté naturelle du lieu. Le tourisme de mémoire crée un flux touristique important pour la région.

Le Visitor Centre de la Pointe du Hoc a été construit pour offrir aux touristes un lieu de recueillement et de mémoire tout en retraçant l’histoire qui s’est déroulée en ces lieux. Son architecture sobre et moderne s’insère discrètement dans le paysage. En 2019, le site a accueilli 1 069 591 visiteurs.

7. Le tourisme de mémoire au Mémorial de Caen dans le Calvados 

Labellisé « Musée de France » le Mémorial de Caen abrite un musée consacré à l’histoire du XXème siècle. La thématique principale du musée est la fragilité de la paix, mais il s’agit avant tout d’un musée d’histoire, notamment des grandes guerres qui ont marquées le XXème siècle. C’est un lieu incontournable du tourisme de mémoire dans le Calvados, qui attire des publics nombreux. En 2019, le site a recensé 466 252 visiteurs

Les sites touristiques les plus visités du patrimoine culturel

8. Le site touristique de la Maison et les Jardins de Claude Monet à Giverny

Le célèbre peintre impressionniste Claude Monet vouait une passion à la couleur, passion qui s’est répercutée dans sa peinture et qui se retrouvait aussi dans sa vie quotidienne. La Maison et les Jardins de Claude Monetà Giverny sont imprégnés de l’atmosphère qui a inspiré au peintre sa célèbre série de tableau Les Nymphéas

Maison et jardin de Claude Monet

La beauté des lieux attire des publics divers, des simples curieux aux passionnés d’art. En 2019, 717 271 visiteurs ont fréquenté le site. La Maison et les Jardins de Claude Monet renferment un patrimoine culturel et naturel incroyable qui participe activement à la désirabilité du département de l’EureIl s’agit du lieu le plus visité du département. C’est aussi le seul à figurer au classement des sites et monuments les plus touristiques de la région Normandie.

9. La Tapisserie de Bayeux dans le Calvados

Le musée de la Tapisserie de Bayeux fait partie de « Bayeux Museum », un ensemble de trois musées retraçant l’histoire de la ville. Le musée tire son nom de l’incroyable ouvrage qu’il présente au public. En dépit de son nom, il s’agit d’une broderie de laine sur une toile de lin. Long de soixante-dix mètres, l’ouvrage raconte l’épopée de Guillaume le Conquérant, célèbre duc de Normandie devenu roi d’Angleterre au XIème siècle.

Extrait de la Tapisserie de Bayeux

Le site attire un flux touristique important, et complète l’offre touristique du territoire en valorisant un savoir-faire ancestral de la région. En 2019, la Tapisserie de Bayeux a accueilli 417 793 visiteurs.

Le patrimoine naturel 

10. Le site touristique très visité de la Colline aux oiseaux

Ancienne carrière, devenue décharge avant d’être réhabilitée en un magnifique parc de 17 hectares, la Colline aux oiseaux est un bel exemple d’aménagement paysager. Le parc comprend différents aménagements extérieurs comme un jardin de vivaces ou un parc animalier. En 2019, le lieu a attiré 419 000 excursionnistes en recherche de nature.

La Colline aux Oiseaux est un écrin de verdure au cœur duquel se situe le Mémorial de Caen, abordé précédemment dans l’article. Ainsi, le parc profite de l’afflux touristique lié au mémorial tout en diversifiant les activités touristiques de la ville. C’est un lieu idéal pour les excursionnistes amateurs de tourisme vert.

Conclusion : 

Comme le démontre ce TOP 10 des sites les plus visités de la région Normandie en 2019, la région possède des atouts variés. Qu’ils soient historiques, patrimoniaux, culturels ou de mémoire, la région bénéficie de la réputation de ces sites touristiques. De plus, cette diversité attire des publics variés et de tous types. 

Il peut être judicieux pour un propriétaire ou gestionnaire de site patrimonial de profiter de ce flux touristique en proposant une offre complémentaire : hébergement, activité historique, restauration, etc. Les possibilités sont nombreuses pour répondre aux besoins des excursionnistes en voyage dans la région.

Pour aller plus loin :

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Comment rendre utile le patrimoine français ?

Transformer un parc en jardin remarquable

Dans cet article, Hephata présente quelques initiatives des acteurs du patrimoine pour le dynamiser à l’ère du covid.

L’important à retenir de cet article : 

Bien que la crise sanitaire impacte le secteur culturel, et par extension le patrimoine, c’est aussi l’opportunité pour les sites patrimoniaux de se réinventer. En étudiant les changements sociétaux liés à la crise du covid-19, en appréhendant la nouvelle ère liée à l’arrivée du covid avec créativité, le patrimoine peut renaitre. Diversifié, il regorge d’atouts pour permettre aux sites historiques de survivre à la crise. 

Ce qu’il faut retenir : 

– La crise sanitaire a eu et aura un impact sur la société, et par extension la culture qui va devoir se réinventer ;

– Il faut utiliser des biais détournés et adapter son activité pour permettre au public de revenir dans les lieux culturels ;

– Le patrimoine possède des atouts lui permettant de survivre en temps de crise.

Introduction : 

La crise sanitaire liée au covid-19 impacte de nombreux secteurs professionnels, parmi lesquels le secteur culturel. En stand-by depuis près d’un an, la culture souffre de divers maux liés à la pandémie : baisse de fréquentation, voir impossibilité d’accueillir du public dans certains cas, et pertes économiques. 

Selon une étude réalisée par le ministère de la culture, le patrimoine est l’un des secteurs de la culture qui sera le plus impacté par cette crise. Pour pallier à cela, certains acteurs du patrimoine ont mis en place des initiatives innovantes, en s’appuyant sur les outils à leur disposition. Ils ont aussi su appréhender la crise sanitaire et saisir de nouvelles opportunités. 

1. Adapter son activité pour continuer à accueillir le public en présentiel à l’ère du covid

Le numérique est un excellent outil de promotion et de valorisation. Cependant, il n’apporte ni bénéfices économiques directs ni lien social. 

Pour le moment, les visites de lieux culturels ne sont pas autorisées. Néanmoins, des activités restent autorisées. C’est le cas de l’hôtellerie qui reste la solution la plus rentable, d’autant qu’elle est autorisée même en temps de confinement. À l’ère du covid, une activité particulière voit le jour : proposer une offre hôtelière pour le télétravail. L’idée est d’offrir aux salariés pratiquant le télétravail un cadre idéal, calme et reposant. 

Le télétravail est le grand changement impulsé par la pandémie. Alors que la formule du télétravail existe depuis plusieurs années, elle n’a jamais été aussi pratiquée qu’aujourd’hui. Possédant un grand nombre d’avantages, beaucoup d’individus envisagent de continuer à pratiquer le télétravail de temps en temps, même lorsqu’un retour au bureau sera possible.

Cependant, le télétravail présente des désavantages, comme la monotonie ou l’angoisse liée à l’enfermement.

À l’ère du covid, le patrimoine regorge d’atouts pour offrir une expérience inédite aux adeptes du télétravail.

S’échapper au Château de Quinéville pour télétravailler

Le Château de Quinéville dans le Cotentin souhaite faire du télétravail une expérience à part entière. Disposant d’un patrimoine historique et naturel impressionnant, le Château possède des atouts non négligeables en temps de crise. En effet, les individus ressentent de plus en plus le besoin de sortir de leur quotidien, de prendre l’air et profiter des merveilles que la nature a à offrir. 

Dans cet optique, le château propose des séjours à destination des télétravailleurs, adaptés à leurs besoins : chambres toutes équipées avec bureau spécialement aménagé, accès internet haut débit, wifi … Tout est fait pour offrir un véritable confort de travail. 

Par ailleurs, le château se charge des repas, du petit déjeuner au dîner, concoctés avec des produits frais et locaux.

Le Château de Quinéville propose deux modèles d’offres : 

– La location à la semaine, au tarif de 750€ par personne en tout inclus ;

– La location au mois, au tarif de 2750€ par personne en tout inclus.

Situé sur un vaste domaine de quatre hectares, le château dispose d’un patrimoine naturel idéal pour s’aérer l’esprit. Parc, piscine, étang, jardin biologique et serre, les extérieurs du château sont variés. La plage à 800 mètres vient compléter l’offre. 

Expérimenter le télétravail grâce au Château de Craon

Surnommé « Le Petit Versailles de la Mayenne », le Château de Craon est un palais à l’architecture classique du 18ème, situé en pleine campagne. Au cœur de 47 hectares de terrain, le Château de Craon s’est lancé dans l’hébergement à destination des télétravailleurs.

Habituellement, le château accueille des touristes dans ses chambres d’hôtes et gîtes. Désormais, le château adapte son offre pour recevoir aussi des télétravailleurs grâce à la mise à disposition en libre accès de la wifi, gratuite et illimitée. En termes d’hébergements, le lieu propose : 

– Trois gîtes dispersés sur le domaine ;

– Six chambres d’hôtes à l’intérieur du château.

Le château de Craon dispose aussi d’un restaurant pour la confection des repas.

Le château dispose d’équipements de loisirs et de bien-être qui lui permettent de se démarquer. En venant au château de Craon, les télétravailleurs pourront faire des pauses en profitant des activités extérieures :

– Se promener dans le jardin à la française ;

– Faire un footing au sein du parc à l’anglaise ;

– Découvrir le petit patrimoine qui décore les extérieurs du domaine : glacière, fournil, pigeonnier et lavoir.

– Pratiquer le yoga sur la terrasse du domaine ou dans les jardins.

Grâce à la richesse de son patrimoine historique et naturel, ses équipements et services mis à la disposition des clients, le Château de Craon est un lieu idéal pour pratiquer le télétravail. Le lieu a su tirer avantage de la situation en valorisant ses atouts, à destination d’une nouvelle clientèle. 

2. La solidarité entre acteurs du patrimoine pour survivre à l’ère du covid

Alors que le patrimoine est durement touché par la crise sanitaire, la solidarité entre propriétaires et gestionnaires de sites historiques peut donner naissance à des initiatives intéressantes.

« Les châteaux privés de Haute-Loire ouvrent leurs portes »

En Haute-Loire, quelques propriétaires de châteaux privés se sont ainsi regroupés avec deux objectifs communs : 

– Valoriser le patrimoine local ;

– Réussir à faire venir plus de visiteurs, lorsque les règles sanitaires le permettront.

Adhérents à La Demeure Historique, ils travaillent ensemble pour valoriser leurs monuments. Dans cet objectif s’est déroulé à l’été 2020 l’évènement « Les châteaux privés de Haute-Loire ouvrent leurs portes », porté par le groupe de propriétaires, à l’initiative de la délégation départementale de La Demeure Historique.

C’est dans ce cadre qu’Arkhes, studio de communication spécialisé dans le patrimoine géré par Juliette Crouzet, a été créé.

Afin de mettre en valeur l’initiative collective des propriétaires et leurs châteaux, Arkhes met à leur disposition plusieurs outils et savoir-faire : 

– Flyers ;

– Dépliants, avec la création d’un prospectus commun aux treize châteaux ;

– Création de sites internet et community management.

Le studio de communication crée pour les châteaux de outils de communication offline et online, c’est-à-dire à la fois papier et digitale. Cependant, avec l’évolution de la situation, il pourrait être judicieux d’envisager d’axer d’avantage sa communication et la diffusion de l’information autour du numérique et du digital, afin d’éviter la manipulation de papier.

Pour se faire, le secteur du patrimoine pourrait s’inspirer des restaurants et des bars, qui avaient mis en place dès leur réouverture des menus sous forme de QR code, scannés par les clients grâce à leurs téléphones. Cette solution est adaptable aux châteaux et divers lieux patrimoniaux, qui peuvent ainsi digitaliser leurs flyers et dépliants.

Le groupe est ouvert à tous les propriétaires de la région, pour peu qu’ils soient prêts à ouvrir leur porte pour accueillir du public. C’est la seule condition pour rejoindre le groupe, qui pourrait devenir un réseau local de lieux à découvrir. 

3. Le numérique ou comment valoriser le patrimoine en distanciel

À l’ère du covid, à cause des divers confinements et mesures sanitaires, les lieux patrimoniaux peuvent être fermés pendant de longues périodes et ne recevoir donc aucun public, à moins de proposer un service d’hôtellerie. Pour les lieux dont ce n’est pas l’activité, il est nécessaire de trouver une autre solution pour continuer à exister auprès du public. 

Les outils numériques et digitaux sont des atouts pour valoriser un lieu et en faire la promotion auprès du grand public. Le numérique est accessible de tous et depuis l’intérieur des foyers. Cela permet de pallier l’interdiction de présentiel dans un cadre culturel ou de loisir. 

La communication digitale est un premier palier, une ressource déjà existante pour de nombreux sites historiques. À portée de main, la communication digitale passe principalement par l’animation des réseaux sociaux. 

Un réseau est souvent oublié des propriétaires de patrimoine, il s’agit de YouTube. Pourtant, le format du réseau est idéal. En effet, grâce aux vidéos, le propriétaire ou gestionnaire du lieu peut créer des visites virtuelles, des conférences, des vidéos thématiques, …. 

Découvrir le patrimoine du Domaine de Chantilly depuis son canapé

Les vidéos sont comme des échantillons, qui suscitent ou entretiennent l’intérêt du public pour un lieu, lui donnant par la suite l’envie de s’y rendre lorsque cela sera de nouveau possible. Ainsi, créer un panel de vidéos thématiques mettant en valeur son site historique permet d’en faire la promotion en attisant la curiosité du public.

Le Domaine de Chantilly dans les Hauts-de-France utilise beaucoup ses ressources numériques. Chaque mardi depuis avril 2020, le conservateur du patrimoine au musée de Condé, Mathieu Deldicque, réalise des vidéos thématiques. Diffusées sur les réseaux sociaux et la chaine YouTube du domaine. Les vidéos mettent en avant tour à tour une salle du château, une œuvre ou un pan de l’histoire du musée. 

Grâce à ces vidéos, le Domaine de Chantilly maintient l’intérêt du public tout en lui offrant des contenus exclusifs. La chaine propose des visites privées ou des ballades inédites dans un château complètement vide. De cette manière, le patrimoine continue d’exister et d’intriguer en s’adaptant aux enjeux de l’ère du covid.

Découvrir un lieu en vidéo présente des avantages :

– Le visiteur peut pleinement profiter de la beauté du lieu, sans l’afflux de touristes qui dénature parfois l’espace ;

– N’importe qui peut profiter des vidéos, du néophyte au connaisseur, en prenant son temps.

Accessible n’importe où grâce à son téléphone ou son ordinateur, les réseaux sociaux sont un atout non négligeable pour maintenir un lien avec le public. En effet, une personne qui aura développé un intérêt virtuel pour un site historique sera plus à même de s’y rendre ensuite. De plus, cette personne sera prête à dépenser dans la boutique du lieu ou pour une visite guidée.

Le patrimoine pour les enfants : le conte virtuel made-in Chambord

Les outils numériques permettent aussi de s’adresser à un public plus jeune en développant un contenu plus créatif. Pour cela, il est idéal d’inclure une part d’imaginaire, alliant découverte, émerveillement et apprentissage.

Dans cet objectif, Virginie Berdal, chargée de recherches à la Direction du patrimoine et de la programmation culturelle au Domaine de Chambord, a créé un conte pour enfant intitulé « Jehan et le grand chêne ». Ce dernier est inspiré de l’histoire de Chambord et de la Marine royale au 18ème siècle. Le conte s’est d’abord décliné sur les réseaux sociaux et la chaîne YouTube du Domaine de Chambord.

Domaine de Chambord

Le conte suit l’histoire d’un jeune garçon de 8 ans, vivant dans une ferme du parc de Chambord au 18èmesiècle. L’âge du personnage principal permet aux enfants de s’identifier à lui, ce qui leur permet de rentrer plus aisément dans l’histoire. Grâce à ce conte, richement illustré, documenté et suivi d’un petit documentaire, le Domaine de Chambord peut raconter son histoire à un jeune public, parfois moins accessible.

De plus, pendant le premier confinement les enfants ont été très isolés. Leur donner accès à ce type de contenu leur permet de s’évader, de rêver et de faire face à une période compliquée. À l’ère du covid, la culture et le patrimoine sont des acteurs essentiels pour continuer à rêver.

Le succès du conte est tel qu’il a été décliné sous forme de podcast. Puis, il a été autoédité au format papier par le Domaine de Chambord. L’initiative virtuelle a donné naissance à une nouvelle activité économique pour le Domaine, à travers la vente de l’album imprimé. Afin de se différencier du contenu virtuel, l’album contient des illustrations inédites.

Le conte pour enfant est aussi un atout pour attirer des familles sur son site historique. En effet, le conte suscite chez l’enfant un intérêt et de la curiosité pour le lieu. Il aura donc envie d’y aller pour marcher sur les traces du personnage principal.

Conclusion

La pandémie a impacté les secteurs touristique et culturel, et plus globalement la société. Les besoins et habitudes des individus ont changé. Afin de faire face à la crise, les propriétaires ou gestionnaires de lieux patrimoniaux doivent prendre en compte ces changements et les nouvelles attentes du public.

Pour cela, les gestionnaires de lieux patrimoniaux peuvent s’appuyer sur les ressources déjà à leur portée. Ils peuvent aussi transformer leurs offres afin de viser un nouveau public, en adaptant leur activité.

Pour aller plus loin : 

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Installer une structure éphémère à proximité de son château

Quels financements pour lancer une activité touristique ?

Dans cet article, Hephata présente les différentes activités liées à l’oenotourisme pour découvrir le patrimoine. 

L’important à retenir de cet article : 

Le patrimoine français est varié et ne se limite pas au patrimoine bâti. L’œnotourisme met en avant différentes facettes du patrimoine : naturel, bâti, culturel et immatériel.

La France regorge d’atouts pour le développement de l’oenotourisme, dont l’impact économique positif est d’ores et déjà reconnu par les acteurs du tourisme. 

Ce qu’il faut retenir : 

– L’oenotourisme et le patrimoine sont intimement liés

– L’oenotourisme permet d’élargir son activité et d’attirer une nouvelle clientèle

– En temps de pandémie, alors que les frontières se ferment et qu’il est difficile de voyager à l’étranger, se positionner sur la thématique de l’oenotourisme est une réelle opportunité 

Introduction : 

Le patrimoine français est riche. Au-delà du patrimoine bâti, la France regorge de patrimoine naturel, culturel et immatériel. L’œnologie est l’un de ces patrimoines réputés dans le monde entier. En effet, trois vignobles français sont classés par l’UNESCO : Saint Emilion, la Champagne et la Bourgogne.

L’attrait pour ce savoir-faire ancestral et la curiosité des voyageurs ont participé à faire émerger depuis plusieurs années une nouvelle forme de tourisme centré sur l’activité viticole : l’oenotourisme. Cet intérêt porté par les touristes est grandissant. 

L’agence de développement touristique française Atout France comptabilisait en 2016 plus de 10 millions de touristes dans ce secteur, contre 7,5 millions en 2009. En termes économiques, l’oenotourisme génère 5,2 milliards d’euros de recettes / an. C’est un atout majeur pour les acteurs du territoire puisqu’il le structure  par des retombées économiques à court comme à long terme.

En France, l’oenotourisme fonctionne très bien. Le vin fait partie du patrimoine français et la France est reconnue à l’internationale pour ses excellents breuvages et ses savoir-faire. Selon les études d’Atout France, près de 60% des oenotouristes sont français. Les 40% restant sont composés principalement de voyageurs européens, venant majoritairement de pays frontaliers comme la Belgique et l’Angleterre. 

1. L’oenotourisme : faire découvrir des savoir-faire ancestraux

L’oenotourisme révèle les richesses des territoires français et permet aux voyageurs, étrangers ou non, de les découvrir. En France, le vignoble est présent dans de nombreuses régions. Chacune d’entre elle possède ses spécificités, autant en termes de culture, de paysage que d’architecture.

Par ailleurs, l’oenotourisme peut etre pratiqué en séjour de courte ou longue durée ainsi qu’en itinérance.

L’oenotourisme itinérant, découvrir une région au gré des vignobles

L’oenotourisme se prête particulièrement bien au tourisme en itinérance, permettant ainsi de découvrir plusieurs domaines viticoles et les subtilités de chaque terroir. Parmi les routes des vins célèbres, prenons l’exemple de la « Route des Vins d’Alsace », récemment labellisée Vignobles & Découverte. Cette dernière peut se parcourir grâce à des moyens de transports collectifs (bus), en voiture ou en vélo pour les voyageurs adeptes de cyclotourisme, mode de slow tourisme fort apprécié.

La « Route des Vins d’Alsace » parcourt 170km de territoire piémont viticole, du Nord au Sud, de Marlenheim à Thann.  Assurément, c’est un pilier du rayonnement de la région alsacienne. Créée dès le début des années 1950, la Route des Vins d’Alsace est une destination complexe, composées de diverses offres : 

– Sentiers viticoles ;

– Rallyes dans les vignobles ;

– École des vins ;

Sans compter les nombreux domaines viticoles proposant des activités de découverte, des visites de caves suivies de dégustation, de la restauration ainsi que des hébergements.

Vignes et villages d’Alsace

L’évènement national « Pique-Nique chez le Vigneron Indépendant » se déroule depuis 25 ans dans la région alsacienne. Ayant lieu pendant trois jours, le principe est le suivant : aller déjeuner chez un vigneron en apportant son panier repas. 

Les « Vins du Val de Loire au fil de l’eau » : vins, croisière et patrimoine

Le « Pays des châteaux » est aussi le pays du vin. À bord d’une touée cabanée, embarcation fluviale typique de la Loire,  le voyageur découvre les merveilles du patrimoine bâti, naturel et immatériel de la région Centre Val de Loire.

En compagnie d’un vigneron, parfois aussi capitaine du bateau, les touristes dégustent produits du terroir et vins des domaines locaux.

Cet itinéraire regroupe différents circuits fluviaux, parmi lesquels la « Toue de Nantes » et la balade « Régal Vigneron ». Tout en naviguant sur l’Erdre, la plus belle rivière de France selon François 1er, les voyageurs peuvent ainsi échanger avec un vigneron du vignoble nantais.

Au cœur de l’Anjou, Loire Vins Aventure propose des excursions sur la Loire à bord de l’Etoile qui Rit, qui se décline en trois offres dont « La Loire Pittoresque ». Au départ de Montsoreau jusqu’à Saint Germain sur Vienne, les voyageurs ont alors l’occasion de découvrir villages et châteaux, comme celui de Montsoreau, transformé en musée d’art contemporain.

En complément des excursions, Loire Vins Aventure propose restauration et dégustation de vins du Domaine des Champs Fleuris. Les touristes peuvent alors découvrir patrimoine bâti et patrimoine naturel , pour une expérience unique.  

2. L’oenotourisme : dynamiser l’évènementiel

L’œnologie entretient des liens étroits avec le patrimoine. Considérée elle-même comme un patrimoine immatériel, l’œnologie implique aussi le patrimoine naturel à travers les vignobles et le patrimoine historique via les différents monuments des domaines viticoles.

L’oenotourisme s’adresse à tous les publics, des néophytes aux passionnés. De nombreuses activités permettent de découvrir cet univers en famille, entre amis ainsi que dans le cadre de l’entreprise.

Rouge aux lèvres : agence spécialisée dans l’évènementiel œnologique auprès des entreprises

Créée par Margot Durancel, sommelière, journaliste et influenceuse vin, l’agence Rouge aux lèvres organise des évènements autour du vin pour les entreprises et leurs clientèles. Composée de sommeliers juniors et de sommeliers séniors, l’agence organise des masterclass, des dîners et voyages œnologiques, et propose la mise en place de bar à thèmes lors de cocktails professionnels.

Pour organiser ses évènements, l’agence dispose d’un carnet d’adresse exclusif composé de lieux prestigieux, parfois secrets, et souvent fermés au public. Pour les propriétaires ou gestionnaires de lieux patrimoniaux remarquables, accueillir un évènement œnologique haut de gamme peut être un bon moyen de développer son réseau tout en préservant son intimité.

En temps de pandémie, l’agence propose à ses clients des « E@Degustation », « les Virtual Wine Tour », sorte de masterclass à domicile en visioconférence. Pour se faire, l’agence se charge de tout organiser : la conception du coffret, la livraison auprès des clients et l’expérience digitale avec un sommelier de l’agence. Un format évènementiel intéressant en période de crise sanitaire !

La plateforme Visit French Wine, véritable guide oenotouristique recensant les acteurs du secteur

La plateforme Visit French Wine recense des dizaines d’activités, d’expériences et de lieux pour partir faire de l’oenotourisme. Le site permet de chercher une expérience personnalisée répondant à différents critères. Parmi les diverses expériences répertoriées et valorisées par la plateforme, nombreuses sont celles qui mêlent oenotourisme et patrimoine.

Grâce à une telle plateforme, un gestionnaire de site historique peut s’inspirer d’expériences existantes, analyser la concurrence locale et se positionner. Si son activité est recensée par la plateforme, c’est aussi un atout de visibilité non négligeable.

La Maison Rémy Martin à Cognac : le spiritourisme, petit frère de l’oenotourisme

Bien que l’oenotourisme soit principalement axé sur le vin, la France possède un autre savoir-faire : les spiritueux. Le cognac est l’une des eaux-de-vie les plus appréciées dans le monde. D’ailleurs, les savoir-faire de l’élaboration du cognac sont inscrits à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel français, première étape avant le classement au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

La Maison Rémy Martin à Cognac, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant, est l’une des plus prestigieuses maisons de cognac. Fondée en 1724, le savoir-faire de la maison repose sur une distillation traditionnelle et l’utilisation de produits de grandes qualités. D’ailleurs, la Maison propose un large choix d’activités touristiques axées sur la gastronomie, la découverte du patrimoine et des savoir-faire. 

L’intérêt pour les grandes maisons de spiritueux grandit en France, donnant naissance à une nouvelle forme de tourisme complémentaire de l’oenotourisme : le spiritourisme. Pour les propriétaires de lieux patrimoniaux, créer des évènements en lien avec l’oenotourisme ou le spiritourisme est le moyen d’attirer une nouvelle clientèle.

Afin d’impliquer encore plus le touriste dans la découverte des vignobles, la plateforme Visit French Wine recense aussi des activités dans la veine de l’agritourisme. L’agritourisme, forme de tourisme à la ferme, propose aux voyageurs de découvrir les savoir-faire agricoles. Dans l’oenotourisme, ce sont les savoir-faire viticoles qui sont mis en avant, notamment les vendanges.

Le Château Guipière, entre vendanges et séminaires d’entreprises

Situé à quelques kilomètres de Nantes dans le vignoble du muscadet, le Château Guipière propose une salle de réunion jouxtant le chai. Pour les séminaires se déroulant au mois de septembre, c’est l’occasion pour les visiteurs d’expérimenter l’art des vendanges en pratiquant cette activité l’après-midi.

Vignes en automne
L’expérience « Vendanges » au Château de Pommard

En Bourgogne, les curieux sont invités à venir observer, apprendre et participer aux vendanges du Château de Pommard. Après avoir découvert la méthode de récolte traditionnelle, c’est le moment de déguster des spécialités de la gastronomie bourguignonne tout en savourant des vins typiques de la région. Les activités proposées au château de Pommard sont idéales pour le team-building et les séminaires d’entreprises.

Château de Pommard

Ne disposant pas d’une offre d’hébergement, le château a cependant mis en place un système de conciergerie afin d’accompagner au mieux leur clientèle dans la préparation de leur séjour en Bourgogne. 

Il serait judicieux pour un propriétaire ou gestionnaire de site historique, situé à proximité d’un domaine viticole, de servir d’hébergement partenaire pour les vignobles ne proposant pas ce service, à l’instar du Château de Pommard. 

3. L’oenotourisme : offrir des lieux d’hébergements ressourçant pour des séjours uniques

Que ce soit pour un séjour de courte durée dans le cadre d’un circuit touristique ou pour un séjour de longue durée, les domaines viticoles sont des lieux d’accueil privilégiés. Idéalement situés au cœur des vignes, les hébergements touristiques dans les domaines viticoles permettent aux touristes d’être plongés en immersion dans la vie des vignerons . L’espace d’un instant, le voyageur plonge dans une nature exceptionnelle et découvre des savoirs-faire ancestraux.

Il est donc judicieux, lorsque cela est possible, de proposer une offre d’hébergement au sein de son vignoble. Gîtes de France réalise un classement par « épis », à l’instar des étoiles pour les hôtels et restaurants. Cette classification s’applique à différents types d’hébergements :

– Les gîtes, classés de 1 à 5 épis ;

– Les gîtes de groupe, de 1 à 4 épis ;

– La chambre d’hôtes, de 1 à 5 épis ;

– Les campings et chalets, de 1 à 4 épis. 

Nota Bene : les hébergements dit « insolites » ne font pas l’objet d’un classement.

Le Domaine de Verchant : proposer un hébergement de luxe au cœur des vignes 

À seulement quelques minutes du centre de Montpellier se trouve le Domaine de Verchant. Maison de maitre transformé en hôtel 5 étoiles proposant des chambres et des suites. Le lieu est classé Relais & Châteaux. Par ailleurs, Le Domaine de Verchant propose aussi un appartement privé ainsi que deux maisons privatives.

Le Domaine de Verchant propose divers services ;

– Le Restaurant « Verchant » ;

– La « Plage dans les vignes » composée d’une piscine, d’un restaurant et d’un bar tel une oasis au cœur des vignes ;

– Un SPA, proposant aussi des cabines privatives ;

– Une salle de fitness ;

– La boutique-caveau, pour déguster et acheter les vins du domaine.

Vidéo Domaine de Verchant domainedeverchant.com

La vue imprenable sur les vignes du Languedoc fait du Domaine de Verchant un véritable havre de paix, de calme et de volupté pour la clientèle en recherche d’expérience haut de gamme. 

Camper chez le vigneron dans le Val de Loire, une offre d’hébergement plus accessible

Pour les touristes préférant l’itinérance et le camping, il est possible de faire étape chez le vigneron. En effet, dans le Val de Loire, plus particulièrement dans la région de Saumur, plusieurs vignerons proposent des emplacements à titre gratuit pour accueillir des campeurs comme au Clos des Cordeliers.

Conclusion 

Accessible à tous grâce à une diversité d’offres adaptées à un public très large, l’oenotourisme est un atout pour le patrimoine français. En effet, il permet d’étendre la vision du patrimoine, de penser plus large, en s’intéressant au patrimoine naturel, culturel et aux savoir-faire (patrimoine immatériel). 

L’oenotourisme est incontestablement un atout pour les propriétaires ou gestionnaires de domaines viticoles. Toutefois, il peut aussi s’adapter aux lieux historiques n’ayant visiblement aucun lien avec l’œnologie. Si la région où se situe le bien possède une histoire forte liée à l’œnologie ou est particulièrement réputée pour ses vins, un lieu historique peut en bénéficier et organiser des évènements autour de cette thématique.

Pour aller plus loin : 

Le slow tourisme, découvrir le patrimoine en flânant

Lancer des activités dans un site historique 

Quels financement pour lancer une activité touristique ?

Comment développer des activités au cœur des abbayes ? Dans cet article, Hephata vous donne quelques inspirations et pistes de réflexions.

L’important à retenir de cet article : 

Dans cet article, nous vous présenterons différents développements d’activités mis en place dans des abbayes, à travers un focus sur les différentes propositions réalisées par l’association Propolis autour de l’Abbaye de Bonnecombe.

En effet, généralement, les abbayes sont des lieux spacieux et chargés d’histoire, souvent entourés d’un patrimoine naturel remarquable. Ainsi, les abbayes présentent des atouts majeurs pour la mise en place d’activités variées.

Introduction : 

Les abbayes sont intimement liées au monachisme. Initialement issues de l’Orient, elles se sont beaucoup développées en Occident au fil des siècles.

Avec l’avènement de la chrétienté, des abbayes furent construites par centaines. La vie monastique s’appuie sur différents piliers, parmi lesquels le travail, souvent agricole. En effet, « Ora et Labora », signifiant en français « prie et travaille », est une expression latine faisant référence à la vie monastique bénédictine. À travers le travail dans les champs, les abbayes avaient pour vocation d’être auto-suffisantes.

En janvier 2021, la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, Jacqueline Gourault, s’est rendue dans le Calvados afin d’y signer une convention de partenariat de sauvegarde du patrimoine. Le premier édifice à bénéficier de ce programme est l’Abbaye de Mondaye, située à Saint-Martin-de-Mondaye.

Cette actualité démontre un intérêt toujours présent pour le patrimoine historique, notamment le patrimoine des abbayes. Assurément, la dimension humaine de ces lieux de vie particuliers les rend fascinants, tout comme leur architecture souvent remarquable. 

Au même titre que les châteaux, les abbayes sont des témoins de l’évolution des styles architecturaux en France et de l’histoire du pays. C’est un patrimoine reconnu et valorisé, à l’instar de l’Abbaye de Fontenay en Bourgogne-Franche-Comté, classée au Patrimoine Mondiale de l’Unesco.

Pour sauvegarder de tels lieux, il est nécessaire de mettre en place des activités afin de les animer. L’enjeu est de les rendre rentables financièrement, les bénéfices pouvant par la suite être réinjectés dans la mise en valeur, le développement et l’entretien du lieu.

Cependant, il est important de garder une cohérence entre l’histoire du lieu et les nouvelles activités. Pour cela, il est judicieux de s’orienter vers des activités ayant une dimension sociale, environnementale, de bien-être ou spirituelle.

Focus sur l’étude du projet Propolis à l’Abbaye de Bonnecombe

Pour la première édition du Prix du Patrimoine paysager et écologique, la Fondation Etrillard a sélectionné le projet de l’association Propolis pour la réhabilitation et la restauration des espaces paysagers de l’Abbaye de Bonnecombe.

Bien que tout ce que propose l’association Propolis est au stade de projet, il s’agit d’un travail d’étude très intéressant, axé autour de la construction d’un projet cohérent, qui peut être une excellente source d’inspiration. L’aboutissement sera par la suite décidé avec l’évêché de Rodez et Vabres, propriétaire des lieux.

L’Abbaye cistercienne de Bonnecombe dans l’Aveyron est un lieu patrimonial exceptionnel fondé au XIIème siècle. Inhabitée depuis 1965 et inoccupée depuis 2017, l’Abbaye est au cœur du travail d’étude réalisé pour le projet Propolis.

L’idée de l’association est d’implanter un centre de formation au sein de l’Abbaye ainsi qu’une pluralité d’autres activités axées sur les questions environnementales et sociétales. 

1. La valorisation des extérieurs de l’Abbaye

Les sites patrimoniaux sont généralement entourés d’une nature remarquable. C’est assurément un atout à valoriser pour les propriétaires et gestionnaires de lieux patrimoniaux. En effet, les visiteurs apprécient de plus en plus le patrimoine naturel. Par ailleurs, de nouvelles tendances touristiques attestent de cet attrait grandissant pour la nature, tels que l’agritourisme ou le slow tourisme, ainsi que toutes les formes de tourisme durable.

À travers la mise en place des différentes actions, l’association Propolis exprime un message fort et affirme l’importance des questions environnementales et sociétales à ses yeux.

Cadre naturel remarquable, le site de l’Abbaye, d’une dimension de 13000m2 bâtis, s’étend sur plus de 180 hectares comprenant de la forêt, un parc ainsi que des espaces au potentiel agricole comme un verger et un potager. Assurément, l’Abbaye de Bonnecombe possède les atouts nécessaires pour pratiquer une agriculture innovante et être le plus auto-suffisante possible.

Les extérieurs seront mis à profit pour y développer plusieurs activités et équipements, tels que :

– Un jardin ornemental ;

– Une pommeraie ;

– Un potager et jardin en agroécologie pour les visiteurs ; 

– Un potager en permaculture et un nouveau verger ; 

– Un espace dédié à la culture de plantes à parfum en agroécologie.

En effet, L’Abbaye de Bonnecombe prévoit d’expérimenter les méthodes de l’agroécologie en consacrant une partie de ses extérieurs à la production de plantes à parfums, aromatiques et médicinales, en proposant 300 espèces différentes.

Par ailleurs, des ateliers liés à la nature seront mis en place au sein de l’Abbaye, ainsi qu’un élevage de papillons. Un hangar agricole sera aussi créé. 

2. Une offre diversifiée permettant d’attirer différents publics

La superficie impressionnante de l’Abbaye de Bonnecombe est un atout pour y développer plusieurs activités variées permettant ainsi de s’adresser à un public plus large.

En tant que propriétaire ou gestionnaire de lieu patrimonial, il est important de réaliser un diagnostic avant de se lancer dans le développement d’activité.

Comprendre les atouts du lieu et de son territoire ;

Analyser les attentes et besoins du public, autant des touristes que des locaux ;

Se positionner en fonction des critères précédents.

Le projet Propolis à l’Abbaye de Bonnecombe utilise les atouts du lieu. Le premier atout est l’espace : en effet, un lieu aussi vaste que celui-ci permet d’y implanter différentes activités.

Chaque activité mise en place répond à une demande plus ou moins explicite du public.

a) Les activités culturelles pour attirer un large public

Les activités culturelles sont certainement celles qui attirent le plus de public. De ce fait, pour un propriétaire ou gestionnaire de site historique, inclure la culture dans son offre est une excellente idée. En effet, le secteur culturel, très diversifié, possède de nombreux atouts :

– Accessible à tous les âges, les activités culturelles plaisent autant aux enfants qu’aux adultes ;

– La culture est un des pans principaux de l’attractivité d’un territoire. En devenant un lieu culturel reconnu, le lieu participe au développement de son territoire.

Afin d’inclure un maximum d’individus et d’élargir encore son public, il est judicieux de mettre en place des activités destinées aux amateurs comme aux professionnels.

Ainsi, l’un des volets du projet Propolis est l’accueil d’artistes en résidence avec la création d’ateliers d’artistes, implantant ainsi un centre culturel sur le site de l’Abbaye. Afin de compléter l’offre culturelle, le projet prévoit : 

– Une salle de spectacle, ainsi que l’utilisation de l’Église en salle de célébrations et de concerts ; 

– Un cabinet de musique et de poésie. 

b) Les aménagements sociaux, le patrimoine au cœur de la vie quotidienne des habitants

Le patrimoine fait intégralement partie du territoire et de l’histoire d’une région. Pourtant, il est souvent oublié, laissé de côté. Pour les gestionnaires ou propriétaires de sites patrimoniaux, transformer son patrimoine en lieu de vie permet de l’inclure dans la vie de la commune. De cette manière, le lieu s’intègre dans le quotidien des habitants, qui, ne l’oublions pas, constituent son premier public.

Le projet Propolis à l’Abbaye de Bonnecombe inclut un volet social très important. De plus, en redevenant un lieu de vie à la fois pour les personnes qui viendront en formation ou en résidence et pour les locaux, l’Abbaye de Bonnecombe retrouve sa vocation initiale. Toujours dans une démarche sociale, l’Abbaye accueillera un lieu de vie et d’accueil pour une dizaine de jeune de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE).

De cette manière, l’Abbaye de Bonnecombe retrouve sa vocation d’accueil des personnes dans le besoin.

L’association Propolis prévoit aussi la mise en place d’un cabinet de médecine alternative, offre presque inexistante jusqu’alors sur le territoire, en proposant un lieu où penser la santé autrement. Cette démarche est en adéquation avec leur pensée générale de durabilité et de responsabilité.

3. Le cœur du projet : l’implication politique et sociétale du centre de formation

À travers cette activité qui constitue le cœur du projet, le patrimoine devient un acteur de la vie politique. En effet, le centre de formation aux questions environnementales répond à de grandes questions sociétales. En formant des individus à ces thématiques, ces problématiques qui gangrènent notre société, l’Abbaye de Bonnecombe prend une place très importante au sein de la politique, de l’éducation et de la société.

Il est important pour les propriétaires et gestionnaires de lieux patrimoniaux de comprendre les grands enjeux sociétaux. 

Le centre de formation est l’activité principale du projet Propolis. Le centre proposera un cursus intitulé « Penser la modernité ». Cette formation dispensera des enseignements et des activités pratiques en lien les questions environnementales et sociales.

Le cursus est divisé en trois modalités, se destinant chacun à une clientèle différente. Les cursus proposés vont d’une semaine à neuf mois de formations, se destinant autant aux particuliers qu’aux professionnels. 

Les étudiants du cursus seront logés, nourris et blanchis pour un forfait mensuel allant de 650€ à 800€. Les cours seront dispensés grâce aux subventions sollicitées, les participants n’auront donc pas à payer la formation.

Cependant, le centre de formation est un véritable atout économique pour la région. En effet, les individus venus en formation pourront :

Visiter la région et découvrir le territoire ;

Dépenser dans les activités et commerces de proximité ;

Participer à la vie économique de la région.

Le centre de formation constitue l’atout majeur du projet grâce sur plusieurs aspects : les loyers des étudiants assurent une rentabilité du lieu sur le long terme. De plus, le lieu constitue un écrin idéal pour une formation aux questions environnementales et sociales, ce qui en fait un rude concurrent face aux quelques rares écoles ou universités proposant ce type de cursus. 

4. Un grand projet au budget colossal

Afin d’accueillir toutes ces activités, l’Abbaye de Bonnecombe va être entièrement nettoyée et rénovée. L’association prévoit plusieurs années de nettoyage, de travaux et d’aménagement.

Pour un propriétaire ou gestionnaire de lieu patrimonial souhaitant le rénover afin d’y développer un nouveau projet, les chantiers d’insertions ou de bénévoles sont une bonne solution.

Il peut aussi lancer une campagne de financement participatif. En effet, les contributeurs peuvent aussi devenir acteurs du chantier s’ils le désirent.

Pour financer un tel projet, nécessitant la réhabilitation du lieu, des travaux de rénovation et d’aménagements, l’association Propolis a lancé des levées de fonds, bénéficiant ainsi de différentes aides : 

– Des subventions publiques, de la part des collectivités locales, de l’Etat et de l’Europe à hauteur de 30% du coût du projet ;

– Des financements privés, venant d’entreprises, de fondations et de particuliers, représentant 30% du financement du projet.

L’association Propolis a perçu les atouts majeurs de l’Abbaye de Bonnecombe et de son territoire. Leur étude donne des axes de réflexions aux propriétaires afin d’y créer une offre utile pour le territoire.  

5. D’autres exemples de développement d’activités

L’exemple de l’Abbaye de Bonnecombe nous a permis d’explorer divers secteurs d’activités : la formation, l’écologie, l’agriculture et la cohésion sociale. 

Cependant, le développement d’activité au sein d’une abbaye peut aussi concerner la mise en tourisme du lieu avec la création d’une offre d’hébergement comme à l’Abbaye des Capucins à Montauban. Enfin, le développement peut aussi être très diversifié et englober différents secteurs d’activité, comme au sein de l’Abbaye de Royaumont.

L’Abbaye des Capucins à Montauban

Située en Occitanie, cette abbaye du XVIIème siècle a été transformée en hôtel haut de gamme en 2006. L’établissement comprend un hôtel 4 étoiles d’une capacité de 116 chambres, un spa, une piscine et un restaurant.  

En plein cœur de la ville, au bord du Tarn, l’Abbaye des Capucins présente tous les atouts d’un lieu d’hébergement touristique : 

– Accessibilité ;

– Localisation idéale ;

– Proximité des commerces, des lieux de loisirs et de culture avec notamment le Musée Ingres Bourdelle à moins de 5 minutes à pied.

L’Abbaye des Capucins a de nouvelles ambitions, notamment la construction d’un nouveau bâtiment pour créer un véritable complexe hôtelier. Le projet devrait inclure : 

– Un amphithéâtre de 200 places ;

– Deux nouveaux restaurants panoramiques en roof-top ; 

– La création de 110 nouvelles chambres 3 étoiles, doublant ainsi la capacité d’accueil de l’hôtel. 

Ces aménagements viennent compléter le patrimoine existant pour créer un nouveau lieu unique, mêlant patrimoine et modernité. Ainsi, le lieu est capable de répondre à la demande grandissante de la clientèle.

L’Abbaye accueille des particuliers venus découvrir la région ainsi que des touristes d’affaires et des entreprises, le lieu disposant d’espaces pour recevoir séminaires et réunions. De cette manière, le propriétaire des lieux a transformé l’abbaye en un véritable acteur touristique du territoire, participant au développement local et à l’attractivité de la région. Les travaux d’extension de l’établissement permettent de pérenniser l’offre tout en préservant le monument historique.

L’Abbaye de Royaumont

L’Abbaye de Royaumont a été réhabilitée en 1938, devenant alors le Foyer de Royaumont. Lieu d’accueil et de repos pour artistes et intellectuels, le lieu évolue par la suite en centre culturel international.

Forte de sa renommée acquise au cours des décennies, la Fondation gérant l’Abbaye de Royaumont a diversifié ses activités :

– un centre de formation et de recherche autour de la culture, des arts, des sciences humaines ainsi que l’environnement ;

– une libraire-boutique, ainsi qu’une bibliothèque musicale et une bibliothèque générale ;

– des espaces de séminaires et d’évènementiels ;

– un hôtel et un restaurant. 

L’Abbaye organise des évènements annuels tel que le festival de musique de Royaumont. Consacré à la musique classique, la fréquentation augmente chaque année. Entre l’édition de 2017 et 2018, la fréquentation avait augmenté de 21%.

Conclusion :

Le développement d’activités dans des abbayes peut prendre différentes formes, en fonction des besoins et envies du gestionnaire des lieux. Toutefois, il faut aussi prendre en compte le territoire autour du lieu, comprendre son écosystème et comment rendre le lieu utile.

Les projets de développement d’activité au sein d’une abbaye peuvent nécessiter des travaux d’aménagements et de rénovation. Cela représente un investissement financier, plus ou moins important. Ainsi, en fonction de l’orientation du projet, différents acteurs peuvent soutenir sa réalisation.  

Pour aller plus loin : 

 Les acteurs du patrimoine : le financement

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Les enjeux de la sauvegarde du patrimoine français

Dans cet article, Hephata présente le lien entre l’insertion sociale, à travers les chantiers d’insertions, et la sauvegarde du patrimoine.

L’important à retenir de cet article : 

L’insertion sociale est une thématique très abordée sur le plan politique. Les institutions publiques et les collectivités débloquent des fonds afin de soutenir les projets favorisant l’inclusion sociale. Dans ce cadre, les chantiers d’insertions sont un bon outil pour le patrimoine en péril qui nécessitent de la main d’œuvre. 

Ce qu’il faut retenir de cet article : 

– Les chantiers d’insertion bénéficient d’aides financières diverses

– Le patrimoine est un terrain d’apprentissage parfait pour l’insertion sociale

– Les chantiers d’insertion apportent des ressources et de la main d’œuvre

Introduction :

La lutte contre l’exclusion sociale est une thématique qui prend de l’importance au sein de nombreux domaines professionnels.

Le patrimoine n’est pas en reste à ce sujet, bien au contraire. La sauvegarde du patrimoine possède elle aussi une dimension profondément humaine, sociale et territoriale. En effet, le patrimoine est le bien de tous, ce qui en fait un terrain parfait pour l’insertion sociale. 

En outre, il est parfois difficile pour les gestionnaires ou propriétaires de lieux patrimoniaux d’entretenir ces derniers, de les rénover et de les valoriser.

Les chantiers d’insertions sont généralement menés par des associations avec le soutient d’institutions publiques. Grâce à ces chantiers, les propriétaires ou gestionnaires de lieux patrimoniaux peuvent restaurer leur patrimoine.

1. Les ACI : Ateliers Chantiers d’Insertion, acteurs de l’insertion sociale en France

Selon les chiffres du Ministère du Travail, la France comptait 3 803 structures de l’insertion par l’activité économique, les SIAE (en 2018). Au sein de ces structures, il existe les Ateliers et Chantiers d’Insertions (ACI), parfois appelés « Chantiers d’Utilité Sociale ». Ces derniers sont à l’origine de la mise en place des chantiers d’insertion en France. 

Les ACI développement des activités d’utilités sociales qui sont organisées à échelle territoriale : quartier, commune, département, etc. Les acteurs financiers soutenant les chantiers d’insertions sont donc variés, allant de pôle emploi au Fonds Social Européen (FSE), en passant par l’État et les collectivités territoriales.

Des associations interviennent aussi dans le soutien et la mise en place de ces chantiers, notamment des associations reconnues comme structures ACI. 

L’association des Amis du Château de Montaigut dans l’Aveyron

Reconnue ACI depuis 1993. Initialement concentrée sur la rénovation du château, l’association des Amis du Château de Montaigut est née dans les années 1960. À l’origine, l’association a bénéficié de l’aide de bénévoles de l’Union REMPART, célèbre organisation de sauvegarde du patrimoine.

Petit à petit, des équipes de salariées se sont chargées du chantier à temps plein, toujours avec l’aide de bénévoles, jusqu’à ce que le château soit complètement rénové à la fin des années 1980. 

En parallèle, dès 1976, les chantiers de restauration se sont étendus vers l’extérieur du château, afin d’aider les communes aux alentours. Depuis 1993, l’association agit en tant qu’ACI sur tout ce territoire, avec le soutien de divers acteurs :

– L’Etat

– Le Conseil départemental

– La mission locale

– Pôle Emploi

– Le FSE

L’ACI a deux objectifs : 

  1. Recruter des personnes rencontrant des difficultés d’accès à l’emploi en raison de leur état de santé, de leur situation sociale, familiale ou matérielle.
  2. Participer au développement local par la valorisation du patrimoine bâti. En effet, le chantier de restauration œuvre à la fois à la restauration d’anciens monuments et du petit patrimoine.

Parmi les exemples de chantiers d’insertions réalisés par l’association, la rénovation, l’animation du village écomusée Château de Montaigut démontre la pluralité des supports d’activités de ces chantiers : 

– Réhabilitation du patrimoine 

– Entretien des espaces verts 

– Accueil et guidage des visiteurs 

– Entretien des locaux

Au-delà de la dimension sociale primordiale portée par ces chantiers, les impacts touristiques et économiques ne doivent pas être oublier. En effet, le village écomusée Château de Montaigut est considéré comme un site remarquable de France et d’Europe. Il accueille chaque année des dizaines de milliers de visiteurs, qui bénéficient directement ou indirectement des projets mis en place par les chantiers d’insertions.

L’association FAIRE

L’association FAIRE est une structure ACI située dans le département du Gard. À l’instar de l’association des Amis du Château de Montaigut, elle développe ses activités et restaure le patrimoine bâti et naturel des zones rurales et périurbaines. 

« Rendre au Patrimoine son sens et à l’Homme sa fierté »

Tel est leur slogan. L’Homme est indissociable du patrimoine, tout comme ce dernier est indispensable à l’humanité. Ainsi pour le sauvegarder et le valoriser, l’association réalise des chantiers d’insertions, qu’elle nomme des chantiers d’utilité sociale, soit CUS. Les objectifs de FAIRE sont les suivants : 

– La restauration du patrimoine, la mise en valeur des communes et des territoires d’accueil 

– L’accompagnement des publics en difficultés socioprofessionnelle à travers des chantiers d’utilité sociale

L’association intervient sur les domaines de compétences suivants : la pierre sèche, la restauration de petit patrimoine et des aménagements divers comme la signalétique, le mobilier en bois ou la mise en place de sentier de randonnés. Les chantiers sont destinés à des lieux oubliés qui tomberaient en désuétude sans l’intervention de l’association. 

Par ailleurs, les travaux sont effectués de manière traditionnelle, afin de valoriser l’authenticité des paysages et des techniques artisanales. Les chantiers ont lieu sur la totalité de l’agglomération d’Alès, comportant 73 communes.

Le réseau ACTA VISTA

Située à Marseille, ACTA VISTA fait partie des pionniers de l’insertion sociale grâce au patrimoine. Après s’être limité à des chantiers en région Provence-Alpes-Côtes-d’Azur, l’association s’est exportée pour la première fois hors région en 2017 pour le chantier de rénovation du Château de la Morinière à Mur de Sologne, en Centre-Val-de-Loire. Toujours en cours, le chantier emploi chaque année une nouvelle équipe. À l’issus de l’année, les travailleurs acquièrent une certification professionnelle reconnue par le Ministère du Travail.  

Le chantier du Château de la Morinière a commencé par la restauration de la chapelle, avant de s’étendre au bâtiment principal et à l’aile. Grâce aux rénovations, les propriétaires du château prévoient d’accueillir des artistes en résidence. 

2. Les chantiers d’insertions, un outil idéal pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine

Les ACI travaillent main dans la main avec les institutions publiques et les collectivités territoriales pour la sauvegarde du patrimoine, qu’il s’agisse de patrimoine naturel, immatériel ou bâti. En effet les chantiers d’insertions peuvent intervenir dans des domaines très variés, comme le secteur agricole, environnemental ou la rénovation d’un monument. 

Les chantiers d’insertions ont plusieurs atout pour un propriétaire ou un gestionnaire de lieu patrimonial : 

– Sur le plan économique, car les chantiers d’insertions sont financés par l’Etat, la main d’œuvre est donc peu coûteuse voir gratuite 

Socialement, car cela permet de valoriser l’humain, ses compétences et son travail

De plus, faire appel à un chantier d’insertion est un atout de communication et d’image, permettant de créer une communauté autour du lieu. 

SI un propriétaire ou gestionnaire de lieu patrimonial souhaite faire intervenir un ACI sur son terrain, il peut se rapprocher des associations nationales ou de sa région.

Les chantiers « nature et patrimoine » de l’agglomération de Vannes

Dans l’agglomération de Vannes, dans le Golfe du Morbihan, les ACI « nature et patrimoine » sont en charge de la mise en valeur des sites touristiques et espaces naturels, de l’ouverture et l’entretien de sentiers de randonnées. Grâce à ces chantiers, les personnes en difficulté d’insertion socio-professionnelles se sentent valoriser dans leur travail, découvrent et développent de nouvelles compétences professionnelles. 

Vue du Golfe du Morbihan 

Pour la mise en place de ces chantiers de valorisation du patrimoine naturel au sein du Golfe du Morbihan, les ACI « nature et patrimoine » bénéficient d’une aide financière de l’État, du département et du FSE. 

D’ailleurs, la Région Bretagne soutien les travaux réalisés sur des bâtiments d’intérêt général, non protégés au titre des Monuments Historiques, et étant effectués dans le cadre de chantiers de jeunes bénévoles ou de personnes en insertion. Pour cela, la Région propose une subvention d’un montant maximum de 5 000€ par chantier.

Le chantier d’insertion Nature Solidaire à vocation environnementale dans le Marais Poitevin

Nature Solidaire – AIPEMP (pour Association d’Insertion par la Protection et l’Entretien du Marais Poitevin) est un ACI situé en Nouvelle Aquitaine. Nature Solidaire dirige deux types de chantiers d’insertions : en premier lieu des chantiers environnementaux, en second lieu des chantiers axés sur le maraichage bio.

Marais Poitevin

À travers les différents chantiers d’insertions, Nature Solidaire valorise l’environnement et le terroir du Marais Poitevin :

– Production de légumes issus du maraichage bio, dont production est commercialisée en circuit court et participe ainsi à l’économie locale 

– Restauration, entretien et protection des espaces naturels sur le territoire du Marais Poitevin

La surveillance et l’entretien des itinéraires cyclables assure aussi la qualité des trajets des cyclistes, dont les touristes pratiquant le cyclotourisme, une forme de slow tourisme dont les voyageurs sont de plus en plus friands.

La restauration d’un théâtre antique sur le site de Lillebonne, en Normandie

Le théâtre antique du site de Lillebonne nécessitait quelques travaux. Par conséquent, le Département de la Seine-Maritime a conjugué le besoin de personnels pour la réalisation de ces travaux avec la mise en place d’une structure d’insertions pour les personnes en difficulté.

Cette initiative, soutenue notamment par le FSE à hauteur de 95 000€, a ainsi permis de préserver le patrimoine bâti du site de Lillebonne tout en ayant un impact social positif. 

Les actions développées par le chantier sont variées : 

– Préparation du terrain au chantier de fouilles archéologiques 

– Mise en valeur et consolidation des vestiges mis à jour par ces fouilles 

– Création d’espace de jardins et de zones d’agréments 

– Participation à la mise en œuvre des parcours de visites au sein du théâtre

À cela s’ajoute le nettoyage et l’entretien de l’accueil, notamment des sols, ainsi qu’une équipe recrutée pour s’occuper de l’accueil des visiteurs sur le site. Depuis sa réhabilitation, le théâtre antique de Lillebonne est le premier site touristique de la ville.

Chantier école du patrimoine au Château de Fabrégoules

Situé dans les Bouches du Rhône, le Château de Fabrégoules a reçu un chantier école du patrimoine de l’association ACTA VISTA. Au cœur d’un immense parc naturel, comprenant des écuries et une chapelle, le Château de Fabrégoules est un lieu d’exception, fort apprécié des locaux.

Les actions mises en place par le chantier étaient axées autour de la restauration de divers éléments du château : 

– Couverture et charpente 

– Façades 

– Dépendances du château

Les travaux de restauration ont duré deux ans, ce qui a permis à ACTA VISTA de former deux promotions de salariés. L’intérêt des chantiers de longue durée est donc de permettre à plus d’individus d’être formés à de nouveaux métiers. Pour un propriétaire qui souhaiterait faire rénover l’entièreté des extérieurs de son bâtiment, le chantier d’insertion est une aubaine :

– Main d’œuvre assurée sur la longueur des travaux 

– Possibilité de faire rénover plusieurs parties du bâtiment grâce à la pluralité des métiers auxquels forment les chantiers d’insertions

Ce chantier a offert une seconde vie à ce bâtiment du 19ème siècle. Lieu mythique de la région marseillaise, le chantier a ainsi contribué à la sauvegarde d’un patrimoine unique.

Conclusion : 

Ces chantiers présentent de nombreux atouts pour la sauvegarde du patrimoine :

– L’assurance de techniques traditionnelles et durable

– Une main d’œuvre motivée, car valorisée par son travail

– La dimension éthique et responsable, bénéfique pour l’image du lieu

De plus, les chantiers d’insertions bénéficient de l’aide de nombreux acteurs : 

– A l’échelle européenne, le FSE 

– À l’échelle nationale à travers des aides de l’Etat 

– Et à l’échelle locale grâce aux collectivités territoriales et diverses institutions. 

Il peut donc être intéressant à la fois, éthiquement et économiquement, pour un gestionnaire ou propriétaire d’un lieu patrimonial nécessitant des travaux de rénovation ou d’aménagement d’y mettre en place un ACI.

Pour aller plus loin : 

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Comment rendre utile le patrimoine français ?

Dans cet article, Hephata présente comment faire rayonner le patrimoine avec l’agritourisme.

L’important à retenir dans cet article :

L’agritourisme contribue à élargir la vision touristique du patrimoine. Le patrimoine ne renvoie pas seulement aux châteaux, maisons de maître ou abbayes. Il se compose aussi du patrimoine vernaculaire des petits villages, des anciens corps de ferme, des paysages naturels et des savoir-faire. 

Ce qu’il faut retenir de cet article : 

– L’agritourisme valorise le patrimoine naturel, culturel et immatériel

– Les collectivités territoriales ont un intérêt grandissant pour ce secteur et le soutienne financièrement

– L’agritourisme est particulièrement en vogue en période de crise sanitaire

Introduction : 

Le tourisme vert, tourné vers la découverte de la nature, est de plus en plus en vogue chez les voyageurs. Cette forme de tourisme, en rupture avec le tourisme de masse, se développe en plusieurs branches, parmi lesquelles on retrouve le tourisme rural. 

L’agritourisme est la forme la plus immersive du tourisme rural. Alors que ce dernier englobe toutes les activités touristiques en lien avec la ruralité, l’agritourisme s’axe autour de la vie à la ferme et des séjours en immersion complète.

Alors que la crise sanitaire a lourdement impacté le tourisme, notamment le tourisme de masse et le tourisme urbain ; le tourisme rural, dont l’agritourisme, est en plein essor. En effet, selon des études menées par Airbnb, la location en zone rurale a fortement augmenté. Les français ont besoin de prendre l’air, de sortir des grandes villes et de s’échapper le temps d’un bref voire long séjour.

L’agritourisme permet aux voyageurs de découvrir le patrimoine d’une autre façon, en s’intéressant au patrimoine naturel et culturel des régions. Destiné aux adeptes de la vie à la ferme aussi bien qu’aux curieux en recherche d’expérience, l’agritourisme se décline au gré des exploitations et des sites historiques.

1. Le patrimoine : un terreau fertile pour le développement d’activités touristiques

Aller vivre à la ferme est une expérience inédite pour la grande majorité des citadins. L’agritourisme permet de vivre un échange culturel et social entre les locaux et les touristes, dans un contexte intime.

Pour les propriétaires de domaines agricoles, cet intérêt pour les métiers de l’agriculture est une aubaine. L’agritourisme est l’opportunité pour eux de diversifier leur champ d’action grâce à des activités non agricoles comme de l’hébergement, de la restauration, des activités de loisirs et de la vente de produits directement à la ferme.

Le château du Colombier et sa ferme conservatoire

Du côté des propriétaires ou gestionnaire de lieux historiques possédant aussi des terres agricoles, l’agritourisme est un axe de développement intéressant. Par exemple, le domaine du Château du Colombier dans l’Aveyron dispose d’un jardin et d’une ferme-conservatoire, unique en Europe. 

En effet, sur les terres du domaine, la ferme-conservatoire permet aux touristes de découvrir des plusieurs espèces et races animales différentes, parmi lesquelles la Brebis Marron des Aravis. Le Château du Colombier a mis en place un plan de sauvegarde pour sauver cette espèce au bord de l’extinction.

Le Château du Colombier a su tirer avantage de ses terres agricoles pour offrir à sa clientèle une offre diversifié, alliant la richesse du patrimoine historique à celle du patrimoine naturel.

2. L’agritourisme en France : une offre très diversifiée 

L’agritourisme se développe de plus en plus en France et l’offre touristique est très diversifiée. En effet, chaque exploitation possède ses caractéristiques propres. 

Deux marques ont été créées dans le but de valoriser et mettre en avant les agriculteurs ayant choisi de diversifier leur activité. Ces marques sont des gages de qualité pour les touristes en recherche d’expériences et de destinations uniques : Bienvenue à la ferme et Accueil Paysan.

a) Bienvenue à la ferme

L’une de ces marques, « Bienvenue à la Ferme » est coordonnée par le service des chambres d’agriculture de France. Les Chambres d’agriculture sont présentes dans tous les départements et régions. Ce sont des établissements publics, animés en lien avec les élus locaux. Les chambres d’agriculture contribuent au dynamisme de chaque département et région dans une démarche de développement durable. 

Créé en 1988, Bienvenue à la ferme est un réseau de près de 8 000 agriculteurs adhérents. Au sein de chaque région et département, des conseillers accompagnent les agriculteurs dans leur activité. Ils agissent pour la promotion de la marque localement et s’assurent de la qualité des services et activités proposés. 

Le réseau Bienvenue à la ferme promeut des expériences axées sur divers thèmes : « Mangez fermier », à travers la vente et la dégustation de produits fermiers, et « Vivez fermier » qui se décline comme ceci :

Se restaurer : repas préparés par les fermiers, activités pour découvrir et savourer la gastronomie et les produits du terroir ;

–  Dormir : séjours à la ferme dans un cadre authentique et naturel le temps d’un week-end, d’une semaine, d’une nuit. 

– Découvrir et s’amuser : découverte des savoir-faire de la ferme à travers des activités pédagogiques et ludiques.

Par ailleurs, le réseau propose aussi des offres « vacances d’enfants », spécialisées pour les séjours en famille, les voyages scolaires, les centres de loisirs, etc. 

Séjourner au Domaine Distaise

Situé aux portes de la Vallée de la Drôme, le mas provençal du Domaine Distaise accueille les visiteurs au cœur de son verger de 24 hectares. Recommandé par le Petit Futé et le Guide du Routard, le domaine dispose de plusieurs offres d’hébergement : 

– Quatre chambre d’hôtes, classées 3 épis au classement Gîtes de France ;

– Une aire d’accueil pour une dizaine de camping-car, labellisée aire d’accueil France Passion ;

– Trois gîtes ruraux, classés 3 épis et dispersés autour de l’exploitation agricole.

Le classement Gîtes de France auquel nous faisons référence dans cet article est expliqué dans l’article sur l’œnotourisme, forme très spécifique d’agritourisme, que nous vous invitons à aller lire afin de compléter ce sujet.

Le domaine Distaise dispose aussi d’une ferme-auberge, servant aussi de table d’hôtes pour les visiteurs. La ferme-auberge propose un menu composé des produits de la ferme, spécialisée dans l’élevage de cochons en plein air et le maraichage biologique. L’offre de la ferme-auberge s’est adaptée à la crise sanitaire, en proposant des paniers repas à emporter, à déguster dans le confort de son hébergement ou lors d’un pique-nique en extérieur.

L’offre touristique du Domaine Distaise se complète avec une boutique et de nombreux services pour satisfaire les clients : piscine chauffée, billard, ping-pong, terrain de boules, etc. Les visiteurs peuvent aussi profiter de la proximité avec les animaux de la ferme et se balader dans l’exploitation.

S’éveiller au camping ferme pédagogique de Prunay

Au cœur des châteaux de la Loire, le camping ferme pédagogique de Prunay accueille les vacanciers, en famille et entre amis. Dans un cadre tranquille et authentique, le camping ferme pédagogique de Prunay offre aux touristes un lieu pour se ressourcer.

À travers diverses activités ludiques et pédagogiques, les vacanciers s’échappent de leur quotidien : 

– Fabrication du pain, activités autour des céréales de l’exploitation et de la farine ;

– Balade en tracteur remorque ;

– Nourrissage des animaux ;

– Construction de nichoirs et boules de graisses pour les oiseaux ;

– Etc. 

Ces activités sont aussi proposées dans le cadre de classes vertes ou de classes découvertes, afin de sensibiliser les plus jeunes au milieu agricole. Deux jardins d’enfants situés au cœur du camping offrent des équipements tels que des châteaux gonflables et des toboggans. 

Le camping dispose de plusieurs offres d’hébergements pour accueillir sa clientèle :

– Mobil-homes ;

– Chalets tout conforts et chauffés ;

– Emplacements pour tentes, caravanes et camping-car.

Au-delà des activités proposées par le camping ferme pédagogique, le lieu bénéficie d’atouts extérieurs grâce à sa localisation. Au cœur du Val de Loire, le « Pays des châteaux », le camping est un point de départ pour des visites culturelles, complétant la dimension patrimoniale du séjour.

La proximité avec la Loire à Vélo ouvre le lieu aux adeptes du cyclotourisme, forme de slow tourisme très en vogue en France depuis plusieurs années.

Comment intégrer le réseau Bienvenue à la ferme ?

Pour un propriétaire agricole désirant étendre son activité et bénéficier de la marque Bienvenue à la ferme, il faut rentrer en contact avec la Chambre d’Agriculture de son département.

Pour bénéficier de la marque, le porteur de projet doit s’engager à : 

Satisfaire les attentes du consommateur ;

Promouvoir le métier d’agriculteur ;

Valoriser les produits de l’exploitation et les savoir-faire ;

Etre l’ambassadeur d’une agriculture durable et responsable.

Il est aussi impératif qu’il propose la viste de l’exploitation, par souci de transparence sur les pratiques agricoles. Dans le même objectif, il s’engage aussi à inscrire les noms, adresse, date de productions sur ses produits.

b) Accueil Paysan 

L’association Accueil Paysan, qui promeut l’agriculture paysanne, est un réseau composé de près d’un millier d’adhérents en France ainsi que de 300 dans 32 autres pays.

Ce réseau est composé d’agriculteurs et d’acteurs ruraux engagés en faveur d’une agriculture paysanne et d’un tourisme durable, équitable et solidaire. Accueil Paysan est partenaire du ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt. 

Les objectifs du réseau Accueil Paysan : 

– Faire découvrir dans le partage et l’échange le milieu rural, les activités de la ferme, ses métiers et savoir-faire ;

– Permettre aux paysans de vivre décemment sur leurs terres, contribuant ainsi au développement local ;

– Participer à la construction d’un monde rural, écologique et durable.

Le site du réseau Accueil Paysan permet au touriste de découvrir une grande variété d’offres.  

Séjourner au Domaine du Fot dans les Côtes d’Armor

Situé au cœur d’un domaine boisé longeant une rivière, le Domaine du Fot est une ancienne hospitalière des moines de Saint-Jean de Jérusalem datant du 12ème siècle. À 25 km de la mer, le domaine dispose de deux hébergements chaleureux : une longère indépendante ainsi qu’un gîte d’étape.

Entre vergers et prairies, les touristes peuvent découvrir les chevaux de traits et les vaches bretonnes du domaine. Le Domaine du Fot propose diverses activités :

– Randonnées sur le chemin botanique qui passe sur le domaine ;

– Partage de savoir-faire : complicité entre l’humain et le cheval au travail, découverte de la race bovine bretonne pie noir, ateliers de transformation laitière et cuisine ;

Les visiteurs ont aussi accès à un service de restauration, avec un menu élaboré sur place à partir de produits frais, bio, issus de la ferme et des productions locales.

le chateau partagé EN SAVOIE

Situé sur la commune de Dullin, en Savoie, le Château Partagé est un lieu regroupant habitations et activités autour de l’environnement et de l’agriculture.

Ancienne maison de maitre du 18ème siècle, le Château Partagé est divisé en plusieurs appartements individuels, habités par plusieurs familles. La rénovation du lieu et son aménagement ont été rendu possible grâce au soutient, notamment, de la NEF, banque éthique et solidaire.

Le Château Partagé héberge un large panel d’activités professionnelles, toutes contribuant à la bio-diversité du lieu.

– Du maraichage biologique, selon la pratique de la traction équine ;

– Une boulangerie avec un fournil à pain en bois ;

– Un atelier de tournage sur bois artisanal.

Le Château Partagé est un exemple de réhabilitation totale et complexe, axée sur des activités durables et responsable. Afin de permettre au plus grand nombre de bénéficier de cet environnement unique, le Château Partagé proposent diverses prestations d’accueil :

Chambres et table d’hôtes ainsi que la possibilité de louer des locaux en gestion libre, en mode gîte ;

Résidences d’artistes et accueil d’évènements culturels ;

Accueil pédagogique et social ;

Accueil de stages, formations et séminaires.

Comment intégrer le réseau Accueil Paysan ? 

Si un propriétaire souhaite rejoindre le réseau Accueil Paysan, il peut pour se renseigner auprès de la FNAP, Fédération Nationale Accueil Paysan. Structurée sur trois niveaux, départemental, régional et national, le propriétaire peut rentrer en contact avec la délégation de son territoire.

En fonction de l’avancée du projet et de la motivation du porteur de projet, une ou plusieurs visites peuvent être effectuées ainsi qu’un entretien téléphonique. Lorsque la structure candidate est prête à accueillir, une visite est organisée à l’issue de laquelle commence une période probatoire d’un an. À la fin de la période probatoire, une ultime visite est réalisée pour confirmer ou infirmer la labellisation

3. Les collectivités territoriales s’impliquent dans l’agritourisme

Au-delà des acteurs comme Bienvenue à la ferme et Accueil Paysan, d’autres institutions s’impliquent dans l’agritourisme. La popularité grandissante de cette pratique touristique attire l’attention des collectivités territoriales, qui lancent des appels à projets pour soutenir le développement d’activités liées à l’agritourisme. 

La région Pays de la Loire lance un appel à projet Agritourisme & Oenotourisme, à destination des professionnels des filières de l’agriculture, de la viticulture, de la pêche, de l’aquaculture et de la saliculture. 

Cet appel à projet soutien des projets de modernisation des installations d’accueil touristiques ainsi que la création de nouveaux aménagements spécifiques. L’appel à candidature est ouvert jusqu’au 31 décembre 2021. 

En Occitanie, la région a mis en place le PASS Agritourisme. La Région Occitanie figure parmi les trois régions avec l’offre d’agritourisme la plus importante aux côtes de l’Auvergne et l’Aquitaine. À travers cette aide, d’un montant maximum de 20 000€, la Région Occitanie s’engage aux côtés des acteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire afin de soutenir le développement d’investissements agritouristiques. 

Les objectifs du PASS Agritourisme sont les suivants :

Accompagner des lancements d’activités sur ce secteur ;

Créer une nouvelle offre agritouristique dans un objectif de diversification des revenus ;

Mener des investissements de petite ampleur dans un objectif de professionnalisation, amélioration ou développement d’une offre existante.

4. MiiMOSA : le financement participatif pour aider l’agritourisme

La plateforme MiiMOSA propose des méthodes de financement participatif, le prêt rémunéré et le don avec contrepartie, pour soutenir l’agriculture et l’alimentation ainsi que l’agritourisme. 

Depuis 2018, la plateforme MiiMOSA organise un appel à projet Agritourisme, en partenariat avec Airbnb et Bienvenue à la ferme, et récompense une dizaine de lauréats. Les projets sélectionnés bénéficient d’une aide financière attribuée par Airbnb, pouvant aller jusqu’à 5 000€.

Les lauréats peuvent aussi profiter de l’accompagnement des conseillers du réseau Bienvenue à la ferme dans la mise en place de leur projet d’accueil. Ils deviennent alors adhérents au réseau pour une période d’un an.

Dormir dans une ruche géante à la Fontaine d’Airmeth

À Pontivy en Bretagne, la Fontaine d’Airmeth propose des chambres d’hôtes et un gîte au sein de deux corps de ferme entièrement rénovés. Le lieu dispose aussi d’un hébergement insolite, cœur du projet sélectionné lors de l’appel à projet.  

En effet, les propriétaires de la Fontaine d’Airmeth pratiquent l’apiculture. Ils souhaitent partager leur métier et passion avec les visiteurs, en créant un lien unique entre l’humain et les abeilles. 

Pour se faire, ils ont créé un chalet atypique et écologique, une tiny house, en forme de ruche. À l’intérieur se trouve une ruche pédagogique. Les abeilles entrent et sortent par une cheminée vitrée, à l’arrière de la tiny house, sans danger pour les habitants du chalet.

Par mesure de sécurité, des loquets cadenassés ont été installés. Ainsi, les habitants de la petite maison pourront observer grâce aux vitres la vie des abeilles, comprendre leur mode de vie.

Dans une démarche solidaire et responsable, le chalet a été entièrement aménagé et décoré grâce aux artisans locaux. 

Conclusion :

Le patrimoine agricole regorge de richesses culturelles, naturelles et immatérielles qui sont des atouts pour le tourisme. L’agritourisme répond aux envies d’ailleurs et d’authenticité de la clientèle tout en permettant aux agriculteurs de diversifier leur activité. En créant du dynamisme dans les territoires, l’agritourisme est un atout pour les collectivités territoriales qui peuvent y voir un nouvel axe de développement du territoire.

À l’instar du Château du Colombier qui a su tiré avantage de son terrain agricole pour y développer une ferme-conservatoire, un lieu historique possédant un patrimoine naturel peut se lancer dans l’agritourisme.

L’agritourisme est un véritable atout pour les propriétaires de sites historiques entourés de terrains agricoles, ou possédant un potentiel agricole. En effet, c’est un moyen pour eux d’attirer une nouvelle clientèle appréciant à la fois le patrimoine et l’agriculture.

Pour aller plus loin : 

– Investir dans le patrimoine historique naturel

– Quels financements pour lancer une activité touristique ?

– Le programme européen LEADER

Comment organiser une reconstitution historique dans un château ?

Introduction

En matière d’évènements de grande ampleur, la reconstitution historique sied tout particulièrement aux châteaux et sites d’exception, chargés d’histoire et porteurs d’une identité territoriale marquée. Se lancer dans la valorisation de son patrimoine en développant ce type de projet c’est à la fois attirer des mécènes qui partagent ses valeurs et produire des externalités positives sur l’ensemble du territoire.

Nous avons rencontré Bertrand Bailleul, délégué régional de la Fédération Patrimoine Environnement, qui est à l’initiative de la création du Camp de Vaussieux, dans le Bessin.

L’important à retenir dans cet article :

– La reconstitution historique permet de fédérer une multiplicité d’acteurs locaux et de mécènes autour d’un projet porteur de valeurs communes ;

– Le choix d’un thème fort et unique est essentiel afin de construire son évènement historique ;

– L’appui sur un ensemble d’acteurs locaux (financeurs, bénévoles, médiateurs) est nécessaire pour développer son projet de reconstitution historique ;

– La recherche de financements et la communication sont des points essentiels dans l’élaboration de son projet.

Focus sur la reconstitution historique au Camp de Vaussieux

En 2017, cinq passionnés d’Histoire et de la Normandie fondent l’association Un Nouveau Monde dans l’idée de faire connaître et revivre le patrimoine historique et militaire du XVIIIe siècle dans le Bessin. Parmi les diverses manifestations organisées par l’association, il en est une qui ne passe pas inaperçue. Des troupes de soldats tirent à l’artillerie, la cavalerie fonce vers leurs ennemis (comédiens), le tout au son des tambours et dans une clameur générale ! Pour un ticket d’entrée à 3 €, les visiteurs sont totalement plongés dans un univers haut en couleurs.

La reconstitution au Château de Vaussieux commémore un épisode de l’histoire commune des États-Unis et de la France et vise à faire connaître une histoire peu connue de la population locale. Plutôt que de reconstituer des thèmes phares de la Normandie (les Anglais, Guillaume le Conquérant, le débarquement), Un Nouveau Monde a choisi un thème tout à fait singulier et authentique.

L’évènement régional est rendu possible par la participation des bénévoles. Ce n’est pas moins d’une centaine de militaires et environ 80 civils qui sont impliqués dans la reconstitution. Nombreuses sont les associations qui soutiennent l’événement comme Un Nouveau Monde, la société des “Sons of the American Revolution”, Les Amis du musée du Baron Gérard, Patrimoine rural et Société des arts et des sciences de Bayeux. Les instances locales (la région, le département, les intercommunalités) soutiennent également le projet financièrement par des aides de 500 à 5.000 €.

La reconstitution du Camp de Vaussieux est un projet unique qui participe au rayonnement territorial.

1. Le choix d’un thème unique : une clef pour développer un projet innovant à fort impact

Pour que le projet soit viable, il est nécessaire de cibler un thème qui soit original et singulier. Ce thème est la clé de l’élaboration d’un projet de reconstitution.

La reconstitution du Camp de Vaussieux est centrée autour d’un évènement précis d’août 1778. Il s’agit de l’entraînement de troupes militaires françaises au Camp de Vaussieux avant leur envoi en Amérique. Elles allaient ensuite soutenir la guerre d’indépendance des futurs États-Unis contre l’Angleterre.

En Alsace, le château de Lichtenberg a accueilli en 2018 une reconstitution de la vie quotidienne des soldats entre 1940 et 1945. Le thème de la reconstitution a été choisi pour son originalité et son rapport direct avec l’histoire du château. Situé non loin de la frontière avec le territoire allemand, le château alors en ruines, était au plus près du théâtre de la guerre. Pendant cette période, il a été investi par les habitants du village de Lichtenberg et par quelques soldats.

Ces choix de thème ont permis à ces deux châteaux de rayonner sur leurs territoires respectifs en développant leur attractivité et en faisant travailler de multiples acteurs locaux (bénévoles, annonceurs, associations, costumiers, équipementiers). Par ailleurs, l’annualité de l’évènement permet de renforcer l’attractivité du site.

2. Sur quels financements s’appuyer ?

L’organisation d’une reconstitution est coûteuse matériellement et financièrement étant donné qu’il faut prévoir des costumes et accessoires d’époque pour les figurants, agencer le lieu avec des stands éphémères, des affichages, des outils prévus pour les activités sur le site (ateliers, démonstrations) en plus de divers équipements (électriques, sonores, de sécurité, publicité).

A titre d’exemple, la reconstitution du Camp de Vaussieux a nécessité entre 60.000 et 80.000 €. Le coût d’un seul costume de paysan s’élevait déjà à 200 € !

S’il est possible de s’appuyer sur de nombreux bénévoles, il faut toutefois prévoir des soutiens financiers. Un tel évènement est aussi un moyen d’attirer des mécènes.

Des financements dédiés aux territoires 

Une première solution efficace est de s’adresser aux acteurs qui financent directement les initiatives des territoires :

Régions et départements à travers des appels à projet ou des demandes de subventions.

L’Union Européenne à travers les aides du FEADER et le projet LEADER.

Pour la reconstitution du Camp de Vaussieux, l’association Un Nouveau Monde a sollicité les fonds européens. Ces fonds cofinancent des projets qui participent au développement des zones rurales et disposent d’une stratégie de développement du territoire. L’association s’est également appuyée sur des aides diverses provenant de la région, du département et des intercommunalités.

Des financements locaux

Les demandes de financement auprès des acteurs locaux (administrations, associations et particuliers) sont un mode de financement particulièrement adapté pour les projets de reconstitutions historiques. En raison du caractère local, les meilleurs soutiens sont en effet ceux qui se sentent concernés par un tel projet. La création d’une identité locale forte est vectrice de participations financières.

La reconstitution au château de Lassay en Mayenne consistait en une recréation de l’ambiance Second Empire en 2019. Elle a notamment pu avoir lieu grâce à l’association des Amis du château de Lassay et les comédiens de l’association Virges Armes. Avec un succès qui a été au rendez-vous, l’association s’est lancée dans l’élaboration d’une prochaine reconstitution.

Des financements participatifs en complément

Comme dans le cas de la reconstitution historique au Château de Vaussieux, le crowdfunding est une solution à adopter en complément des financements principaux. Il s’agit de faire appel à la générosité de particuliers, futurs visiteurs ou curieux par le biais de plateformes tel que Commeon ou Dartagnans.

Ils ont par exemple permis de lever près de 3 000 € supplémentaires pour la réalisation du Camp de Vaussieux, un complément non négligeable.

3. Un ancrage local qui bénéficie au site et au territoire

Les exemples de reconstitutions historiques dans des châteaux le montrent, l’ancrage dans le territoire est primordial avant et pendant le développement du projet. C’est la mobilisation des acteurs locaux qui participent largement du succès de l’évènement. Elle génère recettes, notoriété du lieu et externalités positives sur le territoire.

S’appuyer sur un réseau d’acteurs locaux

Les acteurs locaux représentent un réseau solide sur lequel il est pertinent de s’appuyer. Ils peuvent intervenir à l’échelle du financement comme à celle de la participation au projet (dons matériels et humains). Les bénévoles ont en effet participé à toutes les étapes de la reconstitution. Ils sont intervenus du montage du site à la tenue des stands en passant par la participation en tant qu’acteurs et la réalisation des costumes et accessoires.

Dans le cas du Camp de Vaussieux, l’association Un Nouveau Monde a fait appel à de nombreux acteurs locaux :

– Bénévoles comédiens, techniciens (pour le son et la lumière), personnels d’accueil

– Associations donatrices

– Collectivités territoriales et entreprises partenaires

– Les propriétaires du château de Vaussieux

Lors de la reconstitution militaire au château de Breteuil qui traversait l’histoire de France par le XIIIe siècle jusqu’à la seconde guerre mondiale en 2020, la participation de nombreux figurants de la région relève du même mode de gestion locale de l’évènement.

Miser sur la communication pour attirer visiteurs et financeurs

Après l’élaboration du projet de reconstitution, il est essentiel de penser à la communication de l’évènement (publicités locales, communication digitale). Cette communication doit avoir lieu avant le lancement du projet mais également après que la reconstitution ait eu lieu. Cela permet d’attirer visiteurs et futurs soutiens, financiers ou matériels, qui pourront participer au développement et à la valorisation futurs du site.

Il est nécessaire de miser d’abord sur la publicité ultralocale. Le public privilégié est en effet majoritairement issu des territoires très proches de l’évènement.

L’équipe du Camp de Vaussieux s’est d’abord appuyée sur la presse locale (Ouest France, Le Bessin libre, La renaissance du Bessin). Par la suite, le tractage et le bouche à oreille ont été indispensables. Pour le tractage, il a fallu éditer des documents publicitaires.

Quelques conseils pour se lancer dans l’aventure

Prendre conseil auprès des personnes réalisant des reconstitutions historiques, de préférence sur un thème proche du sien. Se rapprocher par exemple de la Fédération française des fêtes et spectacles historiques

Mobiliser au minimum une centaine de personnes sur un projet de ce type

– Se rapprocher des associations des Amis de… monuments, musées, etc.

Prendre de l’avance pour développer son projet, d’un à deux ans.

En savoir plus :

Le fond LEADER

Lancer des activités dans un site historique

Quelles associations autour des monuments historiques ?

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Le patrimoine culturel français – Hephata vous propose un historique de sa protection et une présentation des enjeux actuels de modernisation.

L’important à retenir dans cet article :

La protection du patrimoine est une notion qui a beaucoup évolué. C’est sous la Révolution de 1789 que la notion de monument historique se précise en devenant un élément de l’identité nationale. La nationalisation des biens du clergé, des nobles émigrés et de la Couronne, l’État se dote d’une nouvelle mission : sélectionner les biens qui méritent d’être conservés.

En 1830, une politique dédiée au patrimoine commence à apparaître avec notamment la création du poste d’inspecteur général des monuments historiques, qui consiste à recenser les édifices du royaume et à veiller à leur restauration.

Ce poste sera confié en 1834 à Prosper Mérimée qui instituera la commission des monuments historiques. Cette dernière accomplit un travail d’inventaire, de classement et de répartition des fonds consacrés à la sauvegarde des monuments jugés intéressants. En 1840, la commission publie une liste de près de mille édifices qui nécessitent un classement urgent. En 1849, grâce à son travail, le nombre de monuments historiques est triplé.

Cet article permettra de :

– Connaître les différentes lois qui ont créé la base juridique actuelle

– Saisir les différents enjeux de modernisation du patrimoine

Introduction

Selon le ministère de la Culture, la France compte plus de 45 000 monuments historiques protégés (inscrits et classés). La propriété se répartie entre les particuliers (44%), les communes (41%) et l’État (4%).

En 2019, le ministère de la culture a alloué au patrimoine un budget de 326 millions d’euros pour la rénovation et l’entretien des monuments soit 6 millions d’euros de plus qu’en 2018 (Source : article publié sur Challenges « Budget, emplois … les chiffres clés du patrimoine en France » https://www.challenges.fr/patrimoine/journees-du-patrimoine-2019-les-chiffres-cles-du-patrimoine-en-france_675295).

À côté de l’État, on retrouve d’autres acteurs qui financent le patrimoine (lien vers article Acteurs du patrimoine) comme les associations et les entreprises. En 2017, selon ADMICAL, près de 82 000 entreprises se sont investis dans le mécénat  d’entreprises en France pour un budget total de 2 milliards d’euros. La part d’entreprises qui s’engagent dans la préservation du patrimoine est en hausse : 38 % soutiennent aujourd’hui le patrimoine contre 26 % en 2015. Néanmoins, le budget qui leur est consacré est en baisse. La part du patrimoine dans le budget culturel est passé de 35 % en 2015 à 5 % aujourd’hui.

1. Petite historique de la protection du patrimoine en France

Tout au long du XIXème siècle, une série de lois sont venues protéger le patrimoine monumental français pour aboutir au système juridique actuel.   

La loi du 30 mars 1887 : conservation des monuments historiques et objets d’art

Il s’agit de la première grande loi qui vise à protéger le patrimoine. Sont classés d’office : les immeubles et meubles qui sont la propriété de l’État et ceux qui ont un intérêt national historique et artistique.

Pour les restaurer, ou les détruire, le consentement de l’État est obligatoire. Le classement des immeubles appartenant à des propriétaires privés n’est possible qu’avec leur consentement.

La loi du 9 décembre 1905 : séparation des Églises et de l’État

Cette loi confie aux collectivités locales et à l’État la responsabilité des édifices cultuels. La protection patrimoniale des églises devient alors responsabilité publique.

La loi du 31 décembre 1913 : fondement du système d’intervention de l’État pour la protection et la sauvegarde des monuments historiques

Cette loi est le fondement du système juridique actuel en matière de protection et de sauvegarde du patrimoine historique. Pour justifier le classement d’un bien, cette loi remplace la notion d’intérêt public à celle d’intérêt national d’art ou d’histoire. Par ailleurs, elle institue la possibilité de classer des biens immeubles ou meubles même en l’absence de consentement du propriétaire. Elle crée également l’inscription à l’inventaire supplémentaire pour les édifices qui, sans justifier un classement immédiat, présentent cependant un intérêt archéologique suffisant pour en rendre désirable la préservation. Les objets classés deviennent imprescriptibles.

La loi du 2 mai 1930 : protection des monuments naturels, des sites et de leurs abords

Cette loi considère le paysage et les sites d’un point de vue culturel. Par ailleurs, elle étend la notion de monument historique, et donc la protection qui en découle, à d’autres sites en prenant en compte les caractères artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque. Les sites naturels bénéficient désormais de l’inscription et du classement. Enfin, les abords de ces sites peuvent être protégés.

Plusieurs fois modifié, la loi a été codifiée en 2000 aux articles L. 341-1 à L. 341-15 du Code de l’environnement.

La loi du 25 février 1943 : institution d’une autorisation pour les travaux situés dans le champ de visibilité des monuments historiques

La loi instaure un champ de visibilité de 500 mètres, autour des monuments historiques. À l’intérieur de ce périmètre, aucune construction nouvelle ou modification ne peut être réalisée sans autorisation.

La loi du 4 août 1962 – loi Malraux : facilitation de la restauration immobilière

Plus communément appelée « loi Malraux » en raison du nom du ministre des Affaires culturelles qui en a porté le projet, la loi du 4 août 1962 introduit la notion de secteurs sauvegardés : délimités par arrêté ministériel, ils permettent d’assurer la sauvegarde et la mise en valeur d’ensembles urbains cohérents. Ils deviendront en 2016 les « sites patrimoniaux remarquables ». Par ailleurs, elle défiscalise la restauration immobilière. Les propriétaires d’immeubles anciens peuvent déduire de leur revenu global le déficit foncier résultant des travaux de restauration et des dépenses nécessaires à cette restauration. Leur montant n’est pas plafonné. Cette défiscalisation est applicable sous trois conditions. L’immeuble doit :

– Avoir fait l’objet d’une restauration complète

– Être donné en location pendant au moins neuf ans

– Se situer dans une zone entrant dans le cadre de la loi Malraux

Depuis le 1er janvier 2009, l’avantage fiscal ne concerne plus que les primes d’assurances, les travaux d’entretien et les taxes locales.

La loi du 7 janvier 1983 : institution des zones de protection

La loi du 7 janvier 1983 répartit les compétences entre les communes, les départements, les régions et l’État. En outre, elle institue des zones de protection du patrimoine architectural et urbain (ZPPAU) qui deviennent des zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) en 1993 puis des AVAP en 2010.

La loi du 7 juillet 2016 : liberté de la création, de l’architecture et du patrimoine

La loi modernise les modalités de protection du patrimoine culturel et architectural. Elle présent désormais en compte la dimension scientifique de la protection du patrimoine archéologique et renforcement des dispositions en matière d’archéologie préventive. Par ailleurs, elle réforme les instances consultatives nationales et locales du patrimoine. Enfin, cette loi crée les sites patrimoniaux remarquables : il s’agit d’un site d’une ville, d’un village ou d’un quartier dont la conservation, la restauration, la réhabilitation ou la mise en valeur présente, au point de vue architectural, archéologique, artistique ou paysager, un intérêt public. Ce classement a le caractère juridique d’une servitude d’utilité publique et affecte l’utilisation des sols. Il se substitue aux secteurs sauvegardés, zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) et aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine (AVAP).

2. Les enjeux du patrimoine moderne : la place du numérique

Aujourd’hui plus que jamais, le patrimoine touristique et culturel a besoin de se réinventer pour s’ancrer d’avantage dans son époque. Indémodables, les châteaux continuent à attirer les touristes mais la visite passive est peu à peu remplacée par l’immersif et le numérique.

Le constat actuel

Dans un monde où le numérique est omniprésent, le constat est que le secteur du patrimoine a très bien su s’adapter aux nouveaux modes de communication. Sites web, pré-réservations et achat de billets en ligne, promotion des lieux via les réseaux sociaux et les vidéos etc. En outre, les musées et les châteaux se tournent de plus en plus vers la réalité augmentée et proposent des visites virtuelles ou des reconstitutions historiques diverses.

On pourrait craindre que le monde virtuel ne prenne le pas sur le monde réel et entraîne les visiteurs à visiter les lieux historiques depuis chez eux. Il n’en est rien. Les familles, couples, individuels, groupes, continuent à se déplacer pour venir vivre une expérience. Les visites de sites historiques demeurent des occasions de retrouvailles, de partages d’émotions et de moments de convivialité.

Le numérique reste un outil de communication qui, certes, facilite la diffusion des informations et des connaissances mais qui ne remplace en rien le lien humain. Beaucoup de propriétaires privés affirment que les visites libres sont moins appréciées que les visites guidées puisqu’il manque justement cette présence humaine. Le propre des guides-conférenciers touristiques est de retransmettre l’histoire et l’atmosphère des lieux. Le numérique vient en deuxième plan et permet de rendre les visites plus interactives. La simple visite, dites passive, laisse de plus en plus place à l’immersif et à la connexion pour offrir des formats de visites inédits. Il faut donc savoir concilier les deux !

Les exemples en France

En France, les innovations sont nombreuses. Elles allient digital et patrimoine pour la plus grande satisfaction de tous.

À Avignon, par exemple, « le Palais des Papes peut se découvrir tablette à la main ». Réalité augmentée et technologie 3D, voilà ce que propose le nouveau support de visite, l’HistoPad. Le Palais des Papes est le 1er Patrimoine Mondial de l’Unesco à l’avoir mis en place pour permettre aux visiteurs de découvrir les espaces reconstitués comme au XIVème siècle.

A Metz, le festival Constellations  a mis en place un parcours nocturne inédit, les Pierres Numériques. Installé au cœur historique de la ville, une vingtaine d’œuvres sont à explorer. En outre, le festival propose :

– Un concours international entre 10 vidéos mappings, projetés à la suite sur la façade de l’église Saint-Clément

– Un vote du public entre 12 créations d’arts numériques dans divers lieux patrimoniaux de Metz et sur la Moselle

Enfin, au château d’Amboise, un escape game dans les souterrains du château invitent les visiteurs à « percer, en moins d’une heure, les secrets de ces deux mystérieux émissaires du Saint Empire, reçus au château en ce mois de mai 1518 ».

Conclusion

Au XIXème siècle, la France a connu un long processus de reconnaissance du patrimoine bâti comme élément de l’identité culturelle nationale. Peu à peu des lois sont venues créer et encadrer la protection des monuments historiques. Aujourd’hui, de nombreuses entreprises et associations travaillent, à côté de l’État, à financer ce patrimoine culturel si riche. Par ailleurs, le numérique vient faciliter la communication et la découverte des monuments tout en ne remplaçant pas l’aspect inévitablement humain des visites, moments de partage d’émotions et de convivialité.

A vous de jouer ! Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous écrire : contact@hephata.fr

Pour aller plus loin

Les enjeux de la sauvegarde du patrimoine français

Comment rendre utile le patrimoine français

Histoire du financement des châteaux d’hier et d’aujourd’hui

Installer une structure éphémère à proximité de son château : cadre juridique et formalités administratives

L’important à retenir dans cet article :

Beaucoup de propriétaires de châteaux, protégés ou non, cherchent à diversifier leurs revenus par l’accueil d’évènements (séminaires, soirées de gala, mariages etc.). Mais il est souvent difficile de recevoir de tels évènements dans des lieux historiques. Les questions de normes ERP, de superficie des espaces, de chauffage, de nuisances sonores et visuelles viennent complexifier la tâche.

L’orangerie éphémère peut donc apparaître comme une solution pour recevoir de grands évènements toute l’année sans abîmer le mobilier d’époque.

Mais loin, d’être facile, l’installation d’une orangerie éphémère implique de nombreuses démarches. Cet article permettre d’y voir plus clair sur : 

– Les formalités administratives relatives à l’installation des structures éphémères

– La soumission des structures éphémères à la réglementation des CTS

– Les particularités liées à la protection du monument ou de la zone dans laquelle il se situe

– Les tarifs et revenus espérés ainsi que les acteurs spécialisés dans leur installation

Introduction

Le droit de l’urbanisme français est assez récent. Il a connu un développement incroyable tout au long du XXème siècle avec un accroissement formidable de textes législatifs. La loi Cornudet du 14 mars 1919 entame une planification de l’organisation urbaine. Avant cette loi, seuls la voirie, l’organisation communale, l’alignement ou les procédures d’expropriation étaient réglementés. Aujourd’hui les textes législatifs et réglementaires relatifs à l’urbanisme sont tellement nombreux qu’il est difficile de s’y retrouver.

En outre, l’urbanisme éphémère prend une place de plus en plus importante. Désormais on construit puis on démonte très facilement. C’est une aubaine pour les monuments historiques qui ne peuvent pas construire comme ils le souhaitent. Quelles sont les règles qui s’appliquent en matière de structures éphémères ?

1. Les formalités administratives relatives à l’installation de structures éphémères

a) La règle : toutes les constructions sont soumises à permis de construire (PC)

L’article L. 421-1 du code de l’Urbanisme soumet toutes les constructions, y compris celles qui n’ont pas de fondation, au permis de construire : « quiconque désire entreprendre ou implanter une construction à usage d’habitation ou non, même ne comportant pas de fondations, doit, au préalable, obtenir un permis de construire. Cette obligation s’impose aux services publics et concessionnaires de services publics de l’État, des départements et des communes comme aux personnes privées. »

La demande de PC ne peut être instruite (article 3 de la loi n. 77-2 du 3 janvier 1977 sur l’architecture) que si la personne qui désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation de construire a fait appel à un architecte pour établir le projet architectural.

Le projet architectural doit définir, par des plans et des documents écrits, l’implantation des bâtiments, leur composition, leur organisation, l’expression de leur volume, le choix des matériaux et des couleurs.

En outre, pour les immeubles de grande hauteur ou les établissements recevant du public (ERP), le permis de construire ne peut être délivré que si les constructions ou les travaux projetés sont conformes aux règles de sécurité propres à cet type d’immeubles ou d’établissements.

Cette règle concerne tous les locaux, qu’ils soient ou non à usage d’habitation.

b) Les exceptions : les constructions non soumises à PC

Ouvrages exemptés

Au regard des articles R.422-1 et R.422-2 du code de l’urbanisme, certains ouvrages devraient être soumis à PC mais en sont exemptés par mesure de simplification. Ils sont alors soumis à la procédure de déclaration préalable de travaux.

Ouvrages exclus

Au regard de l’article L. 421-1 alinéa 3 et alinéa 4 du code de l’urbanisme, certains ouvrages ne sont pas soumis à PC parce qu’un texte particulier en a spécifiquement décidé ou une autre législation en assure le contrôle.

D’autres ouvrages, que l’on appelle parfois « ouvrages atypiques » ne sont pas soumis à PC parce qu’ils ne peuvent être qualifiés de constructions au sens du code en raison de leur nature ou leurs très faibles dimensions.

une conception restrictive DE LA JURISPRUDENCE

L’appréciation des critères de « nature » et de « faibles dimensions » est néanmoins très subjective. On note d’ailleurs une absence de doctrine stable. Il appartient donc au juge de décider. Ainsi, la nature des matériaux, le caractère démontable ou le caractère saisonnier d’une installation ne peuvent, à eux seuls, écarter l’application du PC. En revanche, l’installation et le raccordement aux réseaux sont des critères suffisants pour déterminer le champ d’application du permis de construire.

CE, 24 juillet 1987, ville de Lyon : un chapiteau pouvant accueillir 8 000 personnes assises, solidement ancré au sol et bénéficiant d’importantes installations sanitaires et techniques, constitue une construction soumise à PC, en dépit « du caractère en principe temporaire de son implantation ».

CE, 9 janvier 1991, M. Selier : une crêperie sous tente démontable installée tous les ans pour les cinq mois de la saison balnéaire est soumise à PC au regard de ses conditions d’alimentation aux réseaux d’assainissement, d’eau et d’énergie. 

Nb : le critère de l’implantation

Est considérée provisoire toute structure installée en l’absence de fixation durable sur le terrain. Une simple autorisation préalable est demandée si l’installation ne dépasse pas 20 m² et si la durée d’implantation ne dépasse pas trois mois.

Au-delà de ces critères, l’implantation est donc considérée comme permanente. Il faut alors vérifier le critère « surface / hauteur » qui soumet ou non à PC.

Dans les périmètres des monuments historiques, le délai est raccourci à un mois. Il est néanmoins possible de demander des dérogations à la DRAC.

Cas particuliers

Les cabanes en bois

Elles nécessitent une simple déclaration de travaux lorsque la surface de plancher est inférieure ou égale à 5 m² et la hauteur sous toit est supérieure à 12 mètres. Il en est de même lorsque la surface de plancher est comprise entre 5 et 20 m² et la hauteur est inférieure à 12 mètres.

Les mobile home

Privé de ses roues, il est requalifié en habitation légère de loisirs, car il a perdu sa mobilité à considéré comme une construction légère, et soumis au droit des constructions. Si l’implantation dure moins de 3 mois/ an, aucune formalité n’est nécessaire. En revanche, il est interdit d’y loger et le mobile home doit conserver ses moyens de traction.

Si l’implantation dure plus de 3 mois/ an, une déclaration préalable est nécessaire pour une surface au sol de moins de 20 m² (R. 421-23). Pour une surface au sol de plus de 20 m², il faudra un permis de construire (R. 421-14).

Les yourtes et tipis

La réglementation applicable en matière d’urbanisme dépend des équipements dont la structure est pourvue. Si elle est non équipée, la structure est qualifiée de tente. Il faut une déclaration préalable dès que la surface hors œuvre nette (Shon) dépasse 35 m²

En revanche, si elle dispose d’équipements intérieurs (blocs cuisine ou sanitaires), la structure est qualifiée d’habitation légère de loisirs et relève du droit commun des constructions.

2. Les particularités liées à la protection des monuments

Lorsque on dépose d’un permis de construire à proximité d’un classement (le périmètre des abords), le dossier est déposé directement chez l’architecte des bâtiments de France (ABF). En dehors de ce périmètre, le dossier est déposé uniquement chez le service d’urbanisme de la mairie.

Pour les sites protégés comme le Mont-Saint-Michel où, en plus du bâti, l’environnement est classé, la demande de permis est examinée par le ministère de la culture.

Si le projet se situe dans une zone protégée, il y a un fort risque de blocage au niveau du service d’urbanisme. Il est donc nécessaire de présenter un plan de sauvegarde de la faune et de la flore. L’idée est de prouver comment votre projet inclue le passage des animaux et ne détruit pas la flore. Ce travail revient à l’architecte.

Si le domaine comporte des zones classées, des protégées, ou sans protection, il n’est pas toujours aisé de savoir où implanter la structure. Aussi, pour savoir dans quelle zone le projet a le droit d’être installé, il est conseillé de consulter le site atlas.patrimoine.culture.fr.

S’il s’agit d’une zone naturelle, les contraintes proviennent alors du PLU (plan local d’urbanisme). Il est possible de le retrouver sur le site internet de sa mairie ou directement sur place.

a) Protection au titres des abords – le rôle de l’ABF

La protection au titre des abords s’applique aux immeubles qui forment avec un monument historique un ensemble cohérent ou contribuent à sa conservation ou à sa mise en valeur.

La protection au titre des abords est une servitude d’utilité publique. Son but est de protéger, conserver et mettre en valeur le patrimoine culturel. Les travaux susceptibles de modifier l’aspect extérieur d’un immeuble protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable nécessitant l’accord de l’ABF.

Dans les périmètres délimités des abords, tous les travaux sur les immeubles protégés sont soumis à l’accord de l’ABF.

À défaut de périmètre délimité, seuls les travaux sur les immeubles situés dans le champ de visibilité d’un monument historique, à moins de 500 mètres de celui-ci, sont soumis à l’accord de l’ABF.

L’ABF s’assure que les travaux ne portent pas atteinte au monument historique ou à ses abords. Il s’assure également du respect de l’intérêt public attaché au patrimoine, à l’architecture, au paysage naturel ou urbain. Il contrôle la qualité des constructions et leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant.

Les travaux en abords des monuments historiques et dans les sites patrimoniaux remarquables relèvent du même régime d’autorisation de travaux.

conseils

Dans un premier temps, il est conseillé de se fixer une enveloppe budgétaire concernant l’implantation de la structure éphémère. Ensuite, il est vivement conseillé de se rapprocher d’un architecte qui fera toutes les demandes auprès de l’ABF. Dans bien des cas, ce-dernier préfère discuter avec un architecte plutôt qu’un propriétaire.

En outre, il est particulièrement bien vu de contacter l’ABF en amont du projet et de l’associer à la démarche. Et pourquoi ne pas le faire venir ? Beaucoup d’ABF sont sensibles à ce geste. Ensuite, il est indispensable de présenter le projet de manière architecturale. Seront notamment regardés l’esthétique du projet, le respect du patrimoine et de l’histoire du lieu. En outre, il est nécessaire d’être exigent au niveau de l’aménagement. Certains ABF sont d’ailleurs très ouverts au développement économique des lieux historiques.

Ensuite enfin, il sera possible de déposer le PC auprès de la commune.

Certains acteurs professionnels comme l’Orangerie Éphémère gèrent toute la partie administrative : dépôt de permis etc.

b) Procédures et délais d’instruction des travaux

Les procédures et délais d’instruction des autorisations de travaux ont été harmonisés par la loi n° 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine. Toute demande d’autorisation de travaux doit être déposée à la mairie de la commune où sont projetés les travaux. Les délais d’instruction des dossiers de demande d’autorisation de travaux sont de deux mois pour les déclarations préalables. Elles sont de quatre mois pour les permis de construire, autres que maisons individuelles.

Le délai à disposition de l’ABF pour donner son accord est de 1 mois pour les déclarations préalables et de 2 mois pour tous les permis. Son accord peut être assorti de prescriptions afin que le projet ne porte pas atteinte à la conservation ou à la mise en valeur du monument historique ou des abords.

À défaut d’accord de l’ABF, la demande d’autorisation de travaux ne peut être accordée. Néanmoins, un recours contre le refus de l’ABF peut être exercé par les demandeurs ou l’autorité compétente chargée de délivrer l’autorisation de travaux (commune ou intercommunalité généralement).

Si l’ABF participe à l’instruction des demandes d’autorisation de travaux, il tient également un rôle prépondérant en amont de la réalisation des projets. Il peut être à ce titre consulté sur un avant-projet et formuler des observations qui permettront aux demandeurs d’adapter leur projet en fonction des enjeux patrimoniaux.

3. La réglementation des CTS

Cette réglementation concerne les « Chapiteaux, Tentes, Structures » qui relèvent de la législation de l’Arrêté du 23/01/85. Il s’agit d’une réglementation spécifique qui affranchit de toute réglementation sismique, thermique applicable au bâtiments en dur.

Les structures éphémères de plus de 50m² pouvant recevoir plus de 50 personnes sont réglementées par la réglementation des « Établissements Recevant du Public type CTS ». Les normes de sécurité CTS s’appliquent pour toutes les structures qui accueillent des convives mais qui ne sont pas considérées comme des constructions.

Les orangeries éphémère relèvent de cette réglementation. Il convient donc déposer un permis de construire de type CTS. On considère qu’il s’agit d’une salle de réception nomade (même si ce n’est pas le cas) car facilement démontable.

FOCUS : le registre de sécurité

Chaque propriétaire d’une structure type CTS de plus de 50 m² et pouvant accueillir au moins 50 personnes,  doit tenir à jour un registre de sécurité propre à sa structure. Le registre de sécurité d’une structure représente d’ailleurs la preuve de la réalisation de la procédure d’homologation par la Préfet.

Ce document comporte : 

– L’attestation de conformité (Article CTS 3)

– Une partie qui concerne l’exploitation et qui se doit d’être tenue à jour par le propriétaire

– Le plan de base et une photographie de la structure (avec les extensions)

Si la structure est concernée par ce registre de sécurité, il convient de déposer son dossier de demande de conformité auprès de la Préfecture de son département.

4. Tarifs et revenus espérés

Plus la tente est grande moins son installation est coûteuse. Une tente de 500 m² coûte aux alentours de 500€/ m² (hors aménagement intérieur).

Avec une orangerie, on peut espérer accueillir entre 15 et 25 évènements d’entreprise/ an et entre 15 et 50 mariages/ an (à partir de 2 500€/ mariage).

Conseils

Pour garantir une bonne commercialisation de sa structure éphémère, il faut l’inaugurer en invitant les parties prenantes locales et les agences évènementielles. En outre, communiquer dans la presse locale et auprès des acteurs spécialisés (wedding planner, traiteurs) est recommandé.

Conclusion

Installer des constructions éphémères nécessite d’être très au clair sur la réglementation qui leur est applicable. Pour les orangeries éphémères, il faut rester vigilent sur le permis de construire et prouver aux ABF que le projet ne dénature pas le site mais, qu’au contraire, il le valorise.

Lorsque l’installation n’est pas soumise à PC ou à déclaration de travaux (code de l’urbanisme), elle peut néanmoins être soumise à d’autres autorisations comme celles liées à l’occupation du domaine public, à l’équipement commercial, aux sites et monuments protégés ou au respect des normes de sécurité et d’accessibilité du public. C’est au maître d’ouvrage d’obtenir les autorisations nécessaires.

A vous de jouer ! Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous écrire : contact@hephata.fr

Pour aller plus loin

La réglementation ERP dans les MH

Idées pour rentabiliser un monument historique

Recevoir du public dans les jardins classés

acteurs_patrimoine

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Les acteurs du patrimoine : le financement. Deuxième volet du « Guide pratique pour savoir vers qui se tourner ».

L’important à retenir dans cet article :

Dans le premier volet du Guide pratique pour savoir vers qui se tourner, ont été présentés les acteurs spécialisés dans le conseil juridique et fiscal, dans l’information et la sensibilisation du public et ceux qui sont impliqués dans la sphère publique. Dans cette deuxième partie, retrouvez les acteurs du patrimoine qui proposent des financements ou accompagnent la recherche de financements.

Introduction

Quand on est propriétaire d’un site patrimonial, son entretien et sa restauration constituent une réelle priorité ! Bien souvent, il y a même urgence à agir. Un très grand nombre d’organismes dédient l’essentiel de leur activité à cette mission fondamentale : trouver des fonds. Il n’est pourtant pas toujours facile de savoir à quelle porte toquer.

Dans cet article découvrez :

– Les organismes entièrement dédiés au patrimoine

– Les institutions qui consacrent une partie de leur activité au patrimoine

– Les nouveaux acteurs qui innovent dans la recherche de financements

1. Les organismes entièrement dédiés au patrimoine

Certains organismes ont été créés dans le but unique de préserver le patrimoine, qu’il soit naturel ou bâti, et de favoriser sa sauvegarde et sa restauration.

a) La Fondation Mérimée : restauration et accessibilité du patrimoine

La Fondation Mérimée est un organisme à but non lucratif reconnu d’utilité publique en 2018. Elle favorise la restauration et l’accessibilité à tous du patrimoine.

Sa principale mission est de financer des projets de restauration par différents biais. En premier lieu, on retrouve les aides à projets « Restauration ». Ces aides concernent les travaux de restauration des édifices publics et privés. En deuxième lieu, la Fondation a créé les aides à projets « Accessibilité ». Celles-ci ciblent les programmes de mise en accessibilité des sites pour favoriser l’accueil des personnes en situation de handicap. Enfin, la Fondation distribue des prix.

Par ailleurs, la Fondation soutient le savoir-faire des métiers d’art et de recherche par l’octroi de bourses d’études

b) La Fondation du Patrimoine : préservation du patrimoine de proximité

La Fondation du Patrimoine, créée en 1996, est la première organisation privée en France dédiée à la préservation du patrimoine de proximité. Elle œuvre à la sauvegarde et la valorisation du patrimoine français et accompagne les particuliers, les collectivités et les associations dans leurs projets de restauration.

Pour cela, elle s’appuie sur trois mécanismes :

Le label : la Fondation du patrimoine est le seul organisme privé habilité par le ministère de l’Économie et des finances à octroyer un label à une opération de restauration d’un immeuble non protégé au titre des monuments historiques. En outre, ce label permet aux propriétaires privés de bénéficier de déductions fiscales.

La souscription publique : la Fondation engage des campagnes de souscriptions publiques et d’appel aux dons pour financer des projets de sauvegarde du patrimoine public et associatif. Elle collecte ensuite les dons qui ouvrent droit à des réductions d’impôts pour les donateurs.

Le mécénat d’entreprise : la Fondation sollicite les entreprises pour les investir de projets de sauvegarde et de valorisation du patrimoine de proximité.

Enfin, la Fondation du Patrimoine abrite la mission Stéphane Bern, qui identifie le patrimoine en péril et a pour objectif de sauver, en urgence, les lieux les plus « en danger ».

Abritée par l’association du même nom depuis 2009, la fondation des Vieilles Maisons Françaises (VMF) a pour mission de soutenir les savoir-faire et les acteurs de la sauvegarde du patrimoine en péril. Aussi, elle attribue des aides directes à des projets de restauration de monuments en péril. Par ailleurs, elle organise des collectes faisant appel au mécénat populaire.

d) La fondation de la Sauvegarde de l’Art Français : sauvegarde du patrimoine religieux

La Fondation de la Sauvegarde de l’Art Français est une association reconnue d’utilité publique, créée en 1920, qui œuvre principalement pour le patrimoine religieux (églises et chapelles rurales). Elle lui consacre ainsi plus d’un million d’euros par an.

Ses principales missions sont, d’une part, de sauvegarder les édifices et œuvres d’art (tableaux, sculptures, tapisseries, objets d’art) en péril. D’autre part, elle doit faire connaître et aimer les merveilles de nos régions via des prix (Prix Maillé : elle récompense un travail de recherche en faveur du patrimoine et Prix Trévise : elle distingue une restauration exemplaire).

2. Les institutions qui consacrent une partie de leur activité au patrimoine

Si certains organismes œuvrent à la recherche de financements pour l’entretien et la restauration du patrimoine parce qu’ils ont été créés dans cet unique but, d’autres organismes s’engagent dans cette voie, en en faisant une mission complémentaire.

a) La Fondation de France

La Fondation de France, fondation dite « de toutes les causes », œuvre pour différents intérêts dont celui du patrimoine. En effet, elle abrite de nombreuses fondations qui luttent elles-mêmes pour la sauvegarde du patrimoine local.

b) La Caisse des dépôts et consignations : l’engagement patrimonial via le mécénat

Créée en 1816, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) , est une institution financière publique française. Elle est placée sous le contrôle direct d’une commission de surveillance, qui rend des comptes au Parlement, et exerce des activités d’intérêt général pour le compte de l’État et des collectivités territoriales.  En matière de culture, elle œuvre, par le biais du mécénat, au développement d’initiatives territoriales de trois ordres : la musique classique, la danse, l’architecture et les paysages.

3. Les nouveaux acteurs qui innovent dans la recherche de financements

Enfin, à côté de ces organismes et institutions très ancrées dans la sphère du patrimoine, se dressent depuis quelques années de nouveaux acteurs aux concepts innovants. Des initiatives pouvant déstabiliser au premier abord mais qui apportent des solutions modernes s’appuyant sur des outils digitaux performants.

a) Adopte un château : sauver le patrimoine pour un 1€ / mois

Adopte un château est une association créée en 2015. Sa mission permet de concevoir des projets autour des monuments en danger et de rechercher des partenaires pour participer au sauvetage de ces monuments en péril.

b) Hephata : une banque de financements en libre-service


Hephata est une entreprise spécialisée dans la sauvegarde du patrimoine historique, labellisée par le Ministère de la Culture et soutenue par les VMF en tant que  » Jeune startup innovante du patrimoine  » (prix 2018).

Parmi ses différentes missions, Hephata conseille et accompagne les propriétaires de monuments historiques dans la recherche de financements. Pour cela l’entreprise a créé une banque de financements qui permet de recenser, au même endroit, les enveloppes de financement intéressantes dans le cadre de restaurations ou de développements d’activités autour du patrimoine.

Pour aller plus loin, Hephata, propose des accompagnements personnalisés sur :

La recherches d’enveloppes de financement sur un sujet ad hoc : remise d’un tableau détaillé avec un minimum de 10 enveloppes à cibler

Le montage de dossier de financement : du simple montage de dossier au portage du projet devant les instances sollicitées

Le montage de la stratégie de mécénat : montage des plaquettes de présentation, identification des cibles de mécène, création d’un calendrier évènementiel, choix de contreparties, prospection des mécènes

La mise en relation avec des financeurs : investisseurs, banques, collectivités, etc.

c) Dartagnans : une plateforme dédiée au financement participatif et à l’achat collectif de monuments

Dartagnans est la première plateforme de financement participatif dédiée au patrimoine. Elle permet à n’importe quelle personne de faire un don en ligne pour un projet culturel qui lui plaît.

Par ailleurs la plateforme permet d’acheter collectivement des sites monumentaux à partir de 50 €. Un nouveau système qui a fait sensation avec La Mothe Chandeniers puis l’Ebaupinay.

Conclusion

Qu’il s’agisse d’acteurs engagés pour le patrimoine depuis longtemps ou non, la sauvegarde du patrimoine est au cœur des préoccupations de nombreux organismes. En effet, bien connaître son besoin en terme de restaurations ou de charges d’entretien permet de cibler plus rapidement les acteurs susceptibles d’y répondre.

Pour aller plus loin

Les acteurs du patrimoine : la gestion

Les acteurs du patrimoine : conseil, sensibilisation et lobbying

Financement MH et ISMH auprès de la DRAC

Monter un bon dossier de financement

Le Crowdfunding : un nouvel outil de financement

La réglementation ERP dans les MH, un incontournable pour toute ouverture au public ! En quoi consistent ces normes ?

Introduction

L’appellation « Établissements Recevant du Public » (ERP) désigne tout bâtiment accueillant des personnes extérieures. Les ERP sont soumis à un certain nombre de normes visant à assurer la sécurité des visiteurs et l’accès à tous les citoyens. La loi accessibilité du 11 février 2005 rend obligatoire l’accessibilité des monuments historiques voulant s’ouvrir au public. La complexité réside dans le fait que la mise en accessibilité du monument et sa préservation peuvent rentrer en conflit. Il existe donc des dérogations aux normes classiques concernant les monuments historiques. Il est important de se renseigner en amont d’une ouverture au public afin de connaître les règles précises imposées à son monument. Rendre accessible son monument historique peut comporter des contraintes mais  cela permet de toucher un public beaucoup plus vaste, pouvant représenter un avantage économique non négligeable.

Vous trouverez donc dans cet article : 
– En quoi consistent ces normes dans le cadre d’un MH
– Les dérogations possibles en cas d’incompatibilité avec les spécificités des monuments MH et ISMH

1. Monuments historiques et normes ERP, les différents cas de figures possibles

Les MH privés connaissent des situations diverses. Ils accueillent en effet des évènements variés. Des réglementations différentes peuvent donc leur être appliqués.

Certains sites sont ouverts au public toute l’année, ils doivent donc être classé ERP. D’autres ouvrent occasionnellement pour un concert, une réunion ou une exposition, l’ERP n’est alors pas nécessaire, mais une autorisation doit être demandé. Quel que soit le cas, les services compétents fixent une capacité maximum.

a) Le cas des MH « ERP » accueillant plus de 200 personnes

On calcule les jauges sur une base d’1m² par personne sur l’espace dédié au public. Néanmoins, une salle de 30m² dans un château n’équivaut pas forcément à une jauge de 30 personnes pour cette salle. Il faut donc prendre en compte la surface où le public a le droit de déambuler ainsi que le mobilier.

Les sites devant répondre aux normes ERP se doivent d’assurer l’accessibilité et la prévention incendie. Aussi, ils doivent remplir un cahier des charges précis.

Pour l’accessibilité

L’entrée et le cheminement extérieur doivent être accessibles par tous. Aussi, s’il faut franchir une marche, il est obligatoire d’installer une rampe d’accès PMR (personne à mobilité réduite). Les équipements d’accueil (comptoir principalement) doivent être accessibles par une personne en fauteuil roulant. En outre, le cheminement intérieur du bâtiment doit pouvoir permettre le passage d’un fauteuil roulant (largeur de portes, couloirs principalement). Les portes et baies vitrées doivent être signalées à l’intérieur et l’extérieur pour les personnes mal voyantes. Les escaliers doivent être accessibles sans danger pour les personnes mal voyantes grâce notamment à l’installation de bandes podotactiles et d’une rampe d’escalier. Il faut adapter au moins un sanitaire pour les PMR.

Enfin, il faut mettre à disposition des PMR au moins une place de stationnement à proximité du monument

Pour la prévention sécurité

Il est nécessaire de disposer d’un espace extérieur libre permettant l’évacuation du public ainsi que l’accès et la mise en service des moyens de secours. En outre, il faut aménager et répartir les sorties en prévoyant des sas d’attente sécurisés. Un éclairage électrique et un éclairage de sécurité sont également à prévoir. Par ailleurs, il est nécessaire de vérifier le bon fonctionnement des ascenseurs, dispositifs électriques, ventilation, chauffage et gaz. Un autre incontournable : être doté de dispositifs d’alarmes.

Il est obligatoire d’installer des extincteurs (qui seront entretenus régulièrement par une entreprise spécialisée) et de disposer d’un réseau anti-vol (serrures, portails, alarmes, vidéo-surveillance). Enfin, vous devez tenir un registre de sécurité comportant le descriptif des installations techniques, les dates de vérification par un technicien, les dates de passage de la commission de sécurité, les modifications d’installations techniques, les exercices d’évacuation effectués, les déclenchements d’alarmes.

b) Les sites disposant d’une jauge de 200 personnes maximum

Dans le cadre d’un monument ayant une jauge de 200 personnes maximum, les consignes d’accessibilités sont les mêmes. Pour ce type de monument, on note un allègement des consignes de sécurités. Il faut prévoir un extincteur par niveau. Le lieu doit disposer d’issues de secours et d’un signal d’alertes audible par tous. Pour faciliter l’action des secours, un plan du bâtiment doit être visible par tous.

En outre, il convient d’afficher, les consignes de sécurité (numéro d’appel des pompiers, adresse du centre de secours le plus proche, dispositions immédiates à prendre en cas de sinistre).

Enfin, il est obligatoire de tenir un registre de sécurité. Il doit comporter le descriptif des installations techniques, les dates de vérification par un technicien, les dates de passage de la commission de sécurité, les modifications d’installations techniques, les exercices d’évacuation effectués, les déclenchements d’alarmes.

attention

Lors d’une ouverture au public, le dossier de sécurité et d’accessibilité doit impérativement être présenté à la mairie et validé par ses soins. Dans le cadre de l’ouverture au public d’un MH, le dossier doit être accompagné de l’attestation du maître d’ouvrage et du bureau de contrôle ainsi que du rapport de vérification règlementaire après travaux. Il est fortement conseillé de s’appuyer sur l‘aide d’un bureau d’étude ou d’un architecte pour constituer le dossier de demande.

c) Le cas des MH ouverts ponctuellement

Lorsqu’un monument est habituellement fermé au public mais ouvert ponctuellement à l’occasion d’un festival ou d’un concert par exemple, le propriétaire doit  effectuer une demande d’autorisation en mairie entre 5 mois et 6 semaines avant l’événement (selon l’importance et la taille de l’événement).

Par ailleurs, il faut qu’il fournisse un dossier de sécurité listant l’organisation du festival ou de l’événement, la jauge, les accès, les plans et les certificats de conformité des installations électriques. Un dossier de sécurité est également nécessaire en cas d’installation de chapiteaux, tentes ou gradins.

Enfin, il a l’obligation de prendre des dispositions auprès de son assureur afin que sa responsabilité civile couvre tout éventuel préjudice causé au public.

D’un point de vue pratique, le propriétaire doit ensuite se soumettre aux règles de sécurité et d’accessibilité présentées plus haut. S’il s’agit d’un événement accueillant moins de 20 personnes, le propriétaire doit uniquement veiller à la conformité des installations électriques et à la possibilité d’évacuer rapidement les personnes. Aucune autre contrainte n’est nécessaire.

conseil

Dans le cadre d’un festival, faire appel à des bénévoles pour gérer la sécurité peut être une excellente idée. Cela permet de garder l’assurance que des personnes restent opérationnelles toute la journée et pourront aider à une potentielle évacuation. Si l’événement peut présenter le moindre danger, ne pas oublier de prévenir la caserne de pompier la plus proche.

2. Les dérogations apportées aux Monuments historiques : quelles sont-elles et comment les obtenir ?

Les règles d’accessibilité et de sécurité énoncées ci-dessus sont parfois incompatibles avec les spécificités d’un MH. Dans certains cas, les sites classés monuments historiques peuvent bénéficier de dérogations à la règle théorique.

Ces dérogations peuvent s’appliquer :

Si l’accessibilité à tous est impossible techniquement. Exemple : un parcours de visite qui traverse nécessairement une ouverture ne permettant pas à un fauteuil roulant ou une poussette de passer

Si la mise en accessibilité ou la consigne sécuritaire va à l’encontre de la préservation architecturale du lieu. Exemple : la seule solution d’accès aux PMR serait l’installation d’un ascenseur extérieur qui défigurerait la façade.

Si la disproportion s’avère flagrante entre les travaux mis en œuvre et leurs conséquences. Pa exemple : le coût des travaux entrepris risquerait d’être fatal à la viabilité économique du site.

Attention

Dérogation ne signifie pas exonération d’obligations. Les dérogations sont toujours partielles et doivent être compensées.

Exemple n°1

Un site ne permettant pas l’installation d’un ascenseur empêchera donc aux PMR de monter à l’étage. En compensation, le site peut créer un film de présentation ou une tablette présentant les parties non accessibles salle par salle, ou même, mettre au point un dispositif de réalité virtuelle.

Exemple N°2

En matière de sécurité incendie, un MH peut ne pas répondre aux normes demandées pour les matériaux de construction et prend donc des risques quant au comportement du bâtiment au feu. En contrepartie, le site pourra mettre en place davantage de moyens d’évacuation.

Les dérogations s’obtiennent suite à une procédure précise. Elles peuvent être délivrées par le représentant de l’Etat dans le département (article R.111-19-10 du code de la construction et de l’habitation). La demande doit être accompagnée de l’avis d’un architecte des bâtiments de France.

Il existe plusieurs formulaires, selon le cas de figure, au sein desquels se fait la demande de dérogation :

Demande d’autorisation de construire, d’aménager ou de modifier un ERP

Dossier simplifié de demande de mise aux normes accessibilités

Dossier spécifique de conformité pour les travaux soumis à permis de construire

3. Récapitulatif des normes 

Cette liste reste soumise à l’avis de l’ABF qui, pour tous travaux d’accessibilité ou de sécurité, peut s’opposer à l’application des normes.

* Concerné

A vous de jouer ! Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous écrire : contact@hephata.fr

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Gérer un château en couple. Est-ce une bonne ou une mauvaise idée ? Hephata a rencontré deux couples propriétaires pour vous donner des éléments de réponse.

L’important à retenir dans cet article :

Se retrouver à la tête d’un château c’est se lancer dans une sacrée aventure. Souvent affaire de famille, les châteaux attirent de nombreux couples qui sont amenés à travailler ensemble à la gestion de leur domaine. Mais comment savoir si travailler en couple est fait pour nous ?

Cet article permettra de comprendre les tenants et aboutissants de ce mode de fonctionnement pour les châteaux qui ont choisi de développer des activités autour de :

– La capacité à travailler ensemble

– La vision du projet à court, moyen et long terme

– Quelques conseils pratiques pour réussir une bonne gestion commune

Introduction

Beaucoup de propriétaires se demandent s’il est possible de mener en parallèle un métier extérieur et le projet de développement autour d’un monument historique. En outre, quels sont les avantages à travailler conjointement au projet ? Quels sont les inconvénients ? Quelles contraintes doit-on anticiper pour ne pas laisser pour compte sa vie de famille ?

Gérer les activités d’un château est une activité professionnelle à part entière. Tous les propriétaires le disent, reprendre la gestion d’un château mais aussi trouver un modèle économique qui tienne la route s’apparente à la création d’une entreprise. Pour travailler en couple, comme d’ailleurs avec un membre de sa famille (enfant, frère ou sœur), il convient de :

– Mettre son énergie au service d’un projet commun

– Apporter des compétences complémentaires à l’élaboration du projet

– Être capable de passer beaucoup de temps ensemble

Aussi, avant de se lancer, le couple doit avoir en tête que la séparation entre leur vie privée et leur vie professionnelle va inévitablement être réduite. Tous les couples ne sont pas nécessairement capables de travailler ensemble. Il est nécessaire, voire vital, de se poser les bonnes questions pour éviter la catastrophe. HEPHATA a pu interroger deux couples propriétaires pour en savoir un peu plus.

Thibaud et Julie de Rohan Chabot, propriétaires du château de Bonnefontaine en Bretagne ont développé des activités de réception (mariages, séminaires, gîtes) en parallèle de leur activité professionnelle. Il s’agit pour eux d’apporter des revenus supplémentaires pour entretenir le château. Leur choix est de « réinvestir à 100 % les revenus générés par les activités de la propriété ». Il est nécessaire pour eux d’avoir une activité professionnelle à l’extérieur de la propriété.

Géraud et Stéphanie de Laffon, propriétaires du château de Gizeux en Indre-et-Loire se sont positionnés sur une offre de visites grand public (surtout les familles) ainsi qu’une offre de chambres d’hôtes. Au lancement du projet, Géraud arrête son travail pour se consacrer entièrement à la valorisation du château (offre, axes stratégiques, marketing). Après trois ans, il décide de se mettre à son compte en choisissant une profession compatible avec l’activité économique du château. Selon eux, une activité salariée est inenvisageable avec le développement de ce style de projet. Stéphanie, quant à elle, travaille à temps plein pour le château pendant neuf mois de l’année. Pendant la période estivale, elle travaille sept jours sur sept.

1. Savoir si l’on est capable de travailler en couple

Comme dans une entreprise, travailler ensemble nécessite de savoir évacuer les sentiments et émotions personnelles, qui n’entrent pas dans le cadre professionnel. Pour gérer un château, il faut donc se mettre dans la peau d’un entrepreneur. Et entreprendre en couple nécessite de développer une très bonne communication. Celle-ci sera immanquablement favorisée par la connaissance mutuelle et la complémentarité des deux individus qui découle de toute vie de couple. En outre, les propriétaires s’accordent pour dire que la jeunesse est un facteur très positif qui favorise l’audace et la créativité.  

a) Savoir travailler en couple dans un château nécessite une communication sans tabou

La question qu’il convient de se poser est la suivante : communiquons-nous bien l’un avec l’autre ? Savons-nous nous dire les choses, simplement ? Entre associés, il faut adopter un mode d’échanges bienveillant. Il s’agit de se parler avec franchise, en évitant les non-dit, tout en restant respectueux des idées de l’autre. En outre, la vie de couple implique une grande connaissance mutuelle qui facilite le travail conjoint. Chacun apporte sa pierre à l’édifice grâce à une certaine complémentarité.

Au château de Gizeux par exemple, Stéphanie est plus prudente que Géraud. Cela permet « d’équilibrer avec l’enthousiasme, parfois trop débordant » de son mari. Pour Géraud, l’idée de reprendre la gestion du château familial était déjà présente lorsqu’ils se sont rencontrés. La question d’une gestion commune a donc été abordée très rapidement. Même s’ils ne savaient pas la tournure que prendrait une potentielle reprise, le projet était présent dans leurs têtes dès le départ. Sans l’accord de principe de sa future épouse, il aurait pris un tout autre cheminement professionnel.

À Gizeux il n’y a pas de tabou : les préjugés ferment les portes. Sans essayer, aucun succès. Alors on saisit toutes les opportunités : une logique qui favorise la créativité.

Thibaud de Rohan Chabot explique, quant à lui, que collaborer ensemble demande un réel travail pour anticiper les réactions de l’un et de l’autre. L’objectif premier est celui de ne pas se marcher sur les pieds : à chacun ses activités ! La communication est donc fondamentale pour éviter les doublons.

b) Savoir travailler en couple c’est faire preuve d’audace et d’inventivité, des critères favorisés par la jeunesse

Pour Stéphanie, il faut commencer jeune ! Avec Géraud, ils ont eu la chance de reprendre la gestion économique et touristique du château à 32 et 38 ans. Un vrai atout au niveau de l’énergie. D’autant que plus on est jeune, moins on est exigeant sur le confort de vie. On peut plus facilement se permettre de venir s’installer dans le château avec peu de chauffage et de s’adapter à un cadre rustique, à la décoration parfois démodée. Seule l’aventure compte.

Pour Thibaud et Julie, arriver jeune leur a permis d’avoir l’énergie et l’envie nécessaires pour mener à bien le projet. « La motivation peut s’estomper avec le temps, d’autres projets pouvant prendre la place » nous explique Thibaud. Il s’agit donc de savoir commencer au bon moment.

c) Savoir travailler en couple c’est optimiser la répartition des tâches pour éviter les conflits

L’une des principales difficultés du travail en couple consiste à bien définir le rôle et les tâches de chacun afin d’éviter un empiètement de l’un sur le travail de l’autre. Sans cela, le couple va droit au conflit. La confiance en l’autre est également indispensable pour ne pas se sentir étouffé dans son travail.

Au château de Gizeux, Géraud gère la réflexion stratégique, la rédaction des messages de communication, la recherche d’opportunités ainsi que la diversification des offres (axe, conception, test). Stéphanie s’occupe quant à elle de la phase opérationnelle. Ainsi, elle gère les chambres d’hôtes : accueil, tables d’hôtes, visites privées. Elle se charge également de la partie touristique : visites scolaires, ateliers, visites de groupes pour les adultes et les touristes étrangers. Enfin, la gestion des équipes lui revient : guides, billetterie, restauration.

À Bonnefontaine, Thibaud nous explique que la gestion en couple implique une grande discipline : segmenter les tâches permet d’éviter les doublons, les contre-ordres. Chacun doit avoir ses propres missions et les piloter seul. Pour eux, la répartition des tâches s’est effectuée naturellement, en fonction des affinités et du temps de chacun. Julie s’occupe des réceptions, de l’accueil du public et de la gestion des travaux. Thibaud gère la partie administrative ainsi que la gestion rurale et forestière du domaine.

Bilan

Vous êtes capables de travailler en couple dans un château si vous savez communiquer sans tabou, faire preuve d’audace et d’inventivité mais aussi optimiser la répartition des tâches !

2. Apprendre à séparer vie privée et vie professionnelle

Pour mener à bien un projet de développement d’activités économiques dans un château en couple, il est indispensable de séparer vie privée et vie professionnelle. Pour cela, il faut savoir analyser les conséquences qu’aura un projet entrepreneurial sur la vie de famille, choisir l’éducation que l’on veut donner à ses enfants, ne pas faire une croix sur les temps de vacances et réfléchir les espaces selon leurs fonctions.

a) Apprendre à séparer vie privée et vie professionnelle c’est analyser les conséquences sur la vie de famille

Pour Thibaud de Rohan Chabot, il est important de préserver sa vie de couple : en l’absence d’enfants, notamment, et si l’activité est exercée à domicile, il est parfois difficile de se ménager du temps personnel. Pour maintenir un bon équilibre au sein de l’entreprise, il conseille donc d’instaurer un rituel.  

En outre, il faut toujours garder à l’esprit l’objectif principal de l’activité. Il convient de trouver un équilibre avec les activités commerciales. Pour eux, il s’agit avant tout de conserver l’esprit d’une maison de famille, accueillante, transmissible à la génération suivante.

b) Apprendre à séparer vie privée et vie professionnelle c’est anticiper l’éducation que l’on veut pour ses enfants

La question de l’éducation des enfants est une réelle problématique qui implique de se demander s’il sera possible de rester habiter le château à l’approche du collège. La question réside avant tout dans le fait de décider de vivre ou non à la campagne ce qui a des conséquences sur la scolarité des enfants.

c) Apprendre à séparer vie privée et vie professionnelle c’est ne pas oublier de prendre des temps de vacances

À Gizeux, la grande contrainte est celle de l’absence de vacances. Avec les visites, il est impossible de partir en vacances l’été. Et pendant l’année, les chambres d’hôtes bloquent également la situation. Pendant longtemps, les vacances de Noël ont permis de s’extraire un peu du château. Avec le confinement dû à la crise sanitaire de mars à mai 2020, Stéphanie avoue avoir redécouvert la joie de se mettre dans un transat ou de faire un barbecue en famille.

Pour Thibaud et Julie, savoir décrocher et ne pas cannibaliser la sphère privée est une priorité. Prendre des vacances permet donc de s’éloigner et de revenir avec une motivation renouvelée.

d) Apprendre à séparer vie privée et vie professionnelle c’est réfléchir les espaces par rapport à leur destination

À Gizeux, Stéphanie donne les conseils suivants : « si on veut travailler à deux, il faut être sûr de pouvoir le faire ». Et pour cela il faut, dès le départ, réfléchir la demeure dans sa globalité avec ses différentes fonctions. Les lieux privés doivent servir à la vie de couple et la vie familiale. Les bureaux sont destinés au travail. Les espaces d’accueil sont destinés aux visiteurs et aux hôtes.

Pendant longtemps le château de Gizeux n’avait pas pour priorité d’avoir d’espace familial dédié. La volonté principale étant de monter rapidement en flux économique. Mais attention, revenir en arrière pour délimiter les espaces est beaucoup plus difficile. L’arrivée des premiers petits-enfants peut changer la donne. Il est indispensable que les enfants de la famille puissent se sentir en vacances quand ils viennent passer quelques jours au château.

3. Quelques conseils pour une bonne reprise à deux

Reprendre la gestion d’un monument historique implique d’être curieux de tout et d’avoir la volonté de transformer des idées en réalisations concrètes. Ensuite, il faut rester compétitif sur son marché ce qui implique de se réinventer en permanence. Pour cela, et si c’est possible, il faut s’entourer d’une équipe dynamique qui aidera les propriétaires à porter les différents projets. En outre, il semble nécessaire d’avoir le regard ouvert sur le monde extérieur pour garder le cap tout en ne s’enfermant pas dans son projet.

a) S’entourer d’une bonne équipe pour renforcer la dynamique du lieu

En tant que propriétaire et porteur de projet, il est plus facile d’avancer sereinement dans le développement d’activités lorsqu’on est entouré par une équipe dynamique et compétente. Mais pas toujours facile de dégager le flux nécessaire à l’entretien du domaine et à sa restauration en embauchant des saisonniers.

À Gizeux, par exemple les équipes de stagiaires se succèdent ce qui n’est pas toujours facile à gérer. Pour satisfaire l’offre, il arrive parfois qu’il faille y avoir six stagiaires en même temps afin de gérer l’accueil, la billetterie, les visites, la vie pratique etc. Le problème est de réussir à trouver des étudiants multifonction avec des profils complets ce qui s’avère être de plus en plus complexe. Avoir une équipe plus stable faciliterait le travail.

b) Conserver une ouverture d’esprit sur le monde

Avoir vu autre chose

Pour Thibaud de Rohan Chabot, il faut identifier le bon moment pour se lancer, ni trop tôt ni trop tard. Avant de se « retirer » à la campagne il faut avoir vu le monde, gagner de l’expérience, faire ses armes ailleurs. La frustration de ne rien connaitre d’autre s’accroît avec le temps. À Bonnefontaine, ils ont repris le projet en 2013, au retour d’une expatriation à l’étranger (Dubaï).

Mais il ne faut pas non plus trop attendre car le désir d’entrepreneuriat peut passer, donc il ne faut pas laisser passer le bon moment et se lancer. La difficulté est de savoir identifier le bon moment. En outre, il ne faut jamais s’installer si la situation juridique, successorale, familiale n’est pas claire, cela finit toujours, ou presque, en catastrophe. 

Garder le cap

Thibaud et Julie expliquent qu’il ne faut surtout pas « se laisser écraser par une tâche qui parfois peut sembler bien lourde ». Il faut sans cesse se rappeler les raisons qui ont poussé à se lancer. Autrement dit, l’objectif principal est à toujours garder, comme un fil rouge. Pour eux, il s’agit avant tout de préserver le caractère familial du lieu. Le business développé est un moyen mais non une fin en soi. 

À Gizeux, dès que l’année est bonne économiquement, l’argent est réinvesti dans des chantiers de restauration. C’est la priorité que se sont donnée Géraud et Stéphanie. En outre, faire de son mieux est fondamental ce qui aide à ne pas se décourager. 

Ne pas s’enfermer dans le projet

Rester libre par rapport au projet est primordial. Pour Géraud, le développement d’activités au château de Gizeux est une belle aventure. Néanmoins, s’il fallait choisir entre la famille et le château, il n’hésiterait pas, ce serait la famille.

« On s’est dit qu’on donnerait 25 ans de notre vie mais c’est tout. Cette activité est usante et on a envie de vivre une dernière période de grands-parents pour voyager, revoir nos amis plus régulièrement. » Il ne faut pas se sentir prisonnier du projet. Aussi, se fixer une deadline permet de :

– Ne pas s’accrocher avec entêtement sur la façon dont on voit les choses : il faut pouvoir dès le début aborder ce sujet et mettre sur la table l’avenir souhaité

– Prendre du recul face aux choses : le propriétaire n’est qu’un maillon dans la grande histoire du lieu.

Pour Géraud, « entrer dans le business doit toujours être accompagné de la question : comment on en sort ? »

Conclusion

Gérer un château en couple est un projet de vie. À la fois fascinant et motivant, il implique de savoir se poser les bonnes questions avant de se lancer. Éducation des enfants, délimitation des espaces dédiés à la vie privée et à la vie professionnelle, répartition des tâches etc., se lancer dans un projet de développement économique de son château n’est pas à prendre à la légère. En outre les propriétaires qui parviennent à avancer sereinement dans leur projet sont ceux qui ont appris à se détacher de leur propriété en considérant qu’ils ne sont que des dépositaires du lieu et de son histoire.

A vous de jouer ! Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous écrire : contact@hephata.fr

Pour aller plus loin

Hériter d’un monument historique : charge ou opportunité ?

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Quelles entreprises s’appuient sur l’acquisition d’actifs naturels ou patrimoniaux pour renforcer leur stabilité financière ?

L’important à retenir dans cet article

C’est une véritable stratégie des entreprises qui, pour renforcer leur stabilité financière, acquièrent des biens fonciers issus du patrimoine naturel. 

Une entreprise, pour renforcer sa stabilité financière peut choisir d’axer sa stratégie sur des acquisitions foncières. Acheter du patrimoine naturel lui permet de :
– Asseoir sa stratégie financière sur l’acquisition de biens tangibles ayant une valeur, a priori intrinsèque, bien que de plus en plus sensible aux spéculations
– Dé-risquer son portefeuille d’actifs à travers des actifs décorrélés des marchés financiers
– S’engager dans une politique écologique, voire ISR (Investissement Socialement Responsable), utile et durable en plus d’être tendance

Avant toute chose, que faut-il entendre par « stabilité financière » ?

Selon la Banque Centrale Européenne (BCE), « la stabilité financière est une situation dans laquelle le système financier – qui englobe les intermédiaires, les marchés et les infrastructures de marché – est capable de résister aux chocs, en réduisant la probabilité d’une interruption du processus d’intermédiation financière qui serait suffisamment importante pour perturber l’allocation optimale des ressources ». Pour une entreprise, devenir stable financièrement implique donc d’avoir des ressources extérieures à son activité principale qui lui permettent de survivre en cas de crise (krach boursier, crise sanitaire, effondrement du marché, très forte concurrence etc.).

La notion de « foncier » quant à elle, se distingue de l’immobilier en ce qu’elle désigne tout ce qui relève de la terre. On parle de foncier bâti ou de foncier non bâti. Aussi le foncier renvoie aussi bien aux terrains constructibles qu’aux terres agricoles ou aux forêts. 

Asseoir une stratégie financière sur l’acquisition de biens tangibles ayant une valeur, a priori, intrinsèque, bien que de plus en plus sensible aux spéculations

Les biens fonciers issus du patrimoine naturel sont, par essence, tangibles. Il s’agit de biens  physiques. C’est le cas des matières premières, issues des forêts (le bois) ou des terres agricoles (le blé, le maïs, le raisin…) ou encore de l’or. Par son caractère réel, le bien ne peut être séparé de sa valeur qui lui est intrinsèque. 

Les rendements de ces biens réels sont moins importants que les produits issus des placements en bourse. Néanmoins, un tel investissement présente une plus grande sécurité qui réside dans cette valeur tangible. Fonder sa stratégie d’entreprise sur ce type de biens est une stratégie qui permet de renforcer sa stabilité financière à  long terme. 

En revanche, le risque est de se retrouver face à une situation où la spéculation, pratique liée aux opérations financières et commerciales fondées sur les fluctuations du marché, vient dénaturer le marché. L’intention première de l’achat devient alors une volonté de revendre plus cher quelques années plus tard. Selon Dominique Plihon, professeur d’économie financière à l’Université Paris XIII et membre des économistes attérés, la spéculation est critiquable notamment  parce que la spéculation peut contribuer à l’instabilité des marchés ou à des crises graves comme la crise sur la dette publique grecque ou sur l’euro.

Dé-risquer son portefeuille d’actifs à travers des actifs décorrélés des marchés financiers

Les entreprises possèdent de nombreux actifs (immobilisés ou circulants). Il s’agit de tous les biens et droits qu’elles possèdent : bâtiments, matériel, créances, personnel, parts de marché etc. Beaucoup d’entreprises décident de placer leur argent, ce qu’on appelle le portefeuille d’actifs, pour le faire fructifier. Il existe différents moyens : 
– L’achat de parts de capital 
– L’investissement en bourse

Ces actifs sont attachés au aléas des marchés financiers mondiaux, lieux physiques ou virtuels où les investisseurs négocient des titres à l’achat ou à la vente. 

Avec la crise de 2008, les investisseurs ont pu être amenés à changer de stratégie. Isabelle Scemama, head of fund groups et responsable des actifs réels au sein d’AXA IM, explique que « les effets de la crise et la baisse des taux d’intérêt ont conduit les investisseurs à se tourner de plus en plus vers des placements moins liquides, mais plus rentables ». L’acquisition de foncier naturel apparaît comme une solution possible . Comme dit précédemment, acheter du foncier naturel c’est investir dans des actifs assis sur des biens réels, par essence, décorrélés des marchés financiers. 

Investir dans des actifs décorrélés de ces marchés permet aux entreprises de :
– Augmenter le rendement global de leur portefeuille grâce à des rendements compris entre 2 et 15%
– Accroître la diversification de leur portefeuille financier 
– Se protéger contre l’inflation et sécuriser leurs revenus
– Investir dans des actifs stables qui ne souffrent pas de la cyclicité des marchés boursiers et dont la valorisation n’est pas remise en cause à chaque crise boursière
– Réduire la volatilité des performances du portefeuille financier

Olivier Héreil, directeur général adjoint, directeur des investissements et des gestions d’actifs de BNP Paribas Cardif, précise qu’il préfère « attendre de trouver des opportunités sur les marchés au meilleur prix plutôt que de nous contraindre à investir tous les ans ».

Sur le long terme, la demande pour le bois présente un potentiel réel de prise de valeur dans deux secteurs principalement l’énergie et la construction. Les revenus issus de l’exploitation sylvicole (vente de bois, location de chasse etc.) lui permettront de renforcer sa résilience. 

S’engager dans une politique écologique, voire ISR

Plusieurs entreprises ont pour stratégie d’investir dans le patrimoine. Elles achètent donc des châteaux pour servir une politique RSE ou ISR (Investissement Socialement Responsable). Cette stratégie se décline également pour les entreprises qui cherchent à valoriser le patrimoine naturel.. 

En outre, à l’heure de la protection environnementale, acquérir une forêt ou des terres agricoles a du sens d’un point de vue ISR. L’investissement socialement responsable (ISR) cherche à concilier placement financier et critères environnementaux. On parle « d’application des principes du développement durable à l’investissement ». Aussi, une entreprise qui fonderait sa stratégie sur l’acquisition foncière de biens issus du patrimoine naturel s’engage dans une politique écologique, utile et durable. Un tel engagement peut considérablement renforcer son image de marque. Il s’inscrit dans une dynamique de protection. de l’environnement très en vogue, tel que le pratique la marque d’ameublement Ikea.

Les risques inhérents à ce type d’investissement 

Ce type d’investissements présentent des risques non négligeables :
L’illiquidité de ce type d’actifs : pour devenir rentables, ces actifs doivent être détenus sur le long terme. En cas de besoin de capitaux à court terme, l’investisseur ne peut donc pas compter sur la vente de ses actifs
La sélection des actifs : les investisseurs doivent notamment s’assurer de :

– La viabilité des projets financés sur le long terme
– La solidité de l’exploitant qui le gère
– Les perspectives des marchés sélectionnés, notamment ceux dont les prix sont régulés par l’État

Dans la filière du bois par exemple, ces risques sont ceux liés à la perte en capital en raison :
– Des risques naturels (incendies, tempêtes) 
– De la baisse de la valeur du bois 

Exemple

Groupama Immobilier, qui gère les actifs de la Société Forestière Groupama a investi dans la filière sylvicole. Propriétaire d’environ 22 000 hectares de forêts, la société gère, pour ses mandants, un patrimoine valorisé à 3,2 milliards d’euros. À ce titre, Groupama Immobilier est un des principaux gestionnaires d’actifs immobiliers français. La Société Forestière Groupama est le troisième propriétaire forestier institutionnel français. En investissant dans les forêts, l’entreprise s’assure une stabilité financière. Cet investissement est particulièrement pertinent aux vues de son domaine de compétences et d’actions. En outre, ces actions de valorisation contribue au bon entretien du parc forestier français, une aubaine pour le patrimoine naturel.

Conclusion

Si acquérir du patrimoine naturel pour renforcer la stabilité financière de son entreprise se fait beaucoup, il n’est pas nécessaire de le faire soi-même. Aussi, certains acteurs économiques réalisent des transactions de biens fonciers (des forêts, des vignobles etc.) pour le compte de leurs clients (holding familiales, investisseurs…). 

Pour aller plus loin 


Renforcer sa production en valorisant le patrimoine

Patrimoine et politique RSE des entreprises

Entreprises : investir dans le patrimoine bâti

Panorama des acteurs européens du patrimoine. Qui sont-ils ? Quel est leur rôle ?

L’important à retenir dans cet article :

En France, les institutions pour le patrimoine sont nombreuses. Elles effectuent un travail constant en matière de conservation et de valorisation du patrimoine. La Fondation du Patrimoine, la Demeure Historique, les Vieilles Maisons Françaises œuvrent à la sauvegarde de notre identité collective. 

En Europe, des organismes comme Europa Nostra fédèrent autour des politiques de valorisation du patrimoine européen. Ils créent de véritables mouvements citoyens. Actions concrètes, concours, mises en place de partenariats etc., les initiatives ne manquent pas. Elles prouvent que le patrimoine est, aujourd’hui encore, au cœur des préoccupations internationales. 

Les points clés de cet article : 
– Les grandes étapes de la reconnaissance d’un patrimoine culturel à l’échelle européenne depuis le début le XVIIIème siècle 
– La place du patrimoine en Europe aujourd’hui avec la création d’un espace culturel commun
– Les organismes ayant pour mission de sauvegarder ce patrimoine à l’échelle européenne
– L’avis des européens par rapport à l’Europe culturelle

Introduction

Selon le Conseil de l’Union Européenne, « le patrimoine culturel est un atout majeur pour l’Europe et une composante importante du projet européen […] en étant un socle de connaissances irremplaçable et [une] ressource précieuse pour la croissance économique, l’emploi et la cohésion sociale, il enrichit la vie de centaines de millions de personnes, nourrit l’inspiration des intellectuels et des artistes et est un moteur pour les industries culturelles et créatives ». Outre ces considérations, l’Union Européenne a mis en place des politiques culturelles communes en matière de patrimoine. Elle considère ce dernier comme étant le ciment matériel qui lie les européens entre eux. 

Le patrimoine culturel provoque ainsi un certain engouement au sein des mentalités et des politiques européennes. Il est un atout multidisciplinaire, vecteur transversal dans les relations humaines. Au-delà de sa dimension matérielle historique, le patrimoine est un outil de promotion territoriale.

1- La notion de patrimoine culturel dans l’histoire, une montée progressive vers la reconnaissance du Patrimoine comme « atout majeur » de l’Union Européenne

a) Le patrimoine culturel, acteur de la construction des identités nationales du XVIIIème au XXème siècle

Dans son ouvrage « Le patrimoine culturel, instrument de la stratégie de légitimation de l’Union européenne », Marie-Anne Guérin explique que l’apparition de la notion de patrimoine au sens culturel du terme est apparue avec l’idée de nation au moment de la Révolution française. Il joue « un rôle majeur dans la construction des identités nationales aux XIXème et XXème siècles ».

La philosophie des Lumières opère un changement de réflexion sur la légitimité des États. On passe d’un pouvoir de droit divin à la souveraineté nationale ou populaire. Les monuments historiques, les châteaux, les églises deviennent alors une propriété commune. Cette propriété participe « à la production ou encore à la mise en sens de la collectivité nationale, en l’inscrivant dans le Temps. Le patrimoine culturel va donc avoir la mission de donner un sens nouveau à la Nation. 

b) L’apparition de la notion d’identité européenne après la Seconde Guerre Mondiale

Avant les deux guerres mondiales, des rivalités culturelles bouleversaient déjà l’échiquier européen. Les rapports de dominations nationales étaient encore très forts. Aucune union communautaire n’avait été créée hormis le partage d’un même territoire géographique (Le Vieux continent) et d’une volonté commune : devenir la puissance dominante de l’Europe en étendant son territoire grâce aux colonies. C’est avec la fluidification des échanges, qu’une culture européenne a commencé à se diffuser entre les États. Le tourisme naît dès le XVIIIème siècle entraînant de premiers partages autour d’une culture commune. 

Après la montée des nationalismes, on assiste à une méfiance globale sur la mise en place d’actions voire de politiques culturelles, certains criant à « l’impérialisme ». Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, les seules préoccupations sont alors d’ordre purement économique ! La priorité est de rétablir une stabilité économique au sein des relations interétatiques. En parallèle de cela, on remarque un intense désir de faire communauté et de s’investir davantage dans sa Nation. La Libération permet de mettre en exergue les identités culturelles et ethniques, mises sous silence par les idéologies. Elle permet également de mettre la culture au centre, en tant que dimension capitale et déterminante de l’identité européenne

Ainsi, à partir des années 1950, le Conseil de l’Europe commence à proposer des actions culturelles plus importantes pour l’UE. Se développe une volonté de garder en commun ce Patrimoine et de le pérenniser afin de pouvoir le transmettre. C’est ainsi que le Conseil de l’Europe décide de mettre la création de politiques culturelles au cœur des préoccupations des enjeux internationaux. Leur vocation est de valoriser cet héritage commun.

c) Les Traités, fondements des politiques culturelles à l’échelle européenne à la fin du XXème siècle

Le 7 février 1992 est signé le Traité de Maastricht. Il fait de la culture et du Patrimoine un atout majeur pour l’Union Européenne. Le Traité formule clairement la volonté de l’Union Européenne de « s’unir dans la diversité » , notamment grâce à la culture. L’article 128-1 l’évoque très clairement : « La Communauté contribue à l’épanouissement des cultures des États membres dans le respect de leur diversité nationale et régionale, tout en mettant en évidence l’héritage culturel commun. »

Le Traité de Lisbonne entré en vigueur en 2009, prend des dispositions communes entre les états membres au sujet du Patrimoine. L’article 3 du Traité évoque la volonté de l’UE de « veiller à la sauvegarde et au développement du patrimoine culturel européen »

2- La place du Patrimoine en Europe aujourd’hui : valoriser un espace culturel commun

missions

Dans les années 2000, l’UE a développé un programme intitulé « Culture 2000 » afin de cadrer la mise en place de politiques culturelles. Sa vocation est de mettre en en valeur un espace culturel commun  aux européens en favorisant la  coopération entre les créateurs, les acteurs culturels et les institutions culturelles des Etats membres. Le programme Culture prévoit des subventions visant à promouvoir la coopération culturelle.

Cependant, l’UE a rencontré, au moment de la formulation de ces dernières, des obstacles de taille puisque chaque état membre n’avait pas les mêmes capacités économiques ni matérielles de les appliquer. L’Union Européenne a donc adopté un positionnement de conseil et de recommandation dans l’exercice de ces politiques puisqu’elles ne pouvaient s’appliquer uniformément à l’ensemble de l’Europe

De ce fait, en matière de politiques patrimoniales, l’Europe s’attache à définir le patrimoine non pas en tant que politique mais en tant qu’identité justifiante du peuple européen.

Financement

L’Union Européenne a alors mis en place un programme commun « Europe Créative ». Ce programme vise à financer la valorisation et la sauvegarde du Patrimoine européen. 

Selon le Parlement Européen, il dispose d’un budget de 1,46 milliard d’euros pour la période 2014-2020. Cela couvre principalement des projets culturels et médiatiques. Sur ce montant, près de 27 millions d’euros ont été affectés à des projets liés au patrimoine culturel. Ces financements œuvrent en faveur de la stratégie Europe 2020 qui vise à augmenter le nombre de d’emplois. « Elle met l’accent sur une croissance intelligente, durable et inclusive comme moyen de surmonter les faiblesses structurelles de l’économie européenne, d’en améliorer la compétitivité et la productivité et de jeter les bases d’une économie sociale de marché durable. »

En collaboration avec la Banque européenne d’investissement, les acteurs de l’UE comme  Europa Nostra en faveur de la protection du patrimoine culturel européen participent d’une même voix à la préservation des sept sites patrimoniaux considérés comme étant les plus en danger d’Europe.

a) Favoriser les relations inter-étatiques en matière culturelle – le rôle de la Commission Européenne

Missions

L’Union Européenne a dépêché sa commission pour mettre en place un cadre théorique en matière de politiques patrimoniales et fédérer ses états membres autour de rencontres, d’assemblées afin de prendre des décisions communes. L’objectif est de favoriser les relations inter-étatiques et de développer des projets communs. 

OUtils

Pour répondre à cette mission, a notamment été mis en place en 2018 l’année européenne du patrimoine culturel https://patrimoineeurope2018.culture.gouv.fr/ qui fixe une campagne de communication autour du Patrimoine et de la valorisation des projets qui y sont liés. Elle a pour objectif de mettre en évidence par l’octroi d’un label les meilleures pratiques de valorisation et de conservation inter-étatiques afin de renforcer un sentiment d’appartenance à un espace européen commun.

Impacts

Le Parlement Européen continue à prendre des mesures pour la sauvegarde du patrimoine culturel de l’Union Européenne en mettant en place des initiatives, comme le programme « Europe créative », et en encourageant les actes des institutions nationales pour le Patrimoine. Cela a un impact considérable notamment en matière d’éducation. Selon un sondage réalisé en octobre 2017, 47% de la population européenne serait favorable à l’intégration d’un volet « patrimoine culturel » dans les programmes scolaires.

De même, on assiste à un intérêt croissant ces dernières années pour la préservation de l’environnement, non seulement sur le plan écologique mais aussi sur le plan historique, avec une véritable envie de le pérenniser pour le transmettre aux générations futures. Ainsi, l’Union Européenne a mis en place un nouveau programme intitulé « Horizon 2020 » qui soutient tous « les projets liés au patrimoine culturel dans des domaines tels que le patrimoine scientifique, la primauté industrielle et les défis sociétaux. »

Avec un budget de plus de 100 millions d’euros, ce programme soutient des initiatives innovantes comme la numérisation des espaces culturels (réalité virtuelle, animations 3D…). En 2016, « Horizon 2020 » avait soutenu au Prix du Patrimoine Culturel de l’UE d’Europa Nostra le projet de recherche SASMAP qui permet par une modélisation 3D de reconstruire « in situ » le patrimoine subaquatique. Il serait composé, selon l’UNESCO, d’environ 3 millions d’épaves de navires, sans oublier les paysages et les ruines sous-marines. 

b) Mettre le patrimoine au premier plan de la conscience collective – le rôle d’Europe Nostra

Missions

Créée à la fin du XXème siècle, cette organisation non gouvernementale (ONG) est aujourd’hui à la tête d’une fédération européenne pour le patrimoine culturel. Sur plus de 50 pays, Europa Nostra agit en partenariat avec l’UNESCO, l’Union Européenne et le Conseil de l’Europe. Avec aujourd’hui à sa tête le chanteur d’opéra Plácido Domingo, le but permanent d’Europa Nostra est de mettre le patrimoine, sa conservation et valorisation au premier plan de la conscience collective.

Pour cela, ces missions sont multiples. Son rôle est de : 
– Agir comme un groupe de pression représentatif du patrimoine culturel en Europe. Elle mène en ce sens une véritable action militante. Une de leur dernière initiative, #Ode2Joy permettait à quiconque de prouver son attachement au patrimoine en réinterprétant l’Ode à la Joie de Beethoven devant son monument favori. Ce challenge a eu un impact exceptionnel sur les réseaux sociaux puisque des milliers de vidéos ont été tournées dans toute l’Europe autour d’une même communion, d’un même chant : l’hymne européen. 
– Célébrer et promouvoir l’excellence à travers les Prix du Patrimoine culturel de l’Union Européenne et met en place plusieurs récompenses d’un montant maximal de 10 000€ ; 
– Sauver les monuments historiques, sites et paysages culturels de l’Europe considérés en danger ;
– Animer un réseau d’acteurs du patrimoine culturel en Europe. 

Europa Nostra a un réel impact politique sur le financement européen avec des actions directes ou indirectes. Leur action principale réside dans la mise en place d’un Prix pour le patrimoine culturel de l’Union Européenne qui récompense toutes les actions mises en place pour la conservation du patrimoine culturel avec notamment la restauration de bâtiments et des collections d’art. 

outils

Le Prix européen du Patrimoine mis en place avec l’Union Européenne est l’outil le plus précieux de l’organisation pour faire passer son message sur les solutions qu’elle peut apporter concrètement au monde culturel européen dans un mouvement citoyen.  

Ce Prix récompense les initiatives européennes selon 4 catégories : 
– Les projets de conservation ;
– La recherche ;
– La contribution exemplaire à la conservation du patrimoine ;
– L’éducation, la formation et la sensibilisation.

Pour l’édition 2019, plus de 140 candidatures ont été examinées par un jury international afin de valoriser chaque initiative et de mettre en exergue les meilleures d’entre elles. Vingt-sept lauréats ont été sélectionnés dans toute l’Europe selon les catégories énoncées précédemment. Sur ces vingt-sept lauréats, des Français ont été distingués pour leurs efforts notamment en matière de conservation comme en témoigne le château de Montreuil-Bonnin (Vienne) récompensé pour son travail de restauration engagé en 2013. 

La Commission Européenne et Europa Nostra, dans le cadre du Prix du Patrimoine culturel européen, ont même honoré la Brigade des Sapeurs-pompiers de Paris suite à leur précieuse intervention lors de la tragédie qui a frappé Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019. 

Financement

Europa Nostra reçoit ses fonds principalement du mécénat et de l’Union Européenne. Cette dernière lui attribue une subvention de 40 000 € chaque année. Des familles influentes et mécènes comme les Leventis, des Chypriotes, ou les Koster, une famille hollandaise, participent activement à proposer de nouveaux dons mais il ne faut pas oublier le mécénat d’entreprise qui réalise quant à lui une importante part des fonds financiers d’Europa Nostra.

c) Une Europe culturelle reconnue par les européens

Une enquête réalisée par Ipsos et le Ministère de la Culture réalisée en 2007 montre que, s’il existe beaucoup de désaccords entre les États européens sur le plan politique, économique ou social, « l’Europe Culturelle semble être aujourd’hui une réalité véritablement ressentie par une bonne part des citoyens de l’Union Européenne ».

83% des européens considèrent qu’au moins une partie de leur patrimoine national est intégré au sein du patrimoine culturel européen. Ainsi, pour 60% des européens, le patrimoine culturel européen apparaît comme un élément incontournable du sentiment d’appartenance à l’UE. Selon l’enquête, « si ce sentiment est aussi fort, c’est très certainement aussi parce que les racines culturelles de l’Europe sont plus anciennes que le projet institutionnel et politique qui ne date que de l’après-guerre. »

L’Europe apparaît également comme une chance pour la sauvegarde des patrimoines nationaux et ne représente pas nécessairement un risque de perte d’identité nationale. Pour 58% des européens, l’Europe peut d’ailleurs être un levier supplémentaire pour trouver des aides de sauvegarde. En outre, les patrimoines culturels européens des autres intéressent de plus en plus les citoyens européens. 

Pour les enquêteurs la date d’adhésion à l’Union Européenne et le sentiment d’appartenance à une communauté culturelle européenne sont liés. « Peut-être le fait que Florence, Berlin, Paris, Avignon, Bologne et Helsinki aient été déclarées capitales ou villes européennes de la culture, a-t-il contribué à l’émergence d’une conscience dans ce domaine en France, en Italie, en Allemagne et en Finlande. »

Conclusion :

Préserver le patrimoine culturel en Europe est donc une affaire collective qui déclenche de nombreuses initiatives citoyennes encouragées par les institutions du patrimoine. Cela se remarque notamment par l’engouement provoqué par le nombre de membres d’Europa Nostra. Même si la Commission Européenne ne peut établir des politiques communes aux états membres de l’UE, elle apporte des recommandations et des conseils permanents afin de construire une unité globale autour du Patrimoine et de sa valeur identitaire. 

A vous de jouer ! Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous écrire : contact@hephata.fr

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Quels sont les modèles d’activités des châteaux français ?

Comment faire pour organiser des shooting photos dans son château ?

L’important à retenir dans cet article :
 A l’heure où la photo est un média de communication et de souvenir omniprésent, pourquoi ne pas en faire un vecteur de valorisation de son château ? Organiser des séances photos, les fameux « shootings », dans son château s’avère être une réelle opportunité, tant pour faire découvrir sa propriété que pour obtenir une nouvelle source de revenus financiers. 

Cet article permettra de :
– Découvrir les différents types de shootings (privés & professionnels)
– Connaître les avantages et inconvénients à développer cette activité

Introduction:

L’invention de la photographie ne s’est pas faite en un jour. De Nicéphore Niépce à Daguerre, inventeur du daguerréotype, aux frères Lumière, les techniques d’obtention de photos ont considérablement évolué.

On retrouve des styles de photographies en tout genre : mode, mariage, aérien, animalier, de paysages, d’architecture etc. Pour Philippe Halsman, il existe deux grandes catégories : les photos que l’on « prend » et les photos que l’on « fait ». Selon cette classification, le photographe est alors un reporter visuel ou un auteur visuel. 

La Bourse du Talent, qui récompense de jeunes photographes, distingue quant à elle quatre grandes catégories de lauréats en fonction de la catégorie de photos choisie : paysage, mode, portrait et reportage.

Alliant décors de rêve et espaces inédits, les châteaux apparaissent comme des lieux particulièrement adaptés à toutes ces typologies de photographies. Chaque shooting est une occasion de faire circuler l’image du château. Proposer son château pour cette activité ne demande ni investissements ni servitude pour le propriétaire. Il est libre de laisser l’ensemble de son château ou de sélectionner uniquement certains espaces : le parc, les escaliers, un salon en particulier etc. Impossible donc de se sentir « envahi ». 

Qu’il soit organisé dans un cadre privé ou dans un cadre public, le shooting est un outil pour valoriser les vieilles pierres ! Le succès et la rentabilité financière sont assurés.

1- Les shootings privés – la recherche d’un décor de rêve pour sublimer les personnes 

Aujourd’hui, tout le monde sait « faire de la photo ». Les voyages et visites sont l’occasion de remplir la mémoire des téléphones par d’innombrables photos en tout genre : paysages, portraits, monuments, scènes en actions etc. Néanmoins, si la photographie est désormais à la portée de tous, certains évènements de la vie impliquent de réaliser de vraies séances photos. La mode se répand… Pourquoi ne pas faire appel à un photographe professionnel pour immortaliser les moments de vie uniques ?

Quelles sont les cibles des shooting privés ?

Enterrements de vie de jeune fille (EVJF), enterrement de vie de garçon (EVG), mariage, naissance d’un enfant etc., les occasions de shooting privés ne manquent pas ! L’objectif est de trouver un cadre enchanteur. Les escaliers d’un château, les salons d’un manoir, la roseraie ou les canaux d’un domaine sont des lieux particulièrement prisés pour ce genre d’occasion. 

La prise de clichés est un véritable moyen de valoriser son site ! Les photos passent de main en main, circulent sur les réseaux sociaux et assurent, mine de rien, la publicité du lieu de shooting. Montrer son château dans ce qu’il a de plus beau apparaît donc comme essentiel ! 

Quels tarifs sont généralement pratiqués ?

Pour un shooting de mariage, les tarifs sont assez variables. Certains sites proposent des prestations à partir de 30 euros pour la location des espaces extérieurs du château. Si une bonne communication est effectuée, un tarif très attractif peut amener facilement des clients. La situation du château influe également sur le succès de l’offre : facilité d’accès et proximité de Paris ou des grandes villes sont des gages de réussite ! 

Quels sont les avantages à prendre en compte ?

Dans la sphère privée, le bouche à oreille fonctionne beaucoup. De belles photos de mariage prises dans un beau lieu va immanquablement faire « effet boule de neige ». L’idée de réaliser son shooting de mariage dans tel ou tel château va rapidement se propager. Na pas hésiter à être en contact et même à créer des partenariats avec des photographes spécialisés dans le domaine ! 

Quels sont les inconvénients et contraintes à prendre en compte ?

Le budget des particuliers est moins important que celui des professionnels. Il faudra accepter plus de shooting pour atteindre un chiffre d’affaire conséquent. En outre beaucoup de châteaux, qui louent leurs châteaux pour des mariages, incluent la séance photos dans la location du lieu. Si votre château n’est pas ouvert pour des mariages, le marché est donc très concurrencé ! 

Par ailleurs, les contraintes sont quasi inexistantes : dans le cadre d’un shooting pour un mariage, il suffit au propriétaire d’être présent. Le couple arrive avec son photographe et déroule sa séance comme bon lui semble. Le propriétaire doit veiller au bon entretien de son domaine afin d’assurer la qualité du « décor » proposé pour le shooting. Comme dans tous les domaines, une mauvaise réputation se répand plus rapidement qu’une bonne réputation. Proposer un shooting dans un espace mal entretenu, mal rangé ou peu propre risque de freiner très rapidement les réservations… 

Comment faire connaître son château ?

Pour accueillir des shootings privés, notamment pour les mariages, il est impératif de textebeaucoup communiquer sur le site internet du château et sur les réseaux sociaux. Il est également conseillé de communiquer auprès des photographes, wedding planner, associations etc. susceptibles d’être en contact avec les bonnes personnes.

Quels exemples de châteaux qui accueillent pour des shooting privés ?

Le Studio Mir Family, dans le Val de Marne propose différentes prestations autour de l’immortalisation « des grossesse, des premiers jours du nouveau-né et des sourires de la famille ». Une équipe spécialisée en partie dédiée aux futures mamans et aux bébés.

Et parfois, les futures mamans voient choses en grand ! Direction le Domaine de Chambord

On retrouve également les shooting d’inspiration pour les mariages. C’est le moment détente des mariés avant d’accueillir tous les invités. Place au moment de pur bonheur !

Enfin, on retrouve des shootings organisés par des associations de voitures de collection qui sont nombreuses à chercher des lieux pour leur rallye. C’était le cas au château du Taillis qui a accueilli, en septembre 2017, la 23ème édition du Rallye Automobile de Grand Papa.

2- Les shootings professionnels – la recherche de lieux inédits pour valoriser les produits

Proposer son château comme lieu de shooting, c’est répondre à une véritable demande.

Quelles sont les cibles des shooting privés ?

Nombreux sont les photographes, créateurs, designers etc., à la recherche de sites de prestige pour mettre en avant leurs modèles, produits et marques. On trouve fréquemment sur les réseaux sociaux des « posts » de photographes à la recherche d’un site historique pour accueillir leur shooting.  

Quels tarifs sont généralement pratiqués ?

Pour faire son shooting dans un monument historique, une marque verse au propriétaire entre 300 et 2.000 euros par jour. Un revenu financier non négligeable ! Au château de Janvry, par exemple, les tarifs varient de 750 € hors taxe / jour pour les shootings de projets en création (pour les sociétés de moins d’un an) à 1 500 € hors taxe / jour pour les shootings professionnels. Une journée de shooting s’étend de 9h à 19h. Les propriétaires demandent 250 € hors taxes par heure de shooting supplémentaire.

Quels sont les avantages à prendre en compte ?

Travailler avec des professionnels est rassurant puisque la location du lieu se fait de manière encadrée. 

Quels sont les inconvénients et contraintes à prendre en compte ?

Les shootings pour des publicités peuvent nécessiter une organisation complexe. Le risque est de voir arriver des équipes importantes composées de maquilleuses, caméristes, photographes, costumiers etc. Le propriétaire peut donc être amené à louer d’autres espaces à la société qui sollicite son château afin d’accueillir tout matériel de maquillage, de logistique etc. Il doit également prendre en compte ses possibilités d’accueil de véhicules. Un shooting peut nécessiter de disposer d’un grand parking à proximité du lieu de la séance photos. Il est donc nécessaire d’aborder tous ces points dès la première prise de contact avec la société concernée.

En principe, le propriétaire ne peut s’opposer à la diffusion des photos. Néanmoins, si les photos venaient à porter atteinte à sa vie privée, il pourrait contester la diffusion. Par exemple : une photo qui montrerait trop distinctement les parties habitées du château ou qui laisserait voir des documents personnels etc.

En outre, il peut également s’agir d’une photo publicitaire qui va engendrer une sur-fréquentation de curieux. Ils voudront voir le lieu du shooting. Le risque est que la vie courante des propriétaires en soit incommodée.

Comment faire connaître son château ?

Pour un shooting type « publicité » il sera préférable de s’inscrire sur des plateformesregroupant les sites pouvant accueillir les shootings comme : 
Easy Spaces
En Premier Lieu
Wakup
Les Maisons de Zoe

Dans ce cas de figure, n’importe quel château ne peut pas être retenu. L’idéal est de posséder plusieurs grands espaces et au minimum une grande pièce d’au moins 50 m2. La pièce louée doit pouvoir présenter une belle luminosité et être située non loin d’un endroit où stationner facilement. 

Pour traiter avec une société professionnelle, le propriétaire doit établir un contrat de location. Ce contrat définit précisément le temps passé sur le site, les espaces compris dans la location et les tarifs demandés. Il sera nécessaire de faire également un état des lieux avant et après le shooting

Exemples de contrat de location pour un shooting

Beaucoup de châteaux accueillent des shooting privés. D’un point de vue de la communication, accueillir des shooting de marques célèbres influencera immanquablement l’intérêt du public pour le site. 

Dans le cadre d’un shooting publicitaire, les photos prises pourront être diffusées comme affiches publicitaires ou faire l’objet de publications sur les réseaux sociaux. L’image du château est ainsi véhiculée très efficacement auprès d’un public qui n’aurait pas nécessairement eu connaissance de ce château s’il n’avait vu cette photo sur Instagram, Facebook ou autres outils de communication.

Le château de Canisy a accueilli en 2018, un shooting photo afin de présenter une collection de la marque Sezane. Les photos issues du shooting ont engendré plus de 300 interactions sur Facebook. Sur Instagram, chaque photo a été vue plusieurs milliers de fois. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et témoignent de la visibilité que peut dégager l’organisation d’un shooting dans son château.

Au château de Champs-sur-Marne (site ouvert au public toute l’année), la marque Pandora a profité des beaux jours pour effectuer son shooting nouvelle collection.

Le château de Janvry, quant à lui, n’est pas ouvert au public pendant l’année mais dédie un pan de son activité de réceptions à l’accueil de tournages et de shooting. Il met à disposition ses salons, grandes chambres, théâtre, ancienne cuisine, grenier, chambres de bonne, cachots, caves ainsi que son domaine, ses bois et prairies. 

Le château de Vaugrigneuse, qui a déjà reçu plusieurs shooting de mode (les Echos spécial mode, Sarenza…) dédie une page de son site internet à la promotion de l’accueil de shootings. 

Conclusion 

Lorsqu’on parle d’organiser un shooting dans son château, il est nécessaire de distinguer shooting privé et shooting professionnel. L’organisation sera sans doute plus contraignante pour le second cas de figure mais aura des retombées financières et publicitaires très avantageuses pour le site. Pour éviter tout désagrément, le propriétaire doit établir un contrat précis qui évitera tout problème durant la réalisation du shooting. 

Malgré quelques contraintes, l’offre de shooting est très intéressante à exploiter dans le cadre de la valorisation des vieilles pierres. Le marché explose et les lieux anciens sont particulièrement prisés pour leur authenticité et l’esprit qu’ils dégagent. 

A vous de jouer ! Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous écrire : contact@hephata.fr

Pour aller plus loin

Comment recevoir des tournages dans son château ?

La photographie au service des châteaux

L’influence du luxe sur le patrimoine historique

Les orangeries et structures éphémères

Les avantages pour des investisseurs institutionnels d’investir dans du patrimoine historique naturel : fiscalité avantageuse, diversification du risque, rendement…

Introduction

Pourquoi investir dans le patrimoine historique naturel ? Sur le marché économique, certains acteurs dédient leur activité professionnelle à la gestion du portefeuille financier de clients qu’ils conseillent. Ils ont pour mission de repérer des terres agricoles, des vignobles, des forêts etc., d’en évaluer le potentiel et de les acheter pour leur en faire bénéficier. Dans cet article, vous découvrirez les motivations de ces gestionnaires qui investissent dans le patrimoine naturel pour le compte de leur client. Et vous pourrez donc vous en inspirer. 

Ce que vous trouverez dans cet article :
– Proposer des solutions d’investissements diverses qui apportent de la valeur et dé-risquent le portefeuille de leurs clients
– Offrir la possibilité de réaliser des plus-values, éventuellement défiscalisées
– Offrir un rendement sécurisé et plutôt stable
– Assurer une sécurité patrimoniale et fiscale par un placement ancré sur des biens réels

Une stratégie d’acquisition de patrimoine naturel pour le compte des clients

Les sociétés de gestion de portefeuille ont pour mission de gérer les investissements de leurs clients qui sont principalement des :
– Investisseurs institutionnels
Family offices
– Épargnants

Les investisseurs institutionnels sont des organismes non-bancaires dont le rôle est d’investir les fonds collectés auprès de leurs clients (assurés, particuliers, fonds de pensions etc.) dans des valeurs mobilières (actions, obligations), en immobilier ou dans les matières premières. On retrouve des banques, des compagnies d’assurances, des fonds de placement, des caisses de retraites… Ces organismes sont des investisseurs sur le long terme. Ils exercent un rôle économique très important sur les marchés financiers puisque l’argent qu’ils placent sert à alimenter le capital-risque, donc à stimuler la création d’entreprise. 

Les family offices datent de la fin du  XIXème siècle. De grandes familles industrielles, comme les Rockefeller, ont en effet eu besoin de se référer à des professionnels pour préserver et développer leur patrimoine familial. Il existe deux sorte de family offices :
Les single-family office : organisations privées qui accompagnent une seule famille à structurer son patrimoine et à gérer ses actifs tout en gérant ses affaires quotidiennes et administratives. Son rôle est d’être l’interlocuteur unique de la famille.
Les multi-family office : sociétés commerciales privées qui accompagnent plusieurs familles fortunées dans l’organisation, la gestion et la préservation de leur patrimoine

Les épargnants sont des personnes qui réalisent l’action d’épargner. L’objectif de l’épargne est de stocker ou d’économiser de l’argent de manière sécurisée. L’épargne peut être réalisée en vue d’un projet comme par exemple l’acquisition d’un bien mobilier ou immobilier. On retrouve deux catégories d’épargnants :  
Des personnes physiques (des particuliers) qui peuvent placer leur argent sur un livret d’épargne
Des personnes morales (des entreprises) qui peuvent placer leur argent sur un compte courant professionnel

Proposer des solutions d’investissements diverses à ses clients qui viennent apporter de la valeur et dé-risquent leur portefeuille

L’acquisition de patrimoine naturel est un investissement sécurisé. Il s’appuie en effet sur des actifs qui sont des biens réels, et possèdent donc une valeur qui leur est intrinsèque. En outre, il est possible de répartir son épargne sur différents types de biens (type de culture, essences d’arbre, géographie etc.) et donc de réduire les risques. 

Les organismes qui gèrent le portefeuille patrimonial pour le compte de leurs clients cherchent donc à diversifier leur patrimoine. Ils se tournent alors facilement vers l’investissement dans le patrimoine naturel dans la mesure où ils cherchent à valoriser un portefeuille en lui faisant prendre le moins de risque possible. 

Offrir la possibilité de réaliser des plus-values, éventuellement défiscalisées

L’objectif premier des sociétés de gestion de portefeuille consiste à piloter des capitaux ou des fonds afin de dégager un revenu et d’enregistrer des plus-values sur la durée. Il convient de trouver l’équilibre entre la part de rendements et la part de risques. En effet, plus le rendement du portefeuille est élevé, plus les actifs sont risqués. Pour atténuer ces risques, les gestionnaires diversifient les investissements. C’est dans ce cadre que l’investissement dans le patrimoine historique est pertinent. 

Offrir un rendement sécurisé et plutôt stable

L’investissement dans des actifs décorrélés des marchés financiers permet aux entreprises d’augmenter le rendement global de leur portefeuille grâce à des rendements qui fluctuent entre 2% et 15%. À l’inverse des placements en bourse, investir le patrimoine financier de ses clients dans le patrimoine naturel c’est le protéger de l’inflation et en sécuriser les revenus. 

Investir en forêts par exemple est un investissement sur le long terme, au minimum dix ans, puisque le cycle d’exploitation du bois est long. Mais ensuite cet investissement procure un rendement régulier et stable dans le temps, en moyenne entre 1% et 3% par an. 

Assurer une sécurité patrimoniale et fiscale grâce à un placement ancré sur des biens réels

Les sociétés de gestion de portefeuille gèrent le patrimoine de leurs clients en cherchant des solutions d’investissements diverses qui :
– Favorisent la plus-value 
– Assurent leur sécurité patrimoniale et fiscale

De ce fait, elles portent un vif intérêt au patrimoine naturel qui est assis sur des biens réels, par essence décorrélés de l’instabilité des marchés financiers. D’un point de vue fiscal, ces placements ont aussi un rôle à jouer. Aujourd’hui, investir dans le patrimoine naturel c’est s’engager dans une démarche écologique tendance. Par ailleurs, la préservation de l’environnement est valorisée par le gouvernement par des avantages fiscaux intéressants comme des réductions d’impôt sur le revenu.  

Exemples

Les groupements fonciers forestiers

À défaut d’investir en direct, l’investisseur peut acquérir des parts de Groupements Fonciers Forestiers (GFF), pour un montant minimum de 5 000 €. En outre, investir dans la forêt permet de bénéficier du cadre fiscal privilégié des GFF avec différents mécanismes :
La réduction d’impôt sur le revenu, via le le dispositif « Madelin », qui permet d’investir dans un GFF et d’obtenir une réduction d’IR à hauteur de 18% 
La transmission sous le régime « Monichon » qui permet de bénéficier de droits de transmission à hauteur de 75% de la valeur des forêts détenues 
Le report d’imposition sur la plus-value grâce au le régime de l’apport-cession, fixé par  l’article 150-0 B-ter du Code Général des Impôts, qui s’adresse aux actionnaires d’entreprise

Des acteurs spécialisés dans l’immobilier forestier accompagnent les propriétaires privés de forêt dans leurs transactions. C’est par exemple le cas de  Forêt Patrimoine qui accompagne chaque année la vente d’une quinzaine de forêts, comprises entre 2 500 à 4 500 hectares, à des particuliers mais aussi à des institutionnels et à des entreprises. 

Les groupements fonciers viticoles

Parmi les actifs fonciers, le viticole occupe une place importante en France. Seule Société de Gestion de Portefeuille agréée par l’AMF à intervenir en Champagne, France Valley, propose par exemple d’investir en achetant des parts de Groupements Fonciers Viticoles (GFV) ou d’actions de Foncières dont elle est gestionnaire. Le foncier Champenois ne représente que 1% de la surface viticole française mais 21% en valeur. Seule 0,6% de la surface est échangée chaque année en Champagne, et ces transactions ne sont pas accessibles aux investisseurs privés. 

Le cadre fiscal des GFV favorise ces investissements par différents mécanismes : 
Une réduction d’impôt sur le revenu à hauteur de 18 %, selon l’article 199 terdecies-0 A du CGI
L’exonération de droit de transmission au regard des articles 793 et 793 bis du CGI qui prévoient un abattement de 75% des droits fiscaux en cas de donation ou succession

L’exonération totale d’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI)

Les groupements fonciers agricoles

Il est également possible d’acquérir un terrain agricole via les Groupements Fonciers Agricoles (GFA). Il s’agit d’un investissement beaucoup plus abordable dont la mise minimale exigée n’excède souvent pas plus de 5 000 €. Les parts sont vendues par des sociétés spécialisées comme Agrifrance, département spécialisé du groupe Groupe BNP Paribas – Paribas Wealth Management ou des gestionnaires de patrimoine. 

Source : BNP Paribas Wealth Management

Conclusion

Investir dans le patrimoine historique naturel pour le compte de clients permet de le valoriser. Les sociétés de gestion de portefeuille ont pour mission de gérer au mieux les investissements de leurs clients – pour leur apporter une plus-value et un rendement intéressants tout en dé-risquant au maximum leur portefeuille. 

Par ailleurs, les entreprises peuvent venir elles-mêmes valoriser leurs acquisition en y injectant leurs techniques, leurs savoir-faire, leurs capitaux. La valorisation des savoir-faire intervient dans le cadre des politiques RSE.

Pour aller plus loin

Renforcer sa production en valorisant le patrimoine

Entreprises : investir dans le patrimoine bâti

Patrimoine et politique RSE des entreprises

Utiliser le patrimoine naturel à des fins marketing. Comment les entreprises s’appuient sur le patrimoine naturel pour revendiquer un positionnement différenciant et une image de marque authentique ?

L’important à retenir dans cet article

Pourquoi utiliser le patrimoine naturel à des fins marketing ? Soutenir son image de marque ou un positionnement différenciant peut s’appuyer sur des actions de soutien en faveur du patrimoine naturel. Cet article vous permettra de comprendre la stratégie des entreprises en la matière : 
– Choisir une politique d’acquisition purement européenne pour préserver une identité collective commune ou répondre à une demande croissante du consommateur
– Allier le luxe au patrimoine comme outil de relations publiques
– Valoriser l’image de marque en s’appropriant du patrimoine prestigieux

Introduction

L’image de marque d’une entreprise est la représentation qu’elle véhicule auprès de ses clients sur internet ou via les médias. Cette image de marque est jugée par les consommateurs duquel il découle une bonne ou une mauvaise réputation. L’effet immédiat que produit l’image sur les clients est la notoriété. Il est donc très important pour les entreprises de soigner leur image de marque dans la mesure où celle-ci influence la conduite de leurs clients. De même une entreprise dont le positionnement est novateur ou différent, doit se différencier par des moyens qui viendront capter l’attention de ses cibles

Les entreprises mettent en place des stratégies de valorisation de leur engagement pour le développement durable : garantie de la qualité et de la provenance des matières premières, compensation écologique, notamment, à travers la RSE. Elles peuvent aussi miser sur le patrimoine naturel dans l’objectif de valoriser leur image de marque ou leur positionnement. 

Une stratégie qui utilise le patrimoine naturel comme levier pour soutenir son image de marque ou un positionnement différenciant

Beaucoup d’entreprises placent beaucoup d’espoir et donc de moyens financiers dans leur stratégie marketing. Cette stratégie tend à permettre d’atteindre les objectifs commerciaux et marketing qui sont fixés par la direction. Il s’agit d’un plan d’actions qui doit être mis en œuvre sur long terme.

Utiliser le patrimoine naturel comme levier pour soutenir son image de marque ou pour obtenir un positionnement différent sur le marché sont des stratégies marketing qui peuvent être  utilisée par certaines entreprises. 

Choisir une politique d’acquisition purement européenne pour préserver une identité collective commune ou répondre à une demande croissante du consommateur

Préserver une identité collective commune

Après la crise économique de 2008, certains États d’Europe ont dû commencer à vendre leur patrimoine culturel et naturel afin d’éponger leurs dettes. La Troïka, l’alliance de la Banque centrale européenne, de la Commission européenne et du Fonds monétaire international, a par exemple demandé à l’Irlande d’identifier ses biens d’une valeur de 3 milliards d’euros et de les mettre en vente en remboursement de ses dettes. L’entreprise forestière publique a alors été mise en vente grâce à un bail emphytéotique de 99 ans. Face à de nombreuses manifestations en 2013, le plan avait été suspendu. En Autriche, deux montagnes ont été mises en vente en 2011 pour un montant de 121 000 €. En Grèce, c’est  la mise en vente de terres et îles vierges qui a été exigée, comme à Corfou. 

Si l’on considère que le patrimoine européen est une identité collective à préserver, les entreprises françaises ont un rôle à jouer pour éviter que ce patrimoine ne passe aux mains d’investisseurs non européens. Une entreprise peut donc valoriser son image de marque en acquérant du patrimoine naturel, et en communiquant sur son engagement en tant qu’acteur économique européen. 

Répondre à une demande croissante du consommateur

Dans le milieu forestier, beaucoup d’entreprises sont accusées d’être à l’origine d’une déforestation de masse pour répondre à la demande croissante des consommateurs. En France, par exemple, le coût du bois-énergie a augmenté de 13 à 15 % au cours des dernières années en raison d’une forte augmentation de la demande en bois de chauffage.  On assiste à une demande croissante des consommateurs européens de produits naturels pour leur mobilier, tel que le bois.  

Décider d’acquérir du patrimoine naturel européen permet donc à certaines entreprises de production de soigner leur image de marque face aux potentielles accusations, tout en répondant à la demande.

Allier le luxe au patrimoine naturel comme outil de relations publiques

Par ailleurs, les entreprises sont amenées à utiliser des méthodes spécifiques pour :
– Communiquer sur leurs activités
– Promouvoir leur image de marque

Ces méthodes relèvent de ce qu’on appelle les relations publiques (RP) d’une entreprise. On remarque que les grandes marques de luxe aiment à recevoir leurs invités lors de soirées de gala dans des lieux de patrimoine historique hauts en couleurs. Luxe et patrimoine font très bon ménage. Il permettent aux marques de se différencier facilement de leurs concurrents par une communication fondée notamment sur l’esthétisme. L’objectif est de « donner envie ». 

L’évènementiel est un excellent moyen pour communiquer sur des thèmes qui vont renforcer l’image de marque ou le positionnement choisi par l’entreprise. Fêter un anniversaire permet par exemple de :
– Retracer les grandes étapes qui ont marqué l’histoire de l’entreprise
– Donner les résultats
– Remercier collaborateurs et clients

En outre, les RP sont un moyen pour faire connaître l’entreprise par le biais de la communication institutionnelle. L’entreprise a tout loisir pour parler de ses valeurs, de ses actions, de ses résultats et objectifs etc. Une communication réussie passe par une bonne entente avec les prescripteurs de son secteur et notamment les journalistes. Ces derniers sont continuellement à la recherche de sujets d’actualité intéressants et originaux qui seront à même d’intéresser leurs lecteurs. 

Le luxe appartient à cette catégorie de sujets très en vogue. Les français excellent dans ce secteur avec des grandes marques comme Hermès, LVMH ou Chanel. Au niveau mondial le marché du luxe est « dopé par l’enrichissement de la classe moyenne des pays émergents » rapporte l’économiste Lionel Fontagne. Selon lui, « tout ce qui peut renforcer l’image de marque d’un produit est très important (…). Il faut aussi savoir raconter une histoire ».

Et c’est cette histoire qui attire les lecteurs, très intéressés par le patrimoine dans sa globalité (artisanat et savoir-faire français, patrimoine naturel et culturel). C’est aussi un sujet qui attire les journalistes. Soutenir le patrimoine naturel est donc une bonne stratégie pour promouvoir son image de marque ou son positionnement sur le marché ! 

Valoriser son image de marque en s’appropriant du patrimoine naturel de prestige

Bon nombre d’investisseurs étrangers s’approprient du patrimoine prestigieux. Depuis les années 2010, les investisseurs chinois ont commencé à investir dans le vignoble bordelais. 

Selon Michael Baynes sollicité par la Revue du Vin de France, de l’agence immobilière Maxwell-Storrie-Baynes spécialisée dans le foncier viticole bordelais, « ils achètent d’abord des petits domaines, de 2 à 7 millions d’euros, afin de commencer à connaître le secteur. Pour leur second achat ils investissent un peu plus ». Ce rachat s’explique notamment par une volonté affirmée de communiquer auprès de la clientèle chinoise sur l’amélioration des vins grâce à une fabrication « Made in France ».

Li Lijuan, œnologue qui a travaillé auprès de l’acquéreur du château Grand Mouëys en 2012, prédit que la tendance s’oriente vers l’achat de propriétés classées qui sont plus chères ! Pour elle, l’investissement est logique : les vins « se vendent dix fois plus cher en Chine ».

Exemples

Voici des exemples d’entreprises qui cherchent à utiliser le patrimoine naturel à des fins marketing.

Cas n°1 : LVMH et Bernard Arnault au Château d’Yquem

Pour LVMH, l’image de marque ça compte. Chef de file mondial de l’industrie du luxe en termes de chiffre d’affaires, le groupe possède plus de soixante-dix marques de prestige dans le domaine des vins et spiritueux. Quoi de plus naturel que d’allier luxe et patrimoine ? Côté patrimoine bâti, LVMH a fait du château d’Yquem, qui surplombe le terroir un véritable outil de relations publiques. En 2005, Bernard Arnault y a d’ailleurs marié sa fille Delphine, membre du Conseil d’administration de l’entreprise.

Les journalistes étaient nombreux à suivre l’événement pour apercevoir des personnalités du monde des affaires, de la politique et de la mode venus assister à la cérémonie : Karl Lagerfeld, Bernadette Chirac, alors épouse du président de la République, des membres du gouvernement dont Nicolas Sarkozy ou encore l’infante d’Espagne. 

Un véritable coup de com’ aussi bien pour la presse dites « people » que pour la presse économique. Devenir l’actionnaire majoritaire d’un grand cru valorise fortement l’image d’une entreprise et de son directeur.

Cas n°2 : Jinshan Zhang et le château du Grand Mouëys

En quelques années, la Chine est devenue le premier pays importateur du vin de Bordeaux. Le pays doit en effet faire face à une forte augmentation de sa demande en vin et le savoir-faire bordelais permet d’améliorer les vins chinois.

Question de business mais aussi de prestige et d’image de marque. Jinshan Zhang, propriétaire du groupe Ningxiahong, a racheté le château du Grand Mouëys. Il explique que « les vins de Bordeaux sont les plus célèbres et les plus appréciés en Chine. » Pour lui, acheter un château en appellation Côtes de Bordeaux est donc « une stratégie à long terme pour l’image de marque »

Cas n°3 : Ikea soigne son image de marque face aux accusations liées à la déforestation de masse pour le commerce international

On accuse l’Europe d’être responsable d’un tiers de la déforestation liée au commerce international. Pour faire face à ces accusations, Ikea a développé une réelle politique de communication autour de ses différentes actions dont :
– Le soin de son image par un travail collaboratif avec The Forest Stewardship  et WWF 
– L’adoption d’un code strict, pour le respect des forêts
– La communication sur l’origine du bois et la légalité de son emballage

Conclusion 

Soutenir le patrimoine naturel permet donc de soutenir son image de marque ou son positionnement sur le marché. C’est pour cette raison que beaucoup d’entreprise se posent la question d’utiliser le patrimoine naturel à des fins marketing. C’est un levier important notamment dans le secteur du luxe et de la consommation. Prestige, engagement, voilà des mots qui sont très recherchés par les entreprises pour valoriser leur action.

Pour aller plus loin

Entreprises : investir dans le patrimoine bâti

Les actifs naturels ou patrimoniaux des entreprises

Renforcer sa production en valorisant le patrimoine

Investir dans le patrimoine historique naturel

Comment les entreprises relient patrimoine et politique RSE ? Les grandes entreprises qui intègrent le patrimoine à leur politique RSE décuplent leurs impacts économiques, écologiques et sociaux

L’important à retenir dans cet article

Les entreprises investissent dans le patrimoine naturel dans une dynamique de protection de l’environnement, de l’écosystème. Valoriser son engagement RSE à travers le patrimoine naturel est-ce donc si simple ?

Cet article vous permettra de comprendre la stratégie d’investissement des entreprises qui s’engagent en faveur du développement durable, à travers différentes actions :

– Garantir la qualité et la provenance des matières premières
– Bénéficier de labels et de certifications
– S’inscrire dans une politique de compensation écologique
– Promouvoir un engagement éthique et responsable en faveur du développement durable et apporter des preuves de cet engagement

Une stratégie d’acquisition qui vient porter un engagement RSE

Face à l’urgence de protéger l’environnement, de nombreuses entreprises se sont engagées dans la réduction des dépenses énergétiques, le recyclage des déchets, la formation des  salariés autour du développement durable, notamment. Ces engagements s’inscrivent, de manière plus large dans une politique encadrée : la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) qui, selon la Commission Européenne est « la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société »

Il s’agit pour les entreprises d’intégrer volontairement les préoccupations sociales et environnementales dans le cadre de :
– Leurs activités commerciales
– Leurs relations avec leurs parties prenantes

La RSE s’appuie sur trois piliers, la triple bottom line, qui transpose la notion de développement durable à l’échelle de l’entreprise : un développement économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable.

Selon Madame Gro Harlem Brundtland, Première Ministre norvégienne qui préside la commission en charge du futur Rapport Brundtland sur l’environnement et le développement en 1987, le développement durable est un « développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».

Aujourd’hui par exemple la filière du bois est très controversée. Se posent en effet de réelles questions sur l’origine du bois et sur le pillage des forêts  ainsi que de mauvaises gestions de la production en bois. Internaliser les matières premières de la filière bois s’inscrit dans une logique RSE. Elle permet notamment de :  
– Garantir la provenance des matériaux et d’offrir une vraie transparence aux acheteurs sur toute la chaîne de production 
– Solliciter des labels écologiques et responsables
– Lutter contre le vandalisme

Garantir la qualité et la provenance des matières premières

Pour les entreprises de production, acheter des ressources en matières premières permet une gestion en direct de leur approvisionnement. Aussi, cela  leur permet de garantir la provenance des matériaux utilisés

Les entreprises qui achètent des ressources en matières premières et deviennent donc elles-mêmes productrices de ces dernières peuvent ainsi offrir une transparence aux acheteurs sur toute la chaîne de production. Il leur est plus simple de tracer la qualité des matières utilisées et également de vérifier qu’elles proviennent d’une gestion responsable et légale.

Des méthodes sont mises en place pour permettre l’identification du matériau utilisé dans les stocks mais aussi sur les documents commerciaux des entreprises. Achats et ventes sont ainsi contrôlés et tracés, pour assurer au consommateur final une fiabilité maximale. Ces méthodes peuvent intégrer une démarche de labellisation ou de certification.

Pouvoir bénéficier de labels et de certifications

Les concepts comme le financement éthique, le commerce équitable ou le développement durable sont mesurés par des normes, des labels ou des certifications. Dans le cadre d’une démarche RSE, la labellisation et la certification sont donc des leviers très utilisés. Ils permettent, en effet, aux entreprises de structurer leur démarche et de la valoriser auprès de leurs différentes parties prenantes. La labellisation consiste à se faire attribuer une marque spéciale, le label, qui garantit l’origine et un niveau de qualité défini. La certification, quant à elle, permet aux entreprises de faire reconnaître que leurs produits et services sont conformes aux normes et règlements en vigueur. 

Dans la filière du bois, on retrouve notamment le label FSC et la certification PEFC. 

Le label FSC

Le label Forest Stewardship Council (FSC), créé en 1993, promeut une « gestion responsable des forêts ». En outre, il permet de contrôler les produits issus de ses forêts certifiées depuis leur origine jusqu’à leur distribution en passant par le processus de fabrication. L’objectif du label est donc de garantir que les produits utilisés proviennent de ressources contrôlées et prélevées de manière responsable. À titre d’exemple, l’Europe possède plus de 48% des forêts certifiées FSC dans le monde. 

Pour être labellisé FSC, l’entreprise certifiée doit répondre à dix principes : 

  1. Respecter les lois en vigueur ainsi que les traités internationaux 
  2. Préserver ou accroître le bien-être social et économique de ses travailleurs
  3. Respecter les populations autochtones (en dehors de la France métropolitaine)
  4. Maintenir ou améliorer le bien-être social et économique, à long termes des communautés locales dans chaque opération de gestion forestière
  5. Encourager l’utilisation efficace des produits et services de la forêt pour en garantir la viabilité économique  
  6. Mettre en œuvre une gestion forestière qui maintient les écosystèmes, la diversité biologique et les valeurs qui y sont associées 
  7. Disposer d’un document de gestion appliqué et mis à jour régulièrement
  8. Évaluer les pratiques de gestion par un suivi sérieux (qualité et quantité des produits forestiers, maintien des valeurs de conservation)
  9. Identifier, évaluer, préserver et suivre les Hautes Valeurs de Conservation présentes dans son unité de gestion
  10. Mettre en œuvre des activités de gestion qui respectent l’ensemble des principes et critères du FSC, et visent à atteindre les objectifs économiques, environnementaux et sociaux décrits dans le document de gestion.

La certification PEFC

La certification forestière PEFC atteste du respect des fonctions environnementales, sociétales et économiques de la forêt. Elle repose sur deux mécanismes complémentaires 

La certification forestière qui atteste :
– De la gestion durable de la forêt 
– Du respect des fonctions environnementales, sociétales et économiques de la forêt

Etapes de la certification (Source)

La certification des entreprises qui transforment le bois : ce mécanisme permet d’assurer la traçabilité de la matière depuis le prélèvement du bois en forêt jusqu’à la commercialisation du produit fini en passant par toute la chaîne de transformation. 

Enfin, certaines entreprises s’engagent par le biais d’une charte développement durable. C’est le cas notamment des établissements et entreprises publiques qui doivent se montrer exemplaires en la matière. La signature d’une telle charte les engage à :
– Mener une réflexion stratégique de développement durable 
– Traduire cette réflexion dans sa vision, ses projets, son management et sa façon de rendre compte, en impliquant le personnel et les différentes parties prenantes 
– Élaborer un document stratégique de développement durable
– Élaborer et piloter, dans le cadre de son document stratégique, un plan d’actions permettant d’intégrer les principes de gouvernance et de mise en œuvre 

S’inscrire dans une politique de compensation écologique

Le mécanisme de compensation écologique vise à compenser les potentiels impacts négatifs que pourrait produire sur la biodiversité un aménagement ou un projet de construction. Ce mécanisme intervient donc en amont du projet. 

Il s’agit souvent de venir compenser les impacts liés à des chantiers de construction urbanistiques tel que la construction d’infrastructures, de zones d’activités commerciales ou industrielles etc. Ces compensations peuvent être des :
– Travaux de restauration de milieux ou d’espèce
– Opérations de gestion 
– Processus immatériels comme la formation ou la sensibilisation des usagers 
– Opérations de protection comme la création d’une réserve naturelle

Ainsi, beaucoup de promoteurs immobiliers utilisent ce levier pour compenser leurs impacts liés à la construction de centres commerciaux, de parking etc. Ils détruisent une partie de la biodiversité mais se dédouanent par des travaux d’ingénierie écologique

Promouvoir un engagement éthique et responsable en faveur du développement durable et apporter des preuves de cet engagement

Les  géants commerciaux du numérique et du commerce investissent dans les énergies vertes. Ainsi, Google, Amazon ou Facebook investissent dans les panneaux solaires ou l’éolien. Apple est, quant à lui, propriétaire de plus de 14 500 hectares de forêt notamment en Chine. 

Ces groupes internationaux achètent des forêts pour les gérer intégralement. L’idée est de promouvoir une gestion durable mais aussi de s’engager dans les actions en faveur des énergies renouvelables. Ces entreprises ont besoin de montrer au monde leurs actions en matière de protection de l’environnement.

Apporter les preuves de cet engagement passe notamment par :
– Une démarche de labellisation et de certification 
– La publication récurrente de chiffres clairs et précis via des communiqués de presse, par exemple pour Ikea

Mais attention au greenwashing, même dans le cas de la marque Ikea, avec sa campagne “Agir à la racine” qui consistait à arracher un sapin des forêts commerciales pour sauver les forêts avec L’Office National des Forêts.  Ces entreprises peuvent être accusées de mal gérer leurs forêts et d’essayer de s’acheter une conscience…

L’opération “Agir à la racine” de la marque Ikea 

Exemples

Cas n°1 : la filière du bois avec Porada 

« Promouvoir son engagement éthique de l’utilisation du bois », voilà les mots qu’utilise la marque de mobilier italienne Porada qui s’engage en matière d’engagement éthique et responsable en matière environnementale. Son ambition ? Valoriser son action comme utilisateur de bois responsable et respectueux de la nature. 

En outre, pour montrer son engagement RSE au sein de ses acquisitions de forêts, Porada : 
– Pratique une gestion très conservatrice de la forêt
– Limite les coupes de bois
– Utilise le bois de manière responsable et respectueuse de la nature
– Promeut le « bois durable »

Cas n°2 : la compensation écologique avec les promoteurs immobiliers

C’est dans ce cadre de compensation écologique que les promoteurs REI Habitat et Icade ont signé un accord-cadre avec la société Néosylva. Cet accord permet aux deux promoteurs d’acquérir des droits sur les forêts de Néosylva et d’acheter la capacité de ces forêts à séquestrer le carbone atmosphérique. Le projet consiste à acquérir par avance 200 000 m² potentiels de bâtiment bois dans les cinq ans pour la construction de deux bâtiments de 5 000 m² sur l’île de Nantes. Le chantier requiert 700 ha de plantations et engage Néosylva à replanter 10 ha en Loire-Atlantique. Ces travaux doivent être certifiés auprès du label Bas Carbone.

« Concrètement, un constructeur a intérêt à dire moi, je construis en bois français et en plus, je replante » affirme Jean Guenolé-Cornet, président fondateur de la société. En échange de la garantie de renouvellement de la forêt dans 50 ans, les promoteurs s’engagent alors à reverser à Néosylva entre 1 000 et 3 000 € par hectare reboisé.

La compensation écologique (Source)

Cas n°3 : la certification avec Groupama Immobilier

Pour Stéphane Le Goff, Responsable Investment&Asset Management Forêts chez Groupama Immobilier, acheter des forêts c’est valoriser « la structure foncière des massifs forestiers en gestion, tout en participant au remembrement foncier ». Le stock de carbone séquestré dans les forêts de la société illustre sa contribution à l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre de la France. Aussi, l’ensemble des forêts de la Société Forestière Groupama, est certifié PEFC, programme de reconnaissance de la gestion durable, et qui favorise la biodiversité.

Conclusion

Ainsi, acheter du patrimoine naturel est une manière pour les entreprises de mettre en avant leur politique RSE. Cela leur permet de garantir la qualité et la provenance des matières premières qu’elles utilisent et aussi d’obtenir des labels et des certifications qui leur permettent de « valider » tous leurs engagements.

Pour aller plus loin

Notre étude d’impact

Investir dans le patrimoine historique naturel

Entreprises : investir dans le patrimoine bâti

Pour une entreprise, renforcer sa production tout en valorisant le patrimoine, est-ce possible ? Quels sont les avantages industriels qui en découlent ?

L’important à retenir dans cet article

Selon la définition de l’INSEE, les entreprises ont pour objet la « production de biens et de services ». En économie, on dit qu’elles évoluent sur un marché, système d’échanges où se rencontrent l’offre (les vendeurs) et la demande (les acheteurs). Aussi, pour faire face à la concurrence présente sur ce marché, chaque entreprise doit en permanence renforcer sa capacité de production. Comment font-elles ? Quelles stratégies adoptent-elles ? 

L’investissement dans le patrimoine bâti est déjà un moyen de développement viable pour les entreprises. Alors pourquoi investir dans le patrimoine naturel historique ? Acquérir un ensemble de ressources et des matières premières est une piste pour développer une production dans la mesure où cela permet de : 
– Éviter de perdre la marge liée aux producteurs et distributeurs 
– Réaliser des économies d’échelle 
– Injecter des savoir-faire et améliorer la performance de la production 
– Gagner du temps dans la production et éviter la dépendance vis-à-vis des fournisseurs 

Qu’est-ce que le patrimoine naturel ?

C’est en 1972 qu’apparaît la notion de patrimoine naturel avec l’adoption de la Convention concernant la protection du patrimoine culturel et naturel  par l’UNESCO . La nature et la culture sont alors mis sur un pied d’égalité. Le patrimoine naturel est une ressource à protéger et valoriser. Ce patrimoine est un « ensemble de sites non modifiés par l’homme », distingués en trois catégories :
– Les monuments naturels : grottes, cascades, chênes
– Les formations géologiques et les zones « constituant l’habitat d’espèces animale et végétale menacées »
– Les zones naturelles présentant un intérêt du point de vue de la faune et de la flore ou de l’écologie

Conformément à l’article L. 411-1 A du code de l’environnement, ces sites sont recensés dans l’Inventaire National du Patrimoine Naturel. Créé en 2003 et géré par le Musée National d’Histoire Naturelle, l’INPN institue pour l’ensemble du territoire national, qu’il soit terrestre, fluvial et marin, un inventaire national du patrimoine naturel, défini comme « l’inventaire des richesses écologiques, faunistiques, floristiques, géologiques, minéralogiques et paléontologiques ». L’État en assure la conception, l’animation et l’évaluation. 

Une stratégie fondée sur l’acquisition de ressources en matières premières 

Une matière première est un matériau d’origine naturelle faisant l’objet d’une transformation et d’une utilisation économique. On distingue quatre catégories de matières premières : 
– Les denrées alimentaires (légumes, viande, poisson)
– Les matières premières végétales (bois, caoutchouc, coton), minérales (sel, pétrole) et métalliques (fer, or, étain)

L’abbaye Notre-Dame de Sénanque et ses champs de lavande (Gordes, Vaucluse)

Dans une chaîne de production, ce n’est pas l’achat des matières premières qui coûte le plus cher. Pour autant, cet achat génère de nombreux frais supplémentaires liés notamment aux marges dégagées par les différents intermédiaires situés sur cette même chaîne. Aussi, pour les entreprises dont l’approvisionnement en matières premières est très important en volume, acheter les ressources en matières premières est une stratégie à étudier !

Éviter de perdre la marge liée aux producteurs et distributeurs

Acheter du patrimoine naturel permet à l’entreprise de gérer en direct son approvisionnement en matière première. Elle devient elle-même productrice de matière première. Nul besoin alors de faire appel aux producteurs et aux distributeurs.

Les producteurs et distributeurs facturent au client final un prix global qui comprend le prix du produit brut auquel est ajouté la marge. Pour le client final, acheter les ressources en matière première lui permet d’obtenir ses propres produits naturels et de supprimer cette marge. Une stratégie qui induit nécessairement un gain économique

En outre, en fabriquant des produits issus de matières premières qui lui appartiennent, l’entreprise est libre d’augmenter ou non le prix de vente du produit final. Si elle décide de ne pas le modifier, elle pourra accroître sa propre marge bénéficiaire.

Réaliser des économies d’échelles

Une économie d’échelle correspond à la baisse du coût unitaire d’un produit obtenue grâce à l’augmentation de la quantité de sa production. Pour réaliser des économies d’échelles, une entreprise peut choisir entre différents mécanismes dont :
– La répartition des coûts fixes incompressibles (machines, bâtiments, frais administratifs etc.) sur un plus grand nombre d’unités produites
– L’apprentissage des techniques de production
– L’optimisation de l’organisation du travail (par exemple la spécialisation de la production par du travail à la chaîne)
– Des achats de masse auprès des fournisseurs (par exemple via des centrales d’achat)

Si elle décide de baisser les prix de vente, l’entreprise pourra augmenter son nombre de ventes et améliorer son positionnement sur le marché économique.  

Injecter son savoir-faire pour améliorer la performance des productions

Dans les différentes stratégies utilisées par les entreprises pour développer leur croissance, le rachat de patrimoine naturel leur permet de renforcer leur offre commerciale auprès des clients. En effet, elles peuvent mettre à profit leur savoir-faire et expertise dans certaines techniques de production pour maîtriser davantage la transformation des matières premières et donc améliorer la performance de la production.

L’injection de son savoir-faire dans les techniques de production peut permettre à l’entreprise de toucher plusieurs types de clientèle. 

L’exemple montre que les organisations, en internalisant les ressources en matière première et en y apportant leur savoir-faire, non seulement réalisent des économies intrinsèques à l’internalisation – parce que leurs outils de production, leurs processus et méthodes, leurs compétences internes et leurs capacité d’investissement le permettent – mais aussi, valorisent le patrimoine mieux que quiconque. Il y a donc un véritable effet gagnant-gagnant à ces acquisitions, car en même temps que le patrimoine vient apporter de la valeur à l’entreprise, l’entreprise en donne à ce dernier. C’est le cas lorsque LVMH rachète des terres viticoles françaises, un exemple détaillé ci-après. 

Cela pose néanmoins question : y a-t-il un risque d’épuisement plus rapide ? 

Eviter la dépendance aux fournisseurs et gagner du temps dans sa production

Dans la production, il est difficile de ne pas devenir dépendant de ses fournisseurs. Un fournisseur peut détenir intégralement une source d’approvisionnement d’une matière première. Il est alors en situation ascendante sur ses clients et peut négocier les prix comme il l’entend. 

C’est ce qu’explique le modèle des cinq forces de Porter, professeur de stratégie à Harvard, qui permet d’évaluer les forces concurrentielles existant sur un même marché économique : 
– La menace des nouveaux entrants sur le marché
– La menace des produits de substitution
– Le pouvoir de négociation des clients
– Le pouvoir de négociation des fournisseurs
– L’intensité de la rivalité entre les concurrents

Aussi, acquérir du patrimoine naturel, c’est-à-dire des ressources en matières premières, permet à l’entreprise de :

– Gagner du temps puisqu’elle gère son approvisionnement en direct
– Ne plus dépendre économiquement et opérationnellement de ses fournisseurs
– Obtenir de meilleures performances de production et de vente lorsqu’elle réalise des économies d’échelle

Exemples

Voici des exemples d’entreprises qui ont su répondre à cette question : « pourquoi investir dans le patrimoine naturel historique ? »

Cas n°1 : LVMH et Château d’Yquem ou comment LVMH renforce son arsenal de production en achetant ses propres vignobles

En 1999, le groupe LVMH devient l’actionnaire majoritaire du vignoble d’Yquem, élevé au rang de Premier Cru Supérieur en 1855. Ainsi, LVMH mise sur l’exploitation et la valorisation de ressources viticoles du Château d’Yquem, pour lesquelles il a su développer de nouvelles techniques dans le processus de fabrication qui ont permis d’accroître le volume de production.  

Sans augmenter le nombre d’hectares, la production de Bordelais et de Sauternes est passée de 100 000 à 125 000 bouteilles par an. Une belle manière de valoriser le patrimoine viticole.

Depuis, LVMH a acquis d’autres domaines. D’abord des vignobles prestigieux comme Moët & Chandon, Veuve Cliquot, Ruinart ou Hennessy, labellisés en 2019 « vins d’exception » par le groupe. Ensuite en Provence, misant sur le vin rosé, avec les Châteaux du du Galoupet et d’Esclans en 2019. Pour s’en tenir au cas français — puisque LVMH possède aussi des domaines viticoles californiens –, cette acquisition de patrimoine naturel soutien l’internationalisation, la légitimité et la croissance des bénéfices de l’entreprise LVMH, tout en assurant la valorisation du patrimoine naturel viticole. 

Vin du Château d’Yquem

Cas n°2 : IKEA devient propriétaire de bois pour anticiper une activité de production exceptionnelle

Ikea a acheté trente-quatre fois la surface du bois de Vincennes. Ce géant de la conception et la vente de mobilier et objets de décoration doit faire face à une activité de production exceptionnelle. « Dans le secteur de l’ameublement pour la maison, nous sommes, avec l’américain Walmart, le plus gros acheteur au monde » souligne Henrik Elm, global purchase manager de l’entreprise.

D’après une estimation de 2013 de La Tribune, plus de 100 millions de produits sont vendus chaque année. 60% de ses produits sont fabriqués à base de bois pour une consommation annuelle de 16,27 millions de mètres cubes de bois. Chaque année, Ikea consomme 4,1 millions d’hectares de bois soit l’équivalent d’un quart des massifs forestiers français.

Alors, pour respecter sa promesse de « prix bas tous les jours », Ikea doit à tout prix réduire ses coûts. Internaliser son apport en matière première, le bois, en achetant des forêts semble être la solution incontournable…

Conclusion

Acheter du patrimoine naturel est une manière pour les entreprises de production d’acheter les ressources en matières premières nécessaires à la fabrication des objets qu’elles vendent sur le marché. En choisissant cette stratégie d’acquisition, elles peuvent réaliser des économies, gagner du temps ou encore améliorer leur performance par l’injection de nouveaux savoir-faire. 

Pour aller plus loin

Entreprises : investir dans le patrimoine bâti

Les actifs naturels ou patrimoniaux des entreprises

Utiliser le patrimoine naturel à des fins marketing

Défiscaliser les charges liées à la restauration d’un monument historique. Quelles charges sont déductibles au titre de la loi Monuments Historiques ? Quels sont les revenus concernés ? 

Les monuments historiques français sont soumis à un régime fiscal bien particulier qui varie selon la situation de l’immeuble. Les propriétaires de monuments peuvent bénéficier de déductions fiscales de charges engagées mais aussi lorsqu’ils réalisent des travaux sur leur Bien Immobilier. 

La loi Monuments Historiques 2020 propose ainsi aux investisseurs et aux propriétaires une défiscalisation intéressante permettant en contrepartie la rénovation et l’entretien du patrimoine historique.

Ce que vous trouverez dans cet article : 
– Un résumé des principes et conditions régissant la loi Monuments Historiques 
– Les déductions fiscales concernées dans le cadre de cette loi 
– Les modalités des déductions fiscales selon le type et l’usage de MH

Focus sur la loi Monuments Historiques 2020

La loi Monuments Historiques existe depuis 1913. Cette loi de défiscalisation vise à favoriser l’entretien et la restauration de biens patrimoniaux inscrits ou classés au titre des Monuments Historiques. 

La loi Monuments Historiques 2020 propose d’intéressantes opportunités de déductions fiscales pour les propriétaires de biens patrimoniaux qui souhaiteraient entreprendre des travaux de restauration. On peut imputer le montant des travaux des revenus fonciers et professionnels du propriétaire, et ce sans aucune limite. 

Conditions impératives pour prétendre à un régime fiscal particulier

Pour bénéficier d’un régime dérogatoire, il faut remplir certaines conditions :
Le Bien Immobilier doit être classé, inscrit à l’ISMH, ou détenteur d’un label délivré par la Fondation du Patrimoine en raison d’un caractère historique ou artistique particulier.
– Le propriétaire doit s’engager à conserver l’immeuble pendant au moins 15 ans.
– Le bien ne peut être détenu par une société opaque,
c’est-à-dire une société assujettie à l’Impôt sur les Sociétés (IS).
Le bien ne peut faire l’objet d’une co-propriété, sauf à détenir une autorisation des ministères du budget et de la culture. 

Qui sont les propriétaires concernés par la loi MH 2020 ?

L’investissement Monuments Historiques en 2019 s’adresse plus particulièrement aux investisseurs situés dans les tranches d’imposition supérieures. L’impact fiscal étant optimisé pour les revenus situés dans les tranches à 41% et 45% ». 

Les propriétaires peuvent être :
Tous les contribuables domiciliés fiscalement en France au sens de l’article 4B, détenant ainsi le Bien en direct. 
Les Sociétés civiles immobilières (SCI) familiales, c’est-à-dire lorsque les associés sont membres de la même famille. 
Les Sociétés constituées par des collectivités publiques
Les SCI non soumises à l’Impôt sur les Sociétés (IS) détenant un Bien affecté à l’habitation pour au moins 75% des surfaces habitables. Pour les Biens acquis après 2018, il n’est plus nécessaire de faire une demande d’agrément auprès des ministères du budget et de la culture. 

Attention ! Les sociétés à capitaux, soumises à l’IS, sont exclues de cette liste.

En cas de classement ou d’inscription partiel limité à des éléments isolés ou dissociables de l’ensemble immobilier (un escalier ou certaines salles par exemple) les avantages fiscaux du régime Monuments Historiques 2020 ne concernent que les parties classées ou inscrites.

Quels sont les immeubles concernés par la loi MH 2020 ?

Les monuments concernés sont ceux répondant aux critères précités. 

Il faut apporter une nuance quant au temps annuel d’ouverture au public du site. On peut réduire les 50 ou 40 jours du nombre de jours durant lesquels le MH fait l’objet de visites d’enfants ou de scolaires et étudiants (dans le cadre de conventions conclues avec des établissements d’enseignement). Ces visites doivent avoir lieu entre le 1er septembre et le 31 août de l’année suivante et doivent accueillir au moins 20 participants à chaque fois. La réduction de jours d’ouverture du site ne peut cependant dépasser dix jours au total. 

Attention ! Tout immeuble construit sur une zone de proximité d’un site classé ne peut pas être éligible à la défiscalisation des MH à moins que cet immeuble ne soit lui-même classé ou inscrit. 

Pour bénéficier des avantages fiscaux de la loi MH 2020, le Bien ne peut être démoli ou transformé à moins d’en avoir reçu l’autorisation du ministère de la culture. Le propriétaire s’engage également, à ce titre, à conserver son Bien pour une période de 15 ans minimum à compter de son acquisition.

La réduction des charges 

En plus des conditions ci-dessus, les charges inhérentes à la gestion du monument sont déductibles à 100% si le monument est ouvert au public, et à 50% s’il ne l’est pas.  On considère qu’un site est ouvert au public dès lors qu’il est ouvert 50 jours entre avril et septembre (dont 25 jours non ouvrables) ou 40 jours entre juillet et septembre. 

La loi Monuments Historiques 2020 rend déductibles de l’impôt un certain nombre de charges, si elles sont liées aux travaux, à l’entretien ou à la visite du monument historique. Il s’agit des charges concernant : 
– Les frais de publicité
– Les assurances
– La taxe foncière
– Les frais de gestion (rémunération de garde, conciergerie, dépenses d’acquisition de matériel)
– Les frais d’entretien

Contraintes de travaux 

Les travaux doivent aboutir à la restauration des logements Monuments Historiques. C’est au propriétaire de les initier. Un Architecte des Bâtiments de France devra suivre leur qualité. Il revient à une société privée ou à un architecte de réaliser les travaux.  

Les déductions fiscales liées aux travaux effectués sur un MH

En cas de travaux effectués sur un bien immeuble remplissant tous les critères exposés ci-dessus la part du coût des travaux, à la charge du propriétaire, est déductible à 100% de l’impôt sur le revenu à condition que le monument soit ouvert au public.

Si le monument n’est pas ouvert au public mais bénéficie de subventions d’Etat pour les travaux, la part due par le propriétaire est également déductible à 100%. En revanche, si les travaux ne bénéficient pas d’une subvention d’état, cette part est déductible à 50%. 

Les avantages fiscaux concrets de la loi MH 2020

La loi MH présente divers avantages pour les investisseurs. Au-delà de la satisfaction de savoir œuvrer à la protection du patrimoine, la défiscalisation entraînée par la loi n’a aucun plafond, elle entraîne une exonération de tous les droits de succession (lien article Les avantages fiscaux liés aux Monuments Historiques) aux conditions habituelles. L’imposition reste classique en cas de plus-value immobilière

Cette loi permet donc de déduire de ses impôts le montant des travaux effectués sur un MH. Les différents types de travaux permettant l’éligibilité à ce régime fiscal sont les travaux permettant au bien d’être habitable, les travaux de démolition ainsi que les travaux des murs extérieurs et les travaux de rénovation de la toiture.

Les déductions possibles selon les différents usages du MH 

Les déductions fiscales sont imputables pour partie au revenu global et pour partie au revenu foncier, suivant les conditions suivantes : 

  1. L’investissement ne génère aucune recette

Les charges foncières sont déductibles du revenu global, à hauteur de 100% si le MH est ouvert au public, de 50% dans le cas contraire

  1. L’investissement génère des recettes mais est inoccupé 

Les charges foncières sont déductibles du revenu foncier. Dans le cas où le bien est loué, elles sont déductibles du revenu global

  1. L’investissement génère des recettes et est occupé

Les charges foncières relatives à la partie occupée du Bien sont déductibles du revenu global. Celles relatives à la partie inoccupée sont déductibles du revenu foncier. 

Source : BOFIP

Pour aller plus loin 

Protéger un monument – MH ou ISMH ?

Les avantages fiscaux liés aux Monuments Historiques

Les avantages fiscaux liés aux Monuments Historiques : à quels types d’avantages les propriétaires peuvent prétendre ? Quelles sont les conditions pour les obtenir ?

En France, posséder un monument historique donne droit à certains avantages fiscaux. Ces avantages visent notamment les impôts (IR et ISF) ainsi que les droits de succession et de donation. Il peut s’agir de déduction de charges ou d’exonération.

Ils offrent aux propriétaires des allègements financiers dans divers domaines (travaux, ouverture au public, etc.). Ces avantages répondent à des conditions précises relatives à la nature et à la gestion et l’entretien du bien. On regarde aussi s’il est ouvert ou non au public. La majorité de ces avantages relèvent de la loi Monuments Historiques 2020

Attention ! Les règles présentées ci-après sont les dispositions en vigueur en 2019. Elles sont susceptibles d’évoluer à la suite de modifications législatives ou réglementaires. 

Ce que vous trouverez dans cet article : 
– Les conditions de propriété et d’usage d’un MH pour obtenir des avantages fiscaux 
– Les déductions fiscales de charges et travaux pour les MH 
– Les avantages fiscaux liés aux donations ou successions de MH
– L’exonération de l’IFI pour les MH

Tout au long de la lecture, vous pouvez tout savoir sur la loi Monuments Historiques dans le détail. Cet article concerne les propriétaires de monuments protégés. En ce qui concerne les monuments sans protection, l’article sur la fiscalité pour des propriétaires de patrimoine non protégés pourra être utile. 

Quelles sont les conditions pour obtenir un avantage fiscal ?

Il existe certaines conditions pour bénéficier des avantages fiscaux. Plusieurs typologies de propriétaires peuvent y prétendre : 

Le cas des personnes physiques 

Ces avantages fiscaux concernent tous les contribuables dont le domicile est en France au sens de l’article 4B. Ils doivent posséder ou acquérir un Monument Historique protégé. Il doit donc avoir fait l’objet d’un classement, d’une inscription ou d’une labellisation par la Fondation du Patrimoine.

Le cas des personnes morales 

Si la détention en direct du Bien est nécessaire pour prétendre à des avantages fiscaux, certaines sociétés y ont droit : 
Les Sociétés civiles immobilières (SCI) familiales, c’est-à-dire lorsque les associés sont membres de la même famille. Les Sociétés constituées par des collectivités publiques
Les SCI non soumises à l’Impôt sur les Sociétés (IS) détenant un Bien affecté à l’habitation pour au moins 75% des surfaces habitables. Pour les Biens acquis après 2018, il n’est plus nécessaire de faire une demande d’agrément auprès des ministères du budget et de la culture. 

attention

La loi exclut de cette liste les sociétés à capitaux, soumises à l’IS

Dans les deux cas, ces propriétaires doivent détenir un immeuble : 
Classé monument historique ou inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques (ISMH)
Qui fait partie du patrimoine national grâce au label délivré par la Fondation du patrimoine 
Non classé mais ouvert au public, à savoir 50 jours par an, dont 25 non ouvrables au cours des mois d’avril à septembre inclus, ou bien 40 jours pendant les mois de juillet, août et septembre. 

Si le classement concerne l’essentiel de l’immeuble (façades, toitures, principaux bâtiments, etc.), le propriétaire est susceptible de bénéficier de l’exonération de droits de donation et succession.

S’il ne vise qu’une partie isolée et dissociable de l’immeuble (tour, escalier, plafonds d’une salle donnée, etc.), l’administration peut restreindre la déduction des charges aux seuls travaux affectant cette partie.

Les charges foncières (travaux de réparation, assurances, frais de gestion, taxe foncière), quant à elles, sont déductibles à condition que :
Le propriétaire du monument historique s’engage à conserver l’immeuble pendant 15 ans minimum à compter de son acquisition 
– L’immeuble ne doit pas faire l’objet d’une division en copropriété, sauf si cette division a fait l’objet d’une autorisation des ministères du Budget et de la Culture
– Pour bénéficier des avantages fiscaux de la loi MH 2020, il n’est pas possible de démolir le bien ni de le transformer, à moins d’en avoir reçu l’autorisation du ministère de la culture.

Quels sont les différents avantages fiscaux ?  

Il existe plusieurs avantages fiscaux auxquels les propriétaires de MH peuvent prétendre, en fonction de leurs besoins. 

Les déductions fiscales de charges et travaux

Le propriétaire d’un monument qui respecte toutes les conditions précitées, peut imputer sur le total de ses revenus imposables les charges liées à son bien, et notamment : 
Les travaux 
– Les assurances
– Les frais de gestion 
– La taxe foncière 
– Les frais de publicités et les charges résultant du droit de visite

On déduit donc ces charges soit du revenu foncier global soit du revenu lié au patrimoine, en fonction de l’usage fait du MH. 

A quelles conditions un propriétaire peut-il défiscaliser les charges sur son revenu ? 

1. Lorsqu’il n’y a pas d’ouverture au public

– Si le bien ne génère aucune recette et bénéficie seulement d’un agrément, le propriétaire peut imputer 50% des charges définies ci-dessus.

– Si le bien génère des recettes, par location par exemple, la fraction des charges liées à la partie louée est déduite des recettes totales obtenues.

Les propriétaires peuvent aussi opter pour une déduction forfaitaire égale à 75% de l’ensemble des charges foncières affectant la totalité de l’immeuble.

2. Le cas particulier des monuments ouverts au public 

Si le monument ne génère aucune recette, le propriétaire peut déduire de ses impôts 100% des charges si le bien est classé ou inscrit.

Cependant, si le bien génère des recettes, le propriétaire doit déduire des recettes de visite, les frais correspondants à cette visite (frais de publicité, achat de matériel informatique, salaire des guides, du personnel d’accueil et d’entretien…). Il peut aussi opter pour une déduction forfaitaire de 1 525 euros (2 290 euros si un parc est également ouvert au public). 

Les droits de donation et de succession dans le cadre des MH

Les immeubles classés ou inscrits sont, en principe, exonérés de droits de succession ou de donation, si le classement concerne l’immeuble dans son ensemble. L’exonération s’étend également aux parcs et jardins qui entourent l’immeuble, à condition qu’ils soient aménagés pour la visite. Les meubles peuvent aussi être exonérés s’ils constituent le prolongement historique ou artistique de l’immeuble.

Il existe des conditions supplémentaires à remplir pour obtenir l’exonération : 
– Les bénéficiaires de la donation ou de la succession doivent signer avec les ministères de la Culture et du Budget une convention à durée indéterminée précisant les modalités d’entretien des biens concernés, les conditions d’accès au public, le maintien des meubles.
L’immeuble doit s’ouvrir au public au moins 80 journées par année (de mai à septembre) ou 60 journées (du 15 juin à fin septembre).

attention

– Si l’une des conditions prévues par la convention n’est pas respectée, la transmission est soumise aux droits de donation ou succession, sur la base de la valeur des biens, au jour de la rupture de la convention.
– La vente, même partielle, des meubles ou immeubles est assimilée à une remise en cause de la convention et entraîne la taxation de la transmission.

Si le bénéficiaire de l’exonération donne à son tour l’immeuble, celle-ci est remise en cause sauf si les bénéficiaires de cette seconde donation adhèrent eux-aussi à la convention. Ils bénéficient alors d’une seconde exonération.

Si le bénéficiaire de l’exonération décède, l’exonération n’est pas remise en cause, même si ses héritiers n’adhèrent pas à la convention. 

La plus-value en cas de vente 

En cas de revente, la plus-value est imposée selon le régime d’imposition des plus-values immobilières des particuliers. Elle correspond au prix de vente moins le prix de revient (le prix du foncier hors travaux). Elle est fiscalisée à hauteur de 36,02%.

L’exonération de l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI) pour les MH

Depuis 2018, l’IFI a remplacé l’ISF. Il concerne les personnes détenant un patrimoine immobilier net supérieur à 1,3 million d’euros. 

Sous certaines conditions, les propriétaires de MH peuvent ne pas être redevables de l’IFI. En effet, selon l’amendement adopté le 15 décembre 2017, ce type de biens s’ajoute à la liste des éléments exonérés de l’impôt sur la fortune immobilière en partie, voire en totalité. Dans ce cas l’exonération équivaut aux ¾ de la valeur imposable du MH. 

Les conditions pour obtenir cette exonération : 

Tout d’abord, le bien doit être classé monument historique ou inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques (ISMH). Ensuite, le propriétaire doit s’engager à conserver le bien au moins 15 ans au titre de l’article 156 bis du code général des impôts relatif au régime des monuments historiques). Enfin, le monument doit être affecté à usage commercial ou professionnel ou accueillir des visites payantes. Cette affectation peut d’ailleurs être partielle ou totale. 

Pour aller plus loin : 

Pour effectuer les démarches (travaux, convention) auprès du ministère du budget

Le luxe et le patrimoine historique sont indissociables. La valorisation de l’un passe par celle de l’autre !

Pourquoi le luxe et le patrimoine historique sont-ils indissociables ? Le patrimoine et l’industrie du luxe ont des valeurs et domaines partagés. Ils sont notamment des leviers de valorisation l’un pour l’autre, à commencer par l’image. Le patrimoine gagne à être associé à des maisons de luxe, notamment en termes de financements, soit en étant occupé par une maison, soit en bénéficiant d’actions de mécénat.

Dans cette analyse, il s’agit de mettre en valeur comment éviter les opérations publicitaires à sens unique, où l’industrie du luxe s’approprie des valeurs incarnées par un patrimoine, sans les faire vraiment siennes. L’article met en valeur les différents niveaux d’échanges d’intérêts entre le luxe et le patrimoine, notamment : 
– L’indiscutable nécessité de reposer sur un patrimoine (matériel ou immatériel) pour qu’une marque de luxe devienne vraiment légitime
– L’importance de la communication externe et de la communication interne, lieux de concrétisation de cette alliance patrimoine et luxe
– Les liens financiers entre les deux industries
– La limite de cette alliance : les risques de l’immobilisme, les contraintes liées au mécénat, le risque de contre-promotion

Que sont le luxe et le patrimoine historique ?

Etymologiquement, le luxe (lat. luxus) est ce qui est démis, déboîté. Associé à la lumière (lat. luc) dans un imaginaire occidental, le luxe a de l’éclat, brille. Selon le dictionnaire Larousse, le luxe a « le caractère de ce qui est coûteux, raffiné, somptueux« . Entendu ici d’un point de vue matérialiste, le luxe est cet ensemble d’objets, de produits, éléments de la distinction sociale. Cet article propose de circonscrire le luxe à son domaine d’application économique. Il l’envisage comme le produit de l’industrie de luxe et de ces maisons, ensuite commercialisé et mis en publicité. 

Le patrimoine est une notion polymorphe. L’UNESCO choisit de définir en ces termes : « Le patrimoine est l’héritage du passé dont nous profitons aujourd’hui et que nous transmettons aux générations à venir. » L’institution fait pour partie références aux “œuvres qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l’histoire, de l’art ou de la science”. Les ensembles, édifices, monuments sont donc principalement visés. NénaPour autant, il existe aussi un “patrimoine vivant”, un “patrimoine immatériel”, un “patrimoine naturel”. 

A partir de ces définitions, cet article s’appuie surtout sur les liens entre l’industrie du luxe et le « patrimoine monumental ». Ce patrimoine incarne les notions de patrimoine vivant, matériel et immatériel, telles que définies ci-avant. 

Une nécessité pour le développement d’une marque de luxe : s’appuyer sur le patrimoine historique 

Le luxe doit faire rêver, éblouir, fantasmer, sans quoi il perd de sa puissance. L’objet de luxe, pareil à une relique, se veut de l’ordre du sacré. Il appartient au monde du réel puisqu’on peut l’admirer, le saisir et le porter. Pourtant, quelque chose en lui nous échappe et nous fascine. Le luxe pour exister doit se différencier, se sacraliser afin de maintenir sa valeur et justifier son prix. 

Les grandes maisons de luxe luttent pour éviter la banalisation qui conduirait à leur perte. Elles désirent faire de leurs productions des œuvres d’art. C’est pourquoi elles ont besoin des institutions culturelles. Ces dernières possèdent la légitimité artistique et sont garantes de l’excellence de l’art qu’elles définissent, conservent et exposent. Tout naturellement, les enseignes de luxe se rapprochent donc de nos musées et sites historiques d’exception. Leur but ultime est d’asseoir leur notoriété, valoriser le prestige de la marque, devenir souveraines. 

De plus, ces grandes maisons véhiculent des valeurs communes au monde de l’art et du patrimoine. Il s’agit de la beauté, de la rareté, de l’excellence, du savoir-faire artisanal.  Dès lors, un lien puissant se crée. 

Le patrimoine historique en particulier est important en ce qu’il évoque le passé. Il permet au luxe, qui s’en empare, de créer le prestige et la distance nécessaire à la fabrication d’une aura forte. Ainsi, le patrimoine permet à la marque de s’ancrer dans le temps, de devenir une référence. Il représente un monde que le luxe évoque et convoque au service de son identité et de sa communication. 

La communication interne et externe pour concrétiser l’alliance entre le luxe et le patrimoine

Le patrimoine historique et son rôle dans la communication interne des groupes de luxe

Les projets rapprochant l’entreprise du luxe et la culture permettent de fédérer le groupe.  C’est le cas par exemple des actions de mécénat, de sponsoring ou d’organisation d’expositions. Le patrimoine et la culture agissent comme un créateur de lien social. En impliquant les employés dans un projet à forte valeur ajoutée, l’entreprise crée le sentiment de fierté d’appartenance à la marque. Lorsque Louis Vuitton organise le défilé de clôture de la Fashion Week parisienne dans la cour carrée du Louvre début mars 2020, ce n’est pas simplement une installation d’un soir mais bien un projet de toute la maison. Un projet qui sensibilise les équipes au patrimoine, à son histoire, à sa nécessaire préservation. 

Les maisons de luxe se tournent vers le travail dans le patrimoine historique à travers la restauration de leurs lieux d’exposition ou de vente. Aussi, renouant avec les métiers d’arts, font appel aux savoir-faire anciens, aux techniciens du patrimoine. C’est à l’entreprise H. Chevalier, labellisée “Entreprise du patrimoine vivant”, et à ses compagnons que Cartier ou Louis Vuitton ont fait confiance pour restaurer leurs boutiques de luxe. 

Le patrimoine historique sert à améliorer l’image et la notoriété des marques de luxe

En externe, les actions de soutien au patrimoine et à la culture, en promouvant les valeurs communes, valorisent l’image de la marque

Le mécénat positionne les grandes maisons comme des « bienfaitrices ». Elles jouent le rôle que tenaient autrefois les grandes familles comme les Médicis. On pense donc aujourd’hui à LVMH qui après Versailles ou le Louvre, soutient la transformation d’un lieu déserté, l’ancien musée des Arts et Traditions populaires de Boulogne, en nouvelle maison d’art. Ainsi, le patrimoine sert la valorisation des maisons de luxe. 

Les marques de luxe investissent les espaces du patrimoine (musées, châteaux) pour créer leurs publicités et s’en faire. Le duo Dior – Versailles est révélateur à cet égard : Charlize Theron et Rihanna déambulent pour la marque dans le prestigieux château, dont la mise en valeur surpasse celle des deux stars.

Et puis, à la croisée du mécénat et de l’auto-promotion, le luxe s’installe dans les monuments historiques, musées éphémères, valorisant et légitimant leur marque. Cartier au Grand Palais (« Cartier : le style et l’histoire », décembre 2013-février 2014), Yves-Saint-Laurent au Petit Palais (2010), misent sur le patrimoine historique pour mieux valoriser leur marque.

Enfin, le luxe et le patrimoine partagent un autre point commun : une même clientèle ! En dépit des efforts pour la démocratisation culturelle, il faut bien reconnaître que le patrimoine et l’art restent réservés à une élite culturelle, qui détient également le capital financier. 

On comprend alors pourquoi les actions de mécénat du luxe à destination du patrimoine et de la culture se multiplient. De nombreux évènements sont organisés dans nos musées et châteaux.  La Fashion week de paris par exemple ne serait pas ce qu’elle est sans ses prestigieux défilés au Louvre ou au Grand Palais. Le choix de ces lieux permet aux maisons de luxe de créer, plus qu’un simple défilé, des événements qui font sens pour la marque. On pense  aux immanquables défilés Chanel au Grand Palais ou à ceux de Dior au musée Rodin.

Les problématiques du luxe et du patrimoine

Si la référence à l’histoire est un élément central dans le marketing du luxe, il pose néanmoins la question de l’innovation, puisque les marques, tout en s’inscrivant dans un temps passé, ont besoin de continuellement se renouveler pour rester contemporaines et désirables. Il y a donc un équilibre à trouver. Il est intéressant de noter que cette problématique est commune aux institutions patrimoniales, pour qui l’innovation est devenue un enjeu majeur afin de rester attractif, maintenir leur fréquentation touristique, et développer de nouveaux modèles économiques, sources de revenus.   

Les liens financiers entre le luxe et le patrimoine 

L’entretien du patrimoine est une priorité. Son financement est onéreux et les finances publiques, si elles sont à l’initiative des grands travaux de construction des monuments historiques, ne subviennent plus assez aujourd’hui à leurs rejetons. Il faut donc multiplier les sources de financement. Or, les caisses du luxe sont pleines !

Entre les mondes du patrimoine et du luxe, les échanges, les transferts, intéressent directement la valorisation du patrimoine : la légitimité du luxe contre les promesses de financement. 

Comment le luxe vient-il en aide au patrimoine ? 

Les maisons de Luxe, Chanel, Cartier, Louis Vuitton investissent massivement dans la culture. ne habitude qui nous vient de l’autre côté du Pacifique, des Etats-Unis, où la culture est presque exclusivement financée par le privé, où le parrainage, bien plus ostentatoire, se veut être le reflet de la réussite de l’entreprise.

Les projets subventionnés par des marques de luxe sont nombreux, on peut citer le mécénat exclusif de la maison Ferragamo en 2012 pour l’exposition « La Sainte Anne, l’ultime chef-d’œuvre de Léonard de Vinci » au Louvre, ou le mécénat de Chanel pour les travaux de rénovation et d’agrandissement du Palais Galliera en 2019. Sans compter les fondations au profit de l’art et de ses métiers qui fleurissent. Pionnière du genre en France la fondation Cartier pour l’art contemporain, puis Lafayette et sa fondation Anticipations.

Cet engouement pour le mécénat est également lié aux mesures fiscales favorables liées à la loi Aillagon du 1er août 2003 qui permet la réduction d’impôt à hauteur de 60% sur l’impôt sur les sociétés, ce qui a permis une multiplication par seize du nombre d’entreprises mécènes depuis. 

La fondation d’entreprise Louis-Vuitton, Bois de Boulogne

Des limites juridiques au mécénat

Si la loi Aillagon a fortement favorisé les actions de mécénat, ces opérations restent fortement encadrées, bien plus qu’aux Etats-Unis. Il est par exemple possible de remercier son mécène en nature mais seulement si la contrepartie n’excède pas les 25% de la valeur du don. 

Par ailleurs, il ne peut y avoir d’exploitation commerciale ou de lancement de produits dans les institutions publiques. Cela doit rester de la communication institutionnelle. 

Les limites et pièges des alliances entre le luxe et le patrimoine  

Yves Saint-Laurent, Chanel, Dior, Cartier, Louis-Vuitton, Marc Jacobs, Bulgari, Balenciaga, Margiela, ils ont tous eu leur propre exposition aussi bien au Grand qu’au Petit Palais, au musée Galliera, au Palais de Tokyo ou encore au musée Bourdelle. Des expositions qui attirent un large public qui se presse pour attraper un peu du rêve. Aussi, l’œuvre d’art se substitue aux bijoux, à la robe, qui deviennent à leur tour art, exposé derrière leurs vitrines, consécration pour les marques. 

Cependant, quid de l’éthique puisque qu’il ne peut normalement pas y avoir d’exploitation commerciale dans ces établissement publics 

Si certaines expositions, comme « Cartier. Le style et l’histoire » qui s’étaient tenue au Grand Palais en 2014, ont fait l’objet d’un véritable commissariat indépendant. D’autres comme « Miss Dior » ou « La petite robe noire » se sont révélées être des opérations publicitaires déguisées… 

Il apparaît donc évident que l’établissement culturel permet de bénéficier d’un certain crédit pour l’opération, le visiteur étant en confiance dans un lieu qu’il connaît et respecte pour son travail d’ordinaire rigoureux et scientifique. Attention aux mauvais mariages, car ces opérations commerciales risque in fine de porter atteinte à l’image de l’établissement muséal et au patrimoine.

Pour aller plus loin

L’influence du luxe sur le patrimoine historique

La photographie au service des châteaux

Valoriser des espaces paysagers d’exception

Combien coûte un château en France ? Voici une question que beaucoup se posent par simple curiosité ou dans le cadre d’un projet d’acquisition. Hephata vous propose quelques clés de lecture.

Introduction

Avez-vous déjà entendu parler de l’ancien fief des ducs de Crillon ? Un village de Provence déserté à cause de la sécheresse au début du XXème siècle. Il n’en restait, apparement, pas grand chose ? Peter Chittick décide d’y ouvrir un petit hôtel en y rachetant une première maison fin des années 80. Puis il en rachète plusieurs autres, pour en totaliser huit en 2020…

C’est la famille Pariente, créatrice de la marque Naf Naf, qui rachète le château. Un rachat qui s’est fait en parallèle de la création d’un groupe hôtelier de luxe. Le bien est ensuite rapidement devenu un de ses produits phares. Labellisé Relais & Châteaux, l’hôtel 5* continue de faire vivre le village au pieds du Ventoux. Alors, combien vaut un tel projet ?

Difficile question. Car, si cette histoire montre que patrimoine est de grande valeur pour valoriser les territoires, elle montre aussi qu’il semble avoir une valeur variable. Tout dépend de celui qui l’appréhende et du moment. Or, il semble urgent de mieux mesurer cette valeur, afin de faciliter le développement de projets patrimoniaux en France.

1. Le modèle d’Hephata pour valoriser les biens historiques

Dans le cadre de projets de développement dans des sites historiques, de l’hôtel particulier d’habitation au domaine en activité incluant un château, Hephata a développé un modèle qui permet de valoriser ces biens à travers une approche transparente, globale et intégrative. Cette approche est essentielle à double titre.

a) Elle sert une démarche de relance économique fondée sur l’économie réelle des territoires, où le patrimoine peut occuper une place centrale

Il peut être un relais irremplaçable et inédit de croissance locale, d’un point de vue économique, mais aussi social et environnemental. Les effets d’un développement d’activités sur l’économie sont décuplés lorsque l’activité est hébergée dans un monument. D’autant plus si ces revenus servent notamment à sa restauration.

b) Elle facilite l’accès de ces biens à des investisseurs-exploitants ou des propriétaires privés éclairés, capables de restaurer et de faire vivre des lieux en plein effondrement

En effet, pour servir une logique d’investissement responsable et pérenne où le retour sur investissement est « facilement » mesurable, il est essentiel d’apporter plus de transparence sur ces biens mal appréhendés, dont les composantes ne sont pas maîtrisées par toutes les partie-prenantes. Cela commence par une bonne valorisation initiale. Cette valorisation doit tenir compte de toutes les variables actuelles et futures pouvant venir bouleverser la gestion.

L’enjeu de la valorisation du patrimoine est indispensable. Si un hôtel de luxe a pu voir le jour dans un village isolé et s’il existe toujours depuis plus de 30 ans, c’est que le modèle économique est au rendez-vous. Pourtant, qui se serait lancé dans un tel projet, mis à part un Canadien en voyage, soudainement épris d’un lieu ? Jusque-là, personne… ! Et la valeur des habitations de Crillon-le-Brave a pourtant largement augmenté depuis. Le bien devient même attractif pour des investisseurs rodés à l’exercice de l’acquisition immobilière de luxe.

A long terme, en réconciliant les logiques transverses, une approche globale permettrait de mieux appréhender la façon de valoriser ces biens, et, peut-être, de la rendre plus transparente pour une variété d’intéressés, du propriétaire privé souhaitant en faire sa demeure jusqu’à l’investisseur chevronné y déployant des activités hôtelières, en passant par l’exploitant forestier ou agricole. Car, même si les spécialistes de la transaction immobilière de luxe montrent que le marché est à la hausse, rien n’affirme encore que ces lieux sont saufs. La preuve en est que le turn-over des nouveaux acquéreurs de ce type de biens reste bien plus élevé que la moyenne des acquisitions de maisons secondaires, montrant que de nombreuses « surprises » de gestion ne viennent pas compenser la faiblesse du coût d’acquisition initial…

2. Les aspects à prendre en compte pour estimer la valeur d’un château

Aujourd’hui, la valeur d’un monument historique est une composante de multiples variables et de critères, dont la pondération varie en fonction de celui qui l’appréhende. D’après Hephata, ce fonctionnement ne permet pas l’établissement d’une valeur marchande corrélée à la valeur réelle du bien. Au contraire, d’après nous, elle est généralement bien en-deçà. Il s’agit donc de prendre en compte plusieurs aspects.

a) Une approche transparente

Si l’on accepte le fait que le prix des biens n’est pas déterminé par un volume d’offre et un volume de demande où le prix final est une résultante, mais bien par une contre-partie (presque) unique, il est nécessaire de proposer une démarche d’analyse transparente par une contre-partie tierse qui n’est pas l’acquéreur du bien. Chaque bien historique est presque à l’origine de son propre marché, étant difficilement comparable à un autre monument. Le prix est généralement fixé par un expert. Mais il sera surtout fixé par l’acquéreur… Or, la taille et la composition des domaines, leur histoire et leur symbolique, leur géographie et leur accessibilité, le coût de leur entretien, les revenus potentiels ou déjà générés, rien n’est parfaitement analogue d’un lieu à l’autre contrairement à toute autre logement, bâtiment commercial ou de bureau.

Par ailleurs, le « je ne sais quoi » lié au symbole, à l’image et aux valeurs dont il est le reflet, relève du Goodwill qu’aucun acheteur ne pourrait s’aviser de dévaloriser mais que personne ne s’entend encore à clarifier. Si pour une entreprise cela s’entend, pourquoi cela ne s’entendrait pas pour un monument ? Quoiqu’il en soit, la conséquence d’une approche plus transparente, serait que la valeur de chaque bien se jaugerait selon des arbitrages plus harmonieux d’un bien à l’autre.

b) Une approche globale

Par ailleurs, il se trouve que les sites historiques ont une capacité de transformation qui leur permet de s’adapter à de multiples destinations et de servir différents occupants et logiques d’investissement et de rentabilité. Il est nécessaire de concevoir une approche qui englobe la variété de ces possibilités. En effet, on peut appréhender la valeur d’un château d’autant de manières que d’acquéreurs potentiels, selon que le propriétaire-gestionnaire soit un particulier cherchant une habitation, un agriculteur cherchant des ressources naturelles, un promoteur cherchant des espaces à transformer, un opérateur évènementiel ou un hôtelier cherchant un sous-jacent à son activité… Le patrimoine historique peut attirer une telle variété d’acteurs qu’aucun autre marché ne pourrait s’en prévaloir.

c) Une approche intégrative

Enfin, pour une collectivité comme pour une marque ou un investisseur, dont l’engagement RSE / ISR et l’image importent, le patrimoine est vecteur de développement, à l’échelle d’une organisation ou d’un territoire. Ici, la valeur ajoutée varie en fonction de l’écosystème dans lequel le patrimoine est intégré. Il est essentiel de pouvoir la prendre compte. Au cœur d’un maillage territorial, social et économique ou d’une chaîne de valeur, le patrimoine est un excellent moyen de valoriser des savoir-faire et d’augmenter l’attractivité d’une région ou de faire croître les ventes d’un produit.  Il existe de grandes mécaniques permettant d’évaluer la création de richesses entre un territoire et le patrimoine. Et, inversement ? Hephata propose une méthode.

Conclusion

Aujourd’hui, la « valeur émotionnelle » portée sur ce type de bien est extrêmement puissante. En effet, le patrimoine incarne des valeurs, une histoire, une Histoire, un territoire, un savoir-vivre, un savoir-faire, une expertise, un respect de l’environnement… Cette valeur vient parfois augmenter la côte de certains biens, au gré des portefeuilles des investisseurs français, chinois, qatari, anglais ou américain dont le montant des transactions sera proportionné au portefeuille. Dans d’autres cas, les lourdes dépenses associées à l’entretien du lieu seront l’élément essentiel de sa décote. Une décote au détriment du trésor qu’il représente, bien plus riche que ce qu’il en a l’air.

Le patrimoine français, « le pétrole de la France », pour reprendre l’expression de Stéphane Bern, mérite une meilleure valorisation. Certes, ce qu’il représente ne peut pas être mesuré, enfermé, marchandé. Cependant, si l’appréciation de la valeur du patrimoine n’est pas clarifiée par une approche globale, transparente et intégrative, les monuments français continueront de se marchander au 8ème du prix d’appartements parisiens de 90 mètres carrés, au bénéfice d’acquéreurs pas toujours responsables et au détriment des Français d’aujourd’hui et de demain.

Pour aller plus loin

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Hériter d’un monument historique : charge ou opportunité ?

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TOP 5 des journées au vert pour un séminaire – ce qu’il faut savoir !

Vous êtes manager, dirigeant, consultant ? Vous avez besoin de prendre l’air avec votre équipe ou vos collaborateurs ? Sortez de votre environnement de travail quotidien qui vous semble morne et gris ! N’attendez plus, retrouvez-vous lors d’une journée d’étude ou d’un séminaire résidentiel !

Mais comment organiser le meilleur séminaire de France dans un château hôtel en proposant un contenu qui change le quotidien de vos équipes et apporte du sens ?

Hephata est l’agence évènementielle qui vous guide pour l’organisation de votre séminaire au château. Cet article donne les clés de châteaux et hôtels particuliers pour des séminaires qui sauront vous enchanter, vous faire rêver et, qui sait, vous replonger dans des univers aussi variés qu’extraordinaires !

Voici le TOP 5 des séminaires résidentiels les plus dingues à faire dans un château ! Le tout sur des comptines d’enfance (patrimoine historique aussi !)

1) Le séminaire intime : retrouvez l’intime d’un château familial chaleureux où vous serez les seuls invités et où vous vous découvrirez une passion pour le bois !

2) L’évènement éclatant : découvrez l’éclatant qui se reflète sur la rivière et que l’on voit depuis un Golf.

3) Le séminaire de la sérénité : habitez le serein sous les voutes médiévales d’un lieu simple, authentique et beau.

4) Le séminaire grandiose : profitez du brillant sur les hauteurs. Il surplombe le paysage depuis des ruines sublimes et parfois inquiétantes.

5) Le séminaire coloré, au vert : aimez l’étincelant au naturel, où de grands artistes aimaient à se retrouver gaiement.

1) Le séminaire intime dans un manoir caché dans les bois

Au cœur des bois, se devine une gentilhommière aux façades régulières de briques et de pierres. Le convive y pénètre à pas feutrés. Pourtant non loin de l’aéroport, seul le murmure du vent et le chant des oiseaux vient rompre le silence. Des pas sur les graviers se rapprochent. C’est le maître des lieux qui arrive, le sourire aux lèvres, des ustensiles de travail à la main. Vous pensez connaître la forêt ? Et bien lui mieux que vous !

Et si vous regardez bien, vous apercevrez son épouse, un chapeau de paille sur la tête semblant attendre quelque chose !

Activité recommandées pour ce séminaire intimiste :

« Promenons-nous dans les bois » – double atelier « découverte & artisanat du bois » ou« Dansons la Capucine » – atelier « découverte & artisanat des fleurs de mon jardin »

Objectif des activités proposées pour ce team building :

– découvrir et savoir reconnaître les essences d’arbre

apprendre à prélever un échantillon de bois

réaliser un objet en bois 

ou

– découvrir et savoir reconnaître les différentes espèces de fleurs

– développer ses talents manuels pour fabriquer des couronnes de fleurs

Pour qui ce type d’activité entre collègues est recommandée ?

Ces activités sont proposées pour des groupes de 15 personnes max, réparties en 3 équipes.

Description du team building dans les bois ou dans mon jardin

Vous devrez répondre à un quizz en plein air sur les différentes essences d’arbre que vous rencontrerez. A la suite de cela, vous choisirez un arbre dont vous prélèverez un échantillon. Mais ce n’est pas tout ! Un meilleur ouvrier de France vous attend pour vous donner un cours d’artisanat. Vous réaliserez un objet personnalisé à partir de votre échantillon de bois et vous le remporterez chez vous. De quoi vous prendre pour un artisan de renom !

L’atelier des fleurs fonctionne sur le même principe avec un quizz en plein air sur les différentes espèces de fleurs rencontrées puis un atelier de confection de couronnes de fleurs.

2) L’évènement éclatant dans un domaine historique avec son golf 

A 1h max de Paris ! Nous voici dans un magnifique domaine flanqué d’un golf, situé à la lisière du parc régional du Gâtinais. Havre de paix dans un merveilleux parc de 100 hectares, ses quatre cents ans d’histoire ont fait de lui un remarquable écrin de verdure en bordure de l’Essonne. Il est cité pour la première fois au XIIème siècle lorsque le Chevalier Philippe y construit un fortin et un colombier, en faisant un lieu-dit.

Au XVème, Jacques Cœur rachète le château et acquiert les ruines laissées par la Guerre de 100 ans pour les remembrer.

Activités recommandées pour un séminaire de luxe

« C’est la Danse des Golfeurs » – concours de golf, joutes sportives, danses rythmées

Objectifs de ses activités de team building de luxe

– redonner de l’éclat à sa team par des jeux sportifs

– développer ses talents de précision dans le sport ou la danse

– se défouler de manière ludique et sportive

A qui ces activités collectives s’adressent-elles ?

Ces activités peuvent s’organiser pour un groupe de 10 à 60 personnes, réparties en équipes

Description du déroulement

Grandes activités sportives et jeux sur l’eau réveilleront votre esprit de compétition tout au long de la journée : ne laissez pas l’équipe adverse l’emporter. Soyez vivants, les émotions fortes ne manqueront pas ! Et pour le soir, mettez de côté le golf et revêtez des tenues éclatantes pour apprendre à danser sur des airs de salza ou au son des claquettes !

3) Le séminaire de la sérénité au coeur d’une abbaye ou d’un monastère modernisé

Vous avez dit prendre du recul ? Vous souhaitez travailler dans une sérénité que vous n’avez plus au siège de votre entreprise ? Retirez-vous dans une abbaye où le chant des moines semble encore s’élever vers le ciel.

La paix du lieu ne pourra qu’être salutaire pour votre journée d’étude.

Fondée par Louis IX, futur Saint Louis, l’abbaye connut un grand rayonnement au XIIIème siècle. Dès 1246, elle se dotait d’une école de théologie qui fut confiée à un dominicain. Précepteur des enfants royaux, il y rédigea, avec l’aide des moines, une fameuse somme encyclopédique des savoirs médiévaux. L’abbaye deviendra une usine de textile, un village et un noviciat avant d’être ce qu’elle est aujourd’hui : un lieu de rencontre et d’échanges.

Activités recommandées pour favoriser le repos lors d’un séminaire

« Carpe Diem » – cueillettes & plantations de légumes du jardin ; jeux olfactifs & gustatifs

Objectifs des activités de détente pour l’entreprise

– déployer ses capacités de jardinier et/ ou de cuisinier

– apprendre le rythme des saisons et leurs impacts sur le potager

– développer ses sens olfactifs & gustatifs de manière ludique

Pour qui les activités de détente sont-elles plutôt destinées ?

Ces différents ateliers sont accessibles à des groupes de 30 personnes max, réparties en équipes et chapeautées par des jardiniers professionnels. Et pourquoi pas pour des consultants ou des geeks dont les ordinateurs excitent les méninges, mais le corps est désensibilisé aux joies de la nature

Description de ces activités au vert pour votre équipe

La découverte du potager-jardin où se mêlent l’esthétique, la pédagogie et la production comestible ne pourront laisser insensibles vos âmes.

« Carpe Diem » vous invitera à cueillir les fruits mûrs de la vie. Nos animations & activités évoqueront un thème floral, olfactif ou gustatif. Finies les réunions, nos animateurs feront appel à votre sensorialité ! Planter vos radis ou allez à la cueillette des cerises si le cœur vous en dit. Et en option : cours de cuisine avec un chef étoilé !

4) Le séminaire grandiose dans un château de rois

Clovis donne la terre du château à Sainte Geneviève « pour les commodités de son voyage de Paris à Reims ». En 1539, le Connétable Anne de Montmorency transforme la forteresse en château de plaisance. Il y édifie un viaduc de pur style Renaissance. En 1779, le château est démantelé pour vendre le mobilier et les matériaux. Il sera converti en hostellerie. Celle-ci fut un des premiers Châteaux ayant été transformé en hôtel, en 1956.

Activités à faire pour un séminaire royal dans son jus

« au Clair de la Lune » – murder party, cluedo géant, jeux d’espionnage et d’intrigues

Objectifs de ses activités de team building intensives et immersives

– apprendre à résoudre des problèmes complexes en équipe

– garder son sang froid face au stress

– développer sa capacité à maîtriser le temps en équipe

Pour qui les jeux en immersion sont-ils destinés ?

Pour des groupes de collègues de 10 à 40 personnes, réparties en équipes de 5 à 8

Description des jeux d’équipe

Si le faste des 5 étoiles est trop brillant pour vos yeux fragiles, sachez qu’ « au Clair de la Lune », une ambiance mystérieuse, entre intrigues et murder party, risque de planer et de se faufiler au-dessus des ruines médiévales. Idéal pour surprendre ses convives !

5) Le séminaire au vert ou en musique au milieu des artistes

Investissez les lieux de cette belle demeure normande, construite en 1913 par une famille de riches banquiers décidés à fuir l’agitation parisienne. Durant la Seconde guerre mondiale, la propriété est réquisitionnée. Elle deviendra plus tard hôtel-restaurant. Le Tout Paris s’y retrouve alors, en compagnie d’Edith Piaf, de Tino Rossi ou de Jean Gabin. Pas de haut de gamme pour ce lieu mais chaleur familiale autour d’un bon feu !

Activités pour former les collaborateurs à de nouvelles spécificités territoriales

« Pomme de reinette et pomme d’happy » – visite d’une cidrerie & dégustation ou

« A cheval gendarme » – visite d’un haras & ballade à cheval

Objectifs de ces activités de groupe

– découvrir la fabrication d’un produit local

– goûter aux joies d’une dégustation à l’aveugle

ou

– découvrir un haras & rencontrer un entraîneur

– goûter aux joies d’une ballade équestre

Pour quel type d’entreprise ce programme est-il destiné ?

Ce programme est réservé à de petites équipes de 7 à 10 personnes

Description de l’activité proposée pour un team building réussi

Au cœur de la Normandie, la formule « pomme de reinette et pomme d’happy » propose une immersion totale dans le royaume des pommes avec dégustation de cidre et joie des retrouvailles !

La formule « à cheval gendarme » vous permettra de monter à cheval sur les chemins de Normandie et vous garantit une visite exceptionnelle avec un entraîneur de pur-sangs de renom. Qui sait si vous ne parierez pas sur lui au Prix de Diane ?

Vous ne réserverez pas un hôtel pour quelques heures : vous aurez le lieu en exclusivité pendant deux journées de jeux, de promenades et de dégustation ! Bonheur !

En bref, journées au vert, séminaire résidentiel, team building et incentive : dans un château, tout est prévu pour vous et adapté à votre entreprise !

Vous allez vous sentir chez vous dans un château atypique ou grandiose le temps d’une journée ou plus ! Ces lieux vont vous inspirer et vos discussions seront plus élevées. Les espaces favoriseront votre travail et votre esprit d’équipe.

Grâce aux activités qui vous seront proposées, vous pourrez faire appel à votre créativité ou faire l’apprentissage de talents de cuisinier, d’artisan ou autres.

Enfin, vous vous sentirez engagés pour une belle cause, celle de la transmission et de la préservation du patrimoine, grâce à votre activité évènementielle !

Pour aller plus loin

Château ou hôtel de charme pour votre séminaire ?

To-do list pour bien organiser un séminaire au vert

TOP 15 des lieux en IDF pour un séminaire au vert

Des idées d’animations et d’activités de séminaire incentive originales pour partager des moments conviviaux avec vos collègues ou pour accueillir un client, il y en a beaucoup ! 

Hephata sélectionne 45 idées d’animation de séminaire d’entreprise spécialement adaptées aux châteaux proches de Paris ou non !

Pour l’organisation d’un séminaire incentive dans un château hôtel, nous vous conseillons de lire Organiser le meilleur séminaire de France dans un château.

Nos idées : – Le séminaire sensoriel – La recherche de l’authentique – Des jeux bon enfant – Activités immersives, extrêmes et aériennes – Animations récréatives – Actions éducatives – Actions esthétiques et artistiques – Ateliers d’art de vivre – Travail autour de la concentration, détente et méditation

Activités de dégustation au château pour un séminaire sensoriel

Le château, le manoir, la belle demeure, l’hôtel particulier situés en ville ou au vert sont des lieux idéaux pour déguster des produits de terroir, la cuisine locale ou les alcools du château.

Des idées d’animation séminaire incentive au château autour de la dégustation pour apprendre à partager ses goûts :

Activité de groupe originale n°1 : L’atelier culinaire

Préparation d’un grand plat avec un chef étoilé, cours de cuisine, préparation du repas en groupe, concours cuisine, préparation de produits du terroir (beurre, foie gras, saucisson…) ou de produits simples (pain, pâtes, pizza…)

Exercice de groupe original n°2 : La dégustation

Dégustations animées ou non, autour des grands vins, champagnes, spiriteux, produits du terroir (foie gras, huîtres, charcuteries, fromages champignons…), visites de caves itinérantes…

Animation de groupe originale n°3 : Le wine battle

Activités de production collective pour des journées authentiques

Quelques idées d’animation de séminaire team building pour favoriser des moments de partage conviviaux :

Idée d’activité pour le séminaire d’entreprise qui a du sens n°4 : Le chantier participatif

Sous la direction d’un maître d’œuvre habilité, apprentissage des métiers du bâtiment, des savoir-faire traditionnels, participation à un chantier du patrimoine.

Idée d’activité originale n°5 : La ferme collective

Sous la direction d’un agriculteur, métayer ou cultivateur habilité, découverte des soins actuels ou traditionnels des animaux et aux pratiques de la ferme…

Atelier d’équipe original n°6 : Le jardin collectif

Sous la direction d’un jardinier habilité, participation à la création ou à l’entretien d’un jardin à la française, ou un potager : plantation, taille, cueillette (fraise, framboise, pomme, poires, mirabelles…), constitution de paniers…

Idée de séminaire professionnel qui apporte la joie n°7 : Activité solidaire

Participation à l’animation de groupe de personnes âgées, handicapées ou en réinsertion, partage des ateliers collectifs avec des groupes de personnes à mobilité réduite…

Idée d’activité de groupe créatif et musical n°8 : Art & Chant

Ateliers créatifs en entreprise de productions visuelles (tableaux, vidéos, photos…), chantées (gospel, classique…) ou instrumentales

Activités de team building sportif, grand jeu en extérieur : le style « bon-enfant »

Deux idées d’animation séminaire professionnel au château autour de grands jeux pour s’activer en groupe et favoriser la motivation :

Activité de team building au vert n°9 : Chasse au trésor

A cheval, à pied, en kayak, en hélicoptère, en montgolfière, à vélo, en voiture… des chasses au trésor dans le parc, la forêt ou sur l’ensemble du département autour du château

Activité de team building au château n°10 : Grands jeux

Foot, volley, construction de voitures ou de châteaux de cartes, jeux inventés… des grands jeux animés par des professionnels pour faciliter les rencontres, favoriser la bonne entente et créer l’esprit d’équipe

Activités immersives au château 

Des idées d’animation pour l’organisation du séminaire incentive autour d’activités immersives pour vivre des expériences fortes et susciter l’adhésion :

Idée d’activité pour un séminaire incentive insolite n°11 : Murder party / Cluedo grandeur nature

Voir un de nos partenaires : 5eActe 

Idée d’animation de séminaire d’entreprise dynamisant n°12 : Jeux en immersion 3D

Animations personnalisées possibles, jeux en équipes ou en solitaire

Activité de groupe pour un séminaire incentive n°13 : Théâtre immersif

Activités extrêmes

L’organisation d’un séminaire autour des sensations fortes pour apprendre à dépasser ses limites :

Activité de team building originale n°14 : Spéléologie

Team challenge pour un évènement professionnel n°15 : Tyrolienne géante et accrobranche

Team challenge pour un séminaire de dingue n°16 : Saut en parachute

Activité amusante n°17 : Saut à l’élastique

Activités dans les airs

Animation d’un séminaire de team building avec des activités aériennes pour prendre de la hauteur en équipe :

Team building de groupe n°18 : Montgolfière

Séminaire incentive original n°19 : Pratique du drone

Activité de groupe originale n°20 : Astronomie

Activités des temps anciens pour redonner le sens du beau

Des idées d’animation séminaire vivant autour d’activités traditionnelles pour découvrir des sports, pratiques et des savoir-faire ancestraux. Pour les consultants, les managers, les dirigeants, les commerciaux… apprendre à « viser juste » !

Occupation des équipes n°21 : Tir à l’arc et arbalète

Motivation du personnel lors d’une journée d’étude n°22 : Escrime

Activité de groupe originale n°23 : Fauconnerie et spectacle vivant

Activités récréatives et vivantes plutôt haut de gamme

Quelques idées d’animation séminaire toute simples et récréatives pour s’amuser et se divertir en groupe. Elles sont aussi un excellente moyen de féliciter ou motiver [SdM8] les bons commerciaux :

Activité de groupe n°24 : Course en voiture de collection ou en hélicoptère

Animations de groupe n°25 : Jeux traditionnels

Jeux de paume, crocket, échecs…

Activité de groupe insolite n°26 : Cours de danse historique

Valse, claquette, twist… selon la taille de groupe et l’ambiance souhaitée

Activités instructives et visites

Occupation de séminaire professionnel autour de la visite pour s’instruire, visiter et s’élever ensemble autour du beau :

Activité entreprise originale n°27 : Conférence sur les liens entre l’art et l’entreprise

Activité de groupe idéale n°28 : Visites nocturnes pour les entreprises

Visite et dîner aux chandelles, découvertes des alcôves et autres lieux secrets du château…

Activité amusante en équipe n°29 : Visites animées

Spectacles privés dédiés aux groupes d’entreprise

Le château est un lieu idéal pour les spectacles privés. Cela permet de développer le sens du beau en équipe et d’admirer ensemble. Rien de mieux pour motiver des groupes de dirigeants, managers et opérationnels :

Activité simple et belle n°30 : Illuminations, son & lumière au château

Activité de groupe émotionnelle n°31 : Concert classique ou atypique !

Atelier art de vivre haut de gamme

Particulièrement adapté à la vie de château, quelques idées d’animation d’un séminaire incentive autour de l’art de vivre pour (ré-)apprendre les bonnes manières et développer la bienveillance dans les groupes :

Animation de groupe au château pour les managers n°32 : Atelier « savoir-vivre »

Séminaire d’équipe au château pour les équipes opérationnelles n°33 : Atelier « bonnes manières à table »

Activité de détente pure et de bien-être dans un château haut de gamme

Idées d’organisation de séminaire professionnel autour du bien-être pour se détendre, se reposer et améliorer sa concentration, cela n’est pas réservé aux dirigeants !

Activité de groupe possibles n°34 : Spa & massage au château

Exercices de team building au vert n°35 : Cours de sport détente (yoga, pilate)

Idée d’activité improbable pour un séminaire incentive n°36 : Méditation en présence d’un maître en méditation

Apprentissage de la méditation et de la concentration avec un maître.

Et parce qu’on ne veut pas vous laisser là… voici en vrac quelques autres idées d’animation pour vos soirées professionnelles :

Animation de groupe originale n°37 : le bus musical

Cours de mix, bus DJ, installation musicale en intérieur ou en extérieur : cela plaira tout autant à vos consultants, génération Y, qu’à vos managers !

Animation amusante entre collègue n°38 : le bar à cocktail ambulant

Animation pour les équipes internationales n°39 : Bus à dégustation de vins

Activité de groupe originale pour les entreprises n°40 : Animations GIF, vidéo et photo

Team building sensoriel n°41 : Blind-test dégustatif en entreprise

Team building musical original n°42 : Test à l’aveugle / Blind-test musical

Activité de groupe originale n°43 : Animation de cocktails gratuits

Présence de faux serveurs, magiciens, acteurs, d’animateurs de soirée compétente…

Activité de groupe originale n°44 : Jeu de culture générale / le Castle Buzz’

Activité de groupe dans un château originale n°45 : Soirée entièrement déguisée

Notre brochure récapitule tout ! Catalogue animations château

Sinon, vous trouverez ici des techniques d’organisation de team building pour ne pas rater un séminaire château.

Château ou hôtel de charme pour votre séminaire ? Hephata vous donne la liste des avantages et des inconvénients pour vous aider à choisir !

Les châteaux et les hôtels sont gérés différemment et ne répondent pas aux mêmes normes d’accueil, même s’il existe des « châteaux-hôtels » qui répondent aux normes hôtelières 4 étoiles. Dans cet article vous trouverez les chaines hôtelières spécialisées dans les châteaux ainsi que les labels certifiants le standards des châteaux qui vous reçoivent…

Aussi, lorsque vous aurez à choisir entre le gîte non classé d’une chartreuse du XIIème siècle géré par une famille professionnalisée ou un hôtel du XXIème siècle 4 étoiles (****), vous saurez que le standard peut y être équivalent. Bien souvent, le niveau de standard entre un simple château classé Monument Historique et un hôtel 4 ou 5 étoiles peut être comparé. Pour ne pas s’y tromper, suivez le guide !

Si vous souhaitez plutôt vous concentrer sur l’organisation, vous trouverez le guide complet : Guide pour l’organisation du meilleur séminaire de France (lien F).

Pour choisir entre un château simple et un hôtel de charme, il faudra donc vérifier :

  • La composition des salles du château, du domaine, gîte attenant (voire du camping de luxe) ou de l’hôtel de charme
  • Les équipements et les petits « à côté »
  • La flexibilité des équipes qui vous accueillent dans le choix de votre organisation
  • La distance avec les villes (critère qui doit réellement compter dans la prise de décision)

La composition des salles du château ou de l’hôtel de charme

Idéalement, le château ou ses dépendances (gîtes, orangerie, ferme attenante, domaine…) doit comporter des espaces précis. Il en est de même pour les hôtels de charme spécialisés dans l’accueil de séminaire :

  • Petites salles de com’ (salles de commission ou salle de réunion) pour 10 à 12 personnes,
  • Plus grandes salles de type amphithéâtre pour 50 à 500 personnes,
  • Salons, bibliothèques, salles de jeux ou espaces de partage (avec baby-foot, jeux de société…),
  • Un espace cuisine ou mini-bar en accès libre,
  • Des terrasses en extérieur pour les pauses
  • Des chambres évidemment. Pour un séminaire de type team buidling, favoriser des chambres partagées ou des chambres duo. Pour les séminaires de type comité de direction, privilégier des chambres Single.

Les équipements et les petits « à côté » des séminaires dans des châteaux de famille indépendants

Le château doit permettre l’organisation de séminaire avec un contenu riche ! Il suppose des infrastructures et des équipements variés pour des soirées de type pool party, barbecue party, bubble party, soirées déguisées, soirées de karaoké…

Avoir une piscine ou un espace aquatique, une salle de sport, un terrain de tennis ou de foot sont essentiels pour favoriser le dynamisme et la motivation des équipes.

Quant aux espaces potagers, étangs pour la pêche, forêts avec tyroliennes, ils sont importants pour créer des journées de détente en équipe. Le restaurant ou une cuisine équipée avec une mise à disposition de paniers repas, laissant les organisateurs du séminaire plus libres, favorise des moments de convivialité entre les membres.

La flexibilité laissée par les gestionnaires de l’hôtel

Chez Hôtel Très Particuliers, Les Grandes Etapes ou Châteauform’ la flexibilité peut être de mise ! Mais il existe aussi des châteaux en Ile-de-France, près de Paris, autour de Lyon, proche de Bordeaux ou d’autres grandes villes, qui permettent la création de team building incentive parfaits, de façon plus libre.

Pour un séminaire résidentiel en Ile de France, des locations de châteaux exclusifs, où vos équipes seront seules, sont possibles et favoriseront parfois l’organisation de séminaires bien plus hallucinants que ceux que l’on pourrait rêver à côté du château de Chantilly !

La distance idéale avec les grandes villes : Paris, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Marseille

Que vous soyez proche de Lyon, près de Paris, à Strasbourg ou à Marseille, les points logistiques à vérifier sont :

  • La proximité avec un aéroport ou une gare TGV (une distance entre 2h et 3h pour un séminaire de plus de 2 jours est largement envisageable)
  • L’accessibilité en voiture, la distance entre l’aéroport ou la gare TGV la plus proche doit être de maximum 20 minutes, car il faut permettre à d’éventuels intervenants de se joindre à vous pour 3 heures
  • La location d’une voiture, d’un car ou d’un minibus pourra être recommandée
  • Les autres infrastructures présentes dans le département ou la région pourrons avoir un impact sur l’organisation d’un séminaire incroyable !

Un espace naturel, au vert ou en ville, haut de gamme, avec une variété de salles qui répond à toutes ces contraintes… ça se trouve !

Pour un séminaire Ile de France, nous vous proposons une liste originale et plutôt confidentielle : TOP 15 des châteaux en Ile-de-France pour un évènement d’affaires (lien J).

La notoriété du château et les avis

Organiser le meilleur séminaire résidentiel de France dans un château connu peut avoir un effet de motivation supplémentaire pour les équipes et peut favoriser la création d’incentive puissante ! Il y a en effet un fort effet d’appropriation des lieux, d’identification qui contribue à enrichir les équipes.

Comparaison des avantages et inconvénients entre un

château et un hôtel de charme

Pour rappel le lieu idéal répond aux objectifs de l’entreprise, au nombre de personnes et au budget. A priori il est naturel, authentique, avec des espaces au vert. Il permet de se retrouver en équipe de façon simple et joyeuse. Le lieu doit favoriser l’accueil d’activités incentive, de travail ou de bien-être.

Les avantages des châteaux indépendants :

  • La quasi garantie d’être dans des lieux authentique, « dans leur jus »
  • La quasi certitude d’avoir le lieu pour soi
  • L’opportunité de rencontrer des personnes passionnées et engagées qui risquent d’avoir un bel effet sur vos invités
  • L’occasion de soutenir le patrimoine historique par un acte volontaire
  • La grande flexibilité des propriétaires dans leur accueil qui permet une organisation libre

Les inconvénients d’organiser son séminaire dans des châteaux indépendants :

  • L’absence de certitude de trouver un propriétaire professionnel de l’accueil des entreprises
  • Le risque potentiel d’un confort incertain sur les lieux non visités au préalable
  • Des problématiques de chauffage quand vient l’hiver

Les avantages de l’organisation d’un évènement dans un hôtel de charme :

  • La gestion « clé-en-main » des propositions
  • Une prestation globale
  • La variété des offres possible (chambre simple, duo ou plus)
  • Un accueil professionnel certifié

Les inconvénients des hôtels de charme :

  • Une prestation moins flexible et parfois moins authentique et simple
  • La présence d’autres clients sur place, avec une intimité diminuée

Pour en savoir plus sur les hôtels installés dans des châteaux ou les châteaux organisés comme des hôtels de charme sans en être, n’hésitez pas à contacter notre équipe.

Pour aller plus loin

TOP 15 des lieux en IDF pour un séminaire au vert

TOP 5 des journées au vert pour un séminaire

Les chantiers participatifs au service du patrimoine

Vous devez choyer et respecter tous les membres de votre entreprise ! Ils le méritent. Cet article vous donne quelques clés logistiques pour organiser au mieux votre séminaire au vert dans un château. Il s’adresse aux office managers et directeurs qui souhaitent organiser un séminaire résidentiel disruptif, utile et efficace dans un château !

Organiser un séminaire dans un château permet de valoriser vos équipes et de leur montrer que vous tenez à eux. Un lieu grandiose favorise fortement ce sentiment auprès de vos collaborateurs, quels qu’ils soient (managers, consultants, commerciaux, responsables de branche, etc.).

Attention, pour l’organisation A-à-Z d’un séminaire résidentiel, Hephata vous conseille de lire Organiser le meilleur séminaire de France dans un château.

L’enjeu ? Une logistique bien rodée favorise la réalisation des quatre objectifs de votre séminaire résidentiel ou de votre journée d’étude au vert : – La motivation du personnel à travers un retour au beau, à la nature, à l’authentique – La cohésion des équipes à travers des idées d’activités de team building qui élèventL’adhésion au projet de l’entreprise à travers une communication et un choix de château cohérent – L’efficacité du travail lors d’une journée au vert avec un programme adapté au rythme de la nature…

La logistique pour motiver ses équipes à travers un retour au beau, au naturel et à l’authentique

Organiser un séminaire résidentiel ou une journée d’étude au vert dans un château offre un cadre attrayant et simple. D’un point de vue logistique cela suppose de respecter un certain nombre de règles. Tout d’abord, il faut choisir de bonnes conditions. Se rendre dans un lieu éloigné du bureau implique que le lieu soit facilement accessible (gare, aéroport, axe routier…). En outre, il ne doit pas être trop éloigné du lieu de travail : maximum 1h30 pour une journée d’étude et 3h30 pour un séminaire résidentiel de deux jours ou plus.

Ensuite, pour un effet « wahou » immédiat, l’environnement naturel compte beaucoup. Un château visible dès l’arrivée, qui côtoie une végétation foisonnante et un parc libre d’accès, fera forcément l’affaire.

En outre, donner aux équipes le sentiment d’être choyé est fondamental. Ce sentiment passe par un service d’accueil irréprochable. Le mieux est qu’il soit réalisé par le propriétaire du château qui prendra le soin d’expliquer l’histoire des lieux, la dimension esthétique et architecturale des bâtiments, des jardins et du mobilier.

Les espaces lumineux, beaux et inspirants doivent rester parfaitement équipés. Préférer des salles de travail et de réunion bien décorées (peintures, tableaux…) et éclairées par la lumière naturelle. Il faudra aussi veiller à la présence d’équipements parfaitement fonctionnels (paperboard, chaises tablettes, tables, rétroprojecteurs, écran, post-it, stylo, feuille, imprimante…). Le mobilier doit facilement s’adapter à la mise en place de petits groupes ou de conférences en plénière.

Enfin, le choix des lieux de repos qui suscitent un sentiment de paix implique la mise à disposition de chambres totalement équipées, avec vue sur le domaine, et si possible un petit cadeau d’accueil du château.

La cohésion des équipes à travers des idées de jeux de team building qui élèvent les participants

Élever vos équipes et motiver le personnel passe par des jeux de team building vivants, adaptés et valorisants. D’un point de vue logistique il faut expliquer vos choix d’activités en amont pour donner du sens : les équipes sont sensibles à l’engagement sociétal, solidaire ou auprès de projet qui les dépassent. Créer l’émulation est donc particulièrement facile dans le cadre de projets collectifs sociaux ou engagés auprès d’un but commun. Cela est possible pour n’importe quelle activité qui est bien présentée !

En outre, il est nécessaire de préparer des activités courtes pour valoriser vos équipes : choisir des activités autour de la découverte de savoir-faire, de l’admiration du beau, de l’apprentissage de nouvelles pratiques (sciences, art, culture…). Ne choisissez pas des activités qui ne servent pas directement l’élévation de vos équipes. Ils sont là parce qu’ils y sont obligés, vous devez leur offrir le meilleur pour les valoriser.

Enfin, il ne faut pas hésiter à intégrer dans son programme un temps pour favoriser le retour aux sources : travailler au vert ou au bureau, quelle différence ? Pour les équipes, la seule et unique, c’est d’être dans un environnement pur, frais, bucolique… proposez des temps en extérieur, des temps où le contact avec la nature est réel.

Pour s’inspirer, vous trouverez le TOP 50 des idées de team building qui détonnent (lien P).

L’adhésion au projet de l’entreprise à travers une communication et un choix de château cohérent avec les enjeux du séminaire

Le séminaire résidentiel ou la journée d’étude sont des moments particulièrement propices pour véhiculer des valeurs. Organiser son séminaire au vert nécessite de préparer un document de présentation du séminaire. Il devra inclure le programme de la journée d’étude. Pourquoi pas y intégrer un descriptif du château. Petit conseil : réserver un temps, avant un repas par exemple, pour remercier les équipes de leur présence. Ce sera d’ailleurs l’occasion de rappeler les valeurs, les objectifs ou la stratégie de l’entreprise. Raconter ensuite une histoire autour du lieu choisi peut être une opportunité à saisir pour inspirer ses équipes. Cela permet à vos équipes de mieux vous connaître et de se laisser guider par vous, avec plus de confiance.

L’efficacité du travail lors d’une journée au vert avec un programme adapté au rythme de la nature…

Un programme de travail au château devrait – a priori – être le même qu’ailleurs. Mais pour insister sur les aspects détente et efficace, il ne faut pas hésiter à transformer ses habitudes. Qu’il est bon et sain de vivre au rythme de la nature !

Efficacité garantie : – Lever des équipes à l’heure où chante le coq, vers 6h30, suivi d’une balade silencieuse dans le domaine pour admirer la rosée du matin – Retour vers 7h30 pour un petit-déjeuner de prince – Début du travail à 8h (les empereurs commençaient à 6h…) alterné de pauses – Déjeuner à 12h, au restaurant ou non, avec les produits de saison suivi d’une courte sieste dans des lieux de repos – Reprise du travail à 13h30 alterné de pauses et d’un moment plus sportif ou culturel

Pour la meilleure journée détente d’entreprise, voici les recommandations : – Lever à 8h30 – Petit-déjeuner à 9h – Session de visite, grand jeux, jeux de drone à 10h – Pause à 11h – Repas (panier, traiteur, buffet ou restaurant) ou atelier culinaire à 13h – Jeux immersifs à 14h30 – Pause à 16h30 – Session de conférence à 17h – Temps partagés ou de détente à 19h – Diner assis à 20h – Cluedo / Murder Party / Théâtre immersif dès 22h – Soirée arrosée jusqu’au bout de la nuit avec open-bar

Une bonne programmation évènementielle pour organiser son séminaire au vert ne s’arrête pas là. Tenir compte des besoins de chaque collaborateur est important. Aussi, établir des horaires à ne pas dépasser est important. Il convient également de sélectionner les restaurants ou le traiteur, en amont de la journée. Prévoir des plats de substitution en fonction des allergies et des spécificités alimentaires est d’ailleurs incontournable. Enfin, il ne faut pas oublier de déterminer la taille des sous-groupes (nombre de personnes) à l’avance. Choisir des temps de réunion adaptés aux horaires habituels de travail est donc une clé de réussite.

Pour en savoir plus sur le TOP 15 des châteaux dédiés au séminaire résidentiel en Ile de France (IDF)(lien J).

A vous de jouer !

Pour aller plus loin

Les chantiers participatifs au service du patrimoine

45 idées d’animations et d’activités de séminaire incentive

Château ou hôtel de charme pour votre séminaire ?

Châteaux et hôtels particuliers : TOP 15 des lieux en IDF pour un séminaire au vert

Pour l’organisation d’un séminaire résidentiel dans un hôtel de charme ou un manoir, nous vous conseillons de lire Organiser le meilleur séminaire de France dans un château (lien F).

Proches de Paris ou d’un aéroport, tenus par des familles de particuliers professionnels, notre sélection s’organise pour répondre aux 5 enjeux de rencontre entre collaborateurs.

Il existe en Ile-de-France des sites historiques, notamment des châteaux, parfaitement adaptés pour des réunions ou des séminaires résidentiels : équipés, intimes, haut de gamme, avec service et pause illimités, tout comme Châteauform’ mais en différent. Ces manoirs, hôtels particuliers, relais de chasse, hôtels de charme sont nombreux, mais pas toujours bien référencés.

Ici on proposera 15 châteaux et hôtels particuliers en Ile-de-France pour des séminaires réussis :

– Les domaines exclusifs autour de Paris pour les comités d’entreprise en petit groupe dans un cadre naturel

– Les châteaux en Ile-de-France pour les séminaires incentive authentiques au vert non loin de la capitale

– Les hôtels de charme pour un séminaire résidentiel en IDF pour plus de 50 personnes

– Les hôtels particuliers dans Paris ou à 30 minutes du bureau pour les séminaires d’une journée et demie

– Les manoirs confidentiels près de Paris, pour les séminaires incentive commerciaux

Châteaux en Ile-de-France et châteaux exclusifs autour de Paris pour les comités d’entreprise

Particulièrement pertinente pour les rencontres en petit groupe dans un cadre naturel, cette sélection conviendra à l’organisation de votre séminaire ou votre conseil d’administration délocalisé :

Le Château de Guiry-en-Vexin en IDF

De style classique, le château comporte un étage et une mansarde. Très sobre, il se distingue par l’harmonie des proportions et des rapports de masses, et de la rigueur géométrique de son plan. Cas rare dans l’histoire, le domaine reste dans la même famille depuis treize siècles.

Voir le château de Guiry en Vexin 

Le Château de la Cour Senlisse en Ile de France

Les chambres et salles disponibles encadrent la cour. Les pieds dans l’eau, serti d’un grand parc, le domaine propose un cadre privilégié et poétique pour les réunions de travail intense ou le partage d’équipe.

Lien vers le Château de la Cour Senlisse

Le château de Courances

Aussi situé en Ile de France, au sein d’un domaine aux activités multiples et haut de gamme – polo, potager participatif, parc naturel foisonnant… – les comités de direction délocalisés prennent une nouvelle saveur…

Lien vers le Château de Courances

Les châteaux authentiques près de Paris pour les séminaires incentive au vert

Les hôtels de charme dédiés au séminaire résidentiel et au team building en région parisienne : ça existe ! Cette sélection est plutôt adressée aux séminaires de travail ou thématisés pour les équipes commerciales, de consultants ou pour les managers.

La qualité de votre séminaire repose sur l’expérience vécue sur place. Voici quelques lieux pour alimenter votre évènement d’un lieu où les pierres parlent encore !

Château de Longchamps aux portes de Paris dans le parc de Boulogne

Un cadre privilégié pour les rencontres en grand comité, les séminaires à Paris.

Lien vers le château de Longchamps

Château de Vaugien en IDF

Familial, lieu de tournage, le cadre est idéal pour les séminaires incentive et résidentiels pour la motivation du personnel ou la stimulation de l’imagination entre collègue.

Lien vers le Château de Vaugien

Château de Millemont à 45 minutes de Paris

Pour les séminaires résidentiels qui donnent du sens, des salons aménagés, des granges, un moulin, tout l’espace du parc disponible, plus particulièrement pour des séminaires solidaires.

Lien vers un article sur l’engagement du Château de Millemont

Pour des idées d’animations ou d’activités, trouver 50 idées d’exercices de team building originaux et d’activités de groupe pour un séminaire réussi au château ! (lien P)

Les hôtels de charme pour séminaire résidentiel en Ile de France pour 30 personnes à plus de 100 personnes

L’organisation d’un séminaire résidentiel dans un château avec plus de 30 personnes est un challenge ! Pouvoir rester authentique et simple, offrir un service optimal pour ses collaborateurs tout en ayant le nombre de chambre suffisant, c’est le cas de ces 3 lieux pour les gros séminaires. Calme, luxe et détente assurés :

Domaine de Grand’Maison pour 30 personnes

Propice au dépaysement, ce lieu de charme propose des salles de commission et sous-commission parfaitement équipées ainsi qu’un standard hôtelier vraiment agréable. Des chambres single à disposition.

Lien vers le Domaine de Grand’Maison

Château de Villiers le Mahieu et ses maisons de campagnes jusqu’à 93 personnes

Le château indépendant, proche du concept châteauform’ offre autant de services et de pauses illimités, que de salles de sous-commission et d’amphithéâtre équipés.

Lien vers le Château de Villiers le Mahieu

Château de Clairefontaine, le château des bleus pour des séminaires incentives de plus de 100 personnes

Le château de la Fédération Française de Football est un site particulièrement propice aux rencontres d’entreprises et team building sportif. Toutes les gammes sont autorisées.

Lien vers le Château de Clairefontaine

Les hôtels particuliers dans Paris ou les châteaux proche Paris pour les séminaires d’une journée

Pour faire vivre une expérience à vos équipes, travailler la motivation des employés ou simplement : se réunir au vert dans un lieu beau est préférable. Voici nos conseils :

Le Particulier pour la confidence

Lieu exclusif et confidentiel, cet hôtel niché en haut des collines de Montmartre offre un cadre exceptionnel pour l’organisation de séminaires raffinés.

Lien vers l’Hôtel Particulier 

Le jardin des hôtels de Varengeville et de Gournay en plein 6e arrondissement de Paris

Lien vers Les hôtels du 6e

Le château de la Chesnais pour la cave en Ile de France

Salle de réunion authentique dans les caves ou les salons, la réservation de tout un étage avec un accès au jardin est idéale pour une journée d’étude au vert.

Lien vers le Château de la Chesnaie

Les châteaux confidentiels près de Paris, pour les séminaires commerciaux incentive 

Le château du Maréchal de Saxe, tenu par le groupe Les Hôtels Particuliers

Lien vers le château du Maréchal de Saxe

Le château de Fleury-en-Forêt, idéal pour l’organisation d’évènements professionnels

Réservé à des petits groupes pour la nuit, mais à plus de monde pour la journée, profitez d’un cadre particulièrement exceptionnel ! Le château de Fleury-en-Bière peut aussi attirer votre attention !

Lien vers le Château de Fleury-en-Forêt

Les Vaux de Cernay qui appartient au mini-groupe hôtelier Savry, Les hôtels particuliers

Lien vers l’Abbaye des Vaux de Cernay

Pour avoir d’autres idées de lieux pour organiser votre séminaire, de votre évènement professionnel idéal ou journée d’étude au vert : contactez-nous ! (lien contact)

Hephata trouve le manoir, l’hôtel particulier ou la salle de réunion (galerie d’art, théâtre, caves voutées, bibliothèque, salon particulier…) qu’il vous faut !

Pour aller plus loin

Château ou hôtel de charme pour votre séminaire ?

45 idées d’animations et d’activités de séminaire incentive

La méthode pour organiser un séminaire au vert responsable

Quelle méthode pour organiser un séminaire au vert responsable ? Rien de plus facile, à condition d’être rigoureux.

Dans ce guide, Hephata vous propose les étapes à suivre pour l’organisation de votre meilleur séminaire d’entreprise. Une méthode inspirée des techniques des entreprises « best place to work ». Si vous cherchez simplement l’inspiration pour motiver le personnel, les équipes opérationnelles, vos consultants ou vos managers, voici 50 idées d’exercices de team building originaux pour un séminaire idéal ! À pratiquer au vert ou en ville.

Cocktail de fin de séminaire au vert, dans Paris !

Il existe un débat concernant l’organisation d’un séminaire inspirant. Faut-il d’abord déterminer avec précision le contenu et les contraintes de son évènement (composition de mes équipes, nombre de personnes, objectifs à atteindre, activités de team buiding spécifiques, activités innovantes ou plus traditionnelles…) et adapter le lieu ? Ou bien, faut-il commencer par identifier le lieu idéal selon ses contraintes spécifiques (taille du groupe, budget, logistique, distance, accessibilité, proximité des bureaux…) et organiser le contenu de son séminaire en fonction ?

Compte tenu de la variété des séminaires, force est de constater que c’est le lieu qui détermine le type de contenu. C’est notamment vrai parce que les activités de team buidling ou de séminaire peuvent s’adapter aux lieux, alors que le contraire est rarement vrai.

Les Quatre Règles à suivre pour organiser le séminaire idéal dans un château :

Tout organisateur de séminaire, et plus largement d’évènement d’entreprise, doit savoir aborder ces quatre règles pour ne rien oublier :

Trouver le lieu idéal pour recevoir un séminaire d’entreprise grand ou petit

– Visiter le château idéal de votre séminaire résidentiel ou de votre journée d’étude

– Etablir un programme logistique et l’emploi du temps du séminaire

– Avoir des idées de contenus innovants pour un séminaire incentive

– Comment trouver le lieu idéal pour le meilleur séminaire de votre catégorie ?

Pour vous aider spécifiquement sur cette partie, nous avons construit la liste des TOP 15 des châteaux en Ile-de-France pour un évènement d’affaires (lien J).

Sinon, voici nos recommandations !

Choisir des lieux beaux, équipés, correspondant à votre budget

Le séminaire idéal a lieu dans un espace équipé, beau, inspirant, naturel, authentique où de nombreuses activités différentes peuvent avoir lieu (journée de travail, team building, journée détente, activités de groupe, soirée ou gala d’entreprise…).

Les monuments historiques, protégés ou non, s’y prêtent particulièrement bien car ils ont été conçus pour accueillir, loger et recevoir de nombreuses personnes en même temps. Les châteaux, manoirs, abbayes, gentilhommières, maisons de maître, grands hôtels, belles demeures, palais, hôtels particuliers… sont autant de lieux au service de l’apprentissage, de l’inspiration, du travail, de la nature, du bien-être, de la vie en groupe, et des fêtes.

Aussi, l’organisation du séminaire est particulièrement idyllique dans un site historique, propice au développement de l’esprit d’équipe et à l’organisation d’activités variées.

L’intérêt de choisir un château ou un site historique

Pour cela, il est intéressant de regarder les caractéristiques des différents châteaux. Nos recommandations pour trouver le château hôtel idéal :

– Choisir un cadre au vert, avec un grand parc de plusieurs hectares ;

– Sélectionner un parc avec idéalement différents espaces naturels, culturels ou sportifs pour que les équipes puissent s’y détendre ;

– Identifier un château dont le nombre de chambre variera en fonction du nombre de personnes et aussi de l’objectif de votre séminaire ;

– Retenir le domaine le plus authentique possible, « dans son jus ».

Quelle gamme choisir pour le meilleur des séminaires ?

Pour l’organisation d’un séminaire dans un château hôtel, le niveau de gamme peut être variable. La variété de châteaux royaux et d’hôtels permet de créer un séminaire prestigieux, haut de gamme, ou plus simple, rustique, avec des prix adaptés.

Pour trouver des lieux nouveaux, confidentiels ou des salles équipées à Paris, en ville ou au vert à des prix abordables, permettant de travailler la motivation des équipes, regardez Bedouk ou Kactus ou faites appel à Hephata, spécialisé dans l’organisation d’évènement d’entreprise dans les châteaux !

Maintenant, passons aux aspects techniques !

La liste de ce qu’il faut trouver dans le château idéal de séminaire, partout en France

Pour organiser le séminaire idéal, rien ne doit être laissé au hasard. En outre, et pour rappel, le lieu idéal répond aux objectifs de l’entreprise, aux contraintes de taille et de budget. A priori, il est donc naturel, authentique, atypique et dispose d’espaces de verdure. Il permet aussi de se retrouver en équipe de façon simple et chaleureuse. Le lieu doit également favoriser l’accueil d’activités incentive, le travail, la convivialité ou le bien-être.

Pourtant, il convient de s’assurer de :

La composition des salles du château hôtel et la présence de salles de sous-commission, de chambres, d’amphithéâtres, d’une cuisine, d’un restaurant…

La composition du domaine du séminaire et les équipements. Le château doit permettre l’organisation d’un séminaire avec un contenu riche !

– La flexibilité laissée par les gestionnaires du site est très importante ! Faire une pause récréative dans un hôtel à l’heure de votre choix n’est pas toujours possible, alors qu’elle est généralement complètement libre dans un château tenu par une famille.

La distance idéale avec les villes de Paris, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Marseille, Lille, Nantes ou Toulouse. Ainsi, que vous soyez proche de Lyon, près de Paris, à Strasbourg ou Marseille, vous devez absolument contrôler les points d’entrée logistiques (aéroport, gare TGV la plus proche, accessibilité en voiture…)

La notoriété du château et les avis. L’organisation d’un séminaire dans un château est connue pour avoir un effet de motivation supplémentaire pour les équipes car il y a un fort effet « wahou », force l’admiration, permet de s’approprier les lieux et de s’identifier à l’histoire, ce qui contribue à enrichir l’expérience vécue par l’équipe.

La logistique et la programmation d’un séminaire résidentiel bien rôdé

Commencer par lister les enjeux de votre séminaire d’entreprise

Avant toute chose il convient de lister les enjeux du meilleur séminaire pour votre entreprise. Parmi eux, les organisateurs évènementiels retrouvent le plus souvent :

Motiver des équipes et lutter contre le turn-over. Habituellement organisés à l’initiative des dirigeants, des managers, de l’happiness officer, de l’office manager ou de la direction des Ressources Humaines ;

– Donner du sens au travail et lutter contre le « bore out ». Habituellement organisés à l’initiative des dirigeants, de l’happiness officer, des directions des Ressources Humaines ou de la Communication ;

– Rassembler autour d’un projet commun, pour annoncer des résultats, construire ou partager sur son travail. Généralement organisés à l’initiative de la direction de la Communication ou des responsables commerciaux ;

– Elaborer des stratégies et trouver l’inspiration sur des projets complexes, augmenter la performance. Souvent organisés à l’initiative des dirigeants, administrateurs ou responsables commerciaux ;

Détendre, reposer, favoriser le ressourcement. Souvent organisés à l’initiative des collaborateurs.

A ce sujet, Hephata a conçu des packs séminaires très spécifiques qui pourront vous aider en fonction de la composition de vos équipes, de la personnalité des collaborateurs et des enjeux de votre entreprise.

Etablir une programmation parfaite pour le séminaire au château !

Nous vous recommandons d’établir un programme précis du séminaire avec des activités de team building adaptées. C’est d’ailleurs un moyen simple et efficace qui ne dépend pas du budget et qui contribue fortement à créer la cohésion et avoir un impact positif sur les équipes.

Pour l’organisation du séminaire, il est recommandé de noter précisément les tranches horaires et de travailler par journée ou demi-journée votre programmation avec des séquences de 15 minutes, 30 minutes, 1h, 1h30 ou 2h.

Varier les activités est le maître-mot du meilleur séminaire de France : ne l’oubliez pas ! Si vous emmenez vos équipes au vert, c’est bien pour sortir du quotidien afin d’offrir les conditions essentielles à créer du lien, de la cohésion, de la nouveauté…

Pour la meilleure journée d’étude d’entreprise, vous trouverez ici une proposition de programmes variés : des astuces pour l’organisation d’un séminaire complet (lien M).

Sinon, vous pouvez vous inspirez du programme traditionnel :

– Petit-déjeuner à 8h

– Session de travail, de formation ou conférence à 9h

– Pause à 11h

– Session atelier, partage d’équipe, détente sportive à 11h30

– Repas (panier, traiteur, buffet ou restaurant) à 13h

– Workshop, session collaborative à 14h30

– Pause à 16h30

– Session de conférence ou animation à 17h

– Temps partagés ou de détente à 19h

– Dîner assis à 20h

– Soirée débat, jeux de société ou libre dès 22h

Tous ces éléments peuvent sembler compliqués mais il faut vraiment en tenir compte lorsqu’on est responsable de l’organisation d’un séminaire. Que l’on soit happiness officer, manager, dirigeant ou responsable de communication ou commercial, il faut être aussi rigoureux que les organisateurs évènementiel et les agences de communication.

Enfin, il faudra être tout aussi inventif pour proposer des idées de team building, des jeux d’entreprise, des idées de sorties, des animations de soirée, bref, du contenu riche et varié pour votre séminaire…

Quelques idées d’activités pour le meilleur séminaireincentive de France !

Créer l’émotion, un évènement d’entreprise beau, excitant, sensoriel, joyeux qui apporte du bonheur à vos équipes, ça se travaille en profondeur.

Choisir l’ambiance qui fera de votre évènement d’entreprise le meilleur !

Des moments vivants, animés, paisibles, détendus, heureux, inspirés, dynamiques, compétitifs, pensifs…. Quelle ambiance souhaitez-vous créer ? N’hésitez pas à profiter du château pour créer des ambiances féériques, insolites, mémorables !

Toute activité, tout équipement, toute animation devra dépendre de cette dynamique que vous souhaitez créer pour vos collaborateurs.

Une suggestion : lister les émotions que vous souhaitez faire ressentir à vos équipes. De là, découleront les idées d’expériences.

Les expériences idéales et les jeux pour souder les équipes

L’organisation d’un séminaire au château avec des animations variées ne suppose absolument pas un budget plus important !

Les propriétaires de châteaux et gestionnaires d’hôtel ont en effet souvent à cœur d’adapter leurs budgets pour répondre le mieux à vos espérances. Vous trouverez ici des techniques d’organisation de séminaire construites en lien avec des propriétaires de châteaux ouverts aux séminaires.

Focus sur les séminaires de sales team réussis

Lorsqu’il s’agit de convention, de sales convention, de motivation des équipes commerciales de façon générale, des activités de formation doivent alterner avec des activités ludiques d’entrainement à la joute commerciale.

En outre, les activités de groupe, les jeux et les animations à fort impact émotionnel et sensoriel contribuent à améliorer la performance des équipes.

Le team building au château, créateur de sens !

Organiser des réunions de travail au vert, dans un domaine naturel n’est pas anodin ! En plus d’être originales, les activités développées dans un cadre exceptionnellement beau favorisent la bonne entente. Elles contribuent à apporter un sentiment de bonheur.

Ainsi, donner du sens se fait encore plus aisément dans un lieu qui a du style, de la grandeur et… des besoins. Le patrimoine historique présente l’avantage de devoir être choyé, restauré. L’implication des équipes peut donc en être un team challenge intéressant.

Bref, à vous de jouer !

Pour aller plus loin

TOP 15 des lieux en IDF pour un séminaire au vert

TOP 5 des journées au vert pour un séminaire

45 idées d’animations et d’activités de séminaire incentive

La couronne de la France, c’est son Patrimoine. Cette métaphore royale est, et sera toujours d’actualité, tant que les monuments historiques français seront conservés. Mais quels sont les enjeux de la sauvegarde du patrimoine français ?

Les joyaux de cette couronne nous les connaissons bien, ce sont les châteaux de Versailles, de Chambord, de Vaux-le-Vicomte, de Fontainebleau… ils sont gros, ils sont beaux, ils sont éclatants. Ils scintillent même jusque dans les yeux des chinois !

Mais ce qui fait l’éclat et la beauté de cette couronne, ce sont aussi tous ses petits brillants. Ces diamants de toutes tailles sont nos monuments historiques. Pour la plupart privés, ils sont répartis partout en France, et composent notre patrimoine. Aujourd’hui, notre couronne s’abime, car beaucoup de ces brillants se ternissent et finissent par tomber.

Des joyaux qui éblouissent et font oublier les autres, les stars du système…

100 monuments en France regroupent à eux seuls plus de 9,5 millions de visiteurs(Ministère de la Culture). Pour reprendre l’image de la couronne, ce qui saute aux yeux, ce sont les joyaux ! Ces pierres précieuses bénéficient d’une notoriété telle qu’elles rayonnent au delà de nos frontières. Ces fameux châteaux s’inscrivent alors dans un cercle vertueux : ils attirent, ils profitent, ils attirent, ils profitent…

C’est ce qu’on pourrait appeler le « star system » du patrimoine. Nos célèbres châteaux de la Loire, mais aussi celui de Versailles bénéficient d’un tourisme massif, ainsi que d’une image de marque qu’ils peuvent décliner.

Plus de 800 000 visites à Chambord en 2016, chiffres semblables à Chenonceau, et près de 4 millions de visiteurs pour le Château de Versailles. Les recettes sont là et les travaux de conservation et de valorisation sont possibles. C’est ainsi que Chambord a vu récemment éclore de superbes jardins à la française et que Vaux-le-Vicomte a pu magnifiquement restaurer ses plafonds ornés de peintures XVIIème. Ces étoiles du patrimoine architectural français brillent et nous pouvons en être fiers.

Ces chiffres pourraient faire fantasmer beaucoup de châteaux plus modestes… ou pas du tout. Le tourisme de masse a aussi ses inconvénients. On constate parfois une surexploitation touristique des lieux qui pourrait les mettre en péril. Ces monuments sont nécessairement altérés par le passage quotidien de centaines de personnes. Entretenir la Galerie des Glaces n’est pas une mince affaire. Il faut rester vigilant.

De plus, des alternatives au tourisme massif classique, existent. Ces moyens pourraient permettre de réaliser des recettes sans trop abimer les lieux. Le maître mot serait alors : rentabiliser, oui mais à condition de « préservaloriser ». Il en découle de véritables enjeux pour la sauvegarde du patrimoine français notamment privé !

Des brillants qui pâtissent, autant de « Monsieur et Madame Patrimoine » oubliés…

Et puis il y a les autres… les milliers de « petits » brillants. Si les « grands » monuments arrivent à s’en sortir car ils peuvent compter sur de nombreux mécènes ou sur une communication professionnelle pour rayonner, les « petits » châteaux sont victimes de leur isolement et de leur manque de notoriété.

La Demeure Historique recense près de 9000 châteaux, manoirs, abbayes et prieurés. Plus de 44 000 monuments sont protégés en France (Source : Mérimée).

De ces nombreuses demeures, nous n’en connaissons qu’un très faible pourcentage. Les milliers d’autres sont plus en marge… Certains sont ouverts au public quelques mois dans l’année, d’autres seulement aux Journées du Patrimoine, certains organisent des mariages/séminaires pour faire quelques recettes et puis, il y aussi ceux qui se cachent et ceux qui s’effritent en silence.

Si l’on regarde la carte de France, il n’y a pas une région, pas un département qui ne dispose pas d’au moins un monument. Si l’on regarde les chiffres, il y a plus de monuments classés que de communes en France, et ils ne sont pas tous classés ! C’est une chance pour nos territoires qui doivent prendre conscience des enjeux qui découlent de la sauvegarde de ce patrimoine français inestimable.

Toutefois, ce patrimoine architectural d’exception n’est pas homogène. Leur taille, leur style, leur notoriété différencient ces monuments. Mais, aujourd’hui, la distinction majeure s’opère au regard de leur état de conservation.

Ainsi beaucoup de propriétaires de monuments historiques, sont découragés face à l’ampleur des chantiers et le coût des travaux, bien qu’ils détiennent souvent de véritables bijoux. Le drame est tel que certains châteaux qui ont traversé des siècles, peuvent tomber en ruine en seulement deux générations. L’association Chefs d’œuvres en péril ou à l’abandon recense tous ces sites qui tombent en ruine ou sont dans l’oubli. Après les friches industrielles, sommes-nous déjà dans la friche patrimoniale ?

Par manque de moyens (humains, financiers, réseaux, idées..), de nombreux sites ne s’en sortent pas. Pourtant, des associations et fondations encouragent les battants du Patrimoine. Ainsi la Demeure Historique, les VMF, la Fondation du Patrimoine forment un accompagnement rassurant pour ces propriétaires marginalisés. Elles s’engagent aussi pour que la politique et les règlementations évoluent favorablement pour les monuments historiques.

Toutefois, le fossé qui sépare ces nombreux châteaux de ceux qui tirent leur épingle du jeu, est toujours profond. Ce constat est injuste.

Pour que la couronne tienne, il faut recréer un maillage cohérent et dense entre ces demeures !

Au nom de l’Histoire, au nom de la beauté architecturale et du potentiel non exploité, ces brillants de France méritent autant que les autres de retrouver leur éclat d’antan. Pour ce faire, les carcans traditionnels réglementaires et intellectuels qu’on attache aux monuments doivent nécessairement évoluer.

De même, le patrimoine monumental devra et pourra compter sur de nouveaux modes de financement, plus ouverts, plus « décomplexés ». L’exploitation de ces sites doit opérer elle aussi une profonde mutation et s’adapter au monde qui bouge.

Conclusion

 L’idée n’est pas de remplacer ces authentiques brillants par des pierres de synthèse. L’idée c’est de ne plus seulement les lustrer à la peau de chamois mais peut être bien de les exposer aux ultrasons…

Pour aller plus loin

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Stéphane Bern et le patrimoine : un duo de choc

La sauvegarde du patrimoine au service de l’homme

Sortir des activités hôtelières et culturelles dans un château : comment s’y prendre ?

Pierre, feuille… tourisme ou innovation ? Comment sortir du prisme des activités hôtelières et culturelles dans un château ?

Hephata invite à renouveler la façon d’utiliser les monuments historiques. Si cette méthode eut été appliquée, les passagers du Titanic eurent été sauvés !

En 2016, nous organisons un brainstorming à partir d’un cas concret situé en Seine-et-Marne. Il s’agit d’un manoir avec ses dépendances, son verger, son potager, et son jardin à la française. Des protections environnementales fortes. Les deux équipes doivent présenter un projet économique rentable et innovant.

Peut-on sortir des activités hôtelières et culturelles dans un château ? Etonnamment, elles proposent le développement d’activités ultra spécialisées et de long terme. Ce sont des activités au service des secteurs de la haute-technologie, du luxe et du conseil. Pour plus de détail, lire « Dessine-moi un château ».

Alors que la corrélation entre tourisme et patrimoine est réputée forte, nos participants ont l’air de penser autrement…

La corrélation entre tourisme et patrimoine est historique. Elle n’est pas obligatoire !

Les musées de la Renaissance étaient conçus dans l’objectif de faire mémoire et de favoriser l’apprentissage. La cohérence entre le contenant et le contenu était évidente et le reste aujourd’hui. Les musées tels que Versailles ou Jacquemart-André en sont des exemples éloquents : les visiteurs viennent autant pour les murs que pour les collections.

A partir du XVIIème, l’hôtellerie s’est progressivement associée au patrimoine d’histoire, qu’elle soit l’activité de particuliers, ou celle de chaines hôtelières telle que Hôtel & Patrimoine ou Maranatha. Le Ritz reste le parangon de cette alliance, abritant une clientèle aussi élégante et historique que, pardonnez la comparaison, ses pierres et son mobilier. De même, on peut y fêter les grands moments de l’existence. Ces lieux confèrent authenticité, protection et intimité aux évènements. L’âme des souvenirs.

Au XXème, le tourisme d’affaires de développe. Standardisées par Chateauform’ mais aussi développées par des particuliers, les offres proposées aux entreprises sont intrinsèquement liées aux caractéristiques des lieux : l’isolation et l’espace en font des sites hors-du-commun pour favoriser la prise de recul et travailler en équipe.

Challenges du 24 août 2017 « La folie des Châteaux » montre que presque rien n’a changé… Depuis la Renaissance à aujourd’hui : les monuments sont restés quasi-centrés sur ces fonctions historiques, traditionnelles.

Pourtant, si nombreux sont ceux qui (sur-)vivent du tourisme, rares sont ceux qui en vivent à l’instar de certains membres de la famille Guyot.

Renoncer à « faire du tourisme » c’est impossible ? Non, c’est ouvrir la porte à des activités mieux adaptées et respectueuses des lieux

Certes, les experts, le CMN, Culturespaces, Kleber-Rossillon ou encore la SOPRAF prouvent qu’il est possible de persévérer dans le développement d’offres culturelles destinées au grand public, y trouvant eux-mêmes leur rentabilité. Néanmoins, même chez eux, certains sites « ne marchent pas » et il faut fermer les portes.

Alors, pourquoi ne pas se tourner vers d’autres types d’activités, me direz-vous ?

Oh, je répondrais comme tout le monde que, a priori, les monuments historiques ne remplissent pas les critères recherchés pour gagner en attractivité auprès d’autres publics ou d’autres secteurs : la proximité, l’adaptabilité, le confort, le prix, la complexité des normes en sont les principaux fautifs. Mais aussi, qu’il n’y a aucune possibilité de standardiser une once d’offre, quelle qu’elle fusse, d’un lieu à l’autre.

Bref, le tourisme fait vivre et fait mourir le patrimoine. Face à un tel paradoxe, serait-il possible d’inventer à partir des caractéristiques essentielles de nos monuments historiques, voire de ses faiblesses ?

Contourner le biais de la fixité fonctionnelle… pour renouveler l’utilité du patrimoine historique

La fixité fonctionnelle est « le fait de rester focalisé sur l’usage ordinaire d’un objet. Cela constitue un frein à l’innovation. Le problème vient du fait que l’on considère l’utilisation de l’objet comme l’objet lui-même » (Source : Harvard Business Review, Aout-Septembre 2016, p.94). La revue cite en exemple le cas du Titanic. Si les passagers avaient envisagé l’iceberg non comme une menace mais comme un « objet flottant » sur lequel se sauver, ils auraient été sauvés.

Nous aimons particulièrement cet exemple qui met en exergue ce à quoi les propriétaires et gestionnaires de monuments sont confrontés. Face à l’iceberg des dépenses d’entretien et du temps passé, comment survivre ?

En appliquant au patrimoine les méthodes proposées pour sortir de la fixité fonctionnelle, nous arriverions à créer de nouveaux potentiels. Nous nous sommes appliqués à l’affaire une petite heure, avec notre directeur financier (imaginez en y passant quelques heures à plusieurs !). L’objectif était se de concentrer exclusivement sur les caractéristiques qui semblent desservir les monuments historiques.

Nous constatons que seulement 20% des activités possibles dans un château sont (sur-)exploitées (signalées en rouge). Par ailleurs, 80% des potentiels sont peu ou pas exploités. Peut-être que certains seraient à creuser tandis que d’autres resterons aux oubliettes !

Quelques idées en VRAC

Bref, donner une utilité, c’est s’assurer de respecter le patrimoine historique et assumer sa longévité. L’innovation fonctionnelle permet de trouver des activités qui respectent un territoire, une histoire familiale, ainsi qu’une histoire des lieux. Les forces et faiblesses du monument sont également prises en considération.

Le but n’est surtout pas de « marchandiser » ou d’abimer l’esprit des lieux en en faisant un simple commerce !

Au contraire, il faut inventer et réinventer continuellement l’utilité qu’on peut en avoir en l’associant à d’autres mode de vie, de fonctionnement, de pensée… c’est-à-dire, d’avancer avec son temps.

L’avantage, c’est qu’on peut créer ce qu’on appelle des « externalités positives » localement. Vous souhaitez en savoir plus ? C’est l’objet de notre prochain article !

Conclusion

 Si vous souhaitez travailler avec nous aux futures fonctions de votre monument, nous vous invitons à notre prochain brainswarming (LA méthode pour sortir de la fixité fonctionnelle). Les potentiels sont infinis.

Pour aller plus loin

Comment rendre utile le patrimoine français ?

Lancer des activités dans un site historique

Quels sont les modèles d’activités des châteaux français ?

Comment rendre utile le patrimoine français ? Hephata trouve des solutions d’ingénierie pour valoriser les monuments et les rendre utile à long terme.

L’important à retenir dans cet article :

 Autant en emporte le temps…
C’est FAUX !

Lancée en mars 2017, Hephata trouve des solutions pour valoriser les monuments français et leurs domaines à (très) long terme…

Les châteaux doivent s’ouvrir à la collaboration pour favoriser la transmission

Hephata vient de « ephatta » qui signifie « ouvre-toi » en araméen, la plus vieille langue du monde. Car pour servir l’avenir, il faut se souvenir, c’est à dire créer des liens.

Des liens pour réconcilier le passé avec l’avenir, les anciennes générations avec les nouvelles, les vieilles traditions avec les modes de vie modernes…

Pour cela les propriétaires de châteaux, de manoirs, de palais, de vergers, de potagers et de forêts sont invités à renouveler leurs modes de gestion. Ils doivent s’ouvrir aux nouveaux modèles technologiques, économiques, opérationnels qui sont proposés, inventés et discutés sur notre plateforme, et commencer à changer de vision !

A terme, les acteurs économiques seront invités à développer, valoriser, utiliser, chacun selon ses possibilités, la multiplicité des richesses que peuvent présenter espaces intérieurs et extérieurs d’exception. Bref, chaque initiative, savoir-faire et technologie a sa place pour faire passer le, ou plutôt notre, patrimoine à l’âge adulte…

Pour Hephata, le patrimoine historique est en pleine crise d’adolescence, il n’est pas sénile…

Si nos pierres tombent en ruine, ce n’est ni la faute du temps qui avance, ni des finances mal allouées. C’est la faute de nos lunettes qui sont mal ajustées !

Nos monuments ne sont pas des grabataires à béquilles, inutiles rentiers ou pire, assistés. Ils semblent subir une sévère crise d’adolescence, ne sachant pas à quelle identité, à quelle fonction se vouer.

A l’âge d’enfance, sous la houlette de leurs parents, le siècle-père protecteur, et l’implantation-mère nourricière, ils furent occupés à servir la devise de leur foyer. A l’un reviendra de nourrir avant de s’éteindre (Nutrisco et Extinguo avec François Ier), à l’autre de prier et d’élever la justice (Pietate et Justitia avec Charles IX) ; à celui-là de protéger les deux autres (Duo Praetendit Unus avec Henry IV). Le temps a passé, jusqu’à ce que père et mère ne se décidassent à se tourner vers les nouveaux-nés, père vers l’avenir technologique, mère vers la globalisation.

Ah… la période de l’enfance est douce. Celle de l’adolescence est bien amère, pleine de révolte et de fatigue mélangées face à son sentiment d’inutilité. Et, le corps change, il semble malade, il fait peur. Autant le font les palais qui perdent leurs tuiles, gagnent en crevasse ou perdent leurs eaux. Heureusement, ils ont de fidèles alliés, leurs propriétaires et gestionnaires qui sont, un peu comme eux, inclassables …

Bref, la pauvre pierre adolescente se cherche encore. Elle n’a pas encore trouvé le lien entre sa taille, son poids, son histoire et sa vocation. De fait, elle pense encore souvent que l’unique moyen de se faire investir est de se travestir en fille de son temps, changeante au gré des modes et des envies de ses visiteurs. Tant de gens lui passent alors dessus sans la regarder vraiment, car elle ne les accueille que pour une visite ou pour une nuit. Certes, ces « passages » permettent de payer des crèmes de soin, mais cela ne peut être la solution de tous les patrimoines à long terme…

Chaque patrimoine peut (re-)trouver son rôle, selon ses spécificités territoriales, pour servir l’avenir

L’époque peine à faire le lien entre les « vieilles » pierres et l’innovation. La classification même de l’INSEE marque une frontière claire entre l’activité de gestion de sites historiques et toute autre activité d’exploitation ou de développement économique. Pourtant, aujourd’hui, on peut rarement faire l’un sans l’autre ! Cette barrière conceptuelle qui isole et muséifie d’un seul trait nos monuments loin de la sphère économique ne permet pas d’unifier des principes a priori opposés : la longévité et l’innovation ; le passé et l’avenir ; la mobilité et l’ancrage territorial…

Au contraire, déployer et faire rayonner la France en associant des initiatives complémentaires, voire contraires, c’est possible. Ces lieux historiques, hors-du-commun, ont tous les attributs pour servir les acteurs économiques, culturels et sociaux d’aujourd’hui et de demain. A chacun son échelle : locale, nationale ou internationale.

Conclusion

Chaque monument doit retrouver son utilité, conformément aux besoins de son économie locale mais aussi de ses traditions locales. Pour cela, il faut rouvrir les frontières de la pensée. 

Le tout, sans déloger leurs propriétaires qui leur apportent leur cohérence !

Pour aller plus loin

Transmettre et partager des valeurs avec le patrimoine

Stéphane Bern et le patrimoine : un duo de choc

La sauvegarde du patrimoine au service de l’homme

L’influence du luxe sur le patrimoine historique – Quelle est la place des monuments historiques dans les tendances du luxe de demain?

L’important à retenir dans cet article :

Retour sur la conférence du Luxury Forward

L’hiver dernier, Hephata a participé à la 1ère édition de Luxury Forward au Palais d’Iena. Une journée dédiée à définir les défis, tendances et opportunités du luxe de demain.

Quelle aubaine pour notre patrimoine historique !

Trois principales tendances à retenir : préserver l’authenticité en évitant le musée, réconcilier l’expérientiel et l’éternel, insérer du digital dans le luxe.

L’événement d’envergure internationale a réuni les acteurs du luxe, de la mode, de la tech’ et du conseil, ainsi que quelques personnalités politiques, autour d’un constat commun : les savoir-faire et patrimoines portés par le luxe français sont, et doivent rester, un avantage compétitif majeur de notre économie.

PRESERVER L’AUTHENTICITE EN EVITANT LE MUSEE

« Les marques de luxe possèdent le passé et le présent » (Roland Berger). Leur valeur prend source dans leur histoire et dans le savoir-faire qu’elles ont su faire perdurer. « C’est bien souvent leur artisanat si particulier qui les différencie des autres » (Google). Pourtant, paradoxalement, comme pour les châteaux, « le vrai challenge pour ces marques, c’est d’échapper à la muséification ! » (Real Life Heroes Agency).

Alors, les marques innovent. Shang Xia relève le défi avec brio. Il réunit en effet savoir-faire traditionnel et design contemporain dans ses objets d’ameublement et de décoration. Chaque meuble est associé à une personne et son histoire, lui conférant une personnalité propre, un dynamisme, une créativité, une actualité.

Pour tous ces acteurs, le vrai luxe « c’est de créer pour créer ». C’est l’authenticité de cette création que le public recherche. Or, dans cet acte de création, les espaces historiques sont utiles aux marques tout autant que les marques à ces espaces, en leur apportant une nouvelle histoire.

Van Cleef & Arpels a associé sa nouvelle collection « Peau d’Ane » au château de Chambord, unifiant le nouveau design de ses bijoux avec l’esthétique, l’art à la française et surtout le génie de Léonard de Vinci. Irions-nous donc jusqu’à dire que la collection s’approprie discrètement le caractère innovant des escaliers du château ? Ralph Lauren n’a pas hésité à projeter sur les murs historiques de Bond Street ses collections, s’appropriant leur historicité tout en les rhabillant selon les tendances du moment.
Chanel s’est également imprégné de l’ambiance du château de Versailles pour la sortie de sa nouvelle collection croisière. La marque s’invite ainsi dans ce décor d’exception et profite de son authenticité pour associer le prestige du lieu à son image de marque.

Quant à nos châteaux, sont-ils assez créatifs pour s’ajouter une nouvelle pierre à l’édifice et faire de LEURS histoires, UNE belle histoire à raconter ?Pour y réfléchir, venez à notre prochain brainstorming !

RECONCILIER L’EXPERIENTIEL ET L’ETERNEL

« Le luxe vit une mutation inédite et un déplacement de ses enjeux » (Roland Berger). Les consommateurs changent leur manière de consommer : à l’instar des millenials, ils préfèrent acheter une expérience extraordinaire qu’un objet de luxe. L’expérientiel représente désormais 40% du marché du luxe. Il est donc devenu le moteur de cette industrie avec une croissance de 4,2% par an.

Pourquoi l’« expérientiel » est-il si important ? Le temps est devenu rare, donc précieux. L’espace aussi, dans un monde où l’urbanisation nous dépasse et « nous absorbe ». Plus que tout, l’homme cherche à capter l’instant, figer le temps, s’évader, découvrir l’inexploré. Ceux qui arrivent à exploiter cette quête de temps et d’espace nouveaux sont donc les grands gagnant du tournant.

Ainsi, Sephora a opté pour la création d’expériences uniques en boutique avec un « Beauty Bar » et en ligne avec des conseillères qui discutent inlassablement de vos produits préférés… Pour Vuitton, il ne s’agit pas uniquement d’apporter une expérience autour du produit, mais aussi autour de l’entreprise. Voilà pourquoi, la marque a lancé un Hakathon pour impliquer les employées et les clients autour d’une expérience unique d’innovation sur l’organisation.

Magda Danysz, collectionneuse d’art, pense que le luxe attire d’autant plus qu’il doit se nourrir de l’art et de l’émotion, ce qui relève de l’être et non du paraitre. L’être, c’est bien ce qui s’ancre dans le réel, dans l’instant. En projettant aux châteaux, nous nous apercevons que ce qui marche, ce sont les châteaux « expériences ». Le Château de Guédelon avec ses plus de 300 000 visiteurs par an, connait un succès retentissant. Ainsi en est-il du Château d’Azay-le-Rideau dont les travaux ouverts au public ont permis de maintenir voire augmenter le nombre de visites.

La question à se poser devient : quelle expérience pour quel château ? Ce qui marche c’est de « conjuguer le statut (la tradition) à la pertinence de la création (bon endroit, bon moment) ».

INSERER DU DIGITAL DANS LE LUXE

Loin d’être une menace pour le secteur, le digital représente un considérable levier de croissance.

Comme évoqué précédemment, le luxe nous raconte une histoire, son histoire, et doit utiliser les médias impactants pour atteindre ses consommateurs. Le digital permet alors de faire vivre un avant-goût de ce que sera leur expérience avec la marque (dixit Séphora avec les conseillères en ligne).

Le digital offre aux marques des interactions particulièrement directes avec leurs consommateurs, ce qui améliore l’écoute et la connaissance du marché. A tel point que « aujourd’hui, ce sont les consommateurs, et non plus les marques, qui sont à l’origine des nouvelles tendances » (l’Oréal). La data est devenue le graal des marques. Sa récolte permet une meilleure réactivité.

Et les châteaux dans tout ça ? A l’instar de ces « maisons », pourquoi ne pas profiter de la formidable exposition du digital pour échanger,

partager, construire le modèle économique de demain ? OhAhCheck, la première plateforme qui digitalise le patrimoine culturel commence à créer les outils pour y aider.

OhAhCheck, la plateforme des amoureux du patrimoine

Conclusion

Concluons sur les mots d’Axelle Lemaire, ancienne Secrétaire d’État chargée du Numérique et de l’Innovation. Elle souligne qu’à travers ses mutations, le secteur du luxe a vu apparaître le mot. Aussi, on peut dire que  « c’est une petite révolution culturelle qui est à l’œuvre ».

Pour aller plus loin

Utiliser le patrimoine naturel à des fins marketing

Le luxe et le patrimoine historique sont indissociables

Le modèle économique des châteaux du XXIème

Hériter d’un monument historique : charge ou opportunité ? Hephata a réalisé une étude auprès d’une vingtaine d’enfants et petits-enfants de propriétaires de monument d’exception.

L’important à retenir dans cet article :

 L’étude en cours révèle ses premiers résultats mais ce sondage n’est pas encore représentatif. Néanmoins, il offre une première vision de l’appréhension du patrimoine par les enfants et des problématiques soulevées.

Quel âge avez-vous ?

Dans quelle tranche d’âge sont vos parents ?

Vos 5 raisons de « reprendre » la maison ?

La raison n°1 est le rôle de la transmission et de l’histoire : Faire perdurer ce patrimoine, le transmettre aux générations d’après, la sauvegarde, la transmission depuis l’origine.
Ensuite, en deuxième position vient l’attachement personnel : Sentiment, souvenirs, fierté. Puis vient le tour de la situation et du cadre de vie : Emplacement, esthétique, calme, taille, état, adaptée aux enfants et aux réunions familiales.
Les projets économiques et la valeur immobilière arrivent en quatrième position : faire vivre le lieu. Enfin la cinquième raison est le devoir familial.

Vos 5 raisons de ne pas « reprendre » la maison ?

La première réponse est le manque de moyens financiers c’est à dire d’investissement lié à la reprise, aux entretiens, impôts et charges régulières, travaux lourds.

Ensuite vient la question de la complexité liée à la reprise. En effet beaucoup de difficultés proviennent des indivisions, de la gestion entre frères et sœurs ou encore de la cohabitation des générations difficiles.

Puis vient le  manque de temps et le choix de vie difficile que cela implique de reprendre un château. Car il faut être disponible en permanence. La gestion à distance est complexe et la vie à l’étranger impossible.

En outre, un manque d’attrait pour la maison (moi et/ou la génération suivante) peut empêcher une reprise. Aujourd’hui la préférence pour la ville est visible. Habiter dans un château fait craindre le manque de relations dans la région, la difficulté d’accès.

Enfin, beaucoup d’enfants et petits-enfants ont peur du manque de compétence et du peu d’innovation possible : maison familiale engendre « blocages », manque de connaissances.

Avez-vous la claire vision de la façon dont ce patrimoine est géré (activités, chantiers, revenus, dépenses, personnes impliquées autour de cette propriété…) ?

Avez-vous la claire vision du périmètre délimitant votre propriété (bâtiments, parcelles environnantes) ?

Si vous héritez, là, maintenant, quelles sont vos premières 5 actions ?

Dans l’ordre d’apparition :

– (Re-)découvrir l’environnement naturel / cartographier les espaces existants
– Faire un état des lieux des bâtiments / Estimer les travaux pour une remise en état
– Identifier un repreneur parmi les enfants ou ailleurs
– Estimer la maison
– Identifier les spécificités de la maison et du territoire
– Trouver un moyen de valoriser la maison par l’activité économique autre que la visite
– Régler les détails pratiques avec les notaires
– Gérer l’évolution professionnelle du gardien
– Ouvrir au public
– Sensibiliser les habitants du/des villages alentours pour préserver ensemble le patrimoine de la commune
– Rendre la maison rentable par l’exploitation (forêts, champs…)
– Faire un bilan financier des grands travaux et un business plan à 3, 5 10, 20 ans avec des solutions adaptées pour être à l’équilibre

Qu’est-ce qui vous aiderait à réaliser rapidement ces 5 actions (personnes ou choses) ?

Dans l’ordre d’apparition :

– Trouver des personnes qui pourraient habiter sur place
– Parler avec des propriétaires comme la famille Guyot pour comprendre comment ils ont fait
– Lire des méthodes, des techniques, des études de marché concernant ma gestion (financement, juridique, chantier, développement d’activité, optimisation des espaces)
– Rencontrer un entrepreneur ou un gestionnaire d’activités
– Avoir accès à des experts (notaires, avocat, fiscaliste, conseiller en patrimoine…)
– Utiliser des outils pratiques (tableaux de bord, suivi de trésorerie, états des lieux…)
– Lire de la documentation sur ma propriété (cadastres, dossiers, archives…)

Hériter d’un monument historique : charge ou opportunité ? Savez-vous répondre à cette question ?

Pour aller plus loin

Réaliser une bonne analyse territoriale

Comment faciliter l’accès d’un monument éloigné ?

Comment gérer un château aux allures de village ?

Hephata revient sur l’histoire du financement des châteaux d’hier et d’aujourd’hui.

L’important à retenir dans cet article :

 « Ces propriétaires, ces rentiers… » : des têtes qui tombèrent, des toits qui restèrent

Il fut un temps où des têtes tombèrent parce que la possession des châteaux n’était plus du tout la bienvenue. La Révolution a voulu la fin des rentiers du sol. Elle a souhaité la fin de la propriété de ces biens d’exception par des familles aristocrates.

Le Patrimoine a beaucoup pâti de cette époque. On a recensé et dénoncé de nombreuses confiscations, des pillages et du vandalisme (1).

Pourtant, si ce fut un temps où des têtes tombèrent, beaucoup de toits, eux, restèrent. Dès lors, nos monuments ont dû longtemps faire face aux affres du temps. Ils ne pouvaient plus compter sur les rentes de leurs « riches » propriétaires.

Il a fallu que l’Etat intervienne et se responsabilise pour la préservation de ces châteaux.

Au cours du XIXe siècle, plusieurs lois et dispositifs ont cherché à circonscrire cette dispersion du patrimoine national. Néanmoins, elles ont également chercher à préserver un héritage architectural d’exception. Les monuments historiques sont alors inventoriés.

Mais il faut attendre le début du XXème pour que l’Etat s’engage officiellement. La Loi de 1913 est venu protéger le patrimoine monumental français.

Le temps des propriétaires de châteaux, rentiers, est révolu. Certains ont dû financer leur entretien par la vente des terres alentours. Une action qui a entraîné le morcellement de leur patrimoine, lui refusant tout chance de salut ultérieur !

Un grand joaillier démissionnaire ?

Les monuments historiques sont donc officiellement depuis le début du siècle dernier, une « affaire d’Etat ». Leurs classement, degré de protection, travaux sont, depuis la Loi de 1913, placés sous l’égide de l’Etat.

Outre ce rôle de garant, l’Etat se fait surtout le grand argentier du Patrimoine. Les fonds étatiques sont d’abord conséquents mais se tarissent peu à peu avec l’arrivée de priorités budgétaires liées à des évènements conjoncturels : les deux guerres mondiales, puis les crises économiques successives…

Le véritable coup de massue sur le financement du patrimoine par l’Etat s’opère avec la loi sur la décentralisation (2). Dès lors le monopole centralisé de la conservation et du financement des monuments historiques est remis en cause. Le désengagement de l’Etat s’amorce avec un transfert de l’entretien et la propriété de plus de la moitié des monuments vers les collectivités.

Ce désengagement est tel qu’avec une seconde loi en 2009, on vend de nombreux monuments publics pour participer au désendettement de l’Etat. Par ailleurs, les propriétaires de monuments historiques s’adressent

désormais à leurs collectivités (région ou département) pour obtenir des subventions. Si ces dernières sont plus faibles et de moins en moins nombreuses, elles ont toujours le mérite d’exister et permettent bien souvent de pallier le plus urgent.

Toutefois, les châtelains ne peuvent certainement plus compter que sur ces aides publiques, ponctuelles, pour entretenir et valoriser leurs biens. De toute évidence ce financement public diminue (de 100 millions d’euros entre 2015 et 2016).

C’est pourquoi, aujourd’hui et depuis une dizaine d’années, les ressources privées sont devenues incontournables.

Une aide non négligeable mais ponctuelle : le mécénat et ses déclinaisons

Avec le déclin des subventions publiques, le mécénat prend le relais de l’Etat, en se présentant comme un levier privé de financement du Patrimoine. Il est

devenu aujourd’hui nécessaire, et il permet de sauvegarder de nombreux monuments. Le mécénat culturel représenterait 15% du mécénat global soit environ 500 millions d’euros.

Ce sont la loi du 1 er aout 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations, la loi de finances pour 2007 et le décret du 11 février 2009 relatif aux fonds de dotation et à leur création, qui encadrent aujourd’hui classiquement le financement privé et plus spécifiquement le mécénat d’entreprise.

Le mécénat numéraire est le plus classiquement utilisé. Le principe est simple : l’entreprise investit à hauteur de X pour les travaux ou tel ou tel projet d’un monument historique, elle pourra alors déduire 60 % du montant de son don de l’IS dans la limite de 0,5 % du chiffres d’affaires.

Le mécénat en nature se répand progressivement. Les mécènes mettent à disposition du monument, des moyens humains, et des compétences. Le Patrimoine se présente alors à la fois comme une valeur refuge (défiscalisation)

et une valeur repère (image).

L’intérêt pour ces mécènes, est double :

• réduction fiscale alors même que les entreprises souffrent d’une fiscalité écrasante, et
• participation à une œuvre philanthropique, non négligeable pour l’image de marque.

Ce mécénat d’entreprise concerne aussi bien la PME locale que l’entreprise du CAC 40.

A ce titre, l’Italie pourrait faire preuve d’exemple. En effet, nos voisins transalpins font aussi face à un désengagement de l’Etat bien que le Patrimoine italien compte de nombreux monuments. Là-bas, ce sont les entreprises du Luxe qui se sont emparées du problème en investissant dans la sauvegarde et la rénovation de grands sites de Rome (Bulgari, Fendi, Tods).

Le Luxe en France s’y met aussi, certaines grandes marques « s’approprient » le nom et l’écrin « very french » des Châteaux de la Loire, de Versailles, ou d’ailleurs (voir notre article à ce sujet).

De même au niveau local, des entreprises « plus modestes » pourraient ensemble investir dans le château de proximité afin d’apporter de l’éclat et de la notoriété à leur nom tout en espérant un retour sur investissement grâce au tourisme généré.

Des aides et des intermédiaires indispensables : les associations du patrimoine

Les associations du patrimoine proposent d’accompagner les propriétaires et les entreprises dans leur projet de financement : DH et sa fondation MH, VMF et sa fondation, ou encore la Fondation du Patrimoine.

La Demeure Historique expose 3 formes de financement :

• Mécénat affecté : financement direct d’une partie des travaux. Les conditions pour l’ouverture du bien au mécénat sont strictes : monument protégé ou labellisé (exit les autres demeures et châteaux), travaux sur parties protégées (exit le plancher de l’arrière cuisine), monument détenu par une personne physique ou morale (exit les sociétés commerciales)
• Prix d’un mécène : plusieurs grands mécènes proposent de remettre des prix à des propriétaires qui concourent avec des projets de restauration sur des thèmes définis. Par exemple : le prix américain « French Heritage society», le prix « Villandry » pour la restauration de jardin…
• Le crowdfunding.

Le mécénat est nécessaire, il permet de financer de nombreux projets. Après un déclin ces derniers années, le baromètre de l’Admical indique une légère remontée en 2016.

Les chiffres sont encourageants ! Toutefois, ils n’en demeurent pas moins insuffisants au regard de l’état des besoins de notre Patrimoine. De même, les contraintes légales du mécénat ne permettent pas à tous les monuments de bénéficier de cette aide.

Car, dans ce cadre-là : bénéficiaire n’est pas qui veut… Il faut pouvoir bénéficier d’une convention de mécénat, que seules la Demeure Historique et la Fondation du Patrimoine peuvent offrir.

Des alternatives complémentaires : la libéralisation du mécénat

La libéralisation du mécenat est alors nécessaire. Depuis le XXIème siècle, le Patrimoine se met donc au financement participatif plus connu sous la dénomination anglo-saxone : « crowdfunding » (le financement par la foule).

Grace à des platesformes – My Major Compagny, Anaxago, Dartagnans, Ulule… – tous les projets ont leurs opportunités, tous les contributeurs peuvent participer à la rénovation de tel ou tel monument en échange d’entrée gratuites ou autres cadeaux personnalisés.

L’idée est révolutionnaire en ce que tout le monde est concerné quelque soit son niveau de vie. Ca tombe bien ! Le Patrimoine concerne tout le monde, il s’agit de notre héritage commun.

Ce mode de financement connaît un plein boom depuis quelques années. En 2016, 629 millions d’euros ont été collectés sur des plateformes de finance participative en France.

Le crowdfunding semble s’imposer comme une nouvelle alternative de financement avec plus de 100% de progression en 2016. Le succès est rendu possible notamment grâce à sa facilité d’utilisation et d’accès via les réseaux sociaux. Par exemple, en quelques clics sur la plateforme Ulule, vous venez de participer à restauration de la forteresse du Château-sur-Epte en vue d’un projet de centre d’interprétation médiéval vivant…(3)

L’idée va encore plus loin puisque récemment la plateforme Dartagnans en partenariat avec le site « Adopte un château » offre la possibilité de devenir le copropriétaire d’un Château. Le projet du château Le Paluel, rendu célèbre par le film le Tatoué a remporté un franc succès et a été largement relayé par la presse et les médias. Si le château Paluel a finalement été adjugé et vendu à un jeune propriétaire sarladais, largement au-dessus de sa mise de départ, c’est aussi grâce à l’enthousiasme général qu’a suscité le projet de rachat par l’association Adopte Un Château via la plateforme Dartagnans. L’objectif principal est atteint, Paluel est sauvé de la ruine !

Mais l’objectif des contributeurs est en cours… nous arriverons certainement à trouver un modèle comme en Ecosse, de co-propriétaire (avec ou sans le nom !). Aujourd’hui, ce buzz encourage ces acteurs à proposer ce challenge pour le rachat d’autres propriétés à l’abandon (4). Nous leur souhaitons de trouver le modèle !

Conclusion

Que l’on finance le patrimoine – via des souscriptions privées ou via des subventions publiques – est une bonne chose et il est clair que nos monuments ne pourraient se passer de ces mannes extérieures…

Toutefois, Hephata pense que les châteaux de France pourraient et devraient être les acteurs de leur propre financement.

Face à l’urgence des besoins de nos châteaux et face au déclin des aides publiques, nous n’avons plus vraiment le choix :

• Se contenter de financements privés, ponctuels et non systématiques ? ou
• S’inscrire dans un processus économique rentable qui garanti des revenus sains – c’est-à-dire fondés sur une vraie création de valeur – réguliers permettant de financer les charges courantes, de provisionner et d’envisager des projets futurs avec une vision de long-terme, nettement plus séduisante pour des fonds d’investissements potentiels…

Pour aller plus loin

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Stratégies efficaces pour une levée de fonds en mécénat

Diversifier les activités dans un site historique

Le patrimoine historique face à la science – Ces châteaux qui rééduquent à la « vie réelle »…

L’important à retenir dans cet article :

Notre monde et nos vies se digitalisent, pour le meilleur ou pour le pire. Tandis que la technologie progresse à pas de géants et que nous profitons de multiples possibilités de tout faire, plus vite, plus efficacement, partout, un fossé se creuse entre ce que nous faisons et ce que nous sommes, entre nos passions et nos besoins, mais aussi entre notre avenir et notre passé…

De la vie fragmentée…

Lundi matin, 6h30. Mon iphone sonne. Je retarde le réveil de 10 minutes. A nouveau, ça sonne. J’ouvre l’œil. Un coup de pouce. Je fais couler ma Nespresso, à distance. Un coup de pouce. Je commande à Google Home d’augmenter le chauffage. Un coup de pouce. Mon appli me dit que j’ai dormi 5h23 dont seulement 1h de sommeil réparateur. J’ai reçu un Whatsapp. Mon boss : « télécharge la prez’ pour la conf de 9h00 ».

Puis, 23 notifications Facebook. « Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de ta sœur ». J’allume France Inter.

7h08. Je file dans la douche. J’avale 2 tartines. 1 Nespresso. Mon frigo tilte. J’ai plus de beurre. Un coup de pouce. Amazon l’ajoute à ma liste de courses.

7h23. Un coup de pouce. Uber arrive. Je dévale les escaliers.

…à la vie bouleversée

Samedi matin, 9h00. Le chant du coq m’ouvre les yeux sur une immense chambre, gelée, chauffée au poêle, du Château Labiche. J’y passe le weekend en « digital-détox ». 48h sans iphone, sans musique, sans ordinateur et sans internet. 48h de promenades faites de grand air et de silence. On m’a informé que, peut-être, ce serait aussi 48h sans prendre de douche. Les douves sont gelées, ça pourrait faire sauter les canalisations…

J’ai prévu de lire La Saga des Romanov, un livre en papier qui sent légèrement le moisi. Je vais rencontrer mes hôtes : parler, vraiment, avec de vraies personnes, et concentrer toute mon attention sur une seule tâche à la fois.

Si j’ai besoin de quelque chose je devrai me déplacer pour aller le demander, et je devrai probablement attendre 30 ou 40 minutes pour qu’on me l’apporte. Je vais sortir de mon confort habituel en espérant parvenir à me « recentrer ».

A « déconnecter » pour me « reconnecter avec moi-même ».

La révolution technologique est en marche. Elle pose un débat…

Cette révolution est tractée par les NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique et Sciences Cognitives). On dirait qu’elle hisse l’humanité à son faîte. Il s’agirait maintenant de choisir ! Au menu :
• La pente de la croissance trans-humaniste. Choisir les NBIC envers et contre les lois naturelles, voire divines.
• La pente de la tradition pré-humaniste. Un retour systématique aux pratiques ancestrales et la faible, voire l’absence, de croissance.
• Tenir le faîte. Autrement dit, tenir la posture entre la tradition et l’innovation. Entre ce qui a élevé l’homme jusqu’ici et ce qui pourrait le grandir encore dans les évolutions à venir.

Mais quelle serait la « meilleure » « option » ? S’il y avait une option…

La pensée du jour est la suivante : l’homme doit se protéger de l’invasion de l’inhumain, autour de lui et en lui, sous peine de perdre son identité.

En cela, la culture, l’histoire, les racines, le patrimoine sont des clés pour l’avenir.

Ce sont des contre-pouvoirs pour tenir, ou tenter de tenir, un équilibre juste pour la croissance de l’être humain. A long terme.

Dans ce débat, pourquoi la préservation de notre patrimoine est clé ?

Nous pensons qu’il y a de fortes chances pour que le traitement de notre patrimoine (« ce que l’on a reçu du père ») s’exprime pour la génétique de la même façon que pour l’histoire.

De la même façon que je préserverai le patrimoine monumental, parce que j’ai conscience de la richesse des apprentissages du passé, de l’identité qu’il me confère ou simplement de mes origines, je préserverai mon patrimoine génétique pour les mêmes raisons.

La différence entre la génétique et les monuments, c’est que le (re)traitement de l’ADN vient modifier la structure même de l’homme, sa composition physique, psychologique, physiologique… Autrement dit, elle vient modifier les liaisons entre les éléments qui composent l’homme, et ce, de façon tangible.

Dans le cas des monuments, le (re)traitement ne vient pas modifier la structure même de l’homme de façon tangible. Mais elle vient modifier les liens entre les éléments qui composent « l’humanité » de façon plus générale. Autrement dit, le lien entre les générations passées, présentes et futures. Mais aussi, le lien entre les hommes à un temps T. Philippe Besson en exprimant que « les lieux sont aussi des liens. Et ils sont notre mémoire » sous-entend une forme de rencontre cohérente entre les hommes, permise par les lieux.

Les pierres auraient donc un rôle à jouer : elles seraient à l’Homme « la sève et la vie… », ce que le sang est à chaque homme :

Dans ses Harmoniques, Michelet détaille comment l’homme dans son rapport avec la matière exprime quelque chose qui le dépasse.

En particulier dans les constructions du moyen-âge. En acceptant la nature qui le nourrit en même temps qu’elle l’oppresse, l’homme joue, sculpte, possède, créé, grandit, spiritualise la matière en exprimant ce qu’il a de plus profond.

« Hommes grossiers, qui croyez que ces pierres sont des pierres, qui n’y sentez pas circuler la sève et la vie ! … il y a ici quelque chose de grand, d’éternel… Qu’il soit désormais religion ou philosophie, qu’il passe du sens mystique au sens rationnel, il faudra toujours adorer en ces monuments la moralité humaine ».

Cette haute vision que Michelet a de la pierre historique, travaillée, qu’elle soit lieu sacré ou lieu d’histoire, Hephata la partage.

Pour aller plus loin

Interdiction du glyphosate pour les jardins historiques

Transmettre et partager des valeurs avec le patrimoine

Un AMO inspiré et spécialisé dans le patrimoine historique

La sauvegarde du patrimoine au service de l’homme. « Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas ». Cette phrase prêtée à A. Malraux résume sa pensée : « depuis cinquante ans la psychologie réintègre les démons dans l’homme. Tel est le bilan sérieux de la psychanalyse. Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connu l’humanité, va être d’y réintroduire les dieux ».

Malraux savait-il ? Savait-il que « réintroduire les dieux » pouvait vouloir dire « introduire la science dans l’homme pour en faire des dieux » ? Hephata se penche donc sur les liens entre le patrimoine et l’homme.

L’important à retenir dans cet article :

 

« Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas »

Le célèbre Y. N. Harari (auteur des Best-Sellers Homo Sapiens et Homo Deus) affirme que, avec l’immortalité et le bonheur absolu, la « divinisation » de l’homme par la science est une des trois composantes actuelles du Graal de l’humanité, ou plutôt du Graal cherché par les acteurs de cette révolution, les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon), les NATU (Netflix, AirBnB, Tesla et Uber) et leurs homologues chinois, les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi) ?

Est-ce cette intuition qui a poussé Malraux à créer le ministère d’État chargé des Affaires Culturelles ? Pourquoi lui avoir confié la « mission de rendre accessibles les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France, au plus grand nombre possible de Français » ?


Nous ne saurons jamais. Quoiqu’il en soit, cette volonté de protéger l’art et toutes ses dimensions, notamment esthétiques, philosophiques, identitaires, communautaires, historiques, culturelles, architecturales, politiques, éthiques… fut la volonté d’un homme du XXème siècle. Consciemment ou non, il a souhaité fournir aux générations suivantes, l’arme précieuse de la plus large culture possible.

Son but, peut-être, fut celui de permettre d’aborder sereinement les questions spirituelles ou religieuses. Des questions qui s’imposent aux nouvelles générations.

Maintenant que les questions se posent avec la science (voir Le patrimoine historique face à la science) : il y a « urgence en la demeure ». Urgence à réactiver ces lieux de l’histoire, ces lieux dans lesquels les âges, et les pays « ont exprimé… leur plus intime pensée ». C’est ce que rappelle Michelet dans le chapitre Harmoniques (Jeanne d’Arc et autres textes, Ed. établie par Paul Viallaneix).


Noria, le robot-guide du Château d’Oiron

Une proposition : changer de paradigme et faire des espaces historiques, des lieux de réconciliation entre le passé et l’avenir

Alors que le sillon se creuse, peut-être est-il temps de changer de paradigme.

Temps d’arrêter d’envisager les technologies comme unique avenir et tout le reste comme les représentants d’un passé révolu. Car nos vies ne peuvent pas être rangées dans une vision binaire et simpliste de l’avant/après, où seules deux options sont posées :
– Un après qui n’aurait pas sa place. Les contre-courants prônent un retour radical aux racines, avec le regain d’intérêt pour les métiers manuels et peut-être aussi le retour à la spiritualité.
– Un avant qui n’aurait plus sa place. Les futuristes et les trans-humanistes prônent l’homme augmenté, invincible, aux facultés améliorées et à la vie éternelle. On envisage la mort de la mort. Mais ne nous y trompons pas, cette mort de la mort passe par une mort de l’Homme. Dénaturé, modifié, augmenté, notre corps ne peut être pensé indépendamment de notre origine.

Mais si, au contraire, nous cessions d’envisager l’avenir comme la mort de notre passé ? Si, au contraire, nous envisagions l’immense potentiel de la science comme un moyen de mieux servir nos racines ?

Si le château n’était pas qu’un lieu ancien et coupé du monde, mais au contraire un lieu ouvert sur notre temps, un lieu de réconciliation entre le passé et l’avenir ?

C’est le pari qu’ont déjà fait de nombreux acteurs. C’est notamment le cas du propriétaire du Château de Millemont. Il rassemble des chercheurs autour de la problématique environnementale. Vaux-le-Vicomte, quant à lui, rend accessible régulièrement et en direct, sur les réseaux sociaux ses évènements.

Les châteaux peuvent aussi être des lieux pour se rencontrer, échanger, partager des idées, développer des projets et faire germer une saine innovation… La sauvegarde du patrimoine doit donc être mise au service de l’homme.

A nous de jouer !

Conclusion

Les pierres étaient citadelles de la patrie citoyenne et politique.

Elles seront la citadelle de notre patrie humaine et spirituelle.

Pour aller plus loin

La méthode pour organiser un séminaire au vert responsable

Les enjeux de la sauvegarde du patrimoine français

Comment rendre utile le patrimoine français ?

Protéger un monument – MH ou ISMH ? Hephata vous offre la possibilité d’en savoir plus…

L’important à retenir dans cet article :

 « L’intérêt patrimonial d’un bien s’évalue en examinant un ensemble de critères historiques, artistiques, scientifiques et techniques. Les notions de rareté, d’exemplarité et d’intégrité des biens sont prises en compte. »

Tout ce qui va suivre est régit par la loi du 31 décembre 1913 sur les monuments historiques.

Que peut-on protéger ?

On peut protéger les constructions, parties de constructions, objets, vestiges archéologiques et terrains qui renferment des vestiges. Cependant, leur conservation doit présenter une ressource historique et/ou artistique d’intérêt public.

Il existe deux niveaux de protection.

  1. Le monument présente un intérêt suffisant pour en justifier la préservation. Il est possible de l’inscrire sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.
  2. Les monuments ou parties de monuments dont la conservation présente un intérêt certain pour l’histoire peuvent être classés au titre des Monuments Historiques.

Quelle démarche à suivre ?





Pourquoi protéger ? Quels sont les avantages fiscaux ?

Si votre demeure peut être classée, c’est qu’elle témoigne en totalité ou en partie, d’une période et de son histoire. Son aspect doit donc être conservé et préservé en l’état. La protection d’une construction assure donc sa pérennité et garantit sa conservation.

En outre, vous pourrez bénéficier de déductions fiscales (ne concernent que les parties classées ou inscrites) :

Déduction du revenu foncier ou du revenu global des charges liées à sa propriété
  1. On peut déduire 100 % de la part à sa charge des travaux effectués sur le monument s’ils sont subventionnés.
  2. D’autre part, 100 % des autres charges peuvent être déduites si le monument est ouvert à la visite (y compris les frais résultants de l’ouverture du monument à la visite).
  3. Enfin, on ne pourra déduire que 50 % des autres charges si le monument n’est pas ouvert à la visite.
Déduction du revenu global, si l’immeuble ne procure pas de recettes imposables
  1. D’une part, il est possible de déduire 100 % de la part à la charge du propriétaire sur les travaux de réparation ou d’entretien effectués sur le monument, si ces travaux sont subventionnés ou exécutés par l’administration des affaires culturelles.
  2. D’autre part, 100 % des autres charges foncières sont déductibles si le monument est ouvert à la visite (y compris les frais d’ouverture au public).
  3. Enfin, 50 % des autres charges foncières sont déductibles si le monument n’est pas ouvert au public.
Déduction du revenu foncier, des primes d’Assurance et des frais de publicité en cas d’ouverture au public

Enfin, s’il y a ouverture au public et que le monument procure des recettes imposables, il est possible de bénéficier d’une déduction du revenu foncier pour leur montant réel. Cette règle vise aussi les primes d’assurance ainsi que les frais de promotion et de publicité.

Exonération totale des droits de mutation à titre gratuit

Cette exonération vise les successions mais aussi les donations. Elle est subordonnée à la passation d’une convention-type entre l’État et les Héritiers.

Cette convention comporte un certain nombre d’engagements : ouverture au public du monument, entretien des objets et éléments de décor qui y sont conservés, maintien et présentation de ces objets à la visite, mise à la disposition gratuite pour des manifestations publiques à caractère culturel et éducatif compatible avec le caractère du monument.
En outre, sont considérés comme ouverts à la visite, au sens du code général des impôts, les immeubles où le public est admis à visiter au moins 50 jours dont 25 jours fériés d’avril à septembre inclus ou 40 jours de juillet à septembre inclus.

Les dispositions fiscales suivantes peuvent être appliquées à des immeubles non protégés mais qui appartiennent au patrimoine national et font l’objet d’un agrément spécial délivré par le ministre du budget. Déduction du revenu foncier ou du revenu global de 50 % des charges liées à la propriété si l’immeuble est ouvert au public.

Quelles sont les contraintes ?

L’immeuble classé

L’immeuble classé ne peut être détruit, déplacé ou modifié, même en partie, ni être l’objet d’un travail de restauration ou de réparation, sans l’accord préalable de la DRAC. En outre, les travaux autorisés s’effectuent sous la surveillance de son administration. Aucune construction neuve ne peut être adossée à un immeuble classé sans une autorisation spéciale du ministre chargé de la Culture. Les immeubles classés sont imprescriptibles.

Par ailleurs, l’immeuble classé ne peut être cédé sans que le ministère chargé de la Culture en soit informé. Il ne peut s’acquérir par prescription et ne peut être exproprié sans que le ministère ait été consulté.

Enfin, toute modification effectuée dans le champ de visibilité d’un bâtiment classé doit obtenir l’accord de l’architecte des bâtiments de France (voir notre article sur le sujet pour en savoir plus).

L’immeuble inscrit

L’immeuble inscrit ne peut être détruit, même partiellement, sans l’accord du ministre chargé de la Culture. Par ailleurs, il ne peut être modifié, même en partie, ni être l’objet d’un travail de restauration ou de réparation, sans que le ministère chargé de la culture (DRAC) en soit informé quatre mois auparavant. La DRAC ne peut s’opposer à ces travaux qu’en engageant une procédure de classement. 

Enfin, toute modification effectuée dans le champ de visibilité d’un bâtiment inscrit doit obtenir l’accord de l’architecte des bâtiments de France (voir notre article sur le sujet pour en savoir plus).

Pour aller plus loin

Faire sa demande auprès de la DRAC

Financement MH et ISMH auprès de la DRAC

Les règles des abords de monuments historiques

Les avantages fiscaux liés aux Monuments Historiques

Les règles des abords de monuments historiques : Hephata vous aide à y voir plus clair !

L’important à retenir dans cet article :

 o Les cas d’application concrets de la législation sur les travaux aux abords des monuments historiques et les règles appliquées.
o Les dérogations nécessaires avec les démarches à faire et les personnes à qui il faut alors s’adresser.

1. La protection des abords des monuments historiques : la régle

Un monument historique, classé ou inscrit, protégé bénéficie également d’une extension de protection pour ses abords, autrement dit à son environnement.


Depuis la loi LCAP de juillet 2016 (Loi relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine), la protection autour des monuments historiques est délimitée au cas par cas pour les périmètres de droit commun. En outre, c’est l’architecte des bâtiments de France qui détermine la zone protégée selon un ensemble cohérent telle que le mentionnent les dispositions de l’article L. 621-30 et s. du Code du patrimoine, issues de l’article 75 de la loi CAP.

Concernant le périmètre par exception, il s’étend aux bâtiments proches et ce jusque dans un rayon de 500 mètres autour du bâtiment classé ou inscrit. 

Autrement dit, toutes les constructions situées dans le rayon de protection sont soumises à des règles très spécifiques. Notamment pour ce qui concerne l’aspect extérieur des constructions. La loi CAP est venue modifier certaines règles concernant les documents à produire.

2. La procédure

Les travaux, dit aux abords d’un monument historique, sont dans certains cas soumis à une autorisation d’urbanisme.


Règle : la loi prévoit une obligation de demande d’autorisation d’urbanisme pour des travaux réalisés dans les « abords ». Il vous faudra alors une dérogation au périmètre protégé, que seul l’architecte des Bâtiments de France (ABF) peut décider.

Que faut-il inclure dans les « abords » ?
– Immeuble en contact avec un bâtiment classé (en élévation, en sol, ou en sous-sol). 
– Immeuble qui forme un ensemble cohérent avec un monument historique ou qui contribue à sa conservation ou à sa mise en valeur.
– Partie non protégée d’un immeuble partiellement classé.
– Immeuble situé dans le champ de visibilité d’un édifice classé ou inscrit et situé à moins de 500 m du monument.
– Immeuble situé dans un périmètre de protection adapté ou modifié, devenu périmètre délimité.

Quels types de travaux sont visés par l’autorisation de l’ABF ?
– Permis de construire en cas de changement de destination du local ou d’ajout de surface de plus de 20 m² et permis de démolir en cas de démolition
– Permis d’aménager si les travaux nécessitent une opération d’affouillement (creusement) et/ou de surélévation du sol de plus de 2 mètres et qui portent sur une superficie supérieure ou égale à 2 hectares (soit 20 000 m²)
– Déclaration préalable, au titre du code de l’urbanisme, si les travaux créent entre 5 m² et 20 m² de surface de plancher ou d’emprise au sol
– Autorisation préalable si les travaux modifient l’aspect extérieur du bâtiment

3. A qui s’adresser? Quels sont les délais? 

La demande doit s’effectuer auprès de la mairie de votre commune. Elle est identique aux autres demandes de constructions. Le changement est l’aval de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF). C’est donc lui qui donnera ou non la décision accordant le permis ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable.

Par ailleurs, les travaux qui ne sont pas soumis à un permis ou à une déclaration préalable au titre du code de l’urbanisme sont soumis à autorisation du préfet de département, au titre du code du patrimoine, rendue après avis de l’ABF. La demande doit d’ailleurs être adressée en 3 exemplaires à la mairie.

Les délais d’instruction des dossiers de demande d’autorisation de travaux sont de :
– deux mois pour les déclarations préalables 
– trois mois pour les permis de démolir et les permis de construire pour une maison individuelle 
– quatre mois pour les autres permis de construire et les permis d’aménager

Le délai à disposition de l’ABF pour donner son accord est d’un mois pour les déclarations préalables. Le délai est de deux mois pour tous les permis.

4. Pendant les travaux…

Une fois accordée, l’autorisation d’urbanisme doit être affichée de manière visible pendant toute la durée du chantier ainsi que le nom de l’architecte, auteur du projet architectural.
En outre, le choix de l’architecte chargé des travaux appartient au seul propriétaire.
Les travaux doivent faire l’objet d’une déclaration d’ouverture de chantier à adresser à la mairie avant le début du chantier.


Attention : toutes modifications, de la nature et/ou de l’importance des travaux, doit faire l’objet d’une nouvelle demande d’autorisation.

Pour aller plus loin

Les avantages fiscaux liés aux Monuments Historiques

Protéger un monument – MH ou ISMH ?

Financement MH et ISMH auprès de la DRAC

Comment lancer des activités dans un site historique ? Hephata vous propose une méthode.

L’important à retenir dans cet article :

 1. L’ensemble des étapes et questions à se poser dans le cadre du développement d’activités
2. Une approche détaillée pour faciliter l’accès à la bonne information selon vos avancées
3. Les clés pour développer des activités avant de financer ses réhabilitations

 « Lorsque vous poursuivez vos objectifs guidés par vos valeurs dans le contexte de vos rêves, des miracles se produisent. » Paul Mckenna

Le patrimoine français est vaste. Il rassemble en effet de nombreux édifices bien différents les uns des autres : châteaux, églises, fermes, orangeries… Or, quand certains ont une activité florissante, d’autres peinent à tenir debout.
Les nombreux partisans du patrimoine désirent tout mettre en œuvre pour conserver nos joyaux historiques. Cependant, lorsque l’accès aux compétences, au réseau ou au financement est rare, cela n’est pas aisé.
Pour préserver et conserver son patrimoine, certains (Adopte un Château, Dartagnans…) propose d’ailleurs un accompagnement dédié ou l’accès à de nouvelles formes financement. Il y a aussi une façon de développer des activités de façon autonome pour préserver son bien. Ce que Hephata propose à travers la partie « Gestion d’Activités » du Château-LAB, c’est de faciliter le développement, le lancement et la gestion d’activités innovantes, durables, cohérentes et rentables.

AVANT LE LANCEMENT

Avant de lancer ses activités, il est nécessaire de passer par les étapes suivantes :

1- Etablir ses objectifs

Est-ce un projet de vie professionnel ou une nécessité ponctuelle ? Mais aussi : suis-je prêt à me lancer dans le développement économique ?  

2- Faire le point sur son contexte actuel

– Etat des lieux du patrimoine : ressources naturelles, bâtiments.
– Aspects financiers et fiscaux : évaluer ses biens, ses ressources, ses dépenses.
– Ses compétences : personnelles ou expertise proche
– La règlementation : lois auxquelles je suis soumis, normes
– Son organisation familiale ou institutionnelle 
– Son environnement : forces et faiblesses du territoire (environnement, économie, culture, population), positionnement géographique

3- Identifier une thématique ou un concept

4- Définir une stratégie efficace pour répondre à vos objectifs

Comment définir les grandes étapes pour y arriver ? Faire tout seul ou bien faire faire ? Comment établir un business plan ?

5- Identifier les problème éventuels

Identifier les problèmes éventuels et trouver des solutions à partir de la grille IDPA. Il faut d’abord identifier la situation, les acteurs et les problèmes. Puis il faut faire le diagnostic de l’action engagée. Enfin, il est nécessaire d’effectuer une prospective qui veut exprimer l’anticipation puis de proposer des actions.

LANCER LES ACTIVITES

– Préparer ses espaces en fonction de l’activité développée
– Organiser une équipe adaptée ou faire seul ?
– Communiquer sur ses activités (réseaux sociaux, presse, sites web)
– Régler mes problèmes d’accessibilité
– Trouver un financement pour lancer des activités
– Trouver la structure juridique et fiscale adaptée
– Choisir le bon exploitant
– Quelle assurance choisir 


GERER SES ACTIVITES

– Avoir des indicateurs de suivi de performance
– Comment s’assurer que ses clients sont satisfaits ?
– Quels outils pour faciliter la gestion (communication, réservations…)

Chez Châteaux Expériences, le coeur de métier c’est la gestion. Le P-DG, Colas Guyonnaud propose sa vision :

Pour aller plus loin

Comment gérer un château aux allures de village ?

Développer des activités ludiques dans un château

Concevoir une activité durable dans un château

Chauffage et écologie : comment se chauffer efficacement dans un château ? Voilà quelques pistes de réflexion.

L’important à retenir dans cet article :

 o Une connaissance plus large des solutions de chauffage existantes, des méthodes classiques jusqu’aux méthodes novatrices
o Des tableaux comparatifs des différentes solutions en fonction de critères variés (prix d’installation, efficacité énergétique, impacts écologiques…)

Contexte

Le chauffage représente un problème récurrent et pourtant indispensable à traiter. Lorsque l’on parle de chauffage, il est évident qu’il est avant tout question de confort. Mais pas seulement puisque le chauffage est aussi un enjeu majeur pour l’entretien de sa propriété. Une maison non chauffée est une maison qui va se dégrader car l’humidité ne va cesser d’augmenter.

Il y a bien entendu le classique et chaleureux feu de cheminée, mais niveau performance on a mieux à vous proposer. 
Depuis quelques années, le prix des énergies ne cesse d’augmenter et plus la demeure est grande et ancienne, plus le chauffage peut devenir un réel problème. Cependant les innovations se multiplient.

Notre méthode de recherche concernant les infrastructures de chauffage

Pour obtenir les renseignements nécessaires à la réalisation de cet article, nous avons consulté près d’une vingtaine de sites spécialisés autour du chauffage. Nous avons remarqué la rareté des études consacrées aux problématiques du chauffage des vieilles demeures. Ainsi, volontairement, nous avons retenu les chiffres représentatifs des maisons des années 80 et nous les avons rapprochés des chauffages utilisés dans les grandes surfaces et les entrepôts. Les chiffres qui vous sont donnés sont donc à relativiser.  

Allier chauffage et esthétique

Il est important de souligner la différence entre le système de chauffage et les émetteurs de chaleur. Le système de chauffage produit la chaleur, tandis que les émetteurs de chaleur la transmettent. Autrement dit, les émetteurs de chaleur sont la partie visible du système. Il peut s’agir de radiateurs, de planchers chauffants, de poêles, de cheminées, ou bien même de plinthes chauffantes. 
La société française Ecomatic, rencontré à l’occasion de la 23ème édition du Salon International du Patrimoine, a repensé le système de chauffage par plinthes. Ils ont adapté ce système qui existe depuis près de 40 ans au Canada, pour allier esthétique et performance. Cette offre s’adapte aussi bien aux systèmes fonctionnant à l’eau chaude qu’aux systèmes électriques.

Avoir une bonne isolation thermique

L’isolation est un point essentiel à prendre en compte lorsque l’on s’intéresse au chauffage de sa demeure. Un chauffage sans une bonne isolation perd grandement en efficacité. L’isolation passe essentiellement par tout ce qui est ouvertures, que ce soit fenêtres ou portes, par les murs, mais aussi, et surtout par les combles. Selon l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, 30% des pertes thermiques passent par le toit, et 25% passeraient par les murs. 
N’hésitez pas à vous référer à notre article sur l’isolation pour en savoir plus.

Les petits plus pour compléter les infrastructures principales

Quelques fois, il se peut que la source principale de chauffage ne suffise pas. Cette insuffisance peut soit venir d’un système qui nécessite ce genre de compléments – notamment lorsque l’on se tourne vers les sources d’énergies naturelles et encore en voie de développement – soit d’un besoin occasionnel pour une raison précise, comme une grande réception ou l’accueil d’hôtes par exemple. 
On parle alors de chauffage d’appoint. Il peut se faire à l’aide de poêles, de cheminées, de radiateurs électriques, et autres méthodes qui pourraient apporter quelques degrés en plus dans une pièce.
Ces chauffages complémentaires ont l’avantage d’être mobiles et variés. La taille, la forme, le design et le prix varie en fonction de la technologie et de la puissance.
Il existe des chauffages d’appoint autonomes qui permettent d’avoir une source secondaire de chauffage en cas de coupure de courant
Pour bien calculer la puissance du chauffage d’appoint nécessaire, il faut prévoir 100 watts par m² de surface au sol (0,1 kW par m²). 

Croiser les méthodes pour durer

Pour un chauffage et un rendement optimal, il ne faut pas hésiter à croiser différentes méthodes
Il faut néanmoins prendre conscience que lorsque l’on construisait un château ou une grande demeure, on voyait à long terme. Ces constructions étaient faites pour durer et pour s’inscrire dans le temps. Aujourd’hui il faut entrer dans cette même logique de durabilité si l’on veut respecter l’esprit de la demeure tout en restant respectueux de son histoire. 
Ainsi les clés vous ouvriront de nouvelles perspectives d’avenir…

Pour aller plus loin

L’exemple du chauffage à granulés de l’abbaye de Fontevraud

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Comment isoler un château et optimiser le chauffage ?

Comment entretenir la cheminée de son château ?

Comment isoler un château et optimiser le chauffage. Isolation et chauffage : deux mots électriques quand il s’agit d’un monument historique. Voici les clés d’une isolation thermique réussie !

L’important à retenir dans cet article :

 – Les clés d’une isolation thermique réussie
– Ce qu’il faut isoler
– Les différentes techniques d’isolation

Isolation et chaleur, deux éléments indissociables

Une bonne isolation, c’est la clé d’une chaleur conservée en hiver. Selon l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, le plus gros des pertes thermiques passe par la toiture et ses combles (30%), ainsi que par les murs (25%). Le reste des déperditions se fait par le sol et les fenêtres.

Cette question de l’isolation apparaît dès la construction des édifices. Elle est corrélée à la question du chauffage.

Depuis très longtemps, des méthodes naturelles telles que le torchis ou les mottes de gazon ont été, et sont toujours utilisées à travers le monde. Si elles sont très efficaces, ces techniques ancestrales ne sont pas pour autant adaptées à toutes les structures ! 
D’autres alternatives, moins « écologiques » sont apparues dans les années 80.
Aujourd’hui, la tendance est au retour des isolants naturels et sains.

 Guide de l’isolation.com

L’investigation des méthodes d’isolations existantes 

Pour obtenir les renseignements nécessaires à la réalisation de cet article, nous avons consulté une dizaine de sites spécialisés de l’isolation. 

Peu de sites parlent de l’isolation thermique dans son ensemble mais plutôt des spécificités de l’isolation propres à leur activité. C’est pourquoi nous regroupons ici les solutions qui nous ont semblé correspondre aux problématiques des grandes demeures construites avec des matériaux anciens. 

Pour des renseignements plus détaillés, n’hésitez pas à vous adresser à des professionnels, que vous retrouverez notamment dans l’Annuaire HEPHATA. 

Les clés d’une isolation thermique efficace

Pour une bonne isolation, il est nécessaire d’avoir :
– Une bonne résistance thermique, grâce à des isolants de qualité
– Une bonne étanchéité à l’air, qui passe par des ouvertures bien faites
– Une ventilation maitrisée pour un minimum de déperdition et l’évacuation des vapeurs 
– Une pose de qualité des éléments précédents

L’objectif est d’éviter les ponts thermiques, sources de déperdition de la chaleur. Il se forment notamment lorsque qu’il y a discontinuité entre des matériaux et des parois. 

Il faut donc faire attention aux jonctions façade-plancher, façade-refend, façade-toiture. Mais également à toutes les ouvertures – portes, fenêtres, lucarnes, cheminées, etc.

En revanche, les ponts thermiques sont moindres si le bâtiment est bien isolé de base. La plupart des pertes se font par les parois, en contact avec le froid extérieur. C’est pourquoi il est important de se concentrer dans un premier temps sur le gros œuvre, et dans un second temps sur les finitions.

Toiture & Combles, jusqu’à 30% d’économies

Il faut savoir que l’air chaud est plus léger que l’air froid et il montera donc systématiquement. 

Ainsi, si votre toit n’est pas bien isolé, votre air chaud s’échappera et votre habitation subira des pertes de chaleur majeures. Par chance, il est bien plus facile d’isoler un toit que des murs. (Voir notre article sur l’entretien de la toiture – à venir).

Isoler ses combles et sa toiture, c’est aussi se prémunir des fortes chaleurs en été. Une bonne isolation fera barrière à la chaleur puisque c’est le toit qui reçoit le plus de rayonnement solaire.

 Travaux.com

Combles perdus ou aménageables ?

La question de l’isolation se pose aussi quand le bâtiment contient des combles.
En effet, ce ne sera pas le même prix et le procédé de pose de l’isolant ne sera pas le même. 
– Si les combles sont perdus, il n’y a pas vraiment besoin de s’occuper de la toiture puisqu’il est aussi simple et efficace de poser l’isolant sur le plancher des combles. L’important c’est de conserver la chaleur qui vient d’en dessous. 
– Si les combles sont aménageables, il est courant d’utiliser la même méthode que pour les murs de la maison. 

Il est également possible d’isoler la toiture par l’extérieur (Sarking), mais il faut faire appel à un couvreur pour démonter les tuiles et les reposer correctement. Si vous décider de poser un isolant fin, sachez que votre toiture ne sera rehaussée que de 3-4 centimètres. Des travaux de rénovation sont l’occasion parfaite pour procéder à ce genre d’aménagements. 

Murs, jusqu’à 25% d’économies

Il est plus compliqué d’isoler les murs, encore plus s’ils sont vieux de plusieurs centaines d’années. Pourtant, jusqu’à 25% des pertes thermiques passent par eux. Il est là aussi possible de procéder à une isolation par l’intérieur ou par l’extérieur. L’isolation par l’extérieur va modifier l’aspect du bâtiment et l’isolation par l’intérieur va empiéter sur votre surface habitable et peut coûter très chère si vous devez refaire toutes les moulures, etc.

Mais pas d’inquiétude, les vieilles demeures sont en général dotées de murs très épais qui ont déjà une bonne fonction isolante

NB : La question de l’humidité sera traitée dans un autre article

Sol, jusqu’à 10% d’économies

A moins que vous n’ayez récemment installé un plancher chauffant chez vous, il se peut que des pertes thermiques passent par aussi par votre sol. On les estime à environ 10%.

Bien souvent, le rez-de-chaussée est dallé. Si les dalles sont accessibles par en dessous, via une cave ou par chance, un vide sanitaire, il sera aisé de poser l’isolant. Il peut d’ailleurs être posé directement sur le plafond de l’espace sous-jacent. Le plus simple est d’opter pour des panneaux rigides isolants.

Attention : Si le sol n’est pas accessible par en dessous, il va falloir retirer le revêtement afin de poser un isolant en bande ou en plaque en dessous. Cependant, il est important de prendre en compte la hauteur de l’isolant afin que ce changement ne pose pas de problème au niveau des passages des portes, des plinthes, des radiateurs, etc.

Fenêtres & ouvertures, jusqu’à 15% d’économies

Les fenêtres représentent certes une isolation phonique, mais surtout une isolation thermique. La première option, la plus simple mais la moins efficace, c’est le calfeutragequi consiste à refaire les joints. Pour toute sorte de calfeutrage, vous pouvez utiliser une mousse polyuréthane monocomposant qui gonfle en séchant. Attention, elle n’est pas du tout écologique.

Sinon vous pouvez aussi décider de poser un double vitrage, soit en changeant vos fenêtres, soit en procédant à un survitrage si vous souhaitez garder la fenêtre d’origine. Le survitrage consiste à poser une seconde vitre derrière celle d’origine. Cette technique est pratique si vos vitres utilisent un verre spécial mais est cependant moins efficace et la seconde vitre alourdit la fenêtre qui risque de se déformer avec le temps. Il faudra également prendre en compte la forme de vos fenêtres.

Pour améliorer votre isolation au niveau des fenêtres, il ne faut pas hésiter à s’inspirer des méthodes ancestrales qui consistent à couvrir vos fenêtres de l’intérieur. Laissons tomber les peaux en cuir médiévales mais utilisons plutôt de beaux rideaux. Ne pas hésiter à faire de même pour les portes.

Enfin, pensez à isoler vos conduits de cheminées lorsqu’ils ne sont pas utilisés. Il y a une solution très économique qui consiste à fermer le conduit avec du papier journal ou de la laine de roche. Sinon vous pouvez le fermer avec une plaque métallique. Plus esthétique, il ne faut pas hésiter à associer les deux. Pour plus d’informations concernant les cheminées, n’hésitez pas à vous référer à notre article associé. 

Choisir son isolant

Le tableau n’est pas représentatif de tous les isolants qui existent. Il donne une vision des différentes familles d’isolants et des critères associés.

 Autres isolants naturels : Argile expansée, Chènevotte, Copeaux de bois, Fibbragglo, Fibres de coco, Laine de bois, Lin, Roseaux, Verre cellulaire, Béton cellulaire.

Travaux d’isolation : investissement rentable

Faire des travaux d’isolation coûte relativement cher mais généralement c’est un investissement qui est très vite rentabilisé. Si votre demeure est bien isolée, vous l’aurez compris, vos besoins en chauffage diminue, et donc votre facture aussi !

De plus, il faut savoir qu’il existe des aides pour réduire considérablement votre investissement. Pour en savoir plus au sujet de ces crédits d’impôts, référez-vous à la dernière réglementation thermique en date de 2012 (Pour aller plus loin…RT 2012).

Les matériaux naturels sont les plus aptes à répondre aux critères fixés par les réglementations. Ils ont subi peu de transformations et seront donc plus facile à recycler. Avec ces nouvelles techniques d’isolation durable, n’hésitez plus à vous lancer et arrêtez le gaspillage énergétique qui vous coûte cher et qui contribue à l’effet de serre.

Pour aller plus loin

Comment se chauffer efficacement dans un château ?

Réglementation thermique

Comparatif des isolants naturels

Patrimoine et isolation du toit

Comment entretenir la cheminée de son château ?

Stéphane Bern et le patrimoine, un duo de choc pour financer les monuments en péril par la Loterie.

L’important à retenir dans cet article :

Pour Stephane Bern, et ce n’est pas le seul, le patrimoine historique français est une manne d’avenir pour notre économie. Connaître, réhabiliter et valoriser ce patrimoine pourrait donc être l’action de tous les français !

Devant ce constat prometteur, il est plus que jamais temps de se mobiliser pour réhabiliter nos monuments.

En lançant le Loto du Patrimoine, Stéphane Bern espère réunir des fonds pour sauver les joyaux en péril dans toutes la France. Agissons donc pour valoriser notre patrimoine historique, ce trésor chargé d’histoire. Ensemble mobilisons-nous !

Notre patrimoine en Péril

Aujourd’hui face à la dégradation incessante de nos monuments historiques, les communes n’ont parfois pas d’autres choix que de vendre leurs biens. Elles manquent cruellement d’argent pour les restaurer. C’est le cas de la commune d’Uze-la-Rousse, dans la Drôme provençale. afin de récolter des fonds, elle a décidé de mettre en vente sur le Bon Coin la quasi-totalité de son patrimoine historique pluri centenaire. On peut y trouver une église désaffectée du XIe siècle, une chapelle du XVe, et un prieuré du XVIe siècle.
Les grandes villes sont bien souvent démunies. On peut déplorer par exemple l’état de dégradation de monuments comme la muraille du château de Saumur.

Des facteurs météorologiques peuvent être la cause de ces dégradations prématurées. Leur état les rendent dangereux. Ils sont parfois seulement maintenus grâce à des échafaudages ou munis de filets pour empêcher la chute de pierres. Cette détérioration est également due à un manque d’entretien quotidien de la part des propriétaires. Faute de moyens financiers, d’accès aux professionnels compétents ou de connaissances pointues, ils ont baissé les bras. Et c’est là le cœur du problème. Le bilan aujourd’hui illustre le manque d’investissement régulier dans l’entretien des biens. Cela engendre donc, à long terme, un cumul de sommes qui au bout du compte, devient colossal.

Des initiatives novatrices pour sauver le patrimoine 

C’est à l’initiative de Stéphane Bern, déjà surnommé « Monsieur Patrimoine » en collaboration avec les services du Ministère de la Culture chargés des Monuments Historiques et sur demande du président Emmanuel Macron , qu’un Loto du Patrimoine est organisé afin de financer le patrimoine culturel français en péril. Ce Loto permettrait de récolter environ 25 millions d’euros pour que 250 monuments pré-sélectionnés en bénéficient autant dans des petits villages que dans les métropoles. Il s’agit d’apporter une aide aux propriétaires et/ou de financer complètement la restauration de monuments emblématiques. A priori, cette somme peut apparaître comme une goutte d’eau quant à l’ampleur des travaux à réaliser – qui s’estiment entre 2,5 milliards d’euroset 10 milliards – mais cette loterie a le mérite d’initier un élan positif vers le patrimoine et révèle une intention politique qu’il faut saluer. 

Plus généralement, Stéphane Bern a été nommé pour une mission qui se décompose en 3 grands axes.

1. Signaler

Afin d’identifier le patrimoine en danger. Aujourd’hui 2000 sites en péril ont été recensés en France.

2. Protéger

C’est en faisant appel au « mécénat populaire » et à la mobilisation de chacun qu’il sera possible de sauver le patrimoine !

3. Développer

L’objectif final est de valoriser notre patrimoine, lutter contre les inégalités territoriales, créer des emplois et développer l’économie locale.

Un enjeu majeur est la transmission de ces richesses aux générations futures. Il faut aussi permettre la conservation des métiers d’art, tels que les tailleurs de pierres, les couvreurs, etc… sans qui ces travaux gigantesques ne seraient pas réalisables.

Face à la complexité qu’est d’entretenir quotidiennement un bien d’exception, les propriétaires sont souvent démunis de solutions et de financement. Sauver le patrimoine « ensemble » devient une bonne alternative. Elle casse l’isolement des propriétaires en impliquant et en responsabilisant toutes les bonnes volontés. Pour Stephane Bern, c’est en effet un devoir de citoyen que de se préoccuper de son patrimoine et de le préserver en plus de constituer une véritable mine d’or, le « pétrole de la France » comme le répète le groupe du « Patrimoine 2.0 » . Ce sont des monuments porteurs de valeurs, de convivialité et d’histoire, des joyaux à préserver.

Stéphane Bern souligne le fait qu’il défend un patrimoine « très diversifié » et pas uniquement les édifices religieux et les châteaux. Il intègre donc le patrimoine ouvrier, industriel, artisanal, agricole, artistique ou lié à l’eau : « Dans la somme des monuments qui vont être sauvés cette année, il y a des ponts, des fours à pain, des lavoirs…». 
Parmi les monuments déjà sélectionnés on retrouve, le Théâtre des Bleus de Bar à Bar-le-Duc (patrimoine artistique) et l’Aqueduc du Gier à Chaponost et Sainte-Foy-lès-Lyon (patrimoine lié à l’eau).

Les démarches pour soumettre un projet au Loto

Stephane Bern s’est par ailleurs, associé avec la Fondation du Patrimoine, afin de recenser les différents projets nécessitant une aide financière. Sur le site de la Fondation, on retrouve un formulaire pour soumettre un projet au Loto du Patrimoine ainsi qu’une plateforme de don. La Fondation lance une campagne nationale de crowdfunding intitulée : « Ensemble, sauvons notre patrimoine » , afin de récolter des fonds en plus de ceux espérés lors du loto du patrimoine. 

Toujours dans cette dynamique, la Fondation du Patrimoine propose des « speed-meeting » au Salon International du Patrimoine culturel, afin de proposer son expertise aux porteurs de projets et d’envisager différentes sortes de mécénats pour la conservation de leurs biens. Un appel au don a également été lancé sur le site participatif du Ministère de la Culture, ainsi qu’un formulaire semblable à celui de la Fondation du Patrimoine pour signaler un patrimoine immobilier en péril. 

Le patrimoine : Un défi commun

C’est pourquoi notre défi d’aujourd’hui doit être global, nous devons tous nous sentir concernés pour la sauvegarde de notre patrimoine. 
Nous saluons l’initiative de Stéphane Bern. Nous sommes convaincus que ses idées si elles aboutissent, permettent outre le gain palpable, de communiquer et de fédérer les consciences collectives autour de l’intérêt général que le patrimoine représente. 
Nos monuments font l’identité historique de notre pays et contribue à développer une économie positive et dynamique pour l’avenir…

Conclusion

 En parallèle d’autres organisations luttent pour la sauvegarde de ce patrimoine, comme l’association des maisons paysannes de France .C’est une plateforme qui donne des conseils pour la restauration, réhabilitation ou rénovation et qui indique les démarches à suivre face à un patrimoine en danger ou qui se dégrade inexorablement. Elle permet d’accompagner les propriétaires souhaitant faire des travaux et propose des services de conseils par des architectes bénévoles sur le terrain. 

Pour aller plus loin

Association pour la sauvegarde d’un château

Trouver des financements

Se former

Gagner de l’argent grâce à son château : les actions à mener

Quels sont les modèles d’activités des châteaux français ? Tiers-lieux, co-working, séminaires, mariage, hébergement, shooting, lieux de ressourcement, les idées ne manquent pas !

L’important à retenir dans cet article :

Les vieilles serrures de nos châteaux sont en cours de déverrouillage. Hephata est convaincu qu’il est possible de transformer la pierre en or ! Les modèles ne manquent pas, et les initiatives non plus. 

Voilà quelques idées et activités économiques développées dans des monuments et qui pourront vous inspirer…

Surfer sur la vague des tendances : le patrimoine à thème

Développer une économie dans son monument historique en lui donnant un thème fait partie des innovations intéressantes et qui fonctionnent.

La cuisine

Les émissions de télévision sur la cuisine sont sur toutes les chaines et ont un succès énorme. Les cours de cuisines fleurissent partout et ne désemplissent pas, les robots ont la côte. Les grands chefs sont des stars aussi connues que les chanteurs et acteurs. Cuisiner et bien manger sont ultra tendances.

Puisque la gastronomie fait partie de notre Patrimoine Vivant et qu’elle fait la renommée mondiale de notre pays, cela semble logique que notre patrimoine bâti s’y associe ! 

L’idée séduit déjà de nombreux châteaux : ainsi le projet grandiose du Grand Hôtel Dieu à Lyon et sa Cité de la Gastronomie, le Château de Nanterre qui accueille Foodentropie, le symbole de la gourmandise avec le Château de Beaumesnil dans l’Eure… ou encore des cours de cuisines prestigieux au Château Boisniard en Vendée, ceux organisés par la société Cook in English qui accueille des séminaires dans des propriétés privées ou bien ceux organisés par Le Château de la Barbée.

Plusieurs propriétés du Bordelais font même du « deux en un » : « les Grands crus musicaux » mêlant concerts et dégustations de vin.

Si la restauration et l’hôtellerie haut-de-gamme dans les monuments historiques ne sont pas en reste, elles peuvent encore se développer. Elles peuvent se démocratiser à l’aide, notamment, de plateformes comme Le Collectionnist … qui « libéralisent » l’hôtellerie dans des monuments historiques.

Les jeux en immersion ou la « gamification »


On pourrait même aller plus loin et imaginer une forme d’hôtellerie en immersion totale dans la vie d’un château et de son époque… Une sorte de pop-up hôtel qui saura certainement séduire les passionnés de Moyen Age (et de Game of Thrones), les férus d’Histoire ou d’insolite, et les curieux de nouvelles contrées !

L’imagination convient au ludique. Certains monuments se laissent séduire par l’engouement des Escapes Game. C’est le cas notamment de l’escape Castle (« Le Château des Enigmes ») proposé par le Château d’Usson en Charentes. Ce jeu d’évasion nécessite de résoudre des énigmes et se vit dans un décor XIXème. 

Une « murder party » au Château du Taillis

Ces expériences ludiques, très à la mode en ce moment, permettent de découvrir l’Histoire du château, pour toutes les générations. Ou encore des Murder Parties. C’est le cas par exemple du château de Meillant ou du Château du Taillis. Il y est proposé un « Cluedo », avec jeux de rôles et enquêtes policières en grandeur nature.

Les sons et lumières


D’autres châteaux s’inspirent ! Le château de Saint Vidal en Haute Loire, sous la conduite de son jeune repreneur Vianney d’Alençon et plus de 150 bénévoles, se lance dans un vaste projet de spectacles sur l’Histoire de France. Un spectacle appuyé par des technologies de pointe. Vu le succès mondial du parc du Puy du Fou, il faudra certainement surveiller de près ce projet prometteur.

De même, s’il n’est pas rare d’associer les concerts de musique classique avec les demeures historiques, il est aujourd’hui possible d’écouter de la musique électro dans un château. C’est le projet du château d’Ainay le Vieil, habilement nommé « Château Perché »qui accueille chaque été un festival de musique électronique. 

L’anachronisme du projet remporte un franc succès et l’idée semble faire des petits dans d’autres châteaux (le Château de Suscinio en Bretagne, et même Chambord qui a accueilli en septembre dernier un concert exceptionnel sur ses terrasses…)

Apporter des solutions aux besoins de demain :

Si les pierres de nos châteaux sont immuables, l’âme est mouvante et se régénère ! Ainsi, ce patrimoine peut être l’écrin adéquat à des idées d’avant garde ! Songeons à nos modes de vie qui évoluent et plus précisément nos modes de travail…

Travailler


La start-up WeWork qui propose des espaces de travail à la fois innovants, confortables, esthétiques et humanisants qui favorisent et stimulent le travail et les échanges…

Si nous devons travailler sur nos écrans, tablettes, etc, pourquoi ne pas le faire dans un endroit mythique, où la beauté des lieux sera propice au travail et à l’efficacité et si la distance n’est plus un problème (elle ne le sera plus !) pourquoi ne pas le faire à la campagne, au calme dans une ancienne abbaye du XVI ? La Mutinerie Village s’est lancée dans cette vaste entreprise et les demandes ne cessent de pleuvoir ! 

A ce sujet, comme le dit le président de la célèbre foncière GECINA : « Le bureau du futur doit se muer en un espace “miroir du temps ubiquitaire” où circule l’information, les savoirs, la production ». N’est-ce pas ce que sont nos pierres des campagnes ?

Etudier


Avant même le travail, la transmission du savoir par l’école peut aussi se faire dans un château. C’est le choix qu’a fait un petit village du Tarn et Garonne qui a installé son école primaire dans le Château du village. Les petits de Bioule ont le privilège de suivre leurs cours dans un cadre exceptionnel, et d’apprendre l’Histoire en regardant les murs.

Créer


Il n’est pas rare que des châteaux accueillent temporairement des expositions d’artistes ou encore des cours d’art. C’est par exemple le cas du Château de Champs-sur-Marne.
De surcroit certains de nos monuments pourraient très bien devenir des maisons d’artistes à l’image de la Villa Médicis, où peintres, sculpteurs, écrivains, pourraient séjourner pour profiter d’un cadre exceptionnel et inspirant la création…

Prier, se ressourcer – lutter contre le Burn-Out


Enfin, dans un monde de sollicitations permanentes, ou le stress est de mise, les retraites spirituelles ou non (stage anti burn-out…) sont proposées dans des monuments historiques souvent au cœur d’un écrin de verdure propices à la paix intérieure ! Ainsi le château de Segrais dans la Sarthe reçoit les visiteurs désirant faire une retraite bouddhiste, de même de nombreuses abbayes et monastères proposent toujours et activement des séjours spirituels qui leur permettent de financer leurs charges…

Osez Osez Joséphine :

Aujourd’hui, il faut oser. 
Le patrimoine qui génère le plus de profit c’est l’art contemporain. Certes parce qu’il a le vent en poupe et qu’il plait, mais c’est aussi et surtout parce qu’il est « businessable » (c’est à dire qu’on peut développer des activités économiques à partir de ce support). 

Les Monuments Historiques ne doivent pas être en reste, ils doivent honorés leur qualificatif en s’inscrivant dans l’Histoire et dans le Monde. Oui, ces monuments peuvent être des écrins de la modernité, de l’innovation, et de la dynamique économique de la France…

Des règlementations devront être maintenues mais devront s’adapter et nécessairement s’assouplir. C’est la génération 2.0 qui reprend ces châteaux. Elle a besoin d’être motivée par les moyens actuels : le numérique, les réseaux sociaux, mais il faut aussi aller plus loin et être imaginatif et précurseur…

Conclusion

 Déléguer est une clé

Pour mener à bien toutes ces idées, il faut nécessairement les compétences adéquates. A ce sujet, nous vous invitons à vous renseigner dans la partie du blog dédiée à la gestion

Les particuliers propriétaires de monuments historiques, s’ils ne sentent pas les épaules suffisamment solides pour valoriser seuls leur bien et surtout s’ils ne disposent pas des aptitudes nécessaires, peuvent néanmoins proposer à des exploitants et/ou gérants professionnels qui sauront rentabiliser tout ou partie de la propriété en profitant de ce cadre d’exception. 

Cette délégation professionnelle pourra prendre plusieurs formes contractuelles déjà existantes dans notre Droit. On peut aller encore plus loin si nous inventons de nouveaux modèles de gestion qui pourraient s’inspirer des modèles existants dans le domaine public… mais nous en parlerons un autre jour !

Pour aller plus loin

Concevoir une activité durable dans un château

Organiser un Son et Lumières dans un site historique

Développer la médiation culturelle pour les jardins

Auto-diagnostic des besoins et des ressources. Hephata vous propose d’analyser vos situation, contexte, objectifs. Une méthode clé-en-main avant d’acheter un château.

L’important à retenir dans cet article :

 – Une méthode pour analyser votre situation actuelle et votre contexte
– Les différents types d’objectifs à établir en fonction de votre contexte
– Un outil pour suivre vos objectifs de manière organisée

Introduction


L’établissement d’un auto-diagnostic est l’étape la plus importante pour les propriétaires. Elle est en effet fondamentale pour la réalisation efficace de vos projets futurs (réhabilitations, exploitation, entretien, gestion de l’occupation familiale, répartition des tâches, gestion de la trésorerie…).

En effet, comme un gestionnaire d’entreprise, le propriétaire doit avoir une parfaite connaissance de son état actuel, une vision d’ensemble sur les orientations à venir, et les actions précises à mener. Pour cela, il faut définir des objectifs réalistes, clairs et précis.Une fois que vos projets seront détaillés, il sera plus simple de trouver les bonnes solutions afin de les atteindre justement.

Une démarche simple d’analyse de votre situation, la méthode QOOC, proposée par l’école IESA (Institut d’Etudes Supérieures des Arts – Paris) permet de faire un état des lieux rapide, seul ou à plusieurs, concernant les orientations à prendre :
1. Qui êtes vous ?
2. Où en êtes-vous par rapport à votre patrimoine d’exception ?
3. Où souhaitez-vous aller : quels sont vos objectifs concernant votre patrimoine d’exception ?
4. Comment atteindre vos objectifs rationnellement ?

En analysant votre situation, vos forces et faiblesses, ainsi que celle de votre patrimoine, il devient aisé de lancer des projets et de comprendre s’ils sont réalisables facilement ou s’ils nécessitent de l’aide extérieure.

Etape 1 : Qui êtes-vous ?


Le plus important dans cette étape de pré-lancement est d’apprendre à connaître et à comprendre vos intentions, vos besoins, votre organisation personnelle et/ou familiale. Mais il s’agit aussi d’intégrer les enjeux auxquels vous êtes confrontés aujourd’hui ou serez confrontés à court terme.

Aussi, pour saisir votre propre condition, c’est à dire vos données personnelles par rapport au bien, il convient de se confronter à sa propre réalité. Voici donc une liste de critères sur lesquels réfléchir.

Le choix

Avez vous hérité du bien ? L’avez vous acheté ? Avez-vous eu le choix ? Vous posez vous aujourd’hui la question du choix de la reprise ?

LA PLACE

Quelle est votre place dans la famille ? Avez vous un entourage (conjoint, enfants, professionnels) pour vous accompagner ? Avez-vous un rôle tacite depuis longtemps auprès de ce patrimoine ? Quelle organisation a été choisie auparavant autour du patrimoine (structuration juridique, partages…) ?

l’environnement

Etes vous seul, peu nombreux, nombreux ? L’environnement familial ou de proches est-il porteur ou bloquant ? Pouvez vous identifier clairement qui sont les moteurs et les freins ? Quels sont les freins et les moteurs à l’action commune ? 

les attributs et l’expérience

Etes vous public ou privé ? Professionnel ou associatif ? Possédez-vous des diplômes particuliers qui pourraient vous servir dans la gestion d’un tel bien ? Avez-vous de l’expérience dans la gestion d’un monument, une formation spécifique ? Nommez chaque chose. Possédez-vous des diplômes particuliers qui pourraient vous servir dans la gestion d’un tel bien ?

Étape 2 : Où en êtes-vous par rapport à votre patrimoine d’exception ?

Puis il s’agit d’analyser votre position actuelle face à votre bien, c’est à dire la posture générale que vous entretenez avec la demeure.

situation professionnelle

Quelle est votre situation professionnelle (emploi en rapport avec votre bien patrimonial, emploi extérieur…) ? Financière (revenus mensuels importants, moyens, héritage…) ? Fiscale ?

situation patrimoniale

Avez vous de l’immobilier patrimonial par ailleurs ? Souhaitez vous en obtenir ?

situation spatio-temporelle

Avez vous du temps à consacrer pour la gestion de votre bien ? Des moyens ? Un budget ? Des aides ? Nommez, chiffrez, qualifiez chaque chose.

Étape 3 : Où souhaitez-vous aller : quels sont vos objectifs concernant votre patrimoine d’exception ?


Ensuite, une fois que votre situation est clarifiée, analysez les objectifs – au sens très large – qui retiennent votre attention. Il y en a divers types selon votre situation (cette proposition n’est pas exhaustive, prenez soin d’approfondir vos objectifs personnels).

Vous pouvez souhaiter :

– Créer et/ou valoriser votre patrimoine immobilier pour vous même ou vos enfants. Aujourd’hui, l’immobilier représente un bon investissement, sécurisé et obtenant des avantages fiscaux par l’Etat.
– Préparer la transmission de votre patrimoine en évitant les risques de conflit et la perte financière liée à la transmission. Afin de protéger l’intérêt de vos proches, il sera peut-être préférable de transmettre le bien de votre vivant (donation) plutôt qu’à votre décès (succession). De même, il est possible d’optimiser fiscalement les droits de succession…
– Se prémunir d’une vente non anticipée, suite à un événement personnel grave. Il s’agirait d’anticiper les risques pouvant advenir (chômage, maladie, incapacité de travail, handicap, décès…) et qui viendrait déstabiliser la bonne gestion de votre bien. Sans avoir à vendre votre bien immobilier, vous pouvez anticiper le plan d’action qui serait à mettre en œuvre.
– Profiter des avantages fiscaux liés à l’acquisition d’un Monument Historique : la possibilité de réduire divers impôts grâce à la détention d’un patrimoine.

– Préparer votre retraite et faire de votre patrimoine, votre nouveau lieu de vie…
– Générer des revenus pour rendre les lieux auto-suffisants…
– Faire de votre patrimoine, un projet de vie…
– Faire connaître votre patrimoine et son histoire…
– Valoriser votre environnement local…
– Alléger le poids financier et temporel qu’un tel patrimoine suppose…

Nous vous invitons donc à :

– Fixer vos objectifs à court (1 à 3 ans), moyen (5 à 10 ans) et long terme (10 à 50 ans).
– Imaginer les conséquences sur votre vie privée que pourraient bien avoir la réalisation de vos objectifs. Y êtes-vous prêts ?
– Partager vos objectifs avec les autres personnes impliquées de près ou de loin dans un tel type de reprise (famille, amis, associations, éventuellement collègues…)

Étape 4 : Comment atteindre vos objectifs rationnellement ?


Personne ne peut atteindre un objectif pour l’année prochaine ou pour dans vingt ans, si des moyens clairement identifiés pour l’atteindre n’ont pas été identifiés. Soyez donc réalistes ! Ne vous mettez pas une barre trop importante mais atteignable, et n’hésitez pas à partager avec vos proches.

Vos objectifs étant fixés, nous vous conseillons donc de rationaliser l’approche en construisant un tableau qui contient :
– la liste de vos objectifs
– les dates limites pour atteindre vos grands objectifs
– les actions prioritaires
– les dates limites pour réaliser les actions
– les moyens personnels à mettre en œuvre
– les personnes / proches pouvant vous accompagner
– les compétences externes dont vous avez éventuellement besoin
– le budget éventuel à prévoir
– quand est-ce que vous aurez le budget disponible

Lors de la rédaction, il s’agit bien d’organiser les objectifs selon vos priorités, et de se laisser le temps de la réalisation et des évènements extérieurs qui viendraient vous ralentir.

Si les moyens d’atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés vous semblent ardus, il est possible de faire appel à un conseiller en gestion du patrimoine. En attendant, voilà le tableau que nous proposons :

Conclusion

Ainsi, en répondant à des questions simples sur votre situation professionnelle et privée, ce que vous souhaitez entreprendre et ce que vous avez déjà, vous réussirez à établir des objectifs précis. Il vous sera donc aisé de trouver de bonnes solutions et de vous lancer dans l’aventure !

Le Château de Taillis, acheté par la famille Navarro en 1998 pour être une demeure familiale. En effet, pour le sauver de la vente, il est repris et développé par le fils, Nicolas Navarro, et est aujourd’hui un domaine riche en activités.

Vous pouvez également faire appel à un conseiller en gestion du patrimoine. Ce dernier saura s’entourer d’un expert comptable, d’un avocat fiscaliste, et d’un notaire. Il doit être agréé par le gouvernement et les organismes professionnels, et ses tarifs peuvent varier selon les villes. En moyenne, vous pouvez compter : 150€ pour les honoraires conseil, 300€ pour une consultation (établissement d’un bilan patrimonial par exemple). Si la situation est complexe, cela peut atteindre entre 800€ et 1500€.

Voici d’ailleurs quelques entreprises qualifiées : Gestion et Transaction de France, AltaRocca, BCL&Associés, Grisbee…

Pour aller plus loin

Monter un bon dossier de financement

Réaliser une bonne analyse territoriale

Comment faciliter l’accès d’un monument éloigné ?

Comment améliorer la visibilité d’un monument ?

Le mécénat patrimonial : fonctionnement et utilisation

L’important à retenir dans cet article :

– Une définition du mécénat et les raisons encourageant le mécénat
– Les grands chiffres du mécénat culturel et patrimonial
– Les démarches à suivre pour obtenir un soutien

Qu’est-ce que le mécénat ?

Le mécénat est un soutien financier, matériel ou de compétences apporté par une entreprise ou un particulier à une action, activité d’intérêt général (culture, recherche, humanitaire). Il se différencie du sponsoring parce que les contreparties contractuelles sont fixées dans la limite de 25% de la valeur du don. Les actions commerciales (publicité, vente…) sont donc limitées. 

Quels sont les bénéfices du mécénat ? 

Le mécénat est très encouragé par l’Etat français auprès des entreprises comme des particuliers. 
Pour les entreprises : Réduction d’impôt de 60% de la somme versée dans la limite de 0,5% du chiffre d’affaire hors taxe. Si l’entreprise offre une prestation ou des compétences, l’évaluation de la valeur du don ouvrant droit à la réduction d’impôt, est égale au prix de revient (et non de vente) de la prestation ou de la mise à disposition. 
– Pour les particuliers: Réduction de l’impôt à payer à hauteur de 66% avec un plafond de 20% du revenu imposable. Par ailleurs le mécénat permet de réduire une partie de l’IFI. En effet, 75% du montant de vos dons sont déductibles de l’Impôt sur la Fortune Immobilière. La limite est de 50 000€ (ce qui représente un don de 66 667€).

Le mécénat représente bien plus qu’un intérêt fiscal. En devenant mécène, l’entreprise exprime ses valeurs et contribue à l’intérêt général. Cela lui permet aussi de construire des relations avec son territoire. Enfin, elle peut fédérer ses collaborateurs autour d’une action ou cause. C’est d’ailleurs ce que relève l’Admical dans ses analyses. Un particulier cherchera des avantages similaires, en plus de la satisfaction personnelle de contribuer à sauvegarder le patrimoine. 

Quelles sont les démarches ?


Avant de faire une demande de mécénat, le porteur de projet doit faire différentes démarches. Ces démarches naissent avec la préparation du montage juridique. Elles se terminent à l’obtention des enveloppes de mécénat et la remise du reçu fiscal

1ère étape : se renseigner sur l’éligibilité de son projet à recevoir des dons

Les projets pouvant recevoir des dons sont des projets ayant des activités d’intérêt général contribuant à :
– la mise en valeur du patrimoine artistique
– à la défense de l’environnement naturel 
– à la diffusion de la culture, de la langue et des connaissances scientifiques françaises. 

La réduction d’impôt mécénat s’accompagne d’un justificatif. Il est délivré par l’organisme bénéficiaire et doit être joint à la déclaration d’impôt. On appelle cela un reçu fiscal.

Votre projet peut recevoir des dons à travers une association reconnue d’intérêt général qui pourra reverser les dons pour vos restaurations ou projets d’activités. Il est également possible de les percevoir par d’autres biais. Ceux-ci dépendent de la « nature » et du degré de « protection » de votre bien.

a) Si l’immeuble (bâti ou non) est classé ou inscrit au titre des monuments historiques


Il peut obtenir une convention de mécénat à travers la Demeure Historique. Seuls les propriétaires privés peuvent solliciter la DH à cet effet (coût de la convention 400€). Attention : le reversement des dons est effectué par la Demeure Historique directement auprès des entreprises au fur et à mesure de l’avancement des travaux (la DH prélève une commission de 4% HT sur l’ensemble des montants levés par le propriétaire)

Pour s’assurer d’être parfaitement en conformité avec la réglementation, la Demeure Historique conseille de mener en parallèle les démarches suivantes, : 
– Avoir un dossier complet déposé à la DRAC, 
– Avoir un plan de financement et donc, si possible, avoir obtenu une convention de subvention ou une promesse de taux de subvention.
Les travaux doivent porter sur des parties protégées pour de la restauration, de la conservation ou de la mise en accessibilité au public en situation d’handicap.

b) Si l’immeuble (bâti ou non) appartient à un propriétaire public ou privé (dont association non reconnue d’intérêt général), qu’il soit ou non protégé

Il peut obtenir une convention de mécénat à travers la Fondation du Patrimoine.

c) Si le projet est reconnu d’intérêt général par une plateforme de crowdfunding de type Commeon

C’est la plateforme elle-même qui adresse les reçus fiscaux aux mécènes.


Cependant il faut bien distinguer le mécénat qui est un geste de générosité sans contrepartie majeure du sponsoring. Ce dernier consiste en une opération marketing et engendre des coûts.

2ème étape : établir un document de présentation

Ce document doit être clair, précis et convainquant. Il doit pouvoir engager une belle communauté de mécènes. La Demeure Historique prodigue d’excellents conseils en la matière.

Il faut d’abord définir l’identité de son monument dans le territoire : trouver sa particularité historique, mettre en exergue les spécificités territoriales, valoriser l’intérêt général du projet mené. Puis, il est nécessaire d’identifier l’accroche qui va donner envie à un mécène de devenir partenaire financier. Dans un langage marketing, nous dirions qui va « engager » un mécène, c’est-à-dire émotionnellement susciter son intérêt.
Enfin, vous devez réfléchir à des contreparties pour les mécènes (attention dans la limite des 20% de la valeur apportée par le mécènes). Pour s’inspirer, il peut être utile de repérer les contreparties proposées par les propriétaires qui lancent des projets de crowdfunding, par exemple chez Dartagnans.

3ème étape : identifier les mécènes

Quand le porteur de projet a identifié une ou plusieurs entreprises , il doit se renseigner sur les valeurs de l’entreprise, sur le dirigeant, et sur les éventuels autres mécénats qu’elle a pu faire. Il est préférable de se tourner vers des entreprises au niveau local (région et département) comme l’indique la partie ci-dessous » Vers quels mécènes se tourner ». 

4ème étape : identifier les canaux de distribution pour arriver jusqu’aux mécènes

– Activer le bouche-à-oreille, à encourager par une publication régulière sur les réseaux (Facebook et Twitter étant les plus efficaces pour ces démarches). Se faire relayer par les associations auxquelles vous adhérez est un pré-requis ! 
– Solliciter vos visiteurs, clients passés et présents… ils sont le noyau de votre communauté, surtout si ce sont des fidèles.
– Utiliser des plateformes. Celle de Commeon par exemple, qui organise des programmes de mécénat participatfis en ligne
– Faire du porte-à-porte. Après avoir listé des entreprises de votre territoire qui pourraient avoir des intérêts communs, transformez-vous en « commercial des familles » et partez en conquête. N’oubliez pas : vous devez chercher à servir leurs intérêts ! Insistez sur les intérêts fiscaux mais surtout sur le sens donné à leur engagement… A ce sujet vous pourrez trouver quelques arguments dans la partie suivante.

Vers quels mécènes se tourner ? 

En étudiant l’Admical, voilà quelques indications utiles sur les pratiques actuelles. Elles pourront être autant d’orientations à prendre en compte dans la recherche de vos mécènes.

Se tourner vers les TPE

En France, selon Admical, 14% des entreprises sont des mécènes. Parmi celles-ci, 72% sont des TPE de 20 salariés ou plus, 25% sont des PME et 3% sont des grandes entreprises, 250 salariés ou plus. 

Le budget total du mécénat est de 3,5 Milliards d’euros dont le budget est majoritairement porté les grandes entreprises 60% puis les PME 29% et enfin les TPE 11%. 

Se tourner vers des entreprises régionales, voire départementales 

Les entreprises mécènes privilégient des projets au niveau régional (81%) avant le niveau national. Elles plébiscitent d’abord le mécénat financier puis le mécénat en nature et enfin le mécénat de compétence. 




Se tourner vers les entreprises du secteur du commerce 

Tous les secteurs d’activité économique participent au mécénat avec une majorité portée par le commerce, suivi par la construction et l’industrie, et enfin les services. 





Quelques chiffres clés, autant d’arguments pour convaincre vos mécènes? 


Les arguments des entreprises qui soutiennent le patrimoine (source : Admical)





Parmi les domaines les plus soutenus, le social reste prioritaire (17%) suivi de près par le domaine culturel et patrimonial (15%) puis l’éducation et le sport. 





Les moyens les plus utilisés… avec un petit point sur le crowdfunding







Conclusion

Aujourd’hui, le mécénat est une alternative de plus en plus courante dans le domaine culturel afin de bénéficier d’une aide financière. C’est sans doute la solution possédant le plus d’avantages, autant pour les organismes bénéficiaires que pour les particuliers et entreprises, qui contribuent au développement de leur territoire.
Vous lancer dans ces démarches, c’est sensibiliser vos mécènes à la culture et leur proposer un investissement intelligent contribuant à la valorisation du patrimoine historique, à fédérer leurs collaborateurs et à incarner leurs valeurs.

Pour aller plus loin :

Résultats complets de l’enquête Admical 2016

Banque des financements

Stratégies efficaces pour une levée de fonds en mécénat

Le Crowdfunding : un nouvel outil de financement

Le défi de la connexion internet dans les châteaux. Hephata vous propose de vaincre ces problèmes techniques !

L’important à retenir dans cet article :

 – Les bases d’une bonne connexion internet dans un château
– Les différents moyens de créer son propre réseau internet quand on est dans une « zone blanche »
– Comment avoir internet partout chez soi quand on habite dans un 1000 m² ou quand les murs sont trop épais

Les avantages d’internet

Si vous lisez cet article, c’est que vous avez déjà accès à internet, mais peut être que votre réseau ne vous convient pas et que vous souhaitez l’améliorer.

Internet est aujourd’hui un outil indispensable pour se relier au reste du monde. Même les plus réticents d’entre vous ont surement déjà cédé. Mais n’y voyez pas là un mal. Bien au contraire, acteur du patrimoine que vous êtes, il est grand temps de faire évoluer le domaine.
Avoir accès à internet, c’est ouvrir de nouvelles portes et de nouvelles perspectives d’avenir. Grâce à cet outil, vous aller pouvoir mieux vous faire connaitre et peut être mieux rentabiliser vos investissements si vous décidez d’ouvrir votre propriété au public. Par ailleurs, ce n’est plus « un petit un plus » pour vos visiteurs, mais bien « un indispensable » – à quelques exceptions près.

Ce qu’il faut savoir sur l’accès internet

Si le réseau n’arrive pas jusque chez vous, peut-être que vous êtes néanmoins éligibles à la fibre optique ; n’hésitez pas à contacter votre opérateur réseau qui saura vous conseiller. 
Attention, les opérateurs facturent les tirages de ligne au-delà d’un certain métrage…
Sachez par ailleurs que le premier ministre Edouard Philippe a annoncé vouloir déployer le très haut débit dans l’ensemble des zones blanches de l’Hexagone avant 2022. Une somme de 150€ serait versée au 1,5 million de foyers isolés pour qu’ils puissent se raccorder à la fibre d’ici à la fin du quinquennat. 

Avoir internet haut-débit, même en zone blanche : créer son propre réseau

Une zone blanche est considérée comme telle à partir du moment où il n’y a pas d’ADSL (Asymmetric Digital Subscriber Line).
L’ADSL permet par exemple d’utiliser une ligne téléphonique pour transmettre et recevoir des données numériques autrement que par le service téléphonique traditionnel, c’est-à-dire analogique. Cela permet d’avoir accès au haut-débit.
Mais comment rendre cela possible ? En créant son propre réseau internet grâce à un système de relais et d’émetteurs/récepteurs Wifi
Des exemples de tels réseaux existent déjà et font leurs preuves. Je vous invite à lire l’article « Un particulier a trouvé une solution contre les zones blanches en Dordogne », où il est expliqué comment un habitant a permis à une quinzaine de foyers mal connectés de recevoir le haut-débit.
Ce qu’a fait cette personne retraitée se rapproche d’ailleurs de la technologie WiMax qui transmet les données sans fil, sur un rayon d’une douzaine de kilomètres, à partir d’une antenne-relais reliée à un réseau de fibre optique.

Les relais internet à l’intérieur de la maison

Il est très probable que la Wifi ne parvienne pas à couvrir la totalité de votre logement, ou bien même une partie désirée de votre logement. Cela est dû à une distance trop grande ou à des murs trop épais. Pour remédier à cela, il existe divers relais internet.

1. Le partage de connexion

Lorsque je capte le réseau téléphonique portable.
Aujourd’hui, votre téléphone portable peut servir de box à lui tout seul. Cela est possible grâce à l’outil « partage de connexion ». Le partage de connexion va puiser dans votre forfait internet mobile et va le partager grâce au réseau sans fil, Wifi ou Bluetooth.
Tous les appareils à proximité de votre téléphone pourront ainsi bénéficier de la connexion.
Cet outil est d’autant plus intéressant car les forfaits internet ne cessent d’augmenter – jusqu’à 100 Go / mois, soit 417 heures de vidéos en qualité moyenne (480p) pour donner un ordre d’idée.

2. Les répéteurs

Il s’agit de boitiers qui étendent votre couverture réseau sans fil. Il existe des répéteurs qui passent par le réseau électrique domestique. Pour les utiliser, il faut donc bien faire attention que les pièces que vous souhaitez relier soient sur le même réseau. Il en existe d’autres qui passent par le réseau Wifi déjà existant. C’est-à-dire qu’ils vont capter le signal déjà existant et le relayer dans un certain périmètre. Il faut donc impérativement s’assurer que le répéteur est bien dans le périmètre d’action du routeur. Ce genre de relai coûte entre 50 et 100€. Grâce à un relayeur antenne directionnel, vous pouvez par exemple vous servir de ces bornes d’accès sans fil pour propager votre réseau wifi dans votre jardin. Ou même pourquoi pas, si vous avez un voisin pas trop éloigné, vous arranger avec lui pour n’utiliser qu’un abonnement internet pour deux maisons.

Ils sont trouvables dans tous les grands magasins liés au domaine (Fnac, Darty…), ou chez votre opérateur. Leur prix varie en moyenne entre 50 et 200 €.

3. Les commutateurs / Switch

Ils permettent d’améliorer votre débit internet en le répartissant mieux. Il dirige le trafic dans la bonne direction.
Il s’agit d’un boitier disposant de plusieurs ports Ethernet qui permettent ainsi de multiplier les connexions internet. C’est une sorte de multiprise internet
Mais sa fonction première consiste en la répartition équitable du débit selon la demande.
Le commutateur peut également servir en tant que rallonge et c’est cela qui nous intéresse. Pour cela, on le relie au routeur principal grâce à des rallonges spécifiques que vous pouvez trouver un peu partout, ou grâce à des câbles RJ45, utilisés couramment pour les connexions Ethernet et pour les connecteurs téléphoniques. 

Les commutateurs sont trouvables aux mêmes endroits que les répéteurs. Le prix varie entre 20 et 50 € en moyenne. En revanche, si vous ne souhaitez pas voir des câbles se balader chez vous, je vous conseille plutôt la méthode précédente.

Conclusion

Que ce soit pour votre confort personnel, familial, ou dans un but économique dans l’optique d’ouvrir votre domaine au public, internet est devenu une préoccupation de premier ordre. Tant son accès que la qualité de son réseau sont des facteurs importants que l’on cherche constamment à améliorer. 
Pour les voyageurs, l’expérience numérique prend de plus en plus d’ampleur, et le Wifi est devenu la norme. En plus d’améliorer l’expérience sur place et le relai par les visiteurs, internet permettra de développer votre propre communication et d’ainsi améliorer la notoriété de votre patrimoine.
Internet serait-il la principale clé pour l’avenir de notre précieux patrimoine ?

Pour aller plus loin

Un particulier a trouvé une solution contre les zones blanches en Dordogne

Créer son réseau, l’exemple du switch

Internet dans les hôtels

Internet dans son jardin 

Technologie WiMax

Fonctionnement du répéteur 

8 campagnes de communication efficaces

Réaliser une bonne analyse territoriale pour développer une offre attractive pour un monument. Hephata a rencontré Laurent Chalard pour vous apporter des clés de réponse.

L’important à retenir dans cet article :

 – pourquoi est il intéressant de réaliser une étude de territoire
– quels sont les critères à prendre en compte
– quels sont les outils à utiliser

Introduction

Géographe consultant, Laurent Chalard réalise des travaux pour les collectivités territoriales, concernant les dynamiques socio-démographiques.
Il écrit des articles de recherche sur ces mêmes thématiques dans des revues spécialisées, ainsi que dans la presse pour grand public (Le Figaro, Le Monde, Libération…), et tient également un blog
avec ses différents articles et interventions médiatiques.

1. L’analyse du territoire

Dans quel contexte et pour quelle raison faut-il réaliser une étude du territoire ? 

Cette analyse va permettre un point essentiel qui est de problématiser une thématique, préalable à tout lancement d’activité économique ou d’action autour de ces activités (communication, partenariats, évènementiel…)

Quelques exemples de problématiques :

– Réaliser une étude du territoire sur les aspects sociaux, pour identifier mon public cible et adapter mon activité évènementielle (étudier les grands flux touristiques, les principales thématiques culturelles présentes dans la région, la typologie de visiteurs sera alors utile)

– Réaliser une étude du territoire sur les aspects économiques, pour connaitre mon positionnement par rapport à mes concurrents et identifier les besoins de mes clients avant de lancer une activité de chambres d’hôtes (étudier le nombre d’hôtels, le prix moyen des chambres, le PIB généré par le secteur dans le département, l’emplacement des espaces d’accueil, la typologie de voyageurs… me seront alors plus utiles)

– Réaliser une étude du territoire sur les aspects géographiques, pour connaître les lieux et bâtiments alentours et voir si je peux établir des partenariats avec ses derniers autour de mes activités culturelles (connaitre mes homologues, les activités et prix pratiqués, la typologie de clientèle, les routes / chemins sur lesquels ils sont présents, leurs outils de communication… seront alors des outils clés pour s’assurer de notre complémentarité)

Etablir une problématique permet de gagner un temps considérable dans la multiplication des données et des sources. Il faut toujours rester fixé sur les informations qui vont nourrir la problématique et les synthétiser.

Très concrètement, à quoi cela doit il permettre in fine ? 

En fait, tout dépend de la raison de la mission donc vous vous occupez : cela peut être pour connaître les dynamiques du territoire, sa structure de population, ses centres d’intérêts, pour des besoins d’équipements, pour créer des externalités positives… Il y a beaucoup d’utilités différentes qui dépendent entièrement des motifs du demandeur de l’étude.

En théorie, cela permet de bien comprendre les dynamiques du territoire, afin de gérer les équipements (transports par exemple), les installations pour le public (pour accueillir un public, pour compléter les offres)…

Cela sert exactement de la même façon que les démarches marketing menées par les entreprises privées : par exemple, un supermarché qui veut s’installer sur un territoire a besoin des caractéristiques de consommation de ses potentiels futurs clients.

Pour les propriétaires de château, il s’agit d’une étude de marché territorial, c’est-à-dire de connaître les caractéristiques de son territoire pour orienter les décisions en termes de valorisation économique du château, en étant cohérent avec les opportunités et les menaces (structurelles ou conjoncturelles) offertes par l’environnement.

Comment réaliser une analyse du territoire ? (géographique, historique, économique…) 

Pour réaliser une étude efficace du territoire, il faut effectuer d’une manière générale :

1. Une analyse géographique (ou migratoire)

Le premier élément important est de parcourir le terrain à pieds. Aujourd’hui, on est davantage dans les statistiques alors qu’il est fondamental de bien analyser les paysages, l’environnement (s’il est humide/sec, rural/urbain, beau/laid…). C’est cet aspect géographique, souvent négligé, qui est à l’origine des secteurs d’activités prépondérants, de l’organisation des transports, de la typologie de population présente…

2. Une analyse de l’humain

En ce qui concerne les statistiques, cela nécessite un minimum d’informations afin de reconnaître la dynamique démographique (le nombre d’habitants, l’âge…), mais surtout de mesurer l’attractivité du territoire considéré. Au-delà du profil social du territoire, étudié sur la base de critères objectifs (aisées, populaires, urbaines, péri-urbaines, CSP…), il est indispensable d’étudier les populations « en visite » (les flux de tourisme, les saisons, etc) pour comprendre objectivement les motifs d’attraction des touristes saisonniers, permanents, locaux, nationaux ou internationaux (tourisme culturel, tourisme d’affaire…)

3. Une analyse économique

Il faut tout d’abord regarder la situation économique, qui peut être « productive » (c’est-à-dire, de quoi se compose le PIB du département ou de la région : industries, services aux entreprises, agriculture…) ou bien « résidentielle » (c’est-à-dire, les centres urbains ou péri-urbains, sont-ils des stations balnéaires, occupés à l’année, ponctuellement, des maisons secondaires…)

4. une analyse politique

Il est bon de s’interroger sur les orientations stratégiques des politiques locales (régionales, départementales, communales). S’appuyer sur les éléments présentés permet d’anticiper de nouvelles opportunités de développement et de s’intégrer dans des programmes.

L’offre ne sera pas la même selon le territoire où le château se situe. C’est pourquoi il est essentiel de percevoir tous les éléments de la façon la plus précise possible.

Où trouver les sources, les documents qui aident à la réalisation de ces études ? 

Il y a plusieurs types de sources, souvent indispensables et « assez simple » d’utilisation.

Les données principales, fournies par l’INSEE

Il s’agit d’une base d’études territoriales. On y trouve également des données d’autres instituts, comme la Chambre de Commerce pour les données économiques par exemple.

Les PLU (Plans Locaux d’Urbanisme), situés dans les communes

Ils synthétisent les données de l’INSEE propres à leurs territoires. Il est possible d’y avoir accès à la Mairie de sa commune. Certains sites internet peuvent parfois y donner accès. Il leur est obligatoire d’avancer ces données au public.

Les ScoT (Schéma de Cohérence Territoriale), dans les zones urbaines

Ce sont des documents plus généraux, car ils sont établis à échelle plus large. Le diagnostic d’un territoire est d’une qualité inégale selon les cas car ils sont commandés à des structures privées. Il s’agit donc essentiellement d’informations basiques et non d’une analyse profonde du territoire.

Les recherches vidéographiques sur le territoire à étudier
Les documents d’orientations stratégiques fournis par les Régions ou les Départements

Les DRAC fournissent généralement des analyses assez consistantes de leur territoire sur les plans économique, culturel… et fournissent aussi des éléments concernant les orientations stratégiques de développement. 

Quels sont les outils pour réaliser une analyse du territoire ? 

Les professionnels utilisent souvent l’analyse SIG (Système d’Information Géographique), qui est un programme informatique avec une cartographie détaillée du territoire. Ce n’est cependant pas accessible au public, mais un bon élément pour une analyse environnementale « pure ».

Pour les études géographiques, un autre outil important est la carte topographique au 1/25000ème. Il s’agit de cartes détaillées et en vues aériennes. Elles couvrent l’ensemble du territoire communale, avec de nombreuses informations au niveau de la structure du bâti et du paysage.

L’application Google Map, qui fonctionne sur le même système que la carte topographique, peut être utilisée avant d’aller sur le terrain, bien qu’elle ne soit pas toujours à jour (il y a une rotation sur 10-15 ans de l’INSEE qui relève une portion du territoire) ; et tout le monde peut s’en servir, surtout les propriétaires.

Quelles sont les étapes d’une analyse du territoire ? 

1ère étape

En théorie, on effectue d’abord les premières recherches d’informations sur le territoire, par Google, des données statistiques… Phase de défrichage qui permet généralement d’affiner l’objectif de l’étude.

2ème étapte

Il s’agit de la phase « problématique », lors de l’analyse du territoire on problématise la situation. Dans le cadre de travaux de géographes, un exemple de problématique pourrait être « détailler le fait que les terres sont en voies de désertification dans telle ou telle région et identifier les conséquences que cela engendre ». Pour un propriétaire ou gestionnaire de monument, ce pourrait être « identifier les principales sources de revenus touristiques dans la région et les potentiels à développer ».

Attention : le travail se fait sur plusieurs mois et les recherches prennent parfois plus de temps que prévu.

3Ème étape

Il faut aller sur le terrain, soit faire un tour de la commune, du quartier, des offres concurrentes… afin de faire un travail statistique, et une récolte des données. 

4Ème étape

Le travail d’un consultant sera d’insérer ces données dans des tableaux statistiques, d’analyser et de commenter ces tableaux, puis de synthétiser les recommandations. Pour un propriétaire, il s’agira plus simplement de compiler les éléments selon la logique qui lui est propre pour dégager les grandes tendances du sujet étudié et décider des orientations à prendre en conséquence.

5Ème étape (optionnelle)

La phase finale, pour le consultant, est celle de la restitution auprès des interlocuteurs, grâce à un schéma synthétique. Pour le propriétaire gestionnaire qui agit seul, il sera bon de présenter le résultat de ses recherches à un tiers afin d’éviter les biais naturels liés à la volonté d’aller dans une direction précise en amont de la recherche. Le tiers saura apporter l’objectivité.

Peut on le faire seul facilement ? Quelles compétences faut il avoir ? 

Il est possible pour un propriétaire de le réaliser seul, ce qui lui évitera de faire appel à un professionnel et ce qui sera moins coûteux. 

Néanmoins cela va dépendre de son temps. Une personne retraitée pourra le faire tandis que cela sera plus difficile pour une personne active car le temps des recherches est significatif (compter 2 semaines à 1 mois selon les problématiques des propriétaires). 

Il faut aussi de l’intérêt pour le territoire et surtout ne pas être rebuté par les documents techniques et statistiques. En effet, ces derniers ne sont pas toujours très faciles à appréhender, surtout si cela n’est pas le cœur d’activité de celui qui se fait chercheur ! Bien sûr, il ne faut pas être rebuté par les chiffres. C’est parfois un peu long, surtout lorsque l’on ne sait pas où chercher les données : il faut alors être préparé et patient.

En termes de compétences, il faut en premier lieu de la curiosité intellectuelle, un peu comme pour la démarche historique (par exemple les propriétaires qui exécutent des recherches sur l’histoire de leur château). Donc de la curiosité sur l’espace où a été inscrit le château dans le paysage, véritable moteur à l’époque de sa construction, dans des espaces immenses et ouverts.

Il est aussi utile de posséder des compétences statistiques de base, afin de comprendre les pourcentages, sachant que toute personne un peu diplômée est en capacité de le faire.

Conclusion

Il faut savoir apprivoiser les sources et jongler avec ces dernières, c’est à dire vérifier leur fiabilité et leur cohérence entre elles. Faites attention s’il s’agit de sources différences. Par exemple si elles ne sont pas à la même date ou la même échelle pour un seul territoire. Il devient alors difficile de les comparer. 

Il est également indispensable d’éviter que les informations importantes soient noyées parmi d’autres et que les conclusions soient erronées.

Et enfin il faut avoir du temps.

Pour aller plus loin

Monter un bon dossier de financement

Auto-diagnostic des besoins et des ressources

Se former

Comment faciliter l’accès d’un monument éloigné ? Hephata vous donne une méthode.

L’important à retenir dans cet article :

Certains lieux historiques ont des difficultés pour attirer du public car le site n’est pas accessible facilement : pas de transports en commun, pas ou peu de signalisations, itinéraire compliqué… Or, il s’agit d’un point primordial pour développer une activité, notamment touristique et culturelle.

Le but de l’article est de vous aider à faciliter l’accès de votre public actuel ou potentiel à votre monument. Deux clés importantes sont donc à retenir :
– faciliter l’accès jusqu’à votre édifice, même éloignée de tout centre urbain, suppose de suivre une méthode
– une « bonne » communication sur les espaces est essentielle

 « Où vais je ? Je ne sais : mais je me sens poussé d’un destin impétueux, d’un destin insensé » – Victor Hugo

Notre méthode consiste en deux grandes approches à :
– améliorer la communication sur les moyens de transports disponibles ;
– faciliter et améliorer la signalisation. 

Avoir des visuels pour « raccourcir les distances » y est présenté comme essentiel. 

1. Indiquer les moyens d’accès

Tout d’abord, il est nécessaire d’identifier parfaitement tous les différents chemins pour parvenir jusqu’à vous en étant le plus exhaustif et le plus descriptif possible.

Pour cela, posez vous quelques bonnes questions :
– Peut on venir en transports en commun ? En vélo ? En voiture ? A cheval ? En hélicoptère ? A pied ?
– Si oui par quelles routes ? Une seule mène-t-elle au site ? Plusieurs ? 
– Faut il prendre l’autoroute, la nationale, de petits chemins de terre ?

Une fois que vous savez tous les itinéraires et les moyens de transports possibles, il est alors nécessaire de pouvoir l’expliquer facilement au public. Il faut donc être précis dans ses renseignements, et pouvoir le transmettre aisément, que ce soit par mail, téléphone ou sur son site internet.

Pour une indication efficace sur votre site internet, il est bon de se questionner correctement sur les informations vraiment importantes pour le public auquel je m’adresse. Il faut, en effet, prioriser les informations. 

Dans l’ordre, nous vous proposerions les actions suivantes :

1. Inscrire en premier lieu l’adresse du site, les coordonnées GPS et, une carte. Par exemple : Emplacement et itinéraire via Google Map.

2. Lister les différents moyens de transports : train, vol, bus, voiture, vélo…

3. Indiquer s’il y a un moyen de transports spécialisé pour votre domaine (cf partenariat en 2e partie). Par exemple : Navette spéciale amenant le public du parking du Mont Saint Michel à l’accueil de celui ci.

4. Indiquer les noms précis des routes, arrêt de bus, gares… Par exemple : Autoroute A6 direction Paris, Bus C4 direction Villejean arrêt Marbeuf, Gare Nogent-le-Retrou, Ligne 1 du métro arrêt La Défense…

5. Indiquer s’il y a des parkings chez vous (handicapés ou non) et, pour quels types moyens de transports ils sont réservés (voiture, bus, vélo).

6. Noter les proximités : proche du centre ville, d’une gare, d’un aéroport, d’un métro…Par exemple : A 10 min à pied du métro, à 30 min en voiture en partant de Caen…

7. Indiquer les accès à votre propriété : une seule route ou plusieurs, accès par l’entrée/les jardins/le parc, chemin piétonnier ou routier… Par exemple : Accès du château par la petite entrée du jardin ou par la grande entrée en face du parking

Le public s’intéresse également aux aspects extérieurs des transports, c’est à dire au temps et aux prix, qui ont une influence certaine sur la visite.

Vous pouvez donc, en plus des informations citées ci dessus, indiquer :
Le temps de trajet pour chaque type de transports. Par exemple : Pour le Château X à partir de Paris, 45 min en voiture, 1h15 en train, 2h en bus, 1 jour à pieds…
Les prix pour les différents trajets. Par exemple : Ticket de métro à 1€90, péage à 30€, bus à 13€…
Pour les billets notamment, attention à bien préciser quoi prendre (Ticket centre ville ou RER, Train TGV, TER…) les prix pouvant varier aisément. Il est avantageux de mettre les liens des sites utiles pour l’achat des billets (Ratp, Sncf…).

Ces indications présentes sur votre site internet peuvent également l’être sur la brochure de votre lieu. En effet, créer une brochure a plusieurs avantages : du visuel sur vos activités, ce que vous proposez, les visites, votre contact mais surtout les moyens de transports pour venir, les accès, une carte…

Les brochures papier peuvent d’ailleurs être introduites dans de nombreux établissements touristiques, hôteliers, gastronomiques… Un bon moyen de faire parler de vous un peu partout !

2. Faciliter le transport en créant des partenariats

Enfin, il est possible – et par ailleurs, important de créer des partenariats. Comme dit précédemment, vous pourrez par ailleurs soit y déposer vos brochures s’il s’agit d’un bâtiment, soit échanger une communication visuelle si c’est via un site internet par exemple.

Les différents partenaires peuvent être :
En fonction du lieu où vous vous situez. Par exemple : l’office de Tourisme de la ville la plus proche, les Comités Régionaux du Tourisme, la DRAC de votre région…
En fonction des transports qui mènent jusqu’à vous : SNCF, RATP, compagnies aériennes ou de bus…
Autour de votre lieu : Commerce de locations de voitures/vélos/navettes, les hébergements à proximité…

En outre, comme pour les prix, il est intéressant de mettre les liens des sites internet correspondants.

3. Identifier les nouveaux usages en matière de transport

Une solution innovante : le covoiturage.
Nous pouvons observer que les transports en commun ont très souvent une importance capitale, étant un moyen efficace et moins cher de ramener du public. Néanmoins, les lieux culturels ne sont pas forcément toujours bien desservis par ces derniers. 

Une solution peut être le covoiturage : l’application Blablacar bien connue, ou encore celle de Covoiture Art, qui permet de se rendre dans des lieux culturels plus ou moins éloignés en covoiturage.

Peut-être vous sera-t-il aussi possible de négocier une publicité sur ces sites spécifiques de « voyageurs » récurrents, pour les inviter à venir jusqu’à vous.

Si vous avez identifié un public ou des proches qui se rendent régulièrement sur votre site, n’hésitez d’ailleurs pas à les inviter à proposer leurs places disponibles pour se rendre chez vous.

Deux exemples en images : 

1. Le Château de Versailles

2. Le Mont-Saint-Michel :

Exemples

L’association O’BABELTUT organise chaque année le festival « Transports Culturels », permettant de partager les déplacements et faire des sorties culturelles dans les grandes salles de Toulouse.

Le trajet pour le public est organisé par le festival, soit en bus, soit en covoiturage : dans ce dernier cas, chaque personne peut s’inscrire pour y participer et ainsi partager sa voiture ou être passager. Il s’agit donc d’une idée innovante pour pouvoir se déplacer facilement et profiter des évènements culturels du festival sans se soucier de la distance à parcourir.

Conclusion

Comment faciliter l’accès d’un monument éloigné ? Les méthodes sont simples et la clé est de vous mettre à la place du potentiel visiteur. Améliorer l’accès à votre monument est, en effet, fondamentale pour le faire vivre. C’est d’ailleurs la première approche du public, le premier regard.

Pensez donc à vous appuyer sur les moyens de communications récents et , d’ailleurs, n’oubliez pas que des partenariats sont possibles avec les administrations locales environnantes pour un impact plus large.

Pour aller plus loin

Comment améliorer la visibilité d’un monument ?

Signalétique et orientation du public dans un monument

Comment attirer un public de niche ?

Le métier d’AMO : expertise des chantiers de patrimoine. Hephata a rencontré Nicolas Burette pour qu’il nous parle de son métier en tant qu’assistant à maîtrise d’ouvrage.

L’important à retenir dans cet article :

Un château a besoin d’un entretien constant. Les propriétaires sont bien au courant de cette caractéristique propre aux vieilles bâtisses. Cependant, beaucoup de propriétaires sont dépassés par le nombre de travaux à faire… soit le temps leur manque, soit ils ont besoin d’expertises complémentaires pour s’en occuper, préparer, gérer et recevoir les travaux livrés, soit, tout simplement, ils ont besoin d’être soutenus lors de ces démarches. 
Dans ces cas, il est possible de faire appel à un professionnel, que l’on appelle souvent un AMO (Assistant à Maitrise d’Ouvrage).

Nous reviendrons sur les points suivant :
– La définition d’un AMO
– Un témoignage d’AMO
– La technique de travail d’un professionnel

Qu’est-ce qu’un AMO ? 

 Un AMO est un assistant. Il aide le maître d’ouvrage, le porteur de projet, à définir, à piloter et à exploiter un projet. L’assistant a un rôle de conseil et de proposition. Il préconise au propriétaire / gestionnaire des recommandations dont seul ce dernier reste décisionnaire. L’AMO accompagne le propriétaire à toutes les étapes de son projet.
Souvent, il accompagne des projets de réhabilitation. Mais ce n’est pas systématiquement le cas. 

Certains AMO accompagnent des projets de développement culturel. D’autres avec leur formation d’architecte ou d’ingénieur accompagnent des projets de réhabilitation. Quoiqu’il en soit, chaque AMO a sa spécificité et sait en faire profiter son interlocuteur.

L’AMO a des compétences en gestion, administration et organisation de projet. Il apporte un regard d’expert. Son souhait est d’accompagner le propriétaire afin de fournir de bons outils de base (documents, supports attractifs…) qui favoriseront une bonne autonomie sur les différents sujets traités.

Pourquoi embaucher un AMO ?
« Les conseilleurs ne sont pas les payeurs ». Cet adage est bien vrai, mais ne justifie pas que l’on se prive d’aide. A bon général, bon aide de camp !

Le recours à un AMO se justifie en particulier par la taille, la complexité, certaines spécificités d’un projet ou d’un besoin de compétences spécifiques. Dès qu’il existe un risque en matière de pilotage de projet, il est souhaitable de travailler avec un AMO.  

L’intérêt d’un AMO se remarque dès l’étude préventive. Cette dernière est effectuée avant de contacter un ABF ou de faire une demande de financement. Il aide le propriétaire à identifier et à préciser la nature de son besoin (bâtiment, parc, activités), il recommande des professionnels en fonction des besoins identifiés (matériaux, architecte, artisans, etc.) 

Puis, il contruit les dossiers avec le propriétaire.

 De quoi est constitué un dossier d’étude préalable de chantier, élaboré par un AMO ?
Ce type de dossier regroupe de nombreux documents différents. C’est l’AMO qui identifie et trouve les documents – souvent indispensables – que le propriétaire ne possède pas. A défaut, c’est l’AMO qui les construits à partir de ses recherches. 

Quelques exemples d’éléments composants un dossier : 

Les études historiques
L’AMO fait des études historiques sur le passé du bâtiment, il va chercher l’historique des travaux, répertorie les corps d’état et les différents problèmes liées à ces corps. C’est utile car cela fournit des informations précieuses à tous les prestataires qui interviendront sur le chantier. En outre, de telles études permettent au propriétaire de comprendre pour quelle raison telle décision a été prise par le passé. C’est une affaire de cohérence et de respect de l’histoire d’un lieu…

Le cahier des charges
L’état des lieux complet est indispensable car, grâce aux problèmes répertoriés dans le dossier, l’AMO peut élaborer le cahier des charges précis des travaux. La vision des besoins et des priorités devient alors plus claire. 

Le budget
L’AMO s’occupe aussi de l’aspect administratif, c’est-à-dire, du budget par exemple, du coût des travaux. 

La présentation générale du projet – destinée aux parties prenantes techniques ou financières
Les dossiers seront aussi complétés de visuels sur les espaces, sur les éléments de fondation, du mobilier, de plans, etc. Il aide même les propriétaires à monter des dossiers de financement, mais juste le montage. Les propriétaires s’occupent de l’envoyer. 

La conservation des historiques
Ces dossiers servent aussi pour garder un historique sur les dernières études et les derniers travaux. Cela permet de constater les évolutions et donc les nouveaux besoins.

La réalisation de l’état des lieux sanitaire

Attention : il y a un vrai besoin constant de mise à jour de l’état des lieux de la propriété, mais aussi des documents qui la concerne. Cette mise à jour est très rarement effectuée et c’est ce qui explique l’état de délabrement progressif de certaines bâtisses non anticipé, aucune ne présentant de caractéristiques de vieillissement, d’humidité ou autre, quelques années plus tôt. En réalité, il suffit de 2 à 3 ans pour laisser mourir un mur…
L’idéal serait d’effectuer un tour complet de son patrimoine, chaque année, juste après l’hiver. 

 Qu’est-ce qu’un état des lieux sanitaire ? Pourquoi est-ce si important pour les monuments historiques ? 
Un état des lieux sanitaire est une cartographie très précise de l’état technique et sanitaire des bâtiments, complété d’un historique rapide concernant cet état de fait.
Un suivi technique suppose la réalisation d’un rapport composé de fiches sanitaires. 

Un état des lieux est important pour suivre les évolutions de ses espaces, les notifier, les comprendre, les analyser et anticiper ce qu’il peut advenir. Rares sont ceux qui le font de façon professionnelle. Cela sauverait de nombreuses bâtisses sans en payer le prix fort ! 

Pour un état des lieux sanitaire, j’effectue d’abord une identification du monument puis un état des lieux global. Ensuite je donne un retour sur les derniers travaux ainsi qu’une observation exhaustive de l’existant (corps d’état/par postes avec un repérage sur le plan, listage, observation un par un en utilisant les visuels). Enfin, je propose une compilation méthodique de ces éléments dans un dossier.

Concernant la cartographie, je dessine moi-même un schéma à l’aide de visuels principalement. J’ai en effet un outil de cartographie que j’utilise pour le bilan, mais la majorité des détails se trouvent en extérieur. C’est un risque d’erreur que de vouloir réfléchir sur un espace. Il faut penser dans l’espace global, c’est-à-dire toute la propriété.

 Comment travaille un AMO de façon générale… ou plutôt comment procédez-vous personnellement dans le cadre des travaux ?
Je réalise un état des lieux, en partant des détails jusqu’au plus général. Je réfléchis par corps d’état. Puis, j’élabore une stratégie de priorisation afin de proposer la démarche de travaux la plus efficace possible. Enfin, j’anticipe les sujets liés à la gestion financière, et cette fois-ci, je pars du général pour revenir aux détails. 

Plus précisément, ma démarche est la suivante. Je regarde d’abord visuellement les espaces (sans plan, schéma rapide). Ensuite, je réalise le détail des structures (si besoin alors je démarche des bureaux d’études ou d’architecte). Puis je réalise un chiffrage des travaux pour avoir une idée du budget global et je construis, ce qu’on appelle le phasage : 
– Programmation (fait par l’architecte)
– Phasage technique : je fais en fonction des besoins et les priorise. Hiérarchisation des urgences mise en relation avec la capacité financière du propriétaire.

Enfin, j’étudie la capacité financière : étude des finances, certains particuliers ont parfois des budgets alloués aux travaux (il me le transmet et je vois ce qui va manquer) et je propose des dossiers de financements de base afin de transmettre aux potentiels aides, mécènes, etc.

 Quels outils utilisez-vous ? 
Les outils que j’utilise sont artisanaux. Je n’utilise pas de logiciel particulier pour m’aider dans mon travail, mais je les connais bien. Si besoin est, je consulte un bureau d’étude technique pour consolider certaines de mes études les plus complexes. 
L’état des lieux se fait visuellement, très méthodiquement, et les préconisations en dérivent. 

 Finalement, les AMO sont-ils indispensables aux propriétaires ou bien peuvent-ils, s’ils ont les compétences et le temps, réaliser eux-mêmes les préparatifs aux travaux et les états des lieux sanitaires ? 
En quelque sorte, les AMO sont aux propriétaires, ce que des consultants sont à des entreprises…

Ils sont pleinement utiles lorsque : 

Les compétences, le temps et les outils viennent à manquer

L’urgence des travaux approche : diminuer l’anxiété favorise une prise de décision sereine et rationnelle, souvent plus économique à long terme

La complexité des espaces ou des travaux est importante, en particulier lorsque le patrimoine a un historique complexe ou inconnu

La multiplicité des sujets à traiter impose une vision globale maitrisée : les travaux, l’appel de fonds, la gestion des tiers, etc.

La multiplicité des parties prenantes est complexe à orienter – dans le cas des familles indivisaires notamment

Vous connaissez désormais le métier d’AMO et son expertise des chantiers de patrimoine.

Pour aller plus loin

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Le BIM, outil numérique de gestion

Nicolas Burette – Patrimoine historique

Comment entretenir la cheminée de son château ? Un réel défi ! Hephata vous en dit plus…

L’important à retenir dans cet article :

 – Comment entretenir la partie visible de votre cheminée
– Comment entretenir la partie fonctionnelle de votre cheminée
– Et, le plus important : des clés pour un feu de cheminée réussi et sécurisé !

L’incontournable plaisir du château, le feu de cheminée

La cheminée est sans doute un des éléments phares de votre demeure. En plus d’être esthétiquement belles, les flammes du feu de cheminée qui en résultent sont un plaisir universel qui vous apportent satisfaction et confort. Il est toujours très chaleureux de s’asseoir au coin du feu un soir d’hiver en écoutant le doux crépitement du bois avec la lumière tamisée qui émane.  
La cheminée soulève néanmoins de nombreux enjeux : normes, esthétique, assurance, isolation, confort, et bien entendu sécurité.
Ici, deux cas de figure : soit votre feu de cheminée est une commodité agréable, soit il vous permet de chauffer la maison de façon «essentielle». 
Dans tous les cas, une cheminée, tout comme son feu, nécessite un entretien régulier et indispensable. Les risques ? Le monoxyde de carbone, un gaz mortellement dangereux contenu dans la fumée, qui peut assaillir vos poumons jusqu’à les brûler…
Pour éviter cela, il faut que votre foyer soit bien entretenu et que votre tirage soit efficace.
Dans cet article, nous partirons du foyer, jusqu’au toit ! Il ne vous reste qu’à vous rendre à la partie qui vous intéresse.

Conseil : faites le grand nettoyage à la fin de la saison hivernale ou avant l’arrivée des grands froids.

Pourquoi faut-il entretenir ? 

Les sanctions

Tout d’abord, il faut savoir que des sanctions sont possibles si la règlementation n’est pas respectée. 

Les nuisibles

Il est également important d’entretenir régulièrement son conduit de cheminée pour prévenir de désagréments quelques peu inattendus, comme l’intrusion de nuisibles sous les parquets par exemple. Les nuisibles tels que les fouines sont capables de déplacer les pierres du conduit de la cheminée, pour s’introduire sous le parquet. Résultat, on se retrouve avec de la fumée dans la chambre, doublé de grattements permanents sous le lit.

La sécurité et le confort

 

L’importance de l’isolation

L’isolation d’un conduit de cheminée, c’est la clé d’un bon tirage. Ainsi, le bistre se formera plus difficilement et les fumées seront évacuées plus facilement.
Les matériaux incombustibles tels que la pierre, l’acier, la céramique ou la laine de roche sont les meilleurs isolants. Dans le cas où vous doutez de l’isolation de votre conduit de cheminée, vous pouvez l’habiller avec des plaques isolantes en laine de roche, laine minérale ou laine de céramique.
L’isolation d’un conduit de cheminée doit répondre aux normes DTU 24.1. C’est-à-dire qu’à la surface des parois de votre conduit, la température ne doit pas dépasser 50°C pour les parties habitées et 80°C pour les parties non occupées.
Pour plus d’informations sur l’isolation référez-vous à l’article concerné .

Dernier point, la partie visible sur le toit, la souche de cheminée
C’est un point qui peut être sensible aux infiltrations d’eau. En général, votre souche sera raccordée au toit par un habillage en zinc. N’hésitez pas à refaire les jonctions avec du mastic d’étanchéité en cas de soucis.
Vous pouvez également rajouter un chapeau de cheminée qui améliorera le tirage, protègera des intempéries, des intrusions et obstructions possibles : chouettes, nids d’abeilles, de frelons, etc. 

Comment entretenir ? Les bons réflexes d’entretien et de nettoyage du cœur que l’on peut faire soi-même

1. Evacuer les cendres

Evacuer les cendres avant chaque utilisation. Mais ne les jetez pas, elles sont un excellent fertilisant pour votre jardin ! 

2. Nettoyer régulièrement les pierres qui constituent le foyer de votre cheminée

Méthode 

Munissez-vous d’eau de javel pure que vous allez énergiquement frotter contre les pierres à l’aide d’une brosse. Après quoi vous viendrez appliquer un mélange d’eau bouillante et de savon noir qui aura pour effet d’enlever la suie encastrée dans les pierres. Laissez reposer quelques heures avant de venir frotter à l’aide d’une pierre ponce. Pour finir, brossez les pierres au savon et à l’eau.

Attention

Ne dégraissez pas trop les pierres, car c’est aussi c’est une protection naturelle. 
Pensez à bien vous munir de gants et attention aux brûlures !

Attention aussi à ne jamais mélanger la javel avec des produits ménagers ammoniaques ou du vinaigre blanc.

3. Nettoyer le manteau de la cheminée lorsqu’il noircit.

Le manteau est la partie qui surplombe le cœur.

méthode

Frottez le manteau à l’aide d’une brosse dure et d’eau mélangée à du bicarbonate de soude. Vous pouvez rajouter quelques gouttes d’acide chlorhydrique dans l’eau si le résultat n’est pas satisfaisant.
Il existe aussi des techniques plus spécifiques aux matériaux de votre manteau :
– S’il s’agit d’un manteau en pierre : même technique que pour les pierres de l’âtre 
– Pour un manteau en brique : huile de lin
– S’il est en marbre : fine laine d’acier trempée dans le l’eau savonneuse

attention

Toujours bien se protéger le visage et les mains ! Pour finir, et obtenir un nettoyage optimal et durable, on applique une cire incolore à l’aide d’un chiffon.

Prévenir l’encrassement, c’est utile et facile

Faire attention au bois utilisé. Eviter le bois peint, le bois résineux, aggloméré, et surtout le bois humide !
Ne pas bruler ses ordures ménagères, ni même les cartons ! Les gaz sont particulièrement toxiques.
– Si votre âtre a une vitre, nettoyer régulièrement les joints. 

Les accessoires de foyer sont aussi à entretenir…

Ils sont nombreux, bien souvent métalliques, et nécessite également un entretien : plaque de contrecœur, plaque de foyer, chenets, crémaillère, tisonnier, écran de cheminée, etc. 

Les métaux les plus utilisés au sein d’une cheminée sont le fer forgé qui a une bonne conductivité thermique, le bronze qui a une bonne résistance à l’usure, et le laiton qui a une bonne résistance à la corrosion, tout comme la fonte. Leur utilisation va varier selon la fonction à laquelle est destinée l’accessoire de foyer.  

La plaque de contrecœur, aussi appelée taque, est destinée à capter la chaleur. Elle est souvent en fonte et cela permet d’ailleurs de faire de jolis motifs grâce à la bonne coulabilité de ce métal. De plus, la fonte ne s’oxyde pas en profondeur.
Dans les châteaux, on trouve souvent les plus belles plaques avec un blason ou un autre symbole historique.
Méthode d’entretien de la fonte : Commencez par dépoussiérer et dégraisser la plaque. Frottez ensuite la plaque à l’aide d’une brosse métallique dans un premier temps et de la laine d’acier dans un seconde temps. Redépoussiérez la plaque avant d’appliquer de l’huile de vaseline à l’aide d’un chiffon.

Astuce : l’application de la crème ferronnerie noire de la maison DUGAY permettra de protéger durablement les métaux. 
Pour en savoir plus, n’hésitez pas à contacter les ferronniers recensés dans l’annuaire !

L’entretien du conduit : au tour du professionnel de jouer

Bien qu’à une époque on se débrouillait soi-même pour le ramonage, aujourd’hui, il doit être fait par un professionnel. Vous pouvez toujours le faire vous-même à l’aide d’un kit de ramonage mais selon le règlement sanitaire départemental, la cheminée doit être ramonée par un professionnel, et ce annuellement.

Cela permettra d’évacuer le bistre, qui est une couche de suie compacte hautement inflammable, et ainsi prévenir du risque d’incendie. Le professionnel est censé vous remettre un certificat, que votre assureur vous demandera en cas d’incendie. N’oubliez pas de le demander…

La clé…

Chaque entretien de votre cheminée apportera un petit plus pour le chauffage. Chaque démarche que vous entreprendrez sera une démarche d’optimisation du bon fonctionnement de votre cheminée. Le tirage sera amélioré, la sécurité sera renforcée et le chauffage sera d’autant plus agréable.

Pour aller plus loin

Comment isoler un château et optimiser le chauffage ?

Comment se chauffer efficacement dans un château ?

Le défi de la connexion internet dans les châteaux

Comment recevoir du public dans les jardins, qu’ils soient classés ou non ? Hephata a interrogé Marie-Françoise Mathiot-Mathon, propriétaire du Château et des jardins de La Ballue.

L’important à retenir dans cet article :

Marie-Françoise Mathiot-Mathon est une passionnée de l’art des jardins, qu’elle considère comme un véritable partage culturel. En effet, ces jardins sont lieu de rencontres : public, photographes, réalisateurs… Le spectacle est toujours renouvelé au fil du temps, des saisons, et des contacts. Elle aime communiquer sur ce lieu unique et aux univers différents, d’Alice aux Pays des Merveilles au jardin « zen japonais », en passant par la mise en scène du paysage à travers la vague d’ifs. Au vu de son site internet clair et épuré et du succès de ses jardins, nous avons interviewé Marie-Françoise qui se charge elle-même de la communication autour de son site.

Votre public

Quel type de public accueillez vous ? Comment fait-on venir des jeunes à visiter à jardin, de quoi faut-il parler ?

Pour apprécier les jardins, nul besoin d’être un érudit, une sensibilité prononcée pour l’esthétique et la poésie sont seuls nécessaires ! Nous accueillons un public varié, bien que davantage à partir de 40 ans, et nous avons une politique incitative pour les enfants grâce à la gratuité jusqu’à 10 ans. Quelques groupes de personnes handicapées viennent nous visiter, et nous sommes heureux de leurs apprendre des éléments pratiques. Mais, nous regrettons de ne pas pouvoir accueillir plus de jeunes publics parce qu’ils seraient très certainement sensibles à cet art si particulier du jardin…. 

Nous ne recevons pas beaucoup de jeunes, il s’agit alors d’étudiants en art, jardins, paysages, ou architecture. Il s’agit plutôt d’un public à partir de 35-40 ans, assez cultivés.
Nous sommes ouverts à l’international, avec plus de 50% d’étrangers qui louent des chambres et un tiers qui visitent les jardins.

Nous avons une problématique double : deux sites et deux activités différentes, celle de l’accueil des jardins et celle de l’hébergement. Il faut donc toujours être à la pointe. 

Pensez-vous qu’il s’agisse de l’art topiaire en particulier qui fascine les visiteurs ou bien l’ambiance générale du jardin ?

Les personnes ne connaissent pas forcément l’art topiaire, qui consiste en la taille des végétaux. Je pense donc que c’est plutôt l’ambiance du jardin qui est propice à la réflexion et à la quiétude, et qui attire les visiteurs. 

L’excès de fréquentation fait perdre de la sérénité au lieu. C’est pourquoi, je fais tout pour que les gens s’y sentent bien et comme chez eux. C’est, pour ainsi dire, un jardin de la liberté.

Votre communication

Comment communiquez-vous sur vos jardins ? Plutôt en face à face ou digital ? Comment fait-on connaître un jardin ?

En ce qui concerne le face à face, l’accueil est personnalisé : nous prenons le temps pour leur parler du domaine, leur présenter le jardin, leur remettre le document de visite… Nous sommes présents pour nos visiteurs.

Je suis très active en communication, ayant reçu une formation webmarketing. Mais je me fais quand même aider par une attachée de presse. J’entretiens des relations privilégiées avec la presse (journal Architectural Digest par exemple), la télévision (pour des reportages institutionnels…).

Je suis également en contact avec de nombreux photographes, tels que Yann Monel qui est le photographe du jardin et avec qui un livre a été réalisé Les Jardins de La Ballue.

La communication passe par plusieurs canaux :
– le papier (les dépliants touristiques par exemple) ;
– les réseaux sociaux. Je suis très présente sur les réseaux sociaux, comme Instagram(800 followers), Twitter, et Facebook (1500 likes qui ont fait monter les statistiques). On y poste les aventures du quotidien (tissus muraux, restauration des toitures…) mais aussi des articles, comme par exemple celui sur le tournage du film d’Anthonin Peretjatko ;
– les sites web. J’ai deux sites, un pour le château (Château de La Ballue) et un pour les jardins (avec word press, Jardins de La Ballue), qui sont en permanence actualisés et complétés.

Il faut toujours être présent un maximum sur la toile et également faire attention aux sites d’avis. Dans la communication digitale, il est aussi important de constituer :
– des mailings
– des fichiers (clients, partenaires et médias).

Pour que les gens aient envie de revenir, la base est de réussir à joindre tous ces éléments !

En plus de la communication à proprement parler, avez-vous d’autres moyens pour atteindre vos visiteurs potentiels ?

Il faut aussi du contact physique : une boutique, un salon de thé… Nous proposons aux visiteurs de laisser leurs coordonnées email pour être tenus au courant des évènements que nous organisons.

Il est important de nous adapter à notre public : aujourd’hui la communication est forcément bilingue, au moins en anglais.

Au début, ce qui a été important c’était de définir la marque et ainsi de relancer la communication. Nous avons créé une véritable identité La Ballue, avec une ligne graphique identique depuis le début, un logo…

L’animation de vos jardins fait-elle partie de votre communication ? Comment s’organise-t-elle ?

Nous faisons de nombreuses animations dans divers domaines : la musique (3-4 concerts par an), l’opéra, le théâtre, la danse…Par exemple, nous avions réalisé une animation « Pâques au pays des merveilles ». Il y avait un côté « fait maison » et un univers ludique (qui est évidemment un des rôles importants du jardin).

Le lieu a permis des rencontres extraordinaires dans beaucoup de domaines (cinéma, musique, danse…). Il est très ouvert à l’Art Contemporain et rend possible la découverte de choses inimaginables.

Un autre exemple : le festival de danse contemporaine Extension Sauvage, avec Lattifa Laabissi. Dans ce cas, le jardin devient une proposition scénographique pour les danseurs, et le lieu permet de dépasser ses propres limites. Le festival est important pour s’inscrire dans le territoire.

Les animations demandent beaucoup d’énergie mais tous ceux qui travaillent ici s’impliquent beaucoup. Nous nous établissons comme la vitrine d’un savoir-faire artisanal français : il est impératif d’éviter toute faute de goût ! 

Je suis très sollicitée car les évènements jardins sont importants et diversifiés. La clé est une bonne signalétique et surtout un travail de communication. Il faut être très réactif, et ne rater aucun article de presse.

Cherchez-vous à avoir des retours de vos visiteurs ? Si oui par quels moyens (sondages, commentaires…) ?

Le public est souvent heureux d’avoir pu visiter nos jardins, qui sont un lieu d’échange social. Nous bénéficions de nombreux retours car nous sommes très à l’écoute, d’abord en direct mais aussi à travers de multiples outils de suivi : que ce soit par mail, ou dans les commentaires de sites touristiques tels que TripAdvisor, Booking… Nous effectuons une vérification presque quotidienne de ces messages, cela nous permet de prendre en compte les avis des visiteurs et ainsi de toujours nous améliorer.

Avez-vous des labels, des partenariats ?

Il est très important de travailler sur les labels : par exemple, celui de Jardin Remarquableest renouvelé tous les cinq ans, il faut donc toujours rester au top !
C’est notre troisième renouvellement de ce label : nous en avons eu un en 2005, 2011-2012, et 2016.

Mais ce n’est pas tout : il faut rechercher d’autres labels. Par exemple, effectuer une démarche de labellisation Qualité Tourisme, accomplie avec les chambres de commerce. Ils sont très exigeants et pourtant il s’agit déjà de notre troisième ou quatrième renouvellement.

Outre les labels, les partenaires sont évidemment primordiaux, que ce soit en guides papiers (Le Routard, Le Petit Futé…) et les sites spécialisés.

De même, je suis entrée cette année dans l’association des Plus Beaux Jardins de France(avec Bruno Monnier à la direction).
Cette démarche de labelisation est lente, progressive car elle se pense en fonction de nos développements tout autant que de nos découvertes des nouveaux labels. Nous restons donc bien attentifs à « ce qui se fait ». 

Quels sont vos résultats ?

Nous avons environ 6500 à 7000 visiteurs par an. La communication autour des jardins est un travail indirect de communication qui sert à la notoriété de notre activité d’hébergement.

Nous avons aussi reçu le prix du tourisme numérique il y a 3 ans, un trophée du tourisme, le Prix Européen des Jardins… Ce dernier a permis des retombées presses incroyables ! Cela démontre au public que nous avons réussi à professionnaliser un lieu chaleureux, tout en restant unique et haut de gamme.

Quels conseils donneriez-vous à des propriétaires qui essaient de suivre la même voie que vous ? Comment recevoir du public dans les jardins classés ?

Il faut être très patient car les répercussions sont lentes sur le nombre d’entrées.
Le bouche à oreille est très important, et cela fonctionne très bien notamment grâce à la qualité.

Le nombre d’entreprises touristiques en Bretagne étant important, nous avons une disproportion entre le nombre de visiteurs et la reconnaissance médiatique : beaucoup de presse mais pas assez de public. Nous réfléchissons donc à d’autres axes de développement, comme par exemple ouvrir un restaurant. Cela reste compliqué car il est difficile de trouver du personnel dans la même dynamique…

Pour aller plus loin

Valoriser des espaces paysagers d’exception

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Développer la médiation culturelle pour les jardins

Choisir les essences d’arbre de son parc

Transformer un parc en jardin remarquable. Hephata est allé à la rencontrer des propriétaires du château de la Ballue pour en savoir plus sur la valorisation des jardins.

L’important à retenir dans cet article :

Marie-Françoise Mathiot-Mathon est propriétaire du domaine de La Ballue depuis 2005. Ce lieu a notamment été choisi pour ses jardins : créés au 17e siècle d’une base classique, ils sont refaits en 1973 par la précédente propriétaire Claude Artaud et deux architectes, François Hébert Stevens (neveu de l’architecte Robert Mallet-Stevens ; passionné du nombre d’or et ayant reçu un prix de littérature pour son ouvrage « L’art ancien de l’Amérique du sud ») et Paul Maymont (architecte utopique futuriste). 
Le jardin s’appuie sur des règles de l’architecture classique tout en s’approchant d’un mouvement avant gardiste. 

Classés monument historique en 1998, les jardins ont évolué au fil du temps et ont fait l’objet de restaurations successives. Mme Mathiot-Mathon et son mari, passionnés de jardins et de patrimoine, ont acquis La Ballue et ont poursuivi cette démarche de restauration et d’entretien. Elle a eu en particulier une démarche de gestion de la lumière et du volume de l’espace arboré et a travaillé en collaboration avec des arboristes : « travailler au jardin est essentiel à l’équilibre d’être humain, la qualité de vie est très améliorée ».

 LA RESTAURATION

Qu’est ce qui vous a donné cette envie de restaurer et de conserver ces jardins ?

Je souhaitais avant tout « emmener La Ballue vers demain ». En effet, dans les jardins, il y a un caractère évolutif, la fois vivant et fragile. Il faut garder à l’esprit qu’il n’y a jamais rien d’acquis dans un jardin.

Cela a été un vrai choix : nous arrivions d’un autre château, avec des connaissances préalables, et nous devions nous installer en Bretagne. 

Mon mari et moi même faisions un nouveau métier, des chambres d’hôtes, et nous avions donc des exigences sur la demeure et son environnement. Bien sûr, les jardins étaient un complément indispensable de la maison. Nous souhaitions une demeure historique, et la très belle harmonie entre l’architecture du château et le jardin a provoqué un véritable choc lorsque nous avons visité La Ballue.

Le Château sépare deux univers entre la cour vers le monde extérieur, et le jardin vers un monde intérieur et chaleureux. Nous voulions redonner vie à cet endroit, et ma famille m’a aidé à insuffler ce nouveau souffle.

Avez vous retrouvé des archives et des documents pour ainsi reproduire la disposition et les formes du jardin ?

Nous n’avons pas retrouvé de réelles archives sur les jardins du 17e siècle, mais nous avions le plan du nouveau jardin réalisé en 1973 par Claude Arthaud.

Comment s’est passée la restauration ? Quelles furent les premières étapes ? Combien de temps cela a t’il pris ?

J’ai effectué une analyse du jardin avec des spécialistes architectes à la DRAC et des arboristes. Il s’agissait de respecter l’oeuvre, tout en y prêtant des désordres et des anomalies afin de le renouveler dans le même temps. J’ai aussi créé le jardin des douves.

Le jardin a été refait par Claude Arthaud et j’y ai rajouté quelques éléments. Il est, en soi, en restauration permanente puisqu’il faut l’entretenir quotidiennement.

Nous avons donc réussi à améliorer la qualité de présentation, l’entretien du jardin…

Ce n’était pas toujours simple puisque le remplacement des végétaux vieillissants ou malades nécessitait de prendre déjà des végétaux très présents, de grandes tailles pour les remplacer, le jardin étant déjà mature. Par exemple, nous avons effectué la replantation de certaines chambres de verdure tel que le bosquet à attrape.

Un autre exemple de restauration est celle de la marquise de l’allée des tilleuls : tous les ans, la taille doit être entretenue. Il faut donc savoir « conduire », c’est à dire plier ou couper la bonne branche afin d’avoir la forme voulue. Cette technique d’arboristes est assez expérimentale et risquée à la fois. Mais le jeu en a valu la chandelle !

En quoi est-ce que la restauration des jardins allait de pair avec celle du château (axes définis…) ?

Le jardin est complètement lié au château. Dès 1615, le château est pensé avec des terrasses comprenant des jardins à la française, un verger et un potager. La disposition du jardin baroque italien s’inscrit dans le paysage en continuité de la maison. On peut d’ailleurs voir cette liaison dans la salle à manger : le plafond à caisson représente comme un plan des jardins qui y font face.

Qu’est-ce exactement que l’art topiaire ?

Il s’agit de tailler les végétaux pour leur donner des formes très variées. Ici, ce sont des topiaires à l’italienne, fantaisistes, extravagantes.

Avez-vous un ou des jardiniers en particulier ? Est-ce difficile d’en trouver pour conserver l’art topiaire ? Combien de fois par semaine, par mois ou par an faut-il les entretenir ?

Nous avons trois à cinq jardiniers tous les jours et un spécialiste en art topiaire. Il vient nous aider en supplément au moment de la taille, qui se réalise de juin à octobre tous les ans. En outre, les interventions sur les arbres sont réalisées par des arboristes grimpeurs, à chaque hiver.

Trouver des professionnels est devenu une problématique récurrente, car le métier de jardinier semble être dévalorisé. Nous n’avons pas les mêmes jardiniers chaque année, c’est pourquoi c’est compliqué et nous essayons de nombreuses choses.

Le problème pour trouver ces compétences c’est que souvent, soit les jardiniers sont très performants mais ne veulent pas vivre en milieu rural, soit ce sont des personnes locales moins qualifiées qu’il faudra former.

Organisez-vous des évènements dans vos jardins ?

Tout à fait, nous avons deux sortes d’évènements :
– le jardin pur, le végétal avec des week-ends de démonstration de l’art de la taille (art topiaire), et la taille des rosiers (depuis 2 ans).
– le culturel avec la danse, la musique…

Je suis souvent partagée entre l’intérêt d’animer le jardin mais aussi de le faire vivre autrement. C’est un lieu serein pour la visite et ces évènements doivent rester de simples moments précieux dans l’année.

Quelles sont les difficultés de la restauration d’un jardin remarquable ?

Dans la restauration, les difficultés habituelles sont surtout : 
– la fragilité du lieu, 
– le coût, 
– les collaborateurs.

Ce qui est le plus ardu, ce sont évidemment les coûts. Ils incorporent la masse salariale (les jardiniers, grimpeurs…), les équipements (quand je suis arrivée il n’y avait rien), les végétaux… Le financement privé est assez conséquent ! 

Avez-vous des conseils à donner à des propriétaires concernant la restauration de jardins ?

Un conseil en restauration : il faut savoir s’entourer des bonnes personnes. Il est bon aussi d’avoir des objectifs de long terme. Etre passionné, déterminé, courageux et entier pour y arriver !

Pour aller plus loin :

Interdiction du glyphosate pour les jardins historiques

Gérer et optimiser son domaine forestier

Prix et financements du patrimoine jardinier et paysager

Jardins d’Histoire, restauration et réhabilitation de Parcs et Jardins historiques

Jardin Patrimoine, restauration et création de parcs et jardins

Mérules et champignons : comment lutter contre et s’en prémunir dans un château ?

L’important à retenir dans cet article :

 – Les bons réflexes à avoir pour se prémunir de la moisissure
– Un outil révolutionnaire pour lutter efficacement contre les champignons
– Les différentes méthodes de traitement d’une moisissure déjà présente

Contexte

L’INSEE estime le parc immobilier français à 34 millions de logements. Selon lui, 1/3 serait affecté soit par des problèmes d’humidité, de luminosité, ou de de chauffage, et donc potentiellement par des problèmes de champignons.
Dans les châteaux en particulier, la moisissure et les champignons ont tendance à facilement se propager. Ils se constituent souvent dans les milieux humides, sombres, non chauffés, ainsi que sur les matériaux constitués de matières organiques tels que le bois, les tapisseries, les tuiles, etc. 
Leur propagation peut être extrêmement rapide selon les situations et parfois catastrophique. Les conséquences peuvent être matérielles, mais également sanitaires et à l’origine d’allergies humaines.
Un champignon est de la moisissure en stade précoce. C’est à ce moment-là qu’il faudrait agir rapidement, et plus encore à mesure qu’évolue la moisissure. Comme toujours, il vaut mieux prévenir que guérir

Les causes de la moisissure : un fléau lié à l’humidité

Il est donc impératif de trouver la cause de l’humidité si l’on ne veut pas que la moisissure et les champignons reviennent continuellement.
L’humidité peut être due à plusieurs facteurs : une maison en partie enterrée ou entourée de douves, une fuite d’eau, une mauvaise isolation, une mauvaise aération, etc. On parle alors de désordre thermo-hydrique.
Il existe plusieurs types de champignons intérieurs, qui se forment en se nourrissant de matières organiques. 
Le mérule : c’est le plus connu. On l’appelle aussi champignons des maisons. Il désigne plusieurs espèces de champignons qui se nourrissent de bois humides.
La salpêtre : ce n’est pas un champignon, mais il existe aussi. Il provient de remontées capillaires associées à une mauvaise ventilation.

Mérule

Détecter et prévenir la moisissure

Il y a des signes qui ne trompent pas et qu’il faut savoir détecter rapidement pour adapter au mieux le traitement. Plus vous détecterez tôt ces signes et moins les dégâts seront importants : papier peint qui se décolle, dégradation des plâtres et enduits qui s’effritent, revêtement de sol qui pourrit, auréoles, cloques, et bien sûr petits champignons.

Les outils utilisés par des professionnels
Il existe des outils qui permettent de mesurer l’humidité : thermo hygromètre, analyses chimiques.

Les méthodes pour anticiper la formation de moisissure
En connaissance des causes de leur développement, les experts conseillent de : 
Vérifier l’isolation, notamment celle en contact avec le sol (Voir article isolation), 
Chauffer correctement l’intérieur de manière à garder une température stable autour de 20°C, et de l’aérer régulièrement, au moins une fois par jour, le matin par exemple,
Ne pas laisser des espaces trop sombres, en laissant les portes ouvertes par exemple,
Ne pas stocker du bois ou du carton dans des milieux humides
Traiter le bois, les murs, et vérifier que les évacuations d’eau telles que les gouttières, les caniveaux, etc. ne sont pas encombrées (feuilles mortes, mousses).

Le bio-détecteur fongique, un outil permettant de voir la moisissure avant qu’elle ne soit vue

Conçu par le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment), cette balise de surveillance et de diagnostic permet à son utilisateur de détecter la présence de mérule et de moisissures à un stade très précoce alors même que l’œil nu ne peut pas les voir.
Le salon Pollutec de 2014 a primé le biodétecteur fongique Technique Innovante pour l’Environnement . Par sa technologie et son innovation, il participe à la sauvegarde des constructions, à la bonne conservation de notre patrimoine culturel, mais aussi, et c’est important de le souligner, à la santé des occupants des lieux.

En plus d’être très utile, ce détecteur est aussi très simple d’utilisation. Il suffit de l’installer dans l’environnement que l’on souhaite surveiller. Il se chargera ensuite lui-même de collecter et d’analyser en temps réel les informations qu’il collecte. 
En cas de risque de développement champignonneux, le détecteur fongique donne une alerte et il est alors possible d’intervenir dans les meilleurs délais pour mettre un terme à la prolifération de la moisissure. 
Bioguess, filiale du CSTB, propose désormais l’ensemble du dispositif de surveillance et de diagnostic des aéro-contaminants de l’air intérieur pour…780€ par mois. Le prix est malheureusement très élevé. A vous de voir si l’investissement en vaut la peine.
Mais alors comment faire pour lutter contre la moisissure déjà présente ?

Lutter contre la moisissure déjà présente ; des outils pour l’assèchement forcé de la zone contaminée

Quel que soit le type de moisissure déjà présente, l’origine reste la même, l’humidité. Il faut alors procéder à un assèchement forcé de la zone contaminée. Pour cela vous pouvez utiliser un déshydrateur ou un déshumidificateur, trouvable un peu partout pour des prix variants entre 100 et 600 € (Darty, etc.)

Les traitements supplémentaires
Une fois le support asséché, il faut procéder à un traitement supplémentaire, qui varie en fonction du type de champignons. Le mieux est de faire appel à un professionnel spécialisé dans les problèmes d’humidité. Seul un professionnel sera capable de vous conseiller au mieux sur les traitements adaptés à votre problème pour l’éliminer durablement.
On vous donne néanmoins quelques astuces qui vous permettront d’agir le plus rapidement possible.
Mérule : il existe des traitements chimiques assez complexes (reportez-vous au Pour aller plus loin…). 
Le traitement par air chaud est très efficace et consiste en la hausse de la température de la pièce infectée à une cinquantaine de degrés pendant plusieurs heures. Le mérule ne supporte pas les chaleurs extrêmes.
Attention : Ne grattez pas le mérule ou n’essayez pas de le tuer à l’eau de javel, vous ne ferez qu’accélérer le développement du champignon.

Salpêtre : dépôt blanchâtre généralement situé à la base des murs intérieurs à cause de problèmes de remontées capillaires. Il faut complètement retirer les enduits contaminés par le salpêtre. Ils sont définitivement corrompus.

Salpêtre

Prévenir plutôt que guérir

Il est important de bien régler tous les problèmes à leur source car la mesure de l’humidité n’est pas uniquement corrélée à la croissance de moisissures. Ces dernières ont également besoin d’eau liquide pour se développer.
Vous l’aurez compris, avant toute chose il vous faut corriger vos problèmes généraux d’humidité sinon tous vos efforts seront vains. Améliorez également votre ventilation intérieure, réglez vos problèmes de remontées capillaires, procédez éventuellement à des traitements de surface avec des enduits anti humidité.
Et petit conseil supplémentaire, prêtez une attention particulière à vos gouttières (parfois encastrées dans la maçonnerie), souvent à l’origine d’une infiltration d’eau.  
Désormais vous le savez, il faut prévenir plutôt que guérir. Vous serez plus tranquille et la tâche n’en sera que plus simple.

Pour aller plus loin

Un festival pour contrer la mérule

Restaurer un château et sa chapelle : la méthode

Comment améliorer la visibilité d’un monument ? Hephata se penche sur la question de la signalétique extérieure.

L’important à retenir dans cet article :

 – La définition de la signalétique
– Une bonne signalétique doit être simple et efficace
– La marche à suivre pour la réaliser

 « A bien interpréter des signaux certains gagnent leur vie. A mal interpréter des signaux la plupart la perdent » – Daniel Desbiens.


De nombreux lieux culturels et historiques n’ont pas assez d’indications et de directions claires pour que le public vienne facilement. Les personnes peuvent donc se tromper de route ou ne pas la comprendre, et perdre du temps voire renoncer à venir.

Pour éviter cela, il est alors judicieux de penser en termes de signalétique : cela regroupe l’ensemble des signaux destinés à informer, diriger ou avertir dans les bâtiments, sur les routes, les chemins de fer, en mer… 

En effet, une meilleure signalisation de l’endroit, que ce soit en voiture ou en vélo par exemple, permet au public d’arriver facilement à destination, et de garder ainsi une première image positive du lieu. Il est possible de réfléchir à des solutions stratégiques afin que le trajet soit clair et le plus simple possible pour le public.

1. La réalisation d’une signalétique efficace et simple

Après avoir précédemment défini ce qu’était qu’une signalétique, nous vous présentons une méthode pour réaliser une signalisation efficiente, selon L’Instruction Interministérielle sur la signalisation routière et HandiNorme. Cette méthode est constituée en 3 étapes.

Les supports

Tout d’abord, il faut penser au type de panneau dont vous allez avoir besoin. Celui ci se décline sur plusieurs critères :
– La forme : flèche, rectangle, carré…
– La couleur : marron, vert, noir…
– Les dimensions : petit, moyen, grand…
– La matière : carton, métal, bois…
Par exemple : Un panneau rectangulaire en bois peint en rouge, un panneau d’autoroute simple avec le nom du lieu, une affiche proche du lieu indiquant le temps « à 5 min du magasin X à gauche »…
Attention : les formes et les couleurs des panneaux peuvent avoir des significations selon les codes auxquels vous êtes soumis. Pour cela, se référer au site : Catalogue des signaux routiers.

Les emplacements

Ensuite, il faut réfléchir au lieu :
– Le type de route où est implanté le panneau : route nationale / départementale, autoroute, chemins de terre / piétonnier, cycliste…
– L’endroit : Devant le domaine, en centre ville, en face du métro, à 1h30… Il faut que ce soit des emplacements stratégiques, que ce soit par rapport aux transports (gare, métro), qu’aux routes (croisements, directions…).
Par exemple : Panneau placé au croisement entre deux villes, et non au milieu d’une route droite sans possibilité de déplacements autres…
Attention : on ne peut pas faire n’importe quoi ! Il faut respecter les règles de l’art.

Travailler la visibilité

Enfin, il faut une bonne lisibilité pour attirer l’oeil du potentiel public. Cette lisibilité dépend de plusieurs critères :
– La visibilité : la hauteur du panneau, le lieu de placement (forêt, ville…)…
A éviter : panneau caché par des branches/feuilles, par des passants en zone piétonne, panneau trop bas pour que l’on puisse le voir de loin…
– La compréhension : utilisation d’un pictogramme normalisé (que tout le monde connait) si besoin, code couleur homogène sur tous les panneaux…
Exemple : emblème Monument Historique, symbole handicapé, restauration…
– La luminosité : panneau qui doit se voir aussi bien le jour que la nuit, pendant des intempéries (pluie, neige…)… Il faut alors utiliser des panneaux rétro-réfléchissants.
– La typographie : la disposition des caractères, les dimensions, le type de caractères (l’utilisation d’une police standard est préconisée), leur lisibilité (contraste entre les couleurs)…
Contre-exemple : écriture illisible.

Exemple en images :

EXEMPLE À NE PAS SUIVRE (Source : Journal 20 Minutes) : 

Le plus important à retenir dans ce point est donc qu’il est nécessaire d’installer des panneaux à des endroits stratégiques, cohérents et qu’ils soient bien lisibles et clairs.

Il est nécessaire également que vos indications soient homogènes (mêmes couleurs, tailles, contenus…) afin de ne pas perdre le public.

2. La marche à suivre pour installer une bonne signalétique

Une fois que vous avez réfléchi à la meilleure manière d’avoir une signalisation efficace et lisible, il faut donc tenir compte des aspects extérieurs qui entrent en jeu. En effet, de nombreuses conditions sont à respecter pour installer sa propre signalétique.

La cohérence du fléchage

En premier lieu, installer sa signalétique signifie la bonne implantation de vos panneaux à l’extérieur. Pour cela, il faut veiller au suivi du fléchage mais aussi de vos panneaux :
– Le positionnement : ne pas trop espacer les panneaux, optimiser le parcours (qu’il soit le plus simple possible)…
– L’orientation : indiquer correctement la direction. Il convient alors d’éviter les flèches qui indiquent des directions opposées.
– Le placement : endroits stratégiques et points de décisions (croisements…), de manière logique…

La réglementation

Ensuite il faut faire très attention à la réglementation ! En effet, pour les panneaux dits officiels, tels que les panneaux de routes par exemple, il y a des conditions précises à respecter :
– La densité : lourd, léger, quel type de matériau…
– Les dimensions du panneau
– Les supports des signaux : murs, mât, potence…
– La hauteur du panneau au niveau du sol : diffère selon une implantation en ville, en campagne…
– L’environnement : sur une route, près d’un lieu protégé, en centre-ville…

Cela nécessite par conséquent une autorisation de la Mairie de la commune, et vous devez faire une demande écrite au préalable. S’il accepte, il vous indiquera le nombre délimité de panneaux que vous pourrez installer, ainsi que les emplacements possibles selon vos requêtes. Vous pouvez trouver davantage d’indications ainsi que le formulaire dans le lien suivant : Service public pour les droits des panneaux.

Le prix

Prenez aussi en compte le prix : cela peut coûter plus ou moins cher (suivant toujours les mêmes caractéristiques, le type de panneaux, le nombre, le lieu…), mais c’est un investissement qui vaut souvent la peine puisqu’il participe à la communication touristique de votre monument. 

Les partenariats

Il est aussi possible de créer des partenariats avec différentes institutions comme la Mairie de votre ville / commune, la DRAC de votre région, les offices de tourisme les plus proches (ville, département, région)… Ainsi, les autorisations seront plus simples à obtenir, et vous pourrez avoir peut être une aide financière pour l’installation des panneaux.

Les alternatives ou les compléments

Si vous n’avez pas obtenu les autorisations nécessaires ou que vous n’avez pas les moyens financiers ou techniques d’implanter une signalétique en « dur », nous vous invitons à opter pour d’autres formes de communications ( flyers, affiches, plaquettes…). Pour en savoir plus nous vous invitons aussi à lire notre article sur le sujet.

3. Conclusion

Il n’est pas si compliqué de réaliser une signalétique efficace. En effet, il suffit de faire preuve de logique (suivi du fléchage, choix stratégiques des placements de panneaux..) et de simplicité (lisibilité, homogénéité..) tout en respectant scrupuleusement les règlementations en vigueur. Dans tous les cas, et pour être surs de vous, vous avez toujours la possibilité de créer des partenariats avec les établissements touristiques et les collectivités territoriales à proximité.

Pour aller plus loin :

Acheter de la signalisation

Comment améliorer la visibilité d’un monument ?

Signalétique et orientation du public dans un monument

Foncières éthiques et gestion de monuments historiques. Nous avons rencontré Margaux Mantel, gestionnaire du Château de Nanterre.

L’important à retenir dans cet article :

ETIC est une société foncière « responsable » qui rénove des bâtiments à haute performance environnementale. 

Son but est de créer de véritables sites hébergeant des activités sociales, « environnementalement » positives, et d’accueillir des « projets qui vont dans le sens d’une société épanouie ». 

Il y a sept centres ETIC en France. Parmi, eux, le Château de Nanterre, inscrit Monument Historique. Depuis 2010-2011, il s’est ouvert à des entreprises qui s’y sont installées.

Le modèle développé par ETIC est novateur. Les entreprises foncières n’osent pas s’intéresser aux monuments historiques en raison de la complexité de gestion de tels immeubles d’exception.

Et pourtant, ETIC a relevé le défi, avec brio ! Nous vous invitons à découvrir leur modèle économique.

LE PROJET ETIC

Margaux Mantel nous raconte comment ETIC fait revivre le château de Nanterre.

Quel est le projet d’ETIC pour le Château de Nanterre ?

Le projet d’ETIC est de rénover des friches industrielles afin de créer un impact environnemental et sociétal positif. Le Château de Nanterre est en réalité une usine, construite en 1901. C’est un bâtiment historique inscrit et le nom de « château » a été attribué par un collectif d’artistes. 

Il s’agit d’immobilier. Concrètement, nous préparons et mettons ces bâtiments à disposition des « acteurs positifs » de l’Economie Sociale et Solidaire. Nous agissons donc comme un gestionnaire de lieu commercialisé, au service d’acteurs utiles et éthiques.

Notre façon de gérer ces espaces est simple : nous accueillons des associations et des entreprises et proposons des bureaux à des loyers modérés, afin qu’elles se développent dans de bonnes conditions. Selon leurs besoins et leurs problématiques, elles peuvent échanger et partager ensemble. 

Notre fonctionnement a le mérite de créer de véritables « éco-systèmes » pour ces acteurs, qui cherchent non seulement des espaces de travail, mais aussi des espaces de rencontre.

Quels acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) faites-vous venir chez vous ?

Ils ont tous un ou plusieurs points communs. D’ailleurs, c’est peut-être un argument qui les attire chez nous, en plus de l’esthétique des lieux. Nous faisons venir des associations et des entreprises sociales qui ont un impact positif sur l’environnement et qui partagent la même charte de valeur (Ethical Property).

Les critères de cette charte sont assez pratiques. Ils représentent à la fois ce à quoi ETIC s’engage et ce que nous cherchons chez nos locataires. Nous souhaitons accueillir des acteurs complémentaires, afin de les aider au mieux à « aller dans le bon sens », grâce à une « bonne » influence. Tous les secteurs et tous les types de profils, tant que les entreprises et associations partagent une certaine logique propre à l’ESS (lucrativité limitée, gouvernance partagée…) sont donc visés. Nous trouvons ainsi des entreprises telles que WWF, Terre de Liens, UCPA ou bien des agences paysagères… La finalité de ces organisation est commune : l’intérêt général.

Quels sont les modèles contractuels utilisés (contrat de bail pour la location ? Convention d’occupation ? Prestation de services pour le co-working ? Autre chose… ?)

Nous sommes très flexibles pour nous adapter au mieux aux besoins de nos occupants. De ce fait, nous proposons plusieurs types de modèles contractuels :

– Des contrats de bail traditionnels pour les locations, qui supposent des loyers, des charges et l’intégration de clauses spécifiques (pour le préavis par exemple). Celles-ci peuvent différer selon les entreprises. Par exemple, nous proposons un préavis de 4 mois pour le plus grand bureau – ce qui reste court et permet à l’occupant de se retourner facilement – et parfois moins pour les plus petits bureaux.
– Des contrats de prestation de services pour les entrepreneurs, entreprises et autres personnes qui souhaitent utiliser les espaces de co-working.
– Des conventions de mise à disposition des espaces (pour le potager notamment). Le potager est mis à disposition d’une association qui travaille autour de la réinsertion en même temps que sur la perma-culture. Nous l’avons rendu volontairement flexible ! 

Pour nous, cette flexibilité contractuelle est assez simple à mettre en place. Nous sommes une jeune entreprise, encore adaptable (ETIC a moins de 20 salariés) et il est toujours possible d’innover.

Comment faites-vous pour attirer des entreprises chez vous ? Quelle est votre façon de communiquer ? 

En réalité, le centre est déjà pré-rempli avant d’ouvrir, car le développement se fait en lien avec des personnes sur place, qui cherchent des locaux. Ce qui attire les entreprises, c’est notre manière de faire et notre cohérence du début à la fin.

Nous réalisons une commercialisation dite « classique ». C’est-à-dire que nous sollicitons les différents acteurs du territoire pour communiquer largement sur notre disponibilité d’espaces en plus de notre communication propre (via la presse, des portes ouvertes…).

Attention : nous proposons des services dédiés à des acteurs spécifiques, qui veulent répondre à un besoin du territoire. Pour atteindre ces acteurs, une communication bien ciblée est nécessaire ainsi qu’un bon réseau. A ce sujet, au préalable, des études de territoire peuvent être lancées, en lien avec les associations locales, les centres sociaux…

Qu’est-ce qui intéresse les entreprises dans la location d’un château ? Autrement dit, le « château » : est-ce un argument majeur?

Pour rappel, même s’il s’agit d’un bâtiment historique inscrit, ce n’est pas un château mais une usine datant de 1901, magnifique et en pierres rouges ! Il est difficile d’aller à contrecourant et de dire qu’il ne s’agit pas vraiment d’un château, nous devons alors effectuer un lourd travail de communication. 

Le nom est à double tranchant : il y a ceux qui veulent louer parce que « un château c’est classe ! » et, au contraire, ceux qui pensent que « c’est snob» . In fine, les acteurs restent généralement charmés par le cadre exceptionnel, le beau bâtiment, les jardins… et, nous sommes heureux d’offrir aux associations qui n’ont pas les moyens la « vie de château ! ».

Accueillez-vous beaucoup d’organisations ? Quelle est votre gestion sur place ?

Nous accueillons actuellement environ 10 à 15 organisations, soit une cinquantaine de personnes, sachant que nos espaces peuvent compter jusqu’à 120 postes.

ETIC place un(e) référent(e) sur place pour s’occuper des aspects administratifs et de la « gestion locative ». Il ne s’agit pas d’un rôle d’accompagnement ou d’animation, mais plutôt d’un rôle de « facilitateur » qui organise la mise en relation des occupants au jour-le-jour, qui est attentif à chaque locataire afin qu’il s’approprie les espaces…

Tous les trois mois, nous réalisons un « comité de résidents », avec des discussions sur les aspects techniques, pratiques…

En tant que référente, je travaille seule sur place mais je peux obtenir de l’aide de la part du siège de la société en cas de besoins, auprès des responsables juridiques, financiers…

Avez-vous des problématiques de gestion liées au partage d’espaces ?

Ce sont des espaces dits « mutualisés » (réunions, espaces de détente…). Parfois, quelques problèmes de médiation, d’aménagement ou d’entente entre locataires peuvent jaillir, mais ces problématiques restent rares.

Comment avez-vous financé les réhabilitations ? Les futurs locataires sont-ils « parties prenantes » ?

L’actionnariat de ETIC
ETIC est une SAS solidaire. À entreprise « solidaire » actionnariat solidaire ! Le capital de la société se situe entre 3 et 4 millions d’euros, et il y a eu une levée de fonds complémentaire au niveau de la société lors du développement du centre de Nanterre.

Des personnes privées ou morales peuvent acheter des parts, mais celles-ci doivent répondre (elles aussi) à certains critères, notamment sociaux. Toutes les organisations qui souhaitent participer ne peuvent pas être acceptées…

Les associés de la Société Civile et Immobilière du Château de Nanterre
Le montant des travaux a atteint 4,7 millions d’euros. 

Nous avons une vision à long terme et solidaire, différente du modèle d’immobilier classique.
D’abord parce que l’actionnariat est « solidaire ». Ensuite, parce qu’il s’engage sur une période de 50 ans minimum avec des clauses anti-spéculatives. Il est composé de personnes qui acceptent d’être rémunérées en-dessous de l’immobilier classique pour investir dans un projet « socialement fort ». 

Les associés sont des fonds privés et des fonds d’investissements. La composition du capital doit être en cohérence avec les acteurs occupants les lieux. Globalement, nous restons indépendants des pouvoirs publics sauf de la Caisse des Dépôts qui est l’un des partenaires historiques de l’entreprise, mais seulement pour l’amorçage du projet.

Le modèle économique qui nous permet d’attirer les fonds pour le château est différent de l’immobilier classique
Notre modèle économique est « assez tendu » et il s’agit donc de faire « certaines économies ». Mais, cela ne l’empêche pas d’être stable. Il repose sur des loyers très bas pour des organisations qui ont peu d’argent. Les marges des loyers sont extrêmement faibles. Cela nous permet de participer à leur amorçage et leur développement. Les exigences de rentabilité sont plus faibles que traditionnellement. 
Mais, nos fonds s’engagent à très long terme. Cela permet de reculer dans le temps le seuil de rentabilité à atteindre, sans l’abaisser ! 

Comment rémunérez-vous les espaces (loyer fixe ? % de chiffres d’affaires ?…) ?

Pour le moment, nous « gagnons » peu d’argent. La rentabilité sera atteinte dans le long terme puisqu’il s’agit d’un investissement « à long terme ». 

Néanmoins, nous avons acquis une expérience autour du développement de projets similaires. Nous avons 4 à 5 sollicitations par semaine provenant de collectifs d’acteurs en phase de développement sur le même type de projets, pour apporter notre expertise sur le montage juridique, financier, les partenariats, le budget… Nous leur apportons donc notre expertise sur 2 phases importantes :
– celle de montage du projet (conseil, AMO), et
– celle de gestionnaire de centre.

Notre prestation a un coût faible, car là encore, nous demeurons dans une certaine logique éthique.

Pourquoi avez-vous choisi un tel modèle ?

Au départ, nous avons constaté que certaines personnes faisaient des choses merveilleuses pour notre société, en terme de santé, d’environnement… mais que ces personnes n’étaient pas ou très peu aidées.

Ces acteurs, à but généralement non lucratif, font avancer notre société ! Et pourtant, ils peinent à avoir accès à des locaux et à des services de qualité.

Le lieu dans lequel nous nous trouvons pour travailler a un impact important, et il ne faut pas le négliger afin d’oeuvrer dans de bonnes conditions ! C’est ce que ETIC propose. 

Pour diminuer leurs frais au maximum, nous travaillons donc à mutualiser les services et une multitude de « petites choses » qui permettent un moindre entretien, un moindre gaspillage… 

Ainsi, réunir des organisations ensemble permet d’avoir un impact encore plus fort… ! 

Foncières éthiques et gestion de monuments historiques. Vous savez désormais de quoi il retourne grâce aux explications de Margaux Mantel, gestionnaire du Château de Nanterre.

Conclusion

Pour créer un tel modèle, il faut :
– Construire une charte pour accueillir des acteurs au sein des mêmes espaces et rester centré sur un objectif commun. A chacun de l’inventer en lien avec des acteurs – si possible – locaux.
– Ne pas avoir peur de l’innovation contractuelle… mais bien se faire entourer de cabinets d’avocats spécialisés pour ne pas tomber dans de graves écueils.
– Mettre en place une gestion sur place dédiée et s’outiller correctement pour accueillir, animer et accompagner les acteurs sur place (assurances, outils partagés, espaces communs…)
– Communiquer largement ! 
– Se faire conseiller par ETIC en personne ? 

Pour aller plus loin

Comment choisir ses outils de gestion hôtelière ?

Gérer et optimiser son domaine forestier

Comment gérer un château aux allures de village ?

Les outils de gestion d’un château hôtel ou comment développer une offre d’hébergement ?

L’important à retenir dans cet article :

Quels sont les outils de gestion d’un château hôtel ? Autrement dit, comment développer une offre d’hébergement ? Colas Guyonnaud, fondateur de Châteaux Expériences est gestionnaire de la marque Rêve de Châteaux, créée par les VMF. C’est un entrepreneur hors du commun. Depuis près de 7 ans, Colas développe une vision du marché du patrimoine privé innovante et invite à penser autrement la façon de gérer des activités d’accueil, depuis la façon de communiquer, jusqu’à la façon d’accueillir ses visiteurs…

C’est autour des outils déployés par les deux sociétés que Colas s’exprime, apportant une motivation ambitieuse à tous les propriétaires qui se risqueront à la lire.

Quelle est ton activité ?

Pour résumer, Châteaux Expériences c’est du « clé-en-main », le propriétaire « ne fait rien » et nos équipes s’occupent de toute la gestion d’accueil de publics, de A-à-Z (chambres d’hôtes, séminaires, locations saisonnières, mariages).

 Rêve de Châteaux est un outil, c’est une plateforme, qui permet aux propriétaires de gérer eux-mêmes leurs activités (séminaires, visites, mariages…) en communiquant sur ces dernières et gérant directement leurs réservations, leurs paiements, etc.

Avec Châteaux Expériences, notre activité initiale, nous gérons des châteaux pour le compte des propriétaires. Les propriétaires interviennent rarement, ils nous font confiance. 
Nos actions : 
– En amont, nous pouvons les conseiller sur les activités qu’ils peuvent développer dans leurs châteaux, mais aussi sur la façon de les promouvoir.
– Puis, nous gérons les réservations de A-à-Z… Très concrètement, il s’agit presque de services de « conciergerie ». Nous sommes rapidement opérationnels pour les réservations, les paiements, les contrats, la gestion des informations de dernière minute et l’accueil sur place…
– Enfin, nous pouvons aussi les accompagner dans le recrutement et la formation de l’intendant, c’est-à-dire la personne sur place qui accueille les gens. Nous pouvons également réaliser des sites internet pour des châteaux ou les améliorer.

Finalement, sur quel périmètre d’activités te considères-tu (distribution, communication, entretien…) ?

Comme nous nous occupons des activités de séjours, de chambres d’hôtes, de locations, de privatisations de châteaux, nous nous devons d’être présents sur tous les périmètres d’activité de la chaine de valeur, depuis la distribution à la communication en passant le calendrier, la gestion des espaces…

Comment es-tu organisé sur chaque activité ?

La communication
Pour la communication, nous distribuons d’abord sur les sites de Châteaux Expériences et de Rêve de Châteaux puis sur certains canaux pertinents comme d’autres plateformes : soit connues (Airbnb) soit celles des partenaires (Wedding Planner…).
Mais nous avons peu d’activités sur les réseaux sociaux, car pour 3000 personnes qui utilisent la plateforme, il y a seulement 300 followers Facebook par exemple !

La gestion des réservations
Ensuite, il y a un processus de négociation, avec des échanges téléphoniques ou de mails, et une gestion des réservations. Cette fonction de conciergerie et de services prend du temps. Il faut aussi être présent s’il y a un problème pendant le séjour et nous nous renseignons si cela s’est bien passé.

A la fin, nous les conseillons d’en parler autour d’eux, sur de multiples canaux. Il s’agit d’un certain nombre d’actions menées toujours en relation avec le propriétaire.

Les services complémentaires de distribution aux propriétaires
Par ailleurs, le fait de récupérer la gestion de Rêve de Châteaux a pour objectif d’apporter des outils aux châtelains afin qu’ils puissent tout gérer eux mêmes à travers la plateforme.
L’objectif est d’avoir un canal puissant. Le fait de rassembler tout le monde sur un seul site favorise la visibilité de chacun. 
C’est une logique nouvelle que nous proposons. En effet, sur le marché des châteaux, tous les logiciels de gestion sont séparés par activité (chambres d’hôtes, mariages…). Nous voulons instaurer un système avec un calendrier par produit que le propriétaire veut vendre et un calendrier pour synchroniser le tout.

Quels outils utilisez-vous pour gérer chacune de vos activités (distribution, communication, gestion des espaces, calendrier, trésorerie, gestion RH…) ?

La distribution
Nous utilisons Rêve de Château, les sites des châteaux et l’ensemble des sites et plateforme existantes (Airbnb, Booking, etc). Mais ces dernières ne sont généralement pas appropriées aux propositions des propriétaires de châteaux ou de manoirs : les montants ne sont pas comparables, les prestations attendues sont plus importantes…

Les réservations
Pour Châteaux Expériences, nous utilisons principalement le logiciel PMF pour gérer les réservations car il permet de rentrer toutes les informations et de suivre les actions.
Par exemple, les informations de réservation (dates…), le paiement en deux temps (un acompte et un solde), les mails (pour le solde, la caution…).
Il s’agit de l’équivalent des logiciels qu’utilisent les hôtels pour gérer leurs chambres. 
Ainsi, il est aussi possible de tenir informer les propriétaires de ce qu’il se passe dans leurs demeures, les missions de l’intendant… Cela orchestre le tout.

Pour Rêve de Châteaux, les réservations se font à travers le site. Libres aux propriétaires d’y insérer leur propre logiciel de suivi.

La communication
Essentiellement, à travers une Newsletter mensuelle et des publications sur les réseaux sociaux.

La gestion RH
Etant donné la variété des sujets à traiter, mais aussi des spécificités liées à chaque domaine, nous avons différentes formes de gestion. En direct, avec le téléphone, mail ou en étant sur place ; ou en indirect via les outils de la plateforme…

Combien êtes-vous au sein de l’équipe ? Travailles-tu seul ou en équipe pour assumer l’ensemble de ces fonctions ?

Nous sommes trois à temps plein, un sur chaque site et moi même qui en dirige deux. Il y a également des consultants extérieurs qui nous apportent de l’aide ponctuellement (pour le développement internet, la communication…).

Selon toi, qu’est-ce qui est le plus important et que tout propriétaire devrait avoir ?

En fait, cela dépend de ce que le propriétaire veut faire, si c’est une petite ou une grosse activité, il y a différentes formules (louer de temps en temps, des activités culturelles…).

Il faut bien réfléchir à ce qu’il peut faire chez lui, ce qu’il veut faire, les ressources qu’il est prêt à mettre et en fonction, s’équiper d’un certain nombre d’outils (site internet, réseaux sociaux…).

Cela devient compliqué s’il n’y a personne pour gérer derrière, c’est pourquoi il faut une plateforme claire et utile comme Rêve de Châteaux ou bien un gestionnaire « clé-en-main » comme Châteaux Expériences.

Pour aller plus loin

La réglementation ERP dans les MH

Sortir des activités hôtelières et culturelles dans un château

Lancer des activités dans un site historique

Le label de la Fondation du patrimoine : une aide fiscale au petit patrimoine

L’important à retenir dans cet article :

Le label de la fondation du Patrimoine est un dispositif d’aide pour le patrimoine rural et à ce que l’on appelle communément le « petit patrimoine de proximité ». Il s’agit d’une aide dite « passive ». Il permet en effet aux propriétaires de ces monuments, ni inscrits ni classés, de déduire de leur revenus imposables une partie des montants engagés dans les travaux de restauration.

Introduction : Un label unique en son genre

Depuis 2000, la Fondation du Patrimoine encore toute jeune, obtient du Ministère de l’Economie et des Finances une habilitation à créer un label octroyant des réductions fiscales. Aujourd’hui encore, elle est aussi la seule fondation à avoir une pareille habilitation. Celle-ci lui a d’ailleurs permis de décerner pas moins de 1365 labels depuis sa création, soit plus de 58 401 000€ de travaux. Le montant moyen des travaux est en effet de 48 106 € par dossier. 

Les avantages liés à l’attribution du label :

– Aide financière de la Fondation correspondant au minimum à 2% des travaux ;

– Avantage fiscal, sous forme de déduction de 50% minimum du montant des travaux du revenu imposable ;

– Mobilisation de mécénat, sous condition et sous forme d’appel aux dons de particuliers et d’entreprises ;

– Aide des collectivités, variable selon les régions.

1. Les critères d’éligibilité

Ces conditions sont définies par les articles 156-I-3° et 156-II-1° ter du Code Général des Impôts. L’instruction fiscale 5 B-5-05 du Bulletin Officiel régissant le dispositif du Label est disponible sur simple demande.

Le label a pour but de favoriser la conservation et la mise en valeur d’immeubles particulièrement caractéristiques du patrimoine mais aussi de l’architecture locale. 


Il peut être délivré à des « propriétaires privés, à des personnes physiques ou à des sociétés transparentes » (de type SCI, SNC, GFR…), souhaitant réaliser des travaux de réhabilitation d’un immeuble non protégé au titre des monuments historiques. Le label reconnait l’intérêt patrimonial d’un immeuble privé, bati ou non-bati (parcs et jardins), répondant à l’un ou plusieurs des critères suivants :

– Situé dans les zones rurales, bourgs et petites villes de moins de 20 000 habitants. Cette caractéristique est une nouveauté du label, qui se limitait avant aux communes de moins de 2 000 habitants ;

– Localisé dans un Site Patrimonial Remarquable (SPR) ; 

– Situé en site classé au titre du code de l’environnement.

En dehors de ces zones, le label se destine aussi aux immeubles non-habitables caractéristiques du patrimoine rural, ce qu’on classifie en « petit patrimoine » : pigeonnier, lavoir, four à pain, chapelle, etc.


Le label s’applique à un programme de travaux réalisés sur l’extérieur du bâtiment et visibles de la voie publique
 ayant reçu un avis favorable de l’Architecte des Bâtiments de France : toitures (couvertures et charpentes), façades, huisseries, menuiseries extérieures, etc. 

Nota Bene : pour que le label soit attribué, il est impératif que les travaux n’aient pas encore débutés.

attention

Les travaux d’intérieurs ne sont normalement pas éligibles sauf dans le cas d’immeubles non-habitables. Dans ce cas, les propriétaires s’engagent à les rendre accessibles au public. 

Les étapes pour obtenir le label
  1. Obtention du ou des devis
  2. Obtention de la validation de l’ABF ou d’un avis favorable
  3. Constitution d’un dossier de demande de label à faire parvenir en suite au délégué régional de la Fondation

Il convient de solliciter la fondation au lancement du projet, après l’obtention du ou des devis, mais impérativement avant le lancement des travaux. 

En outre, le label est valable pendant 5 ans, ce qui correspond à la durée laissée aux propriétaires pour entreprendre les travaux à l’occasion desquels la fondation a été sollicitée.

2. Le fonctionnement du Label – Fiscalité et contreparties

Le label se décline en deux versions :
– Celle dédiée aux propriétaires non imposables : aide financière active
– Celle décernée aux propriétaires imposables : aide financière passive

Le label dédié aux propriétaires non imposables


Sont concernés : les propriétaires non imposables ou dont l’impôt sur le revenu est inférieur à 1300€ (avant l’application des déductions, réductions ou crédits d’impôt). Le label leur permet donc d’obtenir de la Fondation du Patrimoine une aide financière directe au lieu d’une déduction fiscale.

Le label dédié aux propriétaires imposables


Pour ces propriétaires, le label permet de bénéficier de déductions fiscales :
Si l’immeuble ne génère aucun revenu (généralement des propriétés principales ou secondaires), déduction sur leur revenu global de :
50% du montant TTC des travaux de restauration ;
100% du montant TTC des travaux de restauration s’ils ont été financés à auteur d’au moins 20% par des subventions publiques ou par la Fondation du Patrimoine

Si l’immeuble est loué nu et génère des revenus fonciers, déduction de leurs revenus fonciers : 100% du montant TTC des travaux de restauration, avec report du déficit éventuel sur le revenu global pendant les 5 ans et sans limitation de montant.

En contrepartie de ces avantages fiscaux, le dispositif n’est d’ailleurs pas particulièrement intrusif.

Liberté dans le choix des entreprises. Les propriétaires peuvent choisir librement les entrepreneurs qui réaliseront les travaux. Ils doivent néanmoins respecter les potentielles prescriptions de l’ABF. 
Ouverture au public non obligatoire. La labellisation du monument n’implique pas de l’ouvrir au public. En revanche, l’édifice, ou du moins une de ses façades principales doit, être visible depuis la voie publique. C’est-à-dire une route, un chemin de randonnée, un chemin de fer, une voie fluviale ou encore une autoroute. 

A vous de jouer ! Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous écrire : contact@hephata.fr

Pour aller plus loin

Le guide du Label

Protéger un monument – MH ou ISMH ?

Les règles des abords de monuments historiques

Restaurer un château et sa chapelle : la méthode. Hephata a interviewé Bruno Lestrat, president de l’Association de Sauvegarde du Patrimoine de l’Aisne Meridionale

L’important à retenir dans cet article :

Préserver le patrimoine ? Volontiers ! Participer à la restauration du monument ? Volontiers ! Valoriser les savoir-faire locaux ancestraux ? Cela n’est pas réservé au château de Guédelon ! Pour beaucoup, cette association du patrimoine et des savoir-faire est devenue une action prioritaire. Quelques clés pour se lancer.
L’Association de Sauvegarde du Patrimoine de l’Aisne Méridionale intervient sur la conservation et l’animation de deux monuments classés : le château et l’église de Berzy-le-Sec, dans l’Aisne. Il s’agit d’une action de « préservation de patrimoine » à travers l’organisation de chantiers internationaux de bénévoles. Le chantier a débuté en 1998, et l’Association fête ses 20 ans cette année.
Bruno Lestrat président de l’ASPM raconte comment le château et l’église servent de support à une transmission de savoir-faire, et une conservation d’un patrimoine médiéval.

En préambule…

La restauration du château et de la chapelle permet de valoriser et de transmettre le savoir-faire technique et traditionnel de l’époque médiévale.

La transmission des métiers artisanaux privilégie le contact entre la matière et le geste.L’intervention d’engins mécanisés n’est pas souhaitée, afin de rester en adéquation avec le monument, par exemple retailler la pierre à la main, tailler le bois à la hache pour la charpente…

L’association va jusqu’à fabriquer au sein du chantier les matériaux dont elle a besoin pour la préservation du monument. Par exemple, le toit de la chapelle est en restauration et pour retrouver le panel de couleurs disparues des tuiles, elles sont fabriquées à la main et cuite au feu de bois dans un four de tuilier construit pour l’occasion.

Comment se déroule la restauration du château ? Quelles sont les différentes étapes ?

Il y a plusieurs étapes pour restaurer un beau patrimoine :

1ère étape

Établir un lien juridique entre l’association et le propriétaire sous forme d’une convention, d’un bail… En effet, l’association n’est pas propriétaire du monument et il est nécessaire de constituer un ou plusieurs contrats afin de sécuriser l’opération et définir le rôle de chacun.

2ème étape

Si l’intervention porte sur un monument protégé (classé MH ou inscrit), certaines règles doivent être respectées, notamment la réalisation d’études afin de définir un projet de programme de travaux à effectuer pour la restauration : 
o Une étude préalable à la restauration, c’est-à-dire un diagnostic, une analyse de la problématique qui se trouve dans le monument, 
o Une étude archéologique et historique du château. 

3ème étape

La connaissance des « maux » établie, il faut dresser les priorités dans l’intervention et les techniques qui seront appropriées. Tout cela en concertation avec les autorités compétentes (DRAC, Architectes des Bâtiments de France…) si le monument est protégé.

4ème étape

Les travaux déterminés, il convient d’en assurer le financement (voir comment monter un bon dossier de financement et quels financements conviennent à quels types de projets).

5ème tape

Ensuite, nous entamons les travaux. S’agissant d’un chantier de bénévoles, il nous faut au minimum un encadrant technique afin qu’il puisse transmettre ses connaissances, sur un savoir-faire particulier, aux gens qui n’en connaissent pas les rudiments.

6ème étape

Établissement d’un calendrier prévoyant les différentes phases de travaux de restauration, avec les financements dédiés…

Sur un chantier, il est possible de voir travailler ensemble entre 2 à 10 corps de métiers différents (forgeron, céramiste, menuisier…). On retrouve cet échange qu’il y avait entre les artisans à l’époque médiévale !

Il est intéressant de rencontrer les mêmes problématiques qu’à l’époque, bien qu’aujourd’hui, nous profitons de meilleures conditions de sécurité (échafaudages par exemple) et d’un temps disponible plus important.

Dans le cadre de l’association, le but est la préservation et la restauration du patrimoine. Nous n’avons ni les contraintes de rentabilité, ni les contraintes d’échéance, que les entreprises rencontrent. La seule véritable contrainte est celle dictée par l’état du monument, les risques d’effondrements… qui peuvent d’ailleurs nécessiter une intervention rapide et efficace.

Comment financez–vous ce chantier ?

Nous sommes un chantier international de bénévoles. Malgré la présence de personnes qui donnent gracieusement de leur temps, nous nous sommes entourés de partenaires pour soutenir le projet, en menant une politique de financements croisés. Cette stratégie nous a permis de collecter des fonds pour réaliser les travaux :
– Les collectivités territoriales : commune, département et région,
– Les services de l’Etat : les DRAC pour l’achat des matériaux, le paiement des artisans ; la Direction Régionale de la Jeunesse et des Sports pour l’aspect animation, éducation populaire et jeunesse…,
– La Fondation du Patrimoine pour la transmission des savoir-faire techniques traditionnels liés à la conservation du patrimoine… Il s’agit d’un financement qui participe à la préservation de ce patrimoine immatériel menacé parfois de disparition.
– Les opérations de formation : nos chantiers servent également de support à des stages de formation liés aux métiers du patrimoine. Les financements levés contribuent à la sauvegarde de nos monuments.
– Les souscriptions : nous sollicitons directement le public, grâce à notre partenariat avec la Fondation du Patrimoine. 
– La participation des bénévoles : ces derniers règlent auprès de l’association des frais d’inscription dont le montant est variable selon la nature et la durée du chantier choisi.

Comment avez-vous convaincu les personnes de l’association de vous suivre dans cette voie ? Quel est le projet que vous leur aviez proposé ?

La présentation s’est réalisée en plusieurs étapes :

Dans un premier temps, la restauration était réduite à des actions simples. 

Elle était ouverte aux habitants du village et aux amis. C’était donc une occasion de se retrouver autour d’un projet commun.

Progressivement, les interventions sont devenues plus techniques

Il a fallu structurer nos chantiers, se former et s’entourer de professionnels dans l’encadrement de certains de nos ateliers,… et le recrutement des bénévoles s’est élargi en conséquence.

Ensuite, nous nous sommes rattachés à l’Union Rempart

Intégré au sein du réseau, nous avons pu communiquer sur l’existence de notre chantier et de notre besoin croissant de bénévole. Le réseau Rempart nous a ainsi permis d’attirer de nouveaux volontaires et de bénéficier de précieux conseils !

Au fur et à mesure, nous avons élargi le cercle des recrutements, jusqu’à l’international (brésiliens, israéliens, chiliens…) !

Nous avons lié des partenariats internationaux, comme par exemple ICOMOS Israël, toujours par le biais d’Union Rempart. 

Aujourd’hui, l’ampleur des travaux s’est accrue et diversifiée

Grâce notamment à la relation de confiance qui s’est créée entre l’association et les services de l’Etat en charge de la surveillance des opérations.

Ainsi, plus notre champ d’action s’ouvre, plus les activités sont multiples et attirent davantage de bénévoles. Cette progressivité permet de fidéliser un public de plus en plus nombreux tout en préservant l’ambiance de départ.

Le nombre de personnes évolue régulièrement : au cours de l’année 2017, nous avons accueilli plus de 500 bénévoles répartis sur 65 sessions et 22 thématiques différentes (bois, pierre, vitrail…).

Néanmoins, nous n’y travaillons pas toute l’année, l’hiver n’étant pas propice aux travaux. Ces derniers se déroulent du printemps à l’automne et nous profitons du reste de l’année pour rédiger nos demandes de subvention, faire nos compte-rendus, nos bilans, nos études préalables, nos commandes de matériels, nos ajustements liés aux financements,… Il s’agit d’une phase de préparation et de recherche d’encadrants indispensables qui s’inscrit dans un mouvement perpétuel.

Quelle est votre journée type heure par heure ?

Nous dormons tous sur place, soit en campement, soit chez l’habitant, dans un gîte, en caravane…

Il y a un échange singulier entre les volontaires qui participent à la conservation de ce patrimoine et les habitants qui profitent de celui-ci. L’existence de cette relation entre acteurs et spectateurs de la sauvegarde du patrimoine crée une véritable émulation autour de ce projet.

Étiez-vous formé à lancer un tel chantier ?

Au départ, je n’étais pas du tout formé. A travers mes études autour de la conservation du patrimoine historique, je connaissais les protocoles d’intervention et le volet administratif sur les Monuments Historiques. Cependant, l’aspect pratique et technique de la restauration m’était inconnu, j’ai pu l’apprendre en participant à d’autres chantiers de bénévoles et en côtoyant les professionnels des métiers du patrimoine.

Fort de ces expériences, j’ai pu assurer un encadrement des chantiers de manière plus adaptée. Toutefois, rien n’est figé et l’apprentissage demeure riche et permanent. Ce qui est intéressant c’est l’apprentissage permanent du savoir-faire.

Avez-vous retrouvé des archives concernant le château et pouvant vous aider à la restauration ? Par qui êtes-vous accompagnés ?

Nous avons déjà retrouvé de nombreuses archives et nous continuons à le faire. Nous avons la chance de disposer d’une documentation assez riche : des photographies, des écrits, des témoignages d’architectes ou de personnes qui ont travaillé ou vécu sur place, des découvertes archéologiques… La mise en place d’une session « Relevé & archéologie du bâti » a permis à l’association de dresser les plans des monuments, de dresser des relevés « pierre à pierre » des élévations, d’obtenir des informations sur l’histoire de la construction du monument. Nous entourer de techniciens et d’historiens permet donc de véritablement approcher l’histoire de ce patrimoine.

Mais, à présent, nous ne pouvons plus nous contenter d’une étude historique. Nous faisons appel à des spécialistes des matériaux, des archéologues, des artisans… Le champ d’action doit être le plus large et le plus ouvert possible. A travers nos interventions, nous entrons dans l’intimité du bâtiment pour mieux apprécier les différentes techniques utilisées dans sa construction, savoir lire et interpréter les traces d’outils laissées par les « oeuvriers » de chaque époque. … L’archéologie du bâti constitue aujourd’hui une source historique à part entière. L’approche de l’homme et de la matière constitue, en effet, à mon sens une problématique importante dans l’étude d’un monument et de l’art de le bâtir. 

Chacun de nos ateliers, par l’apprentissage des techniques d’autrefois, apporte également des informations très précieuses. L’archéologie expérimentale ainsi pratiquée complète nos chantiers de fouilles archéologiques plus traditionnelles. 

Au delà de la consultation d’archives, de monographies…, les sources historiques apparaissent désormais plus riches que celles que j’ai pu imaginer lors de la création de l’association.

Quelles difficultés et quelles joies avez-vous ? Une anecdote à raconter…

Les difficultés essentielles que nous rencontrons sont inhérentes à : 

– L’accueil de 20 à 80 personnes qui vont vivre ensemble de quelques jours à plusieurs semaines, et la fédération de toutes ces énergies autour du projet commun. 

– La formation des personnes qui ne sont pas du métier, afin qu’elles puissent apporter leur part dans la restauration du bâtiment.

Nous devons à la fois canaliser, fédérer, et transmettre un savoir faire. Mais aussi répondre à leurs attentes, car ils donnent de leur temps : comprendre des métiers, découvrir une région, apprendre une langue… Tout faire pour leur donner envie de revenir.

Evidemment, il y a énormément d’anecdotes, par exemple un moment magnifique : un couple d’israéliens qui étaient venus en voyage de noces sur le chantier.

Il y a un brassage des cultures extraordinaire ! Il va jusqu’au partage de la gastronomie. En effet, chaque jour, des bénévoles s’occupent du repas et nous pouvons déjeuner un jour espagnol, le lendemain bourguignon, le surlendemain brésilien…

Quels sont les résultats ? Combien de temps cela a t’il pris ?

Depuis 1998, nous travaillons dans la sauvegarde du château mais aussi de l’église de ce village. Actuellement, nous achevons une phase de travaux sur la restauration de la façade sud du château, qui combine d’ailleurs plusieurs corps de métiers (charpente, menuiserie, vitrail, taille de pierre, forge…).

Cette campagne a commencé il y a 4 ou 5 ans et sera vraisemblablement finie au terme de l’année 2018-2019. Chaque phase de travaux terminée constitue donc un résultat important dans la préservation de notre patrimoine, chaque étape compte.

Quelles sont les retombées économiques d’un tel projet ?

Nous privilégions les circuits courts : approvisionner les matériaux et les vivres en local. Une dynamique économique se met donc en place et un impact local direct est établi.

Nous accueillons les visiteurs pour découvrir ce que nous proposons. Naturellement, ils consomment sur place….
Quoique modeste, notre impact est réel, en plus de celui de faire découvrir la région.
 A présent, les personnes nous contactent pour voir s’il est possible de venir, de faire des visites guidées mais aussi d’organiser des ateliers pour enfants… Nos actions contribuent à valoriser notre belle région si méconnue.

Quelles clés donneriez-vous à un propriétaire désirant restaurer son château à l’aide de chantiers participatifs ?

Quelques conseils :

– Prendre soin de définir un cadre juridique sain, de soigner le périmètre d’intervention de chacun des acteurs (qui fait quoi et pourquoi…).

– Définir les moyens d’action, les supports à utiliser pour restaurer son monument :
o soit je fais appel à des professionnels qui vont facturer leur intervention ; 
o soit créer un chantier de bénévoles qui permettra une interaction entre le public, les artisans, l’administration, le propriétaire….

– Ne pas négliger l’importance de l’énergie à consacrer, notamment lorsque le projet est de taille significative. En effet, animer et conserver un monument : c’est le travail d’une vie ! strong>Il faut réellement en prendre conscience dès le départ, car cela occupe une grande partie de son temps.

Une fois que les personnes savent tout cela, il faut se lancer !

Il est donc urgent d’agir pour la sauvegarde de notre patrimoine sous toutes ses formes et le transmettre aux générations futures dans les meilleures conditions possibles !

Pour aller plus loin

Les chantiers participatifs au service du patrimoine

Le Crowdfunding : un nouvel outil de financement

Trouver un financement

Quelles associations autour des monuments historiques ? Hephata partage son interview de la Fondation du Patrimoine pour répondre à cette question.

L’important à retenir dans cet article :

La création d’une association loi 1901 est très répandue dans le secteur du patrimoine culturel, et notamment dans le cadre de la gestion de monuments historiques. Sa mise en place n’est pas très contraignante. Elle peut être utile pour gérer des activités ou organiser des chantiers. En outre, elle peut servir à accueillir des visites, simplement s’entourer ou encore financer ses projets de restauration.

La création d’une association est aussi une occasion de partager une passion commune avec d’autres personnes autour d’un même projet. 

Quelles associations autour des monuments historiques ? Julien Guinhut, Directeur de la Communication de la Fondation du Patrimoine, nous permet de bien comprendre les différents modèles d’associations existants et leurs rôles spécifiques. Hephata précise les points d’attention, notamment concernant le développement d’activités commerciales.

La mission de la Fondation du Patrimoine 

La Fondation du Patrimoine  mène différentes actions autour du patrimoine historique. Son objectif est de restaurer et de valoriser, notamment en accompagnant les propriétaires publics ou privés, dont font partie bon nombre d’associations, dans leurs projets de financement.  

La finalité de la Fondation du Patrimoine est la valorisation du patrimoine souligne Julien Guinhut, sous des formes différentes. En tant qu’expert dans le domaine associatif, le Directeur de la Communication offre des pistes pour ceux qui souhaiteraient s’y aventurer.

Qu’est-ce qu’une association ? 

Les associations sont régies et définies par la loi du 1er juillet 1901 : 
 « L’association est la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun d’une façon permanente, leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que de partager des bénéfices. » 

Attention : Une association est nécessairement à but non lucratif. Autrement dit, si vous souhaitez créer une structure dans le but d’en tirer des bénéfices, il s’agira de s’orienter plutôt vers un statut d’entreprise.

Quels sont les différents modèles d’associations ?

Il existe les associations non déclarées et les associations déclarées. 

1. L’association non déclarée

Julien Guinhut constate que de nombreuses associations du patrimoine ne sont pas déclarées. Il prévient que l’absence de déclaration revient à n’avoir aucun droit. Autrement dit, « si l’association non déclarée « existe » c’est parce qu’elle répond à la définition d’une association. Juridiquement elle est pourtant nulle ».

L’association non déclarée, ou de fait, aussi appelée « collectif », est un groupe qui n’a pas procédé aux formalités de déclaration. Pour autant, elle reste parfaitement légale. En revanche, elle n’est titulaire d’aucun droit car elle ne dispose pas de personne morale. Une association non déclarée peut suffire si l’objet ou le projet ne requiert pas de relations avec des personnes tierces. 

2. L’association déclarée

Déclarer son association lui confère un statut juridique. Cela permet d’avoir accès à de multiples droits, mais aussi, à des obligations. 

Les associations déclarées se distinguent en 3 catégories.

Les associations loi 1901 « classiques »

Une association est « classique » si elle concerne un cercle restreint de personnes. Autrement dit, si son objet ou son accès est « fermé » et qu’il ne sert que les intérêts personnels de ses membres. 
 Par exemple : l’association des anciens propriétaires du château de Tartuffle. Son objet est de réunir mensuellement des personnes qui ont réalisé des actions autour du château pour partager et s’informer de nouvelles actualités

Par ailleurs, une association sera également caractérisée de « classique » si elle pratique des activités commerciales qui lui permettent de dégager plus de 61 145€ de recette par an. Pour en savoir plus

L’association d’intérêt général

Une association est considérée d’intérêt général si elle a un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial ou culturel. 

Si elle concourra à la mise en valeur du patrimoine artistique, à la défense de l’environnement naturel ou à la diffusion de la culture, de la langue et des connaissances scientifiques françaises, il s’agit également d’une association d’intérêt général.

En outre, rentre aussi dans cette catégorie, l’association qui répond à trois critères précis :  
1) L’association n’agit pas au profit d’un cercle restreint de personnes. L’action de l’organisme doit pouvoir bénéficier à toute personne désirant y adhérer.
2) Elle a une gestion désintéressée
3) Elle pratique une activité non-lucrative

 Par exemple : L’association pour la Renaissance du Château de Portes (RCP). « Cette association a pour but de mettre en œuvre, soit directement soit indirectement, tout moyen juridique, technique ou intellectuel pour l’organisation de chantiers ayant pour objet la sauvegarde, la réhabilitation et l’entretien du château de Portes ainsi que d’assurer son utilisation dans un but culturel et d’intérêt général. L’association peut aussi exercer ce but sur d’autres monuments et autres lieux que le château selon la demande qui lui est faite. » 

Julien Guinhut précise qu’en cas de moindre doute sur la bonne attribution du caractère « intérêt général », depuis la loi du 1er août 2003 il existe une procédure dite « du rescrit » qui permet d’interroger l’administration fiscale à propos de la situation particulière de l’association :

« Un organisme d’intérêt général peut donc s’assurer auprès de l’administration fiscale qu’il a bien cette qualité par la procédure du rescrit fiscal.
Pour cela, ils doivent faire la demande selon un modèle de lettre définie réglementairement, en courrier recommandé avec accusé de réception, à la direction départementale des finances publiques de leur siège »
.

L’association reconnue d’utilité publique

Le monde associatif perçoit cette reconnaissance d’utilité publique comme un label conférant à l’association une légitimité particulière dans son domaine d’action. 

Pour Julien Guinhut : « la reconnaissance d’utilité publique est décrétée, absolue, et juridique. C’est une image qui est claire pour les gens et qui rassurent donc les propriétaires et les mécènes ». 
La reconnaissance d’utilité publique n’est pas automatique. C’est le Conseil d’État qui décide par décret. En outre, la demande se fait à partir d’un dossier adressé par courrier au ministère de l’intérieur (Bureau des associations et des fondations – Ministère en charge de l’intérieur). 

Attention : l’association s’engage, en contrepartie, à accepter toutes les contraintes et tous les contrôles imposés par l’administration. Mais, il y a certains avantages… En effet, par exemple, concernant les subventions publiques, le statut de l’association peut avoir un impact. 

Pour Julien Guinhut, « plus le statut de l’association est difficile à obtenir, plus en réalité, l’association semble mériter des subventions ».

Mais, dans la pratique, le dispositif ne concerne que les organisations à vocation nationale. 

Quelle gestion pour les associations ayant des activités commerciales ? 

Une association peut pratiquer des activités commerciales générant des revenus tant qu’elles servent l’objet non lucratif de l’association. Au contraire, il peut être intéressant pour cette dernière de développer une activité lucrative. 

En réalité, pour Julien Guinhut, tout dépend de l’objet de l’association et du choix de stratégie que l’association adopte :
« Pour les petites associations, il vaut mieux ne pas avoir d’activités lucratives pour ne pas être imposé mais pour d’autres, il peut être intéressant de faire des calculs… Il est parfois plus intéressant de développer une activité commerciale et de payer des taxes, plutôt que de ne rien faire du tout !

Il faut aussi tenir compte de la différence entre les bénéfices commerciaux et ceux considérés comme non commerciaux. Les recettes qui ne sont pas
commerciales (billets de visites, etc.) ne sont donc pas soumises aux impôts, contrairement aux recettes commerciales (produits dérivés, etc.). »

Comment distinguer les activités qui sont « lucratives » de celles qui ne le sont pas ?

Une activité sera considérée comme lucrative si elle a un caractère « intéressé », et notamment si elle concurrence des entreprises commerciales. Au contraire, les spectacles, produits dérivés sont des revenus qui servent l’objet non lucratif. 

Un moyen de savoir si l’on exerce une activité lucrative ou non est d’appliquer la règle des 4P. Tout d’abord, le produit ne doit pas rentrer dans le marché concurrentiel, ou peu. Puis, le public ne doit pas être trop large. Ensuite, il faut que le prix soit raisonnable. Enfin la publicité, doit être inexistante (sauf campagne d’appel aux dons).

Qu’en est-il des activités lucratives telles que les chambres d’hôtes, l’organisation de réceptions, l’exposition de galeries… ? 
Julien Guinhut affirme qu’une telle activité lucrative peut effectivement « poser problème quant à la reconnaissance du caractère d’utilité publique ou d’intérêt général », en particulier si on ne respecte pas les critères précédents.  

Point sur les impôts et la TVA


Les associations bénéficient d’une franchise d’impôts et de TVA sous trois conditions cumulatives. L’association doit avoir une gestion désintéressée. Ensuite, les activités non lucratives doivent être largement dominantes. Enfin, le montant des recettes provenant des activités lucratives ne doit pas excéder 61 145 € *(par organisme et par année civile).

*Attention le seuil de 61 145 € pour bénéficier d’une franchise d’impôts et de TVA concerne l’année 2016. Le seuil peut évoluer chaque année. Celui de 2020 est de 72 000 €.

Six fois par an maximum, toute association a d’ailleurs le droit de percevoir des recettes commerciales sur des activités de bienfaisance. Ces recettes ne sont pas prises en compte dans le calcul des 61 145€.

Il existe des exceptions fiscales pour certaines associations : les associations qui aident les personnes défavorisées, les associations dont la mission principale est la représentation de spectacle, et les associations autour d’une galerie d’art contemporain, ne se voient pas imposer la TVA. 

L’article « Quelles associations autour des monuments historiques ? » Les associations des monuments : interview de la Fondation du Patrimoine » permet de mieux comprendre les différents types d’associations qui existent autour des monuments historiques.

Pour aller plus loin

Association pour la sauvegarde d’un château

Créer une association pour son château

Les acteurs du patrimoine : conseil, sensibilisation et lobbying

Signalétique et orientation du public dans un monument – quelles actions mener ?

L’important à retenir dans cet article :

Accueillir du public dans un monument historique ou dans des jardins n’est pas une simple affaire. Eviter les dérapages, les entrées dans les espaces dangereux ou privés, guider vers les points de vue qui ont de l’intérêt, mener une visite… ces éléments se préparent avec soin, et l’efficacité de l’accueil repose en partie sur la signalétique. 

En tant que designer diplômé en Art Graphique et option signalétique en dernière année, Antoine de Saboulin – freelance depuis 5 ans et directeur artistique de start-up à ses heures – accompagne les établissements dans la réalisation d’identités visuelles, de logos… et de leur signalétique.

Il nous donne quelques clés d’expert pour bien orienter son public.

Qu’est-ce qu’une « bonne signalétique » ? 

Une bonne signalétique doit répondre à 2 critères principaux : 
– être visible
– être adaptée au lieu et à l’environnement

Pour cela, les codes visuels du lieu sont importants. Par exemple, si la signalétique du métro est vive et colorée pour attirer l’attention, celle du Château de Chambord doit épouser les mêmes styles architecturaux que le domaine, aussi bien que des critères visuels qui évoquent la culture.

Quel type de signalétique installer ? (Fléchage, panneaux de couleurs, typographie…) 

La signalétique est sélectionnée suivant le lieu et le message à véhiculer. 

Par exemple, celle d’une exposition ne sera pas la même que pour orienter son chemin dans le métro, où les couleurs nous indiquent quelles lignes suivre pour se diriger vers la destination souhaitée.

Pour l’exposition, le cheminement sera davantage « littéraire », avec quelques textes, plus lisibles sur un mur uni. Des panneaux doivent pouvoir être installés pour attirer l’œil et être mobiles, pour se fixer n’importe où, là où les besoins de la visite l’imposent.

Avant de commencer à développer la créativité, le designer cherchera à s’imprégner du lieu et vérifier les conditions extérieures… Par exemple, en plein air, la signalétique doit résister au temps et à l’eau. Alors qu’en intérieur elle répondra à d’autres critères, tels que la hauteur du plafond, les couleurs des murs…

Quelles sont les démarches pour bien installer ses indications ?

Il y a plusieurs étapes pour cette démarche.

La phase de compréhension

Les clients qui commandent une signalétique posent dès le début un cahier des charges avec leurs souhaits.

Le designer échange avec le demandeur, qui nous fait part du projet. Si le propriétaire / gestionnaire décide de le faire lui-même, cette étape consistera en la clarification de ses propres besoins, de l’image qu’il veut renvoyer selon la thématique de la visite ou des lieux. Les formaliser sur un papier se révèle souvent indispensable pour éviter toute imprécision…

La phase d’immersion créative

Le designer se rend sur place et s’imprègne de l’identité visuelle du lieu. Accompagné de la personne en charge du projet, il comprend en détail ce qui est attendu, comment est élaboré le cheminement de la signalétique lors du parcours de la visite. 

Il commence alors à hiérarchiser les niveaux d’information : ce qui relève de la visite, ce qui relève du lieu, ce qui relève éventuellement d’autres choses (toilette, buvette, indications liées aux normes ERP…).

Si le propriétaire / décide de le faire lui-même, il doit « jouer le jeu » du parcours. S’il s’agit d’une visite guidée ou orientée, il s’agira pour lui de réaliser le parcours et de formaliser l’ensemble des choses qu’il imagine. S’il s’agit d’orienter des personnes dans un lieu « libre », il pourra être utile de faire évoluer dans les espaces une tierce personne afin de comprendre le cheminement « naturel » à réorienter… 

C’est à ce moment-là que les questions de type « pourquoi ce lieu n’est pas accessible ? Que se cache-t’il ici ? Je vais où juste après ? » ne doivent pas être contournées. 

La « bonne signalétique » s’accompagne d’une « bonne protection » des espaces privés. 

La phase de réalisation simplificatrice


Après la construction des supports, un travail d’épuration est effectué, de traitements des couleurs, de typographie… Le designer choisit parfois des objets pour mettre en mouvement l’espace et la dynamique.

Personnellement, la plupart du temps, j’ai eu la chance de pouvoir exprimer une liberté de créativité totale, mais cela peut dépendre de certains projets. Par exemple, si l’identité du lieu est déjà très forte, comme au château de Versailles, la signalétique possèdera les mêmes codes visuels pour que cela soit cohérent, et il y aura alors un peu moins de liberté créative.

A contrario, si dans un petit château l’identité graphique n’est pas forcément aboutie, il est possible de créer beaucoup d’éléments et de s’amuser : les couleurs, la typographie, le traitement des images…

La plupart du temps les propriétaires désirent des choses nouvelles et innovantes. Et c’est ce qui marche auprès du public !

Deux exemples :
– Lorsque nous rentrons dans le Centre Georges Pompidou, la signalétique est un peu « dans tous les sens » mais les informations sont inscrites en « énorme ». La signalétique est à l’image du Centre qui brasse de nombreuses œuvres et un public très riche. In fine, le tout est homogène et compréhensible : cohérent. C’est ce qui est attendu de la signalétique ! 
– À Montmartre, a contrario, ce sont de petits panneaux à hauteur des yeux, afin de ne pas envahir et gâcher l’architecture intérieure qui est plus « discrète ». Il faut davantage chercher l’information, mais la signalétique n’a pas besoin d’être trop visible, car le touriste y passe peu de temps. Le touriste cherche à « faire un tour dans le bâtiment ».

Y-a-t’il des « trucs » spécifiques à connaitre? Des codes de signalétique ?

Dans l’édition, il existe une mise en page et une hiérarchisation des titres normée : gros titre, sous titre et le texte.

Pour la signalétique, c’est la même chose : il faut la considérer comme une porte d’entrée visuelle afin de savoir quel cheminement emprunter. 
Cela commence avec un grand panneau à l’entrée, comme les gros titres des magazines. Puis cela diminue jusqu’aux petits cartels ou aux brochures de l’exposition. Comme un entonnoir, petit à petit, les tailles se rétrécissent, du global au singulier.

A quoi faut-il faire particulièrement attention lorsqu’on installe sa signalétique à l’intérieur d’un monument ?

La difficulté principale est le budget : la signalétique est importante mais elle doit être fixée dans un budget.

Le but est qu’elle soit évocatrice, visible, « imprégnante » pour le visiteur et qu’elle dure dans le temps. 

Pour trouver les solutions et les bonnes personnes, il faut l’intégrer dans le budget. Par exemple, si le propriétaire cherche un designer en Bretagne, il faudra penser éventuellement aux coûts de transports, et nous devrons faire des choix pour respecter les coûts limites.

Mis à part le budget, il faut prêter particulièrement attention à respecter l’architecture du lieu : cela peut être compliqué selon les bâtiments. Par exemple, si le plafond est trop haut, au lieu d’y fixer des panneaux nous pouvons installer des bandes de couleurs au sol.

Une « bonne signalétique » coûte combien ? Existe-t-il des « astuces » pour limiter les frais ?

Cela dépend du degré d’exigence du porteur de projet !

S’il désire des néons, des volumes suspendus, cela coûte très cher. Sinon il existe déjà des supports de communication, des cadres A4 par exemple, avec une possibilité de renouvellement qui est moins cher.

Pour les budgets intermédiaires, cela peut être de l’adhésif collé sur des supports plats et des murs, mais cela prend beaucoup plus de temps car cela nécessite un travail manuel dans un atelier.

Où la signalétique doit-elle être positionnée dans le lieu de visite ?

Cela dépend du lieu mais surtout du message : de nombreux critères existent, notamment le respect du lieu et du sujet. 

De même, il faut que la typographie « épouse le lieu ». Par exemple, pour une exposition contemporaine, elle sera plutôt fine et géométrique, tandis que pour Montmartre une typographie littéraire, fine, douce… Pour cet espace, il s’agit de respecter le lieu. La signalétique sera alors peu visible au milieu des photographies des touristes.

Quels conseils donneriez-vous à un propriétaire qui désire installer une signalétique efficace ?

Si le propriétaire désire conserver son lieu et ne pas le dénaturer, cela nécessitera une signalétique discrète.

Cependant, s’il préfère mettre en avant des évènements et des activités touristiques, il y a la possibilité de créer des choses plus imposantes et de s’amuser un peu dans la création.

Pour aller plus loin

La réglementation ERP dans les MH

Comment faciliter l’accès d’un monument éloigné ?

Recevoir du public dans les jardins classés

Processus et demande de financement MH et ISMH auprès de la DRAC

L’important à retenir dans cet article :

Le processus de demande de subventions est long et complexe, et il est normal de s’y perdre, que ce soit dans l’ordre des démarches à faire ou dans les interlocuteurs auprès de qui les faire. 
Cet article présente :
– Un schéma explicatif du processus de demande de subvention
– Des notes sur les différents acteurs du processus de demande de subvention
– Les liens vers les sites qui permettent de retrouver « facilement » les bons interlocuteurs

Une aide pouvant prendre plusieurs formes

Avant toute chose, il convient de rappeler ce qu’est une subvention mais aussi en quoi elle consiste. Définie par le Ministère de la Culture et de la communication (source), une subvention est :
– une contribution facultative de l’administration,
– sous forme pécuniaire ou en nature (par exemple, la mise à disposition d’un local), 
– justifiée par un intérêt général
– destinée à la conduite d’une action ou au financement de l’activité du bénéficiaire. Ces actions ou activités sont initiées, définies et mises en œuvre par les bénéficiaires.

Attention : Les Directions Régionales des Affaires Culturelles (DRAC) fournissent une aide technique qui va bien au-delà des seules subventions financières. De manière non-exhaustive, elles peuvent fournir selon les besoins et leurs disponibilités : des conseils, l’appui de leurs compétences, leur expertise et leur soutien financier. 

Bien que ces aides aillent souvent de pair, cet article se concentre sur le dernier point, à savoir le processus de demande de subvention financière. Mais, nous vous encourageons à bénéficier tout autant des bons conseils des experts disponibles que des enveloppes.

Qui est concerné et comment s’y prendre ?

Les monuments protégés, c’est-à-dire classés, inscrits ou détenant le label d’aide au patrimoine décerné par la Fondation au Patrimoine, peuvent être éligibles à des subventions accordées de la part des DRAC. 

Il est possible d’obtenir ces aides substantielles à condition de bien les demander. Il faut également respecter un certain nombre de contreparties ou de conditions spécifiques.

Le processus de demande de subvention peut être complexe et de ce fait les démarches à suivre peuvent paraître parfois contradictoires. Le schéma suivant récapitule un processus de demande de subvention financière dans ses grandes lignes. 

Pour bénéficier d’une subvention, l’opération doit avoir fait l’objet d’une autorisation de travaux ou d’un permis de construire. Elle doit également être inscrite à la programmation de l’année en cours. Enfin, l’opération ne doit pas avoir reçu de commencement d’exécution (les devis ne doivent pas être signés).

Attention : Chaque projet mérite un fonctionnement qui lui est propre. Néanmoins, bon nombre d’entre eux ont globalement suivi le processus suivant.

(1) AMO (Assistant à Maîtrise d’Ouvrage) : a pour mission d’aider le maître d’ouvrage (porteur de projet) à définir, piloter mais aussi réaliser le projet. Il a également un rôle de conseil/assistance, le décideur restant le maître d’ouvrage. Certains AMO travaillent en bureau d’étude.

(2) Bureau d’étude : cabinet d’expertises à caractère scientifique mais aussi technique (état des lieux, conception d’un produit ou l’organisation d’un service…).

(3) CRMH (Conservation Régionale des Monuments Historiques) : ce service de la DRAC recense et met à jour l’inventaire de sa région. Il a donc une compétence scientifique et technique. 

(4) Architecte du patrimoine : Diplômé de l’École de Chaillot, c’est un architecte spécialisé dans la restauration, la réhabilitation et l’aménagement des sites patrimoniaux, notamment des bâtiments protégés au titre des Monuments Historiques. 

(5) ACMH (Architecte en Chef des Monuments Historiques) : œuvre à la restauration des monuments historiques classés appartenant à l’État, notamment les cathédrales et les palais nationaux. Seuls des Architectes du patrimoine peuvent, par un concours public, devenir ACMH. 

(6) ABF (Architecte des Bâtiments de France) : appartient au corps des AUE (Architectes et Urbanistes de l’État) ayant choisi l’option « patrimoine ». Il a pour mission d’entretenir et conserver les monuments historiques, qu’ils soient protégés ou non. Il veille également au respect de la qualité de l’habitat (constructions neuves et réhabilitations) aux abords des monuments historiques et dans les autres espaces protégés.

(7) UDAP (Unité Départementale de l’Architecture et du Patrimoine) : est le service où exercent les ABF. Il répond aux directives de la DRAC et du préfet.

(8) DGP (Direction Générale des Patrimoines) : est l’une des quatre principales entités du ministère de la Culture et de la Communication. Elle est elle-même constituée de quatre services consacrés à l’architecture, aux archives de France, aux musées de France et au patrimoine. 

Attention : chaque dossier, chaque projet, chaque DRAC, chaque partie prenante ayant ses spécificités et ses modes de fonctionnement, des actions peuvent différer. N’hésitez donc pas à demander conseil auprès de ces intéressés.

A qui s’adresser et comment ?

Il vous sera nécessaire de contacter la DRAC de votre région. La liste des DRAC ainsi que leurs contacts est disponible sur le site du Ministère de la Culture ici

Le document relatif aux travaux sur les monuments historiques et à la demande de subvention adéquate est le cerfa n°15459*01. Vous pouvez le récupérer ici.

A vous de jouer ! Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous écrire : (contact@hephata.fr)

Pour aller plus loin

Protéger un monument – MH ou ISMH ?

Les règles des abords de monuments historiques

Trouver un financement

La photographie au service des châteaux. Hephata a interrogé Didier Saulnier et Thomas Garnier, des photographes qui rendent hommage aux monuments.

L’important à retenir dans cet article :

 La mise en valeur du patrimoine, c’est aussi une question de « point de vues ». A ce sujet, les photographes jouent un rôle particulièrement important pour rendre hommage aux monuments, leurs jardins et leurs occupants.

A l’occasion de la sortie de l’ouvrage « Les Paradis Secrets de Marie-Antoinette », paru le 2 novembre 2017 en co-édition Albin Michel / château de Versailles – un ouvrage de photographies sur le Hameau de la Reine et le Petit Trianon à Versailles, nous avons interrogé Didier Saulnier et Thomas Garnier. Les 4 photographes du domaine comptent aussi Christophe Fouin et Christian Millet, co-auteurs de l’ouvrage. Ils mettent la photographie au service des châteaux.

Avant d’arriver au château de Versailles, quels parcours avez-vous choisis ?

Didier Saulnier : J’ai un parcours atypique pour un photographe de Versailles : en effet, j’ai commencé en 1979 au Sri Lanka et j’ai ensuite été photographe de presse. J’ai donc été en free-lance quasiment toute ma vie, prenant mes propres décisions pour construire les images.
A une certaine période, le monde a commencé à changer. Et celui que nous connaissions s’est en quelque sorte « terminé » avec la numérisation. Il a fallu trouver une jolie voie pour continuer, et celle-ci a été Versailles.

Thomas Garnier : J’ai commencé au château de Versailles en 2008 en tant que médiateur culturel pendant 3 ans, puis j’ai effectué un Mastère de management dans la culture, l’art et le patrimoine, avec option dans le numérique (graphisme…). Cette formation était donc assez transversale, située entre l’art et la communication.
Je suis ensuite revenu au château en 2011 en tant que photographe et chef de projet audiovisuel, et à présent s’est ajoutée également la fonction de Community Manager.

Quelle est votre façon de travailler autour du château de Versailles, et plus particulièrement dans le cadre de votre ouvrage ?

D. S. : Aujourd’hui, je travaille au sein de la direction de l’information et de la communication du château de Versailles.

Cela demande une implication quotidienne étant donnée la permanence des évènements, des chantiers, des actualités, des personnalités qui s’y rendent… J’y ai vécu des rencontres étonnantes comme avec Bernard Arnault en 2013, ou encore Pierce Brosnan pour une interview réalisée avec l’un de mes collègues !
En parallèle de l’actualité, il y a des travaux de plus longue haleine à suivre. Par exemple, en ce moment, le chantier sur la Chapelle Royale me sollicite beaucoup.

T. G. : De mon côté, je réalise des photographies en début de semaine, où j’effectue des reportages le lundi, jour de fermeture du Château. Le reste de la semaine, je m’occupe d’autres projets au sein du service du développement numérique, par exemple la création de supports audiovisuels, des expériences de réalité virtuelle…

D’une manière générale, il s’agit souvent de photographies « de commande », bien que je puisse avoir des occasions et du temps pour faire d’autres belles photos et de proposer de nouvelles idées créatives.

Dans le cadre du livre « Les Paradis Secrets de Marie-Antoinette » – qui est la suite du premier (« Le Château de Versailles vu par ses photographes ») – nous avions pour but de mettre en valeur des éléments un peu particuliers…

Nous avons voulu montrer « ce que nous ne voyions pas », « ouvrir les portes fermées »… En quelque sorte, faire partager au plus grand nombre le privilège d’être photographe au château, avec l’accès à tous ses secrets et tous les mystères de l’architecture de Versailles.

Nous avions le désir de faire découvrir un point de vue historique, une passion pour le lieu et la photographie. Ce travail fut une belle émulation créative entre nous, chacun avec son œil différent parmi les photographes du château de Versailles.

Photographier des châteaux, c’est un métier particulier… Quelles sont les raisons de votre choix ? Et du choix de Versailles en particulier ?

D. S. : Je souhaitais enrichir mes travaux à côté de la presse et le château de Versailles m’en a donné une belle occasion. Travailler dans un tel endroit est une chance inouïe !

T. G. : En premier lieu, j’aime ce château… ! Versailles a une particularité. C’est un lieu qui s’appréhende à la fois dans l’infiniment grand et à la fois dans l’infiniment petit. Par exemple, nous pouvons observer la galerie des Glaces dans son ensemble mais le moindre détail est travaillé : il n’y a pas de faux semblant !

A Versailles, tout est quasiment parfait. Pour nous, photographes, c’est une source inépuisable de travail car nous trouvons toujours quelque chose à renouveler. 
Dans le livre, c’est exactement ce que nous avons pu pointer : les détails que les visiteurs ne voient pas. Il s’agit d’une relation privilégiée avec les œuvres, et le fait de s’imprégner du travail du sculpteur, de l’ébéniste, du peintre…

Qu’est-ce que la photographie vous inspire ? Quel est votre regard sur le château… ?

D. S. : Il est difficile de répondre, le domaine étant tellement vaste entre les jardins, les bosquets, le parc, le château…

C’est un site que j’affectionne particulièrement depuis toujours : tout petit déjà je m’y baladais avec ma grand mère, je faisais des compétitions de vélos de 7km autour du canal, j’y rencontrais mes premiers amours… Aujourd’hui j’habite à côté !

Ayant longtemps travaillé en Asie, je trouvais cela important de revenir en France à un moment de ma vie : c’était là l’occasion de retrouver mes racines, d’avoir un retour aux sources de mon enfance. La boucle est à présent bouclée !

T. G. : Je pense que je m’attache très particulièrement aux détails : ce que je préfère, c’est mettre en valeur les choses.

J’apprécie également rendre hommage à toutes ces personnes qui ont rendu son image au château, sa perfection : les conservateurs, les restaurateurs, la mise en scène, l’éclairage…

Ce lieu ne laisse pas vraiment de place à l’approximation, nous devons être efficaces, et être précis dans nos photographies.

Quel temps cela prend-il de faire de « bonnes photographies » ? Et d’en constituer un recueil ?

D. S. : J’en prends tous les jours mais cela a pris plus de temps pour le livre que nous avons publié, « Les Paradis secrets de Marie-Antoinette ». Le premier ouvrage de la série, « Le château de Versailles vu par ses photographes » est principalement centré sur le château, celui sur Marie Antoinette – il est magnifique – a demandé un travail de recherche plus important.

Dans ce projet, il y avait la façon habituelle de chacun, pour travailler les images. Christian Millet, au service de Versailles depuis 39 ans, connaissait parfaitement toutes les photographies possibles du château ou presque. 

Nous devions alors compléter et ajuster au mieux les photos pour le livre, sachant qu’il est difficile de faire des choix : les images doivent « se parler », être homogènes entre elles (au niveau des couleurs, des lumières…). Nicolas de Cointet était le chef d’orchestre, pour nous faire jouer, nous, les quatre photographes du livre !

T. G. : Pour le livre, nous avons d’abord été chercher dans nos albums personnels. Par exemple, certaines photographies montrent de la neige à Versailles alors que cela faisait 5 ans qu’il n’avait pas neigé…

Chacun de nous a accumulé des visuels, nous avons procédé à des recherches dans nos archives récentes. Ensuite, il nous a fallu 4 à 5 mois pour ajouter le reste des clichés, et obtenir la cohérence : une vraie visite du château pour le spectateur.

Quels sont vos projets futurs en terme de patrimoine ?

D. S. : Je vais rester au château de Versailles, car il y a tellement de choses à y voir qu’une vie n’y suffirait pas ! Tout change en permanence : la lumière, les saisons, les œuvres, les restaurations…

Par exemple, en me promenant petit avec ma grand mère dans le parc, les statues magnifiques que nous pouvons voir aujourd’hui n’étaient pas du tout entretenues, il y avait de la mousse, du lichen… Aujourd’hui, ce parc statuaire est sûrement l’un des plus grands au monde et n’a pas d’équivalent.
A ce sujet, la politique de restauration est vraiment intéressante : les statues les plus dégradées sont restaurées puis mises à l’abri et des copies sont installées à leur place. Nous y voyons tous les détails avec une précision de 5 microns, c’est incroyable.

T. G. : Je reste à Versailles ! Quoique l’un de mes projets serait de l’aborder par le ciel. J’ai récemment obtenu une licence de pilote pour pouvoir réaliser des vues aériennes du château par drone.
C’est intéressant car ce lieu est conçu pour être vu du ciel : au niveau de ses perspectives, de ses jardins… il y a une véritable correspondance aérienne.

Néanmoins, il est difficile de « créer du nouveau » en terme de photographies à Versailles : tout ou presque, a déjà été réalisé par les prédécesseurs et les visiteurs. Notre travail nécessite donc une vraie humilité. Nous trouvons beaucoup d’éléments dans les archives, la créativité se rejoint partout, mais il sera peut être possible de créer des choses différentes grâce aux nouvelles technologies. Qui sait ?

Que cherchez-vous à communiquer du patrimoine dans vos photos ?

D. S. : Cela dépend pour qui nous les prenons. Pour les conservateurs qui nous sollicitent, nous cherchons d’abord à rendre visibles un maximum de détails. La photographie doit être la plus nette et la plus éclairée possible. C’est souvent difficile avec le soleil, il faut que ce soit ni trop sombre ni trop clair…

Pour la communication et la presse, des images fortes, dynamiques, qui flashent sont nécessaires. Il y a certains codes évidents : par exemple pour les magazines, toujours décentrer le sujet du bon côté. Il ne doit jamais être au milieu. Mais aussi penser à la largeur de l’image, les endroits d’insertion du texte et du chapeau…
Ce sont des détails propres à chaque situation qui sont primordiaux.

T. G. : Chaque photographie a un message différent. Pour ce livre, le Petit Trianon, par exemple, arrive à faire sentir l’intimité, à entrer dans le domaine privé des personnages et à mieux imaginer qui ils étaient à leur époque.

Avez-vous d’autres exemples en terme de patrimoine ?

D. S. : J’ai travaillé pour les éditions Flohic, sur le patrimoine des communes de France, qu’il soit religieux, militaire, agricole…C’était des ouvrages collectifs, deux tomes de plusieurs centaines de pages, sur des châteaux, des abbayes… Et cela dans de nombreux endroits magnifiques : la Sartre, l’Essonne, la Garonne, le Maine et Loire…

Mon plus beau souvenir a été le château de Saumur, car j’ai pu prendre des photos en paramoteur (parapente à moteur), avec un vol en basse altitude. Le moment a été tout simplement magique.

T. G. : En tant que simple visiteur, j’ai parcouru de nombreux châteaux.
En tant que professionnel, j’ai déjà travaillé à Fontainebleau ; mais aussi dans divers endroits dans le cadre de Versailles, pour des expositions extérieures : Rambouillet, le Château d’Angers, l’Hermitage…

Quels autres photographes de monuments ont réussi à transmettre quelque chose de particulier ?

D. S. : Il y en a énormément. Ce qui me marque chez les photographes c’est surtout la puissance des images. Les premiers noms qui me viennent à l’esprit sont Philippe Baudille qui travaille beaucoup sur les châteaux de la Loire mais aussi Jean-Baptiste Le Roux, qui photographie entre autre Versailles.

T. G. : Mes collègues de Versailles évidemment !

Si vous deviez donner des techniques aux propriétaires qui cherchent à prendre de belles photos (mis à part vous contacter !) quels conseils leur donneriez-vous ?

D. S. : D’après moi, les bons « trucs » seraient :
– Cadrer correctement le sujet, sachant que le cadrage dépend de ce que chacun souhaite donner comme image,
– tourner autour du sujet, y revenir plusieurs fois et à différents moments de la journée,
– prendre la « belle lumière », soit tôt le matin ou tard le soir de préférence,
– faire très attention à la balance automatique des blancs sur un appareil photo !
– Etre vigilant à la définition (petite, moyenne, large) avec le conseil se mettre plutôt « au large » avec un maximum de pixels,
– c’est mieux d’avoir un pied pour construire la photo et ainsi qu’elle soit bien définie,
– éviter de laisser le stabilisateur optique, surtout pour les pauses longues,
– et enfin, prendre son temps !

T. G. : Pour moi :
– En priorité, il faut acheter un pied pour pouvoir faire des photos en pose des intérieurs. Cela est impossible sans, il n’y aura pas de qualité. 
– Acheter des objectifs, et pourquoi pas un drone !

Il est aussi pratique de savoir faire des retouches sur Photoshop, pour obtenir exactement ce que nous voulons. Il est possible pour cela de regarder des tutos sur Youtube, ainsi tout le monde peut l’effectuer.

Est-ce que vous exposez ?

D. S. : Je ne suis pas très demandeur car cela prend beaucoup de temps. Mes plus belles expositions sont mes photographies dans les magazines.
Une image dont je suis fier est celle d’Agnès B. au château de Versailles (dans le magazine éponyme), où elle raconte ses souvenirs du lieu.

T. G. : Nous avons exposé notre travail il y a un an dans le domaine de Marly-le-Roi, tous les quatre. Sinon, nous nous voyons davantage dans les nombreuses éditions du château de Versailles, ou bien dans la presse et les campagnes d’affichages du métro, puisque nous sommes dans la communication.

Pour aller plus loin

Comment recevoir des tournages dans son château ?

Diversifier les activités dans un site historique

Organiser des shooting photos dans son château

Association pour la sauvegarde d’un château : ce qu’il faut savoir

L’important à retenir dans cet article :

La création d’une association loi 1901 est une « astuce » très répandue dans le secteur du patrimoine culturel. Sa mise en place n’est pas très contraignante. Elle peut être utile pour gérer des activités, organiser des chantiers, accueillir des visites. Enfin, elle peut simplement permettre de s’entourer de soutien ou de financer ses projets de restauration. Mais au-delà de ces avantages, la création d’une association est aussi une occasion de partager une passion avec d’autres personnes ! 

L’association se décline selon plusieurs modèles. Vous trouverez dans cet article les avantages associés aux associations, les nuances de fonctionnements et quelques conseils pratiques pour bien choisir son statut.

Pour en savoir plus : 
La définition et les différentes variantes d’associations, leur rôle respectif, accompagné d’exemples représentatifs 
Les démarches à suivre pour créer sa propre association
– Les alternatives aux associations (à venir)

Conditions de création et de statut des associations

Caractéristiques générales à savoir pour toutes les associations :
Les dirigeants doivent exercer leur activité à titre bénévole (sauf au bout de 3 ans d’exercice avec des fonds propres excédant 200 000 euros, l’association a le droit d’avoir un salarié dirigeant. Pour en avoir trois, il faut atteindre 1 million d’euros de fonds)

Les dirigeants de l’association sont responsables civilement et pénalement des éventuelles fautes de gestion (en cas de mauvaise déclaration des statuts : activités commerciales ou non, déduction fiscales…). En outre, les apports des membres en numéraire, en nature ou en industrie sont autorisés. La responsabilité des membres est limitée à leurs apports et les fonds propres de l’association sont les cotisations de ses membres. L’association ne dispose pas de capital (c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’actionnaires).

Que veut dire « Transparence et désintéressement » ?

Il s’agit de prouver : 
– La cohérence des buts et des moyens de l’association, 
– L’existence de règles permettant un fonctionnement démocratique, – La gestion financière désintéressée.

Que veut dire « Solidité financière » ?

Il s’agit d’un état financier qui repose sur les acquis suivants : 
– Un montant annuel minimum de ressources estimé à 46000 € provenant des ressources propres, 
– Un montant de subventions publiques qui n’excède pas la moitié du budget, afin de garantir son autonomie, 
– Des résultats positifs au cours des 3 derniers exercices.

Avantages dont bénéficient les associations

Qu’est-ce que les reçus fiscaux ?

Ils permettent aux donateurs de déduire de 60 à 75% du montant de leurs dons de leurs impôts, selon la personnalité juridique. Pour plus de détails, voir l’article correspondant sur le mécénat dans le patrimoine.

Attention : A compter du 1er janvier 2018, l’administration fiscale contrôle sur place que les montants portés sur les reçus correspondent bien aux dons et versements effectués.
Sont concernés les dons et les cotisations d’adhésion versées à l’association, à condition que l’adhérent ne reçoive aucune contrepartie à son versement.

A quoi correspondent les droits de mutations ?

Aussi appelé frais de notaire, ils correspondent à tous les droits et taxes perçus par le notaire pour le compte de l’État et des collectivités à chaque changement de propriétaire d’un bien immobilier.

Modalités de gestion des biens d’une association

Les associations peuvent être propriétaire ou locataire :
Celles qui sont simplement déclarées ne peuvent acquérir à titre onéreux, posséder et administrer que le local destiné à l’administration de l’association et à la réunion de ses membres ainsi que les immeubles strictement nécessaires à l’accomplissement du but qu’elle se propose (Article 6 de la loi du 1er juillet 1901). 
Les associations reconnues d’utilité publique ne peuvent posséder ou acquérir d’autres immeubles que ceux nécessaires au but qu’elles se proposent (Article 11 de la loi du 1er juillet 1901). Toutefois, elles peuvent acquérir, sans limitation, à titre onéreux ou à titre gratuit, des bois, forêts ou terrains à boiser.
Les associations reconnues d’utilité publique ont l’obligation de vendre les immeubles qu’elles recevraient par donations ou par legs et qui ne seraient pas nécessaires à leur fonctionnement.

Les modalités liées à l’utilisation des biens sont spécifiques à chaque association qui peut les spécifier dans un règlement intérieur.
En cas de dissolution de l’association, les biens ne peuvent être partagés entre les membres car d’un point de vue juridique, cela peut être qualifié de « partage des bénéfices ». Bien souvent, ils sont donc transmis sous forme de dons à des fondations ou des associations ayant un thème semblable.

Inconvénients

Malgré les avantages liés à la création de l’association, la gestion n’en demande pas moins une implication durable des porteurs du projet associatif ainsi que de la perte de « tout pouvoir ». 

Implication à la création : se mettre d’accord sur les objectifs, élire un comité, et rassembler des passionnés. 
Implication dans la gestion : être présent régulièrement aux réunions et servir les objectifs fixés. Prendre en compte le caractère chronophage du travail administratif : veiller au paiement des cotisations, tenir une comptabilité, organiser les assemblées et les évènements.
Perte de pouvoir absolu dans les décisions : dorénavant, il faudra être prêt à accepter que le projet prenne une autre orientation que celle initialement prévue… Les décisions sont prises démocratiquement.
• Il est plus difficile pour une association loi 1901 d’emprunter des fonds auprès d’une banque du fait qu’une association ne dispose pas de capital. Certaines banques sont toutefois spécialisées dans le domaine associatif (Crédit Mutuel, Crédit coopératif …).

Quelques conseils supplémentaires

En dehors des statuts, il est conseillé d’élaborer une charte ou des règles de gouvernance. Cela permet en effet de régir les rapports entre les bénévoles et de régler les éventuels conflits (exemple). En fonction de l’objet de l’association, il faut également être capable de bien présenter les conditions d’assurance des bénévoles. Un sujet majeur lors de l’intervention sur des chantiers participatifs (Les ateliers de Franck).

Conclusion

Généralement, les porteurs de projets qui cherchent des moyens pour préserver, entretenir et valoriser leur patrimoine utilisent l’association loi 1901. Elles organisent des évènements, ou même des chantiers participatifs qui font vivre le monument. Aussi, le simple fait d’être organisé en association peut rassurer sur la pérennité et le sérieux de votre projet. L’association étant par définition constituée de plusieurs membres, vous allez sûrement devoir vous hiérarchiser et vous partager les tâches. Cela montre votre capacité à vous organiser. C’est donc une question de crédibilité, notamment lors de la recherche de partenaires financiers.

Pour aller plus loin

Charte d’engagement réciproque entre l’État, le mouvement associatif et les collectivités

La capacité de posséder les locaux

Créer une association pour son château

Quelles associations autour des monuments historiques ?

L’important à retenir dans cet article :

Accueillir des visiteurs en lien avec des activités dans un château ou un monument n’est pas simple. L’enjeu augmente lorsqu’il s’agit de faire croitre le nombre de visiteurs. Plusieurs techniques sont utilisées pour « booster » les visites et rendre ses espaces attractifs, parmi elles : la communication, la signalétique, la facilitation des transports, l’amélioration de la qualité des activités…

Le Château de Fougères en Bretagne a connu une belle croissance du nombre de visiteurs (plus de 106 000 en 2017). Evelyne Gautier Le Bail, Adjointe au Maire de Fougères nous donne quelques clés. A bien y regarder, ce qui compte serait : 
– L’adéquation du lieu aux activités
– L’adéquation des activités au public ciblé

Quelles sont les visites que vous proposez ? 

Le Château de Fougères s’adresse à un public très large autour de différents types de visites : 
– En groupe ou en individuel : 
Des visites libres avec des audio-guides (français, anglais, italien, allemand, espagnol ; ainsi qu’un audio-guide pour enfants).
Des visites guidées avec un guide agréé.
– Des visites classiques : de la forteresse ou dans les tours avec une scénographie sur l’Histoire du Château et son appartenance au royaume de France et de Bretagne (l’histoire des « Marches de Bretagne » entre le royaume et le duché de Bretagne).
– Des visites à thème : un calendrier pendant les vacances scolaires et les week-ends pour proposer des animations proposées par le service patrimoine et pouvant être enrichies en lien avec des associations patrimoniales.
– Des visites guidées en langues étrangères.
– Des livrets en 8 langues : les cinq langues citées précédemment et japonais, russe, néerlandais. 
– Des visites en langue des signes (LSF) à la demande.

Il est également possible de visiter la ville selon des thématiques telles que l’époque médiévale.

A quels publics vous adressez-vous ? Quel type de public aimeriez-vous davantage recevoir ? 

Notre public cible est constitué principalement de familles avec des enfants. C’est un public plutôt « saisonnier ». 

Néanmoins, nous développons un public sur toute l’année, par exemple en nous adressant aux seniors, aux publics affinitaires.
Nous recevons 12 000 scolaires par an et des groupes (environ 7 000 personnes par an). Nous souhaitons développer les packages.

Est-ce principalement de la clientèle Bretonne ou de toute la France ? 

En termes de billetterie, 70% de notre clientèle est française. Elle provient majoritairement de la région Grand-Ouest, soit de Bretagne, des Pays de la Loire, et de la Normandie. Une grande clientèle provient aussi de la Région Parisienne.

Nous souhaitons développer la clientèle du Nord de la France, en lien avec les stratégies marketing de la Région Bretagne.

Nous sommes également intéressés par le public international et nous développons des médiations en langues étrangères pour leur donner envie de visiter. Par exemple, nous recevons beaucoup d’anglais et d’espagnols et nous cherchons à élargir à des groupes internationaux comme les japonais ou les américains. 

Nous profitons de leur visite du Mont-Saint-Michel, géré par le CMN, et nous souhaitons les faire venir jusqu’au Château de Fougères.

Comment expliquez-vous que le nombre de visiteurs ait augmenté ? Que recherche le public ? 

La campagne de communication
Ce phénomène peut être expliqué par notre grande campagne de communication chaque année. Nous en avons lancé une nouvelle l’année dernière. Elle était notamment résumée par une grande affiche, comprenant la photo du château et le slogan « T’as pas vu Fougères, t’as rien vu ».

Par ailleurs, de façon générale, notre politique de communication est « très volontariste ». Elle se présente sous différents canaux :
– Institutionnelle : les affiches, les dépliants touristiques
– Web : les réseaux sociaux et le site internet
– La Presse : des publications dans des revues spécialisées pour les amateurs d’Histoire ou les familles
– Les Labels : Ville d’Art et d’Histoire, Destination Rennes et portes de Bretagne, la marque Bretagne…
– Les Guides : TripAdvisor, Le Petit Futé… (Nous avons de bons retours et de bonnes notes, il est donc important d’avoir de tels relais)
– Les Evènements : La parodie de Harry Potter tournée par le youtubeur Joueur du Grenier, l’émission de Stéphane Bern, le Tour de France qui va venir à Fougères et qui amène du public venant de 360 pays dans le monde… 

Cela nous confère une visibilité importante et amène ainsi davantage de visiteurs. 

Créer une expérience
Le public souhaite ici vivre une expérience, que ce soit en famille, avec des amis… Il faut leur proposer des animations et des évènements qui évoluent sans cesse. Le rôle des nouvelles technologies est important.

S’adresser aux bons publics
Il y a toujours des amateurs d’Histoire qui recherchent simplement la visite du patrimoine du château ! Il ne faut pas les négliger.

L’utilisation des nouvelles technologies est-elle importante pour attirer du public ? 

Cette utilisation est même primordiale ! 

Aujourd’hui nous utilisons la scénographie, soit une médiation visuelle et sonore des scènes historiques, qui est à la fois un média technologique visuel et sonore, mais nous avons de nombreux projets. 

En effet, une étude est menée en ce moment avec d’autres sites afin d’apporter de nouvelles technologies dans le cadre de travaux de recherches européens : 
– Un casque Oculus pour une réalité augmentée
– Une salle immersive 
– Des animations de Réalité Virtuelle grâce à des casques spéciaux
– L’utilisation de tablettes

Cela se met en place progressivement, et sera prêt pour 2019-2020.

L’organisation de l’ensemble de ses activités au sein du château nécessite quelles ressources ? 

Le Château est public et est géré en régie. Le budget de la ville est séparé entre les animations, l’entretien et la conservation du château, le personnel.
Pour donner une fourchette, le budget pour les animations estivales du soir varie entre 40 000 et 50 000€. 

Mais ce qui importe, c’est le chiffre d’affaires dégagé par ces investissements. Celui ci est de 550 000€, et ses recettes sont absolument essentielles pour la ville.

En ce qui concerne les effectifs, nous avons un ensemble de permanents et de saisonniers qui travaillent au château : 
– Une responsable qui s’occupe de l’ensemble,
– un animateur du patrimoine qui gère trois guides permanents, une dizaine de guides-conférenciers agréés vacataires et les saisonniers. Il est obligatoire que nous ayons des guides-conférenciers car nous possédons le label Ville d’Art et d’Histoire depuis 1984.
– Une équipe administrative composée de deux personnes à l’accueil des individuels et la réservation des groupes.
– Un technicien de maintenance pour la scénographie et les spectacles, ainsi que du personnel d’entretien,
– des intermittents du spectacle qui travaillent à l’année sous forme de prestations, mais qui peuvent aussi jouer dans d’autres sites que le nôtre.

Quelles clés donneriez-vous à un propriétaire qui désire augmenter le nombre de visiteurs ? 

Plusieurs conseils pour un propriétaire :
– La qualité d’accueil avant toute chose ! 
– La qualité de la communication est essentielle, notamment sur les réseaux sociaux.
– Etre recensé dans différents types de guides et sur les réseaux (TripAdvisor…), car le public regarde ce qu’ils conseillent.
– Etre associé à un grand événement. Cela permet de renforcer la notoriété et donc l’attractivité, de bénéficier de grandes retombées…
– Développer les animations déjà existantes.

Il est bien d’informer afin que les visiteurs souhaitent venir, revenir, et que le site devienne « incontournable » ! 

Pour aller plus loin :

 Pour en lire davantage : 

– LES CHÂTEAUX-ENTREPRISES – est-ce le modèle économique de demain ? 
– Le château de Fougères devient le deuxième château le plus visité en Bretagne
– Le château de Fougères lance sa mutation numérique

Créer une association pour son château : comment s’y prendre ?

L’important à retenir dans cet article :

La création d’une association loi 1901 est une « astuce » très répandue dans le secteur du patrimoine culturel, et notamment des monuments historiques. Sa mise en place n’est pas très contraignante et elle peut être utile pour gérer des activités, organiser des chantiers, accueillir des visites, simplement s’entourer de soutien ou financer ses projets de restauration.
Mais au-delà des avantages, la création d’une association est aussi une occasion de partager une passion commune avec d’autres personnes autour d’un même projet ! L’association se décline selon plusieurs modèles. Vous trouverez dans cet article les démarches à suivre pour créer sa propre association.

Procédure de déclaration de son association et de demande de subventions

Objet et objectif de l’association

Avant toute chose, vos collaborateurs et vous-même, devez absolument vous mettre d’accord sur l’objet et les objectifs qui seront portés par le projet. Il s’agit en effet d’un projet « commun ». Il faut donc le créer ensemble. 

Exemple

L’association pour la Renaissance du Château de Portes (RCP)
« Cette association a pour but de mettre en œuvre, soit directement soit indirectement, tout moyen juridique, technique ou intellectuel pour l’organisation de chantiers ayant pour objet la sauvegarde, la réhabilitation et l’entretien du château de Portes ainsi que d’assurer son utilisation dans un but culturel et d’intérêt général. L’association peut aussi exercer ce but sur d’autres monuments et autres lieux que le dit château selon la demande qui lui est faite. »

Choix et rédaction des statuts

Il s’agit de rédiger les statuts en tenant notamment compte des éléments suivants : 

– Un nom pour l’association 
– Une adresse de siège social 
– Les conditions d’adhésion 
– Les modalités de dissolution 
– La nomination des dirigeants (président.e.s, vice-président.e, etc.), ainsi que des membres du conseil d’administration et du bureau
– Intérêt général ou non, activités commerciales ou non, etc. 

Exemples

Les statuts de Patrimoine-Environnement
Les statuts des Amis du Vieux Château d’Airvault (AVCA)

Mode de gouvernance (optionnel)

Le mode de gouvernance de l’association est libre. La mise en place d’une hiérarchie au sein de l’organisation n’est donc pas une obligation. Il est aussi possible de définir un « règlement intérieur » (Association Rempart ) ou une « charte »
L’ensemble de ces éléments peut être décidé lors d’une Assemblée Générale, qui doit d’ailleurs avoir lieu au moins une fois par an.

Déclaration des statuts

Les statuts de l’association doivent être déclarés et publiés dans un journal officiel. 
Déclaration en ligne
Déclaration à imprimer à adresser à la préfecture ou à la sous-préfecture du siège social de votre asso

L’association reçoit automatiquement un numéro d’inscription au répertoire national des associations (RNA). Le numéro se présente sous cette forme : débutant par W et composé de 9 chiffres.

NOTA BENE

L’association acquiert la capacité juridique, c’est-à-dire l’aptitude à bénéficier de droits, seulement le jour où son extrait de déclaration est publié au Journal officiel des associations et fondations d’entreprise (JOAFE)

Inscription et immatriculation au répertoire SIRENE

La demande n’est pas obligatoire. Elle est à demander lorsque l’association souhaite :
– Demander des subventions auprès de l’État ou des collectivités territoriales
– Employer des salariés
– Exercer des activités qui conduisent au paiement de la TVA ou de l’impôt sur les sociétés

L’inscription est à réaliser par courrier, auprès de l’INSEE qui gère ce répertoire. L’association reçoit un certificat d’inscription à conserver (il n’est pas délivré de duplicata en cas de perte). Voici les documents qui seront obligatoires ou utiles : 
Le modèle-type
– Une copie des statuts 
– Une copie de l’extrait paru au Journal officiel (ou à défaut le récépissé de dépôt des statuts en préfecture). 

Autres répertoires et fédérations d’associations où il est intéressant d’inscrire les associations autour du patrimoine :
Rempart
Patrimoine & Environnement
Fondation du patrimoine
Fédération Française des Associations de sauvegarde des Moulins

Conclusion

La création d’une association n’est pas très contraignante et demande peu de temps. Ainsi, une fois les spécificités définies et les accords trouvés avec vos collaborateurs, il ne vous reste plus qu’à faire les quelques démarches administratives. 

La France concentre plusieurs milliers d’associations dédiées à la sauvegarde du patrimoine monumental et des centaines de milliers de bénévoles, alors n’attendez plus pour créer la vôtre !

Pour aller plus loin

Quelles associations autour des monuments historiques ?

Association pour la sauvegarde d’un château

Les chantiers participatifs au service du patrimoine

Les chantiers participatifs au service du patrimoine sont aux réhabilitations ce que le « crowdfunding » est au financement. Hephata a interviewé l’association de Heritage Historique.

L’important à retenir dans cet article :

Pour HEPHATA, il s’agit une alternative intelligente aux solutions traditionnelles, qui repose sur le principe de la collaboration…

Héritage Historique est une association de passionnés d’histoire qui agit notamment au service de la reconstitution. 

En découvrant le château de Châteauneuf-sur-Epte à l’abandon, l’association s’est engagée pour sa réhabilitation. Dans l’attente depuis 2,5 ans de lancer les travaux, l’association s’est structurée pour réaliser des chantiers participatifs et faire avancer les « petits travaux » (entretien, débroussaillage, consolidations de murs…).

Que faut-il savoir avant de se lancer dans un chantier participatif bénévole ? 

Pour les propriétaires, organiser des chantiers bénévoles est en réalité plus compliqué qu’il n’y paraît. Généralement, il s’agit de commencer par constituer un groupe composé de notre cercle d’amis. Puis, cela se complexifie.

Une énergie importante est alors requise afin de former les nouveaux bénévoles et de les écouter. En particulier, il devient nécessaire d’apprendre à concilier nos façons de faire avec celles des volontaires – notamment ceux qui ont déjà accumulés des compétences – et à accepter de « partager votre projet ».

Du côté de l’association, cela n’a pas été trop difficile de partager le projet. Dès le début, nous souhaitions que « le château appartienne à tout le monde » ! Mais, il en faut du temps pour qu’un projet lancé par quelqu’un devienne une entreprise commune à de nombreux participants ! Il en faut du temps pour créer un projet porteur de sens pour tous les bénévoles à long terme…

Comment solliciter des bénévoles la première fois ? 

Deux points essentiels pour solliciter les bénévoles : l’intérêt et la confiance. 

Pour la confiance, cela commence par le bouche-à-oreille auprès des personnes que nous connaissons, notre « 1er cercle ». Puis, la famille et les cercles d’amis vont en parler autour d’eux. C’est le passage au « 2ème cercle ». Pour résumer, les cercles se répartissent comme suit : 
– le « premier cercle », correspond à la famille, les amis,
– le « deuxième cercle », correspond aux amis d’amis, les connaissances,
– le « troisième cercle », correspond aux « inconnus » touchés par le bouche à oreille, la communication sur internet ou sur place.

Et puis, pour susciter l’intérêt, il faut communiquer ! 
Bien sûr, de la publicité sur le site est nécessaire pour toucher le « 3ème cercle », c’est-à-dire, les personnes avec qui nous n’avons, a priori, aucun lien. 
Un simple affichage permet d’attirer du monde. Mais attention, sur 1000 personnes touchées, seulement 3 ou 4 personnes seront réellement intéressées ; et parmi elles, 1 seule s’engagera à long terme !

L’intérêt des personnes volontaires variera généralement selon la période de l’année et le type de travaux engagé. Bien que la forteresse soit magnifique et qu’elle puisse se targuer de 1000 ans d’histoire, ce n’est pas évident de susciter l’intérêt, en particulier l’hiver… !

Aussi, si nous arrivons à faire parler les personnes du château et du projet à leur entourage, de potentiels bénévoles et professionnels auront-ils envie de venir une première fois. Charmés par le lieu, ils auront généralement envie de revenir y travailler. 

Quel est le profil type de vos bénévoles sur ce chantier participatif ? 

Les bénévoles sont des personnes qui ont du temps à offrir. 
Le profil type comprend souvent :
– des personnes retraitées (souvent avec des limites imposées par la complexité des travaux physiques),
– des jeunes (rarement au-dessus de 40 ans),
– des étudiants (qui n’ont pas forcément de véhicules pour venir).

Parmi eux, on trouve des artisans – qui aiment le travail des mains et qui ont l’habitude de manipuler la matière – et des personnes « de bureau », – qui veulent s’extraire de leur vie quotidienne pour se ressourcer dans un environnement naturel. Il est vrai que lorsqu’on découvre le site, c’est magique ! Il s’agit d’un cadre de nature extraordinaire !

Tous désirent acquérir des connaissances. Les bénévoles viennent certes pour le patrimoine, mais aussi pour apprendre quelque chose, une technique, un artisanat, une maitrise… et les encadrants peuvent leur apporter un peu de cela. 
Par exemple, une personne est arrivée une fois sans savoir planter un clou. Elle avait « deux mains gauches et deux pieds gauches… » mais, maintenant elle s’en sort très bien ! 

L’avantage de notre château est que chacun peut choisir ce qu’il veut faire, en fonction de ses compétences, et peut voir le projet évoluer de semaines en semaines. 

Vous avez des encadrants pour gérer les bénévoles. Quel est leur profil ? Comment faites-vous pour les convaincre ? 

Il nous faut au moins un encadrant par week-end, si ce n’est plus, en fonction du nombre de personnes présentes et de la variété des chantiers menés en parallèle. 
Ils sont primordiaux car sans eux un bénévole ne peut pas travailler. Et sans eux, les organisateurs ne peuvent pas gérer un chantier multitâche, car à chaque sollicitation, notre propre chantier (ainsi que nos bénévoles) ne peut continuer. 

L’encadrant-type est « locomotive ». 
C’est à dire qu’il est autonome : il peut gérer un groupe, former des gens…
Son niveau de compétence ne doit pas être forcément très important et il peut encadrer des tâches basiques telles que le débroussaillage. Nous le formons sur la sécurité et le maniement des outils, et il doit savoir transmettre cela aux autres. 

Nous valorisons aussi les encadrants techniques (maçonnerie, charpenterie, menuiserie) pour les travaux plus complexes. 

Néanmoins, la plupart des professionnels ont peu de temps à consacrer pour ce genre de projet. 

Comment est-ce que vous organisez les chantiers au cours de l’année ?

L’organisation apporte la visibilité, et donc la fiabilité des ressources. 
De manière générale, les bénévoles et les encadrants ont des contraintes, il faut donc tenter de bloquer des dates et s’y tenir.

Notre dilemme est d’essayer de trouver un équilibre entre deux approches : 
Organiser un événement tous les mois afin qu’il y ait du monde, sachant que les volontaires ne peuvent pas forcément venir pour une seule date dans le mois. Ils sont alors frustrés et il y a un potentiel d’effort de communication perdu. 
Organiser le plus d’évènements possibles, mais alors cela peut épuiser les bénévoles et créer un poids pour les encadrants, qu’il faut préserver.

Quels sont les outils pour communiquer avant le chantier et ceux pour organiser les taches pendant ? 

Certaines personnes pouvant être désorientées avant l’évènement, nous communiquons sur Facebook les travaux de la prochaine journée. Généralement, ce ne sont que les nouveaux bénévoles qui lisent. L’information est toujours « doublée » pour rappeler la journée.

Puis, sur place, toute l’année, dès le matin, nous communiquons la vision globale de la planification du chantier.

Ce sont des gens de confiance et autonomes qui la font, afin d’accueillir en faisant visiter le château, de susciter l’intérêt chez le public, notamment les nouveaux bénévoles, et de leur communiquer des informations importantes concernant le déroulement de la journée. 

Pour cela, on utilise un mode très graphique : 
– Un tableau blanc avec les différentes zones du château, la composition des groupes de travail (coupe des arbres délicats, accommodations des bénévoles, débroussaillage, bûcherons spécialisés, électriciens, plombiers…). On écrit les zones où l’on a avancé et où le chantier est terminé. Aujourd’hui, on ne permet qu’aux encadrants de lancer de nouveaux chantiers en autonomie. 

– Un tableau pour les consignes et les messages pour que les encadrants et les bénévoles qui ne sont pas là une semaine sur deux, puissent communiquer entre eux.

– Un autre pour les priorités, et les avancements.

Pour suivre les chantiers après les journées, la communication envers les encadrants est essentielle. Pour celle-ci, nous communiquons par Facebook et par mail.

Quelle est la journée type d’un chantier, heure par heure ? 

Exemple d’une journée type, heure par heure. 

Nota bene : il est nécessaire que tout le monde travaille et se repose en même temps : 

Comment faites-vous pour assurer la sécurité ? 

Lors de l’accueil des nouveaux bénévoles, nous axons en priorité la communication autour de la formation sur la sécurité (ne pas se balader là où le chantier n’a pas été sécurisé), les gestes à ne pas commettre, etc. Puis autour des assurances : dans tous les cas les gens qui participent aux chantiers sont couverts, qu’ils soient membres de l’association ou simples bénévoles.

Il y a trois assurances qui peuvent couvrir les risques encourus : 
– celle de responsabilité civile du château, 
– celle de l’association, 
– et celle des visiteurs (notamment « accident de la vie », qu’il doit souscrire au titre de sa vie privée mais qui n’est pas obligatoire).

Le choix des assurances est à définir en fonction des deux possibles statuts existants pour un bénévole. 
– Soit, il doit être membre de l’association et il est couvert par les assurances de l’association. 
– Soit il est simple bénévole, et il signe une convention de travail bénévole où il s’engage notamment à respecter le lieu et les consignes qui lui sont données.

Organisez-vous les repas et les nuitées ? 

L’organisation des repas nécessite une charge supplémentaire, et un coût, d’autant plus les venues sont très aléatoires. 

Chacun apporte donc son ravitaillement sachant que, à Châteauneuf-sur-Epte, il n’y a ni eau, ni électricité, ni chauffage. 

Pour dormir, chacun prend sa tente et son sac de couchage.

Comment vous situez-vous par rapport à Rempart, qui rassemble des associations de chantiers participatifs autour du patrimoine d’exception ? 

Nous y sommes affiliés à Rempart depuis peu. L’idée ici est de fidéliser aussi les bénévoles sur la durée. 

Les chantiers de type Rempart sont particulièrement intéressants lorsqu’il y a un encadrant sur la durée, ce qui favorise un excellent apprentissage (technique, architecture…) sur le long terme.

Où trouvez-vous votre motivation pour réaliser ce projet ? 

La motivation se trouve principalement dans l’amour du patrimoine et du lieu !
Lorsqu’on accompagne un projet qui avance lentement, avec tous les obstacles que l’on peut rencontrer, il faut s’accrocher ! Par ailleurs, s’entourer d’autres personnes avec qui vivre l’aventure est primordial ! 

Néanmoins, il est difficile de trouver des bénévoles lorsque l’on n’est pas connu, de même que pour le crowdfunding.

Par exemple, en termes de dons, nous avons rassemblé environ entre 8 000 et 10 000€ par an, grâce à l’association et aux particuliers, qui sont alors de véritables passionnés.
Nous avons réalisé une campagne sur les réseaux sociaux afin de récolter 20 000€ pour la fin de l’année et toucher un grand nombre de personnes dans le secteur du patrimoine mais nous avons reçu peu de résultats. Comme les chantiers, le crowdfunding est un véritable métier, et ce n’est pas facile même pour ceux qui ont déjà un réseau comme Dartagnans ou Adopte un château.

Affaire à suivre, donc ! 

Pour aller plus loin :

 – Participer au chantier de Châteauneuf-sur-Epte
– Association Rempart

Comment gérer un château aux allures de village ? Quel modèle de gestion pour faire vivre un site touristique utilement et efficacement ?

L’important à retenir dans cet article :

Faire vivre un château est une affaire de gestion quotidienne. Pour nous inspirer, Peter Bal – véritable chef d’entreprise – nous partage sa vision d’un site historique qui peut vivre au rythme de la société contemporaine. 

Classé Monument Historique depuis 1965, et racheté par Peter Bal en 1999, le château de Millemont comprend 6 000 m2 de bâtiments et 600 hectares de terres, dont 500 de forêts et 48 de terres agricoles. Situé à une heure de Paris, le village attenant compte 241 habitants.

 Le propriétaire a récemment pris conscience de la vocation de son patrimoine : il s’agit d’un « château-village » auquel il souhaite redonner ses fonctions d’origine tout en le rendant utile aux besoins de la société contemporaine. 

Pour lui, trois clés sont indispensables pour faire vivre utilement un tel site : 
– Prendre son temps pour comprendre la destinée du château sans s’arrêter aux contraintes de gestion conjoncturelles,
– Toujours s’assurer auprès des experts d’activités que l’on souhaite développer s’ils aimeraient les développer sur place,
– Fuir absolument en l’absence de « coup de cœur ».

HEPHATA – Quels conseils donneriez-vous à un propriétaire de château pour réussir à développer des activités cohérentes avec son patrimoine ?

Peter BAL – Que l’on soit propriétaire, locataire ou employé, l’essentiel, je crois, c’est d’abord d’être passionné par son domaine. Rien ne se fait sans passion. A titre personnel, quand j’embauche une personne, je ne cherche pas des gens qui « souhaitent faire » ou qui « font », je veux des gens qui « sont ». Souvent je m’amuse à demander à mes futurs employés agricoles de me montrer leurs mains. Si celles-ci ne sont pas des mains de travailleurs, je ne peux que les inviter à revenir dans 18 mois ! 

Ensuite, il faut comprendre sa propriété et sa terre. Il est indispensable de la connaître intégralement (son histoire, son climat, sa géologie, sa culture, son exposition au vent, etc.). Il s’agit, en quelque sorte, de « venir à l’essence » de son identité. A Millemont, nous avons découvert assez récemment que l’identité profonde du lieu est celle d’être un château-village. 

En même temps l’identité permet de définir ce qu’on peut faire d’un lieu, cela lui apporte sa distinction. Par exemple, nous sommes très différents de Vaux-le-Vicomte… ! 
C’est à partir de la connaissance de ce que l’on a que l’on peut trouver ce que l’on peut faire. Or, cela prend du temps et il ne faut pas chercher à « forcer » certains projets : quand on est dans l’effort, c’est généralement que l’on se trompe. Il ne faut rien faire par obligation. 

Enfin, si vous voulez des conseils, prenez-les uniquement auprès des personnes qui sont parvenues à réaliser ce que vous souhaiteriez atteindre.

Dans le respect de cette identité, comment avez-vous déterminé les activités à développer à Millemont ?

Au départ, j’ai profité de l’emplacement stratégique du château à 45 km de Paris pour recevoir des tournages, comme celui de Marie-Antoinette de Sofia Coppola par exemple. Certains films nous ont apporté jusqu’à 250 000 € de revenus. 

Puis cela a évolué. Cela n’a plus été aussi facile d’attirer les maisons de production depuis la création de la Cité du cinéma [inaugurée en 2012 à Saint-Denis, ndlr]. 

Par ailleurs, j’ai progressivement compris l’identité du lieu et j’ai souhaité faire en sorte que Millemont réponde à des besoins concrets de la société contemporaine, qu’il devienne un lieu pour soutenir l’innovation, les nouveaux modes de vie « slow life » ou les initiatives économiques sociales et solidaires. Rapidement, le château est devenu un « centre » qui accueille des démarches de « co-création » entre les occupants réguliers et temporaires.

Par exemple nous avons accueillons des organisations comme MakeSense pour leurs évènements. Des expérimentations ont aussi eu lieu, portées par des associations telles qu’Assemblée Virtuelle autour de projets sociaux, technologiques, écologiques… ou encore, il y a plus longtemps, la POC 21 qui a transformé le parc en « innovation camp ».

Dans le but de rester cohérent avec cette identité, comment choisissez-vous vos occupants et visiteurs de passage ?

Le château est un lieu dont la fonction première [défendre, administrer un territoire, ndlr] a disparu, il convient donc de la repenser. Millemont n’échappe pas à la règle. 

Ce lieu était d’abord un village, c’est son identité, et je souhaite aujourd’hui lui rendre cet usage. Je cherche à co-construire une communauté villageoise. Ce château est « extraordinaire » dans sa fonction de village, dans le sens de « hors-du-commun ».

Pour intégrer cet ensemble, les conditions le sont tout autant… Les occupants doivent parler deux langues au minimum car cela induit une plus grande plasticité cognitive qui multiplie généralement les points de vue sur un sujet (la langue structurant notre vision des choses). Ils doivent partager les mêmes valeurs que celles portées par le château. 
Et, afin de nous assurer une stabilité financière, ils doivent être financièrement indépendants. 

Malgré ces exigences, il n’est pourtant pas question d’être dans la possessivité, bien au contraire. Pour faire fonctionner un château aujourd’hui, il est indispensable d’accepter de l’ouvrir pour le faire vivre : seul le partage permet son fonctionnement. Beaucoup de personnes pensent qu’il est facile de gérer un château mais si l’on regarde les chiffres, on constate que ceux qui achètent un château le revendent en moyenne deux ans et demi plus tard, car ils prennent conscience de la charge que cela représente !

Alors, quel est votre secret pour financer l’entretien d’un domaine aussi vaste que celui de Millemont ?

Aujourd’hui mes principales sources de revenus sont la location d’une partie des bâtiments (à travers des baux classiques de location), les événements organisés en continu au château (séminaires, ateliers, etc.), les droits de chasse, les produits issus de la gestion forestière (« non-conventionnelle » à Millemont) et de l’exploitation agricole. Nous bénéficions parfois de quelques financements extérieurs.

Ces revenus permettent d’assurer l’entretien du domaine, soit environ 250 000 € par an. Mais, ces dépenses sont voulues parce qu’elles donnent de la valeur à Millemont, que ce soit pour les restaurations, l’entretien ou l’accueil d’activités !

En tant que gestionnaire, comment occupez-vous le château et quelles sont vos clés de « bonne gestion » ?

En réalité, je suis présent dans le château environ trois jours par semaine et le reste du temps je suis en Belgique. Je m’occupe de ce lieu comme un « projet » à faire vivre quand bien même mon intention initiale – il y a presque 20 ans – était d’en faire une opération immobilière.

En tant que gestionnaire, j’ai progressivement compris qu’une bonne gestion s’accompagnait de trois éléments.

Le langage

Il faut apprendre le langage des différents corps de métier dont on va devoir s’entourer pour les sujets d’exploitation, de restauration, de gestion…

L’équipement

Acheter soi-même les matériaux ou les infrastructures dont on a besoin pour réaliser ses travaux (par exemple des échafauds) est un élément de négociation important avec les artisans et entreprises du bâtiment…

oser travailler sans les « grands »

Penser que les gros noms et les entreprises de taille importante sont indispensables est une erreur ! L’erreur est presque d’avoir les moyens et la position de « travailler avec les grands » car cela ne favorise pas l’émergence de solutions qui correspondent profondément à notre situation… Par exemple, lors de la tempête de 1999 face à l’indisponibilité des grandes entreprises forestières, nous avons fait intervenir des experts de la régénérescence naturelle… puis, nous avons eu la chance de faire venir David Nash de New York pour réutiliser les bois tombés et d’en faire des œuvres d’art ! Aujourd’hui, nous avons un rendement 80% supérieur aux forêts alentour et la logique de « régénérescence naturelle » demeure notre stratégie de gestion.

Quelle formation avez-vous suivie ?

J’ai été à l’école de la vie ! Initialement, j’ai une formation en arts (peinture et sculpture), mais j’ai surtout une passion pour les bâtiments, que je comprends très bien, et pour les forêts.

Qu’est-ce qui selon vous explique l’échec de gestion de certains châtelains ?

Pour les châteaux qui appartiennent depuis plusieurs générations à une même famille, il y a un vrai risque que les propriétaires se crispent sur un devoir moral de conservation du bien familial.

Cette obligation familiale tronque la saine gestion. Elle engendre généralement une parcellisation progressive du domaine (vente des terres, des bâtiments annexes, etc.) pour financer des réparations importantes à court, alors que ce sont souvent ces parties externes qui permettent l’entretien du château lui-même à long terme grâce aux revenus qu’elles peuvent générer.

Pour s’en sortir, trois clés sont indispensables pour faire vivre utilement un tel site : 
– Prendre son temps pour comprendre la destinée du château sans s’arrêter aux contraintes de gestion conjoncturelles,
– Toujours s’assurer auprès des experts d’activités que l’on souhaite développer s’ils aimeraient les développer sur place,
– Fuir absolument en l’absence de « coup de cœur ».

Pour aller plus loin

Les acteurs du patrimoine : la gestion

Gérer un château en couple

Sortir des activités hôtelières et culturelles dans un château

Monter un bon dossier de financement pour restaurer son château n’est pas chose facile. Hephata vous explique donc comment faire !

L’important à retenir dans cet article :

Monter un bon dossier de financement pour restaurer un château suppose une préparation méthodique, une présentation structurée et des informations de qualité. Cet article propose une méthode pour organiser la construction de son dossier. Les 3 points essentiels: 
– Ne pas négliger l’importance du travail en amont : préparation des documents, choix des mots clés, collecte des illustrations
– Les principales étapes ou parties contenues dans un bon dossier
– Les indispensables et les astuces qui pourront « faire la différence »

 Afin de réaliser un projet de restauration ou de lancement d’activités au sein d’un monument historique, de nombreux porteurs de projets se tournent vers des financements extérieurs. Avant d’envoyer un dossier, il convient de suivre quelques étapes pour une rédaction rapide, efficace et exhaustive. 

Le travail préparatoire à la constitution d’un dossier de financement

Rassembler la documentation

Quels que soient les financeurs ou partenaires envisagés, il est fortement conseillé de rassembler toute sa documentation avant de se lancer dans sa présentation. La documentation, rassemblée et triée permettra au porteur de projet, non seulement de se simplifier la rédaction, mais aussi et surtout un gain de temps.

La liste de documents suivante, bien que non exhaustive, donne une idée de la documentation dont il est question :
– des rapports précis sur les projets (travaux, évènements …) réalisés, en cours de réalisation ou à réaliser, 
– les éventuelles études préalables (terrain, sol, archéologie, historique…) , 
– les compte-rendus des éventuels échanges avec la DRAC ou des conseils régionaux et départementaux, 
– les échanges avec les ABF, les architectes du patrimoine et vos maitres d’œuvre,
– les devis obtenus, le cas échéant,
– le budget prévisionnel, 
– le rétroplanning, 
– des photos de bonne qualité des espaces concernés,
– les documents historiques…

L’ordre dans lequel ces documents sont listés correspond aux questions suivantes : 
– Qui porte le projet ? 
– Quel est le projet ? 
– Comment comptez-vous le réaliser ? 
– Les deux dernières entrées sont les documents qui seront utiles tout du long pour appuyer votre propos et qui constitueront en partie les potentielles annexes.

Rédiger l’essentiel en 3 parties introductives

De ces pièces rassemblées, un premier travail de synthèse est nécessaire pour rédiger les 3 premières parties essentielles du dossier. Il doit présenter un descriptif du projet mené et à mener, un descriptif des porteurs de projet et un descriptif du ou des monuments et espaces concernés.

« Tout ce qui se conçoit clairement, s’énonce clairement ». Autrement dit, un projet bien développé, suppose une présentation bien développée. Le but de tout ce travail préparatoire est de déterminer l’identité du projet, et de la rendre explicite pour les potentiels partenaires, autant que pour soi.

Evaluer la cohérence du projet avec les partenaires envisagés et définir ses contreparties

Une fois ce premier travail terminé, la sélection des financeurs et/ou partenaires potentiels devient plus aisée En fonction de l’identité projet, certains mécènes ou partenaires seront en effet plus susceptibles que d’autres à participer. Pour le savoir, le porteur de projet a besoin d’étudier le profil des entreprise, leurs valeurs, leurs actions de mécénat passées, leurs activités, etc. (voir à ce sujet notre article « Financer la restauration d’un monument – Quel type de financement pour quel type de projet. » (à venir)),  

En outre, la définition des contreparties offertes aux financeurs est une étape essentielle. En effet, en fonction de leur financement, les partenaires ont droit à des avantages dans la limite autorisée par la réglementation (voir notre article “Comment fonctionne le mécénat autour du patrimoine historique ?”). Il est donc sain de proposer de partager la valeur créée par l’intervention des partenaires visés. Soyez créatifs et utilisez les spécificités du monument et de ses abords !

Exemples de contreparties : 
– Visibilité du partenaire sur les supports de communication ;
– Invitation au vernissage, à une visite privée, à une inauguration ;
– Mise à disposition des espaces pour un évènement partenaire…

A partir de ces éléments, il vous faut donc rédiger un 4ème paragraphe qui complètera les 3 premiers de la partie introductive. Ce paragraphe doit contenir un descriptif des besoins financiers exacts, des partenaires cherchés et des contreparties envisagées.

Construire son dossier de financement : les étapes du plan 

Les étapes suivantes sont générales et peuvent ne pas s’appliquer à tous les projets. Il s’agit d’axes de réflexion pour guider l’élaboration d’un dossier de financement. Chaque dossier doit donc s’adapter à son destinataire. Le tableau suivant récapitule les différentes parties de plan qu’il est possible d’envisager. 

Les astuces des demandes de financement

La présentation : Choisir les bonnes couleurs, le bon design et une typographie cohérente. Vous êtes donc invité à souligner les mots clés, les phrases importantes et les idées essentielles. Ces choix peuvent paraître triviaux mais ils font la différence entre un dossier qui est étudié par les partenaires et un dossier qui n’est même pas ouvert. 
Personnaliser son dossier en travaillant son esthétique est judicieux, mais avant tout : veillez à rester simple.

Les visuels : Intégrer de bonnes photographies ou schémas du projet au dossier pour illustrer aisément les points abordés. En outre, l’utilisation de visuels comme des images, des vidéos, des logos ou encore des icônes attire le regard du destinataire du projet. 
Un dossier avec de bons visuels, c’est-à-dire, variés et de bonne qualité, peuvent augmenter la valeur d’un dossier en comparaison avec un autre. 

Les contreparties : Il est positif de bien mettre en avant les contreparties fiscales (si le financeur est un mécène) dans le dossier et les contreparties envisagées en lien avec votre projet (pour les sponsors et mécènes). Attention, pour les mécènes, les contreparties ne peuvent pas dépasser 20% de la valeur du mécénat. 

Les preuves : Mettre en annexe les preuves des différents éléments chiffrés avancés est un avantage considérable. Cela permet aux partenaires de se projeter davantage dans votre projet. Les preuves ? Ce sont l’ensemble des documents préparés en amont et qui mettent en valeur la cohérence et la consistance de votre projet.

Liste de documents à fournir

Certains documents sont indispensables et généraux à toutes les demandes de financement. Aussi, voici une liste des principaux documents à inclure au dossier.

Pour aller plus loin

Les acteurs du patrimoine : le financement

Notre formation sur le financement

Financement MH et ISMH auprès de la DRAC

Cerfa 12156-05 – demande de subvention association

Notice – demande de subvention pour travaux

Comment valoriser des espaces paysagers d’exception ?

L’important à retenir dans cet article :

Entretenir son jardin soi-même est une tâche parfois difficile à exécuter et nécessite des outils de jardinages adaptés, un savoir faire spécifique, du temps et des fonds… Pour ces raisons, faire appel à des professionnels des espaces verts, qui ont une vision d’experts et pourront vous conseiller est une bonne alternative . Le service proposé est de qualité et peu onéreux, d’autant plus que vous pourrez bénéficier d’avantages fiscaux lié à leur embauche.

En général on distingue 2 types de professionnels : 

– le jardinier qui s’occupe de l’entretien à proprement parler

– le paysagiste qui conçoit les aménagements paysagers

Les jardiniers professionnels : les tarifs et les avantages fiscaux

Un jardinier est un expert. Il saura vous conseiller sur les aménagements, les végétaux. Il sait par ailleurs exactement quand il faut tailler, quels produits utiliser, reconnaître les maladies…etc.

Faire appel à un jardinier peut vous éviter de nombreux problèmes. D’autant plus que les tarifs restent abordables. Le tarif du jardinier varie en fonction de chaque espace vert. Chaque jardin est unique et chaque besoin est donc différent. Le tarif horaire se situe autour de  20 et 40 €. Cependant, un bon jardinier peut très bien être également paysagiste. Il peut aussi être spécialisé dans l’art topiaire, autrement dit la taille des arbustes dans un but décoratif.

Nota bene

Vous pouvez bénéficier d’une réduction fiscale allant jusqu’à 50% grâce au chèque emploi service universel pour certains travaux d’entretien. Les tickets CESU prépayés (Chèque Emploi Service Universel) peuvent vous être délivrés par votre employeur, votre CE, votre caisse de retraite, ou d’autres organismes. 
Pour en savoir plus

La plateforme en ligne des jardiniers professionnels émane de la Coopérative Professionnels à Domicile qui regroupe le plus important réseau de jardiniers professionnels en France. Avec un jardinier membre de cette coopérative, vous pouvez bénéficier d’un crédit d’impôt de 50% des dépenses acquittées auprès de la Coopérative pour l’entretien de votre jardin. Le plafond total des dépenses annuelles par foyer fiscal est néanmoins fixé à 12 000 € soit 6 000 € de crédit d’impôt.
Il existe des plafonds particuliers pour certaines activités : 500 € pour le petit bricolage soit 250 € de réduction et 5000 € pour le jardinage soit une réduction de 2500 €.
Pour les gros arbres, il est vivement conseillé de faire appel à un professionnel, un grimpeur. Ne prenez aucun risque ! Il est conseillé de les tailler une fois dans l’année. 

Les paysagistes : une multitude de spécialités pour vous accompagner

C’est un véritable expert en botanique. Le paysagiste vous accompagne dans la conception et réalisation de votre jardin. Dans cette branche spécifique de métier, il existe d’ailleurs d’autres sous-catégories de métiers : 

L’architecte-paysagiste 

Il a le rôle de maître d’œuvre durant les travaux. Ayant des compétences à la fois dans la conception et l’architecture, il se charge en amont de dessiner les plans avec des logiciels adaptés. Il essaye de trouver un compromis entre les vos besoins et ceux de vos espaces verts . Avec l’établissement d’un plan de plantation, il va choisir les variétés les plus adaptées au milieu souhaité. 
Ce plan doit tenir compte de différents facteurs : le climat, la nature du sol, l’exposition du lieu par rapport au soleil, etc…

 L’artisan-paysagiste (ou jardinier-paysagiste)

Si son rôle va de la conception jusqu’à la réalisation du projet, il met surtout en œuvre les travaux de terrassement, de maçonnerie et de plantation avec son équipe.

Cependant il possède aussi des connaissances pointues en biologie végétale, qui lui permettent d’effectuer un travail efficace en adéquation avec le milieu naturel.
Si vous ne savez pas comment aménager votre grand jardin, faire appel à un paysagiste est un véritable gain de temps !

Les tarifs d’un paysagiste sont de 28 € à 48 € l’heure. Ceux d’un architecte-paysagiste représentent un coût plus élevé du fait de la multiplicité de ses compétences. Leurs tarifs varient entre 48 € et 60 €. Il existe des sites en lignes qui proposent des devis gratuits de paysagistes. Ces devis se fondent sur votre espace et vos délais.
Cependant il est nécessaire que le professionnel se rende sur les lieux pour faire une estimation du coût des travaux. Avant de telles démarches, veillez à bien réfléchir au préalable à votre projet et délimiter vos besoins. Cela permettra au paysagiste d’avoir un cadre de base et établissez un budget maximum pour l’ensemble de l’aménagement du jardin. Par ailleurs, il est nécessaire d’installer certaines infrastructures en premier. C’est le cas par exemple de l’arrosage automatique ou la mise en place d’une terrasse. Il est alors important d’informer le paysagiste en amont.

Les autres professionnels à contacter

Par ailleurs, le groupement d’employeurs Monuments Historiques Emplois Services(MHES), créée par la Demeure historique est une association qui propose à ses adhérents de la main d’œuvre pour leurs travaux ou entretien dans des tâches diverses comme l’entretien de parcs et jardins, du secrétariat ou de petits travaux de maçonnerie. Pour en savoir plus : La Demeure Historique


En outre, si vous êtes propriétaires d’écuries, vous avez la possibilité de louer un box ou un paddock à des particuliers de passage, via la plateforme Staybler . Ce système représente un gain d’argent pour les propriétaires. La location peut atteindre 300 € et permet ainsi de ne pas laisser les écuries à l’abandon.

Pour aller plus loin

Développer la médiation culturelle pour les jardins 

Valoriser et entretenir son parc historique

Prix et financements du patrimoine jardinier et paysager

Reprendre un château abandonné : le témoignage d’un repreneur ultra-motivé

L’important à retenir dans cet article :

« Après des années d’abandon, le château de Gardères menaçait de tomber en ruine. Il a été restauré grâce à la ténacité d’un homme, soutenu par les habitants de la région. » (Lavie.fr)

Il n’est pas facile de tout reconstruire lorsqu’un château a été laissé à l’abandon de nombreuses années : par où commencer, vers qui se tourner et comment trouver des moyens de financement ?

Pour nous éclairer, David Liagre qui s’est lancé dans la restauration du château de Gardères nous explique sa démarche, le déroulement de son projet ainsi que les différents acteurs qu’il a pu solliciter . Il nous donne quelques clés pour reprendre un monument historique : 
– Ne pas s’éloigner de la réalité du terrain – notamment sur les problématiques de financement – pour mener ses projets jusqu’au bout ;
– S’entourer de compétences mais aussi de personnes fiables qui permettent de garder le moral et tenir dans les épreuves ;
– Identifier la bonne structure juridique permettant à la fois la gestion du lieu, l’engagement de parties prenantes et le financement.

 Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans un tel projet ? 

À la suite d’une indivision d’une quinzaine de personnes, le château n’était plus entretenu. Voir le château dans un tel état de délabrement était un crève-cœur. A force de passer devant, d’y venir et de le voir comme ça, j’ai eu une prise de conscience. Si on ne faisait rien il allait sans doute disparaitre. Finalement, c’est devenu un peu comme mon enfant !

Pouvez-vous nous en dire plus sur ceux qui vous ont aidé ? Qui sont-ils et comment ont-ils contribué à la sauvegarde du château ? 

Ce sont uniquement des bénévoles qui m’ont aidé. D’abord des amis, puis des personnes attristées de me voir seul dans une telle « galère ». 
Nous sommes une quarantaine, regroupés dans une association que j’ai créé en 2004 : Gardères 1723.

L’association a un bail de 50 ans sur le château et elle s’occupe de tous les abords extérieurs, notamment pour l’organisation des évènements. Chaque personne de l’association est une source de compétences et chacun peut contribuer à sa façon. Par ailleurs, cette association et chaque membre qui la compose constituent un soutien moral très important !

Comment avez-vous planifié l’ensemble des travaux ? 

La priorité fut de mettre le château hors d’eau et hors d’air. Il en allait de sa sauvegarde !

Ensuite, les autres travaux furent planifiés en fonction d’un budget annuel et des disponibilités des artisans. 
Il est difficile de trouver des artisans pour d’aussi vastes chantiers d’autant plus s’ils s’allongent sur plusieurs mois. Ils ne sont pas toujours disponibles ou pas nécessairement qualifiés ! Mais à force de persévérance, nous y sommes arrivés !

Comment avez-vous financé tous les travaux ? Quels sont-ils et quels ont été les plus coûteux d’entre eux ? 

Le château en lui-même, je l’ai financé avec des fonds propres grâce à la revente d’une maison 19ème. Je me suis empressé de faire les travaux de gros-œuvres, les plus urgents, et bien souvent les plus coûteux, tels que la toiture, le chauffage et l’électricité. 

Tout le château est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques(ISMH), mais je n’ai pas fait les démarches pour obtenir des aides. Me concernant, cela ne semblait pas particulièrement pertinent… 
D’une part, les aides de la DRAC pour les ISMH plafonnent à 20%, et en réalité, elles pouvaient s’élever uniquement à 3%. Par ailleurs, pour refaire la toiture, l’institution souhaitait que je fasse installer une toiture provisoire, le temps de monter un dossier de demande de subvention. N’ayant ni le budget ni l’autorisation pour (8 mois auraient été nécessaires) et étant donnée l’urgence, j’ai opté pour agir rapidement et porter les financements seuls. 

Quelles sont aujourd’hui les ressources qui vous aident le plus pour continuer à entretenir et à faire vivre la propriété ? Avez-vous développé des activités ? 

Les aides du conseil départemental

L’association bénéficie d’aides sur les abords du bâtiment. Uniquement sur les abords car notre conseil départemental n’intervient pas sur le patrimoine classé ou inscrit.  
En revanche, le conseil départemental aide à hauteur de 12000€ sur les abords. Nous avons de la chance dans la région car il s’investit encore un peu. Dans le département voisin, le conseil général a choisi d’orienter ses budgets ailleurs ! 

Les mécènes – via la Fondation du Patrimoine

D’autre part, l’association permet de solliciter la Fondation du Patrimoine et, à travers elle, des donateurs-mécènes.  

Les concours

Le statut d’association a aussi permis de participer à des concours. J’ai notamment obtenu en 2007, le 1er prix départemental et le 2ème prix national pour la restauration du patrimoine local. J’ai ainsi eu le droit à une aide de 20000€, ce qui est loin d’être négligeable.

Et en 2010, la Fondation MH a lancé un concours autour des projets d’accessibilité des jardins à tous, aux handicapés moteurs et sensoriels. L’association a donc récolté là aussi20000€

Au-delà de l’aide financière, ces concours sont un moyen de se distinguer. Nous avons le droit à des parutions dans les magazines, nous sommes invités à des cocktails avec des élus. C’est un excellent moyen de nouer des relations. 

Les activités

Pour les activités, le château ouvre ses portes pour les manifestations nationales telles que les Journées du patrimoine, ou encore les Rendez-vous aux jardins.
En plus de cela, de façon générale, le château est ouvert d’avril à septembre (55 jours) ou durant les mois de juin, juillet et août (40 jours).
Attention : les revenus sont minimes. Si j’ouvre au public, c’est pour partager ma passion !

Enfin, nous accueillons des activités évènementielles (des séminaires et des mariages, par exemple). Mais bien souvent, l’on s’imagine que parce que c’est un château, nous pouvons recevoir un large public. En réalité, le château ne peut recevoir que 90 personnes maximum. L’événementiel reste donc une activité limitée.

Quelles démarches faut-il faire pour mettre en place de telles activités ? 

Il est nécessaire de prendre un bon temps de préparation pour organiser des événements. Pour les évènements nationaux, nous sommes responsables de procéder à l’affichage des affiches qui nous sont envoyées. 

En ce qui concerne la démarche de communication pour les Journées du patrimoine, ou encore les Rendez-vous aux jardins, il faut s’inscrire auprès de l’Etat. Certains communiquent leurs actions dans les journaux locaux ou sur leur site internet.

En ce qui concerne la démarche de communication pour l’évènementiel, nous informons soit grâce au site du château ou grâce à Facebook, mais surtout par le bouche-à-oreille. Je suis quasiment le seul château ouvert au public dans les Hautes-Pyrénées, ça aide un peu !

Quels conseils donneriez-vous à un jeune repreneur de château ? 

D’abord, de ne pas avoir peur et de surtout de bien s’entourer pour garder le moral ! Mais aussi, de ne pas avoir peur d’avancer seul… 
En réalité, il s’agira de faire face à la jalousie de certains et aux préjugés malheureusement bien ancrés d’autres… Avoir un château ne signifie pas que l’on est riche ! 

Ensuite, avant de se lancer, il est nécessaire de s’informer sur la dure « réalité des choses ». Il existe un fossé entre la théorie et la pratique, aussi ne faut-il pas laisser aveugler par les promesses des uns et des autres…

Enfin, je conseillerai de s’inscrire dans les associations telles que la Demeure Historique, la Fondation du Patrimoine, ou encore les VMF. Cela permet de participer à des concours comme ceux auxquels j’ai participé, et d’obtenir une certaine visibilité.

Pour aller plus loin

Hériter d’un monument historique : charge ou opportunité ?

Idées pour rentabiliser un monument historique

Quels sont les modèles d’activités des châteaux français ?

Comment attirer un public de niche ? Le développement d’activités haut-de-gamme permet d’attirer un public de niche : exemple du Château de Courances.

L’important à retenir dans cet article :

Vous cherchez des activités de qualité à développer dans votre domaine ? Vous ne voulez pas installer de grosses infrastructures qui viendraient dénaturer votre château ou vous déloger ? Le château de Courances, habité par ses propriétaires, accueille de nombreuses activités au sein d’un espace de 75 hectares.

Le domaine a su développer un véritable écosystème « haut de gamme ». Gastronomie, sport, cinéma, gîtes, potager de plusieurs hectares , tout est présent dans ces lieux. Ils sont restés harmonieux, rustiques et authentiques ! 

Contrairement aux idées reçues, proposer des prestations haut de gamme ne nécessite pas forcément de réaliser des aménagements qui feraient perdre son âme à votre château. En revanche, cela nécessite une organisation bien rodée avec des personnes impliquées et des propriétaires qui restent très investis dans la vie du domaine en gardant une vision d’ensemble sur toutes ces activités.

HEPHATA– Quelles sont vos astuces pour proposer des activités haut de gamme sans grandes installations et sans dénaturer le charme de votre château ?

MATHILDE LORAND – Par exemple, parmi nos nombreuses activités, nous proposons du polo. L’activité en tant que telle ne nécessite pas de grosses infrastructures : le domaine possède un grand terrain d’honneur de dimensions règlementaires (275m x 145m) . L’aménagement a simplement consisté en un nivellement du sol, une tonte régulièrel’installation de quatre piquets aux extrémités et le tour était joué ! Il y a également des écuries sur le domaine de 75 hectares pour accueillir les chevaux. 

Le polo, une histoire de famille

La création du club et l’histoire des propriétaires sont indissociables. En effet, plusieurs membres originaires d’Argentine, pays dans lequel le polo est une des disciplines phares, pratiquaient ce sport à haut niveau.

Toute l’année, nous accueillons également du public à « la Foulerie ». Il s’agit de notre salon de thé, réhabilité dans un ancien moulin à chanvre. Certains soirs, le temps d’un dîner des chefs du monde entier installent leurs brigades à La Foulerie et réalisent des plats directement avec les légumes du potager de Courances. Il est également possible de réserver la Foulerie pour des évènements privés. Concernant les aménagements, ils sont parfaitement authentiques ! Bien que la cuisine soit demeurée légèrement « spartiate », elle n’empêche pas de réaliser d’excellentes prestations !

Un potager biologique

En 2013, nous avons choisi de relancer le vieux potager de deux hectares qui a obtenu la certification Agriculture Biologique (AB) depuis Janvier 2015. La boutique se situe dans le domaine qui s’étend jusqu’au cœur du village de Courances. Elle est installée dans une vieille grange réhabilitée. Sa proximité avec le village permet aux habitants de venir acheter leurs produits du potager de Courances en vente directe. Nous collaborons également avec l’AMAP d’Epinay-sur-Orge

De plus, nous bénéficions d’une appellation numérique, Tomato & Co qui propose des parcelles « dédiées » à des familles, des entreprises et des restaurateurs qui peuvent décider ce qui leur sera livré tout au long de l’année. Les jardins possèdent une entité juridique « les jardins de Courances » , il s’agit d’une entreprise agricole à responsabilité limitée (EARL). Ces labels confèrent une tonalité particulière aux activités autour des jardins. Grâce à eux, nous assurons d’une certaine qualité de produit, d’une organisation reconnue, un niveau de service important. 

Un décor pour les tournages de film

Enfin, le château offre un merveilleux décor pour les tournages. Là encore, nous n’avons pas eu besoin de mettre en place des aménagements spécifiques pour accueillir ces sessions de tournage. L’équipe technique est libre de s’approprier le lieu. Les séances de tournage ont lieu en intérieur et en extérieur. Les metteurs en scène choisissent parfois de changer la décoration dans une pièce ou bien de repeindre un mur, mais nous n’effectuons pas d’aménagements particuliers.
C’est une location à la journée, cependant si le tournage dure plusieurs semaines ou mois le tarif varie en fonction. Cela dépend également du nombre de techniciens présents sur place. Le domaine de Courances a accueilli un gros tournage en 2016 pour le film Le Sens de la fête. Les tournages aussi longs n’ont lieu que tous les cinq ans environ.

Finalement vous avez opté pour des activités avec une image plutôt prestigieuse qui se prêtent au lieu, mais… est-ce seulement une question d’image ? Qu’y a-t-il concrètement derrière tout ça ? 

Certes, il y a de l’image, de la communication, etc… mais c’est avant tout grâce à desinfrastructures humaines et une véritable équipe de professionnels que nous pouvons maintenir cette prestance. J’essaie de coordonner un peu toutes ces activités : il y a des contraintes d’activités et de calendriers à respecter.

Ainsi, en temps normal le château n’accepte qu’entre deux semaines et un mois de tournage de cinéma par an. Ceux-ci stoppent la vie du domaine quasi totalement : « il suffit que l’on tonde la pelouse pour que le bruit dérange le tournage. » 

Pour cette raison, nous ne pouvons pas nous permettre d’exercer certaines activités comme les mariages car cela empêcherait le bon déroulement de celles qui s’effectuent parallèlement. La contrainte est qu’ils nécessitent une privatisation à la journée, de plus le domaine offre déjà beaucoup de prestations, ce serait une activité supplémentaire à gérer !

Au quotidien, chaque activité est orchestrée par des professionnels du milieu

Ainsi, plusieurs maraîchers entretiennent et récoltent les légumes du potager. Ils proposent des initiations faites au jardin pour les groupes, écoles primaires, collèges, ou encore les écoles spécialisées en maraîchage ou en horticulture pour lesquelles la diversité du jardin suscite un intérêt tout particulier. Ces initiations sont directement données par les maraîchers. 

Le club de polo, lui, propose des entraînements avec des professionnels, notamment Nelson Larocca, joueur de polo argentin depuis plus de vingt ans. Des cours de polo sont donnés par les joueurs professionnels et chaque week-end des sessions d’entraînementssont organisés . Pour s’inscrire, il faut simplement obtenir la Licence de la Fédération Française de Polo, la même démarche qu’une inscription dans un autre sport, et être membre de l’Association de Polo de Courances. Celle-ci organise occasionnellement des tournois amicaux et internationaux, jumelée avec l’association Roude Léiw Polo Club à Luxembourg, auxquels les visiteurs peuvent venir assister.

la Foulerie, nous travaillons avec des grands chefs du monde entier. On peut citer le chef triplement étoilé, Yannick Alleno, le Meilleur Ouvrier de France Eric Trochon, ou encoreMikkel Maarbjerg, chef danois doublement étoilé au Guide Michelin.

Le domaine de Courances est un lieu très dynamique ! Avez-vous des collaborateurs extérieurs pour vous aider dans certaines activités ? 

Oui, nous sommes en collaboration avec le Comité Départemental et Régional du tourisme. Plus particulièrement, dans la gestion de nos cottages, nous l’avons déléguée à Pierre d’histoire, entreprise spécialisée dans l’hébergement des sites du patrimoine d’exception. Nos cottages sont des gîtes situés face au jardin japonais, restaurés dans un vieux bâtiment. Il y avait notamment un vieux moulin, une scierie… Nous devions en faire quelque chose, nous ne voulions surtout pas laisser ce patrimoine à l’abandon

Par ailleurs, l’agence City Junction à Fontainebleau contribue à la location de nos appartements aux étudiants de l’INSEAD (grande école de commerce) à Fontainebleau. Nous disposons de sept appartements qui se trouvent dans le domaine du château, plus précisément dans un corps de ferme réhabilité. Ils sont aujourd’hui tous occupés. 

A l’avenir, y a-t-il des activités que vous aimeriez développer ? 

Nous aimerions développer l’aspect séminaire sur deux ou trois jours et proposer des gîtes avec neuf couchages pour les groupes, restaurés dans une vieille bâtisse située dans le domaine.

Pour aller plus loin

Quels sont les modèles d’activités des châteaux français ?

Créer une école de cuisine dans un château

Organiser un festival éléctro : quelles étapes ?

Un festival pour contrer la mérule : une action solidaire pour sauver le château familial

L’important à retenir dans cet article :

Une action solidaire pour le château ! Alors que le château est attaqué par la mérule pleureuse et se dégrade de jour en jour, une bande d’amis décident d’organiser un festival « fait maison » mélangeant styles et générations pour faire revivre leur château et le sauvegarder à long terme. 

Un évènement qui demande de l’organisation et de l’anticipation pour son bon déroulement !

Tout a commencé quand, « avec mes cousins, nous avons pitché l’idée auprès de ma grand-mère. Par la suite s’est formée l’association « La forge festival » dont le noyau dur, initialement de 9 personnes, est maintenant composé de 15 personnes, ayant participé à toute l’organisation du festival ! »

 HEPHATA – Comment vous est venue l’idée de créer un festival ? Comment avez-vous défini le style de votre concert ? 

 Marjolaine Clough d’Argentré – C’est avec une bande d’amis passionnés de musique, certains étant musiciens, ainsi que des connaissances dans l’événementiel et des architectes que nous avons eu la volonté de créer un festival au château pour, à travers un loyer payé à la SCI du château, récolter des fonds pour les travaux. Autre que financier, notre objectif était de « décloisonner les groupes sociaux et les âges par la musique » : 
 « J’ai pu faire découvrir l’électro à ma grand-mère, c’est un véritable lieu de rencontre entre les générations ! » 
Tout d’abord le concert débute avec la cérémonie d’ouverture, ensuite nous avons un mélange de plusieurs styles, il y a du rock, du jazz, de la cumbia, du rap, de l’hard rock, trois styles d’électro et deux représentations de moderne jazz ! C’est un festival multidisciplinaire qui regroupe plus de 30 artistes ! 

Nous avons voulu recréer une ambiance telle que celle des Fêtes de la Lumière à Lyon avec du mapping visuel ou vidéo qui permet de recréer des images de grande taille sur des structures en relief ou des monuments, ou recréer des univers à 360° sur le château. Musicalement parlant, nous voulions ramener les trois sous cultures Electro, ainsi que mélanger toutes les générations. De plus, le festival propose des concerts en live toute la journée.

Comment avez-vous présélectionné les artistes ? Avez-vous d’autres partenaires au niveau local ? Quels moyens de communication ont été mis en place ? 

Concernant les artistes qui se sont produits au festival, pour la plupart il s’agit de connaissances, ainsi que des amis musiciens. 
Cette année, pour la deuxième édition des artistes viennent d’eux-mêmes nous voir pour se produire sur scène ! Pour les autres, nous avons fait au cas par cas en fonction de notre sélection faite par Loris Bernot, en charge de la programmation. Notre démarche était la suivante : contacter les artistes, les convaincre de notre projet, se mettre d’accord sur les termes & conditions. Parfois nous pouvions prendre contact avec l’artiste directement, dans certains cas nous étions obligés de passer par son manager.

Nous avons bénéficié du soutien de la Mairie de Chailland, qui nous a fourni beaucoup de matériel et de l’aide précieuse lors de l’installation et désinstallation. Localement, nous avons eu de très bons retours des personnes alentours ainsi que des festivaliers.

Par ailleurs, nous avons travaillé main dans la main avec divers acteurs régionaux, parmi eux : La Ferme Du Theil, La Suzanaise, Sweat Lodge, Input Selector, Horus Solutions, M. Yves Travers, M. Jérôme Jousset de La Ferme d’Habit et la Communauté des Communes. 

Le festival a attiré plus de 300 personnes l’année passée ! Le pass 3 jours coûte 50 euros, de plus, des prix préférentiels sont proposés aux riverains qui souhaiteraient venir au festival. Les seules préventes disponibles sont les pass 3 jour et/ou une place dans le bus La Forge faisant le trajet Paris-Chailland.

Quelles sont les démarches nécessaires à l’organisation d’un festival ? Quelles sont les normes à respecter ? 

S’il s’agit d’un lieu privé, vous aurez plusieurs obligations administratives pour le bon déroulement de votre festival. 

1- Autorisations

– Demander une autorisation en mairie entre 5 mois et 6 semaines avant le début du festival en fonction de sa taille

– Pour la mise en place de chapiteaux, tentes ou gradins, une demande d’ouverture au public est nécessaire au moins un mois avant le festival, avec un dossier de sécurité (que nous détaillerons plus bas)

– Pour installer un bar il est nécessaire d’avoir l’ autorisation de la mairie ou de la préfecture de Police pour les grandes villes et respecter les règles sur le débit de boissons ponctuel. L’autorisation d’exploiter un débit de boissons ponctuel est généralement acceptée par les services de l’Etat civil, sous la forme d’un arrêté municipal. Par l’obtention d’une licence, elle vous permettra de vendre de l’alcool à consommer sur place ou à emporter à condition que le responsable du lieu en soit le garant. Des conditions horaires sont à respecter, et le respect d’une distance minimale de 100 mètres avec des bâtiments protégés, tels que des écoles, hôpitaux et monuments. Cependant, dans certains cas, des dérogations peuvent être accordées.

Pour faire votre demande d’autorisation, vous devez vous rendre à la mairie ou la préfecture 3 semaines avant l’évènement. Il faut déposer un formulaire et des pièces justificatives. La mairie ou la préfecture transmettre ensuite la demande à la gendarmerie.
En plus de cette demande, il est impératif de déclarer l’ouverture du débit de boissons au Trésor Public et de régler l’éventuelle taxe attribuée. (si vous n’êtes pas une association)

Pour le débit de boissons occasionnel, seules les boissons de catégorie 1 (boissons sans alcool) et 2 (boissons fermentées non distillées, type vin, bière, cidre) sont autorisés. 

2- Assurances

Votre assureur doit couvrir votre responsabilité civile en cas de préjudice causé au public. 

3- Sécurité

Enfin, une commission de sécurité visitera le lieu du concert, pour s’assurer qu’il est possible d’organiser un festival dans de bonnes conditions et d’accueillir du public. Vous devrez fournir un dossier de sécurité complet décrivant le festival, la jauge, les plans et certifications de conformité aux normes des installations (surtout électriques).

Il était nécessaire de préparer avec soin la Commission de Sécurité

• Accorder une importance quant aux règlements liés aux parkings
• Les premiers secours doivent pouvoir être apportés sur place, il est conseiller d’avoir la présence d’un pompier et d’une ambulance en cas d’urgence. Dans certains cas , l’autorité de police peut exiger la mise en place d’un  Dispositif Prévisionnel de Sécurité (DPS).
– Les règles de circulation appliquées
– La mise en place d’une équipe de sécurité ou de bénévoles pour assurer le contrôle des accès, la sécurité des lieux et la surveillance du matériel de spectacle
– Contrôler l’emplacement des chapiteaux qui ne doivent pas être trop près des arbres
– Disposer des extincteurs et points d’eau à proximité…
– Respecter les seuils de niveaux sonores (privilégier la multidiffusion et non seulement des enceintes sur scène)
– Pour prévenir de l’alcoolémie au volant, il est conseiller de mettre un place un stand de prévention routière avec des éthylotests gratuits

Un guide d’organisation des évènements rassemblant du public est disponible  en ligne

La préparation du camping aussi été une affaire spéciale.
 C’est autant de détails à ne pas négliger et anticiper ! 

Afin d’aider les propriétaires qui voudraient faire la même chose que vous, quels conseils précis donneriez-vous pour réussir un beau concert ? 

L’organisation d’un festival est un engagement qui prend du temps tant dans sa préparation que dans le rangement et le démontage. 

 1. Les détails ne sont pas à négliger ! Notamment il est bon d’anticiper les temps de rangement. Par exemple, cette année le verre est interdit. En effet trier les poubelles est un travail de grande ampleur qui nous a demandé 22h d’effort ! C’est un détail que nous n’avions pas anticipé et dont « on se serait bien passé » ! Cette année il n’y aura pas de verre, seulement des éco cup 

 2. Ensuite, tout dépend de si l’on souhaite réaliser le concert en extérieur ou intérieur. . Les différents aspects à bien vérifier : 

• Ne pas lésiner sur la qualité du système son car l’ambiance est très importante

• S’entourer de professionnels ou de personnes qui ont des compétences dans l’évènementiel. « Organiser un tel festival requière des compétences de management. Vous devez réussir à tout coordonner et être à l’écoute tant de l’équipe technique qu’artistique. » 

Communiquer en amont sur l’évènement par des affiches et sur les réseaux sociaux.

Pour aller plus loin

Page Facebook du festival 

Teaser de l’événement 2018 

Organiser un festival éléctro : quelles étapes ?

8 campagnes de communication efficaces

Créer une école de cuisine dans un château : exemple des Master Class de Fey

L’important à retenir dans cet article :

Développer une activité adaptée en fonction de son histoire et de son territoire, c’est une question de convictions ! 

Vous possédez un château avec une histoire forte ? N’hésitez pas une seconde ! « Je conseillerais à tout propriétaire d’aller simplement là où on a envie d’aller et jusqu’au bout de ses rêves ! » Sylvie Angel.

Vous êtes dans une région avec un terroir et un caractère qui se prêtent à la gastronomie, à l’œnologie, ou à d’autres activités ? Utilisez ces ressources ! 

Seulement, comment orienter ses activités en cohérence avec l’image et les ressources de son territoire ?
Dans cet article, Sylvie Angel nous explique comment elle est parvenue à faire revivre les masters class de cuisine au château du Feÿ, faisant écho à l’ancienne prestigieuse école de la Varenne, en utilisant les ressources locales.

Qu’est-ce qui vous a poussé à reprendre ce château et à vous lancer dans ce projet de développement ambitieux ? 

C’est une histoire de gastronomie…

C’est grâce à un ami restaurateur dans la région que nous avons découvert le château du Feÿ et son histoire culinaire : « mon mari et moi étant passionnés de cuisine, nous avons été tout de suite séduits ! » 

La précédente propriétaire était Anne Willan, professeure de cuisine anglo-américaineformée au Cordon Bleu , école de cuisine d’excellence, et élève de Julia Child pionnière aux Etats-Unis dans la gastronomie française et ses techniques de cuisine.  

Anne créa l’ école de cuisine de la Varenne en 1975, qui fut l’une des premières écoles de cuisine professionnelles en France à offrir un enseignement simultané en français et en anglais et des diplômes professionnels reconnus. L’école était initialement basée à Paris et les programmes de La Varenne qui comprenaient un mélange de programmes de certificat professionnel et de cours de dégustation gastronomique, se sont poursuivis au Château du Feÿ jusqu’en 2007. 

La propriétaire écrit des livres de cuisine

Par ailleurs, Anne écrit de nombreux livres de cuisine comme « La Varenne Pratique » et la série « Look and Cook » mais aussi « Willan’s The Country Cooking de France » qui a reçu deux prix du livre de la Fondation James Beard 2008 pour le meilleur livre de cuisine international. 

Cependant, des incidents familiaux les poussent à quitter le château en 2007. Les programmes de La Varenne au Château du Feÿ se terminent et La Varenne déménage à Santa Monica en Californie. Sylvie Angel et son mari décident de partir à la rencontre d’Anne Willan à la fondation Julia Child à Los Angeles dans le but de relancer les Master Class. Ils vont également à la rencontre d’ Amanda Hesser à New-York, une ancienne stagiaire à l’école de Varenne au château qui s’est passionnée pour le potager et a développé un jardin aromatique. Désormais, elle poursuit sa carrière dans l’alimentation aux Etats-Unis et dirige Food52, une entreprise de 45 employés. « Elle était très heureuse lorsque nous lui avons appris que nous avions racheté le château et que nous voulions faire revivre les masters class de cuisine. » 

Le château accueille maintenant une grande diversité d’activités, en lien avec la gastronomie

 Les masters class ne sont rouverts que depuis 6 mois, mais nous avons déjà pu reconstituer le jardin aromatique au château et développer un hectare de potager ainsi qu’une truffière. Nous effectuons en parallèle des promenades gourmandes, de découverte où l’on apprend au public ce qu’il est encore possible de manger dans la forêt. Des « week-end truffe » sont proposés, avec des initiations dans lesquelles nous montrons comment chercher les truffes.

Aviez-vous des compétences spécifiques concernant la gastronomie ou la pédagogie culinaire ? Comment vous êtes-vous organisés en famille ? 

J’ai dû effectuer un stage pour apprendre certaines règles, donner des cours et suivre le stage obligatoire d’hygiène. Cette formation hygiène alimentaire (HACCP) est obligatoire depuis le 1er octobre 2012. Les responsables d’établissements de restauration doivent avoir au moins une personne justifiant d’une formation en matière d’hygiène alimentaire dans leur effectif.

La formation dure quatorze heures minimums et doit permettre au professionnel d’acquérir les capacités nécessaires pour organiser et gérer l’activité de restaurationdans des conditions d’hygiène conformes à la réglementation.
Concernant la répartition des rôles entre les membres de la famille : je m’occupe de la partie « cuisine », mon mari des travaux, et ma fille de la location. Les cours de cuisine sont quant à eux donnés par des chefs cuisiniers.

Quelles installations spécifiques ou normes sont requises pour un tel projet ? 

La cuisine de 45 mètres carrés a été refaite entièrement par Bernard Viot qui a aussi fait celle du Bristol à Paris. Nous avons dû respecter des normes d’hygiènes et de sécurité. Le mieux est de faire appel à une commission de sécurité auprès de la préfecture. Elle sera à même de vous dire les travaux à effectuer pour vous mettre aux normes. Il s’agit d’une cuisine professionnelle et privé soumises aux normes des restaurants  .
Il est compliqué d’aménager de telles infrastructures dans un château ancien, notamment avec la cheminée en plein milieu de la cuisine. De plus ces travaux engendrent un budget conséquent qui, pour notre part, ont été entièrement financés sur fonds propres.

Lancer ce type d’activité nécessite certainement d’être bien entouré… Pourriez-vous nous parler de « l’écosystème » que vous avez su mettre en place ? 

D’abord, le marché local et le terroir sont des « donnés » indispensables. Par exemple, nous utilisons les truffes de bourgogne et du Périgord que nous cultivons nous-mêmes. Nous sommes sur le principe de « Farm to table » , ce qui signifie que nous utilisons exclusivement nos propres produits. 
Dans le potager nous comptons plus de 52 variétées de légumes plantés ! Nous avons aussi un verger, puis des truffiers du Périgord…

Puis, en termes d’entourage, nous travaillons avec Harry Drissen formé et diplômé du Cordon Bleu Paris. Dans un premier temps, il élabore les cours de cuisine sur plusieurs jours au château. Ensuite, il donne des cours en plusieurs langues. 
Nous faisons également appel à Jean luc Barnabet  pour les diners spéciaux « truffe de bourgogne ». D’autres grands chefs viennent du monde entier comme Cathleen Clarity de l’école des chefs américaine , Keigo Kimura, chef étoilé d’Auxerre, Ruben Sarfati  qui a participé à Top chef.

Pour l’avenir, nous souhaiterions aller encore plus loin… Par exemple, établir des partenariats avec la CIA culinaire et le Cordon bleu  en particulier avec le chef Briffard  , chef exécutif et directeur des Arts Culinaires de l’école.
Nous avons aussi un projet de jardin médicinal où il faudra certainement s’entourer d’experts de la question…

Finalement, monter un tel projet requière beaucoup de cohérence : 

– Un désir de développement des propriétaires en cohérence avec les atouts du territoire et l’histoire du château

– Une organisation centrée autour d’une thématique unique, qui se structure grâce à des partenaires d’excellence, reconnus dans leur domaine

– Une préparation méticuleuse des activités : la formation et la mise aux normes en étant deux composantes essentielles

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Quelles astuces pour l’entretien d’un jardin remarquable ?

L’important à retenir dans cet article :

Entretenir un jardin d’exception demande beaucoup de temps et de connaissances. Certains propriétaires relèvent le challenge de l’entretenir eux-mêmes, d’autres préfèrent déléguer cette tâche à des professionnels.

Cet article fournit quelques conseils et préconisations (avec les liens vers les sites d’experts qui vous fourniront tous les détails dont vous aurez besoin) :

o Quand et comment entretenir une pelouse, des haies, et des arbustes ? 
o Quelques petites astuces pour vous simplifier l’entretien

Une saison pour tout

La vie des végétaux est rythmée par les saisons. A chaque saisons plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour bien entretenir son jardin, comme la composition des sols, le climat ou les jours d’ensoleillement. Ces éléments varient d’une région à l’autre. 
Voici les quelques grandes actions à mener en fonction des saisons :

En hiver 

Lorsque l’on croit que le jardin est endormi, il se prépare en silence à son renouveau ! Pour cela, il est bon de l’accompagner pour qu’il puisse renaître dans de bonnes conditions. Il faut impérativement protéger vos plantations du vent et du gel si cela n’a pas été déjà fait en automne. 
En revanche, la neige n’est pas forcément nuisible au jardin – elle peut constituer un bon isolant et permet de conserver une température aux alentours de 0 degré au sol – toutefois, il est conseillé de la retirer quand elle risque de faire ployer les arbustes sous son poids.

Au printemps 

Les pluies de fin d’hiver et les douces températures redonnent de la vigueur à la végétation qui repousse plus vite. Il faut « faire un ménage de printemps » , autant pour le jardin lui-même que pour vos outils de jardinage, afin d’éviter la transmission des maladies. C’est la période idéale pour planter et nettoyer votre jardin, aérer la terre, la préparer à la plantation en la désherbant notamment et éventuellement la traiter contre les nuisibles. 

En été

Durant la belle saison, les tondeuses ronronnent et les cisailles claquent. En fonction du perfectionnement de la taille que vous souhaitez, les opérations sont à renouveler plus ou moins régulièrement. Pensez à arroser vos plantations, de préférence tôt le matin ou en fin de journée mais jamais en plein soleil.

En automne

La nature nous offre son dernier spectacle avant de se préparer à l’hiver et au froid. Garder un jardin propre, vous aidera à bien préparer l’hiver qui arrive. Il est conseillé de ramasser les feuilles mortes et fleurs fanées. Avant les premières gelées, rentrez les plantes en pots et protégez celles qui ne peuvent pas être rentrées avec un voile d’hivernage. 

Une astuce pour un jardin vert toute l’année, est de planter environ 1/3 de plantes à feuillages persistants tels que les buis (pousse très longue et entretien contraignant), la lavande, et bien d’autres…

Des outils et des saisons pour chaque variété

La taille des haies, arbustes et rosiers

La solution la plus économique, mais aussi la plus contraignante, est de tailler ses arbustes et ses haies soi-même. Pour cela il vous faut donc des outils de jardinage adaptés. Vous pouvez donc utiliser une cisaille, un sécateur, une scie arboricole pour les branches, un échenilloir pour atteindre les hautes branches, ou encore une serpe pour les plus grosses branches d’arbustes. Il y a aussi des outils électriques qui demandent moins d’efforts tels que le taille-haie, l’élagueuse, ou encore l’ébrancheur. Pour ces outils, comptez entre 50 et 130 € pour l’ébrancheur et entre 90 € et 300 € pour les élagueuses les plus performantes.

Pour les gros arbres, faites appel à un professionnel, un grimpeur. Ne prenez aucun risque ! Il est conseillé de les tailler une fois dans l’année

En hiver

Vous pouvez couper les branches mortes ou abîmées de vos arbustes et les branches qui déséquilibrent la structure de la plante, afin que la repousse soit homogène. A la fin de l’hiver commencez la taille, mais attention n’intervenez jamais lorsque le bois est encore gelé.

Au printemps

Au printemps, les arbustes ou arbres fleurissants sont généralement taillés en mars ou avril tandis que ceux à floraisons printanières doivent être taillés après les fleurs. Une taille de nettoyage est nécessaire pour les rosiers et profitez-en pour apporter de l’engrais.

En été

C’est le dernier moment pour effectuer la taille des arbustes qui ont fleuris pendant le printemps. Pensez à arroser les jeunes plants et taillez les haies régulièrement.
Pour les rosiers, coupez les rejets qui poussent à ses pieds pour éviter qu’ils ne puisent dans les réserves de la plante. 

À l’automne

A l’automne, taillez vos arbustes pour leur redonner vigueur. C’est le moment de planter vos arbres et arbustes, comme le dit le dicton : « A la Sainte Catherine, tout arbre prend racine ». Concernant les rosiers, rabattez-les d’environ 1/3 de leur hauteur et ramassez les feuilles malades. Paillez le pied des rosiers avec des feuilles mortes, de la paille ou des résidus de végétaux pour éviter le gel.

L’entretien de la pelouse

L’entretien manuel classique

Une belle pelouse demande un entretien très particulier. Tondre n’est qu’une partie des étapes nécessaires. Il faut aussi désherber, fertiliser, etc. Vous trouverez une proposition de calendrier ici .

Les plus perfectionnistes d’entre vous tondent leur pelouse aux ciseaux, les plus écolos utilisent la tondeuse électrique, les plus classiques la tondeuse thermique, et enfin ceux qui ont les plus grandes superficies utilisent sûrement une tondeuse auto-portée, aussi appelé « tracteur de tonte ». Enfin les plus modernes utiliseront le robot tondeuse totalement autonome, adaptable, rentable et performant ! Son coût est de 500 à 1500 € pour les plus performantes. Cependant il est important de choisir le bon modèle…pour vous éclairer rendez vous sur le site Que choisir

Sachez qu’il existe des tondeuses équipées d’un kit mulching. Une tondeuse mulching hache l’herbe et la redépose sur la pelouse. Ainsi vous obtenez un engrais naturel et un paillis protecteur contre la sécheresse. Ce type de tondeuse demande néanmoins une tonte plus fréquente, 2 à 3 fois par semaine. Le coût d’une telle tondeuse est de 180 à 300 € selon la marque. 

En hiver

L’hiver, l’herbe est un peu moins verte et repousse moins vite. La fréquence de tonte est donc moins régulière alors que tondre la pelouse se fait presque toutes les semaines en été. La première tonte de l’année s’effectue en mars et avril, assez courte pour stimuler la pousse. N’hésitez pas à la nourrir, en apportant un engrais pour gazon.

En automne

L’ automne est la période de renaissance pour un gazon qui a souffert de la sécheresse, apportez un engrais de fond plus riche en potassium et moins azoté. Effectuez une tonte assez haute, pour bien préparer votre pelouse à l’hiver. 
Pour en savoir plus

La vigne-vierge

Elle nous offre un festival de couleurs toute l’année avec son doux vert d’été et son rouge vif d’automne. Sa plantation est préconisée au printemps ou à l’automne, hors période de gel. L’année après la plantation il est nécessaire de l’arroser régulièrement et de palisser la plante avant qu’elle ne s’accroche toute seule sur votre mur.
Pour taillez votre vigne vierge, il est recommandé d’utiliser un sécateur. En mai, lorsqu’elle a bien poussé rabattez-la à 2 mètres du toit et décollez 20 cm supplémentaires, sans les arracher, et faites-les retomber vers l’extérieur.
Pour une bonne taille, supprimez les tiges volubiles qui s’éparpillent, coupez les rameaux et taillez les espèces à ventouse.

Attention : Ne laissez pas l’ampélopsis s’accrocher sur les peintures des volets : ses crampons sont fixés si solidement que vous risquez d’arracher la peinture en même temps que la plante.
En savoir plus 

Le potager

Pour conserver un potager en pleine forme, vous devez être attentif aux besoins de chaque légume. C’est un entretien quotidien qui nécessite de respecter des étapes importantes selon les saisons. 
Lorsque vous avez planté vos graines, une quantité abondante d’eau est nécessaire car elles ont besoin d’une humidité constante pour germer. Au stade de jeunes plants, laissez le sol séchez entre deux arrosages pour solliciter les racines. Une alternative pour limitez l’arrosage : le paillage qui permet de conserver l’humidité. 

En hiver, protégez la terre du gel


Désherbez le potager au printemps, procédez au binage entre les rangées de légumes, qui permet d’éviter l’entassement de la terre face aux fortes précipitations. 
Chaque année vous devez renouveler les réserves nutritives de vos cultures, soit avec des engrais organiques ou chimiques. Les différents composants de ces engrais n’ont pas les mêmes effets sur les plantes, pour cela il est nécessaire de bien les identifier. 
L’azote permet une bonne croissance des tiges, le phosphore facilite le développement des fruits et fleurs et le potassium est indispensable aux légumes tels que les tomates ou aubergines. Ces actions sont à mener au printemps. 

En automne, c’est le moment pour fertiliser le potager

Pratiquez la rotation des cultures, aussi appelée « assolement » pour éviter d’épuiser la totalité des ressources des sols. Alternez la plantation de légumes complémentaires, par exemple, la première année plantez de la laitue ou des épinards qui ont besoin d’un sol très riche en azote et la seconde année des haricots qui enrichissent le sol en azote pour ainsi apporter les composants nécessaires au bon développement des épinards l’année suivante. Il est bon d’avoir établi un plan de potager, pour savoir où est plantée telle variété de légume et pouvoir organiser un meilleur roulement.
Source : Entretenir son potager

Le verger

Le verger demande une attention particulière tout au long de l’année afin de pouvoir profiter d’arbres bien fournis à la saison estivale.

Au printemps

Désherbez, binez et paillez les arbres fruitiers et retirez les fruits en trop grand nombre. 
Posez des filets de protections sur les arbustes à petits fruits rouges contre les oiseaux, vous pouvez effectuer les premiers traitements contre les pucerons, les carpocapses, l’oïdium du pommier et la tavelure du poirier. 

En été

Vous avez l’opportunité de récolter vos premiers fruits ! C’est également la période pour traiter les pêchers et nectariniers contre la cloque avec de la bouillie bordelaise.

En hiver

En période hors gel, plantez les arbres fruitiers. Si la gelée s’invite, mettez les arbres en jauge en attendant le retour de plus douces températures. Les pêchers, poiriers, pommiers, agrumes comme les citronniers, orangers peuvent aussi être taillés tout l’hiver jusqu’en février. Pour en savoir plus.

Pour aller plus loin

Annuaire des jardiniers

Paysagistes de France

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Astuces pour l’entretien d’un jardin remarquable

Comment valoriser et entretenir son parc historique ?

L’important à retenir dans cet article :

Un jardin demande beaucoup d’entretien et d’attention, régulièrement, pour cela et depuis longtemps, laisser des animaux pâturer, représente une alternative écologique et économique aux machines et produits chimiques. C’est un gain de temps, d’argent et une charmante compagnie ! 

Et si on co-jardinait ? Cette initiative solidaire est aujourd’hui très tendance et est rendue possible grâce à plateformes spécialisées mettant en relation propriétaires et particuliers et permettant ainsi d’entretenir et cultiver votre jardin dans le partage !

L’intervention animale : techniques ancestrales et approuvées 

L’éco pâturage

Voici un entretien (presque) gratuit, autonome, et original de votre pelouse : l’écopâturage 
Avez-vous déjà pensé à accueillir un petit animal pas trop encombrant dans votre jardin ? 
Cette idée n’est pas innovante puisqu’elle fait ses preuves depuis des siècles. Laisser un ou plusieurs moutons brouter l’herbe, assure une hauteur de coupe régulière de 6 à 8 centimètres. Un mouton peut ainsi entretenir à lui seul un terrain de 500m² environ.

Les moutons ne sont pas très encombrants, ils sont propres, et ce sont de vraies tondeuses à gazon. Le mouton d’Ouessant, par exemple, a l’avantage d’être le plus petit mouton du monde, et sa rusticité (race bretonne) , n’en est pas moindre !

Où se procurer les moutons ?

Si vous souhaitez vous procurer un mouton d’Ouessant, il faut se tourner vers des éleveurs spécialisés. Il est également possible d’en acheter en ligne (lien) avec livraison à domicile. Un mâle coûte un peu moins de 100€ et la brebis environ 180€.

Vous pouvez aussi faire appel à une société qui installe les moutons sur vos pelouses pour un entretien tout au long de l’année. Vous leur confiez la gestion de vos espaces verts et ils prennent en charge toutes les contraintes. C’est notamment le cas de Ecomouton , qui regroupe des bergers répartis sur tout le territoire et qui travaille principalement avec des moutons d’Ouessant. 

À noter 

Il faut faire des démarches administratives ) et sanitaires (vétérinaire, bouclage, éventuelle assurance…) pour adopter des animaux. 

La chèvre est aussi une solution ! Cependant elle est plus vivace et se faufile dans tous les recoins, aussi bien sur des terrains plats que escarpés. En revanche, elle ne dissocie pas la pelouse, des mauvaises herbes, des arbres, arbustes et fleurs.

Les vaches et les chevaux sont aussi une option intéressante, mais ils réclament plus d’entretien et salissent beaucoup plus les espaces occupés.

Autant de solutions économiques, écologiques et éducatives.

Quelques animaux pour se débarrasser des nuisibles du jardin

Outre les « brouteurs », de nombreux autres animaux sont très utiles pour votre jardin, notamment pour se débarrasser d’éventuels nuisibles. 
Par exemple, le crapaud se nourrit d’insectes et peut en manger jusqu’à 10 000 larves, vers, ou limaçons en seulement trois mois. Si vous avez une piscine, laissez peut-être d’autres faire trempette durant la saison hivernale…mais attention aux coassements incessants la nuit !
Dans la catégorie amphibien, il y a aussi la grenouille rousse qui mange les limaces, les escargots et les criquets. 

Enfin le hérisson se nourrit d’un grand nombre de nuisibles qui rendent bien souvent la vie dure à votre jardin : limaces, hannetons, mille-pattes et même les vipères ! 
De même les canards sont doués en désherbage et vous débarrasseront des limaces !

Ne négligez pas les insectes auxiliaires comme la coccinelle, la chrysope ou le carabe qui protégeront votre jardin des chenilles, limaces et pucerons.

Les pratiques modernes : l’entretien solidaire via les plateformes 

Vous possédez de grands ou petits espaces et vous ne savez pas comment les exploiter ? Des entreprises spécialisées s’en chargent !
Par exemple, la plateforme Staybler sur laquelle vous pouvez proposer des boxes ou des paddocks à des cavaliers de passage. 
Vous avez la possibilité de partager votre jardin ! Qu’est ce que ça veut dire ? Via la plateforme de location de potager entre particuliers :  Share terre vous pouvez proposer votre jardin à des particuliers qui cherchent à cultiver leurs propres produits et obtenir une contrepartie financière supplémentaire !

La plateforme Plantez chez nous Plantez chez nous est pionnière dans le « cojardinage » . Idéale pour les propriétaires qui ont un jardin et qui n’ont ni l’envie ni le temps de le cultiver. Elle permet de trouver un juste milieu et un échange gagnant-gagnant pour le loueur et le propriétaire. Le loueur exploite le jardin et partage les récoltes avec le propriétaire. C’est très simple, inscrivez-vous gratuitement et créer votre annonce ! 

Sur le même principe vous pouvez prêter un coin de jardin avec Prêter son jardin ! Vous possédez un potager mais vous n’avez pas les compétences pour l’exploiter ? Rencontrez un jardinier qui souhaite cultiver ses propres légumes mais qui n’a pas d’espaces pour le faire ! C’est une manière différente d’envisager son environnement, ses rapports aux autres et de privilégier l’ouverture, la solidarité et l’entraide. Cependant, pour que le partage soit équitable, il est important d’installer un bon cadre dès le départ pour respecter les intérêts de chacun. 

Pour vous aider, Prêter son jardin met à disposition un contrat de prêt à titre gratuit d’un jardin potager et vous livre quelques conseils quant aux obligations et contreparties attendues.

 Le propriétaire

– Donne l’ accès à son jardin à un jardinier pour cultiver une parcelle qui lui est prêtée en échange d’une partie de la récolte et/ou de l’entretien de son jardin.
– Emet ses préférences concernant l’emploi du temps pour venir s’occuper du jardin (le matin, l’après-midi, en soirée, la semaine, le week-end) et prévient le jardinier si le terrain n’est pas accessible certains jours.
Facilite l’accès à l’eau d’arrosage 
Partage ses outils, son matériel de jardinage
– Il peut aussi envisager de donner un coup de main, car c’est bien connu, la cohésion d’équipe donne toujours de meilleurs résultats ! 
– Ils peuvent se concerter pour choisir les fruits et légumes qu’il aimerait y voir pousser et participer à l’achat des graines et des plants.

Le jardinier

– Est responsable de la parcelle qui lui est prêtée et il s’engage à partager les fruits de la production obtenue selon l’entente préalable.
– Doit maintenir la parcelle prêtée propre et en bon état. 
– S’engage à mener à bien les cultures en cours et prévient à l’avance le propriétaire s’il est obligé d’y mettre un terme, de façon provisoire ou définitive.
Privilégie une culture écologique, dans le respect de l’environnement, avec un usage raisonné de l’eau d’arrosage.

Dans la même logique, Je partage mon jardin propose de mettre en relations propriétaires et jardiniers qui en cultivant leurs potagers, pourront transmettre leur savoir-faire aux propriétaires.

Plus largement, vous pouvez louer tous types d’espaces extérieurs avec Louer dehors , terrasse, jardin, ferme, plage privée, endroit naturel et même un terrain de tennis ou une piscine ! 
Avec We peps , il est possible de louer vos espaces extérieurs à des particuliers pour une journée ! Par exemple, pour l’organisation de d’un vin d’honneur de mariage, une fête entre amis, un barbecue, un anniversaire ou une garden-party. Vous effectuez la réservation et la location en ligne, de plus la Maif couvre votre location. 

Pour aller plus loin

Les plateformes de « co-jardinage » :

Share terre ; Plantez chez nous ; Prêter son jardin ; Je partage mon jardin

Acheter un mouton d’Ouessant : Ferme de Beaumont ; Trouver les animaux utiles : Homify 

Astuces pour l’entretien d’un jardin remarquable

Prix et financements du patrimoine jardinier et paysager. Un jardin bien entretenu, apporte de nombreux avantages pour votre monument historique.

L’important à retenir dans cet article :

Un jardin bien entretenu, plus qu’une satisfaction personnelle pour les passionnées de végétaux, vous apportera également de nombreux avantages en termes d’attractivité ainsi que la possibilité d’obtenir des aides financières et labels.

Qu’a-t-on à gagner avec un bon entretien du jardin ? 

La réponse est TOUT : le confort, l’éclat de votre monument, l’attractivité et des récompenses… Certains concours remettent des prix pour l’entretien de vos jardins.

L’obtention de Labels

Le label « Jardin Remarquable ». 

C’est le Ministère de la Culture qui octroie ce label de qualité. Il est valable pour une durée de 5 ans renouvelables. Il donne lieu à des avantages divers et notamment à une signalisation routes et autoroutes. Cette signalisation répond au même processus que les édifices protégés au titre des monuments historiques.

Les dossiers de candidature doivent être adressés à votre direction régionale des affaires culturelles (DRAC). N’hésitez donc pas à vous référer au site du Ministère pour en savoir plus.

Vous pourrez ouvrir votre jardin au public et également participer à des évènements nationaux tels que les Rendez-vous aux Jardins. Les conditions principales à remplir pour demander le label sont diverses. Il faut justifier d’un intérêt historique, esthétique, architectural, paysager, ou encore botanique. La qualité de l’entretien est également prise en compte. A titre d’exemple de belle réussite : le Jardin de la Ballue.

Les Rendez-vous aux jardins sont organisés par le Ministère de la Culture en collaboration avec le Centre des monuments nationaux, le Comité des parcs et jardins, les Villes et Pays d’art et d’histoire, les Vieilles Maisons Françaises, la Demeure Historique, ainsi que de très nombreuses collectivités territoriales. Cette manifestation est mise en œuvre par les directions régionales des affaires culturelles (DRAC). Pour s’inscrire.

Le Label Eco Jardin

Le label “Eco Jardin” concerne tous les types d’espaces verts publics ou privés ouvert au public. Il peut s’agir d’un parc, d’un espace naturel ou d’arbres d’alignement. Ce label à dimension nationale est un véritable outil de communication auprès du public. 

Il est attribué par le comité de pilotage du label, suite à un audit du site par un organisme indépendant compétent. Enfin, le label est octroyé pour une durée de 3 ans renouvelables. Il permet de valoriser le travail de jardiniers et gestionnaires d’espaces verts mais aussi d’encourager l’adoption de pratiques de gestion respectueuses de l’environnement. 

Vous pouvez de même être récompensé pour votre gestion éco-responsable avec l’attribution du label Eve : Espaces végétaux écologiques. Il s’agit aussi d’un concours récompensant la gestion éco responsable de vos espaces verts. Il valorise les pratiques de gestion et de réhabilitation écologique des espaces végétaux. 
Pour cela, il convient de respecter plusieurs critères: 

– Absence de produits chimiques
– Politique d’économie de l’eau avec la mise en place d’un plan de réduction de la consommation
– Une attention particulière pour le sol : paillage, apport de matière organique, et un suivi régulier
– Actions en faveur de la biodiversité et maintien des végétaux spontanés 

La participation aux concours

Les concours des associations du patrimoine sont nombreux à féliciter l’entretien des jardins. Des enveloppes de plusieurs dizaine de milliers d’euros sont souvent à la clé de ces concours, ainsi qu’une visibilité et une notoriété toujours plus importante . Vous pouvez également retrouver des enveloppes dans l’onglet « FINANCEMENT » de notre site. Certaines sont dédiées au financement de jardins, comme le Prix VMF « Jardin Contemporain et Patrimoine », le Prix « Décors sculptés parcs et jardins » ou encore le Prix « Villandry ».

Par ailleurs, le concours « Jardiner autrement » récompense les démarches les plus abouties en termes de préservation des équilibres biologiques au jardin par la réduction ou l’abandon de l’usage de produits chimiques.

En outre, pour participer, le jardinier doit déposer un dossier dans lequel il expose et ses espaces et ses pratiques de jardinage respectueuses de l’environnement. Un jury composé de 5 membres de la Société Nationale d’Horticulture de France et de partenaires de Jardiner évalue ensuite les dossiers. Les cinq gagnants du concours remportent un week-end pour deux personnes sur le thème du végétal et du jardinage respectueux de la nature.

Innovez dans vos jardins et mettez son potentiel en avant

Outre les concours et les prix, l’exploitation de son jardin autour d’une thématique a fait ses preuves. Aussi, le château de Nanterre, a créé un « jardin thérapeutique » confié à l’association Endat. L’association propose des programmes personnalisés à des personnes souffrant de diabète, d’anorexie ou de boulimie, à qui l’on propose des ateliers au potager. 

Votre jardin est un lieu de bien-être et d’harmonie. Le domaine de Chaumont a mis en place un « jardin de soin et de santé » qui doit respecter certaines règles d’aménagement et de pratiques pour assurer sa pérennité. Il est accessible à des personnes atteintes de pathologies et vise à répondre à un objectif précis de traitement. Le domaine propose d’ailleurs des journées de formation pour les propriétaires souhaitant mettre ce concept en place dans leur jardin. En savoir plus.

• Vous pouvez aussi inscrire votre jardin dans l’annuaire des Jardins partagés sur la plateforme Jardinons Ensembles. Ainsi vous pouvez participer à la « Ronde des pique-niques » en inscrivant votre jardin à l’événement. C’est d’ailleurs l’ occasion de partager un moment convivial et de faire connaitre vos espaces ! 

Pour aller plus loin

Interdiction du glyphosate pour les jardins historiques

Développer la médiation culturelle pour les jardins

Valoriser des espaces paysagers d’exception

Comment développer des activités ludiques dans un château ou un site touristique Hephata a interviewé le gestionnaire du chateau de Laàs.

L’important à retenir dans cet article :

Vous êtes propriétaires d’un château et vous souhaitez développer des activités ludiques sans compromettre la visite de votre château ? C’est ce qu’a fait Alexandre Tisné-Versailles au château de Laàs, en développant le « château des énigmes » dans ses 12 hectares de jardin parallèlement à la 3ème plus grande collection d’art décoratif de France occupant les lieux.

HEPHATA – Qu’est-ce que le « Château des Enigmes » ? 

ALEXANDRE TISNE-VERSAILLES – Le château des énigmes propose des jeux de piste scénarisés et escape game originaux et ludiques. Pendant une journée, vous êtes le héros d’une aventure trépidante mêlant histoire, réflexion et adresse ! 

Il s’agit d’un parcours d’environ 3 heures constitué de différentes épreuves et défis (labyrinthe, filets suspendus, énigmes…) qui vous permettront de récolter des indices pour résoudre la grande énigme finale ! 

Le parcours du Château de Laàs est inspiré du célèbre roman « Les 3 mousquetaires » , vous êtes immergé dans l’An 1659 où Willy de Gascogne, rend visite à d’Artagnan en espérant intégrer la compagnie des mousquetaires. Le thème diffère selon les châteaux et s’adapte à la culture locale.

Un an d’installation a été nécessaire pour la mise en place du parcours à partir du moment où le projet a été validé. Pour la réalisation des décors nous travaillons notamment avec une décoratrice de cinéma, Nicolas Tabary, graphiste et dessinateur d’Iznogoud, des comédiens pour les voix, des musiciens et autres professionnels.

Il s’agit avant tout d’une activité ludique, destinée à tous. La la famille est notre cœur de cible. Les férus d’histoire et d’architecture seront également comblés ! 
10 à 15 % des visiteurs du château sont des écoles notamment primaires, le projet est par ailleurs soutenu par l’éducation nationale. Bientôt des fiches pédagogiques seront disponibles pour les élèves. Nous avons comptabilisé 5000 visiteurs en 2 mois depuis l’ouverture au Château de Laàs et 35000 à 45000 sont attendus dans l’année. 

Qu’est-ce que votre société apporte aux châteaux dans lesquels vous êtes déjà présents ? 

Nous sommes en effet présents dans 3 châteaux en France, le premier « château des énigmes » existe depuis 19 ans. 

C’est une manière de faire revivre les châteaux et de faire découvrir le patrimoine à travers le jeu dans une ambiance conviviale où petits et grands peuvent réfléchir ensemble sur des thématiques ludiques et historiques dans des lieux remarquables !

Nos châteaux des énigmes doivent répondre à plusieurs critères afin que l’activité puisse se dérouler en harmonie avec les lieux.

La localisation : doit être situé à 1h d’une zone touristique ou urbaine
La surface disponible : 8 hectares de parc, 5/6 pièces de décor
Les contraintes du lieu et des propriétaires
La validation du lieu se fait par une visite de l’équipe sur le site pour étudier la faisabilité du projet

1. Le Château d’Usson (ISMH) 

Ses caractéristiques : 

– Sublime château de la Renaissance à Pons en Charente Maritime à 1h de la Rochelle
9 hectares de bois et de jardins s’inspirant de la renaissance italienne
– Thème du parcours des énigmes : Willy et le trésor des pirates

2. Le château de Rocheux

Ses caractéristiques :

Château du XIXème siècle à Fréteval dans le Val de Loire 
1h du Zoo de Beauval, à 30 minutes de Blois et 40 minutes de Chambord, à 1h30 de Paris
– Son parc boisé de 18 hectares
– Thème : Willy et Arsène à la recherche du trésor du Roi Philippe Auguste

3. Le Château de Laàs

Ses caractéristiques : 

– Château possédant l’une des plus belles collections d’arts décoratifs d’Aquitaine, à Laàs dans le Béarn à 1h de Biarritz
Parc arboré de 12 hectares mélangeant jardin à l’italienne, à la française et exotique
– Thème :  Les 3 mousquetaires

Un propriétaire qui souhaiterait mettre en place ces activités à deux possibilités : 

• soit le système de franchise, le propriétaire décide d’être franchisé du château des énigmes et gère lui-même l’activité
• soit le château des énigmes s’occupe de la gestion, c’est le cas pour les collectivités 
Nous cherchons encore à développer le château des énigmes dans des monuments historiques et avec des propriétaires privés. 

En tant que gestionnaire au Château de Laas, comment êtes-vous parvenu à développer votre concept au milieu d’autres activités ? 

Le château est un bien du département des Pyrénées-Atlantiques qui recherchait un projet de gestion et de valorisation du site pendant 10 ans pour permettre de redynamiser la région et d’entretenir le château et son parc. J’ai donc répondu à leur appel d’offre de délégation de services publics (DSP) et nous avons lancé le projet en mars 2017, moment pendant lequel nous avons refait la scénographie du musée existant. Puis, en avril dernier, les activités du « château des énigmes » ont débuté. Pour ce projet, nous bénéficions d’une subvention pour mission de service publique, car nous sommes soumis à une contrainte tarifaire et nous devons aussi entretenir la collection d’art décoratif d’une valeur de 6 à 8 millions d’euros et les jardins.

En effet, parallèlement nous entretenons le musée du château qui est la 3 -ème plus grande collection d’art décoratif de France. Vous êtes plongé dans une ambiance du 18 -ème, vous pourrez y admirer des tapisseries d’Aubusson , des tableaux de Pierre Paul Rubens  Gustave Courbet  , d’Elisabeth Vigée-Lebrun  Breughel  , ou Fragonard  . C’est une immersion totale au siècle des lumières, avec un mobilier d’époque encore présent et intact. 

La mise en place du château des énigmes ne compromet pas la visite du musée …

La mise en place du château des énigmes ne compromet pas la visite du musée et son authenticité puisque l’activité s’exerce notamment en extérieur ou dans des salles inoccupées.

Par ailleurs, nous proposons des séjours dans des cabanes en bois suspendues  . J’ai fait appel à des constructeurs pour leur fabrication et installation. Cependant, volontairement, elles ne sont pas équipées d’eau, d’électricité, et de chauffage. C’est une contrainte en moins qui permet d’alléger les structures des cabanes. Nous préférons favoriser le respect de l’arbre et avoir des cabanes plus « perchées ».

Cabane à 11 mètres de hauteur dans un cèdre centenaire. 

Nous cultivons également un verger conservatoire, composé intégralement de produits locaux, on peut y trouver plus de 1200 variétés de plantes ainsi que des arbres fruitiers. Nous privilégeons la conservation d’espèces anciennes, par exemple dans la fabrication d’un ancien jus de pomme. 

La diversité de nos activités nous permet d’attirer plusieurs publics

C’est également un moyen de rassembler tout le monde.

– Le Château des énigmes est destiné à la famille et les groupes d’enfants
– Le musée est plus axé séniors, même si des visites pédagogiques peuvent y être organisées
– Les escape game  concernent les jeunes adultes
– Les cabanes dans les arbres sont également destinées à l’accueil de famille

De plus, ce roulement permet d’avoir des activités à l’année et saisonnières. 

Finalement, est-ce un bon conseil d’allier divertissement et musée de collection ? 

N’ayez pas peur de mélanger les styles et les publics en diversifiant vos activités ! Pour une bonne gestion de celles-ci, il est conseillé de bien séparer vos espaces dédiés au sein du château. Il est tout à fait possible d’exercer une activité ludique et créative en extérieur tout en conservant l’authenticité de votre château et sans dénaturer vos pièces et mobiliers de collection. Les parcours du « château des énigmes » étant basés sur des thématiques historiques, elles n’engendrent pas de contraintes relatives à l’harmonie du lieu. De plus, en vous investissant dans ce type de parcours vous ouvrez un nouvel accès au patrimoine par le jeu accessible aux plus petits ! 

Pour toutes demandes d’informations concernant le château des énigmes, les propriétaires de monuments peuvent nous contacter sur franchise@chateau-enigmes.com

Pour aller plus loin

Le numérique et les parcours de visite augmentés

Organiser un Son et Lumières dans un site historique

Concevoir une activité durable dans un château

Le numérique et les parcours de visite augmentés. Le numérique et les parcours de visite augmentés. La transmission de la culture devient numérique. Hephata a interviewé Cent Millions de Pixels et le Château des Ducs de Bretagne.

L’important à retenir dans cet article :

Interview avec Charlotte Didier (Cent Millions de Pixels) et Lydia Labalette (Château des Ducs de Bretagne)

La transmission de la culture devient numérique, les récentes innovations permettent une immersion au cœur du patrimoine historique.

Pour nous éclairer, Charlotte Didier, chargée des relations entre la maitrise d’œuvre et les équipes de production de Cent Millions de Pixels, nous partage ses outils et méthodes de travail au sein de l’entreprise qui conçoit et réalise des contenus numériques pour les lieux historiques ou culturels.

Avec Lydia Labalette, administratrice Projets et Exploitation au Château des Ducs de Bretagne, nous reviendrons sur un exemple concret d’une production : des tableaux animés et une application sur mesure d’aide à la visite installée au château des Ducs de Bretagne (Nantes).

Bien que le numérique soit leur premier outil de travail, Cent Millions de Pixels tient avant tout à rester une entreprise à taille humaine. 

Charlotte souligne que le numérique est un moyen et non une fin en soi. S’il permet aujourd’hui de divertir, donner une émotion ou partager une expérience, il ne doit pas devancer « le côté humain ». L’utilisation de cet outil requière de trouver « le bon équilibre et pour cela il est nécessaire de savoir ce que l’on veut transmettre et quel public on vise».

HEPHATA – Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de Cent Millions de Pixels, comment définiriez-vous votre activité ? Comment est-elle née ? 

CHARLOTTE DIDIER – Cent Millions de Pixels produit et réalise des contenus numériques au service de la culture. Nous proposons notamment des reconstitutions historiques ainsi que des jeux interactifs et éducatifs historiques.

Cent Millions de Pixels est partie de l’initiative de Martial Brard qui travaille dans le domaine de la production visuelle depuis maintenant plus de 28 ans. Son expérience lui a permis d’acquérir des compétences dans divers domaines : illustrateur, concept artist, lead graphist 3D, animateur 3D, storyboarder, game-designer, directeur artistique, réalisateur, concepteur, ou encore chef de projet.

En 1994, il intègre la société Cryo Interactive Entertainment en tant que directeur artistique. Nous sommes dans les prémices de la muséographie et du jeu historique.
En 2001, séduit par le potentiel du jeu associé à l’histoire, il fonde avec Philippe Grellier la société Mzone Studio qui produit des jeux vidéo ludo-éducatifs ainsi que des applications interactives pour la muséographie, l’entertainment ou encore des films d’animation.
En 2011, poussés par notre amour pour la culture et le patrimoine, Martial et moi-même décidons de créer une extension de Mzone Studio, plus tourner vers les applications de visites virtuelles, muséographie, reconstitutions historiques et jeux vidéo non commerciaux à destination du tourisme et de la culture. L’idée étant d’accompagner les scientifiques dans leur médiation. 
C’est le début de Cent Millions de Pixels : « la reconstitution historique apporte beaucoup à la science car elle permet de vérifier les hypothèses. » 

À la suite d’un appel d’offre de l’abbaye Saint-Vincent de Nieul-sur-l’Autise, Cent Millions de Pixels a entièrement restitué numériquement l’abbaye dans son état du XIIème siècle. A l’aide d’une reconstitution 3D en accord avec les scientifiques, le visiteur débute l’expérience dans une chair d’abbé et peut ensuite se balader au sein de l’abbaye comme dans un jeu. 

A partir de là, Cent Millions de Pixels s’est spécialisé dans la culture et s’est séparé de Mzone studio.

Vous dites « Nous préférons proposer une solution intellectuelle nourrie de 25 ans d’expériences que des solutions technologiques qui pourraient être obsolètes dans 2 ans » , pouvez-vous nous en dire plus ? 

Nous ne sommes pas « pro numérique… : le numérique est un moyen et non une fin en soi. Il faut se méfier du numérique pour servir l’humain avant tout. Par exemple, nous n’avons jamais intégré de GPS dans nos créations pour laisser libre cours à l’imagination. 

« Pour un enfant, le GPS c’est sa tête ! »

Vous proposez bon nombre de prestations dans les domaines de la conception, de la production et des médias. Quelles sont les plus demandées ?

 En ce moment, c’est la reconstitution historique qui est la plus demandée. 
Ce n’est cependant pas définitif puisque le patrimoine français est extrêmement riche et que l’on continuera d’innover. Les tendances évoluent, Lydia souligne que les musées ne se visitent plus comme il y a 20 ans, une demande de nouveauté se fait ressentir et nous nous devons de répondre avec des projets innovants. C’est une façon différente d’appréhender les contenus et de se les approprier. 

Notre principal objectif est de divertir le public et de lui donner une émotion, de lui faire vivre une expérience. De l’autre côté, nos productions permettent, à nous, acteurs, de vivre une aventure avec l’équipe, explique Charlotte.

En effet, Lydia souligne que les réalisations de Cent millions de Pixels sur deux tableaux du musée du Château des Ducs de Bretagne, ont été numérisés en très grand format, atteignant les gigas de pixels. Parmi eux : 

• Une gravure de Nantes du 17ème siècle
• Un tableau représentant l’entrée du port de Saint Nazaire datant du 19 -ème 

Ces numérisations permettent une nouvelle approche avec le tableau et rend possible de capter des choses qu’il serait impossible de voir à l’œil nu. 


Cette technique est une façon de découvrir chaque détail du tableau et de raconter une histoire, de savoir pourquoi il a été réalisé, son interprétation, l’évolution des villes et du commerce, et permet de donner des explications plus approfondies sur ses origines.

Outre l’expérience offerte par les réalisations de Cent Millions de Pixels, ses productions peuvent aussi être destinées à faciliter les visites et promouvoir ses offres
Par exemple, l’application d’aide à la visite, conçu en 2016 en collaboration avec MG Design au musée du château des Ducs de Bretagne permet au visiteur de créer un parcours personnalisable, en fonction des thématiques qu’il souhaite aborder en priorité (ex : la traite des noirs) ou selon son profil : l’application propose des parcours « famille » plus adaptés aux enfants. Mais également en fonction de la langue choisi, et du temps qu’ils souhaitent consacrer à la visite.

Ce dispositif permet d’obtenir une vision globale du château-musée et offre la capacité de prendre conscience de sa grandeur et du nombre de pièces, car en effet tous les visiteurs n’ont pas forcément 3 heures devant eux à consacrer à la visite. Lydia souligne que le Château des Ducs de Bretagne n’en est pas un comme les autres : « c’est avant tout un musée qui dispose de plus de 32 salles, le numérique n’est pas une nouveauté ici car cela fait 11 ans que nous utilisons des dispositifs de ce type, l’application est un outil supplémentaire, nous cherchions une solution pour donner toutes les clés du musée aux visiteurs. » 

Les visiteurs ont été plutôt réceptifs car 30 % l’ont utilisé durant l’été 2016, cependant il n’est pas indispensable à la visite. 

Comment procédez-vous ? Quels logiciels ? 

Cent millions de Pixels travaille principalement avec 3ds Max, mais également avec Adobe After Effects et Adobe Photoshop. 

« Concernant la méthodologie de travail, nous aimons bien travailler à 4 mains. C’est-à-dire que nous organisons des sessions de travail en reconstitution historique. Martial vient sur le terrain pendant deux jours ou plus et travail en direct avec l’archéologue par exemple. Ainsi on prend plus facilement conscience des volumes et des attentes des collaborateurs. L’échange et la communication sont propices à un travail fructueux. »

Quels publics sont touchés par le travail autour du numérique ? 

Cela dépend de la maitrise d’ouvrage. La reconstitution historique a plus tendance à toucher les familles, de même que les jeux. Ce sont des dispositifs qui touchent le public le plus large.
En revanche, pour la mise en valeur de tableaux au château des Ducs de Bretagne à Nantes, le public visé était un public érudit, des amoureux du patrimoine, souligne Charlotte.

Qu’est-ce que le lieu apporte à votre travail et inversement, qu’est ce que votre travail apporte au lieu ? 

Pour Charlotte, le lieu apporte l’émotion, l’aventure, l’inspiration. Le travail numérique apporte quant à lui un outil de compréhension supplémentaire. 
Par exemple pour le projet sur l’abbaye de Fontevraud, l’équipe a dormi sur place pendant plusieurs semaines. Elle s’est profondément attachée à ce lieu et ce pour longtemps ! Le lieu devient un peu votre maison.

Comment s’envisage la collaboration autour des projets numériques ? Faites-vous appel à des archéologues ou des historiens ? 

Généralement, il y a des collaborateurs réguliers, notamment des concepteurs et des infographistes. 
Mais le réseau varie et joue plus ou moins en fonction des projets. Par exemple pour Castelnaud, nous travaillions avec un archéologue mandaté par le château. 
Ou bien encore, pour le jeu IPad « Au service du Roy », que nous avons réalisé au Château Royal d’Amboise, nous avions besoin d’une certification scientifique et donc d’un castellologue. Ce sont les gérants du château qui s’en chargent.

Si un propriétaire ou gérant souhaite s’offrir une de vos compétences, doit-il apporter les fonds entièrement de sa poche ou a-t-il des aides à sa disposition ? Quelles clés lui donneriez-vous pour améliorer et mieux valoriser son patrimoine avec un projet numérique ? 

Avant toute chose, il faut un temps de maturation et se poser les bonnes questions : que veut-il raconter, que veut-il mettre en avant et pour qui ? 

Concernant les aides, il y existe des aides des régions, de l’Etat, voire européenne. Il faut essentiellement se tourner vers les aides qui visent le numérique. L’Abbaye de Fontevraud a pu bénéficier d’aides régionales car le numérique était au centre du projet.

Pour aller plus loin

Application d’aide à la visite au Château des Ducs de Bretagne

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Lancer des activités dans un site historique

Le défi de la connexion internet dans les châteaux

Club de mécènes de l’Abbaye de Fontevraud – Avec le chargé de mécénat de Fontevraud, découvrez comment créer un club d’entreprises pour un monument.

L’important à retenir dans cet article :

Crowdfunding, mécénat, subventions… Pour financer ses projets dans un site historique les moyens sont diverses.

Dans cet article, découvrez comment mettre en place une campagne de crowdfunding réussie et comment créer un club d’entreprises en respectant quatre points essentiels :
– Créer un lien affectif entre le mécène et votre site patrimonial 
– Se servir de son réseau 
– Utiliser ses différentes campagnes de financement pour les alimenter mutuellement 
– Mettre en place tous ses outils avant de se lancer dans une campagne de financement

Introduction

Le Centre Culturel de l’Ouest, hébergé à l’Abbaye, a pour but de réaliser des projets culturels au sein de l’édifice. Arrivé il y a un an, Nicolas Dias a été chargé de mettre en place la cellule mécénat ainsi que le club entreprises du site afin de financer les projets portés par l’association. Auparavant, il a travaillé pendant 7 ans en tant que chargé de projets et de communication à la délégation régionale Centre-Ouest de la Fondation du Patrimoine. Nicolas Dias a accepté de nous décrire le déroulement d’une campagne de financement participatif.

Pour financer votre théâtre de verdure vous avez réalisé deux appels aux dons. Comment les avez-vous organisés ?

En effet, nous avons lancé deux campagnes de crowdfunding, l’une l’an passé et l’autre cette année, avec deux approches stratégiques différentes pour financer le théâtre de verdure. La première ne fut pas soutenue par une campagne de communication contrairement à la deuxième, ce qui fit une grosse différence. 

 Analyse des résultats de la campagne sans communication

Nous avions déjà réalisé un appel aux dons pour ce projet l’année dernière. Ce premier appel aux dons s’est fait au travers de la plateforme  Dartagnans, spécialisée dans ce type de projets. Pour nous, c’était une première action et nous n’avions donc pas mis en place de campagne de communication. Nous l’avions relayée sur nos différents réseaux sans essayer d’obtenir des articles dans la presse. Cependant, grâce à la notoriété de l’Abbaye, l’appel aux dons a été concluant puisque nous avons récolté les 8 575 € que nous nous étions fixés, grâce à 28 contributeurs.  

Nous avions mis en place différents paliers qui allaient d’un remerciement sur notre page facebook à un dîner au restaurant étoilé et une nuit d’hôtel pour 2 personnes, en passant par une visite privée pour 2 personnes sur « les secrets de Fontevraud ». 

Nous avons observé que les contreparties les plus prisées par les donateurs sont celles qui leur permettent de s’inscrire dans l’histoire du site comme une pierre de l’Abbaye avec leur nom gravé.

Analyse des résultats de la campagne avec communication 

Pour le deuxième appel aux dons, qui a été lancé cette année, nous avons utilisé la plateforme  CommeonNous avons récolté 46 000 € en cinq semaines grâce à 169 généreux donateurs alors que nous souhaitions atteindre les 20 000 €. Pourtant les contreparties proposées étaient du même type que celles du premier appel aux dons.

En revanche, nous avons mis en place une véritable campagne de communication, organisée autour d’un retroplanning avec : 
– Un relais par la presse ;
– La mise en place d’un emailing à tous nos contacts ;
– L’envoi d’une newsletter à tous nos visiteurs ;
– L’annonce sur nos réseaux sociaux ;

Ce fut un réel succès, nous avons vraiment noté un engouement pour cet appel. Il y a eu un effet « boule de neige » que nous n’avions pas observé lors de la précédente campagne. Une bonne communication est donc primordiale. 

Outre ces appels aux dons, vous avez aussi lancé des campagnes de mécénat. Comment se sont-elles organisées ? 

Je suis arrivé à l’Abbaye de Fontevraud il y a un an maintenant, et ma mission première fut de créer une cellule mécénat puisqu’il n’y en avait pas à ce moment-là. Il m’a donc fallu à peu près six mois pour la construire. 

La première étape préparatoire, consista à mettre en place tous les outils dont nous avions besoin en constituant le kit mécénat standard , à savoir les outils de communication comme les plaquettes de présentation, le dossier mécénat, les différents e-mails… mais aussi les différents paliers et les contreparties qui y correspondent et qui doivent être attractives et parler aux entreprises mais aussi aux particuliers. Notre but était de créer un club d’entreprises à l’Abbaye de Fontevraud. 

L’étape suivante fut la prospection. Nous avons orienté nos premières recherches sur le territoire et notamment en faisant appel au cercle proche de l’Abbaye . Nous avons contacté les entreprises et les particuliers qui avaient un lien avec l’Abbaye. Si les chefs d’entreprises n’étaient pas forcément venus eux-mêmes sur le site, leur structure avait déjà participé à des événements.

 Pourquoi avoir voulu créer un club d’entreprises ? 

Tout d’abord, il faut rappeler ce qu’est un club d’entreprises. Ses membres sont unis par une même volonté de jouer un rôle dans le tissu économique local. C’est aussi une association qui défend les intérêts de ses adhérents. 

Nous souhaitions rassembler 15 à 20 entreprises pour le début du club. Au bout d’un an de travail et de préparation, nous avons déjà une petite dizaine d’entreprises. Notre souhait est d’avoir un potentiel financier de 50 000 à 100 000 € pour mener à bien nos projets en engageant les entreprises sur trois ans. Un club d’entreprises permet de créer un lien plus fort entre les mécènes et l’Abbaye, tout en les fidélisant et en leur offrant des contreparties qu’ils ne trouveraient pas avec une convention de dons plus classique. 

Ce club sera l’occasion pour les chefs d’entreprises de partager des moments conviviaux et d’échanger avec d’autres patrons qu’ils n’auraient sûrement pas rencontrés autrement. 
Il est aussi la meilleure publicité qu’un site patrimonial puisse avoir, notamment auprès d’autres chefs d’entreprises. En effet, les membres seront beaucoup plus enclins à partager autour d’eux leur appartenance à ce groupe puisqu’ils sont bénéficiaires d’avantages plus nombreux qu’un simple mécénat. 

Comment avez-vous abordé les différents mécènes pour les faire entrer dans le club ?

Mise en relation avec les premiers contacts

Après avoir mis en place tous les outils de communication, nous sommes donc entrés en relation avec notre premier réseau de contacts. 

Nous sommes d’abord passés par des mails dans lesquels nous annoncions le lancement de la cellule de mécénat. Nous les avons ensuite relancés par mail et téléphone, mais nous n’avons pas eu beaucoup de résultats. Ces contacts, bien qu’ils ne donnent pas lieu à des retombées directes, sont importants puisqu’ils permettent de faire connaître le projet que l’on souhaite financer. 

C’est à ce moment que nous leur avons proposé un rendez-vous. Le but, pour nous, était de leur présenter le projet en détail, les contreparties et les travaux. Après la réunion, nous avions prévu un cocktail dînatoire suivi d’une visite nocturne privée de l’Abbaye. C’est après cette entrevue que les retours se sont faits et que nous avons gagné des mécènes. Le rendez-vous physique sur le site est une étape importante dans la prospection puisque c’est à ce moment-là que le chef d’entreprise, ou le particulier, va pouvoir créer un lien affectif avec le site patrimonial, ce qui est l’élément central de l’acte de mécénat. Un afterwork ou un petit-déjeuner sur le site est une très bonne occasion de les inviter et de présenter tout le dossier.

Tout ce processus est assez long puisqu’après les six mois de préparation de la cellule de mécénat, il faut en compter six autres avant de signer les premières conventions de mécénat. C’est un long travail qui doit impérativement être fait par une seule et même personne . C’est elle qui va créer une relation amicale avec les chefs d’entreprise, elle représentera le lieu et tout transitera par elle, il est donc primordial d’y assigner un seul représentant.

Appels aux dons

Outre cette campagne de prospection, les appels aux dons que nous avions mis en place au cours des deux dernières années nous ont été utiles. Ils apportent de la notoriété au site et aux projets culturels qui s’y développent, la structure étant reconnue comme active. Ils nous ont aussi permis de dégager un potentiel mécène, qui avait donné une somme importante pour un particulier, et qui avait donc retenu notre attention. Il ne faut pas hésiter à s’appuyer sur ces campagnes de financement participatif pour alimenter sa prospection en mécénat.

Pour la suite de la prospection, nous comptons nous appuyer sur nos premiers mécènes.Une solution envisagée serait d’organiser un gala et les mécènes auraient comme « mission » d’inviter d’autres chefs d’entreprise à leur table. Les mécènes sont nos meilleurs ambassadeurs, cela leur permettra aussi de rencontrer d’autres patrons et d’échanger avec eux, comme au sein d’un club.

 Un dernier conseil ? 

 Chouchoutez vos mécènes, invitez-les, ainsi que leurs collaborateurs, à des événements privés, à des visites thématiques. Ils seront d’autant plus satisfaits de leur collaboration et reviendront probablement visiter le site avec leur famille.

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Le Crowdfunding : un nouvel outil de financement

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Comment choisir ses outils de gestion hôtelière ? Hephata a rencontré Colas Guyonnaud, fondateur de Châteaux Expériences. Le gestionnaire de la marque Rêve de Châteaux nous explique.

L’important à retenir dans cet article :

Colas Guyonnaud est un entrepreneur hors du commun. Depuis près de 7 ans, Colas développe une vision du marché du patrimoine privé innovante. Il invite à penser autrement la façon de gérer des activités d’accueil, depuis la façon de communiquer, jusqu’à la façon d’accueillir ses visiteurs.

C’est autour des outils déployés par les deux sociétés que Colas s’exprime. Il apporte une motivation ambitieuse à tous les propriétaires qui se risqueront à la lire. Il cherche à répondre à cette question que chaque propriétaire se pose : comment choisir ses outils de gestion hôtelière ?

Quelle est ton activité ?

Pour résumer, avec Châteaux Expériences , notre activité initiale, nous gérons des châteaux pour le compte des propriétaires. Les propriétaires interviennent rarement et nous font confiance. Pour eux, nous offrons un service « clé-en-main ». Le propriétaire « ne fait rien ». Nos équipes s’occupent de toute la gestion d’accueil de publics (chambres d’hôtes, séminaires, locations saisonnières, mariages) de A à Z.

Rêve de Châteaux est un outil. C’est une plateforme, qui permet aux propriétaires de gérer eux-mêmes leurs activités (séminaires, visites, mariages…). Ils peuvent communiquer sur ces dernières et gérer directement leurs réservations et paiements. 

Donc pour résumer l’ensemble de nos actions : 

En amont, nous pouvons conseiller sur les activités que les propriétaires peuvent développer dans leurs châteaux, mais aussi sur la façon de les promouvoir ;
Puis, nous gérons les réservations de A-à-Z… Très concrètement, il s’agit presque de services de « conciergerie ». Nous sommes rapidement opérationnels pour les réservations, les paiements, les contrats, la gestion des informations de dernière minute et l’accueil sur place…;
Enfin, nous pouvons aussi accompagner le recrutement et la formation de l’intendant, c’est-à-dire la personne sur place qui accueille les gens. Nous pouvons également réaliser des sites internet pour des châteaux ou les améliorer.

Finalement, sur quel périmètre d’activités te considères-tu (distribution, communication, entretien…) ?

Nous nous occupons des activités de séjours, de chambres d’hôtes, de locations, de privatisations de châteaux… donc nous nous devons d’être présents sur tous les périmètres d’activité de la chaine de valeur, depuis la distribution à la communication en passant le calendrier, la gestion des espaces…

Comment es-tu organisé sur chaque activité ?

On peut distinguer différents niveaux d’organisation : 

La communication
Pour la communication, nous distribuons d’abord sur les sites de Châteaux Expériences et de Rêve de Châteaux puis sur certains canaux pertinents comme d’autres plateformes : soit connues (Airbnb) soit celles des partenaires (Wedding Planner…).
Mais nous avons peu d’activités sur les réseaux sociaux, car pour 3000 personnes qui utilisent la plateforme, il y a seulement 300 followers Facebook par exemple !

La gestion des réservations
Ensuite, il y a un processus de négociation, avec des échanges téléphoniques ou de mails, et une gestion des réservations. Cette fonction de conciergerie et de services prend du temps.
Il faut être présent s’il y a un problème pendant le séjour et nous nous renseignons si cela s’est bien passé.

A la fin, nous les conseillons d’en parler autour d’eux, sur de multiples canaux. Il s’agit d’un certain nombre d’actions menées toujours en relation avec le propriétaire.

Les services complémentaires de distribution aux propriétaires
Par ailleurs, le fait de récupérer la gestion de Rêve de Châteaux a pour objectif d’apporter des outils aux châtelains afin qu’ils puissent tout gérer eux mêmes à travers la plateforme.
L’objectif est d’avoir un canal puissant. Le fait de rassembler tout le monde sur un seul site favorise la visibilité de chacun. 
C’est une logique nouvelle que nous proposons. En effet, sur le marché des châteaux, tous les logiciels de gestion sont séparés par activité (chambres d’hôtes, mariages…). Nous voulons instaurer un système avec un calendrier par produit que le propriétaire veut vendre et un calendrier pour synchroniser le tout.

Quels outils utilisez-vous pour gérer chacune de vos activités (distribution, communication, gestion des espaces, calendrier, trésorerie, gestion RH…) ?

La distribution
Nous utilisons Rêve de Château, les sites des châteaux et l’ensemble des sites et plateforme existantes (Airbnb, Booking, etc). Mais ces dernières ne sont généralement pas appropriées aux propositions des propriétaires de châteaux ou de manoirs : les montants ne sont pas comparables, les prestations attendues sont plus importantes…

Les réservations
Pour Châteaux Expériences, nous utilisons principalement un logiciel de PMS (il s’agit d’un système de gestion des établissements hôteliers « Product Management System » qui gère les réservations et le système de facturation), pour gérer les réservations car il permet de rentrer toutes les informations et de suivre les actions.
Par exemple, les informations de réservation (dates…), le paiement en deux temps (un acompte et un solde), les mails (pour le solde, la caution…).
Il s’agit de l’équivalent des logiciels qu’utilisent les hôtels pour gérer leurs chambres. 
Ainsi, il est aussi possible de tenir informer les propriétaires de ce qu’il se passe dans leurs demeures, les missions de l’intendant… Cela orchestre le tout.

Pour Rêve de Châteaux, les réservations se font à travers le site. Libres aux propriétaires d’y insérer leur propre logiciel de suivi.

La communication
Essentiellement, elle se fait à travers l’envoi d’une Newsletter mensuelle et des publications sur les réseaux sociaux (principalement Instagram et Facebook).

La gestion RH
Etant donné la variété des sujets à traiter, mais aussi des spécificités liées à chaque domaine, nous avons différentes formes de gestion. En direct, avec le téléphone, mail ou en étant sur place ; ou en indirect via les outils de la plateforme…

Combien êtes-vous au sein de l’équipe ? Travailles-tu seul ou en équipe pour assumer l’ensemble de ces fonctions ?

Nous sommes trois à temps plein, un sur chaque site et moi même qui en dirige deux. Il y a également des consultants extérieurs qui nous apportent de l’aide ponctuellement (pour le développement internet, la communication…).

Selon toi, qu’est-ce qui est le plus important et que tout propriétaire devrait avoir ?

En fait, cela dépend de ce que le propriétaire veut faire, si c’est une petite ou une grosse activité, il y a différentes formules (louer de temps en temps, des activités culturelles…).

Il faut bien réfléchir à ce qu’il peut faire chez lui, ce qu’il veut faire, les ressources qu’il est prêt à mettre et en fonction, s’équiper d’un certain nombre d’outils (site internet, réseaux sociaux…).

Cela devient compliqué s’il n’y a personne pour gérer derrière, c’est pourquoi il faut une plateforme claire et utile comme Rêve de Châteaux ou bien un gestionnaire « clé-en-main » comme Châteaux Expériences.

Pour aller plus loin

Diversifier les activités dans un site historique

Concevoir une activité durable dans un château

Les acteurs du patrimoine : la gestion

La réalité virtuelle au service du parcours de visite. Hephata s’est penché sur l’exemple des châteaux de Nemours et de Chamarade.

L’important à retenir dans cet article :

Les nouvelles technologies permettent de développer votre offre et vos publics. La réalité virtuelle et la réalité augmentée se développent et s’affirment comme de nouveaux outils de médiation efficaces et divertissants, qui plaisent et attirent de nouveaux publics. Les musées comme les châteaux s’emparent de ces dispositifs pour faire vivre à leurs visiteurs une véritable expérience au cœur de leur histoire. Par ailleurs, ils peuvent bénéficier d’aides apportées par la région, des DRAC, ou dans le cadre d’appels à projets.

Vous pouvez vous démarquer en proposant une expérience originale.

Dans cet article, vous trouverez :
– Deux études de cas avec leurs contextes et leurs résultats et leurs modes de financement
– Les avantages et points d’attention liés à la mise en place de ce type d’outils
– Quelques exemples de prestataires 

Réalité virtuelle / réalité augmentée, quelle différence ?

La réalité virtuelle plonge l’utilisateur dans un univers en trois dimensions dans lequel il peut être possible de se déplacer et d’interagir, tandis que la réalité augmentée enrichit le réel d’éléments 3D que vous pouvez également manipuler. La principale différence est qu’avec la réalité virtuelle vous êtes entièrement coupés du réel, ce qui n’est pas le cas de la réalité augmentée. 

Le choix de l’utilisation de l’une ou de l’autre dépend de l’expérience que vous souhaitez construire. 

Exemple de l’utilisation de la réalité augmentée au Domaine de Chamarande (Essonne)

Le contexte

 Le domaine de Chamarande en Essonne a conduit une expérience de réalité augmentée dans son château du 1er septembre au 4 novembre 2018 pour valoriser son histoire de manière originale. Intitulé « Chamarande à travers les âges », le dispositif conçut par l’équipe du musée et la startup française Realcast (incubée à la Station F à Paris) permet de se mettre dans la peau d’un bâtisseur pour reconstituer les principales étapes de la construction du domaine, du château et des jardins, du XVIIe siècle au XXIe siècle.

Le produit

Equipé d’un casque HoloLens et installé dans une galerie du château, l’expérience se joue seul ou à plusieurs. L’aventure dure 15 minutes et nécessite la présence d’un médiateur pour équiper les visiteurs de casques et leur communiquer les instructions nécessaires au bon déroulement du jeu. La mission consiste à trouver les dates cachées à divers endroits de la pièce pour replacer les éléments de construction autour de la maquette holographique du Domaine.François Miron, le premier propriétaire de l’actuel château, viens en aide aux joueurs pour les aider à trouver les dates tout en racontant l’histoire du domaine décomposée en différentes séquences interactives. 

Les résultats 

Aurélie Gros, Vice-présidente déléguée à la Culture, au tourisme et à l’action internationale en Essonne, indique que « l’expérience est une réussite et a reçu un excellent accueil du public. Outre le divertissement, l’immersion permet de découvrir le domaine dans son intégralité, ce qui facilite la visite par la suite. En devenant acteur, le visiteur mémorise mieux le contenu pédagogique qui lui est délivré ».

Les soutiens financiers

Pour ce projet, le Domaine a reçu le soutien financier de BPI France et la Région Île-de-France via le fond Innov’Up .Le Conseil Départemental de l’Essonne envisagerait de conduire des expériences similaires dans les domaines départementaux de Méréville et Montauger.

Exemple de l’utilisation de la réalité virtuelle au château de Nemours (Seine-Maritime)

Le contexte 

Depuis le 14 octobre 2018, le château de Nemours propose un film immersif 360° avec son immersif en réalité virtuelle. Il permet de plonger le public au cœur du XIIème siècle afin de lui faire découvrir l’histoire du château. La visite se fait en compagnie Gauthier de Villebéon (1125-1205), fondateur du château et de la ville de Nemours et Premier Ministre de deux rois de France.

Les besoins liés à la production

 La réalisation du film VR de 4 minutes a nécessité l’intervention de plusieurs acteurs :

– La société de production Phare Ouest a filmé les lieux.
L’agence 17 mars a réalisé la modélisation graphique et la reconstitution d’une partie des décors d’autrefois.
– L’équipe Live Drone s’est occupée des prises de vues aériennes par drone.
– Enfin l’association La geste de l’Hurepoix a fait appel à un acteur pour endosser le rôle de Gautier de Villebéon. 

Les soutiens financiers 

Pour ce projet, le château a reçu le soutien financier de la DRAC d’Île de France dans le cadre d’un appel à projet autour d’applications et de dispositifs culturels numériques innovants. Sur les 36 000€ nécessaires au lancement du projet, la DRAC a contribué à hauteur de 15 000€. 

Intérêts et avantages de l’utilisation de la réalité virtuelle ou augmentée pour un château 

Rendre accessible l’inaccessible

Ces technologies peuvent permettre de faire visiter des espaces habituellement fermés au public pour raisons de sécurité ou de compenser l’inaccessibilité de votre château au public en situation de handicap moteur.

Rendre visible l’invisible

Ces projets peuvent permettent de palier à l’absence de mobilier dans certaines pièces ou partie du château en présentant une reconstitution 3D. Il est possible par exemple de faire apparaître des tableaux aujourd’hui disparus (perdus ou volés) ou encore montrer le site comme à différentes époques.

Pallier à la fermeture périodique du château

Il est possible d’exporter un dispositif de réalité virtuelle. Par exemple en le proposant à l’office du tourisme ou aux écoles. Ainsi, l’expérience permet de continuer à faire visiter virtuellement votre château durant les périodes de fermeture au public. En revanche, une expérience de réalité augmentée ne peut pas être nomade de la même façon, puisqu’elle est conçue dans et pour un lieu spécifique. 

Proposer une offre de médiation originale

 Les nouvelles technologies telles que la réalité virtuelle ou augmentée présentent un réel intérêt en matière de médiation et d’usage. Elles permettent d’inscrire votre monument dans la modernité, de valoriser son histoire et ses collections. Vous pouvez ainsi développer l’offre d’activités proposées dans votre château et attirer de nouveaux publics. Elles sont également un atout pour votre communication. 

Communiquer et améliorer son image de marque

Les technologies comme la réalité virtuelle et augmentée permettent d’inscrire votre château dans la modernité, et se faisant, de contribuer à son image de marque et à sa notoriété. Vous pouvez vous servir de ces outils pour communiquer sur vos réseaux sociaux en affichant votre différence. Une visite virtuelle sur votre site peut également donner envie aux visiteurs de se rendre sur place.

Surprendre les visiteurs

 Ces outils sont très appréciés des visiteurs qui cherchent de plus en plus à vivre des expériences immersives et innovantes au cours de leur visite. Si l’intérêt ludique est évident, ces outils apportent également un véritable supplément pédagogique. En devenant acteur de son expérience, l’utilisateur mémorise mieux les informations qui lui sont délivrées. 

Questions à se poser avant de se lancer dans la réalité virtuelle ou augmentée

Ces projets représentent encore un investissement financier important, et il est donc important de se poser les bonnes questions avant d’investir du temps et de l’argent :

– Pourquoi proposer une offre de médiation numérique ? Qu’est-ce que je souhaite montrer, valoriser, expliquer ? 
– Quelle sera la valeur ajoutée ?
– Ce type de projet est-il en adéquation avec mon positionnement ? 
– Suis-je capable de promouvoir efficacement mon projet ? 

Le numérique ne doit pas se présenter comme un simple gadget superflu, il doit être employé lorsqu’il permet de faire quelque chose qu’on ne peut faire autrement.

Quelques prestataires à qui faire appel :

Realcast ; L’agence 17 ; Phare Ouest ; Live Drone ; Virtuose Reality ; Art Graphique & Patrimoine ; 44 screens

Pour aller plus loin

Développer des activités ludiques dans un château

Historique et enjeux actuels du patrimoine

Lancer des activités dans un site historique

Le fonds de dotation : un outil avantageux pour financer le patrimoine

L’important à retenir dans cet article :

Si les associations et les fondations sont bien connues pour mener à bien des projets de financement pour le patrimoine, le droit français s’est doté d’un nouvel outil. Il a le mérite, dans un système administratif lourd, d’être souple et très avantageux.

Le fonds de dotation se positionne au carrefour des avantages de l’association et de la fondation reconnue d’utilité publique.

Un outil de financement récent et inspiré

Les fonds de dotations sont créés en 2008 par la loi de modernisation de l’économie. Cousins des endowments funds américains, l’utilisation de ces fonds a pour vocation le financement de missions mais aussi d’œuvres d’intérêt général. 
De droit privé, le fonds de dotation peut recevoir tous biens de toute nature. Ces revenus (dons, legs, biens…), une fois capitalisés, sont utilisés pour financer un objectif présentant un intérêt philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial ou culturel. L’objet peut également concourir à la mise en valeur du patrimoine artistique, la défense de l’environnement naturel ou la diffusion de la culture, de la langue et des connaissances scientifiques françaises.

L’incroyable succès des fonds de dotation en France

Aujourd’hui, dix ans après leur création par la loi du 4 aout 2008, le bilan des fonds de dotation est très positif. Plus de 3 000 fonds de dotation ont été créés. Les modifications apportées par un décret en 2015 ont renforcé le cadre législatif du fonds de dotation. L’obligation d’un investissement initial de 15 000 euros en est un bon exemple. Cela n’a d’ailleurs pas entravé le succès fulgurant de ce nouvel outil de financement.

Ainsi, le patrimoine a su tirer parti des fonds de dotation. Ils ont d’ailleurs été initialement créer par le ministère de l’Économie et des Finances. L’objectif était de répondre aux besoins d’une structure financière pour la « franchise » du musée du Louvre à Abou Dabi…

Le patrimoine est donc au cœur de ces évolutions. De nombreux fonds de dotation ayant pour vocation la sauvegarde patrimoniale existent déjà. D’autres continuent à se créer, à l’initiative de personnes privées, d’associations, ou encore de collectivités publiques. Ces dernières ont également vu l’intérêt d’utiliser un fonds de dotation pour permettre aux dotations privées de conserver la maîtrise. Une gérance qui passe par le conseil d’administration du fonds.

Comment créer un fonds de dotation ?

Le fonds de dotation se distingue notamment de la fondation par sa facilité de création. Une personne physique ou morale privée ou publique peut créer un fonds de dotation par une déclaration faite en préfecture et une publication au Journal Officiel. La rédaction des statuts est d’ailleurs assez souple. Mais lorsqu’il s’agit d’affectations de patrimoine de manière irrévocable et gratuite, comme dans le cas d’une donation, il est vivement conseillé de rédiger un acte authentique pour formaliser la création du fonds.
Depuis 2015,  une dotation immobilisée de départ de 15 000 euros est demandée pour la création d’un fonds. 

Pourquoi créer un fonds de dotation ? Quels en sont les avantages ?

Le fond de dotation est fiscalement avantageux


Le fonds de dotation bénéficie du régime fiscal du mécénat. Les dons (numéraires, valeurs mobilières, droits immobiliers – en pleine propriété ou démembrés – droits d’usufruit, notamment temporaire) des particuliers ou des entreprises sont affectés au fonds qui a lui-même un objet d’intérêt général. La fiscalité avantageuse de mécénat trouve à s’appliquer. 
Tout affectation au fonds de dotation donne droit à des réductions d’impôts. 66 % du montant des sommes affectés dans la limite de 20% du revenu imposable pour les particuliers et 60% dans la limite de 5% du CA pour les entreprises. De plus, les dons et legs à destination du fonds de dotation sont exonérés de droits de mutation. 

Le fonds de dotation est plus souple juridiquement

Cette fiscalité attractive n’est pas uniquement l’apanage du fonds de dotation puisqu’il s’applique également aux associations et aux fondations. En revanche, le fonds de dotation se distingue de la fondation d’utilité publique par sa souplesse et sa rapidité de financement. La flexibilité de ces outils permet aussi de contourner certaines problématiques de transmission et de gestion d’un monument historique.

Le fonds de dotation favorise la transmission des biens capitalisés

Ainsi, le placement de l’usufruit temporaire d’un château dans le fonds de dotation, sur une certaine durée, peut faciliter la transmission du bien in fine, en bénéficiant du régime avantageux en matière de droits de mutation qu’offre le fonds de dotation.
Ce placement pourrait d’ailleurs, avec le temps, alléger les droits de succession grâce au démembrement de la propriété. Ce démembrement permettra un rachat plus facile des parts de la nue-propriété entre les héritiers.

Le fonds de dotation permet le financement direct de projets de restauration du patrimoine

Le fonds de dotation apparaît comme un outil de financement très utile pour le patrimoine aujourd’hui. S’il est très souvent utilisé pour la restauration et l’entretien, il peut aussi l’être pour le développement d’activités. Il est rare en droit français de pouvoir bénéficier d’autant de souplesse et de liberté pour la création et la gestion d’une telle structure. Il serait donc dommage de ne pas profiter avant qu’un vent de réformes vienne encadrer plus strictement le fonds de dotation.

Comment distinguer un fonds de dotation d’une association ou d’une fondation ? Quelles sont les différences à connaitre pour choisir la bonne structure fiscale ?

Les fonds de dotation, au carrefour des avantages de l’association et de la fondation d’utilité publique.

 L’association est un groupement de personnes qui défend un objectif d’intérêt général.

 La fondation d’utilité publique est une entité qui regroupe des biens affectés à un but d’intérêt général et non lucratif. Néanmoins, sa dotation initiale, pour être reconnue d’utilité publique, doit être d’au moins 800.000 euros. En outre, elle est assujettie à une tutelle administrative contraignante et un contrôle comptable lourd.

Ces deux entités bénéficient donc du régime avantageux de la fiscalité du mécénat pour les dons.

 Le fonds de dotation répond au même objectif qu’une fondation, mais bénéficie de la souplesse de constitution et de gestion d’une association sans la contrainte d’une tutelle administrative.

Ci-dessous, un tableau comparatif résumant les spécificités des différentes formes juridiques : 

Quelques exemples de fonds de dotation dans les châteaux : 

Plusieurs châteaux possèdent aujourd’hui leurs propres fonds de dotation. C’est le cas notamment des château de la Bussière, de Panassou, de Vendeuvre, du château Royal de Montargis ou encore du fonds de dotation pour le rayonnement des châteaux de la Loire… Tous ces fonds, créés à l’initiative des propriétaires, d’associations ou encore de collectivités, permettent de financer la restauration, l’entretien ou le rayonnement de ces sites.

Le célèbre château de Thoiry a, en 2009, choisi de créer deux fonds de dotations (l’un pour le château et l’autre pour la parc zoologique). Ces deux entités permettent de répondre aux problématiques financières des deux structures. Elles participent indirectement à la réussite et à la pérennité de Thoiry. 

Il est donc important de longuement réfléchir au choix de sa structure juridique, qui sera essentielle pour qui souhaite assurer le succès d’un projet pour son monument…

Pour aller plus loin

Créer une association pour son château

Le Crowdfunding : un nouvel outil de financement

Club de mécènes de l’Abbaye de Fontevraud

Organiser un festival éléctro : quelles étapes ? Voici l’exemple de Château Perché.

L’important à retenir dans cet article :

Samy el Moudni, tout droit sorti d’école de commerce, s’est lancé dans la folle aventure de l’organisation de festivals dans les châteaux. 

En préparation de la 5ème édition, il accepte de livrer quelques-unes de ces clés, conscient de la difficulté des propriétaires à développer de tels événements chez eux ! 

Avec lui, vous découvrirez l’organisation humaine et calendaire, les parties prenantes à intégrer, les contraintes et les impacts réels d’une telle organisation.

Samy a commencé à travailler avec des châteaux en 2015 lorsque son association Perchépolis, s’est lancée dans le projet château perché : « Nous cherchions dès le début à attirer la « vibration berlinoise » en Auvergne pour offrir aux Auvergnats un festival d’une qualité à la hauteur des meilleurs du genre européens ! Pour cela, nous avons pensé qu’il nous fallait un lieu hors pair… et, comme les volcans étaient trop compliqués nous, nous nous sommes naturellement tournés vers les châteaux.
C’est là que tout a commencé ! 

 Activité et organisation humaine et calendaire

Concrètement, qu’est-ce que tu organises en tant qu’organisateur d’événement ? 

Concrètement, le château perché est un festival organisé sur 3 à 4 jours, constitué de multiples scènes de musique – principalement électroniques, mais on y trouve aussi du jazz, du classique… – et des ateliers en tout genre qui permettent de donner aux festivaliers des instants particuliers. 

Nous aimons leur apporter le sentiment de liberté, favoriser la rencontre et permettre de savourer différents types d’arts. 

Nous sublimons aussi le lieu grâce à une multitude de décorateurs et de scénographies, de chefs lumière afin que l’endroit devienne totalement féerique. 

Tout cela demande une organisation, en plus des aspects plus logistiques (s’assurer de la présence alimentaire sur place, les douches, préparer la gestion des flux, les sujets de sécurité…)

Quelles sont les grandes actions à mener pour l’organisation de 11 concerts de 6000 personnes par jour dans un château ? 

Il faut une équipe expérimentée pour une telle jauge. 

Il faut tout organiser de A-à-Z, depuis la recherche de l’artiste jusqu’au technicien de l’équipe de sécurité, en passant par les bénévoles… 

D’abord, il faut fixer l’objectif de date et d’évènement, de nombre de personnes, etc avec les institutions (préfecture, gendarmerie, mairie…).

Puis il faut annoncer une date et prévenir la presse. 

Il faut ensuite prévenir les amis et les proches qui nous soutiennent pour entamer une campagne de recrutement de bénévoles et bien mélanger l’ensemble pour faire prendre la mayonnaise.

Puis en parallèle, il y a l’organisation pure et dure !

Concrètement, quelle a été ton organisation humaine pour le faire au château d’Avrilly en 2018 ? 

Pour cette édition à Avrilly, nous étions environ 6 à l’année pour nous occuper de tous ces dossiers. 

En amont de l’événement, de nouveaux managers arrivent, le recrutement des bénévoles se fait, puis nous organisons un plan de montage pour les techniciens qui ont tous une feuille de route. 

Il faut environ une centaine de manager et techniciens pendant une semaine sur place. Pour le démontage, il suffit d’être une trentaine de personnes bien motivées et de disposer des bons outils pour pouvoir libérer le lieu en moins d’une semaine.

 Les parties prenantes 

Qui sont les parties prenantes publiques ? Quand leur parler ? Comment les impliquer ?

D’abord, il y a la mairie, puis les autorités de police compétentes, la préfecture, le SDIS, la gendarmerie, les secours, la direction routière… 

À notre échelle c’est la préfecture qui prend en charge la coordination de toutes ces institutions. À savoir qu’elle communique avec chacune d’entre elles et qu’elle s’assure de la bonne construction du dossier de sécurité qui lui est remis par nous ! 

Il faut bien respecter toutes ces institutions qui donnent tout au long de l’année des conseils pour que l’événement se passe au mieux dans de bonnes conditions sanitaires et de sécurité. 

Il faut les contacter 8 mois avant environ.

Qui sont les parties prenantes privées ? Quand leur parler ? Comment les impliquer ?

Les parties prenantes privées sont surtout des fournisseurs de matériel en tout genre tels que :
– le matériel électrique et la lumière 
– la sonorisation 
– les barrières 
– les toilettes 

Ce sont aussi la famille des propriétaires qui accueillent, les voisins… : tous doivent être impliqués le plus tôt possible dans le processus afin que la préparation soit fluide.

 Contraintes 

 

Y a-t-il des sujets particulièrement complexes à connaitre, propre au MH ou non, et que tu as dû traiter ? 

Oui, la législation sur les bâtiments et les normes ERP. Pour le reste, c’est le dossier de sécurité à déposer auprès de la préfecture qui aide à traiter correctement l’ensemble des sujets ! 

 Impacts et retombées 

Quelles retombées (financière, image, notoriété etc) pour le propriétaire accueillant l’événement ? 

Pour le propriétaire, le gain est aujourd’hui estimé entre 10 et 35k € en flux financier réel, en fonction du projet développé. 

De facto, cela rajeunit l’image du château et cela donne une visibilité énorme, surtout chez les jeunes adultes. En effet, Château Perché fait plusieurs millions de vues par an sur ses réseaux.

Quels autres objectifs poursuis-tu?

Nous aimerions que les gens repartent de notre festival le plus ouvert d’esprit possible, plus respectueux de leur prochain et de leur environnement. Nous essayons d’apporter un cadre qui les bonifie au quotidien. 

Quel impact pour le territoire ?

Pour les environs : le tourisme est boosté, plusieurs centaines de milliers d’euros sont dépensés dans le territoire où l’évènement a lieu, directement lorsque nous travaillons avec des professionnels de la région, et indirectement lorsque nos festivaliers s’installent dans les hôtels alentour, consomment dans les restaurants ou visitent les lieux ! 

L’image du territoire aussi est rajeunie !

Ton conseil

Comment les propriétaires pourraient, selon toi, se « simplifier la vie » dans leur organisation événementielle ?

Prévenir la mairie locale en amont et entretenir de bonnes relations avec celle-ci me semble primordial ! 

Ensuite, il faut prévoir une petite présence sur place en amont et avant l’événement, ou apprendre à déléguer à un employé. 

Le gros bonus est d’organiser une rencontre entre organisateurs et habitants voisins du château. Cela évite les conflits lors de la réalisation du festival dont le son peut porter assez loin ! 

Quels événements conseilles-tu d’organiser à des propriétaires pour avoir des répercussions positives sur les territoires et la sphère culturelle ?

Des festivals sur n’importe quelle thématique, des escapes games, des séminaires alternatifs, des colonies de vacances pour adultes… tout est imaginable… 

Pour aller plus loin

Un festival pour contrer la mérule

Comment attirer un public de niche ?

Mérules et champignons : comment lutter ?

Un AMO inspiré et spécialisé dans le patrimoine historique

L’important à retenir dans cet article :

Ronan Le Roscoët,  assistant à maîtrise d ouvrage dans le domaine du patrimoine et gérant de Pierre de Liens, est un passionné de patrimoine depuis son cursus d’ingénieur bâtiment à l’ESITC Paris. Après une orientation dans le domaine de la restauration du patrimoine, concrétisée par une première expérience professionnelle au sein du groupe Lefèvre (aujourd’hui Aurige), puis 8 années au Centre des Monuments Nationaux, il s’est formé à d’autres pratiques que celles de la France pour apporter une vision complémentaire. 

Dans cet article, vous trouverez des éléments concernant :
– La problématique de la protection du patrimoine en Inde et en Chine (implications touristiques, architecturales…)
– Le rôle indispensable des acteurs privés et leur marge de manœuvre 
– Des directions qui pourraient être pensées pour la France

Introduction


 « Pour plusieurs raisons sans doute, je me suis retrouvé dans le monde du patrimoine. Mais la première, et la plus importante, est sûrement mon environnement familial… depuis que je suis en âge de marcher, ou de porter un costume breton ! Par les choix de voyages et de visites, lors de vacances, ou encore, plus inconsciemment peut être, par ma sensibilité au travail artisanal de la matière, peut-être transmise par mon grand-père qui était menuisier, je me suis forgé une sensibilité au patrimoine. » 

Concrètement, pourquoi as tu fais ton voyage en Asie (en Chine, au Népal, en Inde et en Iran) et que cherchais-tu ? 

Un pressentiment trottait dans ma tête depuis longtemps, mais le déclic est venu d’une seule expression, prononcée par Alain Marinos, « aujourd’hui, le Sud parle au Sud », c’était le 06 février 2016 ! 

Au cours de cette conférence, il expliquait que beaucoup de choses évoluaient dans le monde, en termes d’approches et de pratiques patrimoniales. Il ne s’agissait pas d’un Sud géographique, mais plutôt des pays développés occidentaux, par rapport aux pays encore considérés comme « émergents », sud-américains ou asiatiques. 

Ceci, combiné avec 2 constats personnels : 
• Le manque d’ouverture française vers les pays d’Asie, traduite par une couverture quasi absente de l’actualité asiatique, sortie des scandales climatiques, ou caricatures de productivismes industriels, de pollution… 
• Un deuxième, vis-à-vis de la position conservatrice que nous pouvons avoir en terme de restauration patrimoniale…

 Je cherchais à connaître d’autres relations que pouvait entretenir une civilisation à la notion de « Patrimoine ». J’ai pour cela cherché où celles-ci pouvaient être réellement différentes, sans parcourir des distances trop ‘’importantes’’. Le choix de la Chine, de l’Inde et de l’Iran, 3 civilisations majeures, s’est vite imposé. Ma volonté était également de comprendre comment avait pu évoluer la situation dans ces pays depuis les années 1830, début des politiques de protection du patrimoine en Europe, qui coïncide justement avec la présence coloniale occidentale dans ces régions orientales. 

Il semble que tu aies été marqué par une notion de « protection patrimoniale » différente en Inde ou en Chine. Peux-tu nous en dire plus ?

L’absence de protection en Inde

 En Inde, l’un des premiers constats, d’un point de vue patrimonial, est l’absence de protection sur le patrimoine privé. 

Avantage ou inconvénient ? il n’y a sans doute pas une seule réponse (parmi quelques réponses, lire l’article Classer une maison au titre des MH ou ISMH – Méthode, avantages et contraintes)

 Cela a pour conséquence de ne pas figer l’histoire, et d’éviter une muséification que l’on peut quelques fois regretter en France . Vis-à-vis des édifices religieux, une protection entraine un arrêt du culte, puisque le bien devient propriété de l’Etat.

Exemple

J’ai été moins touché par le Taj Mahal, ou les temples de Khajurâho, classés au patrimoine mondial de l’Unesco, aux pelouses tirées au cordeau, agents de sécurité ou barbelés, interdisant l’accès aux habitants, que par un temple décrépi et souillé par fumées et cires de bougies mais « habités » par les fidèles, dans lequel résonnent les mantras, ou par un fort du Rajasthan s’autorisant des ajouts assumés, et non tranchés architecturalement (cf. charte de Venise), mais souhaitant y faire vivre les traditions indiennes, de musique, danse, ou encore gastronomie.

Les répercussions de la protection du patrimoine sur les sites et sur le tourisme 
Il est clair que la question des protections, qu’elles soient nationales ou internationales, et qui est souvent calquée sur la vision occidentale conservatrice, est un vrai problème dans ces pays aux populations aussi nombreuses. 

La simple obtention d’un label Unesco pour un site historique en Chine, d’autant plus s’il est géré par des entreprises privées, peut conduire à de vrais désastres en matière de conservation puisqu’il est le point de départ de l’arrivée de millions de visiteurs en quelques mois. Ci-dessous, l’exemple des jardins de Suzhou.

 La gestion d’un site Unesco en Inde, relevant de l’Etat, tel que le site d’Hampi, ne garantit pas de la qualité des travaux de conservation, au contraire. 

 Ces constats m’auront finalement incité à m’éloigner, au fur et à mesure du voyage, des sites les plus reconnus, Unesco ou non, pour me concentrer sur les rencontres des acteurs du patrimoine . Le caractère informel de mes échanges m’a permis de recueillir des points de vue personnels, sans langue de bois, depuis un directeur de l’Unesco, jusqu’aux artisans sur leurs chantiers, ou membres de communauté au pied des temples. 

 Le modèle indien et les parties prenantes 

Voici quelques exemples d’acteurs aux rôles différents mais importants que j’ai pu rencontrer pour étayer ma vision. En Inde, Aman Nath , écrivain et co-fondateur de la chaine de palaces Neemrana hôtels. Il m’a fait découvrir à l’occasion d’une visite de chantier, le premier fort qu’il a restauré et ouvert il y a 25 ans dans le Rajasthan. Ou encore, Aishwarya Tipnis , architecte très engagé sur des projets de restauration de Patrimoine. A.G Krishna Menon un des membres fondateurs de l’INTACH et plusieurs autres membres de sections nationales ou locales. Mais aussi Abhay Mangaldas ou Ravik Patel, tous deux impliqués dans la ville d’Ahmedabad. Enfin, Raphaël Gastebois , architecte des bâtiments de France, actuellement en poste dans le Sud de l’Inde, à Pondichéry, pour développer le concept de Smart City.

 Le modèle patrimonial de l’Inde…

 Le modèle indien est la combinaison de 2 systèmes, révélateur de deux approches différentes. Avant toute chose, le secteur privé est beaucoup plus libre d’agir comme il ne souhaite.

L’Archeological Survey of India (ASI)

D’un côté, il y a  l’Archeological Survey of India (ASI) , l’équivalent du ministère de la Culture, qui gère uniquement des monuments publics. Son organisation et ses méthodologies d’action sont l’héritage de la présence anglaise jusqu’au début du XXème siècle. Elles s’inspirent donc des doctrines de préservations occidentales. 
Les monuments dont il a la charge sont protégés, tel que pourrait l’être un monument inscrit ou classé au titre des monuments historiques en France. C’est-à-dire qu’aucune transformation n’y est autorisée. L’avantage est qu’ils bénéficient d’un entretien et d’un suivi réguliers, et d’une bonne conservation (avec quelques exceptions comme vu précédemment). La contrepartie est l’impossibilité de poursuivre l’usage traditionnel du lieu, comme le culte. Les temples relèvent en effet de la sphère privée. Les constructions et l’entretien sont très souvent financés par des  mécènes privés, parfois clairement affichés

L’INTACH, pour Indian National Trust for Archeological and Cultural Heritage

Concernant les palais prestigieux de l’Histoire de l’Inde, ou d’autres patrimoines privés : ils évoluent encore aujourd’hui, autorisant des adjonctions. Ces lieux poursuivent donc leurs évolutions, avec quelques fois les techniques et matériaux de construction contemporains, ou des techniques traditionnelles. Ils suivent les ressources disponibles (humaines et financières) et la sensibilité des propriétaires… D’autres peuvent être à l’abandon, puisque l’usage a disparu. 

Ce patrimoine privé, ne bénéficie ni de la protection ni de l’entretien par l’Etat. Un trust a donc vu le jour en 1984. Il s’agit de L’INTACH : Indian National Trust for Archeological and Cultural Heritage. Cette organisation ont pour mission de mettre sur pied des projets de restauration ou rénovation avec les propriétaires. J’ai rencontrée plusieurs membres dirigeants et j’ai pour projet de faire venir en France afin qu’ils exposent leur travail,

Son but est d’essayer de concilier le respect des traditions et usages locaux, et la protection des bâtiments. Il constate entre autre le caractère trop conservateur et rigide des protections de l’Etat.

Leur doctrine se résume par un terme : « Jeernodharanam ». On peut aussi le rapprocher d’un proverbe indien : Tradition and heritage do not mean to preserve the ashes but to keep the flame alight”. « Tradition et patrimoine ne signifient pas conserver les cendres mais garder la flamme allumée »

Aga Khan Trust for Culture 

Il existe d’autres trusts, ceux-ci privés, tels que l’Aga Khan Trust for Culture . Des structures d’ailleurs difficiles à cerner (comme l’INTACH), car n’ayant pas de modèle administratif ou économique en France.

Les autres monuments 

Par opposition aux monuments gérés par l’ASI, l’ensemble du patrimoine privé bénéficie de sorts très variables. Lorsque l’usage est maintenu, tel que pour un lieu de culte, la notion de « beautification » est prépondérante. Il est donc important que le lieu soit beau (régulièrement entretenu et recoloré de peintures), perpétuellement objet de rites (supposant la présence de fleurs, de flammes et de cires de bougies…). La vie, la force du lieu, sa symbolique priment avant toute problématique de conservation telle qu’on pourrait les envisager en France. 

…applicable en France ?

 D’abord, à chacun ses spécificités dont chaque pays doit être le protecteur
Ce qui me semble faire la richesse d’un pays, d’une culture, ce sont ces spécificités. Il ne s’agit donc pas de calquer ce qui se fait ailleurs. Avant de dire ce qui serait applicable en France, je voudrais surtout dire que l’on ne devrait pas essayer de faire appliquer aux autres, ce que nous pensons être la bonne règle. 

 La vision asiatique du patrimoine est différente de la nôtre. Deux raisons peuvent l’expliquer : le rapport à la matérialité et le rapport au temps. 

exemple n°1

En Chine, les temples en bois sont nécessairement moins durables. La littérature et la calligraphie ont joué un rôle très important. Le passé vit dans le souvenir, les récits, plus importants que toute réalité matérielle. Cette attitude différente face à la pérennité peut aussi se retrouver dans le rapport à la vie et à la mort. Ce rapport est vécu comme un cycle naturel, différent d’une compétition pour la longévité.

Exemple n°2

Je pendrai ici un exemple marquant d’une équipe d’étudiants italiens et de leur professeur, en voyage d’étude au Népal. Ils souhaitaient apporter une analyse technique des édifices ayant été endommagés ou non, par le tremblement de terre de 2015. Armés de sondes et d’endoscopes, pour ausculter les temples encore debouts suite au tremblement de terre, une réaction du professeur de l’équipe m’avait choqué. Il s’était en effet s’offusqué du fait qu’il ne puisse pas rentrer dans la partie la plus sacrée d’un temple. Il n’avait pas suivi le protocole de demandes nécessaires auprès des autorités locales responsables des rites et de la protection du temple. 

Il « venait de loin » et avait « des éléments importants à porter à leur connaissance ». Mais il n’avait peut-être pas suffisamment discuté avec les habitants. Auprès d’eux, il aurait compris que ces tremblements de terre font partie de leur quotidien. Des rites traditionnels existants sont d’ailleurs liés à cette particularité. Le travail des artisans lors des reconstructions successives fait partie du maintien des savoirs faire et des coutumes locales. 

Par chance, un petit film le résume très bien, et c’était justement sur ce temple que l’équipe travaillait : 

Heureusement, les choses ont changé depuis une quinzaine d’années. Les pays d’Asie ont pu faire avancer leur vision des choses, en particulier sur la notion de patrimoine immatériel.

 Quatre directions intéressantes à étudier pour la France

 Les niveaux de protection 

 La mise en place de plus de deux niveaux de protection (inscrit, classé), afin de mieux hiérarchiser les enjeux. Il existe 4 niveaux en Inde et aussi 4 niveaux en Chine. En évitant de concentrer notre vigilance (parfois excessive) et nos moyens financiers, sur quelques monuments uniquement, au détriment des autres.

 Cela pourrait se traduire par une plus grande place donnée à l’initiative locale et privée. L’omniprésence de l’Etat en France, dans l’ensemble des secteurs (réglementaire, économique, judicaire…), a je crois tendance à déresponsabiliser la société civile.

 La reconnaissance des artisans 

 Accorder une réelle reconnaissance aux artisans, détenteurs des savoir-faire, patrimoine immatériel encore trop peu reconnu en France.

La reconnaissance plus visible des mécènes 

Il faut rendre plus visibles et moins tabous les dons des particuliers et des entreprises. Pour cela, il est nécessaire de transformer la façon dont on nous présente le principe du don, du mécénat. Il ne s’agit pas d’une simple déduction fiscale, mais plus positivement, d’une réelle belle action pour une cause noble, assumée, y compris vis-à-vis du patrimoine religieux, malgré la sécularisation souhaitée de la société.

Renouveler nos réalisations de façon très audacieuse

Fort de 150 ans de politique conservatrice, nous avons accumulé aujourd’hui une qualité patrimoniale indéniable. Pourquoi ne pas ouvrir la possibilité de réaliser des projets audacieux, sur nos édifices classés ou non, d’architecture contemporaine ou non, à l’image du permis de faire de la Loi LCAP ? 
Laissant réellement une place à la création, l’innovation, l’ambition…

 La question des centres-villes anciens : quelle gestion en Inde ?

L’Inde se confronte aux mêmes problématiques que la France concernant sa gestion des centres-villes anciens. Une ville nouvelle (New Delhi), et une ville ancienne (Old Delhi) peuvent réussir à perdurer lorsque l’attachement aux commerces et souks du centre reste fort. Mais il est parfois difficile de maintenir les habitants dans le centre ancien. Ceci provient notamment des problèmes de propriétés et de successions familiales qui ralentissent les travaux nécessaires. 

Dossiers fonciers et immobiliers en attente pendant des années, c’est le début de la dégradation… Problématique que j’ai pu aborder dans la ville d’Ahmenabad qui a décidé de mettre en place des incitations fiscales, pour encourager les habitants des quartiers historiques à rester dans la ville.

L’Inde a réellement pris conscience de ces problématiques croisées de développement nécessaire de l’activité en générale mais aussi du tourisme. Un plan national d’étude est en cours dans cette dynamique :  « Heritage City Development and Augmentation Yojana », donnant lieu à des études intéressantes.

Conclusion

En Inde est le fonctionnement des religions et la gestion des temples est complexe. Deux mois sur place n’auront pas suffit à approfondir cette problématique, que j’avais un peu commencé à comprendre au Népal. Il s’agit d’un fonctionnement autour de communauté d’individus, chargée de l’organisation des rites et de la protection des temples.
Précédemment, j’ai pu exposer des tendances générales, conclusions de mon ressenti et de ma compréhension globale des différentes approches patrimoniales locales. Néanmoins, j’ai pu ressentir la frustration de plusieurs interlocuteurs, vis-à-vis de la lenteur des prises de décisions des autorités locales, disposant pourtant de belles études conduites par des équipes d’architectes ou encore des travaux d’écoles d’architecture. La corruption est un reproche revenant assez régulièrement comme origine des blocages des projets ! 

Mais enfin, il n’en demeure pas moins que si le modèle indien s’inspire du nôtre, nous pourrions aussi songer à nous inspirer de ce qui se fait ailleurs pour palier à certains manques.

Pour aller plus loin :

 –  CLASSER UNE MAISON AU TITRE DES MH OU ISMH – Méthode, avantages et contraintes 
–  LA RESTAURATION APRES L’ABANDON – financement, parties-prenantes et organisation 
–  FINANCER LES CHÂTEAUX A TRAVERS UN FONDS DE DOTATION – Une alternative innovante et séduisante 

Vous pouvez également regarder la série Arte : Monuments sacrés
ou encore cette rencontre avec Masue Katayama, une entrepreneure sociale de 78 ans qui depuis plus de 30 ans transforme les bâtiments abandonnés en maisons de retraites abordables pour les vieux Japonais. 

8 campagnes de communication efficaces pour des sites culturels

L’important à retenir dans cet article :

La communication est un enjeu et un défi pour tout site culturel qui souhaite attirer plus de visiteurs et gagner en visibilité. Mais il est difficile de se démarquer dans un secteur très concurrentiel. 

Dans cet article, découvrez 8 exemples de stratégies de communication dans le patrimoine historique pour apprendre à :
– Communiquer de manière décalée et originale pour se démarquer ;
– Impliquer vos publics pour en faire des ambassadeurs ;
– Utiliser l’humour pour attirer l’attention ;
– Travailler en réseau pour être plus fort ;
– Réagir à la critique et la censure ;
– Ancrer votre communication dans l’actualité.

1/ La campagne de communication la plus immersive pour promouvoir un projet culturel dans un château 

 Léon Vivien Facebook – Musée de la Grande Guerre de Meaux 

Le concept

Réalisée en 2013, cette campagne n’est pas toute récente, mais a marqué les esprits. Le musée de la Grande Guerre de Meaux et l’agence DDB Paris ont eu la bonne idée de créer une page Facebook au nom de Léon Vivien, personnage fictif, pour raconter la vie d’un soldat français pendant la première guerre mondiale. L’objectif était de faire revivre aux utilisateurs le quotidien d’un poilu. Si l’histoire est fictive, elle témoigne d’une véritable réalité historique soutenue par des documents d’archives. Ainsi, pendant 10 mois, Léon Vivien a raconté sur Facebook son quotidien dans les tranchées, entre juin 1914 et mai 1915, date de « sa mort ».  

Les résultats

Brillamment exécutée, intelligente et sensible, la campagne a connu un grand succès et a très fortement impacté son public. Près de 60 000 utilisateurs Facebook ont suivi le profil. La campagne a connu des moments forts, comme le post annonçant la naissance du fils de Léon Vivien, qui a déclenché près de 3 000 likes. Lors du post final annonçant son décès, ce fut près de 2 000 likes, 810 commentaires et 500 partages, ce qui représente des centaines de milliers de personnes touchées.

Des scores incroyables et un engagement peu commun des utilisateurs ; sur le compte, on peut par exemple lire en commentaire « Prends bien soin de toi Léon, repose-toi aussi et si tu ne peux pas dormir, pense au parfum de ta femme, il t’enverra direct au pays des rêves. On pense bien à toi ici » ou encore « Courage Léon, courage pour ce qu’il te reste à affronter et que tu ignores encore ». La campagne complètement immersive a réussi à impliquer émotionnellement le lecteur dans la vie de Léon. 

Le musée de la Grande Guerre a ainsi bénéficié d’un véritable gain de visibilité et son propre compte Facebook a connu une très forte hausse de likes. Pour l’opération, le musée n’a pas eu à faire d’achat d’espace ou de contenu sponsorisé.
Un travail de relations presse avait en revanche été réalisé en amont pour s’assurer que le compte soit suivi. Ce projet représente un très bel exemple de médiation numérique. Un travail important d’écriture a été mis en place pour préparer les 10 mois de post, qui ont d’ailleurs fait l’objet d’une publication sous forme de livre par la suite. 

 L’opération en quelques chiffres

– 61 227 likes sur la page ;
– Un compte suivi dans plus de 20 pays ;
– Près de 60% des fans âgés de moins de 35 ans ;
– Environ 9 000 000 d’internautes touchés ;
– Preque 6 000 commentaires ;
– 20 posts ayant atteint les 1000 likes.

Comment s’en inspirer ?

 Pour s’inspirer de la campagne de communication Léon Viven : choisissez un personnage marquant de l’histoire de votre château et :
– Racontez son histoire sur une période délimitée ;
– Illustrez le récit à l’aide de documents d’archives et d’illustrations ;
– Utilisez un langage moderne et actuel, utilisez les codes de Facebook, Twitter ;
– Utilisez des thèmes universels qui touchent un large public ;
– Soyez pédagogique en restant divertissant.

Par exemple, votre objectif pourrait être d’imaginer « comment un duc/un prince/un seigneur aurait partagé son quotidien sur les réseaux sociaux ? »

 2/ La campagne de communication la plus connectée pour promouvoir un projet culturel dans un château

 Le roi est mort Twitter – Château de Versailles 

Le concept

Dispositif inédit et original, (peut-être inspiré de la campagne Léon Vivien) lancé pour accompagner l’exposition « le roi est mort » qui s’était tenue à Versailles du 27 octobre 2015 au 21 février 2016. Le concept, simple et efficace a permis de faire revivre, étape par étape en direct sur tweeter les derniers jours du roi à l’occasion du tricentenaire de sa mort le 1 septembre 2015 : une incroyable plongée dans l’histoire. 

Les résultats

Pari réussi pour le château de Versailles et formidable coup de communication. Une opération peu coûteuse car entièrement digitale.  Une communication originale, immersive, qui a fait le buzz autour de l’exposition. Un site internet avait été mis en place spécialement autour de l’événement. L’idée était de créer du trafic depuis twitter vers le site.

Comment s’en inspirer ?

 Une idée facile à adapter pour faire revivre de grands événements liés à votre monument. Il vous sera simplement nécessaire de : 
– Bien connaître votre histoire ;
– Faire le travail d’écriture et de recherche d’illustrations en amont de la campagne ;
– Planifier vos publications pour simplifier le travail de publication ;
– Communiquer avant la campagne pour attirer l’attention sur votre projet, notamment auprès des influenceurs, des blogs de références, des journalistes et médias ;
– Penser à mettre en place un hashtag.  

3/ La campagne de communication la plus collaborative pour promouvoir un projet culturel dans un château 

« Nos petits châteaux ont du caractère » – Châteaux et office de tourisme de Blois-Chambord 

Le concept

Communiquer quand on est un château dans l’ombre de géants du tourisme tel que Chambord n’est pas facile. Pour tenter de se démarquer et attirer de nouveaux visiteurs, cinq châteaux indépendants et moins connus de la destination Blois-Chambord ont décidé de s’unir en juin 2018 pour faire front ensemble.

Tous situés dans une même zone de 40km, avec la possibilité de se rendre de l’un à l’autre en vélo, les châteaux de Beauregard Fougères-sur-Bièvre Talcy Troussay Villesavinont lancé une campagne de communication commune, appuyée par l’office de tourisme Blois-Chambord afin de proposer aux visiteurs de sortir des sentiers battus pour venir les visiter. Ils répondent de cette façon à la demande actuelle du « slow tourisme ». 

 Les 5 châteaux ont ainsi mis en place un « Pass petit château » à 34€ pour la saison estivale, mis à disposition dans les points d’informations touristiques de Blois, Chambord, Cheverny et Chaumont-sur-Loire ainsi que sur le site de Blois ChambordPour chacun des sites, une signalétique a été mise en place afin de présenter les 4 autres châteaux, dans une véritable logique de partenariat.

Les résultats

 Ensemble, ils ont pu s’offrir une campagne d’affichage : 
– Sur 6 communes de la destination ; 
– À la sortie des centres commerciaux du département 41 ;
– À la gare de Blois-Chambord et dans le parking du château à Blois.

Ils ont également acheté une page de publicité dans le magazine Château de la Loire et fait imprimer 30 000 cartes postales diffusées sur le Val de Loire. Une opération qui n’aurait pas été possible sans le financement commun. Les visuels proposés pour les affiches créent une véritable unité dans la communication avec un slogan commun « nos petits châteaux ont du caractère ».

 Une démarche avantageuse :
– Une mutualisation des coûts, des dépenses et des moyens
– Un impact plus fort en ligne en diffusant une information commune sur 5 réseaux sociaux
– Une mise en commun des relations presses

Comment s’en inspirer ?

Pour faire campagne commune, il est nécessaire de prévoir: 
– Une planification organisée ;
– Une bonne coordination entre les parties prenantes ;
– Une juste répartition des tâches et des coûts ; 
– Une communication unifiée ;  
– Un dossier de presse commun.

4/ Les campagnes de communication les plus amusantes et humoristiques pour promouvoir un projet culturel dans un château 

Les concepts

« Emmenez vos enfants voir…» – Musée d’Orsay 

« Emmenez vos enfants voir… » une campagne du musée d’Orsay et de l’Orangerie, réalisée par l’agence Madame Bovary et lancée le 27 octobre 2015 afin de valoriser les collections du musée en apportant un regard nouveau sur des pièces phares. Le ton et l’humour décalés détonnent, font sourire et donnent envie de venir. Le public cible est évidemment la famille, ô combien importante pour les musées. Les visuels associent une des œuvres de la collection mise en perspective avec des références universelles. 

« #Adopte un tableau » – Musée des beaux-arts Bordeaux 

#Adopte un tableau, ou quand le musée des Beaux-arts de Bordeaux détourne le slogan d’un célèbre site de rencontres pour faire le buzz. L’idée est née d’un partenariat entre le musée et l’école de communication Sup de Pub. À la suite d’un travail pédagogique, l’un des projets d’étudiants s’est démarqué des autres et a attiré l’attention de l’institution à tel point que la campagne a finalement été réalisée. Une série de tableaux a ainsi été détournée en s’amusant des clichés tels que le hipster. Présentés de manière originale, les portraits vous invitent à venir à leur rencontre au musée, et qui sait, tomber amoureux. 

« Une surprise à chaque visite » – Musée d’art de Philadelphie

« Une surprise à chaque visite », là encore l’idée du musée d’art de Philadelphie et de son agence de publicité Brownstein Group est d’inviter le visiteur à venir visiter les collections permanentes, souvent moins attrayantes que les expositions temporaires qui font le plein. Le maître mot de cette campagne lancée en février 2017 « Une surprise à chaque visite » appuie le fait que l’on peut revenir sans cesse au musée et redécouvrir perpétuellement de nouvelles histoires. La campagne s’est déclinée en affichages et vidéos humoristiques, dont vous trouverez le lien ci-dessous :

Les résultats

 De ces trois campagnes, vous pourrez retenir que :
– L’humour est un excellent moyen d’attirer l’attention et de se démarquer ;
– Il ne faut pas hésiter parfois à employer un ton décalé ; 
– À bien y regarder l’idée est plus importante que la forme, les visuels d’affiches étant esthétiquement simples et faciles à reproduire. Le site Canva permet largement de les réaliser si vous ne maîtrisez pas Indesign (qui reste tout de même la solution la plus pro).

Comment s’en inspirer ?

 Pour réussir une campagne décalée :
– Utilisez vos ressources existantes ;
– Ayez un regard neuf sur vos collections, et pour cela, n’hésitez pas à organiser un groupe de brainstorming ; 
avec vos visiteurs, clients ou bénévoles les plus passionnés ; 
– Il est nécessaire d’avoir des images en très haute résolution de vos œuvres ou de votre site afin qu’elles 
supportent l’agrandissement lors de l’impression ; 
– Faites appel à une agence de communication spécialisée ou élaborez un partenariat avec une école ; 
– Changez votre manière habituelle de transmettre vos messages ;
– Appuyez-vous sur des références populaires, connues de tous ;
– Appropriez-vous les codes sociaux, les typologies de langage ;
– Testez vos idées auprès de votre entourage et observez leurs réactions ;
– Demandez-vous « à qui s’adresse ma communication ? ».

5/ La campagne de communication la plus révoltée pour promouvoir un projet culturel dans un château 

 Exposition Egon Schiele Affiche « Désolés, cent ans mais toujours aussi scandaleux aujourd’hui » réponse censure – Musée Leopold Vienne 

Le concept

 Parfois, une campagne ne se passe pas comme prévue. Lorsque la ville de Vienne décide de célébrer les 100 ans de la mort d’Egon Schiele disparu en 1918, elle prévoit une opération de communication de grande envergure afin de faire la promotion de l’événement et de l’exposition organisée au Léopold Museum. Seulement, les tableaux sélectionnés pour les affiches « L’Homme assis nu » (1910) et « Fille aux bas oranges » (1914) dérangent à cause de la nudité qu’ils exposent. Les affiches sont même refusées par des villes comme Londres, ou Cologne et Hambourg en Allemagne. Il est demandé à l’Office de tourisme de Vienne de flouter les sexes, ce qu’il refuse absolument de faire. La réponse ne se fait pas attendre, et il est finalement décidé de couvrir les sexes par une bannière blanche sur laquelle on peut lire « Désolés, cent ans, mais toujours trop audacieux aujourd’hui ».

Les résultats

La solution adoptée a finalement fait un buzz inattendu et boosté la campagne. Sur l’affiche, on peut également lire l’hashtag engagé : #DerKunstihreFreiheit signifiant « La liberté de l’art ».

Comment s’en inspirer ?

Si la campagne a eu autant de succès, c’est qu’elle a su utiliser à son avantage ce qui lui était reproché pour valoriser le travail d’Egon Schiele pour faire un argument de communication. Et vous, qu’est-ce qui vous est reproché ? Quels sont les a priori « points faibles » sur lesquels construire votre campagne ?

 6/ La campagne de communication la plus engagée pour promouvoir un projet culturel dans un château 

« #startdrawing » – le Rijksmuseum 

Le concept

Avec sa campagne #startdrawing de fin 2015, le Rijksmuseum, bien connu pour ses talents de communication, invite le visiteur à venir dessiner au musée. La volonté de la campagne est de pousser son public à ralentir et prendre le temps de contempler pour comprendre le beau. Dans une société où tout va trop vite, c’est là une mission essentielle. Or, lorsqu’on dessine, on est forcé de s’attarder, de prendre son temps, d’être attentif. La campagne, portée par les puissants réseaux sociaux du musée, est accompagnée de nombreuses activités organisées au musée. 

Les résultats

 Pour comprendre la portée de cette initiative originale, il faut savoir qu’au même moment, les musées Belges faisaient scandale pour leur interdiction de dessiner dans les galeries, motif d’expulsion. L’action du Rijksmuseum relève alors d’un discours engagé qui résonne avec l’actualité engendrant ainsi des retombées médiatiques peut-être plus importantes qu’à l’ordinaire. Le musée se positionne ainsi comme un acteur de poids qui entend donner l’exemple.

Comment s’en inspirer ?

 Restez attentifs à l’actualité, soyez curieux. Il faut également être capable d’organiser une programmation culturelle, pour cela Hephata vous conseille de : 
– Commencer par rédiger une note d’intention, le propos de votre projet ;
– Penser à l’ensemble des sujets que recouvre votre thématique ;
– Définir le ou les publics cibles, ils doivent être au cœur de votre projet ;
– Etablir rapidement un budget ;
– Réfléchir à des partenaires / aux acteurs impliqués ;
– Réaliser des documents de présentation de votre projet ;
– Bien penser votre communication autour de votre projet culturel.

 

Conclusion

 À défaut parfois d’avoir des moyens financiers, on peut néanmoins avoir de bonnes idées. Indubitablement, l’humour reste un vrai bon moyen de se démarquer. La communication peut également se penser en collectif, avec des logiques partenariales présentant bien des avantages pour les monuments moins connus du grand public. 

Il faut savoir penser hors des sentiers battus, porter son message de manière décalée ou imaginer des dispositifs vraiment originaux pour faire la différence. L’exemple de l’expérience Léon Vivien et #startdrawing montre qu’il est également important d’impliquer le visiteur au cœur de son action pour créer l’adhésion.

Pour aller plus loin :

 FAIRE VENIR DES ENTREPRISES DANS UN MONUMENT HISTORIQUE – Interview de Margaux Mantel, gestionnaire du Château de Nanterre (un centre ETIC)

 PATRIMOINE HISTORIQUE & SOCIETE CONTEMPORAINE – Quel modèle de gestion pour faire vivre un site touristique utilement et efficacement ? Entretien avec Peter Bal, propriétaire du « château-village » de Millemont (Yvelines)

 VALORISER ÉCONOMIQUEMENT DES MONUMENTS HISTORIQUES – Quelles solutions novatrices ? Point sur les expériences gustatives, ludiques et créatives 

Le patrimoine historique pour transmettre et partager des valeurs : exemple de la Forteresse de Saint-Vidal

L’important à retenir dans cet article :

 Nos châteaux et monuments ont été les témoins privilégiés de l’Histoire de France. Ils forment notre héritage, notre patrimoine commun et font partie intégrante de notre histoire à tous. Ces lieux constituent les parfaits supports pour transmettre l’histoire et véhiculer des valeurs. 

À travers cet article, vous comprendrez comment le patrimoine historique permet de partager des valeurs et de transmettre l’histoire. La forteresse de Saint-Vidal et son instigateur, Vianney d’Alançon, qui sait porter haut ses convictions, en est un bel exemple.

L’important à retenir :
– Les qualités d’un bon chef de projet pour mettre en oeuvre un projet de telle ampleur, proches de celles du chef d’entreprise ;
– Les contours techniques, financiers et politiques d’un tel projet ;
– Le rayonnement de son impact sur le territoire.

À l’origine du projet : le parcours original d’un chef d’entreprise au service de l’histoire et des savoir-faire français

Vianney d’Alançon, de la joaillerie au spectacle culturel : une volonté d’entreprendre pour retrouver la fierté de l’Histoire de France

Jeune entrepreneur tout juste trentenaire, Vianney d’Alançon n’est pas du genre à avoir froid aux yeux. Il n’a d’ailleurs pas l’habitude de se laisser décourager par l’ampleur de la tâche. Son dernier projet en témoigne. Il a racheté la forteresse médiévale de Saint-Vidal, lieu emblématique de la Haute-Loire et proche du Puy-en-Velay. 

Il y développe un ambitieux projet de spectacle, avec pour thème central la transmission de l’histoire française. La forteresse a déjà accueilli près de 40 000 visiteurs lors de sa première année d’exploitation en 2018.

Vianney d’Alançon a un parcours original. Il entre très tôt dans la vie professionnelle, à l’âge de 17 ans. Ensuite, il crée une première entreprise dans le domaine du web et de la communication. Enfin, en 2010, il lance une première maison de joaillerie où il collabore avec le couturier et designer Kenzo Takada. Le jeune entrepreneur rebondit rapidement après ce premier projet qui fait faillite. Avec sa femme, il lance donc une deuxième entreprise dans le secteur de la bijouterie familiale et des médailles, Laudate. Il rencontre un franc succès.  

Un chef ambitieux dont l’engagement est cohérent avec une volonté forte de retrouver la fierté de notre histoire et de notre culture : une des clés du succès, mais pas que…

A mesure que Laudate se développe, semble grandir chez Vianney la volonté d’incarner la richesse des valeurs et des savoir-faire français dans un projet de grande ampleur. En effet, la promotion et la transmission d’un savoir-faire historique que constitue la fabrication d’une médaille se retrouve aussi dans un projet de réhabilitation de Saint-Vidal… Ce dernier permettant de partager et de mettre en valeur une histoire, l’héritage d’un passé commun qui forge le présent. 

Pour Vianney, il s’agit de répondre à une culture mondialisée dans laquelle on peut observer une uniformisation des modes de vie et une certaine forme de standardisation. Face à la perte de valeurs et de repères, le projet cherche à relier les bénévoles et les spectateurs avec leurs racines, leurs origines et leur histoire.

Certains pourront se poser la question de la légitimité de Vianney d’Alançon en tant qu’acteur engagé dans le patrimoine… Mais il a su montrer que ses qualités de chef d’entreprise sont indispensables et que la connaissance du secteur s’acquiert par le travail. Curieux et passionné d’histoire, il finit par racheter la forteresse de Saint-Vidal ayant appartenu à la famille de sa mère. Elle est située au cœur d’un territoire qui lui est cher, non loin de là où il a grandi. 

Comme pour la création d’une entreprise, au centre de son travail se trouve la vision de ce qu’il souhaite entreprendre et des problématiques similaires : 
– financements, 
– optimisation des coûts et des ressources, 
– gestion des salariés (et des bénévoles), 
– management et gestion de projet, 
– relations presse, 
– réalisation de la communication. 

Par ailleurs, pour avancer et se former il a su s’entourer d’experts compétents. Une manière de compenser ses lacunes dans certains domaines et réaliser son projet.

Le projet : une forteresse progressivement restaurée pour y accueillir, notamment, un « petit Puy-du-fou »

En 2016, Vianney rachète la forteresse médiévale de Saint-Vidal, un lieu emblématique de la Haute-Loire. Il le restaure en faisant le pari de réussir le projet ambitieux d’en faire « un des premiers lieux touristiques d’Auvergne. Inspiré du Puy-du-fou, ce lieu est au service de la transmission de l’histoire de la forteresse. Une histoire profondément liée à celle du territoire. »

Ce en quoi consistent les spectacles de la forteresse de Saint Vidal

La forteresse laissée à l’abandon depuis des années s’est transformée en un lieu de spectacles immersifs. Son objectif est de transmettre l’histoire du lieu à travers deux spectacles :

« La Mémoire d’un peuple », spectacle déambulatoire à travers la vingtaine de pièces du monument, où des mises en scène, décors, projections, illusions et comédiens professionnels, racontent l’histoire du site au fil des siècles à travers les dates clés et événements marquants. Les nouvelles technologies, statues et portraits parlants, sont mis à la disposition de la narration. Le visiteur peut, par exemple, y découvrir l’épopée gauloise des Arvernes, avec Vercingétorix (originaire de la région), puis les Francs et le baptême de Clovis, fondateur du royaume, la création de l’empire de Charlemagne…

« La Forteresse imprenable », spectacle nocturne de son et lumière avec pyromanie et 120 bénévoles métamorphosés en acteurs façon Puy du Fou pour créer une fresque historique illustrant les guerres de religion, le siège du château par Henri IV, ou encore la vie paysanne. 

La Mémoire d’une Peuple est un spectacle permanent. Il se joue tous les jours de 10h à 19h. La Forteresse Imprenable se joue le vendredi et samedi soir durant l’été. En 2019, la forteresse organisera entre juin et août 15 à 18 représentations de son spectacle nocturne.

Dans les coulisses du spectacle : la préparation et les compétences indispensables à sa réalisation 

Avant de pouvoir mettre en place le spectacle, différentes étapes ont eu lieu :

1- Les travaux de réhabilitation

Ils sont réalisés en partenariat avec la DRAC, le site étant classé Monument Historique. 

2- L’aménagement paysagé des jardins

Il a été réalisé par Vianney d’Alançon et le prince François d’Orléans, ami de l’entrepreneur et paysagiste de profession. Ils ont réalisé l’ensemble des jardins (français, italien, et jardin d’eau) qui environnent la forteresse sur près d’un hectare.

3- L’écriture du scénario pour les différents spectacles


Vianney d’Alançon a écrit lui-même l’ensemble des scénarios qui ont été corrigé par Jean Piat. Vianney d’Alançon a réalisé seul la mise en scène du spectacle la mémoire d’un peuple. En revanche Urbain Cancelier a coréalisé avec Vianney le spectacle la Forteresse Imprenable.
Le spectacle « La Mémoire d’un peuple » emploie sept comédiens professionnels tandis que le spectacle nocturne fait appel à 120 bénévoles. Sans leur aide, le coût de réalisation aurait été astronomique et le projet presque impossible. Ce modèle de développement s’inspire du modèle du Puy-du-Fou qui fait appel chaque année à des milliers de bénévoles pour sa grande Cinéscénie. 

4- La recherche de ressources financières

Au total, le projet a été soutenu par une levée de fonds de près de 2,5 millions d’euros dont :
– 600 000 € provenant de la Région Auvergne-Rhône-Alpes ;
– 300 000 € par le Département de la Haute-Loire ;
– 300 000 € par la Communauté d’Agglomération du Puy-en-Velay ;
– des enveloppes de mécènes, dont la Fondation d’entreprise Michelin, le fonds jeune et innovant de Dassault ou le groupe Novelty, spécialiste et fournisseur d’équipements techniques pour spectacles.

Sur le budget total : 
– 500 000 € ont été investis dans les divers travaux de restauration ;
– 2 000 000 € ont servi à la réalisation des attractions et des spectacles.

5- La mise en place d’une communication intensive pour faire connaître le projet


La forteresse de Saint-Vidal a bénéficié d’un soutien médiatique important grâce au carnet d’adresses de Vianney d’Alançon. Ainsi, on a pu voir Stéphane Bern, l’acteur Lorànt Deutsch, l’animateur de radio Sébastien Cauet ou encore le journaliste Bernard de La Villardière faire la publicité du projet. Un choix de personnalités qui confirme l’intention de toucher un large public, plus ou moins proche du patrimoine. Par ailleurs, à deux reprises, Vianney d’Alançon a été invité par Emmanuel Macron qui l’a assuré de son soutien.

Bon communiquant, Vianney d’Alançon a su rendre visible la forteresse restaurée et enrichie de ses spectacles grâce à une communication intensive sur les réseaux sociaux, Facebook, Instagram, Twitter. La page Facebook est rapidement devenue la deuxième page touristique la plus consultée du département de Haute-Loire. 
La presse a également fortement soutenu le projet. Cela n’a pas empêché Vianney d’Alançon d’effectuer un travail de communication de proximité en collant des affiches et en distribuant des tracts aux alentours de la forteresse. Il a aussi acheter des espaces publicitaires JC Decaux et Clear Channel.
 Néanmoins, pour lui, le bouche-à-oreille reste primordial et complémentaire aux réseaux sociaux. En effet, si l’un s’adresse à une large audience, mais avec de faibles retombées, l’autre ne touche qu’un public restreint, mais bien plus efficacement.  

En ce qui concerne le contenu de la communication, il s’est concentré sur les valeurs soutenues par le projet telles que le lien unissant le site avec son territoire, son implication dans la transmission d’un savoir, d’une histoire régionale et d’une culture nationale. Et, la forteresse a fait l’objet d’un véritable storytelling autour de sa résurrection. 

Les bénéfices du projet et les retombées

Pour qu’un projet puisse recevoir de telles aides, il doit pouvoir démontrer en quoi sa réalisation est source de valeur ajoutée et de retombées positives, économiques et sociales. 

Un projet d’une si grande envergure, ayant accueilli durant sa première année près de 40 000 visiteurs, génère nécessairement des externalités positives, sur son environnement immédiat, à court et à long terme. 

À titre indicatif, voici quelques externalités positives immédiates :
– Création d’emplois directs et indirects
– Hausse de la fréquentation touristique ;
– Hausse de la réservation d’hôtels et de restaurants, ce qui signifie une création de richesse pour la population ;
– Retombées médiatiques, communication et publicité pour la ville ;
– Accroissement de la notoriété du territoire et de ses acteurs notamment culturels…
Cela s’accompagne aussi de nuisances sonores et de dérangements multiples pour un village de 600 habitants qui se retrouve, d’un seul coup, traversé par près de 40 000 personnes.

Quel avenir pour la forteresse de Saint-Vidal ? 

D’abord, les spectacles devraient être revus et modifiés régulièrement tous les deux ans et de nouvelles attractions devraient voir le jour. Des ateliers d’artisans et une brasserie artisanale historique. 

Puis, Vianney évoque le projet d’une activité hôtelière avec la création d’une vingtaine de chambres. Chaque chambre suit un thème historique, issu de différentes époques. 

Ce qui montre à quel point il est important de tenir compte de la population locale dans tout projet à fort impact territorial. Ils peuvent représenter une opportunité comme une menace. 

Conclusion

Le patrimoine est un support privilégié pour transmettre histoire et savoir. Sa préservation est indubitablement liée à son mode de gestion. Il faut parfois oser des projets étonnants et ambitieux pour le financer différemment. 

Un projet capable de produire des externalités positives à la fois d’un point de vue économique et social a nettement plus de chances d’obtenir des subventions. 

Véritable enjeu touristique, il peut faire l’objet d’une politique engagée pour l’action culturelle. Il peut également mobiliser les pouvoirs publics à bien des échelons. Son impact sur le territoire est réel. Il ne faut donc pas oublier que le dialogue avec les habitants est primordial. Leur bien-être doit être pris en compte dans la démarche. En effet, s’ils représentent une potentielle opposition, ils peuvent également devenir des ambassadeurs du projet.

Pour aller plus loin :

 COMMUNIQUER DIFFÉREMMENT DANS LA CULTURE ET LE PATRIMOINE – 8 exemples de campagnes de communication originales et décalés pour trouver l’inspiration dans votre château.

 METTRE EN VALEUR SON PATRIMOINE CULTUREL AVEC LE NUMERIQUE – Interview avec Charlotte Didier (Cent Millions de Pixels) et Lydia Labalette (Château des Ducs de Bretagne) 

 DEVELOPPER DES ACTIVITES COHERENTES AVEC SON HISTOIRE ET SON TERRITOIRE – Les masters class de cuisine ressuscitent le château du Feÿ – Interview avec Sylvie Angel, propriétaire 

Comment développer la médiation culturelle pour les jardins ?

L’important à retenir dans cet article :

 Les parcs et jardins constituent, au même titre que les châteaux, une part de notre histoire. C’est un patrimoine qu’il faut protéger et valoriser. 

Dans cet article découvrez :
– Pourquoi mettre en place une médiation dédiée à vos parcs et jardins ;
– Des idées d’activités, d’outils et de supports pour valoriser votre domaine ;
– Comment retirer un profit de cet investissement et communiquer sur votre offre.

Expert arboricole et paysagiste, passionné par le patrimoine, Marc Brillat-Savarin accompagne les propriétaires dans la gestion et la valorisation de leurs parcs et jardins historiques.

Après une première expérience à l’ONF où l’a naturellement conduit sa formation d’ingénieur des eaux et forêts, il souhaite appréhender le végétal sous l’angle du paysage. Il intègre alors la Direction des Parcs et Jardins de la Ville de Paris comme expert arbres, travaillant à la sauvegarde du patrimoine arboré de la capitale et de ses jardins. De retour dans le secteur privé, il crée sa propre structure, BRILLAT SAVARIN PAYSAGES. « Nos parcs et jardins constituent un patrimoine vivant fragile qu’il est essentiel de soigner, restaurer et renouveler, au même titre que la demeure qu’ils agrémentent ». Chacune des missions qu’il conduit, du diagnostic phytosanitaire des arbres à la conception de projets de restauration paysagère, pour le compte de parcs de châteaux renommés, mais également de demeures familiales, est toujours animée par cette conviction forte.

Désirant faire partager au visiteur « l’esprit des lieux », Marc Brillat-Savarin s’implique également dans la création d’outils de médiation à destination du public.


Pour quelles raisons développer une médiation autour des parcs et jardins de son château ?

 Pour apprendre 

Un jardin est un formidable espace de connaissance. Il se trouve en effet au carrefour de multiples disciplines comme la botanique, l’histoire, l’art des jardins ou encore l’écologie. Or, ces thématiques sont généralement peu développées en médiation. Pourtant l’expérience montre qu’elles sont très appréciées des visiteurs. « Quelle est l’origine des noms Camellia ou Magnolia ? », « Comment s’appelle cet arbre au feuillage si lumineux à l’automne ? », « Pourquoi le parc est-il qualifié de pittoresque ? », « Comment cultiver un potager sans herbicide ? ». Autant de questions qui peuvent rejoindre le visiteur dans son propre rapport à la nature. Un rapport qui commence souvent par la culture d’un petit bout de jardin en milieu urbain. Si les échelles spatiales et historiques sont différentes, l’attrait pour la beauté et la richesse des plantes demeure le même.

Pour tisser des liens entre l’histoire de son château et celle de son jardin

Parler d’un parc ou d’un jardin permet également de mieux faire découvrir le patrimoine bâti. L’architecture et l’histoire sont des sciences complexes qui requièrent des connaissances faisant aujourd’hui souvent défaut au sein du grand public, notamment chez les jeunes générations. Il est précieux de pouvoir s’appuyer sur le végétal pour mieux comprendre la pierre, l’un faisant écho à l’autre. 

Par exemple, il peut être passionnant pour le visiteur d’apprendre que l’histoire de l’arbre au pied duquel il se trouve. Ramené d’Amérique par un ancêtre des actuels propriétaires, à son retour d’exil outre-Atlantique après la révolution ! Un lien est alors établi entre la Grande Histoire et une « petite » histoire racontée. Le tout est rattaché au lieu par un marqueur concret comme l’arbre « témoin » observé aujourd’hui. Cette association dans l’esprit du visiteur vaut tous les panneaux explicatifs du monde ! Et la mémorisation est garantie, sans effort. N’est-ce pas la base d’une médiation réussie ?

Pour développer son offre touristique 

 Sur un plan commercial, développer de tels outils permet de transformer une simple visite extérieure, par nature difficile à valoriser économiquement, en une véritable offre touristique. Elle pourra faire l’objet d’une tarification et d’une communication externe. Quel que soit le support, choisi (brochures, réseaux sociaux…), c’est une opportunité d’accroître la notoriété du site. Se différencier en termes d’image est également primordial. Le propriétaire pourra ainsi rentabiliser l’investissement de départ consenti pour créer l’outil, mais aussi autofinancer tout ou partie des coûts d’entretien du parc. Il y a un réel modèle économique à développer, en accompagnement d’une offre plus classique dévolue aux intérieurs.

Quels publics peuvent être intéressés ?

Par nature, la découverte d’un jardin sera susceptible d’intéresser petits et grands. Le tout est de bien adapter la médiation au public visé. Du support ludique pour les enfants et les familles à un outil plus technique et/ou scientifique pour un public averti, en passant par une activité de type « incentive » pour les publics professionnels (séminaire, etc…), tout est possible. 

La réponse aux questions suivantes pourra aider à définir la(les) cible(s) potentielle(s) :
– Quel est actuellement le type de public que je reçois majoritairement ? 
– Est-ce cette clientèle que je souhaite développer ou retenir sur le site par une médiation autour des jardins ?
– Un support en différentes langues est-il nécessaire ?
– Pourrais-je me différencier de l’offre alentour en touchant un public particulier ?
– En cas d’activité hôtelière ou de type « séminaire », suis-je en mesure de proposer des animations originales sur le site ?
– Quel(s) espace(s) puis-je dédier à une activité de médiation : jardin(s), potager, parc, bois,… ?

 Ce travail est essentiel, car un produit « passe-partout », accessible à tous en théorie, peut finalement se révéler déceptif pour tous dans la pratique. Trop facile pour les uns, trop ardu pour les autres, peu adapté à un challenge en équipe, trop long… 

Quelles sont les différentes actions de médiation pouvant être mises en place dans un jardin et un parc ?

Il existe mille façons de transmettre une information à un visiteur, des plus traditionnelles comme les panneaux explicatifs aux plus modernes comme les applications sur tablettes… Cela peut passer aussi par des réalisations concrètes comme un labyrinthe végétal ou encore un jardin des senteurs à base de plantes aromatiques.

Une fois encore, une réflexion préalable permettra de bien définir ses besoins, ses moyens (humains, financiers), le public visé, les capacités d’accueil du site ainsi que les diverses alternatives sur le marché.

Sans constituer une liste exhaustive, voici dix idées qui ont fait leurs preuves, accompagnées de leurs atouts et contraintes :

Ces quelques exemples illustrent la variété des supports possibles. Mais au-delà des moyens matériels et financiers déployés et des outils existants, les questions essentielles doivent être les suivantes. Quel(s) message(s) ai-je envie de faire passer ? Qu’est-ce que je souhaite que les visiteurs retiennent de leur venue dans mon parc ou mon jardin ? La question du support est secondaire. Elle se trouvera d’ailleurs souvent éclairée par la justesse de la réflexion sur le message.

Par expérience, un autre point nous apparaît important à souligner : celui de l’équilibre à trouver entre l’intérêt du visiteur pour les lieux exposés et le support lui-même.Autrement dit, la sophistication du support peut nuire dans certains cas à l’expérience vécue par le visiteur, en cela qu’il accapare l’attention, au détriment de l’observation du paysage, des plantes, de la nature, … À ce titre, les outils numériques doivent être à notre sens maniés avec prudence : la lecture d’un écran ne doit jamais se substituer au regard porté sur la réalité des choses. L’« esprit des lieux » qui se cache dans un jardin ou un bosquet ne pourra jamais être enfermé derrière un écran ou fixé sur un panneau !

À qui peut-on faire appel pour réaliser ces actions de médiation ?

La conception puis la mise en œuvre d’un projet de médiation autour d’un jardin requièrent différentes compétences complémentaires, rarement réunies dans une seule et même main.
Pour simplifier, nous pouvons séparer la partie « conception » de la partie « fabrication »,qu’il s’agisse d’un support réel ou virtuel. 

L’étape initiale de conception comprendra :
– La fourniture de contenu (historique du jardin, inventaire des végétaux…) ;
– La réflexion sur l’outil le plus adapté à la médiation et une fois celui-ci trouvé ;
– La scénarisation de l’activité (conception d’une chasse au trésor ou d’une application interactive avec son « game play » par exemple). 

L’idéal est de se tourner vers des professionnels impliqués tout à la fois dans le monde des jardins et celui de la valorisation à destination du public. Il n’existe pas de profil type. Dans notre cas par exemple, la passion des jardins se conjugue à un intérêt personnel marqué pour l’écriture et la scénarisation d’activités d’extérieur (parcours, jeux de piste, …). L’apport de connaissances techniques et historiques dans les outils créés se fait ainsi naturellement. Il est également possible de solliciter des professionnels de l’ingénierie touristique (Tams Consultant, …), de la scénographie ou encore de l’éducation à l’environnement (LPOCPIE, …).

Dans un second temps, la création de l’outil lui-même peut nécessiter le recours à des spécialistes dans les domaines suivants :
– Infographie pour le dessin, la mise en page ;
– Reprographie ;
– Signalétique : support (bois, trespa, forex, …), impression (sérigraphie, gravure, adhésif, …) ;
– Éditeur d’applications interactives (Furet Company, …) ou de « visites augmentées » (Histovery, …) ;
– Associations (troupe de théâtre, amateurs de jardins, …). 
Enfin, certaines sociétés comme Château des Énigmese peuvent fournir des outils « clé en main », prenant en charge le projet de A à Z.

À quel prix ?

L’investissement à consentir est naturellement fonction du projet et donc difficile à estimer a priori. Rappelons cependant qu’un produit existant qui sera simplement déployé dans votre jardin par un professionnel sera beaucoup moins coûteux qu’un produit créé de toute pièce et donc par définition unique. L’originalité, si elle est souhaitée, aura bien entendu un prix !

De manière générale, il faudra compter autour de 1500 euros pour un support simple (type parcours de reconnaissance des végétaux, …) à plusieurs milliers d’euros pour l’équipement du site en panneaux explicatifs. Quant au déploiement d’un support numérique, la facture pourra grimper de 5000 à 50 000 euros, selon la technologie et l’outil choisi.
Mais n’oublions pas que le retour sur investissement pourra être rapide avec la commercialisation de l’activité.

 Comment communiquer autour de ses actions de médiation ?

Il sera primordial de communiquer largement autour du projet de valorisation. Parmi les multiples canaux possibles, en voici quelques-uns qu’il ne faut pas négliger :
– Les offices de tourisme qui pourront orienter les visiteurs vers votre propriété et distribuer vos prospectus
– Les associations départementales et régionales de parcs et jardins
– Les réseaux sociaux avec par exemple une page Facebook spécialement dédiée à l’activité (mise en ligne de photos, d’infos, de teasers…)

Le patrimoine a aujourd’hui le vent en poupe, notamment les parcs et jardins. Alors, forts de ces quelques conseils, n’hésitez pas à vous lancer !  

Pour aller plus loin :

 JARDINS & ESPACES PAYSAGERS D’EXCEPTION – Quelques astuces pour entretenir soi-même son jardin

 EXTERNALISER L’ENTRETIEN DE SON JARDIN REMARQUABLE – Des techniques ancestrales aux techniques modernes

 LES AVANTAGES D’UN JARDIN BIEN ENTRETENU AUTOUR D’UN CHATEAU – Les prix à gagner et les aides à solliciter 

Choisir les essences d’arbre de son parc grâce à la méthode ROSEE.

L’important à retenir dans cet article :

 À l’état sauvage, sous l’action des facteurs environnementaux, l’essence et la distribution des arbres s’harmonisent naturellement avec le milieu. En revanche, dans un parc où les arbres ont une vocation ornementale, il importe de mener une vraie réflexion. Cette réflexion doit permettre de sélectionner les meilleurs candidats parmi des centaines d’espèces et de variétés. Pour guider ce choix, voici une méthode simple permettant de planter « le bon arbre au bon endroit ».

Retenez de cet article que : 

– L’arbre d’ornement joue un double rôle : il est à la fois élément esthétique et véritable charpente naturelle qui structure l’espace ;
– Introduire des arbres adaptés à leur environnement constitue la base d’une gestion durable ;
– La méthode ROSÉE vous permet de sélectionner les essences idéales sur la base de critères simples et exhaustifs.

Expert arboricole et paysagiste, passionné par le patrimoine, Marc Brillat-Savarin accompagne les propriétaires dans la gestion et la valorisation de leurs parcs et jardins historiques. Chacune des missions qu’il conduit, du diagnostic phytosanitaire des arbres à la conception de projets de restauration paysagère, pour le compte de parcs de châteaux renommés, mais également de demeures familiales, est toujours animé par sa conviction forte que : « Nos parcs et jardins constituent un patrimoine vivant fragile qu’il est essentiel de soigner, restaurer et renouveler, au même titre que la demeure qu’ils agrémentent ». Marc Brillat-Savarin a mis au point la méthode ROSEE présentée dans cet article. 

 L’arbre, un élément clé du paysage

Dans un monument, certains éléments d’architecture jouent un rôle d’ordre structurel, comme un mur par exemple. D’autres assurent un rôle purement ornemental comme un pilastre ou une moulure. D’autres encore, souvent majeurs dans la composition, combinent ces deux fonctions. Citons l’exemple d’un pilier sculpté ou d’une clé de voûte.

Côté parc, un élément remplit également ce double rôle architectural : l’arbre. Il assure une fonction structurelle voire même matricielle (bosquet, enveloppe boisée ou à l’état isolé, il permet au parc d’exister, le délimite, l’articule, lui donne une profondeur et le soutient comme une charpente naturelle.

D’autre part, l’arbre est un objet esthétique en lui-même, à l’instar d’une statue ou d’une colonne. Par son architecture équilibrée, sa stature, ses couleurs et la symbolique qui l’accompagnent, il constitue un centre d’intérêt dans le paysage. Son caractère changeant au fil des saisons puis des années en fait un ornement vivant dont il est important de connaître l’allure et le développement pour que l’ensemble de la composition puisse en bénéficier durablement.

 L’arbre, un organisme vivant 

Un arbre adapté à son environnement sur le plan du climat, du sol, de l’espace disponible ou encore de l’usage des lieux connaîtra un développement harmonieux. Il ne demandera qu’un entretien minimum. A l’inverse, un arbre inadapté à son milieu de croissance sera plus fragile, plus sensible aux maladies, plus dangereux également et entraînera à terme un surcoût de gestion. Les conséquences d’une erreur à la plantation aujourd’hui devront être supportées par les générations futures pendant de nombreuses années.

Au-delà de l’aspect esthétique, il est donc primordial de veiller à la bonne adéquation entre l’essence choisie, ses exigences propres et le site de plantation.  

 Choisir avec méthode, c’est réussir ! 

Compte-tenu du statut multifonctionnel de l’arbre de parc, son introduction ne doit pas être laissée au hasard. Elle doit faire l’objet d’une étude approfondie qui prenne en compte l’ensemble des paramètres en jeu : place dans le paysage, caractères ornementaux à privilégier (floraison, couleurs d’automne,…), espace aérien et souterrain disponible, nature du sol, entretien,… Et pour qui n’est pas un spécialiste du monde des arbres, intégrer autant de critères peut rapidement devenir un véritable casse-tête !

D’où l’intérêt d’utiliser une méthodologie pour sélectionner l’essence idéale, à partir de critères simples et exhaustifs. Tel est l’objectif de la méthode « Rosée ».

 La méthode « ROSÉE »

À l’origine, la méthode a été conçue comme un outil pour les services de gestionnaires d’espaces verts en milieu urbain. Elle a par la suite transposé aux parcs et jardins, souhaitant en faire bénéficier tout propriétaire soucieux de renouveler et enrichir son patrimoine arboré. 

Cette méthode permet de définir son projet de plantation, d’analyser le site concerné et sur cette base de choisir le ou les arbres les plus adaptés.

La démarche consiste à effectuer des sélections successives dans une large palette végétale pour aboutir in fine à un nombre restreint d’essences, suivant un principe d’entonnoir. À chaque étape, une dimension spécifique du projet est étudiée : paysage, climat, espace disponible,… 
Par souci de pédagogie, chacune des lettres du mot « Rosée » renvoie à un critère de choix spécifique : Rôle de l’arbre dans le projet, qualités Ornementales souhaitées, conditions Stationnelles (sol, climat,…), Espace disponible, Environnement du projet. 

Ainsi, grâce à ce moyen mnémotechnique, l’analyse peut-elle être la plus complète possible.

Le tableau suivant (Document Excel «que vous pouvez télécharger ici») reprend les questions à se poser et les implications sur le type d’arbre(s) à privilégier :

Une fois cette analyse préalable menée, il reste à opérer des tris dans la liste des « 111 essences pour les parcs & jardins » qui accompagne l’outil. 

 Cette liste se présente sous la forme d’un tableur Excel à télécharger en cliquant sur le lien suivant :

Document Excel « Tableau 111 essences parcs et jardins »

Application à un exemple

Illustrons maintenant la démarche à l’aide d’un exemple concret. Un propriétaire souhaite renouveler un alignement vieillissant de marronniers rouges le long de l’allée d’entrée de sa demeure. Se référant à la méthode « Rosée », il analyse son projet comme suit : 

Cf. Document Excel « Exemple méthode rosée propriétaire »

Sur cette base, après avoir téléchargé la liste des 111 essences, il décoche les critères non retenus dans les filtres en tête de colonne. 

La liste s’amenuise progressivement jusqu’à aboutir aux essences suivantes : érable rouge, zelkova, merisier à fleurs doubles et tilleul de Crimée. Appréciant les tons orangés pris par l’écorce du zelkova avec l’âge, il porte finalement son choix sur cette essence de qualité. Une essence cousine de notre orme champêtre et exempte de maladie.

À votre tour, n’hésitez pas à vous familiariser avec la méthode Rosée. Celle-ci vous permettra de mieux connaître les essences d’arbres afin de les utiliser à bon escient dans votre jardin. Vous profiterez ainsi pleinement de leurs bienfaits, et pour longtemps.

Pour aller plus loin :

 JARDINS & ESPACES PAYSAGERS D’EXCEPTION – Quelques astuces pour entretenir soi-même son jardin

 DEVELOPPER DES ACTIVITES DE MEDIATION POUR VALORISER LES PARCS ET JARDINS DE SON CHÂTEAU – Interview de Marc Brillat-Savarin

 EXTERNALISER L’ENTRETIEN DE SON JARDIN REMARQUABLE – Des techniques ancestrales aux techniques modernes

 LES AVANTAGES D’UN JARDIN BIEN ENTRETENU AUTOUR D’UN CHATEAU – Les prix à gagner et les aides à solliciter 

Comment organiser un Son et Lumières dans un site historique ? Des réponses grâce à l’exemple de Puy de Lumières.

L’important à retenir dans cet article :

En matière touristique, il existe des tendances, l’une d’entre elles, qui fait fureur auprès du grand public, est le spectacle de son et lumières, également appelé vidéo mapping. Les Invalides, la Cathédrale de Nantes, la place du parlement de Bretagne à Rennes, nombreux sont les monuments qui se sont déjà illuminés les soirs d’été. L’opération « Puy de Lumières » présentée dans cet article en est un autre exemple. En outre, elle relève d’une véritable stratégie pour répondre à des enjeux touristiques importants. 

Dans cet article, découvrez comment un vidéo mapping permet de raconter l’histoire de son patrimoine différemment mais aussi d’impacter l’activité touristique et commerciale du territoire.

L’opération « Puy de Lumières » à Puy-en-Velay, 

Pour animer sa ville, mettre en valeur son patrimoine bâti et accroitre son attrait touristique, la ville du Puy-en-Velay a lancé en 2016 un spectacle son et lumières projeté sur les murs de ses monuments historiques et emblématiques. La cathédrale Notre-Dame, 2ème monument préféré des Français en 2015, le rocher Saint-Michel d’Aiguilhe, le théâtre, l’hôtel de ville, la chapelle Saint-Alexis et le musée Crozatier se sont ainsi retrouvés illumniés. Chaque année, le projet « Puy de Lumières » se développe. Il s’enrichit d’ailleurs de nouveaux lieux de projection dans la communauté de communes. 

Le patrimoine, habillé d’un vidéo mapping de qualité devient une arme pour l’activité touristique de la destination. Survient alors l’envie assumée que le territoire ne soit plus simplement un lieu de passage. Dans un secteur concurrentiel, l’événementiel et le patrimoine apparaissent encore comme la combinaison d’atouts qui, dans une logique de complémentarité, se révèlent très attractifs pour le public . Le patrimoine bâti étant aussi bien le support que le sujet de la projection, qui s’attache par exemple à retracer l’histoire de la cathédrale Notre Dame à différentes époques ; ou encore, sur le mur nu de la chapelle, on peut voir s’animer la célèbre légende régionale de la bête du Gévaudan, et sur l’hôtel de ville, ce sont bien sûr les valeurs républicaines et ses grands personnages qui sont célébrés.

 Qui sont les financeurs du projet ? 

 Le projet est financé par la région Auvergne Rhône-Alpes à hauteur de 50 %. De leur côté, l’Union Européenne et le département de Haute-Loire financent 16 %. Le reste est à la charge de la communauté d’agglomération du Puy-en-Velay. La logique mise en place est celle des financements croisés. Ils permettent à une communauté de communes d’obtenir d’importantes sources de financements. Chaque couche de ce « millefeuille » à la française a une partie de son budget dédiée à la culture. Le porteur de projet doit donc faire les démarches auprès de chaque échelon, ce qui nécessite :
– Une connaissance de l’administration de l’État en matière de financements culturels ;
– Une connaissance de chaque échelon et de ses acteurs ;
– Un travail relationnel avec les différents représentants de la vie politique ;
– Une planification et organisation très en amont pour respecter le calendrier administratif de dépôts des demandes ;
– De la méthode pour la constitution des dossiers. Il est important de savoir comment présenter et expliquer l’objectif patrimonial, historique, social ou économique du projet. Il doit pouvoir répondre aux critères d’éligibilité aux subventions. 

 Des partenaires techniques indispensable à la réalisation du projet

Côté technique et scénographique, Puy de Lumières a fait appel à Gilbert Coudène (société Les allumeurs de rêve ), Laurent Lhuillery (société Light Event Consulting ) et studio BK (concepteurs des spectacles lumières des « remparts de Marrakech » (COP 22), des Terreaux de Lyon, de la Villa Médicis à Rome…), avec le concours d’Alain Guilhot. Lors de la deuxième édition, il a fallu répondre aux critiques des riverains de la cathédrale. Ces-derniers ne supportaient plus la musique. Une solution technique a été mise en place grâce au travail d’Electro Concept en collaboration avec Swing le LAB . Ils ont créé pour la ville une application utilisant la technologie streamer audio. Cette technique permet d’entendre avec un casque ou des écouteurs la bande son, parfaitement synchronisée aux images. 

 Une communication à l’échelle nationale 

Pour faire connaitre le spectacle dans toute la France, la ville a mis en place un plan de communication en lien avec le comité régional de tourisme qui s’est notamment associé à celle du Tour de France, mais aussi du Grand Trail du Saint-Jacques, la cathédrale étant en quelque sorte la ligne d’arrivée de l’épreuve. Un site internet dédié à l’évènement a également été mis en ligne.

 Un vrai plus pour l’hôtellerie et la restauration

 Avec ce spectacle, les responsables du tourisme au sein de l’agglomération souhaitent apporter un vrai plus à l’économie touristique de la ville et de son agglomération. 

Ce spectacle génère une augmentation
:
– Du nombre de nuitées et du taux de remplissage des hôtels et restaurants ;
– De la fréquentation sur la période plus creuse de mai-juin ;
– Du chiffre d’affaires des commerces ;

Mais cela implique une concentration de l’activité sur l’horaire 19h30 – 22h30.

Puy de Lumières permet également à tous les opérateurs touristiques de Haute-Loire (gîtes, chambres d’hôtes) de valoriser leurs destinations et leurs offres de séjours.
 Un label original « Puy de Lumières » pour les restaurants a d’ailleurs été mis en place et concerne déjà plud de 80 établissements qui se sont engagés à adhérer à la charte pour la mise en place d’un service adapté au spectacle et sa promotion auprès de la clientèle. 
La ville a également instauré la gratuité du stationnement et des parkings à partir du 19h. 

 Comment s’en inspirer ? 

Valorisez votre château et son histoire à travers un spectacle son et lumières immersif. Pour cela, nous vous conseillons de :
– Définir le scénario du spectacle en fonction de l’histoire de votre lieu, de ses atouts ;
– Vous entourer d’experts et techniciens qualifiés et expérimentés ;
– Monter un dossier pour obtenir des financements de chaque acteur susceptible de vous aider. En 
démontrant l’impact sur du projet sur l’activité touristique et commerciale du territoire, vous aurez plus de chance d’obtenir des financements ;
• Prévoir la stratégie de communication en amont ;
• Réfléchir aux relais pouvant communiquer sur votre nouvelle offre touristique.

Pour aller plus loin :

 CHÂTEAU PERCHÉ – Le festival électro’ engagé auprès des châteaux

DEVELOPPER DES ACTIVITES COHERENTES AVEC SON HISTOIRE ET SON TERRITOIRE – Les masters class de cuisine ressuscitent le château du Feÿ – Interview avec Sylvie Angel, propriétaire

UN FESTIVAL ELECTRIQUE POUR SAUVER LE CHÂTEAU, QUAND LES PETITS-ENFANTS S’EN MÊLENT… Interview avec Marjolaine Clough d’Argentré, organisatrice du festival du château de La Forge et présidente de l’association « La forge festival »

Comment concevoir une activité attractive et durable dans un château ? Paul de La Panouse, à l’origine du zoo de Thoiry raconte l’histoire de ce site remarque, devenu mythique !

L’important à retenir dans cet article :

Tout château ou domaine possède ses particularités et ses atouts qu’il est important d’identifier afin de construire un projet qui soit cohérent avec son territoire, son époque et avec les opportunités du marché du tourisme. 

Il est par ailleurs nécessaire de connaître les rudiments du marketing pour construire son projet. 
Paul de La Panouse, à l’origine du zoo de Thoiry nous raconte l’histoire de ce lieu devenu mythique !

Dans cet article vous pourrez retenir que : 
– Pour développer un projet dans un château, il faut nécessairement un porteur de projet réaliste et libre ;
– Il est bon d’utiliser des techniques de marketing de base ;
– Le développement est l’histoire… d’une vie !

Introduction

Paul de La Panouse vient d’écrire et publier « Thoiry, une aventure aventure sauvage » aux éditions L’Archipel, diffusé par Hachette. L’ouvrage, au format d’un livre d’art, raconte en 256 pages et 400 photos une saga familiale sur les deux châteaux ancestraux et les parcs qu’il a créés. Un prix très bas de 25€ a été fixé afin de privilégier une diffusion culturelle auprès du plus grand nombre.

À l’origine du parc zoologique de Thoiry

Un patrimoine historique exceptionnel…

Le château de Thoiry est l’œuvre de Philibert Delorme. Elevé en 1559, il appartient à la même famille depuis plus de quatre siècles. Remarquable par son architecture Renaissance, son plan est élaboré en respectant les règles liées au nombre d’or, ce qui fait du château le pivot d’un calendrier solaire, étudié par de nombreux spécialistes francs-maçons et druides…

L’impressionnant vestibule est par exemple imaginé autour de quatre triangles de Pythagore, en référence à la chambre royale de la pyramide de Kheops ! 

… menacé par des difficultés financières.

Cependant, très vite, le jeune Paul de La Panouse, actuel propriétaire, entrevoit les difficultés financières liées à l’entretien du domaine. Il pousse alors ses parents à ouvrir le château au public en 1965, à une époque ou peu de châteaux en région parisienne l’étaient. 

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, puisque deux ans plus tard, Paul de la Panouse pour attirer plus de grand public dévoile un nouveau projet ! Ne voulant se résoudre à faire un parc d’attraction qui aurait détruit son parc de 400 hectares, et pour ne pas risquer l’obsolescence à l’arrivée certaine de Disney en Europe, il décide finalement de faire un parc zoologique unique en France ! 

Sur le modèle d’un safari, les animaux y évoluent librement tandis que les visiteurs sont en sécurité dans leurs voitures. Le succès est immédiat et les retombées médiatiques impressionnantes. 

50 ans plus tard, le parc zoologique de Thoiry porte toujours ses fruits

Entièrement recréé, le domaine se réinvente et se transforme en un immense parc semblable à une arche de Noé. Dans cette version cependant, ce sont les animaux qui mettent le château et sa famille hors de l’eau !  

Le Zoo en quelques chiffres


– Plus d’un millier d’animaux en semi-liberté ;
– 450.000 visiteurs par an en moyenne, 23 millions de visiteurs depuis l’ouverture ;
– Troisième site touristique d’Île-de-France ;
– 155 hectares de collections botaniques et zoologiques ouvertes au public sur un domaine de 400 hectares ;
– Environ 12 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel ;
– Une usine de méthanisation qui chauffe le parc animalier, le château, huit villages et une partie de la ville de Plaisir, a été réalisée par Colomba, fille de Paul de la Panouse.

Un regard sur le concept de Thoiry

D’une PME familiale au groupe Thoiry

Thoiry connait un véritable succès populaire, la PME familiale se développe progressivement pour devenir un véritable groupe, actuellement dirigé par Thierry Duguet, et qui comprend, en plus du parc de Thoiry, le Safari de Peaugres et le ZOO de Santo Inàcio au Portugal. 
En 2011, le groupe ouvre son capital, jusqu’alors entièrement familial à trois groupes d’investissement : BNP Paribas Développement, Bred Développement et Ile-de-France Capital, et en 2015 au fond d’investissement touristique Ekkio. Les deux enfants de La Panouse gardent une participation significative et la famille conserve la totalité du capital immobilier.

 Mettre en scène et surprendre

Afin de rester attractif, Paul de La Panouse a su mettre en scène son parc animalier pour toujours surprendre le visiteur, faire vivre des expériences uniques et raconter de nouvelles histoires. Son originalité et ses idées font sa force. Il fait par exemple construire un tube de verre pour observer au plus près les tigres, une tyrolienne survolant les lions, un « Safari Air Park », air de jeux où les jeunes rebondissent sur 1 500m2 de fils tendus entre les arbres à 9 mètres de hauteur. 

Thoiry c’est aussi une programmation événementielle, sportive avec la « Thoiry Wild Race » et musicale avec le « Happy Thoiry Festival » qui réunissait en 2018 des chanteurs populaires tels que Amir, Claudio Capeo ou Ardcadiane. Dernière création, le « Thoiry Festival des Lumières » présente durant tout l’hiver 2019 plus de 600 sculptures « lanterne chinoise » répartis sur 6 hectares du jardin botanique.  

Innover sans cesse

En 2018, 50 ans après la création du parc, Colomba de la Panouse, héritière avec son frère Edmond de l’affaire familiale, et directrice générale déléguée du Groupe, fonde sa propre entreprise « Thoiry Bioénergie ». En septembre de la même année elle inaugure son usine de méthanisation, inscrivant le parc dans une logique forte de développement durable proche de la nature. L’usine permet de produire du gaz, le biométhane, en utilisant les déchets du parc et de ses partenaires (fumier des animaux, déchets végétaux et agricoles) par le procédé dit de méthanisation par voie sèche. L’usine permet d’apporter le chauffage à 3 bâtiments du parc abritant des animaux : la maison des girafes, l’arche des petites bêtes et la maison des éléphants. 

Pour ce projet, Thoiry a reçu une subvention à hauteur de 1,16 millions d’euros dans le cadre du Plan régional énergie climat voté en juillet 2018, et qui dispose d’une enveloppe totale de 150 millions d’euros pour verdir la consommation d’énergie d’Ile-de-France d’ici 2030.

Edmond de La Panouse, quant à lui, vient de faire construire une Orangerie avec une salle de 504 m², près du château et au milieu du Jardin d’Automne.

S’inspirer du modèle Thoiry pour développer son offre touristique

 Comment développer son offre touristique ? Hephata vous propose la méthode suivante en reprenant comme exemple le modèle de Thoiry.

 Lire aussi DEVELOPPER DES ACTIVITES COHERENTES AVEC SON HISTOIRE ET SON TERRITOIRE – Les masters class de cuisine ressuscitent le château du Feÿ – Interview avec Sylvie Angel, propriétaire

I/ Définir sa problématique

Il s’agit d’identifier les difficultés rencontrées par le site et de formaliser ses besoins. Le problème peut être d’ordre financier, de gestion, de notoriété ou encore de communication.

L’exemple de Thoiry

Dépositaire d’un patrimoine historique merveilleux, transmis depuis 13 générations, la famille de la Panouse doit néanmoins faire face à des difficultés financières liées à l’entretien et à la gestion du château et du parc. Elle se voit donc dans l’obligation de développer un modèle économique et une stratégie touristique pour assurer la survie de la propriété.

 II/ Diagnostiquer ses forces et faiblesses les opportunités et menaces

Il s’agit d’utiliser la méthode d’analyse marketing SWOT. 
L’analyse SWOT permet de développer sa stratégie marketing et d’évaluer la réussite d’un projet, en étudiant conjointement différentes données, comme les atouts et les défauts de son site, mais également la concurrence sur la typologie d’activités envisagée ou les marchés potentiels.

 L’exemple de Thoiry (simplifié) :

Analyse interne

Forces :
Superficie du domaine 400 hectares
– Importance historique du patrimoine bâti (architecture, histoire…)
– Compétence, dynamisme et réseau du porteur de projet

Faiblesses :
– Difficultés de gestion ;
– Nécessité de se créer de nouvelles sources de revenus pour financer l’entretien du domaine ;
– Inexpérience dans la gestion d’un parc zoologique.

Analyse externe

Opportunités :
Peu de châteaux ouverts à la visite en Ile-de-France ;
– Volonté d’attirer un nouveau type de public ;
Possibilité d’exploiter le domaine pour développer des activités touristiques de loisirs et toucher un public familial (parc zoologique, parc d’attractions…).

Menaces :
Arrivée possible d’un concurrent important en Europe : Disney ;
• Concurrence parc zoologique de Paris.

III/ Définir un public cible

Quelle typologie de public je souhaite faire venir ? Quels sont leurs besoins, leurs attentes, leurs envies ? Comment puis-je y répondre ?

L’exemple de Thoiry

Public cible : Familles et enfants
Besoins et attentes :se divertir le week-end et en vacances, sortir de son quotidien, découvrir la nature et le monde animal. 

 IV/ Définir un concept et un positionnement

Quel est mon projet ? Comment se matérialise-t-il ? Quelles sont mes valeurs ? En quoi est-il différent ?

L’exemple de Thoiry

Paul de la Panouse souhaite attirer les enfants et leurs familles.
Il possède un grand domaine de plusieurs centaines d’hectares. 
– Il y voit une immense opportunité et décide d’exploiter cette surface, d’en faire une richesse pour le château en construisant un parc animalier.
Le projet répond aux attentes et besoins du public ciblé. Le thème animalier est porteur.
Il se différencie de sa concurrence en décidant de faire un parc sur le modèle d’un safari et non d’un simple zoo. Dans son concept, les animaux évoluent en liberté et seront chez eux, tandis que les hommes, visiteurs, devront rester dans leurs véhicules. 
C’est la construction d’une image proche de la nature, où le règne animal est roi dans sa savane artificielle.

Ainsi le parc de Thoiry s’inscrit dans des valeurs ultra modernes pour l’époque, anticipant les préoccupations de demain. Il témoigne d’une vision et se crée un ADN.
Il s’agit ensuite d’exprimer son positionnement en une phrase qui synthétise la particularité de l’offre, pour Thoiry : « Source naturelle d’Aventures ».

Conclusion

Concevoir une activité durable dans un château passe donc par l’élaboration d’un bon concept. Un bon concept est celui qui rencontre les attentes et besoins du public ciblé et qui se différencie de la concurrence. Avec son parc zoologique, Thoiry a su pérenniser son avenir et se développer à la manière d’une entreprise tout en continuant d’innover.

Pour aller plus loin :

 La communication au château de la Ballue

Bien gérer et optimiser son domaine forestier, comment faire ?

L’important à retenir dans cet article :

 Le patrimoine forestier français est une richesse qu’il est important de bien savoir gérer pour le protéger et qui peut être un excellent placement sur la durée. 

Contrairement aux idées reçues, les forêts bien gérées génèrent des revenus supérieurs aux coûts d’entretien. Tous les peuplements ne permettent pas les mêmes profits, la moyenne se situe entre 1 et 2%. Par exemple, on estime que les productions de peupliers rapportent jusqu’à 8% du fait des durées de rotations plus courtes. Le patrimoine forestier reste un bon placement sur la durée. Le constat en France est que les forêts sont sous-exploitées, ce qui justifie le soutien des institutions publiques pour encourager leur gestion. Il existe de nombreuses aides financières et fiscales en ce sens. 

De cet article, retenez que : 
– Il est conseillé de faire appel à un gestionnaire forestier pour assurer la gestion de son bien ;
– Il existe plusieurs aides financières, mais aussi des avantages fiscaux.



Cet article a été écrit avec l’aide de Loïc Zellvegre, gestionnaire forestier professionnel chez Brodut Forêt Gestion, spécialisé dans l’accompagnement de domaines d’exception et la sylviculture proche de la nature. 

Des propriétaires privés, soumis à des obligations 

Loïc Zellvegre nous explique qu’être propriétaire de forêts signifie être soumis à des obligations, celles-ci dépendent de la surface possédée, il y a trois cas de figures :
– Moins de 10 hectares d’un seul tenant ;
– Entre 10 et 25 hectares d’un seul tenant ;
– Plus de 25 hectares sur la même commune ou sur trois communes attenantes.

Vous pouvez retrouver les différentes obligations concernant la règlementation forestière pour chacun des cas.

Tout propriétaire d’une forêt de plus de 25 hectares est soumis à l’agrément d’un Plan Simple de Gestion (PSG). Ce document définit les différentes interventions (coupes et travaux) de la forêt pour une période de 10 à 20 ans.
Le plan simple de gestion présente ainsi les objectifs assignés à la forêt et définit le programme d’exploitation des coupes et des travaux à effectuer. Pour tout savoir sur le PSG, rendez-vous sur le site du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. 

La rédaction du plan simple de gestion est élaborée par un gestionnaire forestier, en accord avec les besoins du propriétaire. C’est le Centre régional de la propriété forestière (C.R.P.F.), établissement public à caractère administratif, qui instruit les demandes d’agrément de PSG et d’autorisation de coupe extraordinaire. Retrouvez sur le site du Centre National de la Propriété Forestière la liste des CRPF.

NB : Ces informations peuvent d’ailleurs ne pas s’appliquer à certains cas spécifiques. 

Les propriétaires de forêts se doivent de prévenir les risques de départs de feu et préserver la richesse environnementale, ils sont également tenus de débroussailler en bordure et zones habitées.

Les aides financières et fiscales

Les aides financières

Loïc Zellvegre fait le constat qu’en France les forêts ne sont que trop peu gérées. Cela explique en effet que les collectivités et organismes incitent à la gestion forestière par des subventions à destination des entreprises de la filière bois et des propriétaires forestiers.

Ces aides se répartissent à différentes échelles :
L’Europe, via le FEADER (fonds européen agricole pour le développement rural) : il permet le financement du 2e pilier de la politique agricole commune (PAC). Ce 2e pilier est consacré à la politique de développement des territoires ruraux ;
L’Etat, via une subvention pour inciter à la gestion forestière ;
– La DRIAAF, Direction Régionale Interdépartementale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt pour chaque région, c’est le représentant de l’Etat en région ;
– Les conseils régionaux et départementaux ;
L’ADEME (agence des énergies renouvelables) ;
– Les communautés de communes et EPCI ;
Les fonds privés, tel que EcoTreeReforest’action ou encore Ma forêt.

En outre, les aides disponibles sont cumulables et peuvent couvrir entre 40 et 80% des dépenses de frais de gestion.

En matière de gestion forestière, les aides sont très variées et concernent de nombreux domaines :
– Acquisition de matériel forestier ;
– Amélioration de la desserte forestière ;
– Reboisement ;
– Réaliser des travaux sylvicoles ;
– Protection contre le gibier ;
– Préparation des sols ;
– Animation des territoires forestiers…

Les aides sont spécifiques à chaque région et département, ce qui complexifie leur obtention, puisque cela implique une très bonne connaissance des circuits de financements, que tout le monde ne possède pas.

Retrouvez également un tableau récapitulatif des sources innovantes de financement de plantations par des fonds ou programmes d’aides au boisement ou reboisement en France en 2016 que vous pouvez télécharger ici

Les avantages fiscaux

Loic Zellvegre nous apprend qu’il existe plusieurs formes d’avantages fiscaux dont peuvent bénéficier les propriétaires de forêts :

Les Dispositifs D’encouragement Fiscaux à l’investissement, ils sont au nombre de trois : DEFI « Acquisition », DEFI « Travaux forestiers » et DEFI « Contrat de gestion ».

Des frais de transmission de patrimoine réduits à 25% de la valeur du patrimoine grâce au Régime Monichon.

Des exonérations d’impôt sur la fortune : il est possible de bénéficier d’un abattement de 75% sur l’impôt. Mais pour cela, il faut détenir un certificat de gestion durable et de s’engager à conserver sa propriété durant 30 ans en présentant tous les 10 ans le bilan de cette gestion. 

La réduction d’impôt Madelin : portée à 25%, elle vous permet d’investir avantageusement dans une forêt en direct ou via un groupement forestier à condition de garder vos parts au moins jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant la souscription. De plus, les parts acquises doivent être nouvelles. 

Deux régimes de TVA avec :
Un assujettissement obligatoire si, sur les deux dernières années consécutives, la moyenne des revenus dépasse les 46 000€.
Un remboursement forfaitaire ou un assujettissement volontaire si, sur les deux dernières années consécutives, la moyenne des revenus est inférieure à 46 000€.

Deux taux applicables de 10% ou 20% selon les travaux et produits forestiers concernés (plus d’informations ici)

Les possibilités d’exploitation pour générer des revenus

– La récolte et la vente du bois et ses différents traitements (taillis simple, la futaie régulière, le taillis sous futaie, la futaie irrégulière) mais aussi ses dérivés tels que le jus (par exemple l’eau de bouleau) ou sa sève ;
– La location pour la chasse ;
– L’ouverture au public dans le cadre d’activités touristiques : la cueillette des champignons, les randonnées pédestres, équestres, les parcours sportifs ou de santé, l’accrobranche, les gites et cabanes dans les bois, le brâme du cerf.

Vers qui se tourner pour demander une expertise ? Quels sont les professionnels et corps de métiers pouvant aider ?

Il existe plusieurs corps de métier impliqués dans la gestion des forêts :
– Gestionnaires forestiers professionnels (Brodut Forêt Gestion) ;
– Experts forestiers ;
– Coopératives forestières ; 
– Gardes particuliers. 

Les experts forestiers et les gestionnaires forestiers professionnels tel que Loïc Zellvegre sont totalement indépendants. Ils travaillent au profit du propriétaire et non des industriels. Ils se rémunèrent en pourcentage de la vente du bois ou en prestations spécifiques comme la rédaction de plan de gestion, le suivi administratif et autres missions…

Ce sont d’ailleurs les principaux acteurs capables de répondre aux diverses problématiques liées à la gestion des forêts. Compétents par leurs formations et leurs connaissances opérationnelles, ces professionnels sont au plus près des territoires. Ils ont une connaissance globale du secteur.

Conclusion

Le patrimoine forestier en France n’est que peu géré alors qu’il est à la croisée de divers enjeux (économiques, écologiques, récréatifs, accueil du public, etc.). L’aménagement de ces biens est primordial pour préserver l’équilibre de ces aménités. Des aides et incitations financières ont donc été mises en place à tous les échelons. Elles sont à la fois nombreuses, variées et spécifiques, ce qui implique une véritable expertise du secteur pour bien les connaître. Au regard de la spécificité de la gestion des forêts, il semble primordial de s’adresser à des professionnels pour que la gestion soit cohérente et pour bénéficier de conseils forestiers adaptés aux besoins particuliers de chaque propriété.

Pour aller plus loin :

 JARDINS & ESPACES PAYSAGERS D’EXCEPTION – Faire appel à des professionnels, c’est abordable : point sur les expertises indispensables

ASSOCIATIONS POUR LA SAUVEGARDE ET LA VALORISATION DU PATRIMOINE – Comment choisir son statut, les avantages et les inconvénients ?

Le Crowdfunding : un nouvel outil de financement pour le patrimoine

L’important à retenir dans cet article :

 Le crowdfunding attire les jeunes entrepreneurs, les startups et porteurs de projets qui ne cessent de multiplier les campagnes sur des plateformes toujours plus nombreuses. 

Avec 401 millions d’euros collectés en 2018 contre 336,2 en 2017, soit une augmentation de 16,35 %, le crowdfunding progresse, ce qui signifie également qu’une concurrence toujours accrue s’installe entre les projets. Dès lors, comment se démarquer parmi toutes les campagnes ? Quelle stratégie adopter pour mettre toutes les chances de son côté et réussir ? Quel montant demander ? Comment s’organiser ?

Hephata vous propose sa méthode pour réussir sa campagne de crowdfunding pour votre château

Petite introduction sur les principes du crowdfunding

Le crowdfunding – financement par la foule en anglais – est une méthode de financement participatif populaire. Il permet à un porteur de projet, particulier ou entreprise, de soulever des fonds en faisant appel aux dons. Le crowdfunding s’inscrit dans un processus de désintermédiation alternatif aux banques. Des plateformes en ligne spécialisées dans le crowdfunding permettent de lancer sa campagne facilement.

Il existe deux types de campagne : avec ou sans contreparties. Celles-ci peuvent être très variées : remerciements publics sur les réseaux sociaux, entrées gratuites au château, produits issus de la production locale (vin, miel, jus de pomme…) etc.

Le crowdfunding, à ne pas confondre avec les autres formes de dons

Le crowdfunding fait partie de la famille du financement participatif au même titre que le crowdlending ou le crowdequity, et ne doit pas être confondu avec.

On parle de crowlending lorsque que le projet est financé par des prêts, rémunérés en intérêts, et non des dons. 
Enfin, le crowdequity est la forme de financement participatif où l’on investit – généralement dans une start-up – en échange d’une part du capital de la société. 

Les 3 cercles relationnels

Il existe trois cercles de donateurs potentiels qu’il faut essayer de toucher lors d’une campagne de crowdfunding. 

La famille et les amis

Même si cela peut paraître évident, ils jouent un rôle majeur dans la réussite d’une campagne. Il est indispensable de pré-lancer le projet auprès d’eux, ils s’en feront ambassadeurs, en parleront à leurs amis, leurs réseaux, et témoigneront du sérieux de l’opération. Ils permettront d’atteindre rapidement les 30% de l’objectif de la campagne. Il convient de leur communiquer la date de lancement de la campagne et de les prévenir dès que la cagnotte est en ligne. Ce premier cercle permet d’atteindre plus facilement le suivant.

Les amis d’amis, les connaissances

Il faut ensuite convaincre ses nombreux amis Facebook, ses vagues connaissances, ses relations professionnelles, ses anciens professeurs et autres ! Communiquer autant que possible, demander à partager l’information même si la personne ne souhaite pas participer !

Les inconnus

Ce sont ceux qui seront les plus difficiles à atteindre car ils ne connaissent pas forcément les châteaux, encore moins ses propriétaires. Il faut être capable de démontrer ses convictions, et réussir à les atteindre en leur donnant envie de parier sur vous. Pour cela, une communication soignée est indispensable.

Les clés de réussite Hephata

1. Définir son projet

Avant toute chose, il est important d’exprimer clairement les tenants et les aboutissants du projet pour le château, définir sa cible et ses objectifs. Le titre de la campagne doit parfaitement résumer l’objectif du projet.
Un bon projet doit être clair et compréhensible très rapidement. Il faut capter l’attention de l’utilisateur. Être en mesure de montrer l’intérêt du projet, sa valeur ajoutée ou encore l’impact sur le tourisme local… 

L’exemple de la campagne pour un ESCAPE GAME au château de Picquigny sur Dartagnans 

Le patrimoine historique communique des valeurs positives qui touchent facilement la population qui comprend l’importance de l’enjeu de préservation. Comme le démontre tout récemment l’immense solidarité des Français pour la rénovation de Notre-Dame à la suite de la tragédie… 
Enfin, il est indispensable d’être transparent et expliquer clairement à quoi servira la somme récoltée : restaurer une œuvre, rénover une partie du bâtiment, proposer une nouvelle activité de médiation aux visiteurs, organiser un événement…  

2. Choisir la bonne plateforme

De très nombreuses plateformes de crowdfunding existent, et il important de s’informer sur leurs particularités. Elles s’adressent à des publics ou soutiennent des projets différents. Voici quelques exemples : 

Les plateformes internationales

 Kickstarter
 Indiegogo

Les plateformes nationales

KissKiss BankBank
Commeon
Ulule

Les plateformes locales  

Jadopteunprojet : qui s’adresse aux habitants de la région Nouvelle-Aquitaine
Graines d’actions : dédiée aux projets bourguignons
Gwenneg : pour la Bretagne 

Les plateformes spécialisées autour de thématiques

Dartagnans : pour le patrimoine
Miimosa : dans l’agriculture et l’alimentation
MyMajorCompany : pour la musique
Fundovino : dédiée au monde du vin

Enfin, il est important de bien se renseigner sur le fonctionnement de la plateforme et sa rémunération (entre 3 et 10 % en général). Vous devez également savoir que sur beaucoup de plateformes, seules les campagnes qui atteignent leurs objectifs perçoivent les dons, les autres étant défaites et les dons retournés aux participants. Cependant, d’autres plateformes versent la somme récoltée sans prendre en compte le pourcentage de réussite atteint.

3. Organiser sa campagne de crowdfunding

La préparation d’une campagne est assurément la clé de réussite la plus importante. Il est indispensable de s’organiser bien en amont. Il s’agit d’estimer le temps nécessaire à la mise en place de la communication, les ressources humaines disponibles pour animer la campagne, mais aussi son coût financier, si des contreparties sont prévues par exemple (les coûts d’expédition pour les livraisons…). Ces contreparties ont un rôle important à jouer, elles peuvent permettre de déclencher l’acte de don. Il vous faudra prévoir 6 à 8 contreparties pour chaque palier de don (5, 10, 20, 50…). Vous devrez cependant être en mesure de tenir vos promesses.


Hephata recommande fortement de réaliser un rétroplanning des actions à mener pour préparer la campagne pour le château.

L’exemple des contreparties pour la campagne de restauration des verrières de l’église Saint-Philippe-du-Roule sur Commeon : 

4. Construire la communication autour de sa campagne de crowdfunding

Clé de voûte de votre campagne, la communication doit permettre de mobiliser sa communauté. Tout d’abord, avec une page de présentation très soignée qui témoigne du sérieux du projet afin d’inspirer confiance aux donateurs. Ensuite, construire un storytelling autour du château, son histoire, pour impliquer émotionnellement les participants. S’assurer que les réseaux sociaux soient prêts en amont pour permettre le partage et l’émulation autour du projet. Préparer à l’avance les messages de communication, le discours, les médias (logos, photos du château, dossier de présentation du projet). La vidéo est aujourd’hui le meilleur support de communication, cependant, elle doit être réalisée de façon aussi professionnelle que possible et ne pas excéder 2 à 3 minutes. 
Une campagne de crowdfunding nécessite un maximum de soutiens des radios et presses locales qui peuvent-être mobilisées si le projet a un impact sur le territoire ou la région, ou s’il s’inscrit dans une démarche sociale et solidaire. Il est également possible de prévoir une communication événementielle en organisant une soirée de lancement de campagne dans votre château par exemple.

L’exemple du vidéo clip pour la campagne « Volons au secours du grand salon du Vaux-le-Vicomte » 

Bien choisir la durée et le montant de sa campagne de crowdfunding
Bien bâtir sa campagne 

Il est prudent de ne pas être trop gourmand quant au montant souhaité pour la campagne, la majorité des projets qui réussissent demandent moins de 10 000€. De plus, comme expliqué précédemment, certains sites de crowdfunding ne rémunèrent que les campagnes réussies, autant être aussi sûr que possible d’atteindre l’objectif fixé. Il est recommandé de réaliser une veille concurrentielle et de regarder les montants demandés par d’autres châteaux sur des projets similaires.

Choisir quand la lancer 

Pour le lancement, il est préférable de ne pas démarrer sa campagne durant l’été, en période de vacances où votre public n’est pas disponible, de même la période de Noël est à éviter, car la priorité en matière de dépenses est aux cadeaux, et non au financement participatif. 
Il est préférable d’organiser une campagne courte et dynamique plutôt que trop longue et qui s’endort.On estime que les campagnes dont la durée se situe entre 25 et 45 jours ont plus de chance d’aboutir. Les campagnes plus longues sont réservées à de très gros projets portés par de grosses structures, des sites comme Versailles, Chambord, Chenonceau…

 S’armer de patience 

L’idéal est de démarrer très vite afin d’atteindre dès la première semaine les 30% de l’objectif, ce qui créera une pression sociale positive et rassurera les autres potentiels donateurs sur la viabilité du projet. Ensuite, il faut maintenir des efforts constants pour faire progresser la récolte de façon régulière. Le temps de campagne est un temps intense durant lequel le porteur du projet doit être pleinement engagé.

Savoir dire merci ! 

La campagne est un succès, il faut alors remercier ses donateurs. Ne pas tarder pas à envoyer les contreparties promises. Les utilisateurs ayant participé au projet représentent un premier public conquis qu’il faut fidéliser. Il est par exemple possible d’organiser un évènement de fin de campagne. Une soirée privilège de remerciement au domaine pour les plus gros donateurs ? De même, il est important de donner des nouvelles du projet pendant sa réalisation et à son achèvement.

Conclusion

Si le crowdfunding est un excellent moyen de soulever des fonds, il est préférable de le penser comme un complément de budget plutôt que comme unique source de financement. Même bien préparée, une campagne a des chances non-négligeables d’échouer, mais cela ne doit pas remettre en cause l’entière réalisation de votre action. Dernière recommandation, ne pas abuser du crowdfunding, il ne faut pas prévoir une campagne pour chacune de ses envies, cela fatiguerait les donateurs qui penseront qu’ils ont déjà fait un effort suffisant pour soutenir ce site historique.

Pour aller plus loin :

 – MECENAT & PATRIMOINE HISTORIQUE – Comprendre le mécénat et solliciter des mécènes pour ses projets de restauration

– FINANCER LES CHANTIERS OU L’ENTRETIEN D’UN MONUMENT – mécénat, subvention ou crowdfunding ?

Comment valoriser la propriété forestière d’un domaine historique ?

L’important à retenir dans cet article :

 Propriétaire d’un domaine forestier, il apparaît parfois difficile de trouver les clés pour gérer et capitaliser sur ce patrimoine complexe. Régir une richesse naturelle telle qu’une forêt peut se révéler un casse-tête pour les propriétaires. D’autant qu’ils doivent composer avec les aléas et les contraintes qu’elle implique. Dès lors, il est conseillé de trouver des experts dans la gestion de son espace forestier afin de l’exploiter durablement.

Les points clés de cet article : 
– Il faut inciter les propriétaires à s’appesantir d’avantage sur la gestion de leur patrimoine forestier 
– Il faut se rapprocher d’un mode de gestion raisonné
– S’entourer de professionnels en la matière est nécessaire

Introduction

Aujourd’hui en France métropolitaine, on compte quasiment 17 millions d’hectares de forêts dont les ¾ sont privés. Propriétaires ou sociétés de droit privé, institutionnels (banques, assurances, caisses de retraites), ils sont environ au nombre de 3 millions. De surface moyenne – approximativement 4 hectares – ces espaces forestiers sont aussi le reflet de beaucoup de disparités. La plupart de ces espaces correspondent d’ailleurs à de très petites parcelles. 2,9 millions sont propriétaires de surfaces inférieures à 4 hectares, le reste concerne les gros propriétaires. Mais comment gérer toutes ces surfaces ? 

Julien Terrier, ingénieur agronome chez Forêt Patrimoine, nous aide à comprendre comment gérer efficacement ce bien forestier. 

Julien Terrier, pouvez-vous nous parler de votre parcours ? 

Après deux années en classe préparatoire scientifique, j’ai intégré AgroParisTech, grande école d’ingénieur agronome. Diplômé en 2017 à l’issue d’une spécialisation en Gestion, Innovation et Performance des Entreprises, j’ai poursuivi mon parcours académique dans le cadre d’un Master II de droit rural. Cette formation complémentaire à la formation d’ingénieur a permis de me préparer aux métiers de l’expertise foncière et forestière.
En tant que chargé de gestion, transaction et expertise au sein de Forêt Patrimoine, mes missions sont diverses. Je conduit des expertises forestières. J’effectue également des transactions forestières. Enfin, je gère le patrimoine forestier pour le compte de propriétaires privés.

En associant une très bonne connaissance des enjeux actuels du monde rural, agricole et forestier, avec des compétences de gestion forestière et financière, nous pouvons apporter un conseil dans les domaines juridique, technique et économique, voire fiscal. Ainsi c’est une expertise à la fois de terrain et de gestion patrimoniale.

Quelles sont les missions de Forêt Patrimoine ? 

Forêt Patrimoine est la cellule immobilière des experts du Comité des Forêtsle plus ancien organisme de défense de la forêt privée. Nous proposons de conseiller sur le long terme ou de façon ponctuelle des propriétaires forestiers dans la gestion, l’évaluation ou la transaction de leur patrimoine forestier. La grande diversité des situations rencontrées permet d’aborder chaque situation unique avec le recul nécessaire.
Vous pouvez retrouver toutes les actions de Forêt Patrimoine sur leur site ainsi que leur programme.

Source : Forêt Patrimoine

D’après vous, pourquoi les forêts sont-elles mal exploitées aujourd’hui ? 

Parmi cette grande variété de propriétaires forestiers, beaucoup ont reçu ce patrimoine par le biais d’héritages successifs ; il en résulte alors une certaine méconnaissance des limites des biens détenus, souvent difficiles à localiser et exploiter. Ainsi trop de surfaces sont laissées à elles-mêmes et ne sont pas entretenues …Cependant, selon l’article L112-1 du Code Forestier«Sont reconnus d’intérêt général la mise en valeur et la protection des forêts ainsi que le reboisement » ! Il y a donc, d’une certaine manière, une responsabilité à entretenir et valoriser son capital forestier. 

Quels sont les objectifs à poursuivre dans le cadre d’une bonne gestion de la forêt ? 

Dans la mesure du possible, il faudrait aller vers une meilleure gestion de son patrimoine, l’entretenir et le valoriser en mobilisant une partie de ses bois. Le but est d’inciter les propriétaires à produire du bois en plus de les inciter à en récolter. Ainsi, établir un suivi et une protection des ressources naturelles afin de renforcer la qualité de la terre est primordial si l’on veut maintenir son capital forestier en l’état. 

Quelles sont les sources de revenus d’un propriétaire forestier ? 

Les principales sources de revenus proviennent de la vente de bois qui représente une recette majeure. Par ailleurs, le propriétaire peut être amené à louer ses espaces forestiers pour la chasse et profiter ainsi des bénéfices financiers de cette activité. 
Ainsi, une forêt est une entreprise qui doit dégager un résultat. Cette gestion permet l’obtention d’une rente courante et continue sur du moyen terme qui soit la plus élevée possible. En parallèle, la gestion forestière permet la constitution d’une réserve en capital mobilisable en cas de besoin, elle permet également de pérenniser les espaces forestiers. 

Quels sont les différents modes de gestion possibles ? 

Il convient de distinguer les modes de traitement sylvicoles des autres modes de gestion. Bien que le traitement et la gestion soient intimement liés, un arbitrage sain est patrimonial. Le traitement sylvicole est indispensable pour valoriser la forêt dans son histoire et pour servir la transmission. Une vision encore largement répandue est de considérer une forêt comme un coffre-fort, dans lequel on se servirait au gré des besoins familiaux. Mais on oublie que la forêt ne s’est pas constituée d’elle même, que des ancêtres l’on façonnée, ont œuvré à son développement. Si la forêt est souvent patrimoine reçu, elle est également un patrimoine à transmettre aux futures générations. 

En privilégiant la production de bois d’œuvre de qualité, c’est à dire en sélectionnant les individus qui présentent le meilleur potentiel de production de bois d’œuvre (qualité et vitalité), on s’assure de gérer au mieux une forêt. Cette sylviculture est par ailleurs un moyen durable de maintenir le carbone qui se fixe lors de la croissance des arbres ; la part de bois d’œuvre produite étant plus importante. 

La gestion à long terme

Rester prudent dans la gestion de son capital forestier

« Une forêt est un capital qui produit de lui même l’intérêt qu’il rapporte. Toute la question est de déterminer cet accroissement et les conditions dans lesquelles il sera avantageux, de façon à ce que l’on puisse le prélever par exploitation sans nuire au capital et sans compromettre la reconstitution de l’intérêt, c’est-à-dire son nouvel accroissement dans l’avenir. » Gurnaud (1890)

Pour s’assurer d’une gestion sur le long terme il faut avant tout être prudent pour ne pas détériorer le capital de bois sur pied.

Ne pas céder aux effets de mode

En outre, il convient de ne pas céder aux effets de mode, que ce soit dans les modes de gestions ou sur le choix des essences. En effet, le temps des forêts, n’est pas celui des hommes. La forêt est une invitation à l’humilité et à la prise de recul. 

Pouvez-vous me parler de ProSilva ? Quelles sont les particularités de cette approche ? 

ProSilva est une association de forestiers qui promeut et défend une sylviculture à l’échelle de l’arbre, en privilégiant un traitement dit « irrégulier ». Le sylviculteur n’intervient que par petites touches pour récolter les bois mûrs ou sans avenir sylvicole, favoriser les arbres d’avenir, éclaircir les semis, enrichir là où le renouvellement tarde. Une méthode qui permet de maintenir un niveau de productivité économique élevé, de protéger la biodiversité, la qualité des sols, de l’air et de l’eau, tout en produisant de plus en plus de bois de qualité. Cette sylviculture d’arbre permet d’obtenir des revenus soutenus et réguliers tout en ayant des forêts multifonctionnelles, continues et stables.
Les opérations sylvicoles visent à concentrer l’accroissement sur les arbres de qualité, qui permettrait aussi d’utiliser au mieux le potentiel de production de la station, de refuser les sacrifices d’exploitabilité, de contenir les charges de renouvellement, d’aboutir à des peuplements plus stables, moins sensibles aux aléas climatiques et biologiques … 

Gérer seul sa forêt ou faire appel à un professionnel ? Quels sont les avantages et inconvénients ? 

La forêt est un patrimoine fragile et complexe, qui ne supporte pas les événements brusques. Afin de la pérenniser et d’œuvrer à sa valorisation, elle doit être le reflet d’une symbiose entre le propriétaire forestier et son gestionnaire, au-delà d’une simple assistance technique. Afin d’apporter un regard extérieur neutre, il est important de se faire accompagner par un expert qui dispose d’une connaissance précise des acteurs et des organismes forestiers. Les professionnels indépendants proposent des services personnalisés, en adéquation avec vos attentes et les potentiels de chaque forêt.
De l’estimation de vos valeurs forestières à la gestion courante de vos bois, l’offre des services proposés par les experts forestiers est large ; la défense des intérêts du propriétaire forestier étant l’objectif de tout bon expert. 

Source : Forêt Patrimoine

Quels sont les acteurs à qui faire appel pour être aidé dans la gestion de sa forêt ? 

À l’heure actuelle, il existe de nombreux professionnels de la gestion forestière. Qu’ils soient gestionnaires forestiers professionnels, experts forestiers ou membres de coopératives forestières, ces conseils s’adaptent aux différents propriétaires. Ils proposent la plupart du temps des services sur-mesureBeaucoup de structures viennent en aide aux propriétaires, il ne faut donc pas hésiter à se tourner vers des professionnels. 

Conclusion

Etre propriétaire d’un espace forestier comporte aujourd’hui de nombreux avantages mais aussi des contraintes. En effet, comme vu précédemment, la gestion d’un patrimoine forestier représente un enjeu économique majeur apportant une source de revenus non négligeable mais le tout est de savoir comment gérer et exploiter de manière responsable ce potentiel. Les modes de gestion sont nombreux et s’entourer d’un environnement de professionnels de l’expertise et du conseil représente un atout considérable pour trouver les réponses adaptées à ses besoins. 

Pour aller plus loin :

Comment gérer et optimiser le domaine forestier de son château ?
La méthode ROSEE pour choisir les essences d’arbre dans le jardin de son château

Quelles stratégies efficaces pour une levée de fonds en mécénat ?

L’important à retenir dans cet article :

 Des restaurations de moyenne ou de grande envergure, les propriétaires de châteaux en ont bien souvent. Bien souvent aussi s’interrogent-ils sur la possibilité de les faire financer par du mécénat. Mais de quoi parle-t-on réellement ?

Cet article permettra de :
– Connaître et comprendre les différentes formes de mécénat : en numéraire, en nature, de compétence, de partenariats média ou croisé.
– Appréhender les types de restaurations éligibles au mécénat avec trois exemples concrets

Introduction


L’État français subit aujourd’hui d’importantes difficultés budgétaires. La part qu’il réserve à la sauvegarde du patrimoine historique se révèle donc bien insuffisante. C’est face à cet état de choses que les entreprises se retrouvent sollicitées pour prendre la relève. Elles viennent à « la rescousse des châteaux français » . Elles deviennent ce qu’on appelle des mécènes.

Un article précédent donne une définition intéressante du mécénat. Il s’agit du soutien financier, matériel ou de compétences apporté par une entreprise ou un particulier à une action ou une activité d’intérêt général (culture, recherche, humanitaire). 

Selon l’ADMICAL, le mécénat d’entreprise ne cesse d’augmenter depuis une dizaine d’années. Selon François Debiesse, président de l’association, « Le contexte économique et politique est favorable (…). Les entreprises ont en effet compris le rôle sociétal qu’elles peuvent jouer pour soutenir les initiatives positives de notre pays. »


 Les chiffres clés du mécénat en France.

En 2017, la majorité des mécènes sont des TPE (62 %) et des PME (34 %). Les entreprises mécènes privilégient les initiatives locales ou régionales (89 %). En outre, 83 % des structures soutenues sont des structures privées. Les principaux domaines concernés par le mécénat sont le social (28 %), la culture et le patrimoine (28 %) et l’éducation (23 %).

1- Les différentes formes de mécénat

Bien souvent, face à des travaux importants, les propriétaires de monuments historiques s’interrogent sur la possibilité de faire appel à des fonds privés via le mécénat. Avant 2007, seuls les monuments publics pouvaient faire appel à ce type de financement. La loi de finances pour 2007 l’ouvre désormais aux propriétaires privés de monuments historiques classés ou inscrits. Ils peuvent donc bénéficier du soutien financier ou matériel d’entreprises, organisations ou personnes privées pour restaurer leur monument.

Quand on pense au mécénat, on imagine bien souvent qu’il s’agit d’un don en argent. Il existe pourtant cinq sortes de mécénat.

a) Le mécénat financier ou en numéraire

Définition : Il s’agit d’un don d’argent au profit d’un projet d’intérêt général.

Qui est mécène ? Aujourd’hui, 92% des entreprises mécènes utilisent cette forme de mécénat. Elle représente 84% du budget total du mécénat en France.

Pour quel type de projet ? Le mécénat en numéraire est la forme de mécénat la plus utilisée. Il permet de financer tout type de projets de la restauration de mobilier à la réhabilitation de parcs et jardins. 

Exemples : On peut citer l’engagement de la Fondation d’entreprise du Groupe GDF Suezen faveur du patrimoine bâti. Chaque année, depuis 1994, la fondation signe des conventions pluriannuelles pour la restauration et la création de vitraux. Il en est de même pour les Fondations Velux qui ont restauré la verrière de la Rotonde d’Antin du Grand Palais à Paris ou encore les vitraux de la Sainte-Chapelle. 

b) Le mécénat en nature

Définition : Le mécénat en nature consiste à mettre à disposition du demandeur des produits ou des services. 

Qui est mécène ? En moyenne, 39% des entreprises mécènes font du mécénat en nature et 42% d’entre elles sont des ETI et des grandes entreprises. 

Pour quel type de projet ? Le mécénat en nature se décline dans le don d’un bien immobilisé (véhicule, mobilier, matériel…), la fourniture de marchandise en stock (matériel informatique, sonos…) ou encore la prestation de services (réparations, entretien, imprimerie…).

Exemples : Au château de Sassenage , propriété de la Fondation de France, des demandes ont été mises en ligne sur le site internet du château afin d’obtenir des produits et matériel spécifique : de la peinture pour l’embellissement des salles, des gravillons pour la Cour d’honneur, de la signalétique pour la partie Musée. Une manière étonnante mais bénéfique de financer ses restaurations et aménagements ! 

Par ailleurs, des plateformes web permettent la mise en relation d’associations avec des entreprises. Dans ce cadre, l’Agence du Don en Nature créée en 2009 permet aux industriels de redistribuer aux associations leurs excédents de stocks non alimentaires. Ainsi, depuis sa création, 13 millions d’euros de produits neufs ont été redistribués à un réseau composé de 260 associations. 

c) Le mécénat de compétences

Définition : Dans le cadre du mécénat de compétence, l’entreprise mécène agit dans son domaine d’expertise en assurant l’exécution directe et la charge financière des travaux grâce à l’implication de ses salariés. Ceux-ci assurent leurs missions de mécénat sur leur temps de travail. Ce mécénat est aujourd’hui très en vogue parce qu’il répond parfaitement à la politique RSE (responsabilité sociale) des entreprises qui l’intègre désormais dans leur stratégie. Il permet :
– Au salarié d’être impliqué dans la vie de l’entreprise et de l’enrichir de nouvelles expériences ;
– À l’entreprise de développer son impact social et de renforcer sa réputation et la cohésion de ses équipes ;
– Au demandeur d’acquérir un appui humain et de nouveaux savoir-faire pour développer son activité.

Qui est mécène ? 20% des entreprises mécènes font du mécénat de compétences. Cette forme de mécénat représente 13% du budget du mécénat en France. 

Pour quel type de projet ? Le mécénat de compétences est très utilisé pour le patrimoine bâti. 

Exemples : On peut citer des exemples de grands groupes qui font œuvre de mécénat de compétence en faveur du patrimoine bâti, via leurs Fondations :
Vinci qui a restauré la galerie des glaces du château de Versailles ;
Bouygues qui a restauré des éléments patrimoniaux de l’Hôtel de la Marine à Paris ;
Eiffage qui a restauré les colonnes de Buren du Palais Royal et la Rotonde Zambelli du Palais Garnier.

d) Le mécénat de partenariats média

Définition : On parle de mécénat de partenariats média lorsqu’un média décide de mettre à disposition gratuitement ou à tarif réduit un espace publicitaire à un porteur de projet. 

Qui est mécène ? Le média devient mécène en tant que relai d’initiatives positives et révélateur de projets. 

Pour quel type de projet ? Tous les types de projets sont visés. Dans le patrimoine, ces aides touchent les initiatives culturelles (ouverture à la visite) et les grands projets de restauration. 

Exemples : À l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine ou au lancement de votre projet d’activités, alertez la presse locale et invitez-les ! 

e) Le mécénat associé ou mécénat croisé

Définition : Le mécénat croisé est une action qui agit à la fois sur deux domaines comme par exemple l’art et le handicap visuel.

Qui est mécène ? Les entreprises qui utilisent cette forme de mécénat sont, en général, celles qui craignent qu’on leur reproche des dépenses considérées comme non prioritaires. Elles préfèrent alors se tourner vers les actions sociales. Grâce au mécénat croisé, il n’y a pas de difficulté pour faire d’une pierre deux coups !

Pour quel type de projet ? Cette forme de mécénat est très utilisée en période de crise lorsque le mécénat financier est plus difficile à justifier et apparaît davantage comme un luxe. Il est beaucoup utilisé pour les parcours de visites de musées.

Exemples : Au musée George Pompidou à Paris, la Fondation Swiss Life a concrétisé un partenariat avec une association sur la maladie d’Alzheimer. Une structure de visite guide à destination des personnes atteintes de cette maladie a donc été mise en place. 
Au théâtre de l’Odéon à Paris, quatre programmes incorporent également des axes sociaux et culturels. 

 2- Des exemples de restaurations qui ont fait l’objet de mécénat dans les châteaux

Depuis plusieurs années, le mécénat dit « patrimonial » retient l’attention des entreprises. Ce mouvement s’est beaucoup accentué avec notamment la mission Stéphane Berne ou encore l’incendie de Notre Dame de Paris. Ces initiative et évènement ont renforcé le sentiment de proximité des Français et des entreprises à l’égard du patrimoine. 

a) Les travaux réalisés grâce au mécénat au château de Bourron (Essonne)

Au château de Bourron, propriété de Guy et Estrella de Cordon, différents chantiers de restauration ont été menés depuis 2018 grâce au mécénat. Il aura fallu huit mois et demi de travaux pour restaurer les trente-sept marches de l’escalier en fer à cheval du château, typique de cette région du Gâtinais, non loin du château de Fontainebleau. Ce ne sont pas moins de 270 000 euros qui ont été financés via le mécénat. 

En outre, des chantiers de restauration des statues et fontaines du parc ont été permis grâce à l’appui d’une entreprise du bâtiment qui a proposé ses compétences pour former le personnel du château. Un mécénat de compétences mis à profit pour apprendre à enlever les mousses et champignons présents sur les objets en pierre : statues, bancs, puits…

Par ailleurs, cette même société a fait œuvre de mécénat en nature en proposant de remplacer le socle d’une statue de l’empereur Alexandre le Grand, à hauteur de 7 200 € HT. La reconstitution de la tête du personnage, dérobée en 1983, fera l’objet dans un deuxième temps d’une campagne de crowdfunding, dont la reconstitution est en projet. 

b) Six campagnes de mécénat en numéraire pour le château de Gizeux (Indre-et-Loire)

Juin 2019 a été un tournant important dans la vie du château de Gizeux, propriété de Géraud et Stéphanie de Laffon. Un mois fondamental qui a été marqué par l’inauguration de la fameuse Galerie des châteaux, entièrement restaurée en seulement sept années. À la fois fierté et trésor du château de Gizeux, la Galerie des Châteaux avait été réalisée dans les années 1680-1685 par une école de peinture. Ce ne sont en effet pas moins de 400 m² de peintures murales, représentant les grands châteaux royaux comme Chambord ou Versailles, qui devaient être sauvés de l’humidité ! 

Un chantier extraordinaire qui a été permis grâce à la mise en place de six campagnes de mécénat participatif successives, financées via My Major Compagny puis Dartagnans

c) Les chantiers participatifs de l’association historique de Marcoussis dans l’Essonne

Au château de Montagu, l’Association historique de Marcoussis ( AHM), créée en 1990, s’est fixée pour objectif de protéger le château, de le restaurer et de le transformer en un lieu de formation et de découverte de l’architecture médiévale. 

Reconnue d’intérêt général, l’association organise des chantiers de bénévoles depuis une vingtaine d’années en association avec le Groupement REMPART d’Ile de France. Prendre part à un chantier participatif dans le cadre de la sauvegarde d’un monument historique, à titre bénévole, c’est déjà être mécène puisqu’il favorise la mise en œuvre des compétences de chacun pour un projet déterminé. 

À Marcoussis, l’AHM propose des activités de jeunesse et d’éducation populaire et a été, à ce titre, agréée Jeunesse et Éducation Populaire. 

Conclusion

Le mécénat est donc une excellente manière de trouver des financements pour la restauration des monuments et des oeuvres d’art qu’ils abritent. Aujourd’hui, la démarche RSE des entreprises tend vers le soutien des projets culturels et patrimoniaux locaux. Dans un monde qui traverse une forte crise, la quête de sens est plus que sous-jacente, aussi bien chez les particuliers que chez les entreprises. Alors, à vos projets !

Pour aller plus loin :

 – Le site du Ministère de la culture
Les prix de mécénat via l’Association pour les Monuments Historiques
Le Réseau REMPART



A vous de jouer ! Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous écrire : contact@hephata.fr

Le périmètre d’intervention d’un géomètre expert au service des monuments

L’important à retenir dans cet article :

 Comme tous les propriétaires fonciers, les propriétaires de monuments historiques se retrouvent bien souvent confrontés à des problèmes de voisinage. Un voisin a toujours tendance à vouloir s’affranchir des limites de sa propriété pour empiéter sur celle des autres. La profession de géomètre-expert a donc pour objectif d’accompagner les propriétaires dans leurs démarches pour faire respecter leur domaine et leurs biens fonciers. « Si les Français ont une excellente image de la profession (82% de bonne ou très bonne opinions), moins d’un Français sur cinq (19%) considère bien la connaître ». 
Zoom sur ces « garant(s) d’un cadre de vie durable » !

Cet article permettra de :
– Découvrir ou mieux connaître le métier de géomètre-expert grâce à l’interview de Gabrielle Mattei
– Appréhender des notions techniques tel que le bornage ou la délimitation de propriétés

Introduction

Gabrielle Mattei est Géomètre-Expert dans le Cap Corse et dépend de l’Ordre des Géomètres-Experts de Marseille. Cette profession libérale est encadrée par la loi du 7 mai 1946.

Après une classe préparatoire aux grandes écoles à Ajaccio, elle intègre l’école Française d’ingénieur spécialisée dans le domaine du Conservatoire National des Arts et Métiers puis finalise ses études en institut de recherche et développement, appliqués à la cartographie et télédétection de sinistralité à Aix-en-Provence. Par la suite, le troisième plus grand cabinet de géomètres-experts à Paris la recrute. Elle rentre ensuite en Corse dans un cabinet spécialisé dans le domaine rural patrimonial. En parallèle de son travail, elle y mène un stage permettant d’obtenir l’agrément pour devenir Géomètre-Expert. 

1. Quelle est l’activité du Géomètre-Expert ?

La profession disposant d’un monopole pour « dresser les plans et documents topographiques qui délimitent les propriétés foncières », l’activité actuelle de Gabrielle Mattei se concentre sur le foncier et ses thèmes connexes, toujours guidée par le respect des règles ordinales.

Il s’agit donc, pour la majeure partie du temps, de bornages et divisions de propriété, le but étant de garantir le respect de la propriété et des biens fonciers, problématiques très ancrées dans les fondements de la société française.

Au-delà de ces aspects de fixation de limites de propriété, le géomètre intervient sur divers secteurs : l’urbanisme, la topographie, le lever architectural, la copropriété et la volumétrie. Des montages fonciers permettant le respect des droits de chacun. À titre d’exemples, le géomètre peut :
– Informer des possibilités de construction attachées à un terrain ;
– Effectuer des démarches administratives (certificats d’urbanisme pour une construction, permis d’aménager, déclaration préalable…) ;
– Réaliser un recensement patrimonial de propriétés (plans à l’appui).

Les titres de propriété et le cadastre n’offrent pas toujours des garanties suffisantes. Pour rappel, le cadastre n’a qu’une vocation fiscale. Le géomètre assure donc ces prestations en matière de foncier pour le compte de particuliers, professionnels ou collectivités territoriales. Le géomètre les aide à mener à bien leurs projets en respectant la règlementation, pour prévenir tout potentiel litige.

2. Qu’est-ce que le bornage, cœur de métier du géomètre-expert ?

Plusieurs cas de figure se présentent lorsque les clients sollicitent le géomètre-expert pour un bornage. Ils peuvent, par exemple, avoir besoin de : 
– Vérifier la superficie d’un terrain dans le cadre d’une vente
– Clôturer leur propriété 
– Vérifier que l’aménagement prévu par un voisin n’est pas sur leur propriété. 
Le bornage permet donc de régler légalement ces questions une bonne fois pour toutes.

En effet, le bornage a pour effet de définir juridiquement et de matérialiser sur un terrain les limites des propriétés privées contiguës, appartenant (ou destinées à appartenir) à des propriétaires différents. Il met en œuvre le respect du contradictoire.

Trois types de prestations sont réalisées :
– Le bornage amiable (si les propriétaires sont d’accord pour le faire réaliser) qui donne lieu à un procès-verbal signé des parties et entériné dans les archives du géomètre-expert,
– Le bornage judiciaire (en l’absence d’accord des parties), où le géomètre-expert intervient comme expert de justice désigné par le juge,
– La délimitation des propriétés affectées de la domanialité publique. Dans ce troisième cas, la mission consiste à assister la collectivité pour les opérations d’analyse, de matérialisation de la limite, de rédaction du procès-verbal de délimitation et de notification aux riverains.

En Corse, par exemple, Gabrielle Mattei a décidé de mettre l’accent sur les questions d’indivisions qui y sont omniprésentes. Le but est toujours de renforcer l’acte foncier du bornage pour lequel un process a spécifiquement été créé, depuis les recherches généalogiques jusqu’au contradictoire.

3. Pourquoi la surface cadastrale d’un bien ne correspond-elle pas à la surface mesurée par un géomètre-expert ? Quelle est la différence ?

Il est très important de faire cette distinction. Le plan cadastral est un document administratif à vocation fiscale. En effet, il recense et identifie la propriété foncière pour l’établissement des bases d’imposition (taxe foncière, taxe d’habitation). Ainsi, il ne garantit pas les limites de la propriété mais en livre uniquement une représentation graphique.

En revanche, la surface mesurée par le géomètre-expert, et fixée à l’issue de la procédure de bornage contradictoire, est la surface réelle de la propriété.

4. Quels sont les besoins des clients dans le cadre de division de propriété ?

Les besoins sont multiples mais il s’agit essentiellement de création de lotissements ou de partage de terrain dans le cadre d’une succession. Le cas d’un détachement de terrain pour une vente est un exemple récurrent. L’étude de faisabilité de la division puis l’évaluation des étapes nécessaires à la bonne réalisation de l’opération sont alors menées. 

Une fois que les parties valident le projet de division, le géomètre envoie les documents au centre des impôts fonciers pour la conservation cadastrale.

Le géomètre-expert est habilité pour réaliser ces opérations. Ces étapes sont obligatoires dans le cadre de tout changement de limite de propriété (divisions, lotissements, partages, échanges, etc.).

Il peut également être nécessaire, selon le cas, de créer ou maintenir des servitudes.

5. Quelles missions sont liées aux questions d’origine de propriété ?

L’établissement d’une origine de propriété, la recherche d’héritiers, l’approfondissement des antécédents généalogiques ou historiques de servitude peuvent nécessiter une analyse comparée minutieuse. L’idée est de retracer l’histoire de ces parcelles, de leurs divisions successives par l’étude croisée de l’ancien et du cadastre actuel, d’une part, mais aussi des actes de mutations permettant l’identification de ses propriétaires successifs.

6. L’intervention d’un géomètre-expert est-elle nécessaire sur un chantier de restauration d’un Monument Historique ?

Un monument historique regorge, par essence, de particularismes architecturaux. Une erreur d’estimation du coût des travaux peut donc avoir de lourdes conséquences sur le suivi des financements à débloquer. 

Selon Gabrielle Mattei, la mission du géomètre consiste à garantir au client  » une meilleure maîtrise de projet, de la géométrie de son bâti aux contours du parcellaire, tant d’un point de vue du conseil technique que juridique ». Le géomètre peut donc être amené à réaliser :
• Un relevé des intérieurs et extérieurs par la numérisation des bâtiments en trois dimensions : maquette BIM du site, extraction des plans planimétriques, coupes, façades, visite virtuelle… Cette dernière prestation est très demandée car elle permet de mieux coordonner les corps de métier entre eux et projeter les modifications, extensions, constructions pour évaluer les coûts de manière très précise. Elle est aussi un très ludique et devient un argument marketing de choix ;
L’établissement de plans topographiques/plans de façades/coupes : ces prestations peuvent s’étendre au relevé d’état des lieux des implantations viticoles, aménagements paysagers, etc. ;
Un relevé par drone de toitures pour une exploitation d’orthophotographies aériennes : cela peut être très utile pour cibler des zones d’intervention sur une toiture. »

Conclusion

Ainsi, les géomètres-experts ont un vrai rôle à jouer dans la société. Il sont en effet au coeur des problématiques de qualité de vie des individus et d’aménagement des territoires. Que vous soyez une commune ou un propriétaire de château, n’hésitez donc plus à vous adresser à eux.

Pour aller plus loin :

 Découvrez d’autres interviews de nos spécialistes du patrimoine :

– DEVELOPPER DES ACTIVITES DE MEDIATION POUR VALORISER LES PARCS ET JARDINS DE SON CHÂTEAU – Interview de Marc Brillat-Savarin
– RESTAURER UN CHÂTEAU ET SA CHAPELLE – Interview de Bruno Lestrat, président de l’Association de Sauvegarde du Patrimoine de l’Aisne Méridionale
– LANCER DES ACTIVITES DANS MON CHÂTEAU – Comment réaliser une bonne analyse de territoire ?  Interview de Laurent Chalard, Géographe

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Pour contacter le CABINET MATTEI – GEOMETRE-EXPERT : 
9, route du Tennis – 20200 Santa Maria di Lota
04 95 31 20 15 – gabrielle.mattei@geometre-expert.fr

Comment recevoir des tournages dans son château ? Hephata vous engage à saisir l’opportunité !

L’important à retenir dans cet article :

 La France est actuellement l’un des trois pays les plus filmés dans le monde. On constate que le cinéma peut avoir une influence, parfois très large, sur le flux touristique d’un territoire. Accueillir le tournage d’un film dans son château est une occasion de dynamiser considérablement la visibilité du lieu. Bien qu’un tel projet puisse sembler pharaonique pour certains propriétaires, il suffit de connaître certains points pour bien s’organiser et … gagner facilement de l’argent !

Cet article permettra de :
– Connaître les raisons qui favorisent l’accueil des tournages dans un château
– Comprendre les étapes pour proposer son château aux réalisateurs 
– Découvrir des exemples de tournages qui donnent envie

Introduction


Accueillir le tournage d’un film dans son château a un impact réel sur son image. En effet, pour Jeanne Hollande de la direction des relations extérieurs du château de Versailles , il faut « accueillir des tournages pour donner envie aux personnes du monde entier de vouloir visiter les lieux. L’impact de l’image est très important pour donner envie aux gens de venir »

1- Pourquoi accueillir un tournage dans son château ?

a) Une opportunité touristique

Accueillir un film dans son château c’est participer à une œuvre artistique et découvrir un monde souvent inconnu. C’est aussi donner au lieu une visibilité immense et insoupçonnée. En France et en Europe, la tendance est au développement du « ciné-tourisme ». Présenter son château à l’écran, dans le cadre d’un film ou d’une série, peut donner envie aux spectateurs de se rendre sur le lieu du tournage. Il s’agit donc d’un vecteur publicitaire non négligeable ! 

Un grand nombre de lieux pratiquent déjà les tournages pour valoriser leur patrimoine. En effet, ce ne sont pas moins de 197 films qui ont été tournés au château de Versailles depuis 1904. Cela a largement participer à développer la renommée du château dans le monde. Mais pas besoin d’être une star internationale pour se lancer dans cette activité. À titre d’exemple, on peut citer le château du Plessis-Bourré, en Maine-et-Loire, qui a accueilli divers tournages de films célèbres tels que Peau d’Âne de Jacques Demy, Fanfan la Tulipe de Gérard Krawczyk ou encore La Princesse de Montpensier de Bretrand Tavernier. 

Exemples

Le château de Champs-sur-Marne, en Seine-et-Marne a quant à lui, accueilli plus de 35 tournages depuis les années 1940 : L’habit vert de Roger Richbé, Un amour de Swann de Volker Schlondorff, L’allée du Roi de Nina Companeez, Marie-Antoinette de Sofia Coppola etc. Pour ce château, l’accueil de tournages est devenu une activité à part entière. Beaucoup de visiteurs viennent voir « le château de tel ou tel film », le jardin dans lequel évoluent les acteurs de Dernier Amour etc…

Un château dans un film est un château vivant et habité autour duquel est racontée une histoire qui plaît. Les visites du château peuvent alors jouer sur l’imaginaire du film. Un excellent moyen pour attirer un public curieux ! Le château de Champs-sur-Marne propose par exemple des tablettes tactiles, dans chaque pièce du château, diffusant les extraits de films tournés dans cette même pièce. 

L’exemple le plus emblématique du développement du ciné-tourisme est sans doute celui du château de Highclere en Angleterre, suite à la diffusion de la série Downton Abbey. Le château, propriété privée, recevait jusqu’alors environ 30 000 visiteurs par ans. Le chiffre à doublé dès le début de la diffusion de la série. Il accueille désormais jusqu’à 1 200 personnes par jour. Faites le calcul !

Aujourd’hui les propriétaires « jouent le jeu » et proposent aux visiteurs des activités en lien avec l’ambiance de la série. Il est désormais possible de se projeter totalement dans les décors du film. En août 2018 par exemple, le château avait proposé un événement reproduisant les scènes de Downton transformé en hôpital de guerre, avec des comédiens, des véhicules d’époque etc.

b) Une opportunité financière

D’un point de vue financier, accueillir un tournage peut rapporter beaucoup d’argent ! Le tarif d’une location de monument historique pour un tournage varie selon le temps de tournage prévu, la nature du bien etc… Les tarifs de location varient entre 1 500 et 3 000 euros par jour. Plus le site est exceptionnel, plus le prix peut monter. Au château de Versailles par exemple, chaque journée de tournage est facturée 15 000 euros… Pour François-Maurice Dalinval, cofondateur de l’agence  Cinédécors, « les possesseurs de belles propriétés peuvent même en vivre ». 

Le  château de Courances, dans l’Essonne, est également devenu un lieu emblématique grâce au tournage du film Le Sens de la Fête. De nombreux visiteurs viennent désormais visiter le « décor » du film !  

Le propriétaire doit déclarer la totalité des revenus procurés par la location de son château pour un tournage. En outre, le Code Général des Impôts prévoit que :  
– Les revenus perçus en échange de la mise à disposition d’un local nu pour le tournage d’un film sont imposables dans la catégorie des revenus fonciers
– Les revenus perçus en échange de la mise à disposition d’un local meublé pour le tournage d’un film sont imposables dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux
– Si la mise à disposition présente un caractère ponctuel, ces revenus demeurent néanmoins imposables dans la catégorie des revenus fonciers

2- Quelles actions mener pour accueillir des tournages dans son château ?

a) Avant la sélection : proposer son château

Pour les sociétés de production, louer la maison d’un particulier revient moins cher que de créer des décors. Si les biens les plus recherchés sont les appartements de standing moyen autrement dit « l’appartement de M. Tout-le-Monde », les villas avec piscine, loft, usines, manoirs, châteaux, granges et fermes restent bien évidemment en ligne de mire. 

Et, point positif pour les châteaux, la hauteur de plafond est un critère fondamental pour faciliter les prises de vue. De même, il faut de l’espace pour pouvoir accueillir véhicules et équipes de tournage ! Enfin, si votre domaine est situé en Ile-de-France, foncez ! La majorité des sociétés de production se trouvent en région parisienne et leur objectif est de limiter leurs coûts de déplacement. D’ailleurs, une aide de la région Ile-de-France, versée par le Fonds de soutien aux industries techniques cinématographiques et audiovisuelles, soutient les projets de tournages franciliens des maisons de production.

Pour pouvoir être contacté par une société de production, il existe plusieurs démarches :
Le recensement par des sociétés spécialisées Situation, 20 000 LieuxMiresCinédécorsThe Place to See

L’inscription sur des plateformes de référencement : Cast ThingsLieuxdetournage.frEasy Spaces
La présentation de son lieu au Salon des tournages, le fameux Production Forum, qui accueille chaque année une centaine d’exposants et professionnels du cinéma.

Établir un plan d’installation 

b) Une fois sélectionné : préparer le tournage

Un tournage peut durer entre 3 jours et 6 semaines. Il est donc impératif de se renseigner en amont sur les dispositions prises à l’égard du propriétaire par la société de production. S’il est, par exemple, amené à déménager temporairement, la société doit le reloger. 

Un plan d’installation s’impose pour plusieurs raisons :
Fixer précisément les espaces occupés pour le tournage en lui-même : le plan d’installation ne doit pas se faire avec les équipes de repérages qui ne seront probablement pas sur place au moment du tournage. Le plan d’installation doit se faire avec le régisseur. 

Déterminer les pièces réquisitionnées pour les activités annexes au tournage : pour une pièce utilisée pour le tournage, trois ou quatre pièces sont occupées par les équipes techniques, les équipes de maquillage, les costumiers etc. Si le propriétaire souhaite établir un forfait à la pièce occupée et non à la journée, il doit donc bien prendre en compte ce critère. Par ailleurs, si le lieu est trop petit pour accueillir ces équipes, il est possible de louer une annexe.  

Prévoir la gestion des véhicules : le propriétaire doit établir avec le régisseur l’emplacement précis des véhicules et mentionner les endroits où il refuse que des véhicules stationnent. Au château de Champs-sur-Marne, un tournage a d’ailleurs du accueillir trente-sept camions ! 

Le château de Beynac, en Dordogne qui a récemment accueilli Matt Damon et Ben Affleck pour le tournage du film The last duel !
Prévoir une convention de tournage 

Afin d’éviter tout malentendu et comme dans n’importe quel marché professionnel, il est nécessaire d’établir un contrat avec la société de production. Celui-ci doit donc prévoir : 
– L’état des lieux du site avant le début du tournage et après le clap de fin ;
– Les dispositions financières ;
– Le statut des membres de l’équipe de tournage : ceux-ci dépendent du code du travail. Néanmoins, s’ils sont victimes d’un accident pendant le tournage, le propriétaire du château ne peut en aucun cas être porté responsable. 

Exemple de convention de tournage 

Mettre en place un cahier des charges 

Pour assurer le bon déroulement du tournage, le propriétaire et l’équipe de tournage doivent mettre en place un cahier des charges précis prévoyant les lieux autorisés, les horaires de l’équipe, les installations techniques et électriques, les consignes de sécurités, les interdictions (fumer, boire ou manger dans le château par exemple). 

Pour la série Versailles l’enjeu a été de tourner en l’absence de public ! Mais ceci n’est pas une mince affaire… 

Prévoir d’être présent au cours des tournages 

Dans le cadre d’un tournage, le propriétaire est le protecteur de son monument. C’est à lui de veiller qu’aucun risque n’est pris vis-à-vis de son château. Il est donc préférable qu’une personne du château soit présente afin d’éviter tout problème. En outre, pour éviter toute détérioration des meubles ou objets, il est indiqué de démeubler entièrement la pièce et de faire couvrir le sol car le matériel technique peut endommager les parquets. 

Enfin, c’est au propriétaire de se renseigner précisément sur le film qui va être tourné dans son château. Il est en droit de demander le scénario ou le synopsis pour ne pas retrouver son château dans un film X… Concernant les photos des tournages, celles-ci peuvent être soumise à des droits à l’image. S’il veut en publier pour valoriser son site ou créer un outil de communication, il doit en demander l’autorisation à la société de production. 

Savoir à qui s’adresser

Pendant un tournage, une multiplicité d’acteurs apparaît. On peut facilement se perdre et ne plus savoir à qui s’adresser. Aussi, seules trois personnes sont à connaître : 
Le chef décors : c’est lui qui gère les équipes de décors. Ces dernières ne dépendent pas du régisseur et peuvent avoir la fâcheuse tendance à ne pas avoir d’horaires fixes… Ils peuvent arriver à 5h du matin le jour du tournage ou travailler jusqu’à 2h la veille… Ceci peut être évité si le propriétaire prend contact avec le chef décor et négocie des horaires très précis avec lui. Ainsi, durant l’installation des décors, il est préférable qu’une personne du château reste avec l’équipe pour vérifier que le lieu soit bien respecté.
Le chef régie : le propriétaire a tout intérêt à se mettre en bonnes relations avec la régie. C’est elle qui est précisément au courant de tous les horaires et déplacements. De même pour toute question, il est préférable de s’adresser au premier assistant, bras droit du réalisateur. Celui-ci est bien souvent plus au fait des détails pratiques que le réalisateur. 
La production : si un acteur s’adresse au propriétaire pour des exigences particulières ou extravagantes, le propriétaire présente le cas à la production et lui demande d’administrer l’affaire afin d’éviter tout conflit direct avec les artistes.

Conclusion

Réaliser des tournages dans son château c’est obtenir une visibilité touristique très large en se plaçant sur les rangs du ciné-tourisme et en participant à une création artistique tout en vivant une expérience hors du commun. Certes il ne s’agira pas d’une activité de tout repos mais les retombées touristiques et financières seront assurément significatives. Alors, votre château sera-t-il le prochain à apparaître dans un chef d’œuvre du septième art ? 

A vous de jouer ! Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous écrire : contact@hephata.fr

Pour aller plus loin :

 Guide pratique des tournages en France
Châteaux utilisés pour le tournage de films célèbres

Diversifier les activités dans un site historique : comment faire ? Quelles activités sont recommandées ?

L’important à retenir dans cet article :

 Le roi-soleil n’est plus, mais la splendeur du Château de Versailles continue de briller et d’irradier le monde. Il ne cesse d’attirer des visiteurs de tous les pays. En 2017, les recettes budgétaires de l’établissement s’élevaient d’ailleurs à 94,1 M€, dont 77 M€ de ressources propres et 17,7 M€ de subventions publiques. Le géant du tourisme réussit donc à s’autofinancer en majeure partie. Mais, hormis la billetterie (55,1 M€), la location d’espaces (2,5 M€) et le mécénat (13,2 M€), quels autres modèles économiques le Château de Versailles a-t-il mis en œuvre pour générer des revenus ? 

Dans cet article nous aborderons trois activités développées à Versailles : les concessions, les licences de marque et les campagnes de souscription. D’ores et déjà, vous pourrez retenir que la concession favorise le développement de nouvelles offres (service et produit). Ensuite, vous apprendrez que la licence de marque permet de bénéficier de la notoriété et du prestige d’une autre marque. Enfin, vous verrez que le produit-partage stimule la générosité de son consommateur, en le rendant « conso-acteur ».

Introduction

Le château de Versailles est géré par un établissement public, créé à cet effet en 1995. Comme tous les EPA (établissement public administratif), il est doté d’une autonomie de gestion administrative et financière afin de remplir une mission d’intérêt général. L’établissement public du château de Versailles est placé sous la tutelle du ministère de la culture et du ministère en charge du budget.

Aujourd’hui, l’EPA du château de Versailles est placé sous la présidence deCatherine Pégard. L’administrateur général est Thierry Gausseron. Son budget annuel est d’environ 100 millions d’euros. Pour financer ses dépenses, on distingue entre :
– Les dépenses de fonctionnement qui sont financées par ses ressources propres notamment celles qu’il tire de sa billetterie et de ses activités commerciales
– Les dépenses d’investissement qui sont en partie financées par une subvention annuelle de l’Etat et complétées par sa capacité d’autofinancement. Tous les résultats d’exploitation sont réinvestis dans le fonctionnement et l’entretien du domaine. 

Sa mission est de porter la stratégie de développement du domaine. Pour exploiter au mieux ses ressources, il cherche à diversifier les activités de son site historique grandiose et donc à diversifier ses revenus. Pour cela, il utilise des activités spécifiques.   


1- La concession

a) Définition

La concession est un contrat qui accorde le droit d’assurer un service public. En d’autres termes, la concession permet à une personne publique (État, collectivité territoriale, établissement public), le concédant, de concéder la gestion d’un service à une entreprise ou un commerçant (personne privée), le concessionnaire. Le concédant percevra des revenus de son concessionnaire sous forme d’une redevance.

b) Les concessions au château de Versailles

L’établissement public du château de Versailles a mis en place de nombreuses formes de concessions sur son domaine avec près de 80 contrats signés avec des tiers. Diverses activités et services sont concernés. C’est le cas de la location (vélos, barques, voiturettes), le parking, certains services de visites ou encore la restauration (Ore-Ducasse ou Angélina), sans compter les différentes boutiques et espaces commerciaux. En 2017, le château a signé deux nouvelles concessions.

La première est une concession avec l’entreprise Nature et Découvertes, qui exploite le site des étangs de Gobert à des fins de cultures maraîchères et fruitières. Une offre pédagogique devrait également être mise en place pour animer le lieu et promouvoir la permaculture et l’écologie en zone urbaine. De quoi renforcer la politique de promotion du développement durable.  


La deuxième concession concerne la Réunion des Musées Nationaux – Grand Palais (RMN-GP) pour l’occupation et l’exploitation des espaces commerciaux présents au sein du château de Versailles et du Grand Trianon. Plusieurs objectifs sont poursuivis tels que le réaménagement des espaces et la refonte du catalogue de produits. Le Château de Versailles mise sur la valorisation des savoir-faire pour accroître le panier moyen par visiteur et améliorer le chiffre d’affaires.

Par ailleurs, l’établissement public du Château de Versailles est très attentif au choix de ses concessionnaires et s’assure qu’ils respectent l’image de marque du Château et s’accordent avec sa vocation historique et patrimoniale, qu’ils répondent à un besoin non encore couvert par les services déjà exploités et qu’ils s’adressent à un public familial ou touristique.

En 2017, les concessions du Château de Versailles lui ont rapporté près de 6 millions d’euros ! Ci-dessous le détail du chiffre d’affaires et des redevances de l’établissement :

c) Les avantages de recourir à une concession

Faire appel à un concessionnaire peut permettre au gestionnaire d’un monument de développer des services et des activités pour lesquelles il n’a pas de compétences, de ressources humaines ou de ressources financières. On peut concéder par exemple :
– Un service de transport (vélo, barque, voiturette) pour faciliter la visite du domaine 
– Un service de restauration (glaces, boissons, snack) 

La concession permet également de profiter de la notoriété de la marque ou de l’enseigne concédée afin d’accroître ses ventes.  

d) Les inconvénients de recourir à une concession

Le contrat de concession n’est pas sans inconvénient. En effet, une concession est un contrat à durée déterminée duquel découle une certaine précarité. Par ailleurs, la concession implique l’existence de quotas d’achats et de ventes ainsi qu’une exclusivité d’approvisionnement ce qui réduit la marge de manœuvre.
En outre, trop externaliser ses services risque d’entraîner une déconnexion avec le château et une dégradation de l’image de marque . Il faut donc établir des critères précis dans la prospection de son concessionnaire !

2- La licence de marque

a) Définition

La licence de marque est une autre forme d’accord par lequel le titulaire de la marque, le concédant, permet à une autre personne, le licencié, d’utiliser cette marque en échange du versement de redevances, aussi appelées royalties. On calcule le montant en fonction de l’exploitation qui en découle. La différence avec un contrat de franchise réside dans le fait que ni la mise à disposition d’un savoir-faire éprouvé répondant à des qualités spécifiques ni la stipulation d’une assistance obligatoire ne sont nécessaires.

Le titulaire de la marque garde le contrôle sur l’usage de celle-ci et définit le prix, la publicité et la communication, ou encore la promotion des ventes afin de protéger son image et sa notoriété. Il s’agit d’une sorte de contrat de bail.

b) Les licences de marque au château de Versailles

L’établissement public a bien compris que la marque « Versailles » fait vendre. Il exploite donc sa notoriété à travers différents contrats de licence. Parmi les licenciés, on retrouve Bernardaud qui a produit un service de table appelé « Versailles », inspiré des moulures sculptées sur les portes du Petit Trianon, ainsi qu’une lithophanie « Grandes Eaux » et une tasse au motif de jardin chinois. La Faïencerie de Gien, propose, quant à elle, deux séries exclusives d’assiettes, représentant des gravures provenant des collections du château de Versailles. On retrouve également des coffrets macarons inédits de la Maison Ladurée. Enfin, la société française Made in Paris, s’est inspirée des grands personnages de l’histoire de Versailles et du château lui-même afin de créer une collection de bougies. 

C’est donc la volonté de valoriser le savoir-faire et l’excellence à la française qui guide le choix des licenciés. En 2017, les différents contrats de licence de marque conclus par l’établissement public lui ont permis de générer un chiffre d’affaires de 1,4 million d’euros.

c) Les avantages de recourir à une licence de marque

L’utilisation de la licence de marque permet de renforcer positivement l’image de marque d’un monument. En outre, le prestige d’un château peut s’appuyer sur les valeurs communes partagées avec certaines entreprises. L’excellence, la tradition, l’héritage, l’artisanat sont des critères clés.

D’ailleurs, la licence de marque offre la possibilité de développer la présence du château sur le marché et d’améliorer sa communication. Posséder une boutique, qu’elle soit physique ou en ligne, permet aussi d’élargir la gamme de produits du château. 

d) Les inconvénients de recourir à une licence de marque

Il est important de garder le contrôle sur sa marque, et d’être en mesure de vérifier son utilisation. En effet, si un scandale éclate sur l’un des produits licenciés, c’est la marque qui s’en verra fortement dégradée. Le Château de Versailles a par exemple entamé une procédure contre l’entreprise « Oh ! Légumes oubliés » avec qui il avait passé un contrat. Ce n’est pas Versailles qui a produit les légumes, comme l’exigeait l’accord conclu. 

3- La campagne de souscription

a) Définition

La campagne de souscription permet, au cours d’une période déterminée, de solliciter des dons qui contribueront à soutenir un projet. La souscription cible particulièrement les entreprises. Ces projets peuvent notamment être l’acquisition d’une œuvre, la rénovation d’un bâtiment ou encore l’édition d’un catalogue.

b) Les campagnes de souscription au château de Versailles

Par deux fois, avec Hermès et Guerlain, le château de Versailles a mis en place un contrat innovant ayant donné lieu à deux campagnes de souscription inédites pour financer des travaux de restauration.

La souscription en association avec la maison Hermès a donc permis de créer le carré de soie « Promenade à Versailles ». Le carré s’inspire pour sa composition des canaux structurant le parc du domaine. Un véritable succès ! La vente de plus de 2 300 carrés, à 335 € l’unité, a permis d’atteindre un chiffre d’affaires de 650 000 €. La totalité des bénéfices de l’opération a permis de soutenir la restauration des appartements royaux. Une opération très bénéfique pour l’établissement, mais aussi pour la marque. Elle s’est ainsi offert une prestigieuse opération de communication sans débourser le moindre euro. De plus, la souscription a permis à la maison Hermès de toucher un large public international : plus de 10 % d’américains, 10 % d’européens et 4 % de japonais. 

Fort de ce premier succès, une opération similaire a été conduite avec l’enseigne Guerlain. Ainsi, 292 flacons de parfum en série limitée, numérotés et vendus à 550 € se sont écoulés : un chiffres d’affaires de plus de 130 000 €. On compte, parmi les souscripteurs, 18 % d’américains, 7 % d’européens et 5 % d’asiatiques.  

c) Les avantages de recourir à une souscription en partenariat avec une marque

Le carré de soie et le flacon inédit produits en partenariat avec Versailles sont ce que l’on peut appeler en marketing des « produits-partage ». Très présents dans l’industrie alimentaire, on les retrouve de plus en plus souvent dans d’autres secteurs. Ils existent sous diverses formes : argent reversé, arbres plantés, vaccins distribués pour l’achat d’un produit etc.

Le produit-partage fait appel à la générosité du consommateur en l’impliquant dans une cause telle que l’écologie, la sauvegarde du patrimoine, l’humanitaire. Celle-ci lui donne envie d’acheter pour se sentir « utile », on parle alors de conso-acteur. Le produit partage est également un moyen innovant de communiquer de manière différente et efficace. Il permet aux marques de s’engager et de défendre des valeurs qui servent leur image et leur notoriété, tout en dynamisant leurs ventes.  

d) Les inconvénients à recourir à une souscription en partenariat avec une marque

Le risque de la souscription en partenariat avec une marque est qu’elle soit mal « pricée ». Dans ce cas, les retombées économiques ne reviendraient qu’à la marque !

Conclusion

Il existe bien des modèles économiques pour exploiter son château : concessions, licences de marques, souscriptions. Chacun a sa spécificité, ses avantages et ses inconvénients. La stratégie mise en place doit permettre de répondre aux besoins encore non couverts par le château, de générer de nouveaux revenus, mais aussi d’accroître la satisfaction du visiteur. Il est important de veiller à ne pas porter atteinte à la cohérence de l’offre, ce qui risquerait de dégrader l’image. Il faut donc, au préalable, exprimer clairement son positionnement et définir ses valeurs et son identité.

Pour aller plus loin

L’influence du luxe sur le patrimoine historique

Idées pour rentabiliser un monument historique

Quels sont les modèles d’activités des châteaux français ?

Le modèle du National Trust : une success story pour le patrimoine !

L’important à retenir dans cet article :

 Le National Trust est aujourd’hui l’une des plus grandes organisations européennes de sauvegarde et de promotion du patrimoine historique. C’est aussi un acteur foncier de premier ordre puisqu’il entretient plusieurs centaines de bâtiments et jardins au Royaume-Uni. À l’échelle nationale et européenne, le National Trust s’anime grâce à son réseau de bénévoles et d’adhérents qui mettent en place des actions solidaires et citoyennes. Pourquoi le National Trust ? Comment agit-il à l’échelle britannique ? Est-ce un succès ? Cet article va tenter de répondre à toutes ces questions. 

Les points clés de cet article : 
– Les missions du National Trust
– Son réseau et son mode de fonctionnement 
– Le succès du National Trust outre-manche

 Introduction :

Représentant une des plus grosses organisations de valorisation et de conservation du Patrimoine au monde, le National Trust est une association à but non lucratif créée en 1895. Elle intervient en Angleterre, au Pays de Galles, sur l’île de Man et en Irlande du Nord. Ainsi, le National Trust (NT) représente à lui seul, le deuxième plus gros propriétaire foncier après la Couronne au Royaume-Uni. Il gère plus de 300 monuments et autant de jardins. Des collections d’art aux châteaux en passant par les littoraux, le NT intervient sur une large zone du patrimoine culturel. Ces biens sont inaliénables. 

1- « For ever, for everyone »  : l’histoire du National Trust

Fondé le 12 janvier 1895 par Octavia Hill, Sir Robert Hunter et Hardwicke Rawnsley au Royaume-Uni, le National Trust a été créé pour protéger le patrimoine anglais du bouillonnement chaotique du pays alors en pleine Révolution Industrielle. La population anglaise ayant fui les campagnes, provoquant un exode rural massif, il a fallu s’occuper des châteaux délaissés, des jardins abandonnés et des kiosques qui avaient cessé de tourner… Afin de garantir un avenir à ces pierres et à ces champs, il a rapidement fallu trouver des solutions financières. 

A ses débuts, le National Trust s’est consacré à la sauvegarde des monuments en péril, les propriétaires n’ayant plus les moyens d’entretenir leur bien. Puis, peu à peu, il reçut des dons qui lui permirent de racheter des propriétés et de les gérer en mettant en place des activités touristiques et économiques. Cent ans après sa création, le Trust est devenu le premier propriétaire terrien privé du pays avec 220 châteaux et propriétés, 238 000 hectares de terres, 885 kilomètres de côtes, une multitude de petits bâtiments et plusieurs dizaines de villages ! 

Au Royaume-Uni, on peut retrouver toutes les propriétés du National Trust grâce à leur logo en feuille de chêne ainsi que leurs restaurants, fleuristes et salons de thé présents sur les sites !

2- Tickets, abonnements et donateurs : les revenus du NT

Selon le NT, « ouvrir un site à la visite c’est déjà lui garantir un avenir ». L’organisation agit comme un propriétaire foncier grâce à l’aide de généreux donateurs comme les Rothschild ou encore le Prince de Galles, actuel président de l’association. Parmi les sites qu’il a acquis, on retrouve les mégalithes de Stonehenge, ou encore les thermes romains de Bath (Somerset)

Au Royaume-Uni, le Patrimoine est considéré comme un bien commun que chaque individu doit pouvoir aider à son échelle. Acheter un ticket de visite en est donc une bonne manière ! Le tourisme représente ainsi une bonne partie des recettes que perçoit le NT. A cela s’ajoutent les bénéfices du commerce mis en place autour de la marque véhiculée dans les restaurants et boutiques que l’association possède. 

Par ailleurs, le NT perçoit des revenus d’origine privée. Il s’agit principalement de legs et de cotisations versées par ses membres qui s’abonnent annuellement et peuvent, en contrepartie, visiter gratuitement les sites gérés par l’association. Aujourd’hui, le NT compte plus de 5 millions de membres soit plus que la population entière de la Nouvelle-Zélande !

Devenir membre du NT c’est contribuer directement à la protection de 
– Plus de 780 miles de littoral
– Plus de 250 000 hectares de terres
– Environ 500 maisons historiques, châteaux, parcs et jardins
– Près d’un million d’œuvres d’art

3- Chapeau melon et jupe en tweed : des bénévoles engagés

Plus de 61 000 bénévoles de tout âge (rapport annuel de 2017-2018) œuvrent pour le NT sur le territoire britannique. Jardiniers, techniciens, personnel d’accueil ou experts comptables, ils sont nombreux à assurer son fonctionnement. Sur les sites de visites, les bénévoles sont habillés aux couleurs de l’organisation. Ils n’hésitent d’ailleurs pas à proposer aux visiteurs de devenir membre à leur tour.

En tant qu’étranger, il est possible de participer à l’aventure en achetant le National Trust Touring Pass. Ce pass donne accès à plus de 300 sites répertoriés par l’organisation. Le NT est la plus grande organisation de conservation volontaire en Europe. Pendant la période estivale, il recrute plus d’un membre par minute !

4- « Food for Life »  : une politique environnementale exemplaire

Les membres du NT ont un véritable souci écologique et souhaitent ancrer durablement le tourisme dans cette logique. En ce sens, les sites patrimoniaux sont fermés à certaines périodes pour économiser de l’électricité et du chauffage. D’autre part, les produits cultivés dans les propriétés du NT sont utilisés dans les restaurants. Une bonne façon de créer un cycle de consommation court. 187 de leur cafés, restaurants et salons de thé ont reçu le prix Bronze « Food For Life Served Here ». Ce prix récompense l’engagement à servir des aliments locaux, frais et honnêtes, préparés à partir d’ingrédients éthiques et durables. 

Leur objectif est de réduire au maximum l’empreinte écologique et de favoriser les petits producteurs et les initiatives raisonnées. D’ici 2021, le NT espère générer 50 % de ses besoins en énergie à partir de ressources renouvelables. En outre, 100 projets d’énergie renouvelables doivent être mis en place ainsi que 43 installations de bornes de recharges pour voitures électriques sur des lieux de visite. Pour eux, protéger l’environnement ne nécessite pas la mise en oeuvre de moyens particulièrement modernes.

Le château de Drogo dans le Devon en est l’exemple le plus intéressant : en 1929, une turbine hydroélectrique avait été installée afin d’alimenter les 332 prises de courant que compte le domaine. Aujourd’hui, cette turbine hydroélectrique contribue à chauffer le château et alimente le centre d’accueil. 

Pour Patrick Begg, directeur général des ressources naturelles du NT, travailler « dans l’enceinte d’un bâtiment historique ou sur une colline sauvage » implique donc de « veiller à préserver le sentiment d’appartenance et à protéger la faune ». 

5- Une « sucess-story » qui dépasse les frontières ?

Le National Trust agit comme un véritable acteur économique, touristique, foncier et culturel du Patrimoine au Royaume-Uni. On le voit d’ailleurs bien si l’on regarde le succès du système d’abonnement annuel qui permet, en contrepartie, la gratuité des sites du NT pour les membres. Un véritable mouvement de participation citoyenne volontaire ! Il faut dire que le sentiment d’attachement à leur pays et à leur histoire est très fort chez les Britanniques, comme le montre leur profonde affection pour la Couronne. 

Dans le monde

Ce succès dépasse largement les frontières du Royaume-Uni puisque le National Trust influence de nombreux états européens qui se sont regroupés dans une organisation appelée l’INTO (International National Trust Organisation). L’INTO génère de nombreuses politiques en faveur du patrimoine européen et de sa valorisation à l’échelle de l’Union Européenne. Elle regroupe près de 60 organisations membres qui agissent en tant que trust ou fiducies et œuvrent pour promouvoir le patrimoine international. 

Sa mission est de « promouvoir la conservation et la mise en valeur du patrimoine de toutes les nations au profit des peuples du monde et des générations futures. » Pour ce faire, organisations et personnes du monde entier sont mises en contact par différents moyens : site Web, bulletins électroniques, Conférence internationale des fiducies nationales, ateliers… Leur sont offert : 
• Un réseau d’experts et une banque de connaissances
• Un soutien pour le renforcement des capacités, la compréhension interculturelle et le développement de la société civile grâce à un programme de petits plaidoyers ainsi qu’un forum 

Parmi ses membres, on peut retrouver la Géorgie, l’Autriche, le Zimbabwe et bien d’autres qui, influencés par le travail du National Trust reprennent la même politique à leur échelle et tentent d’investir un peu plus les consciences citoyennes de l’urgence de protéger le patrimoine national et européen.  

Une des principales campagnes d’INTO réside dans la préservation du patrimoine immatériel et matériel dans les pays les moins avancés sur le plan économique. Ils ont mis en place une déclaration, celle d’Entebbe (Ouganda) visant à ce que les membres d’INTO intègrent dans leurs préoccupations culturelles la Déclaration d’Hangzhou, soutenue par l’UNESCO, et la Déclaration d’Edimbourg. Ces déclarations sont les marques de l’engagement des gouvernements internationaux dans la valorisation de la culture en tant que vecteur de développement environnemental, sociétal et économique durables. 

Outre le soutien à ces déclarations, Entebbe vise également à ce que les membres d’INTO promeuvent et encouragent les actions des pays les moins avancés sur le plan économique en matière de politique culturelle. Cette déclaration a pour objectif de valoriser le patrimoine de ces pays

Cette politique s’inscrit dans le FEDER (Fonds Européen de Développement Régional) qui consolide « la cohésion économique et sociale au sein de l’Fondation du Patrimoine s’est beaucoup appuyée sur le concept du National Trust. Néanmoins, elle s’en distingue puisque le Trust est un organisme foncier. La Fondation a pour mission, quant à elle, d’aider les propriétaires à restaurer leurs bâtiments. 

Pour Maryvone de Saint-Pulgent, ancienne directrice du Patrimoine au ministère de la Culture, il n’était pas possible de créer un tel organisme foncier en France. Selon elle, il aurait pu apparaître comme un prédateur compétent pour réquisitionner les biens des propriétaires privés ou transférer les monuments historiques publics à la Fondation. Ensuite, il fallait « détruire l’illusion que la Fondation pourrait acheter tout ce qui s’abîme ».

En outre, le militantisme britannique n’était pas certain de fonctionner en France. En effet, faire visiter bénévolement un monument ne répondaut pas nécessairement à la mentalité française. 

À l’heure actuelle, c’est finalement Pierres d’Histoire, qui se rapproche le plus du National Trust. Son fondateur, Dominique Imbert, en a eu l’idée dans un petit manoir en Écosse. « Ces vieilles pierres patinées par les siècles » avaient été sauvées par le Landmark Trust, un organisme qui lève des fonds pour la restauration d’édifices abandonnés et leur transformation en lieu de vacances. À son retour en France, il décide de développer le concept au Hameau du Parc de Courances ,dans l’Essonne. Puis il crée le Moulin de Pézenas, dans l’Herault, et le Domaine de Rayenonville, en Normandie. L’adhésion des hôtes au concept fait penser à celles des bénévoles du National Trust.

 Pierres d’histoire

Enfin, d’autres organismes français réalisent certaines missions du NT :
Le Conservatoire du Littoral qui est un établissement public ayant pour vocation d’identifier, d’acquérir et d’aménager des espaces naturels du littoral pour le protéger
L’Institut de France qui est une société regroupant différentes académies et qui acquiert des sites historiques pour les entretenir

Conclusion :

Le National Trust est aujourd’hui une des organisations les plus influentes en Europe en matière de préservation du Patrimoine. En plus de valoriser le patrimoine bâti, il intervient également dans la conservation des paysages (champs, littoraux…). La promotion de la gastronomie régionale est également dans son champs d’action.

En tant que propriétaire foncier de sites protégés, le National Trust rayonne par son travail de conservation. Son action citoyenne est exemplaire. Il promet la gratuité de ses sites à ses membres. La durée de cette gratuité peut aller d’un an à toute une vie. Une belle manière d’encourager l’accès à la culture et à la promotion du patrimoine ! Fort de son succès, l’organisation à même influencé des états outre-manche sensibles à son action pour le patrimoine. Ils ont, à leur tour, constitué des National Trusts à leur propre échelle. Même logique de conservation et même élan citoyen, ces membres font perdurer les œuvres du NT à l’ensemble de l’Europe. Le but de favoriser le sentiment d’identité collective autour d’un patrimoine commun.

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Est-il intéressant et viable pour les entreprises d’investir dans le patrimoine bâti ?

L’important à retenir dans cet article :

Les grandes familles françaises se démènent pour trouver de nouvelles sources de financement pour faire vivre et restaurer leurs domaines historiques. Certaines d’entre elles renoncent et préfèrent vendre leurs biens. Face à ces propriétaires, les entreprises et les organisations prennent le relais. Quels sont leurs enjeux ? Comment parviennent-elles à valoriser leur patrimoine ? 

Certaines entreprises et organisations reçoivent en donation ou rachètent des propriétés historiques. Elles y voient leur intérêt. Cet article permettra de se pencher sur la façon dont elles peuvent valoriser le patrimoine bâti grâce à des projets qui repensent la destination des espaces pour servir des besoins essentiels ou secondaires :
– Faire des économies ;
– Procurer un rendement régulier et pérenne ;
– Servir une stratégie RSE ou ISR ;
– Servir une politique éducative et sociale.

NB : cet article ne permet pas de savoir si les sites patrimoniaux étudiés sont devenus rentables… !

Introduction :

Dans son ouvrage Redéfinir le Patrimoine culturel à l’heure de la globalisation, Sandrine Basilico, chercheur au LAMIC (Nice) et au GREDIC-CNRS (Paris), et expert auprès du Conseil de l’Europe, souligne que le patrimoine est une notion évolutive. Il « s’est toujours et en permanence ouvert et élargi à la réalité sociale, économique et culturelle contemporaine. » 

Selon elle, le patrimoine est synonyme de transmission puisqu’il vient du latin patrimonium (de pater) qui signifie « l’héritage du père ». « Il s’est toujours agi de transmettre d’une génération à une autre un patrimoine qui est valorisé à chaque étape. » Sa valorisation consiste à le faire connaître et à le mettre en valeur afin de favoriser l’attractivité du territoire. Sans nécessairement devenir mécènes, les entreprises peuvent d’ailleurs devenir parties prenantes de la conservation du patrimoine bâti parce qu’il leur est utile à d’autres égards. 

Les entreprises qui possèdent – reçus en donation ou acquis – des châteaux sont toujours confrontées à la problématique de la destination des espaces. Habités pendant des années par des familles, les châteaux sont très souvent des lieux difficilement exploitables. Racheter une ancienne demeure familiale impose de réfléchir à la disposition des espaces, à leur accès et à leur utilité. Mais ce n’est pas toujours chose facile. 

Voilà donc comment des entreprises, libres des contraintes familiales et des héritages complexes, ont transformé ce qui pour certains demeuraient un poids en opportunité de développement !

1- Les entreprises qui rachètent des châteaux pour faire des économies en recevant chez elles leurs propres salariés

Parmi les entreprises, certaines ont des contraintes importantes en matière évènementielle. Elles peuvent être amenées à :
– Former régulièrement leurs collaborateurs lors de séminaires résidentiels, de conférences… 
– Inviter sans cesse des clients et faire de la représentation par des soirées de gala, des cocktails…
– Souder leurs équipes et remercier leurs salariés par des activités de team-building

Pour réaliser ces évènements, sortir du cadre quotidien est indispensable. Il faut donc chercher des lieux ! Néanmoins, le marché de la location de lieux pour l’évènementiel d’affaires est très complexe, pour plusieurs raisons :
La saisonnalité des évènements: toutes les entreprises se retrouvent sur le marché de l’évènementiel au même moment (la rentrée de septembre, Noël et le début de l’année, les soirées estivales etc). Les lieux sont pris d’assaut. Il faut être très réactif !
L’adaptation des lieux: trouver le lieu qui réponde aux critères de l’événement (taille, prestation, budget) et qui soit disponible aux dates fixées est souvent compliqué. 

L’organisation d’évènements d’entreprise demandent beaucoup de patience et requiert un budget faramineux ! Aussi, pour répondre à ces difficultés, certains groupes décident d’acheter leur propre lieu pour avoir une plus grande marge de manœuvre et réduire leurs dépenses. 

Exemples

CapGemini transforme le château des Fontaines pour centraliser tous ses évènements en un lieu unique…

Il fallait un Campus International pour CapGemini ! En 1998, le groupe décide donc de racheter un château XIXème, imaginé par le Baron Rothschild, dans la majestueuse forêt de Chantilly. La vocation du site est claire : favoriser les échanges et le partage des arts et des connaissances. Ancien centre culturel jésuite, l’ensemble du domaine a été entièrement rénové. Les salons du rez-de-chaussée ont d’ailleurs été entièrement repensés et transformés en bar. Quant aux chambres, elles sont devenues des salons de réunions. 

Le Domaine peut accueillir jusqu’à 300 salariés du groupe ainsi que des entreprises extérieures. CapGemini explique d’ailleurs que l’architecture des Fontaines traduit ses valeurs : « honnêteté, audace, confiance, solidarité, simplicité et plaisir ».

Sud Aviation transforme le château de Villepreux pour en faire un domaine expérimental

Acheté par Sud Aviation dans les années 1960, ce château au cœur du Médoc, est passé par différentes destinations et ce n’est pas fini ! 

Tout d’abord siège et bureaux d’étude du groupe, c’est en ce lieu que les fusées françaises Diamant furent inventées. Avec la création du groupe Airbus, le moment est ensuite venu d’imaginer un lieu de formation pour les dirigeants du groupe. Villepreux change alors de statut : de cité pour ingénieurs en ébullition, il devient château d’accueil. Plus de 3 000 personnes gravitent chaque année sur le domaine, des personnes du groupe et des clients extérieurs. 

Aujourd’hui, le domaine est devenu le théâtre d’un programme immobilier autour de la construction d’une résidence pour seniors. Le cadre authentique du site favorise le bien-être et la sérénité. La vie d’un château est décidément pleine de rebondissements !

2- Les compagnies d’assurance qui rachètent des châteaux pour délivrer un rendement régulier et pérenne

Les compagnies d’assurance font partie des secteurs qui investissent le plus dans l’immobilier. En 2013, en effet, les compagnies et les mutuelles étaient même devenues « les plus gros acheteurs en France ». Selon le cabinet de conseil Cushman & Wakefield, elles avaient réalisé 26% des investissements dans cette classe d’actifs. Entre 2008 et 2013, les placements dans la pierre d’Allianz sont passés de 3% à 6%. C’est également le cas pour Generali France Immobilier dont l’objectif était de passer de 7,5% à 10%. 

Investir dans la « pierre châteaux » est une réelle opportunité pour les assureurs pour deux raisons : 
– Ils sont contraints de délivrer un rendement régulier et pérenne à leurs assurés
– Ils doivent faire face à l’afflux de nouvelles souscriptions : en 2009, la Fédération française des sociétés d’assurances les estimait à près de 200 milliards d’euros

La recherche d’actifs à rémunération régulière est donc une priorité pour eux ! D’autant que, grâce à l’argent collecté par l’assurance-vie, ils peuvent financer leurs opérations sur leurs fonds propres. 

Exemples

AXA Assurances transforme, le Domaine de Frémigny, dans l’Essonne, pour lancer son école des assureurs 

Si le projet de Frémigny lui permet de faire des économies en recevant ses propres salariés, il lui garantit surtout un rendement régulier et pérenne ! Ainsi, les 330 chambres, 40 salles de formation, auditorium de 150 places, dizaine de salons et équipements sportifs permettent d’accueillir plus de 50 000 journées de formation par an ! 

3- Les entreprises qui rachètent des châteaux pour servir une politique RSE ou ISR

Se présenter comme un acteur dynamique et responsable pour servir une logique RSE ou ISR est parfois un autre argument pour investir dans l’immobilier historique. 

C’est le cas notamment de certaines compagnies pour qui cet investissement s’intègre dans une politique d’investissement socialement responsable (ISR). En outre, cette politique cherche à concilier placement financier et critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). On parle d’ailleurs « d’application des principes du développement durable à l’investissement ». 

Au château des Fontaines, CapGemini a cherché à se montrer exemplaire en matière de responsabilité sociale (RSE). Avoir un impact positif sur la société en respectant l’environnement tout en étant viable économiquement est donc sa priorité.

Ainsi, l’entreprise affiche clairement sa volonté de re-conceptualiser totalement les espaces autour d’une vision qui se veut moderne et éco-responsable. Elle s’engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre grâce à quatre axes définis : 
– Diminuer les consommations d’énergies
– Préserver des ressources naturelles
– Réduite et trier les déchets
– Sensibiliser les clients, fournisseurs et salariés

En outre, l’électricité provient de sources 100 % renouvelables et le chauffage est assuré par la géothermie.

4- Les entreprises qui rachètent des châteaux pour servir une politique éducative et sociale

Au château des Vaux, la Fondation d’Auteuil a transformé les espaces pour créer un véritable terrain d’apprentissage pour donner une nouvelle chance à des jeunes en difficulté.

En 1946, le Directeur Général de l’œuvre des Orphelins Apprentis d’Auteuil cherche un lieu pour accueillir les orphelins de guerre. Le Château des Vaux, en Eure-et-Loire, est à vendre à un prix dérisoire… il l’achète ! Les Apprentis d’Auteuil en ont donc fait un site remarquable où près de 800 jeunes en difficulté sont formés chaque année, dans l’objectif de faciliter leur insertion dans le monde professionnel. Chacun bénéficie d’un parcours adapté dans le domaine professionnel de son choix.

Au château des Vaux, on trouve un restaurant d’application ainsi qu’une jardinerie qui sert de magasin pédagogique. Un projet qui allie valorisation du patrimoine et éducation !

 Conclusion :

Investir dans l’immobilier et plus particulièrement dans le patrimoine bâti que sont les châteaux apparaît comme une réelle opportunité pour bon nombre d’entreprises. À leur manière, elles viennent valoriser le patrimoine en y déployant des projets qui nécessitent de repenser la destination des espaces. En effet, acheter un château peut leur permettre de faire des économies, délivrer un rendement régulier et pérenne ou servir différentes politiques. Ces entreprises ont quelque chose à transmettre de leur conception du patrimoine. 

Dans une série de prochains articles, découvrez l’investissement des entreprises dans le patrimoine naturel et en particulier la forêt et les vignobles. 

A vous de jouer ! Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous écrire : contact@hephata.fr 

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Interdiction du glyphosate pour les jardins historiques – Comment gagner le prochain round contre les mauvaises herbes ?

Avec l’interdiction récente de l’usage des désherbants chimiques comme le glyphosate, au titre de la protection de l’environnement et de la santé, il est devenu nécessaire de modifier la stratégie de lutte contre les « mauvaises herbes ». Des recettes de grand-mère aux machines les plus pointues, sans oublier l’ancestrale « huile de coude », cet article permet de passer en revue les techniques qui peuvent être déployées dans les jardins et parcs des châteaux autour de solutions préventives, d’alternatives curatives et de la mise en place de plans de désherbage.

Introduction :

La gestion d’un parc ou d’un jardin historique nécessite de nombreuses compétences. Savoir entretenir des espaces verts sur le long terme ne s’improvise pas ou alors il faut constamment recommencer. Les premiers retours d’expérience en matière de lutte contre les adventices, nom scientifique donné aux mauvaises herbes, montrent qu’il n’existe aucune solution universelle efficace sur tout type de revêtement, végétation et superficie, et ce de manière durable. C’est donc souvent une combinaison de plusieurs techniques qui doit être mise en œuvre et répétée à l’échelle d’un parc ou d’un jardin, avec des stratégies d’action différentes en fonction de la configuration du terrain :
L’action préventive : le développement des adventices est bloqué par la création d’écrans physiques, comme le paillage, ou l’installation d’une végétation concurrente comme les graminées ou les plantes couvre-sols
L’action curative : les adventices qui apparaissent sont détruites, de manière mécanique ou chimique

1- Les solutions préventives

Les solutions préventives consistent à trouver une alternative au désherbage et pas uniquement au désherbage chimique. On retrouve la technique du paillage ou la réduction des surfaces minérales ou non végétalisées.

a) Le paillage

Quel que soit le type de matériau employé, l’objectif du paillage est d’empêcher la croissance des adventices en les privant de lumière. Ils constituent une barrière physique au passage du rayonnement solaire. On trouve deux types de paillage :
Le paillage organique, à base de matière végétale, qui présente l’avantage de conserver l’humidité en été et d’enrichir le sol par décomposition naturelle. Il s’agit de copeaux de bois (peuplier, pin, épicéa…), le Bois Raméal Fragmenté (BRF) constitué de broyat de branches et de rameaux verts issus des travaux de taille au jardin (haies, petit élagage), les déchets de tonte à condition de ne pas les épandre en couches trop épaisses, les écorces (pin, peuplier).
Le paillage minéral avec lequel de bons résultats associés à un rendu esthétique durable peuvent être obtenus. On peut utiliser l’ardoise en morceaux, la pouzzolane, les galets ou encore les cailloux calibrés.
Ces matériaux ne peuvent pas couvrir de grandes surfaces. Ils sont destinés à protéger le pied des haies, les massifs arbustifs ou floraux ainsi que les jardinières de l’enherbement.

b) La réduction des surfaces minérales ou non végétalisées

Plutôt que chercher à enrayer la prolifération perpétuelle des adventices sur des surfaces minérales ou des sols nus, pourquoi ne pas reverdir ces espaces ? L’entretien en serait alors grandement facilité, tout en produisant un bel effet esthétique. La première alternative consiste à supprimer le revêtement en place, travailler et amender le sol et enherber.

D’élégants parterres de gazon ponctués de topiaires pour un rendu classique ou bien de belles pelouses dans un style paysager peuvent ainsi avantageusement remplacer un stabilisé dégradé ou des graviers parsemés de mauvaises herbes.

Les parterres

Ponctuellement, pour les zones devant conserver une bonne portance, comme les parkings, des techniques de stabilisation existent : mélange terre-pierre, dalles alvéolées à engazonner…

Les allées

On peut également mener une réflexion sur les allées qui parcourent les bois et les bosquets, qu’ils soient de facture régulière ou de type « à l’anglaise ». Certaines ne peuvent-elles pas être engazonnées ou à défaut laissées à l’enherbement naturel, à l’instar des allées vertes des jardins classiques ? Une ou deux fauches annuelles à l’aide d’un gyrobroyeur permettront alors de les maintenir propres et éviter tout embroussaillement.

Allée engazonnée dite « allée verte » dans un bosquet « à la française »

Les plantes couvre-sols

En outre, en l’absence de piétinement, d’installer des plantes couvre-sols. Ces dernières peuvent servir à couvrir des espaces difficiles d’accès ou délaissés, fréquemment sujets à une colonisation par les adventices. Les talus récemment dressés sont à cet égard particulièrement sensibles à l’embroussaillement. On peut également planter les couvre-sols dans les massifs d’arbustes ou au pied des arbres. Voici quelques espèces intéressantes et rustiques : le pachysandra (Pachysandra terminalis), la consoude naine (Symphitum grandiflorum), le lierre (Hedera helix), la petite pervenche (Vinca minor) ou encore sur sol acide, la bruyère (Erica darleyensis).

Enfin, de manière logique, tout nouvel aménagement doit tenir compte de cette évolution en matière de désherbage, en limitant les surfaces sensibles par nature (joints entre les pavés par exemple) et en renforçant les dispositions préventives (pose d’un géotextile et mise en place d’une couche suffisante de matériau au niveau des allées rénovées ou créées…).

2- Les solutions alternatives curatives

a) Le désherbage manuel

C’est la technique ancestrale du « PTB » ou « Prenez Votre Binette », plus que jamais d’actualité ! Très facile à mettre en œuvre, 100% écologique, mais à faible vitesse d’avancement, le désherbage manuel doit être réservé aux petites surfaces ainsi qu’aux zones non accessibles aux machines.

Binettes, grattoirs, sarcleurs, serfouettes…, la gamme d’outils disponibles est extrêmement vaste, ce qui permet de bien adapter l’outil à la surface à entretenir. Voici quelques modèles à l’efficacité reconnue, accessibles pour quelques dizaines d’euros :
– La binette à tirer, classique et polyvalente
– La binette à pousser, dotée d’un long manche, en général moins fatigante comme les binettes hollandaises « Heart hoe », « Diamond weeder » ou encore « Winged weeder »
– Pour les espaces verts, on utilise beaucoup le « Pic Bine » puisqu’il est capable de crocheter les plantes à racines pivotantes mais aussi d’arracher les mauvaises herbes sur des surfaces dures (bordures de caniveau). On le trouve notamment chez AVRIL INDUSTRIE.
– La binette à lames en boucle (« Weeder », « Circle hoe ») qui est idéal pour travailler dans les massifs puisqu’il permet un travail sans déplacer la terre et sans risquer d’abîmer le pied des arbustes

b) Le désherbage mécanique

L’objectif du désherbage mécanique est de décaper le sol en surface et d’arracher les jeunes plantules à l’aide de machines ou d’appareils spécifiques. Parmi ces machines, on retrouve :
– Des systèmes équipés de brosses rotatives qui se prêtent bien au désherbage des surfaces imperméables dures (enrobés, dalles béton, pavés…).
– Des dispositifs à brosses latérales ou ventrales qui sont adaptables sur microtracteurs ou sur prise de force arrière (Cochet SA, EMILY, RABAUD, DELTA FORCE…). Pour les petits espaces, il existe des brosses à monter sur débroussailleuse thermique (modèle Brosd de YANIGAV, SOFIMAT…). L’inconvénient de ces machines est qu’on arrache seulement la partie aérienne des adventices. Le système racinaire demeure dans le sol. Cela n’empêche donc pas la repousse des plantes pérennes.

Pour les surfaces minérales

Pour les surfaces minérales perméables et granulaires comme le stabilisé, le concassé ou le gravier, de nouveaux outils tractés ont fait leur apparition : il s’agit de dispositifs couplant généralement :
– Une herse pour travailler la couche superficielle du sol et arracher la végétation
– Un rouleau pour re-compacter
– Une grille de nivelage pour la finition

Des modèles comme le Stab-Net d’AVRIL INDUSTRIE, le Bin’Power ou le Bin-Tract d’YVMO peuvent être recommandés. Attention cependant à la poussière générée en période sèche par certains revêtements comme les concassés calcaires. En outre, ces machines ne sont pas efficaces sur des revêtements dégradés comportant une part importante de terre ou d’humus (allées en sous-bois, cour sablée ancienne) et pour lesquels l’action de la herse s’apparente à un labour superficiel qui favorise au contraire la germination des graines ! Le budget à prévoir pour l’achat de ces machines est de l’ordre de 5 000 à 6 000 euros.

Bin Tract (source YVMO)

Pour les endroits moins accessibles

Enfin, il existe une gammes de produits à main utilisant différentes techniques (lames rotatives, tête vibrante) qui peuvent se révéler efficaces pour les bordures et les pieds de mur. On trouve par exemple le réciprocateur (STIHL, ECHO, HUSQVARNA,…) qui s’adapte sur une tête de débrousailleuse et permet une fauche sans aucun risque de projection. Il faut compter environ 300 euros pour cet accessoire.

Reciprocateur

Plus écologique mais nettement plus onéreuse (1 500 euros avec la batterie), le Cultivion de chez PELLENC constitue un « must » en matière de binette électrique.

c) Le désherbage thermique

Tout comme pour le désherbage mécanique, les alternatives thermiques nécessitent des énergies fossiles (carburant, gaz,…) et/ou de l’eau pour leur fonctionnement. Leur impact environnemental n’est donc pas neutre, à l’instar du glyphosate qu’ils remplacent. En outre, on ne détruit pas le système racinaire des plantes, ce qui requiert des passages répétés.
Le principe repose sur un effet de « choc thermique » pour détruire la flore indésirable. Sa destruction provient de l’effet d’une flamme directe ou d’air chaud pulsé (appareils à gaz), d’un jet d’eau ou de vapeur brûlant. Les cellules végétales éclatent sous l’effet de la chaleur. Cela bloque la photosynthèse et provoque la mort de la plante. Il ne s’agit donc pas de brûler les adventices comme on le voit parfois mais de les chauffer très fortement. Aussi le temps d’application ne doit-il pas dépasser deux secondes.

À nouveau, le marché propose de nombreux appareils (à dos, traînés, auto-tractés…). Les dispositifs légers (une bouteille de gaz sur roues avec un brûleur et une lance) sont peu onéreux. Ils sont relativement sûrs et polyvalents. L’intérêt de machines plus lourdes de type désherbeur à gaz sur tracteur, thermique vapeur ou à eau chaude doit être bien étudié. Il convient de regarder :
– L’investissement à consentir
– Leur faible vitesse d’avancement
– L’efficacité relative (passages fréquents)
– Leur consommation élevée en eau ou en gaz

d) Le désherbage chimique « doux »

Sous ce vocable se cachent toutes les solutions artisanales que le glyphosate avait éclipsées. Elles réapparaissent aujourd’hui en raison de leur prétendue efficacité et innocuité. Voici quelques exemples de ces herbicides dits « naturels » :
L’eau de cuisson bouillante : cette méthode est peu pertinente à l’échelle d’un grand jardin.
L’eau salée : si le sel est effectivement efficace pour tuer les mauvaises herbes, il est ensuite stocké dans le sol. C’est un impact non négligeable sur la vie biologique. Il est considéré comme un polluant et son utilisation doit donc être évitée.
Le vinaigre blanc : plus rapidement biodégradé que le sel, le vinaigre n’en demeure pas moins nuisible à la vie microbiologique. À utiliser avec parcimonie, de préférence sur des surfaces minérales. Il faut compter 1 litre de vinaigre pour ½ litre d’eau. Cette quantité permet de traiter environ 10 m².
Le bicarbonate de soude : saupoudré sur les mauvaises herbes après la pluie, c’est un produit peu polluant. Il est inoffensif pour la santé, totalement biodégradable et d’une grande efficacité. C’est sans doute la meilleure alternative en matière de traitement chimique. On peut l’utiliser sur les graviers, les pieds de mur, les dalles ou les pavés.

3- Mettre en place un plan de désherbage

Mais, en tant que propriétaire ou gestionnaire d’un monument historique, quelle méthodologie doit-on suivre pour entretenir son parc ? Quels outils acquérir ? Pour quels espaces ? Quels secteurs traiter de manière plus douce ? Afin de maîtriser au mieux l’entretien de son parc ou de son jardin, il est nécessaire de prévoir ses interventions. Ensuite seulement il sera possible de choisir le matériel le plus adapté à chaque type d’espace. Enfin, on pourra communiquer auprès des visiteurs sur les différentes pratiques d’entretien.

a) Distinguer et délimiter les différents espaces du parc

En premier lieu, il est important de délimiter, sur un plan du parc ou du jardin, les zones à maintenir propres. Ensuite il faut indiquer celles où le revêtement minéral pourrait être remplacé par de la pelouse ou un couvre-sol. Enfin, celles qui pourraient supporter un enherbement maîtrisé doivent être distinguées.
Ensuite, il faut identifier :
Les espaces accessibles aux engins comme les allées
Les espaces non accessibles comme par exemples les terrasses ou les pieds de mur

b) Choisir le matériel le plus adapté à chaque type d’espace

Le travail préliminaire de délimitation des espaces permet ensuite de choisir les techniques et le matériel les plus adaptés à chaque type d’espace. Il convient d’avoir en tête que :
– Les méthodes thermiques et mécaniques sont toutes consommatrices d’énergies fossiles
– Pour les produits courants comme le sel ou le vinaigre, « naturel » ne rime pas forcément avec « non polluant »
– Le désherbage manuel, s’il est le plus vertueux, n’en demeure pas moins chronophage : il faut donc l’intégrer dans son planning de travail
En outre, avant tout achat de matériel, surtout pour les machines lourdes, il est recommandé d’assister à une démonstration ou bien de faire venir le revendeur afin qu’il teste ses machines in situ. C’est la meilleure manière d’en évaluer l’efficacité au regard du coût, des contraintes de mise en œuvre, du niveau sonore, etc… Il est également possible de s’adresser à sa commune pour trouver la bonne solution pour entretenir ses espaces verts.

c) Communiquer sur les nouvelles méthodes de gestion auprès des visiteurs

Si on ouvre son jardin ou parc au public, il est indispensable de communiquer sur les nouvelles méthodes de gestion et d’entretien de son parc auprès des visiteurs. Pour accompagner le changement en cours dans les mentalités, bien informer le public de l’évolution des pratiques d’entretien, notamment si certains secteurs sont gérés de manière moins intensive, est bénéfique.

Conclusion :

Ainsi, entretenir son parc nécessite d’apprendre à maîtriser les herbes sauvages qui s’y invitent bien volontiers. Des solutions préventives aux solutions curatives, on assiste aujourd’hui à l’abandon des solutions chimiques pour un retour vers des solutions plus naturelles. Pour avancer sereinement, il ne faut donc pas oublier de mettre en place une stratégie précise avec la mise en place de plans de désherbage.

A vous de jouer ! Si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas à nous écrire : contact@hephata.fr

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